Publication 2025 : un des ouvrages


Du Droit à la Littérature

DU DROIT À LA LITTÉRATURE

REVUE DROIT ET LITTÉRATURE, N°9


Sandra TRAVERS DE FAULTRIER (dir.)


Avec le concours de Nicolas DISSAUX, Yves-Édouard LE BOS et Laurent LOTY


Là où se déploie le monde on trouve le droit, on trouve la littérature. Deux disciplines enracinées dans l'histoire et ayant pour tâche de rendre visible, de donner forme à un réel insaisissable et cependant résistant. La démarche Droit et littérature établit un dialogue entre ces "formes formantes" que sont ces langues constituantes et accompagnantes. Dialogue qui a été institué lors du colloque de Cerisy à partir d'objets tantôt personnifiés tels l'auteur, le bâtard, la nature, tantôt notionnels telles la justice, la laïcité, le droit. Il l'a été également à partir de l'étude des genres littéraires que ceux-ci relèvent du roman, de la poésie ou d'une narratologie embrassant le témoignage, les essais, les récits.
Universitaires (qu'ils soient littéraires, historiens, juristes, philosophes), magistrats, écrivains (qui peuvent être universitaires, magistrats, historiens), avocats, historiens et philosophes, forts de cette pensée à la croisée de dynamiques trop souvent jugées étrangères l'une à l'autre, ont tenté de répondre à "la créance de sens" d'un monde "qui va", d'un "monde qui ne va pas" comme à celle que leur pratique induit réflexivement. Ce n'est que superficiellement que la dimension critique semble dominer ce dialogue. La dimension créatrice de cette pratique qui permet de saisir un droit et une littérature en mouvement, émancipe valeurs, genres, normes de toute tentation de rigidification, nourrit la vie "en train de se faire".


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2024) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°701]


Articles à l'unité disponibles sur CAIRN.INFO

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : LGDJ-éditions | Lextenso

Collection : Revue Droit et Littérature, n°9

ISBN : 978-2-275-15878-5

Nombre de pages : 472 p.

Prix public : 25 €

Année d'édition : 2025

Publication 2025 : un des ouvrages


Comprendre la route. Imaginaires, Sens, Innovations

COMPRENDRE LA ROUTE

IMAGINAIRES, SENS, INNOVATIONS


Mathieu FLONNEAU, Frédéric MONLOUIS-FÉLICITÉ (dir.)


Venu à Cerisy par la route, un groupe réunissant des experts, des spécialistes du monde académique, des professionnels et des artistes a abordé la route comme vecteur commun et universel de mobilité et d'échanges. Ses imaginaires, ses sens, ses innovations et ses appropriations ont été analysés, discutés.
Avec empathie et réflexion, dans un contexte de contestation, à l'heure de la transition écologique et dans un temps d'urgence au cours duquel la route doit se réinventer, ses perceptions et ses réalités ont été explorées. Représentée au cinéma, en photographie ou en littérature, la route a été également posée comme un lieu de conflits politiques et sociaux. Sous les regards de deux grands témoins éclairés, l'historienne-médiologue Catherine Lavenir et l'écrivain Aurélien Bellanger, les travaux restitués dans cet ouvrage permettent d'éclairer un enjeu peu exploré mais essentiel.
Ce colloque entendait prendre date dans l'actualité : la reconnaissance de l'intelligence et de la permanence des routes (et des rues), d'hier à aujourd'hui et demain, est un point de départ de la réflexion contemporaine sur les mobilités.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2023) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°699]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Éditions Loubatières

ISBN : 978-2-86266-834-5

Nombre de pages : 296 p.

Illustrations : N & B

Prix public : 25 €

Année d'édition : 2025

PRESSE / MÉDIAS

Jean-Marc OFFNER : Tenir la route ? Un impensé urbanistique contemporain [enregistrement audio, de l'intervention présentée lors du colloque, en ligne sur Canal U, chaîne La forge numérique | MRSH de l'université de Caen Normandie]

Publication 2025 : un des ouvrages


La pensée de Marc Richir. Une phénoménologie du réel

LA PENSÉE DE MARC RICHIR

UNE PHÉNOMÉNOLOGIE DU RÉEL


Patrick LANG, Joëlle MESNIL, Jean-François PERRIER (dir.)


Lors de ce colloque de Cerisy (24-30 juillet 2022), les auteurs ont multiplié les points d'entrée dans une œuvre réputée difficile d'accès, s'efforçant d'articuler sa présentation à d'autres approches passées ou contemporaines, relevant de divers champs disciplinaires abordés par Marc Richir. Les intervenants ont mis en évidence la nature de l'apport du phénoménologue à la phénoménologie, mais aussi différents questionnements relevant d'approches aussi diverses que l'esthétique, la psychopathologie, l'épistémologie et le politique.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2022) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°698]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Éditions Jérôme Millon

Collection : Krisis

ISBN : 978-2-84137-440-3

Nombre de pages : 320 p.

Prix public : 30,00 €

Année d'édition : 2025

Publication 2025 : un des ouvrages


L'Oulipo. Générations

L'OULIPO

GÉNÉRATIONS


Marc LAPPRAND, Dominique RAYMOND, Christophe REIG, Alain SCHAFFNER (dir.)


C'est sur le lieu même de la naissance de l'Oulipo que s'est tenu le colloque "L'Oulipo : générations", à Cerisy-la-Salle, en juillet 2023. Cette rencontre internationale a permis de mettre en évidence la vitalité du groupe, que le grand âge ne semble en rien entamer. Parallèlement aux contributions théoriques, passage obligé de la critique oulipienne, s'est dégagée une thématique commune "au fil des générations", but premier de ce colloque. Toujours bