Programme 2021 : un des colloques

Programme complet


Information importante

Ce colloque ouvrira la saison 2021 de Cerisy. Toutes les précautions seront prises pour assurer sur place, dans un esprit de responsabilité mutuelle, la sécurité sanitaire (voir charte sanitaire adaptée à la situation 2021).

Comme nous l'avions annoncé à certains d'entre vous, Cerisy met en œuvre une innovation significative en accueillant contributeurs et auditeurs, tant en présentiel qu'en visioconférence. Cette formule hybride vise à conserver les qualités d'échange, de création collective de savoir et, bien sûr, de convivialité qui font la marque de Cerisy. Par conséquent, tous les membres de l'Association des Amis de Pontigny-Cerisy (à jour de leur cotisation 2021) peuvent s'inscrire pour assister en distanciel à l'ensemble des communications, débats et tables rondes. Grâce à notre partenaire Créalis-Média, il vous sera donc possible d'interagir avec les intervenants et les personnes présentes à Cerisy. Nous espérons que ce dispositif permettra d'élargir l'audience de notre colloque tout en expérimentant de nouveaux modes d'échanges prometteurs. Si vous optez pour cette solution, merci de bien vouloir compléter et envoyer au plus vite le bulletin d'inscription (figurant en bas de cette page) afin de régulariser votre cotisation à l'Association (si vous n'êtes pas à jour) et en sélectionnant la mention "Participation en distanciel". Une fois votre inscription validée, nous vous ferons parvenir le lien ZOOM de connexion au colloque.

Nous nous réjouissons de vous retrouver à Cerisy !

La direction du CCIC et du colloque


IMAGINAIRES ET PRATIQUES DE L'ÉCONOMIE CIRCULAIRE


DU VENDREDI 28 MAI (19 H) AU VENDREDI 4 JUIN (14 H) 2021



DIRECTION :

Aurélien ACQUIER, Franck AGGERI, Valentina CARBONE, Éric LESUEUR et Olivier LECOINTE

Colloque organisé à l'initiative du Cercle des partenaires


ARGUMENT :

En quelques années à peine, l'économie circulaire s'est imposée dans le débat public comme la promesse d'un modèle de croissance plus sobre et compatible avec les enjeux d'une transition écologique. La vulgate actuelle oppose l'économie circulaire, fondée sur des stratégies de bouclage des flux de matière et d'énergie, à l'économie linéaire fondée sur l'exploitation sans limites de ressources naturelles et la mise en décharge des déchets issus de notre consommation effrénée.

Ce colloque se propose de mettre en discussion le cadrage dominant de l'économie circulaire, de contraster les différents imaginaires véhiculés par la notion et de discuter les pratiques et expérimentations collectives qui se déploient dans tous les continents. À cette fin, une variété de perspectives (historique, philosophique, géopolitique, sociologique, gestionnaire, économique, écologique, juridique, prospective) seront mobilisées pour éclairer les débats contemporains. À partir d'une analyse historique des pratiques et des concepts, seront examinés les enjeux et pratiques contemporains de l'économie circulaire : enjeux de régulation, démarches territoriales faisant émerger de nouveaux communs ; rapports à la technologie et à l'innovation, y compris à travers la fabrication de nouveaux imaginaires ; modèles et pratiques sectorielles. Parallèlement, on réfléchira aussi à ce qui s'invente sur le terrain et aux nouvelles conceptions de l'économie circulaire. Enfin, on se demandera si cette démarche peut constituer un modèle de résilience en temps de crise et au-delà.

Les communications et tables rondes suivies d'amples débats, mais aussi les visites en Normandie, permettront de confronter les points de vue de chercheurs, d'artistes, de responsables d'entreprises, d'élus de collectivités territoriales, d'associations citoyennes et de doctorants, sur les imaginaires et les pratiques de l'économie circulaire.


MOTS-CLÉS :

Alimentation, Climat, Communs, Coopérations, Cycle de vie, Habitat, Innovation technologique, Justice, Méditation, Nature, Numérique, Performance, Régulation, Résilience, Ressources, Sobriété, Solidarités, Territoires, Transition écologique, Urbanisme


CALENDRIER DÉFINITIF :

Vendredi 28 mai
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Samedi 29 mai
MISE EN CONTEXTE
Matin
Aurélien ACQUIER, Franck AGGERI, Valentina CARBONE & Éric LESUEUR : Introduction
Franck AGGERI : Problématisation de l'économie circulaire
Sabine BARLES : Économie circulaire, une perspective historique

Après-midi
L'économie circulaire entre performance et sobriété — racines des concepts, pratiques, futurs possibles, table ronde avec Christian BRODHAG [visioconférence], Christian DU TERTRE et Suren ERKMAN [visioconférence]

Christophe ABRASSART [visioconférence] & Géraldine HATCHUEL : Le design d'expérience pour faire converger les imaginaires et mener à l'action collective


Dimanche 30 mai
RESSOURCES, PLANÈTE, ENVIRONNEMENT
Matin
Aurélien ACQUIER : Économie circulaire et obsolescence programmée… des concepts du management environnemental

Géopolitique de la ressource, dialogue [visioconférence] entre Philippe CHALMIN et Guillaume PITRON

Après-midi
"La Fresque Climat", atelier animé par Aurélien ACQUIER et Valentina CARBONE

Présentation des publications de Cerisy


Lundi 31 mai
RESSOURCES, USAGES ESSENTIELS
Matin
Bertrand VALIORGUE : Du champ à l'assiette : nouveaux modèles de la filière agro-alimentaire [visioconférence]

Du champ à l'assiette : nouveaux modèles de la filière agro-alimentaire, table ronde animée par Bertrand VALIORGUE [visioconférence], avec Steven BECKERS [Agriculture urbaine, ville productive et économie circulaire], Anne TROMBINI (Association "Pour une agriculture du vivant") [visioconférence] et Jacques MÉRY (Ingénieur de recherche à l'INRAE) [visioconférence]

Après-midi
Alain GRANDJEAN : L'économie circulaire au service de la transition énergétique [visioconférence]

Habitat et urbanisme : aménagement et valorisation des ressources, table ronde avec Vincent AUREZ, Franck FAUCHEUX et Joël NTSONDÉ [Le rôle de l'utopie dans la dynamique territoriale de l'économie circulaire en Ile-de-France]


Mardi 1er juin
TERRITOIRES, RESSOURCES ET SOLIDARITÉS
Matin
Territoires et communs, dialogue entre Hervé DEFALVARD (Commun intégral et translocal de territoires : un concept pour penser la transition) et Cécile RENOUARD (Entreprise, territoire et biens communs : former pour transformer. L'expérience du Campus de la Transition)

L'économie circulaire comme levier de développement territorial, table ronde animée par Isabelle LAUDIER (Institut CDC pour la Recherche), avec Hubert DEJEAN DE LA BÂTIE (Région Normandie), Anne HÉBERT et Charles-Benoît HEIDSIECK (Le Rameau)

Après-midi
"HORS LES MURS"
Visites et rencontres d'associations et d'entreprises locales engagées dans l'économie circulaire : Haiecobois Saint Martin de Bonfossé / PEP 50 autonomie (anciennement ECORESO) Gourfaleur / PAPECO Orval sur Sienne / AFERE Coutances [présentation]


Mercredi 2 juin
Matin
NATURE ET JUSTICE
Alexandre LEMILLE : L'Afrique, vers un nouveau modèle circulaire humain et symbiotique ?
Judith ROCHFELD : L'apport des procès climatiques à l'appréhension des "ressources" naturelles comme des "biens communs"

Après-midi
La responsabilité élargie du producteur face aux déchets : principes et gouvernance, table ronde animée par Helen MICHEAUX, avec Jean-Paul RAILLARD (Fédération Envie & Association Green Friday) [visioconférence] et Lætitia VASSEUR (Co-fondatrice HOP)

ÉCONOMIE NUMÉRIQUE & APPROCHES INTERNATIONALES
Quelle économie numérique pour l'économie circulaire ?, table ronde animée par Aurélien ACQUIER, avec Sylvain BAUDOIN (The Shift Project) et Matthieu HUG (Tilkal)

Soirée
Projection du film OKJA, suivie d'une analyse et d'un débat menés par Aurélien ACQUIER


Jeudi 3 juin
ENTREPRISES, MARCHES, TECHNOLOGIES
Matin
Entreprises, nouveaux modes de coopération pour l'économie circulaire, table ronde animée par Aurélien ACQUIER & Valentina CARBONE, avec Fannie DERENCHY (Groupe La Poste) [Les relations entre acteurs de la logistique de l'économie circulaire, illustration avec La Poste et sa filiale Recygo] et Nathalie JAROSZ (RATP) [Les Deux Rives. Le récit d'un quartier circulaire] [visioconférence]

Alexandre RAMBAUD : Comptabilité triple capital — enjeux techniques, territoriaux, normatifs et philosophiques

Après-midi
L'innovation technologique au service de l'économie circulaire, dialogue entre Aurélien ACQUIER et Franck AGGERI

Économie circulaire et résilience, dialogue entre Sabine CHARDONNET-DARMAILLACQ et Éric LESUEUR


Vendredi 4 juin
SÉANCE CONCLUSIVE
Matin
Rapport d'étonnement des étudiants
Aurélien ACQUIER, Franck AGGERI, Valentina CARBONE, Éric LESUEUR & Olivier LECOINTE : Synthèse

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BILIOGRAPHIES :

Aurélien ACQUIER : Économie circulaire et obsolescence programmée… des concepts du management environnemental
Nouveau mot d'ordre politique et économique, l'économie circulaire s'inscrit dans une longue généalogie de concepts environnementaux visant à réparer le capitalisme, en limiter les externalités pour en assurer la "soutenabilité" sociale et écologique. En s'appuyant sur un lecture en termes de critique du capitalisme (Boltanksi et Chiapello 1999), de concepts essentiellement controversés (Gallié, 1956) et de cycle de vie des concepts managériaux (Hirsch & Levin 1999), je propose un modèle conceptualisant la dynamique de développement, d'obsolescence et de renouvellement/recyclage des concepts managériaux en lien avec la notion de développement durable. Les implications de cette approche sont alors discutées, en mettant en évidence une dynamique d'action collective paradoxale, qui combine simultanément des logiques d'apprentissage et d'innovation à l'intérieur du champ, mais aussi d'inertie et de neutralisation de l'action collective à un niveau plus macro.

Aurélien Acquier, Professor, HDR (Habilitation for Doctoral Supervision) in Management & Sustainability. Associate Dean for Sustainability ESCP Bus.School. Co-Director of the ESCP-Deloitte Chair in Circular Economy.
Publications
"L'innovation technologique à l'heure de l'anthropocène", Cahiers Français (janv.-fév. 2020).
"La grande entreprise technologique : durabilité, politique et science fiction", Entreprises et Histoire, déc. 2019.
"Okja meets Ellul : Nature, culture and life in the iron cage of the Technological System", m@n@gement, 2019.
"Revisiting Politics in Political CSR : How coercive and deliberative dynamics operate through institutional work in a Colombian company", Organization Studies (2019).

Sabine BARLES : Économie circulaire, une perspective historique
L'économie circulaire est aujourd'hui devenue un mot d'ordre politique et économique. Inscrite dans la loi, stratégie d'action pour différents acteurs publics et privés, elle semble constituer une nouvelle façon d'envisager l'utilisation et la gestion des ressources dans la perspective de la soutenabilité. Un regard historique montre néanmoins que cette approche s'inscrit dans la durée. Que l'on considère la manière dont certains acteurs économiques ont mobilisé les sous-produits agricoles, industriels et urbains (pas encore qualifiés de déchets), ou la pensée de certains auteurs (qu'ils soient chimistes ou philosophes) au XIXe siècle, force est de constater que la première révolution industrielle est — partiellement — circulaire, par la force des choses. Mais si la circularité a longtemps accompagné la croissance, elle en est devenue, au XXe siècle, le facteur limitant. La linéarité prend alors le pas.

Sabine Barles, professeure d'urbanisme et aménagement à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne est chercheure à l'UMR Géographie Cités où elle dirige l'équipe CRIA. Ses travaux portent sur les relations entre ville, technique et environnement, à travers une approche à la fois historique (XVIIIe-XXIe siècles) et contemporaine. Elle a ainsi développé une série de travaux sur le métabolisme urbain et les trajectoires socio-écologiques, dans la perspective d'une écologie territoriale.

Steven BECKERS : Agriculture urbaine, ville productive et économie circulaire
Créée à partir de la notion de ville productive et selon une vision systémique et holistique de l'économie circulaire régénérative, la ferme urbaine aquaponique BIGH est une première mondiale de culture intensive, transparente et vertueuse en toiture. La complexité de l'aquaculture et d'hydroponie, un écosystème naturel équilibré profitant d'un milieu artificiel anthropomorphique est de se reposer sur les énergies perdues, les eaux hors réseau, le dioxyde de carbone et le soleil du milieu urbain de Bruxelles pour offrir une production alimentaire locale toute l'année. Le projet, sa réalisation et son opération parviennent à soutenir l'idée que la ville peut être productive et que la production qualitative peut être intensive et influencer les grands de la distribution alimentaire. C'est bien d'économie circulaire appliquée à tous les niveaux du projet qu'il s'agit, une approche en 12 points de vues qui nous rappelle que l'économie circulaire concerne tous les métabolismes urbains dont BIGH (Building Integrated Greenhouses) s'inspire pour faire de la ville non plus le problème, mais la solution.

Steven Beckers est architecte, C2C, Pionnier de l'économie circulaire en architecture, urbanisme et construction, fondateur de la société d'agriculture aquaponiqie BIGH, Expert en Circularité chez BOPRO. Il conseille les secteurs public et privé, enseigne l'économie circulaire au Green Building Council et dans les universités en BE, NL, FR, DK, LU, ETH, Chine… Il estime que les liens entre les solutions innovantes présentent plus d'avantages que les solutions elles-mêmes. Son approche non conventionnelle à multiples facettes de l'économie circulaire régénérative lui a valu de nombreux prix internationaux tant pour ses projets que pour son action. Récemment élu Pionnier 2019 par la Belgian Building Award, RICS award, LEAF awards, PLEA 2000, Agha Khan 1985, et élu Bruxellois de l'année en 2019, il a contribué à plusieurs ouvrages avec Pr Michael Braungart (DE), Pr Peter Luscuere (NL), Pr Philippe Clergeau (FR), Pr Katja Hansen & Douglas Mulhall (DE/CDN).

Christian BRODHAG
Christian Brodhag, ingénieur civil des mines et docteur ès sciences, est professeur émérite à l'École des Mines de Saint-Étienne. Il a été délégué Interministériel au Développement Durable, et a contribué à de nombreuses initiatives internationales notamment avec la Francophonie et l'ISO. Il préside actuellement Construction21, média international sur la construction et la ville durables et le Pôle écoconception, le centre national sur l'éco-conception et la performance par le cycle de vie.
http://www.brodhag.org/

Hervé DEFALVARD : Commun intégral et translocal de territoires : un concept pour penser la transition
À la recherche de nouveaux modèles pour réussir la transition, l'approche des communs est de plus en plus développée. Intégrant les mouvances, écologique et du libre, une troisième mouvance sociale des communs élargit à l'ensemble des domaines de la vie en société cette forme de régulation qui se distingue de celle du marché et de l'État en leur imposant de se reconfigurer. Alors que la plupart des communs ne concernent aujourd'hui qu'une faible part des rapports de production et d'échange sur les territoires et que le niveau local, à part quelques exceptions, le passage vers leur structure intégrale et translocale permet de penser la transition vers de nouvelles sociétés du commun. Celles-ci sont associées à l'horizon d'une nouvelle valeur générative des êtres résidents des territoires en commun (humains et non humains) en remplacement de la valeur extractive pour le capital. Cette transition se décide et se produit toujours en situation, dans l'expérience des milieux de vie, manifestant ainsi un universalisme non aligné.

Hervé Defalvard est responsable de la chaire d'économie sociale et solidaire de l'université Gustave Eiffel. Il dirige dans ce cadre une mention Économie sociale et solidaire de Master et un programme de recherche sur les communs avec sous sa direction plusieurs thèses soutenues ou en cours.
Publications récentes
La révolution de l'économie en 10 leçons, Éditions de l'Atelier, 2015.
"Des communs sociaux à la société du commun", Recma, juillet 2017.
Territoires solidaires en commun. Les anti-actes d'un colloque inédit, avec E. Bucolo et G. Fontaine (dir.), Colloque de Cerisy, Éditions de l’Atelier, 2020.
La société du commun, PUG (à paraître en 2021).

Suren ERKMAN
Suren Erkman has a background in Philosophy and Biology from the University of Geneva (Switzerland) and a PhD in Environmental Sciences from the University of Technology of Troyes (France). He has been also trained as a registered science and business journalist. He began to contribute to the emerging field of Industrial Ecology in 1993, as a science and business author, consultant and entrepreneur. In 2005, he joined the University of Lausanne as an Associate Professor in Industrial Ecology. Suren Erkman is also Chairman of the Board of the consulting company Sofies (Solutions for Industrial Ecosystems), with more than 60 collaborators. Sofies advises companies, governments and international organizations on sustainability issues, with a focus on industrial ecology and circular economy.
Publication
Suren Erkman, Vers une écologie industrielle, Paris, ECLM, 2004.

Alain GRANDJEAN : L'économie circulaire au service de la transition énergétique
Arrêter la dérive climatique nécessite de se passer quasi-intégralement d'énergie fossile, ce qui suppose de transformer l'intégralité de nos processus de production, de transport, de stockage et de fin de vie. Ces processus utilisent eux-mêmes des quantités considérables de matière première et d'énergie qu'il importe au premier chef de réduire. L'économie circulaire, qui consiste à utiliser les déchets comme ressource, est une voie de solution déterminante. Nous l'illustrerons à travers deux exemples concrets : la méthanisation des déchets et le recyclage de l'acier et des métaux. Nous mettrons enfin en évidence que l'économie circulaire ne pourra néanmoins pas résoudre à elle seule ce défi sans que nous améliorions substantiellement l'efficacité matière et énergie de ces processus.

Diplômé de l'École polytechnique, de l'Ensae, et docteur en économie de l'environnement, Alain Grandjean est co-fondateur et associé de Carbone 4, cabinet de conseil en stratégie climat. Il est président de la Fondation Nicolas Hulot et membre du Haut conseil pour le climat. Il est co-auteur de plusieurs livres creusant les liens entre écologie, économie et finance et anime le blog "Chroniques de l'anthropocène" (https://alaingrandjean.fr/).

Alexandre LEMILLE : L'Afrique, vers un nouveau modèle circulaire humain et symbiotique ?
Et si nous pouvions apprendre de l'Afrique dans une collaboration co-créative et empathique retrouvée avec ce continent qui se présente sous un nouveau jour, celui d'un continent circulaire ? Et si, — au delà de la circularité comme nous la comprenons en Europe — l'Afrique pouvait aller plus loin : nous prouver qu'équité sociale, symbiose humaine et circularité faisaient sens ?

Alexandre Lemille est le co-fondateur du Réseau Africain de l'Économie Circulaire. Il enseigne à l'université du Cap en économie circulaire où il inclut son concept de Sphère Humaine Circulaire (connu sous l'anglicisme : The Circular Humansphere), ce qu'il considère être l'un des chaînons manquant du modèle actuel, parmi d'autres. Il fournira des exemples de start-ups circulaires et humaines durant son intervention.

Joël NTSONDÉ : Le rôle de l'utopie dans la dynamique territoriale de l'économie circulaire en Ile-de-France
En Ile-de-France, de nombreuses organisations publiques et privées opérant dans le domaine de la construction cherchent à mettre en place des pratiques d'économie circulaire. Qu'il s'agisse d'éco-conception, de modèles économiques, de nouvelles techniques de construction, de nouveaux matériaux, de plateformes logistiques ou de marchés publics, on peut noter une large palette d'outils et d'approches que ces organisations cherchent à mobiliser. Cette dynamique s'étend progressivement à l'ensemble des acteurs du territoire, cependant, si elle semble se nourrir de la vision utopique de l'économie circulaire, elle se confronte aussi aux limites relatives à son opérationnalisation.

Joël Ntsondé est actuellement enseignant-chercheur en management et co-responsable de la majeure ingénierie et management à l'EPF, une école d'ingénieurs. Il est également chercheur associé au CGS de Mines ParisTech. Docteur en sciences de gestion, il a mené sa thèse sur le rôle de l'imaginaire et des utopies dans la transition des territoires vers l'économie circulaire.

Alexandre RAMBAUD : Comptabilité triple capital — enjeux techniques, territoriaux, normatifs et philosophiques
La comptabilité est souvent envisagée sous un angle technique, neutre, "a-controversé" et s'inscrivant majoritairement dans un cadre économique néoclassique implicite. Pour dépasser cette perspective, nous reviendrons ainsi dans un premier temps sur les fonctions historique et politique de la comptabilité et, dans ces conditions, sur l'enjeu comptable dans la transition vers une économie circulaire. Par ailleurs, au-delà de la mise en évidence de cet enjeu, nous discuterons ensuite les controverses centrales autour du développement des comptabilités socio-environnementales. Ce déploiement mélange ainsi régulièrement les termes de "reporting" et de "comptabilité", tend à renvoyer aux seules théories des parties prenantes ou de la légitimité, tout en continuant à s'inscrire majoritairement dans un cadre économique néoclassique. Nous présenterons ainsi les questionnements, impasses voire incompatibilités de cette vision avec les exigences écologiques et présenterons en conclusion le modèle CARE (Comprehensive Accounting in Respect of Ecology) comme une voie pour mettre en œuvre une économie écologique.

Docteur en mathématiques et en sciences de gestion, Alexandre Rambaud est maître de conférences à AgroParisTech-CIRED, chercheur associé à l'université Paris-Dauphine. Il codirige la chaire "Comptabilité écologique" ainsi que le département "Économie & Société" du Collège des Bernardins. Sa recherche porte sur la théorie de la comptabilité financière ainsi que sur la comptabilité et l'économie écologiques ; il codéveloppe dans ce cadre le modèle CARE. Il est responsable des enseignements de comptabilité/analyse financières — après les avoir enseignés dans plusieurs institutions (ENSAE, HEC Paris) — et de la spécialisation en finance durable à AgroParisTech. Il enseigne également la comptabilité écologique dans plusieurs autres établissements (Dauphine, Mines, Ponts, Kegde, Neoma, etc.). Il est membre de la commission climat et finance durable de l'Autorité des Marchés Financiers, academic fellow de l'Institut Louis Bachelier et membre du conseil scientifique du Centre Européen de Biotechnologie et de Bioéconomie.

Cécile RENOUARD : Entreprise, territoire et biens communs : former pour transformer. L'expérience du Campus de la Transition
L'urgence écologique invite à une démarche éthique, relative à la transformation de nos modèles économiques et de nos modes de vie, de façon à assurer les conditions d'un monde vivable pour les plus vulnérables et les générations futures. Comment articuler la référence au bien commun qu'est le soin de la planète terre avec la diversité des conceptions du bien-vivre ? Il s'agira d’étudier si et comment des expériences, telle celle du Campus de la Transition, créent les conditions favorables à une justice des communs susceptible d'être réitérée dans d'autres contextes. La notion d'expérience permet de s'interroger à la fois sur l'horizon désirable, le niveau de justice élémentaire que nous voulons honorer dans des territoires et des organisations variés, et sur les processus de transformation intérieure, économique et politique, les attitudes individuelles et collectives à promouvoir pour le faire advenir durablement dans diverses cultures.

Judith ROCHFELD : L'apport des procès climatiques à l'appréhension des "ressources" naturelles comme des "biens communs"
Les procès climatiques se multiplient partout dans le monde, qu'ils mettent aux prises des États ou des entreprises opposés à des associations, fondations, collectivités territoriales, ou citoyens coalisés. Les seconds demandent aux premiers des comptes sur leur politique climatique et entendent peser sur les mesures d'atténuation des émissions de gaz à effet de serre et d'adaptation des territoires aux changements majeurs nés du dérèglement climatique. Dans ces procès, de nouvelles argumentations se forgent, qui vont du non-respect de textes internationaux, régionaux et nationaux de lutte contre ces changements, à la défense des droits fondamentaux des personnes, en passant par celle de l'appréhension des "ressources naturelles" comme des "biens communs" ou encore d'entités naturelles comme des sujets de droit.

Judith Rochfeld est professeure de droit privé à l'École de droit de la Sorbonne, Université Paris 1, Panthéon-Sorbonne. Elle est spécialiste des communs et biens communs et a publié de nombreux ouvrages et articles sur ces sujets et co-dirigé, avec Marie Cornu et Fabienne Orsi, le Dictionnaire des biens communs, aux PUF, 2e édition, 2021. Dans cette optique, elle s'intéresse particulièrement aux procès climatiques et à ce qu'ils révèlent d'appréhension de certaines interactions humain-non-humains comme des "communs". Elle a notamment fait paraître sur ce sujet Justice pour le climat. Les nouvelles formes de mobilisations citoyennes, chez O. Jacob, 2019.


"La Fresque Climat", atelier animé par Aurélien ACQUIER et Valentina CARBONE

La Fresque du climat est un atelier collaboratif basé sur l'intelligence collective et la créativité. Le dispositif a été développé il y a quelques années, par Cédric Ringebach, ex-directeur du Shift, un think tank visant à décarbonner l'économie, sur la base des connaissances scientifiques sur le climat, résumées et évaluées par le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat). Les participants sont divisés en équipes pour identifier les relations de cause à effet entre 42 cartes expliquant les phénomènes liés au climat. Collectivement, les participants construisent une fresque, un collage, expliquant le changement climatique. Suit une phase d'appropriation où chaque table donne du sens à sa propre fresque et en personnalise les principaux messages. L'échange final déclenche une discussion collective sur le changement climatique et ses impacts sur nos comportements collectifs et individuels. Les solutions et les transitions nécessaires au niveau personnel, économique et politique seront discutées.


La responsabilité élargie du producteur face aux déchets : principes et gouvernance, table ronde animée par Helen MICHEAUX, avec Jean-Paul RAILLARD (Fédération Envie & Association Green Friday) et Lætitia VASSEUR (Co-fondatrice HOP)

La loi Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire publiée en février 2020 suit et vient conforter des précédentes lois cherchant à amorcer la transition écologique. À l'origine de ces réglementations successives, se trouve le principe de Responsabilité Élargie du Producteur basé sur le principe "pollueur-payeur" apparu dans les années 1990 pour lutter contre la pollution des déchets.
Ce principe a conduit à la mise en place de nombreuses filières structurées autour d'acteurs publics et privés et d'apprentissages collectifs qui ont permis le tournant progressif d'une politique de gestion des déchets vers une politique d'économie circulaire.
Cette table ronde propose d'exposer à ce sujet deux points de vue : celui du recycleur de matière et celui d'une association de lutte contre l'obsolescence des produits.

Jean-Paul RAILLARD
Jean-Paul Raillard est économiste de formation ; il mène d'abord une carrière d'enseignant (agrégation de techniques économiques de gestion) en formations initiale et continue notamment dans la filière de l'expertise comptable. Il rejoint le cabinet d'expertise-comptable Syndex en 1983, attiré par le métier d'expert-conseil auprès des comités d’entreprise (CSE actuellement) et par l'organisation de cette société qui mène depuis sa création en 1971, un projet original de fonctionnement démocratique. À ce titre, il a mené de très nombreuses missions d'expertises stratégiques, sociales et financières dans la région Ouest et en France ou à l'étranger dans de nombreux secteurs d'activité. Il a été responsable régional Pays-de-la-Loire/Poitou-Charentes du cabinet entre 2001 et 2007 puis directeur général de Syndex entre 2008 et 2014. Il a mené avec les autres instances de l'entreprise, la transformation de Syndex en SCOP en décembre 2011. En charge de la représentation externe, il a participé, à ce titre, à de nombreux colloques et écrit un grand nombre d'articles sur des sujets touchant notamment au fonctionnement coopératif, au dialogue social, et aux politiques de Responsabilité Sociale de l'Entreprise et de développement durable. Au terme de son mandat de directeur général de Syndex, Jean-Paul Raillard est devenu membre de la Plateforme nationale RSE où il représente la Confédération Générale des SCOP. Il a notamment travaillé sur la place des salariés et de leurs représentants dans les démarches RSE ainsi que sur les questions d'environnement et d'égalité Femmes/Hommes. Depuis février 2016, il préside le conseil d'administration du groupe Envie44 qui comprend trois entreprises d'insertion employant 140 salariés spécialisées dans le réemploi de matériels électro-ménagers et médicaux ainsi que dans le transport et la logistique de gestion des déchets électriques et électroniques. Administrateur de la Fédération Envie depuis 2017, Jean-Paul Raillard en est devenu le Président à l'Assemblée Générale de juin 2019. Il préside également le Conseil de Surveillance de la SCIC Envie Autonomie et l'Association Green Friday. Depuis 2016, Jean-Paul Raillard est membre du conseil d'administration d'Alternatives Économiques et il a été nommé membre du Conseil national de l'Inclusion dans l'Emploi en juin 2018.


Quelle économie numérique pour l'économie circulaire ?, table ronde animée par Aurélien ACQUIER, avec Sylvain BAUDOIN (The Shift Project) et Matthieu HUG (Tilkal)

Cette table ronde explorera les relations complexes entre le secteur du numérique et l'économie circulaire. Un premier temps s'attachera à appréhender les impacts du numérique et de ses usages du point de vue de l'économie circulaire : en termes de consommation de ressources énergétiques et matérielles, production de déchets, et enjeux de recyclabilité, recyclage et réemploi. Dans un second temps, le numérique sera envisagé comme "infrastructure digitale" de l'économie circulaire, facilitant notamment l'organisation, la structuration de l'information et la traçabilité des flux. Enfin, il s'agira d'explorer les conditions, leviers et barrières, à l'émergence de solutions numériques sobres au service de l'économie circulaire.

Sylvain BAUDOIN
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le numérique n'est pas virtuel, il est très matériel, au point d'être responsable de 3,5% des émissions mondiales de gaz à effets de serre. Son impact matériel, poussé notamment par des taux de renouvellement très élevés, est tel qu'une remise en cause des usages et des offres est nécessaire. C'est à ce niveau que l'économie circulaire peut et doit intervenir : de par son approche, elle permet de repenser les différents flux notamment matériels, ce qui permet notamment d'optimiser le cycle d'usage du numérique. Des conditions sont toutefois nécessaires à sa mise en place, l'enjeu étant la mise en place d'un numérique sobre au service d'une économie (circulaire) résiliente et inversement : la mise en place d'une (nouvelle ?) économie autorisant un numérique résilient.

Matthieu HUG
Matthieu Hug est co-fondateur et CEO de Tilkal, plateforme logicielle de traçabilité 4.0 et de transparence pour les industriels et les marques, visant à permettre des chaines d'approvisionnement résiliantes, responsables et in fine plus durables. Il est board member de plusieurs startups numériques ainsi que de RaiseLab, et administrateur de l'ALCCI (Association de lutte contre le commerce illicite). Entre 2007 et 2016, Matthieu Hug a co-fondé et dirigé RunMyProcess, une plate-forme "cloud" B2B acquise en 2013 par le groupe Fujitsu. Auparavant il a occupé différents postes opérationnels ou de conseil autour des technologies numériques pour l'entreprise, ainsi qu'à l'Ambassade de France à Pékin. Il contribue régulièrement à des travaux ayant trait aux supply chains ou aux technologies numériques, par exemple à l'UNECE, à l'OCDE, aux JECO ou dans diverses écoles de commerce. Il est un des initiateurs du collectif Playfrance.digital engagé sur la construction d'une souveraineté numérique européenne. Il est ingénieur CentraleSupélec (97), et détenteur d'un Master of Science du Georgia Institute of Technology aux États-Unis.


Entreprises, nouveaux modes de coopération pour l'économie circulaire, table ronde animée par Aurélien ACQUIER & Valentina CARBONE, avec Fannie DERENCHY (Groupe La Poste) [Les relations entre acteurs de la logistique de l'économie circulaire, illustration avec La Poste et sa filiale Recygo] et Nathalie JAROSZ (RATP) [Les Deux Rives. Le récit d'un quartier circulaire]

Si les projets collaboratifs sont légion dans le champ de l'économie circulaire, leurs modes de gouvernance — c'est-à-dire l'organisation des processus de décision et la répartition du pouvoir, des bénéfices et des risques entre partenaires — sont variés. Dans cette table ronde, nous allons introduire un cadre d'analyse distinguant plusieurs modalités de gouvernance — centralisée, distribuée et de plateforme — permettant de discuter plusieurs projets en cours à l'aune de ce cadre d'analyse.

Fannie DERENCHY : Les relations entre acteurs de la logistique de l'économie circulaire, illustration avec La Poste et sa filiale Recygo
Le Groupe La Poste a développé une expertise dans la logistique inversée qui lui permet de proposer une gamme de solutions pour accompagner ses clients. Il peut en effet capter des ressources diffuses, les massifier, leur donner une valeur ajoutée et les orienter vers les acteurs du recyclage et du réemploi. La Poste a proposé dès 2012 une activité de collecte des papiers de bureau à recycler, s'appuyant sur les facteurs, les moyens industriels postaux et sur une entreprise d'insertion spécialisée dans le tri pour recyclage, devenue alors filiale du Groupe. En 2018, elle s'est associée à un acteur majeur du déchet en France, afin de pouvoir adresser la demande croissante de ses clients sur des nouveaux déchets et des établissements plus grands. Cette association a donné naissance à une société commune, Recygo, qui dynamise la collecte et la valorisation des déchets de bureau en France métropolitaine. Dans un univers marché à la fois très concurrentiel et fonctionnant avec de nombreux partenariats commerciaux, où les modèles économiques des différents maillons de la chaîne de valeur dépendent à la fois de l'amont et de l'aval, plusieurs formes de relations entre acteurs sont mises en œuvre pour viser la résilience de cette économie circulaire.

Fannie Derenchy est directrice économie circulaire du Groupe La Poste. Elle pilote la stratégie, les ambitions et la gouvernance du Groupe dans ce domaine, visant à transformer le fonctionnement interne et à développer des offres pour faire advenir l'économie circulaire. Elle apporte pour cela un appui aux filiales et aux business units dans leurs développements et dans l'analyse de la performance pour un impact positif. Elle est également administratrice de l'Institut National de l'Économie Circulaire.

Nathalie JAROSZ : Les Deux Rives. Le récit d'un quartier circulaire
La RATP et la Ville de Paris se sont rencontrées en 2017 sur une intuition commune de transposer un fonctionnement d'écologie industrielle et territoriale sur un quartier d'affaires dense et urbain. La démarche des Deux Rives a l'ambition de créer de la valeur humaine et économique sur un quartier, en démontrant qu'un territoire peut se mobiliser pour contribuer à proposer un modèle économique plus vertueux et exemplaire. En près de 4 ans, la démarche a permis de faire se rencontrer et dialoguer différents organismes qui partagent un territoire, autour d'une envie collective : porter des projets d'économie circulaire et réduire l'impact environnemental de leurs activités et du quartier. De nombreux acteurs sont aujourd'hui mobilisés autour de projets communs opérationnels et les Deux Rives ont su démontrer une capacité d'innovation. Pour les Deux Rives, c'est le moment d'aller encore plus loin et d'engager la transformation autour des pratiques et des différents modes de fonctionnements par la mise en place d'un cadre et d'une gouvernance permettant d'initier des projets durables et structurants avec un impact social et environnemental positif sur le territoire concerné.

Nathalie Jarosz est diplômée d'un Master de Chimie Organique de l'université de Jussieu. Après plusieurs années d'expérience dans les process de dégraffitage des trains par l'emploi de méthodologies respectueuses des Hommes et de l'Environnement, elle est désormais en charge de la gestion des politiques Eau, Déchets et Économie Circulaire au sein du Groupe RATP pour l'ensemble du périmètre tertiaire et industriel. Elle est également en charge du portage du Quartier des Deux Rives, premier quartier d'économie circulaire parisien en copilotage avec la Ville de Paris.


Visites et rencontres d'associations et d'entreprises locales engagées dans l'économie circulaire

Haiecobois Saint Martin de Bonfossé
Structure associative fédérant une centaine d'agriculteurs et des collectivités locales dont les bâtiments sont chauffés à partir de bois déchiquetés. Deux emplois permanents (un technicien chargé du plan de gestion des haies, un administratif). Avec 53000 km de haies fonctionnelles, le bocage est emblématique du paysage manchois. Outre leurs fonctions écologiques et patrimoniales, les haies assurent une production valorisable de bois énergie. Adossée au réseau des CUMA (coopératives d'utilisation de matériel agricole) qui assurent le déchiquetage du bois de haies, l'association gère une douzaine de plateformes de séchage et de stockage de bois déchiqueté. Ce matériau est ensuite vendu pour alimenter les chaufferies bois, à des particuliers ou des paysagistes comme couvre sol.

PEP 50 autonomie (anciennement ECORESO) Gourfaleur
Anciennement constitué en SCIC, ECOREZO est aujourd'hui géré par l'association des Pupilles de l'enseignement public de la Manche (PEP) dont l'activité s'élargit au secteur social et médicosocial. Les aides techniques à l'autonomie (fauteuil, déambulateurs) ont une durée de vie d'environ 5 années alors qu'elles ne sont utilisées en moyenne que 18 mois par les personnes. Fort de ce constat, la structure collecte, répare et remet à disposition (vente ou location) les différents matériels. L'équipe de permanents, outre les techniciens chargés de la collecte et de la remise en état, est constituée d'ergothérapeutes qui assurent le conseil auprès des usagers.

PAPECO Orval sur Sienne
Société anonyme dont le capital est détenu par la cinquantaine de salariés de l'entreprise. Implantée dans le havre de la Sienne (zone sensible classée Natura 2000), cette entreprise conjugue les enjeux de respect de l'environnement et de réemploi de papier. Adossée à des entreprises de collecte de papier travaillant essentiellement à proximité, elle recycle le contenu des corbeilles de bureau exclusivement et fabrique essuie tout, papier toilette ou bien encore drap d'examen pour le secteur médical. Le processus est assuré de façon mécanique sans ajout de produit chimique, le réemploi exclusif des corbeilles à papier aux fibres longues permet avec une tonne de papier d'obtenir 900 kg de produit fini.

AFERE Coutances
Structure associative composée de 7 permanents et de 36 emplois aidés (contrats d'une durée maximale de 2 ans), elle assure la gestion de 3 ateliers et 3 boutiques de vente sur le centre Manche. Labellisée structure d'insertion par l'activité et l'emploi, l'association collecte, trie et revend des textiles et vêtements de seconde main. Travaillant en lien avec les organismes de formation mais aussi les entreprises du secteur l'association accompagne ainsi des personnes (essentiellement des femmes) sur la valorisation de leurs compétences et le retour à l'emploi.


PARTENARIAT :

Crealis Media

Programme 2021 : un des colloques

Programme complet


Information importante

Pour s'adapter à la persistance de la crise sanitaire, le CCIC et les organisateurs restructure ce colloque en deux temps : une journée d'hommage et une "mise en bouche" en distanciel le jeudi 20 mai 2021 (programme disponible ci-dessous) et une rencontre de 6 jours en présentiel à Cerisy du samedi 13 août au vendredi 19 août 2022.

La direction du CCIC


FRANCISCO VARELA, UNE PENSÉE ACTUELLE

AUTOPOÏÈSE, ÉNACTION, PHÉNOMÉNOLOGIE


DU MERCREDI 19 MAI (19 H) AU MARDI 25 MAI (14 H) 2021

[ colloque de 6 jours ]



DIRECTION :

Natalie DEPRAZ, Ivan MAGRIN-CHAGNOLLEAU


COMITÉ SCIENTIFIQUE :

Michel BITBOL, Amy COHEN-VARELA, Natalie DEPRAZ, Ivan MAGRIN-CHAGNOLLEAU, Claire PETITMENGIN, Jean PETITOT


PRÉSENTATION DE LA JOURNÉE D'HOMMAGE EN DISTANCIEL DU 20 MAI 2021 :

Francisco Varela, une pensée actuelle
Francisco Varela, a thinker for our time
Journée d'hommage pour le 20e anniversaire de sa mort en 2001
A Tribute Day For the 20th Anniversary of his passing in 2001

[ Mind & Life Europe Website ]

Tout commença avec l'idée d'organiser un Colloque d'une semaine consacrée au travail scientifique et à la pensée philosophique de Francisco Varela, ainsi qu'à son ancrage dans le bouddhisme à Cerisy-la-Salle, cet endroit unique en Normandie où eurent lieu tant d'événements culturels internationaux depuis des décennies, en y adjoignant — le lieu s'y prêtant remarquablement — des performances d'artistes en soirée. On voulait par là témoigner de l'enaction (concept varelien s'il en est) de sa pensée et de l'incarnation authentique de sa prise de parole.

It all started with the project of organizing a week-long Conference dedicated to Francisco Varela's scientific work, philosophical thought and Buddhist anchorage at Cerisy-la-salle, a longstanding famous place in Normandy, France, for cultural international events, along with artists' performances in the evenings. All this being meant to attest to the genuine "enaction" (his innovative concept) of his thought and to the true embodiment of his words.

Le colloque devait avoir lieu en juin dernier, en 2020, mais la vie de la planète en décida autrement : nous nous adaptâmes — fidèles en cela à la "dérive naturelle" de Francisco, selon son expression singulière dans L'inscription corporelle de l'esprit (1991), dont nous célébrons d'ailleurs cette année le 30e anniversaire de sa parution — et le Colloque fut reporté aux 19-25 mai 2021, si proche du jour exact de sa mort, le 28 mai 2001, qu'il paraissait impossible de le reporter à nouveau…

This Conference was to take place last July, 2020, but the life of the planet decided otherwise : we adapted — faithful to Francisco's "natural drift" (a remarkable expression in The Embodied Mind, 1991, the 30th anniversary of which we also celebrate this year) — and the Conference was postponed to 19-25 May, 2021, so near to the very date of his passing, on the 28th of May, that it seemed impossible to postpone again…

Et pourtant… La Journée d'hommage qui aura lieu le 20 mai 2021 en distanciel honorera la mémoire de Francisco et offrira une "mise en bouche" ou un "coup d'envoi" (au choix) à un Colloque à nouveau reporté, et qui se tiendra cette fois espérons-le entièrement "en chair et en os" (selon l'expression chère à Husserl) entre le 13 et le 19 août 2022.

But yet… The Tribute Day which will take place on the 20th of May 2021 as a visio-event will honor Francisco’s memory and offer an appetizer or kick-off (according to the metaphor you prefer) to the anew postponed Conference, which will take place hopefully entirely "in flesh and blood" (Husserl's expression) this time between 13-19 August, 2022.

Avec cette première journée d'hommage du 20 mai prochain, nous souhaitons faire revivre la pensée de Francisco et son rayonnement intellectuel international en donnant la parole aux personnes qui l'ont bien connu, amies et amis, collaboratrices et collaborateurs scientifiques et philosophes, ainsi que méditants bouddhistes. Pour cela, nous projetterons aussi de courtes vidéos témoignant des contextes de vie dans lesquels son travail s'est déployé et a mûri, au gré de ses multiples interactions, tout à la fois scientifiques et interpersonnelles. Remarquablement, sa présence à Cerisy à différents moments de sa carrière et, en tout premier lieu, lors du célèbre Colloque "L'auto-organisation : de la physique au politique", en 1981, ouvrit un programme de recherche auquel la recherche de Francisco puisa nombre de ses inspirations et contribua tout autant de façon insigne.

During this first Tribute Day, we want to embody Francisco's thought and his international intellectual vibrancy by giving voice to some persons who knew him well as friends, scientific and philosophical collaborators, Buddhist meditators, and by projecting short videos showing some of the most important life-contexts of his work and scientific interpersonal interactions. And to begin with, his presence at Cerisy at various moments of his career, namely first for the famous Conference "L'auto-organisation : de la physique au politique (1981)" : a seminal research program, which Francisco emblematized so genuinely.

Organisation : Natalie Depraz, Ivan Magrin-Chagnolleau, avec Edith Heurgon et l'équipe de Cerisy


PROGRAMME DE LA JOURNÉE DU 20 MAI 2021 :

10h00
Amy COHEN-VARELA, Natalie DEPRAZ & Ivan MAGRIN-CHAGNOLLEAU : Ouverture de la journée — Opening of the Day

I. FRANCISCO VARELA À CERISY
I. FRANCISCO VARELA IN CERISY

10h10
Edith HEURGON : Les présences de Francisco au Colloque sur L'auto-organisation en 1981 et au Colloque Castoriadis en 1990 : témoignage de Jean-Pierre Dupuy (texte lu) et vidéo de Francisco Varela sur Castoriadis et l'autonomie — Francisco's presence in 1981 and 1990 : Jean-Pierre Dupuy's testimony (text read) and a video showing Francisco discussing Castoriadis' ideas on autonomy

10h25
Pierre LIVET : Francisco Varela : l'autonomie à plusieurs, des interactions qui dépassent les représentations ? — Francisco Varela : living autonomy together : how interactions go beyond representations ?

10h40
La vie, le vivant, l'autonomie, l'auto-organisation, dialogue entre Tom FROESE et Andreas WEBERLife, The Living, Autonomy, Self-organisation, with Tom FROESE and Andreas WEBER [*]

11h20
Petite pause — Short break

II. FRANCISCO VARELA ET LA MÉDITATION BOUDDHISTE
II. FRANCISCO VARELA AND BUDDHIST MEDITATION

11h25
Matthieu RICARD : Ma rencontre avec Francisco (vidéo pré-enregistrée) — Meeting Francisco (pre-recorded video) [*]

11h45
Fabrice MIDAL : La méditation avec Francisco et Chögyam Trungpa — Meditation with Francisco and Chögyam Trungpa

12h05
Alexis LAVIS : Vivre dans un monde sans fondement : comment Francisco Varela ouvre un chemin de la systémique au bouddhisme — How to live in a world without grounds : opening the way from systemics to buddhism

12h20Intermezzo I
Raphaële JEUNE, Ivan MAGRIN-CHAGNOLLEAU & Nico DOCKX : Une approche énactive de la création artistique — An enactive approach to artistic creation

12h40
Pause déjeuner — Lunch break

III. FRANCISCO VARELA À PARIS : DU CREA AU LENA (NATURALISATION DE LA PHÉNOMÉNOLOGIE ET NEUROPHÉNOMÉNOLOGIE)
III. FRANCISCO VARELA IN PARIS : FROM CREA TO LENA (NATURALISATION OF PHENOMENOLOGY AND NEUROPHENOMENOLOGY)

14h10
Jean PETITOT : Histoire d'un compagnonnage – The story of a companionship

14h30
Antoine LUTZ : Au LENA : la naissance du paradigme de la neurophénoménologie – The birth of the paradigm of neurophenomenology

IV. EN QUÊTE DE L'EXPÉRIENCE VÉCUE EN PREMIÈRE PERSONNE
IV. IN QUEST OF FIRST-PERSON LIVED EXPERIENCE :
THE VIEW FROM WITHIN (1999) ON BECOMING AWARE (1996-2004)

14h50
Claire PETITMENGIN : La découverte de l'entretien d'explicitation et la fécondité de la méthodologie en première personne – The discovery of the explicitation interview and the fertility of the first person methodology

15h10
Natalie DEPRAZ : De l'immersion dans la phénoménologie husserlienne à son énaction via les méthodes en première personne – From the immersion in Husserlian phenomenology to its enaction in first person methods

15h30Intermezzo II
Michèle DUZERT : Vivre ensemble son autonomie éducative (en films, audios et photos) – Living together one's educational autonomy (in films, photos and audios)

V. HOMMAGES DANS DES LIVRES ET UN LIVRE-ANNIVERSAIRE : THE EMBODIED MIND (1991)
V. TRIBUTES IN BOOKS AND A BOOK-ANNIVERSARY : THE EMBODIED MIND
(1991)

15h50
Le Cercle Créateur (Écrits 1976-2001), Seuil, 2017, Michel BITBOL éditeur — éditor

16h10
Phenomenology and the Cognitive Science : Francisco éditeur. Un premier Hommage (2003) / Un numéro spécial (2004). Natalie DEPRAZ et Shaun GALLAGHER, co-éditeurs — Francisco as a founding editor. A first Tribute 2003 / Special Issue 2004. Natalie DEPRAZ and Shaun GALLAGHER as first editors [*]

16h30
Ten Years of Viewing from Within. Journal of Consciousness Studies, 2009. Claire PETITMENGIN éditrice - éditor

16h45
Trente ans après — Thirty years after The Embodied MindL'inscription corporelle de l'esprit (1989-1991) : John PROTEVI : Situer le travail de Francisco Varela dans le paradigme de la cognition 4EA — Locating Francisco Varela's work in the "4EA cognition" paradigm [*]

17h05
Pause thé — Tea break

VI. FRANCISCO VARELA À DHARAMSALA : L'INSTITUT MIND AND LIFE ET LE DALAÏ-LAMA
VI. FRANCISCO VARELA IN DHARAMSALA : THE MIND AND LIFE INSTITUTE AND THE DALAÏ-LAMA

17h35
Francisco avec le Dalaï-Lama à Dharamsala (vidéo) – Francisco with the Dalaï-Lama in Dharamsala (video) [*]

17h45
Alan WALLACE : Les avantages qu'il y a à avoir plusieurs casquettes : l'héritage de Francisco Varela dans la rencontre entre le bouddhisme et la science (vidéo pré-enregistré) — The Advantages of Wearing Multiple Hats : the Legacy of Francisco Varela in the meeting of Buddhism and Science (pre-recorded video) [*]

18h00
Amy COHEN-VARELA : L'Institut Mind and Life : commencements et nouveaux développements — The Mind and Life Institute : beginnings and new developments [*]

VII. ENVOI
VII. DEPARTING WORDS

18h20Forum : Francisco après Francisco — Francisco after Francisco
François SEBBAH & Charles LENAY : Francisco à l'Université de Technologie de Compiègne, et après… — Francisco at the Université of Technology (Compiègne), And after…
Valérie BONNARDEL : 1986-1991, Jussieu, Quai Saint Bernard, 6e étage : le laboratoire de Francisco Varela — Francisco Varela's lab…
Jean-Daniel THUMSER : Relire Husserl et Varela, l'orée d’un nouveau paradigme… — Reading Husserl and Varela, the dawn of a new paradigm…

18h50
Francisco à Monte Grande et après : Le triptyque de Franz REICHLE : "Monte Grande" / "Mind and Life" / "Cisco Pancho" (projection d'extraits) — Francisco in Monte Grande and afterwards : Franz REICHLE's triptych-film (projection of extracts) [*]

19h20
Edith HEURGON, Amy COHEN-VARELA, Natalie DEPRAZ & Ivan MAGRIN-CHAGNOLLEAU : Mots de conclusion / cyber-apéro : et après ? — Concluding words / cyber-appetizer : what's next ?

[*] This talk/presentation will be in English


PRÉSENTATION DU COLLOQUE EN PRÉSENTIEL DU 13 AU 19 AOÛT 2022 :

Francisco Varela a contribué de manière significative au développement du champ des sciences cognitives en proposant dans les années 80-90, du sein des théories de l'émergence, une nouvelle théorie, qu'il a nommée l'énaction. Il a également beaucoup travaillé au contact de la phénoménologie, en forgeant une approche novatrice de la conscience émergeant de la dynamique neuronale tout en lui étant irréductible, et qu'il a nommée "neurophénoménologie". Parallèlement à son travail scientifique et philosophique, il fondait le Mind and Life Institute, un lieu de dialogue avec le Dalaï Lama, et de réflexion sur les liens possibles entre sciences et pratiques contemplatives, notamment la méditation. D'ailleurs, dès son travail au Chili dans les années 70 avec son professeur Humberto Maturana, la formulation de sa théorie du vivant, l'autopoièse, a eu une résonance épistémologique déterminante, au delà même du champ de la biologie, dans les domaines artistiques et éducatifs par exemple.

Francisco Varela made significant contributions to the development of the field of cognitive science by proposing in the 80-90 his theory of enaction within the theories of emergence. He also worked intensively with phenomenologists, forging a new approach of consciousness emerging from but irreducible to neural dynamics, which he named neurophenomenology. He parallely founded the Mind and Life Institute, a place for dialogue with the Dalai Lama, and for reflection on the possible links between science and contemplative practices, and in particular meditation. Besides, his early work in the 70s in Chile with his teacher Humberto Maturana on the notion of autopoiesis as a new theory of the living has had a crucial epistemological resonance, even beyond the field of biology, in the artistic and educational fields for example.

Il nous a paru essentiel, 20 ans après sa disparition, de revisiter sa pensée, et de mesurer à nouveaux frais quel est son impact encore aujourd'hui dans les nombreux champs et disciplines qui continuent à faire fructifier sa pensée. Ce colloque est donc conçu comme un dialogue entre sciences naturelles et sciences humaines, entre art et science, et bien sûr entre science et philosophie. Il sera aussi l'occasion, grâce aux performances artistiques proposées, de réfléchir à l'interdisciplinarité et à sa mise en pratique concrète.

20 years after his death it appeared essential to revisit his thought and to measure what impact it still has today in the multifarious fields and disciplines that continue to fertilize his thought. This Conference therefore is conceived as a dialogue between natural sciences and humanities, between art and science, and of course between science and philosophy. It will also give us the opportunity hopefully to reflect on the spot on interdisciplinarity and its concrete implementation.


MOTS-CLÉS :

Art et science, Autopoièse, Bouddhisme, Conscience, Création artistique, Émergence, Énaction, Épistémologie, Interdisciplinarité, Méditation, Neurophénoménologie, Philosophie, Phénoménologie, Pratiques contemplatives, Sciences cognitives, Sciences humaines, Sciences de l'éducation, Varela (Francisco)


CALENDRIER PROVISOIRE DU COLLOQUE 2021 :

Mercredi 19 mai
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Jeudi 20 mai
Matin
Amy COHEN-VARELA : Ouverture

UNE VISION ÉLARGIE DE LA SCIENCE
Jean-Pierre DUPUY : L'émergence, l'épanouissement et le déclin d'une idée majeure dans l'histoire des sciences et des techniques : un ordre sans designer
Valérie BONNARDEL : Couleur, expérience humaine et cyborgisme

Après-midi
Henri ATLAN : La rencontre entre biologie et philosophie
Antoine LUTZ : Exploration neurophénoménologique de la relation entre douleur et souffrance chez des méditants novices et experts

Soirée
Raphaële JEUNE : Varela à l'aventure de l'art
Ivan MAGRIN-CHAGNOLLEAU : Le concept d'énaction appliqué à la création artistique


Vendredi 21 mai
LA PHÉNOMÉNOLOGIE À SES LIMITES
Matin
Jean PETITOT : Que signifie naturaliser la phénoménologie ?
Tom FROESE : Being and Being-with versus the naturalization of phenomenology

Après-midi
Michel BITBOL : La dialectique du corps et de la conscience : une traduction métaphysique de la neurophénoménologie
Natalie DEPRAZ : La cardiophénoménologie. Ou comment raffiner la neurophénoménologie ?
Jean-Daniel THUMSER : Aux entrailles de la subjectivité : pour une cardio et une gastrophénoménologie

Soirée
Table ronde, animée par Ivan MAGRIN-CHAGNOLLEAU, avec Carole HOFFMAN (L'émergence, dans l'oscillation de l'entre-deux), Xavier LAMBERT (Autopoïèse et générativité) et Célio PAILLARD (L'émergence entre : l'accumulation comme stratégie de création)


Samedi 22 mai
LA PENSÉE DE FRANCISCO VARELA, SOURCE D'INSPIRATIONS ÉDUCATIVES
Matin
Michèle DUZERT : Vivre ensemble son autonomie
Sandrine ESCHENAUER : Langues performées, langues énactées

Après-midi
DÉTENTE

Soirée
Autour du film Monte Grande : What Is Life ? de Franz Reichle


Dimanche 23 mai
UNE SIGNATURE VARÉLIENNE : L'ÉNACTION
Matin
Claire PETITMENGIN : L'énaction comme expérience vécue
Charles LENAY : Énaction et interaction : la question du possible
Andreas WEBER : Skincentric Ecology

Après-midi
François SEBBAH : Énaction et éthique
Fabrice MÉTAIS : Faire sens et rencontrer l'autre : énaction et éthique levinassienne
Mario VILLALOBOS : The Enactive approach to consciousness and the Brainbound view : Enemies or allies ?

Soirée
Table ronde, animée par Ivan MAGRIN-CHAGNOLLEAU, avec Nico DOCKX (À Travers le Temps et le Jour) et Frédéric MATHEVET (Énaction politique dans les arts sonores contemporains)


Lundi 24 mai
MÉDITATION EN ACTION ET NATURE DE L'ESPRIT
Matin
Le DALAÏ-LAMA : Témoignage
Amy COHEN-VARELA : Titre non communiqué

Après-midi
Fabrice MIDAL : Ce que j'ai appris de la méditation grâce à Francisco Varela
Alexis LAVIS : L'approche varélienne du bouddhisme et le rôle du bouddhisme dans l'œuvre de Varela

Soirée
Présentations artistiques


Mardi 25 mai
Matin
Table ronde finale et bilan

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Michel BITBOL : La dialectique du corps et de la conscience: une traduction métaphysique de la neurophénoménologie
L'une des tâches que Francisco Varela a assigné à la neurophénoménologie est de dissoudre, et de ne surtout pas essayer de résoudre, le "problème difficile" de l'origine physique de la conscience. Car, selon lui, c'est la formulation même de ce problème qui nous égare. C'est l'énoncé standard (physicaliste) du "problème difficile" qui suffit à en faire un faux mystère. Mais une telle dissolution du "problème difficile" de la conscience est très exigeante pour les chercheurs. Elle les invite à quitter leur position d'observateurs détachés ou de penseurs neutres, et à s'auto-transformer jusqu'à reconnaître qu'ils ne sont pas distincts du thème de leur quête. Elle ne laisse aucune place au "problème difficile" dans le champ du discours, et le transplante entièrement sur le plan des pratiques et des attitudes. Il en résulte que la dissolution neurophénoménologique du "problème difficile" de la conscience s'est exposée à être ignorée ou tenue pour une simple esquive par les philosophes analytiques de l'esprit. Comment surmonter cet obstacle ? Comment restituer toute sa force argumentative à la neurophénoménologie ? Je propose pour cela de lui adjoindre une traduction métaphysique qui la rende suffisamment homogène aux termes du débat sur la conscience en philosophie de l'esprit. Bien sûr, je n'ignore pas ce qu'il y a de paradoxal à vouloir réintégrer l'espace de la métaphysique, pour mieux faire comprendre une position aussi délibérément anti-métaphysique que la dissolution neurophénoménologique du problème de la conscience. J'esquisserai alors deux stratégies pour surmonter ce paradoxe. La première stratégie est d'explorer les potentialités de la traduction en général, et de l'appliquer à la traduction métaphysique proposée ici. Comme l'écrit Barbara Cassin, la traduction n'est pas (ou ne devrait pas être) une transposition de concepts fixes d'une langue à une autre ; la traduction est (ou devrait être) une manière de faire communiquer deux mondes "en inquiétant l'un par l'autre". Ici, je n'essaierai donc pas de transposer les mots de la neurophénoménologie dans le vocabulaire de la spéculation métaphysique, mais d'inquiéter la métaphysique en lui demandant de trouver en elle la ressource d'exprimer ses antipodes. La deuxième stratégie consiste à conserver le bénéfice d'un passage du discours à la manière d'être, typique de la neurophénoménologie, dans cette tentative de réinscrire une manière d'être dans le discours. Pour cela, une conception dynamique et participative de la relation entre le corps et la conscience est formulée. Elle s'appuie sur le concept Varélien de "dialectique cybernétique", et correspond étroitement à l'"intra-ontologie" du dernier Merleau-Ponty : une réflexion sur ce que c'est que d'être, loin des disciplines de la contemplation des étants. En fin de parcours, j'essaierai de montrer que cette métaphysique du corps et de la conscience ne s'inscrit nullement en faux contre la décision neurophénoménologique de suspendre toute théorisation du "problème difficile" de la conscience. Au contraire, elle a la capacité de conforter la neurophénoménologie dans sa décision d'inscrire la recherche en sciences cognitives dans une dynamique de vie vécue qui conditionne la dissipation du problème de la conscience à la transformation de l'être conscient.

Michel Bitbol est chercheur en philosophie de la physique, en philosophie de la connaissance, et en philosophie de l'esprit. Il est Directeur de recherche émérite CNRS aux Archives Husserl, ENS, Paris. Ayant fait ses études dans plusieurs universités à Paris, il a reçu successivement un doctorat en médecine en 1980, un doctorat d'État en physique en 1985, et une Habilitation à diriger des recherches en philosophie, en 1997. Il a poursuivi des recherches scientifiques de 1978 à 1990, puis, à partir de 1990, il s'est tourné vers la philosophie de la physique. Il a d'abord traduit et commenté des textes d'Erwin Schrödinger. Il a ensuite publié plusieurs livres sur une lecture néo-kantienne de la mécanique quantique, ainsi que sur une philosophie des sciences relationnelle. En 1997, l'Académie des Sciences Morales et Politiques lui a remis son prix Grammaticakis-Neumann de philosophie des sciences. Par la suite, il a concentré sa quête sur la philosophie de l'esprit, et sur ses éventuelles connexions avec la physique quantique. Il a travaillé en collaboration étroite avec Francisco Varela dans le sillage de ce travail. Puis il a approfondi cette direction de recherche, en développant une conception de la conscience inspirée par la phénoménologie et par une épistémologie de la connaissance en première personne. Plus récemment, s'appuyant sur sa double approche de la philosophie des sciences et de la philosophie de l'esprit, il s'est engagé dans le débat contemporain sur les nouvelles propositions métaphysiques développées sous la bannière du "réalisme spéculatif".
Publications
Mécanique quantique, une introduction philosophique, Flammarion, 1996.
Schrödinger's philosophy of quantum mechanics, Kluwer, 1996.
L'aveuglante proximité du réel, Champs-Flammarion, 1998.
Physique et philosophie de l'esprit, Champs-Flammarion, 2000.
De l'intérieur du monde, Flammarion, 2010.
La conscience a-t-elle une origine ?, Flammarion, 2014.
La pratique des possibles, une lecture pragmatiste et modale de la mécanique quantique, Hermann, 2015.
Maintenant la finitude, peut-on penser l'absolu ?, Flammarion, 2019.

Valérie BONNARDEL : Couleur, expérience humaine et cyborgisme
"L'abeille imagine la fleur et la fleur imagine l'abeille", Francis Huxley(1)
Dans leur ouvrage L'inscription corporelle de l'esprit. Science cognitive et expérience humaine(2) publié en 1993, Francisco Varela, Evan Thompson et Eleanor Rosch proposent une nouvelle conception de la cognition qualifiée d'énactive. L'énaction propose une théorie de la cognition basée sur le principe selon lequel les organismes vivants sont des systèmes autonomes, doués d'auto-organisation et générateurs de signification qui donne lieu à l'origine co-déterminée de la cognition et de l'environnement dans lequel l'organisme est situé(3). Pour notre propos, la position de l'énaction s'inscrit dans un contexte non-dualiste et tente de réconcilier les oppositions traditionnelles (sujet-objet, corps-esprit, soi-autres, etc.) et, ce faisant, offre une voie intermédiaire entre l'opposition "objectivisme computationnel" et le "subjectivisme neurophysiologique". Dans une perspective objectiviste, les organismes vivent dans un environnement préexistant et la cognition dont ils sont pourvus consiste à récupérer l'information nécessaire à la construction d'une représentation plus ou moins fidèle de cet environnement. Pour le subjectivisme, le système cognitif projette ses propres représentations et l'apparente réalité n'est que le reflet des lois internes du système. Pour illustrer les principes et l'intérêt d'une conception énactive de la cognition, les auteurs choisissent l'exemple de la vision colorée qui présente l'avantage d'être, d'une part un sujet transdisciplinaire, incluant entre autres, la biologie, la psychologie, l'anthropologie et les disciplines artistiques et qui, d'autre part, possède une signification immédiate dans l'expérience humaine en termes de perception, de cognition et d'émotion. Ainsi, les auteurs montrent que l'objectivisme peine à rendre compte de l'expérience colorée car il n'existe pas de relation de causalité simple et univoque entre le signal physique (flux lumineux) qui atteint l'œil et la couleur perçue. Quant au subjectivisme, il échoue à rendre compte des aspects universellement partagés de la vision des couleurs tels que leur perception catégorielle. L'approche énactive réconcilie ces deux aspects. Dans cette approche la cognition est "incarnée" c'est-à-dire qu'elle résulte d'expériences rendues possibles avec un corps doté de capacités sensorimotrices qui s'exercent dans un environnement physique, biologique, psychologique, social et culturel à partir duquel l'expérience émerge (énaction) et où perception et action sont indissociables. La qualité de l'expérience énactée de l'apparence colorée résulte alors du couplage structurel entre l'organisme et son environnement pour lequel l'intersubjectivité et le partage culturel de cette expérience sont essentiels à l'extraction de sa signification. Aujourd'hui, en rendant possible la mise en place de capacités sensorielles jusque alors inédites chez les organismes vivants, de récents développements technologiques qualifiés de cyborgisme offrent l'occasion d'une réflexion sur la nature des couplages structurels qui s'élaborent à partir de l'interaction entre le cyborg(4) et son milieu ainsi que de leur impact sur la cognition humaine.
(1) Cité par Francisco Varela, in Monte Grande 2014 Monte Grande : "What is life", Dir: Franz Reichle (2004).
(2) Publiée en 1993 aux Éditions du Seuil, "La couleur des idées". Il s'agit d'une traduction de The embodied mind. Cognitive Science and Human experience, The MIT Press, Cambridge, Massachusetts, publié en 1991. Une seconde édition révisée est publiée en 2016. Varela F. J., Thompson E. & Rosch E. (2016), The Embodied Mind Cognitive Science and Human Experience, Revised Edition, The MIT Press, Cambridge, Massachusetts.
(3) Pour une discussion détaillée du concept d'énaction, et plus généralement de la pensée varelienne, on se référa au numéro spécial de la revue Constructivist Foundations, Volume 13 (1), "Missing the woods for the trees : neglected aspects of Francisco Varela's work".
(4) "Cyborg" vient de la contraction des termes "cybernétique" et "organisme".

Après avoir réalisé son travail doctoral sous la direction de Franciso Varela à l'Institut des Neurosciences (Université Pierre et Marie Curie), Valérie Bonnardel poursuivait ses recherches au Laboratoire de Psychologie Expérimentale à l'université de Cambridge (Royaume-Uni). Son travail de recherche concernait les aspects psychophysiques de la vision colorée chez l'homme. À l'exception d'une année passée en Inde pour mener une étude sur les aspects cognitifs et culturels de la couleur, l'ensemble de sa carrière d'enseignante s'est effectué au Royaume-Uni. Depuis ces dernières années, elle enseigne dans le département de Psychologie à l'université de Winchester où il lui a été possible de développer un cours destiné aux étudiants de troisième année sur le thème "Embodied Cognition and Contemplative Practice Studies".

Raphaële JEUNE : Varela à l'aventure de l'art
Comment aborder la pensée de Francisco Varela dans le champ de l'art contemporain ? Comment mettre en œuvre dans des dispositifs artistiques l'expérience de l'expérience à laquelle il invite ? Que nous disent les concepts qu'il a forgés, comme l'autopoïèse ou l'enaction, et ceux qu'il a embrassés, comme la mindfulness et la śūnyatā, sur la créativité des artistes, mais aussi celle de tout individu ? Nous aborderons ces questions à partir d'exemples, parmi lesquels l'exposition "La psyché de l'univers — Hommage à Francisco J. Varela" conçue et réalisée par l'auteure de cette communication et l'artiste Nico Dockx en 2015.

Raphaële Jeune est commissaire d'exposition, chercheuse et professeure d'Histoire et théorie de l'art à l'École Européenne Supérieure d'Art de Bretagne — Site de Rennes. Ses axes de recherches concernent les mutations du sujet à l'heure de l'anthropocène et de la subjectivité digitale, telles qu'elles apparaissent dans l'art. Elle soutient prochainement une thèse d'esthétique, inspirée par la pensée de Varela, sur des "situations de présence", œuvres qui invitent le spectateur à éprouver la réalité événementielle du soi par l'expérience de la présence ici et maintenant. Elle a réalisé de nombreuses expositions, dont "Ce qui vient" (Couvent des Jacobins, Frac Bretagne, Musée des Beaux-Arts, Centre d'art contemporain, Rennes, 2010), "Plutôt que rien" (Maison populaire, Montreuil, 2011), "En attendant la montée des eaux" (Centre d'art La Rochelle, 2011), "Des mers non répertoriées" (Mains d'œuvre, Saint-Ouen, 2014) et "La psyché de l’univers — Hommage à Francisco J. Varela" (Phakt, Rennes, 2015).
Dernières publications
La psyché de l’univers — Hommage à Francisco J. Varela, Phakt, Rennes, 2015.
"Kuka et nous", Traverses & Inattendus #1, La Chapelle Faucher, Éditions Traverses et inattendus, 2017.
"Puissances de l'attention dans l'art contemporain : l'exemple des situations de co-présence", in Yves Citton et Estelle Doudet (dir.), Écologies de l'attention et archéologie des media, Colloque de Cerisy, Grenoble, UGA Édition, 2019.

Charles LENAY : Énaction et interaction : la question du possible
Les difficultés à l'origine de la fracture apparue entre les approches varéliennes de l'énaction qui se développent actuellement autour de l'idée de sense-making et les approches de l'école de Maturana qui maintiennent une rigoureuse clôture organisationnelle de l'autopoïèse, peuvent se comprendre à partir de la question d'une naturalisation de l'expérience du possible. Je proposerai une piste pour résoudre cette question à partir d'une approche interactionniste prenant au sérieux l'altérité de la rencontre entre différentes clôtures organisationnelles. À l'appui de ces idées, je présenterai une étude expérimentale minimaliste des conditions de la constitution de l'expérience d'une séparation dans un champ de possibles.

Charles Lenay est professeur de sciences cognitives et philosophie, COSTECH (Connaissance, Organisation et systèmes Techniques) à l'université de technologie de Compiègne. Il consacre l'essentiel de ses recherches aux interactions entre organismes vivants et à la constitutivité biologique et technique de l'expérience humaine.

Ivan MAGRIN-CHAGNOLLEAU : Le concept d'énaction appliqué à la création artistique
Le concept d'énaction, qui a été développé par Varela et al., notamment dans le livre The Embodied Mind, a depuis fait son chemin, et inspiré nombre de travaux en sciences cognitives, mais aussi en phénoménologie, en sciences de l'éducation, etc. Je m'intéresse pour ma part à la création artistique, et je présenterai quelques idées sur la façon dont le concept d'énaction peut s'appliquer dans ce cadre.

Ivan Magrin-Chagnolleau est chercheur au CNRS, au sein du laboratoire PRISM à Marseille. Il se consacre à la recherche et à l'enseignement universitaires, en particulier en art et en philosophie. Il s'intéresse particulièrement au processus créatif et à sa phénoménologie, au lien entre art et spiritualité, et à l'importance de réhabiliter l'amour comme une valeur essentielle. Il se consacre également à la création artistique, notamment pour le cinéma, le théâtre, la photographie, la musique et l'écriture.
Publications
"Hasard et Création", in Le hasard, le calcul et la vie, Thierry Gaudin, Marie-Christine Maurel & Jean-Charles Pomerol (dir.), Colloque de Cerisy (2019), ISTE Éditions, Collection "Systèmes d'information, web et société", pp. 161-175, 2021.
"L'énaction dans la création artistique: théâtre, cinéma et performance", in Action, Énaction, Xavier Lambert (ed.), L'Harmattan, Collection "Ouverture Philosophique", pp. 213-224, 2017.

Célio PAILLARD : L'émergence entre : l'accumulation comme stratégie de création
Basée sur ma démarche artistique, cette communication exposera une manière particulière de recourir à l'émergence pour produire des œuvres originales, à travers des stratégies d'accumulation. On verra d'abord comment la création par accumulation produit un monde plutôt qu'une histoire unique et est ainsi un moyen d'ouvrir le champ interprétatif. Cela questionnera à la fois le statut d'œuvre et celui de l'auteur : comment faire autorité lorsqu'on met en place des processus d'autopoïèse ? Il sera aussi beaucoup question de processus de perception, à la fois comme problématique de recherche plastique et comme mode d'accès à l'œuvre.

Célio Paillard est artiste plasticien et chercheur. Sa démarche plastique est centrée sur les médias textuels et sonores. Elle prend la forme d'écritures numériques, de performances, d'installations sonores programmées ou, souvent à travers des collaborations avec d'autres artistes, de pièces sonores associées à un travail vidéo. Après une thèse décrivant les processus d'artification de l'art numérique, sa recherche aborde des questions relatives à ce type d'art, mais aussi aux arts émergents et sonores. Il étudie aussi beaucoup les processus de création, dans une approche combinant sociologie et esthétique. Il est également co-fondateur et co-directeur de la revue numérique L'autre musique. Il est par ailleurs enseignant (en arts plastiques) dans l'école nationale d'architecture Paris-val-de-Seine, membre de la maison d’édition Ici-bas ainsi que graphiste free-lance.
Sélection de publications
"Faire émerger l'œuvre", article publié dans Action/énaction : l'émergence de l'œuvre d'art, sous la direction de Xavier Lambert, Paris, L'Harmattan, 2017.
""L'art numérique" : théories manifestes et pratiques singulières", Revue Études Littéraires (Canada), Volume 44, numéro 3, automne 2014, p. 123-138.
"Imaginaires des arts numériques et imaginaires des œuvres", publié dans Poétique(s) du numérique 2, Éditions l'Entretemps, Lavérune (34), 2013.

Claire PETITMENGIN : L'énaction comme expérience vécue
Dans L'inscription corporelle de l'esprit, Francisco Varela nomme "énaction" le point de vue selon lequel "la cognition, loin d'être la représentation d'un monde prédonné, est l'avènement conjoint d'un monde et d'un esprit à partir de l'histoire des diverses actions qu'accomplit un être dans le monde". Dans cet ouvrage, consacré à démontrer la nécessité d'intégrer une étude disciplinée de l'expérience humaine dans les sciences de la cognition, la plupart des arguments en faveur de l'énaction sont tirés de l'intelligence artificielle, des neurosciences, de la psychologie développementale, de la théorie de l'évolution et de l'immunologie. Dans mon exposé je développerai l'idée, en germe dans L'inscription corporelle de l'esprit, que le processus de co-émergence du moi et du monde peut aussi faire l'objet d'une expérience intime, concrètement vécue.

Claire Petitmengin is currently Professor Emerita in Philosophy at the Institut Mines-Télécom and member of the Archives Husserl, École Normale Supérieure in Paris. Her research focuses on the usually unrecognized dynamics of lived experience and "micro-phenomenological" methods enabling us to become aware of it and highlight its essential structures. She studies the epistemological conditions of these methods, as well as their educational, therapeutic, artistic and contemplative applications. She currently devotes herself to exploring the links between the ecological crisis and our blindness to our lived experience. She has written numerous scientific articles and two books : L'expérience intuitive, and Le chemin du milieu : Introduction à la vacuité dans la pensée bouddhiste indienne. She also edited Ten years of viewing from within : The legacy of Francisco Varela, which commemorates the tenth anniversary of the publication of The View from Within, wherein Francisco Varela designed the foundations of a research program on lived experience.
Publications
Petitmengin C. (2017), "Enaction as a lived experience. Towards a radical neurophenomenology", Constructivist Foundations, 12, (2): 139-147.
Petitmengin C. (2006), "L'énaction comme expérience vécue", Intellectica, 43, 85-92.

Jean PETITOT : Que signifie naturaliser la phénoménologie ?
Au cours des années 1990, j'ai co-organisé avec Francisco Varela, Jean-Michel Roy et Bernard Pachoud un séminaire au long cours sur la naturalisation de la phénoménologie. Ces travaux ont débouché sur la publication en 1999 de l'ouvrage Naturalizing Phenomenology : Issues in contemporary phenomenology and cognitive science (Stanford University Press). Plusieurs façons de concevoir les relations entre la phénoménologie husserlienne comme eidétique descriptive et les neurosciences cognitives y sont développées. Je me propose de revenir sur ces réflexions.

Né en 1944 à Paris, directeur d'études retraité à l'EHESS, Jean Petitot est un spécialiste des modèles mathématiques en sciences cognitives. Il a appliqué les théories des singularités et des bifurcations constitutives des modèles morphodynamiques de René Thom à divers aspects du structuralisme, à la phénoménologie de la perception et aux neurosciences cognitives. Ces recherches l'ont conduit à un programme de naturalisation de la phénoménologie husserlienne. Il est également un philosophe des sciences et a été dans ce domaine l'un des réintroducteurs de la philosophie transcendantale en mathématiques et en physique modernes.
Publications
Petitot J., 1999 (ed. with F. Varela, J.-M. Roy & B. Pachoud), Naturalizing Phenomenology : Issues in Contemporary Phenomenology and Cognitive Science, Stanford, Stanford University Press.
Petitot J., 2002, "Eidétique morphologique de la perception", Naturaliser la phénoménologie, J. Petitot, F. Varela, J.-M. Roy, B. Pachoud (eds), CNRS Éditions, Paris, 427-484 [en ligne].
Petitot J., 2004, "Géométrie et Vision dans Ding und Raum de Husserl", Des lois de la pensée aux constructivismes, M.-J. Durand-Richard (ed.), Intellectica, 2004/2, 39, 139-167 [en ligne].
Petitot J., 2010, ""Le hiatus entre le logique et le morphologique". Prédication et perception", Semiosis and Catastrophes. René Thom's Semiotic Heritage, W. Wildgen, P.A. Brandt (eds), Peter Lang, Bern, 141-166 [en ligne].
Petitot J., 2014, "Landmarks for neurogeometry", Neuromathematics of Vision, G. Citti, A. Sarti (eds), Springer, Berlin, Heidelberg, 1-85 [en ligne].
Petitot J., 2017, Elements of Neurogeometry. Functional Architectures of Vision, Lecture Notes in Morphogenesis, Springer.
Colloques de Cerisy
(dir.) 1982, Logos et théorie des catastrophes (à partir du travail de René Thom).
(dir.) 1988, Rationalité et objectivités.
(dir.) 1990, Avec Fernando Gil et Heinz Wismann, 1790-1990 - Le destin de la philosophie transcendantale.
(dir.) 1996, Avec Paolo FAabbri, Umberto Eco : au nom du sens.
"Auto-organisation, criticité et temporalité", in Jean-Pierre Dupuy. Dans l'œil du cyclone, Carnets Nord, 2008..

Jean-Daniel THUMSER : Aux entrailles de la subjectivité : pour une cardio et une gastrophénoménologie
Plutôt que de réduire la phénoménologie à une science auxiliaire des sciences cognitives, les chercheurs contemporains en phénoménologie tentent de développer une étude cogénérative de la vie subjective mêlant tantôt une perspective à la première personne, transcendantale, tantôt les données de recherches de type étiologique menées par des psychologues, psychiatres et neuroscientifiques. Dans la trame de ladite "naturalisation de la phénoménologie", nous souhaitons garder intacte la sphère de la phénoménalité afin de ne pas réduire cette dernière à ce qu'elle n'est pas, à savoir des processus neurophysiologiques asubjectifs. Pour ce faire, notre ambition consiste à remettre l'expérience au premier plan, à ne la réduire d'aucune façon, et à mettre au jour de quelle manière l'étude du cœur et du système nerveux entérique forme une nouvelle voie permettant d'outrepasser le fossé explicatif entre l'étude phénoménologique et l'étude strictement physicaliste. En considérant le corps (Leibkörper) en tant qu'organe de la volonté et lieu de l'expérience intime, nous traiterons les difficultés qu'il y a à vouloir étudier la vie subjective à partir du cerveau - organe noble considéré à tort ou à raison comme centre et source de la vie subjective, mais hors de portée de l'expérience —, puis les promesses d'une étude cogénérative à partir des entrailles — partie vile du corps, mais dotée d'un grand nombre de neurones et dont nous faisons l'expérience — afin de mettre en lumière les intrications entre les vicissitudes du corps et la vie subjective.


BIBLIOGRAPHIE :

• F. Varela, Principles of Biological Autonomy, Elsevier/North-Holland, New York, 1979, 306 pp (en français : Autonomie et Connaissance : Essai sur le Vivant, Seuil, Paris, 1988).
• H. Maturana and F. Varela, Autopoiesis and Cognition : The realization of the living, Boston, 1980, 141 pp.
• F. Varela, "L'auto-organisation : de l'apparence au mécanisme", in L'auto-organisation. De la physique au politique, Colloque de Cerisy, Éditions du Seuil, 1983.
• H. Maturana and F. Varela, The Tree of Knowledge : A new look at the biological roots of human understanding, Shambhala/New Science Library, Boston, 1987 (en français : L'Arbre de la Connaissance, Addison-Wesley France, Paris, 1994).
• F. Varela, Connaître Les Sciences Cognitives, tendances et perspectives, Éditions du Seuil, Paris, 1988.
• F. Varela, E. Thompson and E. Rosch, The Embodied Mind : Cognitive science and human experience, MIT Press, Cambridge, 1991 (en français : L'Inscription Corporelle de l'Esprit, Seuil, Paris, 1993).
• F. Varela, Un Know-how per l'ettica, The Italian Lectures 3, Editrice La Terza, Roma, 1992 (en français : Quel savoir pour l'éthique ? Action, sagesse et cognition, Éditions La Découverte, Paris, 1996).
• F. Varela and J.-P. Dupuy (Eds.), Understanding Origin : Scientific Ideas on the Origin of Life, Mind, and Society (A Stanford University Interational Symposium), Boston Studies Phil. Sci., Kluwer Assoc., Dordrecht, 1992.
• J. Hayward and F. Varela (Eds.), Gentle Bridges : Dialogues between the Cognitive Sciences and the Buddhist Tradition, Shambhala Publishers, 1992 (en français : Passerelles : Entretiens avec des scientifiques sur la nature de l'esprit, Albin Michel, 1995).
• M. R. Anspach & F. Varela, "Le système immunitaire : un "soi" cognitif autonome", in Introduction aux sciences cognitives, Colloque de Cerisy, Éditions Gallimard, Coll. "Folio Essais", 1992 (réédition en 1995 et 2004).
• F. Varela, Invitation aux Sciences Cognitives, Éditions du Seuil, "Points Sciences", 1996.
• F. Varela (Ed.), Sleeping, Dreaming and Dying : Dialogues between the Sciences and the Buddhist Tradition, Wisdom Book, Boston, 1997 (en français : Dormir, Rêver, Mourir, NIL Éditions, Paris, 1998).
• F. Varela and J. Shear (Eds.), The View from Within : First-Person Methodologies in the Study of Consciousness, Special Issue, Journal of Consciousness Studies, 6(2-3), 1999 (also available as book : Imprint Academic, London, 1999).
• J. Petitot, F. Varela, B. Pachoud and J.-M. Roy (Eds.), Naturalizing Phenomenology : Contemporary Issues in Phenomenology and Cognitive Science, Stanford University Press, Stanford, 1999.
• J. Hayward and F. Varela (Eds.), Gentle Bridges : Conversations with the Dalai Lama on the Sciences of Mind, Shambhala Publishers, 2001.
• N. Depraz, F. Varela and P. Vermersch, On Becoming Aware : Steps to a Phenomenological Pragmatics, Benjamin Publishing, Advances in Consciousness Research, New York, 2003.
• S. Brier and J. Bopry (Eds.), Francisco J. Varela 1946-2001, Special Issue, Cybernetics & Human Knowing, 2004 (also available as book : Imprint Academic, London, 2004).
• C. Petitmengin (Eds.), Ten Years of Viewing from Within : The Legacy of Francisco Varela, Special Issue, Journal of Consciousness Studies, 2009 (also available as book : Imprint Academic, London, 2009).
• F. Varela, Le cercle créateur - Écrits (1976-2001), Seuil, Paris, 2017.


SOUTIENS :

• Équipe de recherche interdisciplinaire sur les aires culturelles (ERIAC) — EA 4705 [Université de Rouen Normandie]
Archives Husserl — UMR 8547 [CNRS // ENS]
• Laboratoire Perception Représentations Image Son Musique (PRISM) — UMR 7061 [CNRS // Aix-Marseille Université]
Mind & Life Europe

Programme 2021 : un des colloques

Programme complet


Information importante

En raison de la persistance de la pandémie, et en accord avec les directeurs du colloque, Cerisy s'adapte et restructure cette rencontre de la manière suivante : un colloque en visioconférence, du mardi 11 au samedi 15 mai 2021 ; des conférences de clôture (sous la présidence de notre président Jean-Baptiste de Foucauld) à l'Institut national d'histoire de l'art les lundis 27 septembre, 4 octobre, 11 octobre et 18 octobre 2021 (programmes disponibles ci-dessous) et un colloque en présentiel à Cerisy, intitulé "ART & ARGENT : IMAGER, RACONTER, CRÉER", du mercredi 11 mai au dimanche 15 mai 2022.

La direction du CCIC


ART / ARGENT : L'ÉCONOMIE À L'ŒUVRE


DU MARDI 11 MAI (19 H) AU LUNDI 17 MAI (14 H) 2021

[ colloque de 6 jours ]



DIRECTION :

Patrice BAUBEAU, Martial POIRSON, Yann TOMA


ARGUMENT :

Ce colloque interdisciplinaire portera sur les relations entre les arts et l'économie d'hier à aujourd'hui. En effet, les formes de production, de représentation et de réception de l'art à travers les âges sont indissociables du système économique de leur temps sans en être pour autant une simple transposition, alors que la mise en fiction de l'économie, sa réalité parfois portée à la critique, sublimée ou transformée par l'art, autorisent de subtiles stratégies d’infiltration, de détournement, de subversion de l'attribution de la valeur. D'où l'existence d'un rapport de fascination et de répulsion mutuelle entre art et argent. Ce dialogue complexe s'éclaire en interrogeant la position des œuvres, des artistes et des publics, mais aussi, de façon symétrique, les modalités de captation des gestes artistiques au sein de l'activité économique proprement dite. Le travail créateur s'insère ainsi dans la production de valeur marchande comme dans ses processus de créance, tout en interrogeant ses modalités d'évaluation, de distribution ou d'appropriation, sous leurs formes économiques, sociales, politiques, culturelles et symboliques.

La rencontre accordera une large place à la recherche créative et à l'expérimentation artistique des objets et mécanismes économiques (monnaie, actions). Elle articulera relecture de textes canoniques, paroles de penseurs de différentes disciplines, expérimentations d'artistes et rencontres avec des acteurs de l'économie.

N.B. : Ce colloque ayant été initialement prévu en 2020, il vous est possible d'accéder à sa présentation 2020 : cliquer ici.


MOTS-CLÉS :

Argent, Arts, Créance, Crise, Économie, Fiction, Littérature, Monnaie


PROGRAMME DU COLLOQUE EN VISIOCONFÉRENCE (11-15 mai 2021) :

Mardi 11 mai
L'ÉCONOMIE DANS L'ART
Introduction générale du colloque
15h00
Mot d'accueil, par Edith HEURGON
Patrice BAUBEAU, Martial POIRSON & Yann TOMA : Introduction

16h00
Christine BARON : Flux monétaires à l'état gazeux


Mercredi 12 mai
L'ÉCONOMIE DANS L'ART
Écritures de l'argent — Présidence : Christine BARON
9h30
Commerces du théâtre, théâtralisations de l'argent, table ronde avec Isabelle BARBÉRIS (Postures anticapitalistes sur la scène contemporaine), Guillaume COT (Dom Juan ou le crédit d'une œuvre), Romain JOBEZ (Le théâtre est-il un luxe ? Des valeurs dans le domaine du spectacle vivant) et Béatrice SCHUCHARDT (L'économie politique transformée en fiction : la mise en scène des secteurs économiques dans le théâtre sentimental espagnol et français)

11h30
Désorientations, table ronde avec Agnieszka KOMOROWSKA ("Ça n'existe pas, une société qui ne batte pas monnaie". Communauté et fictions économiques dans la trilogie Vernon Subutex de Virginie Despentes), Marion LAVAL-JEANTET (Les pratiques de détournement artistique de l'argent public face à la pression économique mondiale) et Isabelle de MAISON ROUGE (Money money money, ou le fric c'est chic)


Jeudi 13 mai
L'ÉCONOMIE DANS L'ART
Figurations, motifs, tropes économiques — Présidence : Sophie CRAS
13h30
Emmanuel BOUJU : Credit Crunch. Pour une poétique de l'insolvabilité [conférence-performance]

15h00
Pertes, profits, circulations, table ronde avec Ludovic DESMEDT (L'argent dans le neuvième art : les échanges monétaires vus par l'école franco-belge [en collaboration avec Jérôme BLANC]), Marius Warholm HAUGEN (Économie du risque et mises en scène de la loterie au début du XIXe siècle), Marie-Laure MASSEI-CHAMAYOU ("I shall eat ice & drink French wine and be above vulgar economy") et Christophe RIOUX (L'âge de l'artketing : les noces de l'art, du marketing et de l'économie)


Vendredi 14 mai
L'ÉCONOMIE DANS L'ART
Postures et impostures artistiques. Statements — Présidence : Yann TOMA
9h30
Stock Exchange, table ronde avec Christophe DOMINO (Gilles Mahé – Art & Gens) et Jacinto LAGEIRA (Philosophie de l'argent – Sur les Théories esthétiques de Georg Simmel)

11h00
Entreprises critiques, table ronde avec Res INGOLD (La relativité du vol), Yann TOMA (De Marcel Duchamp aux entreprises critiques – Chèque en bois, sociétés fictives et libération de capital artistique) et Stephen WRIGHT (Vers un art sans reste, sans excédent et sans plus-value)


Samedi 15 mai
L'ART DE L'ÉCONOMIE
Dimensions sensorielles des objets monétaires : une exploration à partir du faux — Présidence : Éric MÉCHOULAN
14h00
Éric MÉCHOULAN : Fausse monnaie et vérité artistique

Rhétorique des économistes — Présidence : Éric MÉCHOULAN
15h00
Styles et fictions des économistes, table ronde avec Sophie CRAS (Petits traités d'économie rédigés par des artistes), Annika NICKENIG (Abondance et ambivalence de l'argent. Jean Bodin et sa Réponse aux paradoxes de Malestroit [1568]), Alexandre PÉRAUD (Et l'économie devint épique), Christophe REFFAIT (Les métaphores chez Jean-Baptiste Say) et Benoît WALRAEVENS (Adam Smith et le théâtre de la vie sociale : le rôle des caractères dans ses œuvres)

17h30
Imaginaires économiques, table ronde avec Élise SULTAN-VILLET (Homo eroticus et homo œconomicus. Le calcul libertin ou le bonheur comptable) et Slaven WAELTI (Fertilité de l'argent et sacrifice : un imaginaire paradoxal de la monnaie)


PROGRAMME DES CONFÉRENCES DE CLÔTURE :

— Séminaire Arts & crise —
[ Institut national d'histoire de l’art ]

L'ART DE L'ÉCONOMIE
Fables et mythologies de l’économie — Présidence : Jean-Baptiste de FOUCAULD

Lundi 27 septembre 2021
17h00
André ORLÉAN : Les fables des économistes


Lundi 4 octobre 2021
17h00
Yann MOULIER-BOUTANG : L'abeille et l'économiste


Lundi 11 octobre 2021
17h00
Arnaud MANAS : "L'art de l'économie"


Lundi 18 octobre 2021
Atelier : La Révolution sera tokenisée, par Aude LAUNAY


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Christine BARON : Flux monétaires à l'état gazeux
L'argent au XXIe siècle se caractérise par son invisibilité et son ubiquité. À la manière des flux financiers et leur caractère immaîtrisable, la sociologie contemporaine et les arts se dématérialisent, mais cette dématérialisation est-elle neuve ? Après un bref détour historique, la communication portera entre autres sur le corps désincarné d'Eric (Cosmopolis) face à la compacité du corps civique qui associe à l'argent une ontologie spécifique et une éthique. Il ne s'agit plus dans une perspective romantique de refonder éthiquement le monde contre le pouvoir de l'argent mais de faire face à une utopie en suspension "pulvérulente" où se dissout même la possibilité d'un espace critique (Walter Siti). L'émergence d'une économie de l'attention (Citton) et d'une économie affective (Hochschild, Le prix des sentiments, 2017) investit le corps même des sujets en contexte néocapitaliste. Surgit alors le paradoxe d'un flux à la fois invisible, sans poids, et intériorisé qui investit le corps du sujet néolibéral comme une nouvelle forme diffuse de biogouvernance où l'État n'a aucune part. C'est cette apparente contradiction que ce travail tentera d'explorer notamment à travers la valorisation de l'émotion en contexte néocapitaliste.

Christine Baron est professeur de littérature comparée à l'université de Poitiers en délégation CNRS à "République des savoirs" (ENS Ulm). Après une thèse de théorie en littérature sur la notion d'utopie chez Calvino, Borges, Queneau, elle s'est spécialisée en épistémocritique et dans l'étude des relations économie/littérature et droit/littérature (France-USA).
Publications
La pensée du dehors, 2007, Coll. "Ouverture philosophique", L'Harmattan.
La littérature et son autre, 2008, Coll. "Littérature comparée", L'Harmattan.
Realism, antirealism in the XXth Century, 2010, Rodopi, Amsterdam.
Littérature, droit et transgression, 2013, La Licorne.
"Littérature et économie ; contacts, conflits, perspectives", 2013, Épistémocritique, n°12.
Literature and economics, 2017, en collaboration avec Cinla Akdere, Routledge.
The productivity of plagiarism, avec Charlotte Krauss et Larissa Polubojarinova.
En cours de parution
Le récit judiciaire, 2020, Presses du CNRS.
Contextes littéraires, émotions judiciaires, 2020, Garnier.

Emmanuel BOUJU
Emmanuel Bouju est Professeur de littérature comparée à l'université de la Sorbonne Nouvelle. Il a été membre senior de l'Institut Universitaire de France (programme "Littérature à crédit. Roman européen contemporain et paradigme fiduciaire", 2015-2020) et plusieurs fois Visiting Professor à Harvard University. Il co-dirige la collection "Littérature, Histoire, Politique" aux Classiques Garnier.
Dernier ouvrage
Épimodernes. Nouvelles "leçons américaines" sur l'actualité du roman, Codicille éditeur, Québec, 2020.

Guillaume COT : Dom Juan ou le crédit d'une œuvre
Dom Juan peut se lire comme une variation autour de la notion de crédit, en tant que création juridique et économique de valeur. La pièce met en scène des situations dans lesquelles un crédit est accordé, refusé ou dû à Dom Juan ou à d'autres personnages. Ce crédit peut être monétaire (comme dans le cas de Monsieur Dimanche), social (les frères d'Elvire), ou religieux (le Commandeur). Le crédit, la créance et la croyance fonctionnent dans l'œuvre selon une seule et même dynamique, et s'insinuent dans les moindres interactions. Nous proposons ainsi de nous saisir du phénomène du crédit, en tant que création de valeur par la croyance, comme grille de lecture dramaturgique, afin de dégager un discours porté par la pièce tant sur le crédit lui-même que sur le théâtre. Nous chercherons à déceler ce qui, dans Dom Juan, crée le théâtre par et autour du crédit.

Guillaume Cot est titulaire d'un master en études théâtrales de l'École normale supérieure ainsi que d'un master en droit public de l'université de la Sorbonne. Il est actuellement doctorant à l'université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, où il rédige une thèse sous la direction de Martial Poirson. Sa thèse est intitulée : "La Scène et la Loi. Les dramaturgies du droit pendant la Révolution française, 1789-1794". Il est également attaché temporaire d'enseignement et de recherche à l'université de Lille.

Sophie CRAS : Petits traités d'économie rédigés par des artistes
Qu'advient-il de l'économie lorsqu'elle est pensée, inventée, rêvée par les artistes ? On le sait peu, mais nombreux furent les artistes qui, de la fin du XIXe siècle jusqu'à aujourd'hui, se firent un temps économistes et rédigèrent de véritables petits traités ambitionnant de renouveler la discipline. Cette contribution se propose de traverser ces textes et d'en explorer la portée d'aujourd'hui. Qu'ils aient suivi une formation universitaire en économie (tel Vassily Kandinsky ou Robert Filliou), qu'ils aient construit leur conception théorique de l'art en dialogue avec des économistes (comme William Morris ou Joseph Beuys), ou qu'ils aient élaboré un système théorique à part entière (à l'instar d'Asger Jorn ou d'Isidore Isou), ces artistes nous livrent une vision riche et singulière, tant sur la pensée économique de leur temps que sur les enjeux d'aujourd'hui.

Sophie Cras est maîtresse de conférences en Histoire de l'art contemporain à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et s'intéresse à de nouvelles approches à l'intersection de l'art et de l'économie. Son premier livre, L'économie à l'epréuve de l'art. Art et capitalisme dans les années 1960 (Presses du réel, 2018 ; traduit chez Yale University Press, 2019) s'intéresse au regard créatif et critique que les artistes contemporains ont porté sur l'économie de leur temps.

Ludovic DESMEDT : L'argent dans le neuvième art : les échanges monétaires vus par l'école franco-belge [en collaboration avec Jérôme BLANC]
Les échanges monétaires apparaissent de manière plus ou moins réaliste dans de nombreuses bandes dessinées : le but de cette communication consiste à délimiter le(s) rôle(s) de l'argent lorsqu'il est représenté dans les "grandes" séries franco-belges. Nous nous appuierons sur certains titres issus des séries Tintin, Astérix et Obélix, Lucky Luke, Les Schtroumpfs, Tif et Tondu, Gaston Lagaffe, Achille Talon ou Rahan pour repérer plusieurs thèmes : les effets sociaux de l'apparition de la monnaie, ses usages au sein de certaines communautés, la confrontation de systèmes monétaires différents, la corruption via la monnaie…

Jérôme Blanc est professeur des universités à Sciences Po Lyon et chercheur au laboratoire Triangle (UMR 5206). Ses travaux portent principalement sur la monnaie et la pluralité de ses formes, qu'il aborde en particulier d'un point de vue socioéconomique et d'histoire des idées.
Publication
Les monnaies alternatives, La Découverte, Repères, 2018.

Ludovic Desmedt est professeur à l'université de Bourgogne-Franche Comté et chercheur au LEDi. Il s'intéresse à l'évolution des pratiques bancaires et des théories monétaires.
Publication
A co-édité avec J. Blanc, Les pensées monétaires dans l'histoire, Classiques Garnier, 2014.

Marius Warholm HAUGEN : Économie du risque et mises en scène de la loterie au début du XIXe siècle
Cette intervention interrogera les mises en scène de la loterie dans le théâtre parisien au début du dix-neuvième siècle : Le hasard corrigé par l'amour (1801), Les Petites marionnettes, ou la Loterie (1806), L'Isle de mariages, ou les Filles en loterie (1809), Le Billet de Loterie (1811), La Maison en loterie (1818), Le jeune homme en loterie (1821). La suppression en 1793 de la Loterie royale, son rétablissement en 1795 avec la naissance de la Loterie nationale, et les débats qui accompagnaient ces décisions, reflétaient un problème économique, moral et politique : l'État français devait-il profiter d'une institution financière très rentable, ou devait-il abolir un système d'Ancien Régime servant à exploiter les classes populaires ? On examinera comment ces enjeux sont traduits dans les "comédies de loterie". Il s'agira surtout de déterminer dans quelle mesure celles-ci produisent des réponses explicites ou métaphoriques aux enjeux liés à la loterie comme institution financière.

Marius Warholm Haugen est maître de conférences en littérature française à NTNU, Université des sciences et techniques de Norvège, Département de Lettres modernes. Il est l’auteur de plusieurs articles sur la littérature française et italienne du dix-huitième siècle.
https://www.ntnu.edu/employees/marius.haugen
Publication
Jean Potocki : esthétique et philosophie de l'errance, Peeters 2014.

Res INGOLD : La relativité du vol
La compagnie aérienne transmediale exploite une large gamme de services complémentaires dans le cadre du trafic aérien et développe un service de substitutions du transfert des matières premières et des principes actifs. Elle s'est engagée depuis plus de 60 ans en faveur de la mobilité atmosphérique et de la sécurité des atterrissages. L'aviation civile est toujours au centre du modèle économique d'Ingold Airlines. Cependant le marché a unilatéralement accéléré et polarisé le développement. En conséquence, de nouveaux domaines de responsabilité sont apparus dans tous les secteurs de la mobilité. L'avenir du trafic aérien doit également être envisagé toujours davantage dans une perspective écologique. La perspective opérationnelle se tourne de plus en plus vers des motifs immatériels décisifs.

Romain JOBEZ : Le théâtre est-il un luxe ? Des valeurs dans le domaine du spectacle vivant
Le théâtre peut être l'objet de différentes sortes d'analyse, faciles à prendre en défaut quand elles ont tendance à mettre de côté sa dimension esthétique. D'une part, un discours purement économique, vite réduit à la question de sa rentabilité, de l'autre, des jugements normatifs, voire idéologiques. Or axiologie et économie critiquent toutes deux le spectacle vivant à l'aune de la valeur, notion qui a été récemment débattue dans le domaine de la sociologie. C'est ainsi que les travaux de Nathalie Heinich ont fait apparaître une tension entre descriptivité et normativité lorsqu'il est question de valeurs. Il convient de se demander si cette tension n'est pas constitutive de toute activité artistique, et plus particulièrement du théâtre, dans une opération consistant à la mise en circulation et à la conversion permanente des valeurs et qui s'apparenterait, depuis longtemps, au fonctionnement du monde du luxe.

Romain Jobez est professeur des universités en Études théâtrales à l'université de Caen. Ses recherches portent sur l'histoire culturelle des spectacles, en Allemagne et en France (en particulier du XVIIe au XIXe siècle), ainsi que sur la sociologie du théâtre.
Dernière publication
Des comédiens aux acteurs : genèse du champ théâtral dans l'Allemagne du XVIIIe siècle (sous presse).
Bibliographie
Isabelle Barbéris, L'art du politiquement correct, Paris, 2019.
Nathalie Heinich, Des valeurs. Une approche sociologique, Paris, 2017.
Olivier Neveux, Contre le théâtre politique, Paris, 2019.

Agnieszka KOMOROWSKA : "Ça n'existe pas, une société qui ne batte pas monnaie". Communauté et fictions économiques dans la trilogie Vernon Subutex de Virginie Despentes
Circulant sur la même "pulsation souterraine" (Vernon Subutex 1, p. 233 sq.), art et argent sont intrinsèquement liés dans la trilogie Vernon Subutex de Virginie Despentes. C'est avant tout la musique qui tisse le lien entre les protagonistes du roman, dont la plupart frôle et/ou tombe dans la précarité, pour ensuite expérimenter une nouvelle communauté que la narration présente comme utopie sociale. Le leitmotiv musical concerne en même temps la symbolique du flux de l'argent et la polyphonie des voix. Les mouvements sur les marchés des capitaux suivent une logique de "l'infra-instabilité", et les protagonistes essaient de déchiffrer, chacun de sa manière, le "diapason du logarithme" économique (ibd.). La polyphonie des voix reste unie par une narration désillusionnée et sarcastique qui démonte les utopies en même temps qu'elle présente la toute-puissance de l'argent comme force destructrice de la société.

Agnieszka Komorowska est enseignant-chercheur en littérature française et espagnole à l'université de Mannheim. Elle est l'auteur d'une thèse de doctorat sur l'écriture de la honte dans la littérature française contemporaine (Winter, 2017), et a publié un livre collectif sur les poétiques de l'échec et la narration non-économique (Fink, 2018, avec Annika Nickenig). Elle prépare un thèse HDR sur la relation entre amitié et économie dans la littérature espagnole aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Marion LAVAL-JEANTET : Les pratiques de détournement artistique de l'argent public face à la pression économique mondiale
Le tournant du XXIe siècle a vu la naissance d'un certain nombre d'expérimentations artistiques de détournement de l'argent public très symptomatique d'une situation économique intenable pour les artistes : étalage des frais de production d'exposition présentés sous forme de billets de banque, présentation d'achat de biens personnels obtenus avec le concours des musées, promotions dans des magasins privés offertes par des institutions culturelles publiques… Un ensemble d'expériences visant tout autant la révision utopique du système consumériste, que la dénonciation des nouveaux rouages de l'institution culturelle dans lesquels la survie de l'artiste n'est pas prise en compte. Ces propositions singulières, ludiques, parfois cyniques, conduisent immanquablement le spectateur sur le terrain politique d'une remise en cause du système social et culturel dans lequel il vit. Profondément ancrés dans une réflexion sur l'économie contemporaine, ces gestes de détournement sont peut-être une des plus fortes expressions de liberté artistique à l'heure d'une mondialisation exclusivement focalisée sur l'argent.

Marion Laval-Jeantet est professeure des universités à Paris I–Panthéon-Sorbonne, artiste et chercheure en art, en bio-anthropologie et en ethnopsychiatrie. Elle mène au sein du duo Art Orienté Objet une œuvre artistique engagée fortement, marquée par les sciences du vivant, et en particulier l'écologie. Ses recherches en art portent sur l'art environnemental, le bio art et les rapports entre art et anthropologie.
Publications récentes
No man's land. L'homme a-t-il encore sa place ?, Paris, C.Q.F.D., 2019.
Microbiota. Créer et soigner, Paris, Presses du réel, 2020.

Isabelle de MAISON ROUGE : Money money money, ou le fric c'est chic
L'économie ou, singulièrement, l'écosystème de l'art, devient à la fois le sujet et l'objet de formulations plastiques, autant prétexte que modèle, thème que motif. En développant leurs propres structures de distribution, en devenant émetteurs de monnaie fiduciaire ou d'actions au porteur, certains artistes produisent un ensemble de propositions qui ouvrent largement les frontières entre art et vie, entre production artistique et formes d'économie. Par des attitudes diverses, associées à des projets spécifiques, ils engagent le regardeur-participant à s'interroger sur les rapports de force que détermine l'argent dans nos sociétés contemporaines, les actes compulsifs d'achat et les situations de crises que peuvent provoquer la surabondance.

Diplômée de la Sorbonne, docteur en art et science de l'art, Isabelle de Maison Rouge est historienne de l'art, critique d'art et commissaire d'exposition. Auteure de nombreux essais sur l'art contemporain et de textes de catalogues, elle collabore régulièrement à diverses revues d'art contemporain (artpress, Optical Sound, Possible, Point contemporain…).
Publications
Mythologies personnelles, Éditions d'art Scala, collection "Tableaux choisis", avril 2004, réédition 2006.
Business Model, Catalogue de l'exposition eponyme à La Vitrine am, 2014.
"Philippe Mairesse" [Entretien], Optical Sound, n°2, automne 2014.
"Quel statut pour l'art à la marge ?", artpress, mai 2015, n°422, p.85-87 [fre/eng].
"Yann Dumoget" [Entretien], Optical Sound, automne 2015.
10 clefs pour collectionner l'art contemporain, Archibooks, 2008, réédition actualisée juin 2010, réédition actualisée 2016.
Le mythe de l'artiste au-delà des idées reçues, Éditions du Cavalier Bleu, collection "Idées reçues", octobre 2017.
"Jazon Frings", artpress, janvier 2017, n°440, p.5, p.66-68 [fre/eng].
"Artiste infantilisé", Point contemporain, 2018.

Arnaud MANAS : "L'art de l'économie"
Cette contribution explorera les liens entre l'art et les signes monétaires par le biais des chemins de traverse que sont la falsification, le détournement et la dépréciation de la monnaie par l'art (et réciproquement). Il s'agit de déconstruire les combinaisons artistes-billets sous les angles techniques et sémantiques. En partant de l'art du billet, on abordera les questions de la croyance et de la crédibilité, et, en particulier, celle du common knowledge sur ce qu'est un billet et sa valeur. Les dialectiques de l'unique et de la reproduction, du vrai et du faux, de l'original et du simulacre, de l'authentique et de la contrefaçon permettront une mise en abyme de l'art et de la monnaie à travers des cas concrets :
- vrais artistes pour vrais billets : les cas Luc-Olivier Merson, Maurice Denis, Lucien Jonas ;
- vrai artiste pour faux-faux billet : le cas Picasso ;
- faux-vrai artiste pour vrai-faux billet, le cas Bojarski…

Arnaud Manas dirige le service du patrimoine historique et des archives de la Banque de France. Ingénieur, docteur en économie et en histoire, il est chercheur associé à l'université de Paris I – Sorbonne (IDHE.S). Ses travaux portent principalement sur l'histoire monétaire française et celle de la Banque de France. Ses recherches portent notamment sur l'histoire du faux-monnayage ainsi que sur le patrimoine artistique et culturel de la Banque de France.
Publications
L'or de Vichy, Éditions Vendemiaire, 2016.
Zweig & la Souterraine : l'or de la Banque de France, Artélia Éditions, 2016.
La Galerie dorée de la Banque de France. Quatre siècles d'art, d'histoire et de pouvoir, Banque de France, 2018.

Marie-Laure MASSEI-CHAMAYOU
Agrégée d'anglais, Marie-Laure Massei-Chamayou est maître de conférences en études anglophones à l'université Paris 1-Panthéon Sorbonne et membre du Centre d'Histoire du XIXe Siècle. Spécialiste de l'œuvre de Jane Austen, elle s'intéresse à l'évolution des représentations de l'argent, de l'économie domestique ou politique chez les romancières britanniques des XVIIIe et XIXe siècles, telles Eliza Parsons, Frances Burney, Maria Edgeworth, George Eliot, Elizabeth Gaskell ou Harriet Martineau.

Annika NICKENIG : Abondance et ambivalence de l'argent. Jean Bodin et sa Réponse aux paradoxes de Malestroit (1568)
La Réponse aux paradoxes de Malestroit, publié par Jean Bodin en 1568, constitue un exemple paradigmatique d'une interférence productive entre plusieurs domaines de connaissance différents. Dans le but de démentir la théorie monétaire de son collègue concernant les causes de la cherté en France, Bodin développe une théorie quantitative de la monnaie qui marquera l'évolution de la pensée économique. Dans son argumentation, il ne prend pas seulement en considération les aspects économiques de son temps, mais il se réfère à une multitude d'exemples historiques, philosophiques, bibliques et littéraires qui lui servent à illustrer son propos. L'on s'intéressera donc à l'utilisation de procédés littéraires de ce traité et suivra l'hypothèse qu'il existe une homologie productrice entre son contenu — à savoir la découverte d'une ambivalence problématique de l'abondance monétaire — et son utilisation d'une multitude de sources et de discours divers.

Annika Nickenig est enseignante-chercheuse à la Humboldt-Universität de Berlin. Elle prépare une HDR sur l'abondance esthétique et économique en Espagne et France (1550-1650). Domaine de recherches : littérature et économie, nouvelles, discours de l'idyllique.
Publications récentes
Poetiken des Scheiterns, München, 2018 (avec A. Komorowska).
"Übungen des Schreibens. Ich-Ökonomie", in M. de Montaignes, "De l'exercitation" (II,6), in Goumegou/Gipper, Elan und Müdigkeit, Würzburg, 2020.

Claire PIGNOL : Richesse réelle ou monétaire : des imaginaires conflictuels ?
La richesse n'est pas seulement composée de ressources, matérielles ou immatérielles, susceptibles de satisfaire des besoins. Elle est aussi l'objet de désirs dont l'évidence ne s'impose pas à l'agent qui les éprouve, et qui au contraire sont pour lui opaques et parfois contradictoires. Elle est par là l'objet d'une intense activité imaginative, à laquelle donne accès le roman. Les châteaux en Espagne que bâtissent les personnages, les raisons qu'ils donnent à leurs décisions, les désirs qu'ils expriment parfois confusément, font apparaître une variété d'imaginaires. Les imaginaires associés aux richesses réelles, qui sous-tendent les désirs des biens dont on jouit dans la consommation, s'opposent-ils aux imaginaires délirants et sans mesure associés à la forme monétaire de la richesse ? Ou peut-on à l'inverse faire apparaître une continuité entre besoins et désirs, entre une recherche raisonnable des jouissances et les pathologies de la démesure ?

Claire Pignol, maître de conférences en économie (U Paris I – PHARE), étudie l'histoire de la pensée et la philosophie économique ainsi que les représentations de l'économie dans la littérature narrative.
Publications récentes
"Which Economic Agent Does Robinson Crusoe Represent ?", Economics and Literature. A Comparative and Interdisciplinary Approach, C. Akdere & C. Baron (ed.), Routledge, 2018.
"L'échec économique : l'évaluation des situations au regard des intentions", Poetiken des Scheiterns. Formen und Funktionen unökonomischen Erzählens, A. Komorowska & A. Nickenig (ed.), Wilhelm Fink Verlag, 2018.

Christophe REFFAIT : Les métaphores chez Jean-Baptiste Say
Jets d'eau, pression de l'air et équilibre des forces : les métaphores et analogies qui apparaissent sous la plume de Jean-Baptiste Say, par exemple dans le "Discours préliminaire" du Traité d'économie politique de 1803, disent d'une part l'influence des sciences physiques sur la science économique en construction, d'autre part et plus généralement l'importance des images dans la rhétorique de l'économie. C'est dans et par ces expédients rhétoriques, et les références qu'ils supposent, qu'apparaît le mieux le sens du discours économique.

Christophe Reffait est professeur à l'université de Picardie Jules Verne (Amiens).
Publication
Les lois de l'économie selon les romanciers du XIXe siècle, Classiques Garnier, 2020.

Christophe RIOUX : L'âge de l'artketing : les noces de l'art, du marketing et de l'économie
Mot-valise mariant l'art et le marketing, l'artketing désigne les hybridations actuellement à l'œuvre entre ces différents champs. La notion peut s'appliquer à des créations commerciales s'inspirant de l'art comme à des collaborations entre marques et artistes. S'inscrivant dans le contexte plus général d'un capitalisme esthétique, ces rapprochements se sont intensifiés ces dernières années et ont fait l'objet de stratégies de plus en plus élaborées de la part des marques. Quel que soit leur secteur d'activité, elles revendiquent une reconnaissance artistique et viennent redéfinir les frontières de l'art et de l'économie, à travers la montée en puissance des industries culturelles et créatives. L'action des marques concerne l'ensemble des éléments du marketing, qu'il s'agisse du produit, de la distribution, du prix ou de la communication. Elle induit par ailleurs de profondes mutations dans l'écosystème de l'art, traversé par l'économie.

Diplômé de l'ESCP, du CELSA-Sorbonne Université et de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales, Christophe Rioux est enseignant-chercheur, critique d'art et écrivain. Directeur de programmes de Masters spécialisés dans le domaine des industries culturelles et créatives, il enseigne à Sciences Po Paris, Sorbonne Université et dans plusieurs grandes écoles. Chroniqueur sur France Culture, il a présenté Les Deniers de la Culture sur France 5 et écrit pour le Groupe BeauxArts, LIRE Magazine littéraire et la revue Études. Il est également auteur de romans publiés chez Flammarion et d'essais parus chez d'autres éditeurs.
Sélection de publications
Assignés à résidence, Éditions Gallimard, 2020.
"Un art anthropocène", in Food/Water/Life, Actes Sud, 2014.
"Le luxe et l'art : du marketing à l'artketing", in O. Assouly (dir.), Le luxe : essais sur la fabrique de l'ostentation, Éditions IFM/Regard, 2013.
Tête de gondole, Flammarion, 2009.
Des croix sur les murs, Flammarion, 2006.

Béatrice SCHUCHARDT : L'économie politique transformée en fiction : la mise en scène des secteurs économiques dans le théâtre sentimental espagnol et français
Le "genre sérieux" inventé par Diderot a connu un succès énorme non seulement en France, mais aussi en Espagne. L'adaptation du genre par les dramaturges espagnols, connue sous le terme de comedia lacrimosa ou género sentimental, va de pair avec la réception du roman sentimental anglais dans les deux pays. Cette intervention propose une comparaison des comédies sentimentales espagnoles et françaises en lien avec leurs représentations respectives du discours économique de l'époque. Il s'agira aussi d'analyser la relation entre valeurs morales et morale économique établie par les pièces dans leur contextes culturels différents : d'une part, une France de plus en plus sécularisée ; d'autre part, une Espagne toujours marquée par l'alliance de pouvoir entre l'Église et la couronne, et où le procédé de sécularisation se voit ralenti, sinon mis à terme par un gouvernement espagnol profondément inquiété par la Révolution française.

Béatrice Schuchardt est maître de conférences en littérature française et hispanophone à l'université de Münster (Westphalie, Allemagne). Elle a récemment fait son HDR sur les discours économiques du XVIIIe siècle et leurs personnifications dans les comédies sentimentales espagnoles.
Publications
Verkörperungen des Ökonomischen in sentimentalen Komödien der spanischen Spätaufklärung. Diskurs – Figur – Gattung – Geschlecht, Frankfurt/Main, Vervuert (à paraître).
"Économies amoureuses : homologies structurales dans les comédies espagnoles et françaises du XVIIIe siècle", in L'homme et la société, 200, 2, 2016, pp. 171-187.

Élise SULTAN-VILLET : Homo eroticus et homo œconomicus. Le calcul libertin ou le bonheur comptable
L'homo eroticus représenté par les romans libertins du XVIIIe siècle est-il l'ancêtre de l'homo œconomicus ? Étonnamment les libertins de Crébillon à Sade, en passant par Duclos, Dorat, Nerciat… font mentir l'adage "quand on aime, on ne compte pas". Certes, on trouve bien quelques obsédés du chiffre qui additionnent gaiement leurs exploits sexuels. Néanmoins, on rencontre tout autant des figures modérées qui optent pour la décroissance libidinale. Entre ces deux extrêmes, l'économie libertine à l'œuvre repose sur une circulation des corps dont on planifie la consommation immédiate tout en prévoyant une épargne mnésique en vue d'une jouissance différée. Ainsi, les dépenses libidinales ne sont pas si improductives : elles nourrissent l'imaginaire qui les capitalise quand elles n'inspirent pas la perle des plans économiques.

Élise Sultan-Villet est enseignante et docteure en philosophie (académie d'Amiens, université Picardie Jules Verne ; université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / HIPHIMO). Depuis 2014, elle est co-organisatrice du séminaire "Fictions et économies" avec Claire Pignol (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / PHARE) à l'université Paris 1.
Publications
L'économie à l'épreuve de la fiction, M. Chottin et É. Sultan (dir.), Paris, Corpus, revue de Philosophie, n°69, 2016.
"Le calcul des plaisirs et des peines dans les romans libertins du XVIIIe siècle", Paris, in Corpus, revue de philosophie, n°69, 2016.
"Du luxe au calme : la volupté dans les romans libertins", in Contre le luxe XVIIe-XVIIIe siècle, É. Pavy-Guilbert et F. Poulet (dir.), Paris, Classiques Garnier, "Rencontres / Le Siècle classique", à paraître.
Les romans libertins du XVIIIe siècle : la philosophie des sens dessus dessous, Paris, Honoré Champion, "Les Dix-huitièmes siècles", à paraître.

Slaven WAELTI : Fertilité de l'argent et sacrifice : un imaginaire paradoxal de la monnaie
Dans Le Sopha, Crébillon met en scène un étranger petit-maître. Le coureur Mazulhim est en effet un impuissant dont la réputation ne tient qu'"à la discrétion des femmes". Ce récit peut servir de point de départ à une réflexion sur le crédit social du séducteur et permet d'interroger le prix le plus insoupçonné de l'usage de la monnaie — en particulier fiduciaire. Sa valeur est-elle autre chose qu'une réputation à laquelle tous croient, mais qui ne repose que sur une jouissance promise et jamais obtenue ? Est-ce un hasard si c'est précisément une défaillance masculine qui la fonde ? Et, plus avant, est-ce un hasard si sa couverture n'est autre que le silence partagé par des femmes sur cette impuissance ? À ces questions, nous trouverons certaines réponses dans la théorie des genres proposée par Christina von Braun en 2012 dans Der Preis des Geldes : eine Kulturgeschichte [Le Prix de l'argent : une histoire culturelle] dont nous voulons discuter la pertinence à partir de textes littéraires du XVIIIe siècle.

Slaven Waelti est enseignant-chercheur à l'université de Bâle. Après une thèse de doctorat consacrée à la question de la communication littéraire chez Pierre Klossowski (Klossowski l'incommunicable. Lectures complices de Gide, Bataille et Nietzsche, Droz 2015), il s'est tourné vers la question de l'économie des échanges au XVIIIe siècle. Il développe actuellement un projet de recherche sur la notion "d'optimum" et d'optimisation au temps des Lumières.


BIBLIOGRAPHIE :

• Cinla Akdere and Christian Biet (ed.), Economics and Literature. A comparative and interdisciplinary Approach, London and New York, Routledge, 2018.
• Christine Baron (dir.), "Littérature et économie", Épistémocritique, n°12, Printemps 2013.
• Daniel Bell, Les contradictions culturelles du capitalisme [1976], Paris, PUF, 1979.
• Walter Benjamin, Charles Baudelaire. Un poète lyrique à l'apogée du capitalisme [1923], Paris, Payot, 1982.
• Christian Biet, Stéphanie Loncle, Martial Poirson et Geneviève Sicotte (dir.), Fiction et économie : représentations de l'économie dans la littérature et les arts du spectacle, XIXe-XXIe siècles, Presses universitaires de Laval, 2013.
• Christian Biet, Yves Citton et Martial Poirson (dir.), Les Frontières littéraires de l'économie (XVIIe-XXe siècles), Paris, Desjonquères, 2008.
• Pierre Bras et Claire Pignol (dir.), Économie et littérature, L'Homme et la Société, n°200, 2016.
• Yves Citton, Portrait de l’économiste en physiocrate. Critique littéraire de l'économie politique, Paris, L'Harmattan, 2000.
• Pierre Force, Molière, ou le prix des choses. Morale, économie et comédie, Paris, Nathan, 1994.
• Pierre Force, Self-Interest before Adam Smith : A Genealogy of Economic Science, Cambridge University Press, 2003.
• Pierre Force (dir.), De la morale à l’économie politique : dialogue franco-américain sur les moralistes français, Revue Op. Cit., n°6, 1996.
• Frederic Jameson, Le postmodernisme ou la logique culturelle du capitalisme tardif [1991], Beaux Arts de Paris éditions, 2011.
• D. N. McCloskey, "The Rhetoric of Economics", Journal of Economic Literature, vol. 31, 1983, p. 482-517.
• D. N. McCloskey, The Rhetoric of Economics, Madison, The University of Wisconsin Press, 1998.
• Éric Méchoulan, La crise du discours économique, Paris, Éditions Nota Bene, 2013.
• Martial Poirson, Art et argent au temps des Premiers Modernes, Oxford, SVEC, 2004:10, 2004.
• Martial Poirson, Politique de la représentation : littérature, arts du spectacle, discours de savoir, Paris, Champion, 2014.
• Martial Poirson, Spectacle et économie à l'âge classique, Paris, Classiques Garnier, 2011.
• Marc Shell, Money, Language and Thought : Literary and Philosophical Economies from the Medieval to the Modern Era, Baltimore, The Johns Hopkins University Press, 1993.
• Marc Shell, Art and Money, Chicago-London, University of Chicago Press, 1995.
• Marc Shell, The Economy of Literature, Baltimore, The Johns Hopkins University Press, 1996.
• Georg Simmel, Philosophie de l'argent [1900], Paris, PUF, 1987.
• Michael Watts, The Literary Book of Economics, ISI Books, 2003.

Programme 2021 : un des colloques

Programme complet


Information importante

En raison des contraintes sanitaires liés à l'épidémie de la Covid-19, et sur proposition des directeurs, Cerisy s'adapte et restructure cette rencontre de la manière suivante : un temps en distanciel lors d'une journée d'étude programmée le lundi 3 mai 2021 (programme disponible ci-dessous) et un temps en présentiel à Cerisy du mercredi 11 mai au dimanche 15 mai 2022.

La direction du CCIC


ARTS ET ÉCRITS REBELLES

IMAGES DISSIDENTES ET RÉSISTANCES DE LA LANGUE


DU VENDREDI 30 AVRIL (19 H) AU MARDI 4 MAI (14 H) 2021

[ colloque de 4 jours ]



DIRECTION :

Idoli CASTRO, Sonia KERFA, Sophie LARGE, Evelyne LLOZE, Yolaine PARISOT


ARGUMENT :

Se rebeller, c'est repartir en guerre selon l'étymologie. Repartir implique un acte de réinvention des pratiques tant artistiques que littéraires, et il faut faire crédit à la rébellion et à la dissidence d'une capacité d'inventivité qui atteint l'ensemble des créations humaines, y compris les arts. Plus de soixante-dix ans après la célèbre définition de l'"artiste engagé" par Sartre, ce colloque propose d'analyser les reconfigurations actuelles de la résistance dans les arts et les écrits, et ainsi d'étudier en quoi l'émergence de nouvelles épistémologies ont pu profondément les modifier en faisant entrer dans le champ de la connaissance certaines pratiques. Les travaux s'intéresseront non pas à une aire culturelle mais à un réseau de relations : celles du monde dit occidental articulé aux mondes des "Suds" qui ont expérimenté des formes de rébellions et des révolutions multiples et diverses, mais aussi des manières de vivre la démocratie et de revendiquer des libertés individuelles qui ont été fécondes pour la création.

N.B. : Ce colloque ayant été initialement prévu en 2020, il vous est possible d'accéder à sa présentation 2020 : cliquer ici.


MOTS-CLÉS :

Arts visuels, Émancipation, Littérature, Rébellion, Réinvention


PROGRAMME DE LA JOURNÉE D'ÉTUDE EN DISTANCIEL DU 3 MAI 2021 :

11h-11h15
Présentation de la journée par l'équipe organisatrice

11h15-11h55
Valérie K. ORLANDO : Les voix insoumises postcoloniales des cinéastes maghrébines

11h55-12h05
Échanges avec le public

13h30-14h10
Chloé CHAUDET : Peter Weiss transaréal ? Enjeux et limites d'une (re)lecture de L'Esthétique de la résistance par temps de mondialisation

14h10-14h25
Échanges avec le public

14h25-15h05
Éliane VIENNOT : Langue des hommes ou langue de l'égalité : une rébellion renouvelée

15h05-15h20
Échanges avec le public
Clôture de la journée par l'équipe organisatrice


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Chloé CHAUDET : Peter Weiss transaréal ? Enjeux et limites d'une (re)lecture de L'Esthétique de la résistance par temps de mondialisation
"Roman-essai" de près de mille pages, Die Ästhetik des Widerstands (3 vol., 1975-1981) s'est maintes fois heurté à la résistance même des traducteurs et éditeurs, en dépit de son statut d'œuvre culte dans l'aire germanophone. Sa réédition récente en langue française (Klincksieck, 2017, dans la traduction d'Éliane Kaufholz-Messmer) nous invite à une (re)lecture actualisante de cette "Iliade du mouvement ouvrier et de la lutte contre le fascisme au XXe siècle" (Nicolas Weill). Il s'agira ainsi d'envisager la dimension fondatrice de cette somme intermédiale dans le cadre d'une épistémologie des arts rebelles. À ce titre, nous nous proposons d'interroger la portée transaréale (Ottmar Ette) de l'engagement littéraire et artistique prôné, figuré et réalisé par Peter Weiss : dans quelle mesure son magnum opus peut-il toujours se lire comme un "manifeste pour l'internationalisme" (Linda Lê) ?

Chloé Chaudet est maîtresse de conférences en littérature générale et comparée à l'université Clermont Auvergne, et membre du CELIS. Après avoir publié un essai, issu de sa thèse, consacré aux Écritures de l'engagement par temps de mondialisation (Classiques Garnier, 2016), elle poursuit ses recherches sur les liens entre littérature, politique et société dans une perspective internationale et, plus récemment, transmédiale.

Valérie K. ORLANDO : Les voix insoumises postcoloniales des cinéastes maghrébines
À partir de plusieurs films, cette communication étudiera le cinéma féminin produit par les maghrébines vivant l'époque postcoloniale. Leurs œuvres cinématiques ont contribué au fil des décennies postcoloniales aux discours sociopolitiques et culturels au Maghreb. Cette communication considérera aussi certains moments historiques qui ont influencé les sujets des cinéastes du Maghreb. Ces moments comprennent : Les années de plomb au Maroc, La décennie noire en Algérie et La révolution du jasmin en Tunisie.

Valérie K. Orlando est professeur de littérature francophone à l'université du Maryland. Elle a obtenu la bourse Fulbright-Tocqueville Distinguished Chair (automne 2019) et une bourse du Collegium-Lyon, L'Insitut d'études avancées (printemps 2020).
Publications récentes
The Algerian New Novel : The Poetics of a Modern Nation, 1950-1979, University of Virginia Press, 2017.
New African Cinema, Rutger's University Press, 2017.
Screening Morocco : Contemporary Film in a Changing Society, Ohio UP, 2011.

Éliane VIENNOT : Langue des hommes ou langue de l'égalité : une rébellion renouvelée
Les polémiques qu'a connues la société française depuis une quarantaine d'années, d'abord autour de la "féminisation" des noms de métiers et fonctions, puis autour de "l'écriture inclusive" font apparaitre deux idées fausses. La première : elles seraient nouvelles. La seconde : elles auraient pour fondement le désir des féministes contemporaines de modifier la langue afin de lui faire servir leurs objectifs. La conférence reviendra sur ces croyances en montrant que ce sont au contraire les distorsions introduites dans la langue par des lettrés masculinistes qui ont provoqué des contestations — dès le XVIIe siècle, et d'abord au sein du milieu savant lui-même. Le sujet concerne bien entendu toute la francophonie, dont les territoires d'implantation ont subi l'influence des diktats parisiens dans une mesure inversement proportionnelle à leur éloignement de la Métropole.

Éliane Viennot a enseigné la grammaire et la littérature française dans les universités de Seattle (USA), Nantes, Corte, Saint-Étienne, et elle a été dix ans membre de l'Institut universitaire de France. Ses recherches portent sur les écrivaines de la Renaissance, les actrices politiques de ce temps, l'histoire des relations de pouvoir entre les sexes en France, la Querelle des femmes et ses conséquences dans la langue française.
http://www.elianeviennot.fr/


BIBLIOGRAPHIE :

• BALASINSKI Justyne, "Art et constestation", in Olivier FILLEULE (éd.), Dictionnaire des mouvements sociaux, Paris, Presses de Sciences Po, 2009, pp. 67-73.
• BALASINSKI Justyne & MATHIEU Lilian, "Introduction", in Justyne BALASINSKI & Lilian MATHIEU (éd .), Art et contestation, Rennes, PUR, 2010, pp. 9-27.
• BRETON André & RIVERA Diego, Pour un art révolutionnaire indépendant, Mexico, le 25 juillet 1938 [Manifeste de la Fédération internationale des Artistes révolutionnaires indépendants / rédigé avec la collaboration de Léon Trotsky], Service d'édition et de librairie du Parti communiste internationaliste (IVe Internationale), 1938, 4 p.
• DELEUZE Gilles, "Qu'est-ce que l'acte de création ?", Conférence donnée dans le cadre des mardis de la fondation Femis 17/05/1987 [Disponible sur https://www.webdeleuze.com/].
• DEWITTE Jacques, Le Pouvoir de la langue et la liberté de l'esprit, essai sur la résistance au langage totalitaire, Michalon, 2007.
• SAID Edward, L'Orientalisme : L'Orient créé par l'Occident, Paris, Éditions du Seuil [1980], 2005.
• SARTRE Jean-Paul, "Qu'est-ce que la littérature ?", Les Temps modernes, 1947.
• SCOTT James C., La domination et les arts de la résistance. Fragments du discours subalterne, Paris, Éditions Amsterdam [1992], 2008.
• TARROW Sidney, "La mondialisation des conflits : encore un siècle de rébellion ?", Études internationales, n°24, vol. 3, 1993, p. 513–531.


SOUTIENS :

• Laboratoire Passages XX-XXI [Université Lumière Lyon 2]
• Institut des langues et cultures d'Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie (ILCEA4) [Université Grenoble Alpes]
• Unité de recherche interdisciplinaire "Interactions culturelles et discursives" (ICD) — EA 6297 [Université de Tours]
• Centre d'études sur les langues et les littératures étrangères et comparées (CELEC) — EA 3069 [Université Jean Monnet Saint-Étienne]
• Laboratoire de recherche "Lettres, idées, savoirs" (LIS) — EA 4395 [Université Paris-Est Créteil]
• Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA) — UMR 5190 [Université de Grenoble-Alpes]
• Projets internationaux Idex Ré-Part [Université Grenoble Alpes] et I+D MoDe(s) [Université de Barcelone]

Publication 2020 : un des ouvrages


Psychanalyse et culture. L'œuvre de Nathalie Zaltzman

PSYCHANALYSE ET CULTURE

L'ŒUVRE DE NATHALIE ZALTZMAN


Jean-François CHIANTARETTO, Georges GAILLARD (dir.)


Avec les catastrophes génocidaires et leur projet de négation de l'appartenance humaine, dont la Shoah constitue la figure paradigmatique, le XXe siècle aura marqué une rupture au cœur même de l'idée de culture. C'est en se confrontant à cette violence que Nathalie Zaltzman initie, à partir de sa pratique clinique, un véritable renouvellement de la psychanalyse.
Revenant sur la théorie freudienne des pulsions de mort pour l'enrichir du concept de "pulsion anarchiste" (1979), elle dessine une approche novatrice de la négativité, au-delà de l'autodestructivité narcissique de type mélancolique ou de la haine narcissique de la culture suscitée par l'exigence collective de sacrifices pulsionnels. Dans cette perspective, la culture apparaît irrémédiablement traversée par une lutte entre la transformation (partielle) de la destructivité et la régression destructrice qui fait fondre dans la notion de "masse" l'individuel et le collectif.
Dans ces temps troublés qui sont les nôtres, venant questionner de manière inédite la psychanalyse, on comprendra l"apport décisif de Nathalie Zaltzman : sa reformulation de l'approche psychanalytique de la culture en tant qu'elle modifie fondamentalement notre manière de penser tout à la fois la place de la psychanalyse dans la culture, et la place de la culture dans la psychanalyse.
En revisitant le travail de la cure, les processus de la culture, les figures de l'exclusion et du mal, les différentes contributions réunies dans ce volume témoignent de l'importance et de l'actualité de son œuvre, internationalement reconnue.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2019) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°637]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Les Éditions d'Ithaque

Collection : Hors collection

ISBN : 978-2-490350-14-8

Nombre de pages : 304 p.

Prix public : 26,00 €

Année d'édition : 2020

Autodestructivité, Barbarie, Civilisation, Corps, Culture, Cure, Déliaison, Démesure, Écoute, Esprit, Mal, Mort, Pulsion anarchiste, Shoah, Survie, Témoignage, Vérité, Zaltzman (Nathalie)

Introduction, par Jean-François CHIANTARETTO & Georges GAILLARD

Nathalie Zaltzman : lire, écrire et penser pour qu'adviennent des journées plus vastes, une vie plus dense, par Geneviève BRISAC


I. UNE PERSONNE, UNE ŒUVRE

Travail de la culture, amour de la vérité, par Jean-François CHIANTARETTO

Rupture et discontinuité au service de la survie chez Nathalie Zaltzman et Jean-François Chiantaretto, par Janine ALTOUNIAN

Démesure et civilisation… Et retour, par Monette VACQUIN

La chute, des corps, par Jean-Michel HIRT [enregistrement audio en ligne sur La forge numérique de la MRSH de l'université de Caen Normandie et sur le site France Culture]


II. LE TRAVAIL DE LA CURE

Pouvoirs et risques de la déliaison. Parcours aux limites, par Ellen CORIN

Déliaison de vie ?, par Aline COHEN DE LARA

Penser dans la déliaison, par Isabelle LASVERGNAS

Souffrir maintenant et indéfiniment : une maladie trop humaine, par Catherine MATHA


III. À LA VIE, À LA MORT

Les émissaires de l'ailleurs, par Ghyslain LÉVY

Irréductibles : résister à l'absurde, par Gaia BARBIERI

La rencontre d'un sujet étranger en lui-même, par Noémie DURR

Du chaos à la pulsion anarchiste : l'antre de l'éveil, par Raphaël MINJARD


IV. LA CULTURE AU TRAVAIL

Le travail de culture, une voie pour sortir du funeste laboratoire du totalitarisme ?, par François VILLA

Pulsion libertaire contre compulsion identitaire, par Christian FERRIÉ

Pulsion anarchiste, pulsion de mort, paradoxes de l'autoconservation, par Marie-Françoise LAVAL-HYGONENQ

Nathalie Zaltzman et l'enjeu de la Kulturarbeit dans la rencontre entre témoignage et écoute, par Barbara DE ROSA


V. FIGURES DU MAL

Le mal. Ses représentations entre corps individuel et corps du monde, par Evelyne TYSEBAERT

Entre l'esprit du mal et la vie de l'esprit, d'Angkar à Angkor, par Arlette LECOQ

Les alliances inconscientes psychopathiques, une figure du mal, par Jean-Pierre PINEL

Travail de culture et rencontre avec les figures intimes de la barbarie, par Georges GAILLARD


Notice biographique, par Michelle MOREAU-RICAUD

Bibliographie de Nathalie Zaltzman

Bibliographie générale

Index

Présentation des auteurs

• "À propos de l'ouvrage", entretien avec Jean-François CHIANTARETTO et Georges GAILLARD [disponible en ligne sur le site de La Revue Française de Psychanalyse]

Publication 2020 : un des ouvrages


VILLES ET TERRITOIRES RÉSILIENTS


Sabine CHARDONNET DARMAILLACQ, Éric LESUEUR, Dinah LOUDA, Cécile MAISONNEUVE, Chloë VOISIN-BORMUTH (dir.)


Avec le concours de Sylvain ALLEMAND


Confrontées aux défis écologiques, bouleversements numériques, risques et catastrophes de tout ordre, les villes et territoires s'interrogent sur leurs capacités d'adaptation, de transformation et d'anticipation. Cet ouvrage, issu du colloque de Cerisy "Villes et territoires résilients", propose un dialogue contradictoire et constructif entre contributeurs issus d'horizons divers : chercheurs, industriels, ingénieurs, politiques, élus, acteurs culturels, assureurs, opérateurs de réseaux… La résilience de qui ? De quoi ? Pour qui ? Avec quels moyens, outils et connaissances ?
Au-delà des différences d'interprétation selon les disciplines de la notion comme de l'évaluation des actions engagées au titre de la résilience, des convergences se sont dessinées autour des enjeux, des méthodes et des leviers d'action. Ainsi, la question des échelles interroge particulièrement : échelles spatiales (locales, régionales, mondiales) ; échelles de temps dans la mise en œuvre des phases d'action et d'anticipation comme pour les perspectives humaines et techniques des territoires habités ; échelles d'action qui posent le problème des objectifs entre autonomie et solidarités, de l'information appropriée, jusqu'à repenser les rôles respectifs des citoyens et des réseaux, des assurances et de l'économie. L'ouvrage interroge notre compréhension des complexités à l'œuvre et souligne l'intérêt de faire une large place à l'intelligence collective et aux stratégies inclusives.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2017) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°636]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Hermann Éditeurs

Collection : Colloque de Cerisy

ISBN : 979-1-0370-0356-0

Nombre de pages : 462 p.

Illustrations : Couleurs et N & B

Prix public : 32,00 €

Année d'édition : 2020

Agroécologie, Capacité de rebond, Catastrophes, Changement climatique, Démographie, Échelles, Économie circulaire, Grand Paris, Intelligence collective, Migrants, Réseaux, Résilience urbaine, Ruptures technologiques, Stratégies inclusives, Synergies, Terrorisme

Avant-propos, par Edith HEURGON & Dinah LOUDA

Préface, par Cécile MAISONNEUVE & Chloë VOISIN-BORMUTH

Propos liminaire, par Éric LESUEUR & Dinah LOUDA

Introduction, par Sabine CHARDONNET DARMAILLACQ, Éric LESUEUR, Dinah LOUDA, Cécile MAISONNEUVE & Chloë VOISIN-BORMUTH


PARTIE I. DÉFINIR LA RÉSILIENCE ?

Polysémies et controverses

I. Résiliences
Apprendre à penser les synergies, par Serge TISSERON

II. La "pensée résilience"
Considérer la complexité pour gérer la sécurité, par Éric RIGAUD [enregistrement audio en ligne sur La forge numérique de la MRSH de l'université de Caen Normandie et sur le site France Culture]

III. La résilience urbaine
Une perspective historique et culturelle, par Philiep BOSSIER

IV. L'anthropocène, une grande accélération… pour la résilience ?, par Frédérick LEMARCHAND

V. La résilience urbaine est-elle imperméable à la critique ?, par Samuel RUFAT [enregistrement audio en ligne sur La forge numérique de la MRSH de l'université de Caen Normandie et sur le site France Culture]


PARTIE II. VILLES ET TERRITOIRES

Anticiper les crises

I. Les réseaux techniques urbains face à la décroissance des consommations
Portrait d'une bifurcation en cours, par Daniel FLORENTIN

II. La résilience des réseaux d'électricité face aux aléas climatiques et aux nouveaux paradigmes, par Michel DERDEVET

III. La résilience des infrastructures et systèmes de transport
L'exemple de la RATP, par Olivier DUTHUIT

IV. L'eau, ressource essentielle à la résilience des territoires, par Alexis DELAUNAY

V. Une stratégie globale de résilience
L'exemple du partenariat Veolia-Swiss Re à La Nouvelle-Orléans, par Laurent AUGUSTE

VI. Perspectives d'une compagnie de réassurance sur la résilience
Trois questions à Ivo MENZINGER

VII. Séisme à Katmandou, la vie continue
Vers une régénérescence locale, par Laure LEPIGEON

VIII. La résilience des sociétés face au terrorisme
Conversation avec Jean-Louis FIAMENGHI


PARTIE III. SITUATIONS CRITIQUES

Changer de paradigme

I. La résilience: risque ou opportunité pour les territoires ?, par Clara VILLAR

II. La résilience des communautés dans un territoire industriel en difficulté, par Antoine LE BLANC & Irénée ZWARTEROOK

III. Favoriser les "flux faibles" et les petites interventions dans le tissu urbain
L'expérience du Japon, par Hidetoshi OHNO

IV. Le triangle de l'agroécologie
Politique, sociotechnique, systèmes vivants, par Bernard HUBERT

V. La gestion agro-environnementale
Les atouts de la synécoculture, par Masatoshi FUNABASHI

VI. Les villes européennes à l'épreuve des migrants, par Cécile MAISONNEUVE & Marie BALÉO

VII. Hébergement et intégration des réfugiés à Hambourg, par Anselm SPRANDEL


PARTIE IV. STRATÉGIES D'ACTEURS

S'engager ensemble

I. Qui pilote la ville résiliente ?, par Isabelle BARAUD-SERFATY

II. La résilience de Paris sera d'abord la résilience de ses habitantes et de ses habitants, par Sébastien MAIRE


TABLES RONDES

Deux grands territoires au prisme de la résilience

I. Le Grand Paris, avec Antoine FRÉROT, Livier VENNIN, François DECOSTER et Elisa YAVCHITZ

II. Les Hauts de France, avec Emmanuel BERTIN, Jean-François CARON, Romaric DAURIER et Sébastien THIÉRY


RETOURS SUR LE COLLOQUE

I. Définitions et processus de résilience, par Maya COHEN

II. Points forts d'une réflexion commune, par Philiep BOSSIER


POSTFACE

La vi[ll]e à l'envers / Ville et résilience à l'ère Covid, par Sabine CHARDONNET DARMAILLACQ [disponible en ligne sur le site de L'Institut Veolia]


Remerciements

Les auteurs

Crédits

Source

• Les enregistrements vidéos des interventions de deux journées du colloque, ainsi que des interviews réalisées à Cerisy (Sylvain ALLEMAND, Sabine CHARDONNET-DARMAILLACQ, Antoine FRÉROT, Éric LESUEUR, Dinah LOUDA, Chloë VOISIN-BORMUTH), sont disponibles en ligne sur le site Colloque TV.

Par Sabine CHARDONNET-DARMAILLACQ, École nationale supérieure d'architecture Paris-Malaquais | 30/01/2021 |

Partout dans le monde, des villes, des collectivités territoriales se mobilisent pour mettre en œuvre des politiques de résilience. De la reconnaissance des facteurs à la mise en place des politiques, se pose la question : "Qui pilote la ville résiliente et selon quelles temporalités ?".

Contribuant aux rencontres de Cerisy sur les enjeux de la ville, cet ouvrage présente les actes d'un colloque organisé par deux entreprises du Cercle des partenaires, Veolia et Vinci / Fabrique de la cité, avec le concours d'une enseignante-chercheure de l'École nationale supérieure d'architecture Paris-Malaquais. Ce colloque international a permis de rassembler avec des universitaires, chercheurs et étudiants, des contributeurs venant des collectivités territoriales, des organismes publics, des entreprises ou des groupes d'initiatives citoyennes.

Villes et territoires résilients (2017) avait pour ambition de considérer plusieurs situations de chocs, perturbations ou aléas durablement installés bien que parfois silencieux, relevant de risques d'origine naturelle, humaine ou technique, dans une perspective de construction des connaissances pour l'action de protagonistes, métiers et personnes qui occupent des positions différentes dans la société. Alors que l'on voit se durcir l'injonction sécuritaire devant l'accumulation de crises et d'incertitudes, que les contextes sont de plus en plus complexes, cette semaine intense interrogeait la notion de résilience en considérant les villes et les territoires comme échelles d'action et comme milieux, compte tenu de l'indivisibilité de l'humanité de la vie urbaine, sociale et biologique. Avec la résilience, l'objectif de faire perdurer un système territorial ou social à l'identique est abandonné, cependant que l'histoire des villes témoigne de leur capacité à dépasser la simple résistance aux crises et aux chocs pour s'adapter et renaître. L'enjeu d'un savoir expérientiel vital de nos rapports à la ville associé à la saisie d'une réalité, permet d'aller au-delà des régulations vers de nouveaux usages, de nouveaux équilibres.

L'ouvrage, structuré en quatre temps, s'attache d'abord à formuler certaines polysémies et controverses, confrontant diverses définitions de la résilience, selon une perspective historique et critique, ainsi que sa fécondité pour les villes et les territoires. Puis est abordée l'anticipation des crises, en particulier celles des réseaux et infrastructures, mettant en perspective la gestion des ressources stratégiques des territoires, leur maillage, leurs interconnexions et leur capacité de renouvellement. Ensuite, plusieurs situations critiques relatives à diverses thématiques et échelles questionnent nos dispositions et capacités à changer de paradigme et à envisager de nouvelles opportunités pour les villes et territoires. Enfin, sont abordées des stratégies d'acteurs et de la coconstruction d'expériences et de perspectives. Deux grands territoires (le Grand Paris et les Hauts de France) sont examinés au prisme de la résilience, illustrant la nécessité d'une gouvernance renouvelée, impliquant un plus large spectre d'acteurs ou parties prenantes. Enfin, à cet ensemble de contributions, s'est ajoutée une postface, amplement justifiée par l'impact décisif de la pandémie COVID-19 sur les territoires et ses enjeux sur les sociétés urbaines.

Penser les villes en résilience invite ainsi à la reconnaissance des interactions tandis que la nécessité d'un pacte d'intelligence collective gagnera à une coopération attentive à la singularité et au détail, veillant à ne pas brider les initiatives. Cette attention aux échelles, de l'humain à la ville et au territoire, montre l'intérêt vital d'associer, dans les leviers d'action, éthique individuelle, politique collective et organisation systémique.

Publication 2020 : un des ouvrages


ENTREPRISES, RESPONSABILITÉS ET CIVILISATIONS

VERS UN NOUVEAU CYCLE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE


Armand HATCHUEL, Kevin LEVILLAIN, Blanche SEGRESTIN, Stéphane VERNAC (dir.)


Face aux menaces qui pèsent sur l'histoire humaine, les transformations à conduire vont bien au-delà d'un changement d'économie ou de société. C'est une transformation de civilisation qu'il s'agit de conduire : une transformation qui implique l'ensemble des pratiques, des savoirs et des valeurs qui conditionnent le fonctionnement des sociétés humaines. Or, l'État, le marché ou la société civile ne peuvent pas en être les seuls acteurs. Dans les grands récits de la modernité, le rôle de l'entreprise a été en grande partie ignoré, réduit au rôle d'employeur ou à ses effets les plus destructeurs. Pourtant, depuis leur apparition à la fin du XIXe siècle, les entreprises ont développé une puissance d'action sans précédent, et imprégné nos civilisations.
Les travaux réunis dans cet ouvrage prennent acte de cette puissance civilisationnelle de l'entreprise et de ses conséquences pour l'histoire mondiale. Ils examinent les formes de la responsabilisation de l'entreprise sans laquelle aucune transition souhaitable et globale n'est possible. Les fondements et les effets de la récente loi française (Pacte) sont en particulier discutés par les chercheurs et les dirigeants qui ont été pionniers sur ces questions. Mais concevoir l'entreprise comme une puissance responsable du bien commun suppose aussi de sortir des cadres économiques et juridiques classiques. L'ouvrage propose de penser désormais les interdépendances entre États, entreprises et autres acteurs collectifs (territoires, science, syndicats…) dans la perspective d'un cadre civilisationnel résilient et d'un nouvel âge de la responsabilité.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2019) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°635]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Presses des Mines

Collection : Économie et gestion

ISBN : 978-2-35671-625-5

Nombre de pages : 350 p.

Prix public : 29,00 €

Année d'édition : 2020

Bien commun, Capitalisme responsable, Civilisation, Développement durable, Écologie, Entreprise émancipée, État, Histoire, Loi PACTE, Modèle pluraliste, Normes internationales, Réconciliation, Responsabilité, Société à mission, Syndicats, Territoire, Transition

Introduction, par Armand HATCHUEL, Kevin LEVILLAIN, Blanche SEGRESTIN & Stéphane VERNAC


PARTIE I
L'ENTREPRISE, SUJET DE L'HISTOIRE ET PUISSANCE CIVILISATIONNELLE

Penser l'entreprise comme un sujet de l'Histoire

Chapitre 1. Entreprise et responsabilité dans le topos civilisationnel contemporain, par Armand HATCHUEL

Chapitre 2. Entreprise et recherche scientifique : enjeux d'une responsabilité conceptive collective, par Pascal LE MASSON & Benoit WEIL

Chapitre 3. L'entreprise et l'État : comment civiliser le capitalisme ?, par Jean-Baptiste de FOUCAULD

Chapitre 4. L'entreprise pour l'État : civilisatrice ou à civiliser ?, par Jean-Baptiste BARFÉTY

Chapitre 5. L'impensé de l'entreprise en Chine, par Joël RUET

Réactualiser les approches de la responsabilité

Chapitre 6. Responsabilité, entreprise, civilisation : le temps du "capitalisme responsable" ?, par François EWALD [enregistrement audio en ligne sur La forge numérique de la MRSH de l'université de Caen Normandie et sur le site France Culture]


II. L'ENTREPRISE, UNE PUISSANCE INDISPENSABLE AUX TRANSITIONS CONTEMPORAINES

Chapitre 7. Face aux défis de l'Anthropocène, s'inspirer de l'écologie pour innover ?, par Elsa T. BERTHET & Vincent BRETAGNOLLE

Chapitre 8. La civilisation informationnelle, par Francis JUTAND

Chapitre 9. Entreprise, "lost in transitions" ou réconciliation ?, par Gilles BERHAULT

Table ronde. Entreprises & territoires, avec Pierre VICTORIA et Arnaud STIMEC


III. LES RESPONSABILITÉS CIVILISATIONNELLES DE L'ENTREPRISE : VERS UN NOUVEAU CYCLE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE ?

Chapitre 10. Peut-on rendre le monde meilleur grâce à l'entreprise ? Une analyse historique et critique, par Jean-Louis BANCEL

Chapitre 11. Le modèle pluraliste de gouvernement d'entreprise. Une tradition européenne porteuse d'avenir, par Christophe CLERC

Table ronde. Quel regard syndical sur l'histoire de l'entreprise ?, animée par Stéphane VERNAC, avec Jean-Paul BOUCHET, Claude CAMBUS, Vincent GAUTHERON et Nicolas HATZFELD

Les inventions juridiques françaises : devoir de vigilance, raison d'être et société à mission

Table ronde. Les normes internationales et le cas de l'Accord au Bengladesh, avec Mathilde MESNARD et Véronique CAMERER

Chapitre 12. La Société à mission : comment le droit va refonder l'entreprise, par Errol COHEN

Chapitre 13. L'entreprise émancipée, par François FAURE

Table ronde. Les pionniers de l'entreprise à mission, animée par Kevin LEVILLAIN, avec Isabelle LESCANNE, Laurence MÉHAIGNERIE et Pierre-Dominique VITOUX

Chapitre 14. La quête d'une formation à l'entreprise des cadres supérieurs depuis 1930, par Patrick FRIDENSON

Chapitre 15. Les écoles de management peuvent-elles avoir une mission ?, par Bernard RAMANANTSOA


IV. PERSPECTIVES

Postface. Quelles perspectives après la loi PACTE ?, par Antoine FRÉROT & Philippe ZAOUATI


Liste des contributeurs

Remerciements

• "De la responsabilité et du rôle civilisationnel… de l'entreprise", entretien de Sylvain ALLEMAND avec Blanche SEGRESTIN (co-directrice du colloque) [disponible en ligne sur le site de Paris-Saclay Le Média].

• "Entre science et débat, la Revue française de gestion", entretien de Sylvain ALLEMAND avec Jean-Philippe DENIS (participant au colloque) [disponible en ligne sur le site de Paris-Saclay Le Média].

• "Entreprise à mission ou comment transformer le monde en innovant", entretien de Sylvain ALLEMAND avec Kevin LEVILLAIN (co-directeur du colloque) [disponible en ligne sur le site de Paris-Saclay Le Média].

• "Écosystème à mission : le point de vue du juriste", entretien de Sylvain ALLEMAND avec Stéphane VERNAC (co-directeur du colloque) [disponible en ligne sur le site de Paris-Saclay Le Média].

Par Armand HATCHUEL, Vice-Président de l'AAPC | 30/01/2021 |

Cet ouvrage marque une étape nouvelle dans la réflexion engagée à Cerisy sur l'entreprise, sa nature et ses futurs. Un premier colloque, en 2013, avait donné lieu au volume L'entreprise, point aveugle du savoir (Éditions Sciences Humaines, 2014) qui montre la persistance dans les disciplines des sciences sociales, et notamment dans le Droit, de postulats réducteurs qui paralysent la connaissance et le débat public sur les entreprises et leurs rapports avec la société. Ce colloque s'inscrivait dans un dispositif de recherche plus large qui, on le sait, a inspiré une réforme profonde et originale du droit des sociétés (Loi PACTE). Ce nouvel ouvrage, issu d'un second colloque tenu en mai 2019, élargit la perspective théorique et historique, approfondit le débat sur les réformes juridiques désormais en action et offre des pistes pour réinsérer la question de l'entreprise dans la culture générale. Il a réuni des chercheurs, des dirigeants, des syndicalistes et des étudiants.

Ce livre interroge d'abord la place de l'entreprise dans les grands récits de l'histoire mondiale et souligne, là encore, la faible prise en compte des entreprises dans la construction de la modernité, sous tous ses aspects. Cette relecture est aujourd'hui d'autant plus nécessaire que la capacité de l'entreprise à transformer le monde arrive à un point de bifurcation, sinon de rupture. L'ouvrage introduit ainsi un questionnement original sur le rôle "civilisationnel" de l'entreprise à travers la mondialisation. Au-delà du rapport entre entreprise et société, il rend compte des régimes d'interpénétration des cultures et des sociétés que provoque l'action des entreprises, participant ainsi à de nouvelles formes d'universalisation et de singularisation. De même, le poids des entreprises dans la recherche scientifique ou encore l'évolution de leurs rapports avec les États, méritent d'être réexaminés avec des regards moins convenus, comme l'a montré la pandémie actuelle.

Cette première série de réflexions conduit à revenir sur les transitions contemporaines et à questionner la place des entreprises dans leur effectuation. Il en ressort que la responsabilité des entreprises dans l'histoire des déséquilibres contemporains est massive. Au point que la notion d'Anthropocène masque une réalité indiscutable : c'est bien la puissance d'agir des entreprises et la modernité ainsi provoquée qui ont mis en danger la planète et non l'humanité comme catégorie universelle. Dès lors, il s'agit de réorienter cette puissance vers la relève des grands défis qu'elle a, elle-même, engendrés. Et les attentes sont considérables : dans la digitalisation, dans la dynamique des territoires et dans la construction de communs mondiaux et civilisationnels.

Ainsi, l'ouvrage examine les réformes et les pistes de recherche qui permettent d'ancrer, dans la loi et dans la culture, les responsabilités civilisationnelles de l'entreprise. Car il ne s'agit plus d'une régulation au sens qu'a pris ce terme dans la doctrine politique classique, c'est-à-dire d'un simple ajustement des règles techniques et marchandes. L'enjeu est bien plus grand : il s'agit de penser un nouveau cycle du développement durable qui s'appuie sur une redéfinition philosophique et juridique des responsabilités des entreprises. Certes le droit français (devoir de vigilance et Loi PACTE) a opéré un saut pionnier dans cette direction, mais s'il ouvre une ère, il ne l'achève pas. Des drames comme celui du Rana plaza ont aussi suscité des solidarités inédites qui participent de cet aggiornamento. Enfin, l'éducation générale, autant que les disciplines savantes, doivent opérer sur ces questions d'importantes ruptures paradigmatiques. In fine, l'ouvrage confirme que la redéfinition de l'entreprise et de ses responsabilités, ne se réduit plus à ce que l'on a longtemps appelé la question sociale. Mais elle conduit au cœur des questions civilisationnelles les plus nouvelles et les plus difficiles.


Publication associée


Publication 2020 : un des ouvrages


ÉCRIRE POUR INVENTER

( À PARTIR DES TRAVAUX DE JEAN RICARDOU )


Marc AVELOT, Mireille CALLE-GRUBER, Gilles TRONCHET (dir.)


Préface de Edith HEURGON


La diversité des travaux de Jean Ricardou et leur fondamentale unité se résument en un principe : une infatigable pratique de l'écriture, alliée à des investigations théoriques des plus rigoureuses. Telle est la dynamique qui a fait de lui un écrivain plein d'audaces en même temps qu'un pédagogue et un théoricien : explorateur du Nouveau roman, promoteur des ateliers d'écriture, il est aussi l'inventeur d'une discipline ayant l'écrit pour objet : la textique.
Ainsi la remarquable inventivité dont il a fait preuve dans le domaine du récit fictionnel s'est conjuguée avec une capacité hors du commun à tirer des leçons générales de ses expérimentations novatrices, à produire des ensembles de concepts permettant de mieux comprendre les mécanismes de l'écriture et leurs enjeux.
Ce volume, issu d'un colloque de Cerisy (août 2019), déploie les facettes d'un parcours intellectuel sans précédent, qui invite à renouveler les méthodologies dans des domaines très variés (pratique de la fiction, enseignement de l'écriture, analyse d'œuvres littéraires, plastiques et musicales, urbanisme, architecture), auxquels la textique peut apporter de nouveaux éclairages.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2019) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°634]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Hermann Éditeurs

Collection : Colloque de Cerisy

ISBN : 979-1-0370-0392-8

Nombre de pages : 507 p.

Illustrations : Couleurs et N & B

Prix public : 26,00 €

Année d'édition : 2020

Arts plastiques, Écriture, Fiction, Fonction critique, Invention, Musique, Nouveau Roman, Paradigme, Pédagogie, RAPT, Ricardou (Jean), Roussel (Raymond), Textique, Théorie, Urbanisme

Avant-propos, par Edith HEURGON


PARTIE I
L'ÉCRITURE THÉORISÉE

I. Jean Ricardou dans le rétroviseur du Nouveau Roman, par Mireille CALLE-GRUBER

II. L'homme sans ombre, par Marc AVELOT

III. "Jean Ricardou" : écrits, théorie, par Jean-Christophe TOURNIÈRE

IV. Matériaux pour la théorie, par Gilles TRONCHET

V. Un dispositif peut en cacher un autre : déambulation dans les lieux de fabrique du texte, par Jeanne CASTILLON

VI. Ricardou après la Littérature, par Johan FAERBER

VII. Sur la fonction critique du texte littéraire, par Isabelle ALFANDARY


PARTIE II
L'ÉCRITURE ENSEIGNÉE

I. L'atelier d'écriture ricardolien, une utopie durable, par Nicole BIAGIOLI

II. Liserons et écriverons, par Paul LÉON

III. Quelles théories de l'écrit pour les formations en écriture créative ?, par AMarie PETITJEAN


PARTIE III
L'ÉCRITURE PROGRAMMÉE

I. Traduction ou ré-écriture ?, par Bente CHRISTENSEN

II. Sur l'impensé d'une page blanche, par Bernardo SCHIAVETTA

III. L'absente de tout le bouquin, par Sjef HOUPPERMANS

IV. Ricardou lecteur de Roussel, par Christelle REGGIANI

V. Roussel Ricardou : enjeux théoriques, par Hermes SALCEDA


PARTIE IV
L'ÉCRITURE FICTIONNELLE

I. La "poétique touristique" de Jean Ricardou, par Claudia BOULIANE

II. L'Observatoire de Cannes. Comment décrire une description ?, par Giuseppe CRIVELLA

III. Si par un jour d'été un spectateur…, par Didier COSTE

IV. Tribalisme dans Les lieux-dits, par Laurent LIENART

V. Du très sage au très fou, du tressage au tserouf, par Rémi SCHULZ


PARTIE V
L'ÉCRITURE ÉLARGIE

I. Séries noires, carrés blancs, etc., par Johanna GOSSART

II. Parcours interactif dans le Paradigme d'Albert Ayme, par Alain LONGUET

III. Une carambole texturale, par Daniel BILOUS [enregistrement audio en ligne sur La forge numérique de la MRSH de l'université de Caen Normandie et sur le site France Culture]

IV. Débords, par Jean-Claude RAILLON

V. Nouvelles accointances d'un texte et d'une musique, par Claudy MALHERBE


PARTIE VI
L'ÉCRITURE TRIDIMENSIONNELLE

I. MARCHE — le projet d'un RAPT, par Sandra K. SIMMONS

II. Pas très loin, par Quentin LAZZARESCHI & Joana TEULE

III. Un Ricardou édifiant, par Nicolas TIXIER


Références bibliographiques

Les contributeurs

• "Paradigme d'Albert Ayme", application interactive réalisée par Alain LONGUET [en savoir plus]


Publication associée


Publication 2020 : un des ouvrages


Territoires solidaires en commun

TERRITOIRES SOLIDAIRES EN COMMUN

LES ANTI-ACTES D'UN COLLOQUE INÉDIT


Elisabetta BUCOLO, Hervé DEFALVARD, Geneviève FONTAINE (dir.)


De multiples initiatives portées par l'économie sociale et solidaire et le mouvement des communs se déploient sur les territoires, tout en faisant système à de plus larges échelles régionale, nationale et mondiale. Elles renforcent un socle commun de nouvelles solidarités en matière d'emploi, d'énergie, d'habitat, de santé, de culture, pour une économie inclusive et plus durable, et ce à travers plusieurs axes comme l'écologie, le numérique ou encore la démocratie et la coopération.
Du 12 au 19 juillet 2019 s'est tenu à Cerisy, avec le soutien du Cercle des partenaires de Cerisy, le colloque "Territoires solidaires en commun : controverses à l'horizon du translocalisme". Cette réflexion collective a donné une large place aux acteurs de terrain et à des récits d'expérience, en France ou ailleurs.
Le colloque a fait surgir des points de croisement inattendus entre des initiatives très différentes et des formes de solidarité mises en jeu. Il a surtout permis d'aborder des aspects concrets et opérationnels de construction d'un projet politique qui ne soit pas celui de microsociétés qui se referment sur elles-mêmes, mais bien d'une société du commun.


Le SITE COMPAGNON [https://territoires-solidaires-en-commun.com/] de ce livre permet d'accéder à tous les contenus produits lors de la semaine d'échanges du colloque et de prolonger la réflexion.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2019) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°633]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Les Éditions de l'Atelier

Collection : Histoire / Société

ISBN : 978-2-7082-5363-6

Nombre de pages : 208 p.

Prix public : 16,00 €

Année d'édition : 2020

Commun, Controverse, Coopération, Culture, ESS (Économie sociale et solidaire), Liens, Lieux, Ontologie relationnelle, Solidarité, Territoires, Trajectoires, Translocalisme, Ubiquité

Introduction

Le site compagnon

Abécédaire libre, subjectif, pratique (1/2), par Barbara BLIN-BARROIS

  • Communs
  • Territoire
  • Translocalisme

Chapitre 1 : Les chemins des communs, par Geneviève FONTAINE

  • À l'origine de mes cheminements vers les communs
  • Premiers pas dans ma compréhension de la théorisation des communs
  • Quand les voies des communs m'apparaissent contradictoires
  • Quand le chemin de l'action conduit à envisager de dépasser les querelles des voies théoriques
  • Concilier les voies théoriques des communs ?
  • Une volonté partagée dans la construction du colloque
  • Des trajectoires de l'action qui décalent notre conception des communs
  • Des questionnements alimentant l'action
  • Quels itinéraires des communs pour moi après Cerisy ?

Chapitre 2 : Voyage dans les territoires solidaires en commun, par Elisabetta BUCOLO

  • Dépendances et interdépendances pour habiter le territoire
  • Immatérialité et matérialité pour habiter les communs de la connaissance
  • Territoires et terroirs solidaires sans frontières
  • Vécus sensibles et sciences savantes pour une écologie du savoir
  • Espace, temps et savoir pour de nouvelles géographies
  • Visibles et invisibles
  • Le culturel et le politique : lymphe des territoires solidaires

Chapitre 3 : Le translocalisme comme nouvel horizon des communs, par Hervé DEFALVARD

  • Comment tout ou presque a commencé à Cerisy
  • Comment s'est découvert à Cerisy l'horizon translocal des communs
  • Comment l'aventure translocale des communs continue après Cerisy
  • Rêvons d'un Tour de France translocal des communs

Les liens qui nous font, par Melaine CERVERA

Conclusion

Mouvement centripète et envies systémiques, par Marc LOURDAUX

La vie de château, c'est bien ! Et après ?, par Delphine BOUDET & Rémy SEILLIER

  • Delphine
  • Rémy
  • Rémy et Delphine

Abécédaire libre, subjectif, pratique (2/2), par Barbara BLIN-BARROIS

  • Capteur de liens
  • Controverses
  • Coopération
  • Épistémologues du Sud
  • Marginal sécant
  • Morale
  • Non-humains
  • Ontologie relationnelle
  • Outils de gestion
  • Système participatif de garantie
  • Prospectiviste
  • Teurgoule
  • Tiers (lieu, paysage, secteur… : principe écologique)
  • Ubiquité
  • Universalismes non alignés

Postface : Acteurs des territoires et citoyens du monde, ou l'inverse ?, par Jean-Louis BANCEL

Lionel MAUREL : Faire atterrir les Communs numériques. Des utopies métaphysiques aux nouveaux territoires de l'hétérotopie [enregistrement audio en ligne sur La forge numérique de la MRSH de l'université de Caen Normandie et sur le site France Culture]


Publications associées


Publication 2020 : un des ouvrages


Purifier, soigner ou guérir ?

PURIFIER, SOIGNER OU GUÉRIR ?

MALADIES ET LIEUX RELIGIEUX DE LA MÉDITERRANÉE ANTIQUE À LA NORMANDIE MÉDIÉVALE


Cécile CHAPELAIN DE SERÉVILLE-NIEL, Christine DELAPLACE, Damien JEANNE, Pierre SINEUX (†) (dir.)


Qu'il puisse exister une corrélation entre les épidémies infectieuses récurrentes, les expressions de la piété et les comportements religieux, facteurs d'entraide et de regroupement, est une hypothèse féconde qui invite les scientifiques à analyser conjointement l'histoire des religions et l'histoire de maladies.
Cet ouvrage permet une première synthèse sur l'empreinte des phénomènes religieux dans le traitement des maladies au sein des sociétés antiques et médiévales. Les investigations archéologiques et paléopathologiques récentes menées pour la Normandie médiévale, mais aussi les études s'appuyant sur une aire géographique large (de la Grèce au monde anglo-normand) du VIIIe siècle av. J.-C. au XIIIe siècle après J.-C. ont permis aux archéologues, anthropologues, archéo-anthropologues et historiens ainsi réunis d'aboutir à un ensemble de réflexions croisées sur les problématiques suivantes : les sanctuaires de guérison participent-ils à la construction socioreligieuse du territoire ? Le religieux est-il indissociable du médical ? Quelle est la part de la magie dans les pratiques médicales ? La diffusion des savoirs médicaux éclipse-t-elle le religieux ? Quelles sont les continuités et les ruptures entre l'Antiquité et le Moyen Âge ?


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2014) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°632]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Presses universitaires de Rennes

Collection : Archéologie & Culture

ISBN : 978-2-7535-8025-1

Nombre de pages : 310 p.

Illustrations : Couleurs et N & B

Prix public : 49,00 €

Année d'édition : 2020

Antiquité, Guérison, Maladie, Miracle, Normandie médiévale, Pandémie, Purification, Religion, Reliques, Sanctuaire, Soin, Thérapeute

Au seuil de nos questions, par Damien JEANNE


ENTRE PUNITION ET ÉLECTION : LES MALADIES SONT-ELLES SACRÉES ?

La double chair du lépreux : une accusée piteuse et une humiliée glorieuse, par Damien JEANNE

Corps polluant et espace consacré. La réconciliation liturgique des églises et des cimetières souillés (Xe-XIVe s.), par Mathieu VIVAS [enregistrement audio en ligne sur La forge numérique de la MRSH de l'université de Caen Normandie et sur le site France Culture]


THÉRAPEUTES ET MORTIFÈRES : DIEUX SAINTS ET ROIS

Iatrosophistes et saints guérisseurs : la concurrence entre médecine grecque et médecine religieuse au sein du monde byzantin, par Béatrice CASEAU-CHEVALLIER

Ignis Sacer. Le feu de Saint Antoine. Notes sur la maladie qui brûle les corps et ses saints thaumaturges, par Alessandra FOSCATI

Des sanctuaires de guérison païens aux miracles de guérison des saints et des reliques dans l'Antiquité tardive : l'exemple de La Gaule (IVe-VIe s.), par Christine DELAPLACE


TYPOLOGIE, TYPOGRAPHIE ET FONCTIONS DES LIEUX RELIGIEUX

Lieux sacrés, lieux de guérison dans la nature au Moyen Âge, par Edina BOZOKY

Reliques, images et médications : les voies de la guérison dans le duché d'Alençon au XVe s., par Marie-Anne MOULIN

Prise en charge des malades et hôpitaux à la période médiévale : l'exemple des cimetières de l'Hôtel-Dieu à Troyes et de l'Hospice Saint-Ladre à Reims, par Hélène RÉVEILLAS

"A Blessed Punishment" : The Leprosy Hospital of St. Mary Magdalen, Winchester, UK, par Katie TUCKER & Simon ROFFEY

Une zone funéraire spécifique aux enfants atteints de carences sévères sur le parvis de l'église Saint-Sauveur de Caen à l'époque moderne, par Aminte THOMANN, Bénédicte GUILLOT & Olivier DUTOUR

À Saint Thomas d'Aizier (Eure) : la vie et la mort dans une léproserie médiévale normande, par Joël BLONDIAUX, Cécile CHAPELAIN DE SERÉVILLE-NIEL, Raphaëlle LEFEBVRE, Marie-Cécile TRUC & al.

Guérisons et apparitions en Orient et en Occident. Réflexions sur l'incubation (Ve-XXe s.), par François-Olivier TOUATI

Un cas de tentative nécropsique au XVe s., par François BLARY & Denis BOUGAULT

Expressions sépulcrales et évolution des savoirs médicaux au cours de la deuxième pandémie de peste, par Dominique CASTEX & Sacha KACKI


SAVOIRS MÉDICAUX, RITES, PRATIQUES DE GUÉRISON, PURIFICATION, EXORCISME

Épilepsie, possession et rituels de guérison à l'époque salernitaine (XIe-début du XIIIe s.), par Joël CHANDELIER

Un lézard au coin de l'œil : la puissance guérisseuse d'un animal ou de son image à l'époque romaine, par Thomas GALOPPIN

Médecine en magie et magie en médecine : antagonisme et complémentarité entre médecine rationnelle et médecine magique d'après les sources papyrologiques et littéraires gréco-latines, par Magali de HARO SANCHEZ

Guérir et rendre malade : un exemple de l'ambivalence de la magie savante médiévale (XIIe-XVe s.), par Julien VÉRONÈSE

Pourquoi faire parler et agir Asclépios comme un technicien ? Étude des représentations du malade, du dieu et de la guérison dans les récits de guérison d'Épidaure et de Lébèna, par Émilie PIGUET

"Venir au sanctuaire", "Venir vers le dieu en suppliant"… : sur des expressions récurrentes et peu commentées des récits de guérison du sanctuaire d'Épidaure (IVe-IIIe s. av. J.-C.), par Pierre SINEUX

L'étuve et la sueur. Le bain d'air chaud dans les thermes romains et la pratique de la sudation dans le corpus hippocratique, par Évelyne SAMAMA


Conclusions, par Christine DELAPLACE


Résumés

Les auteurs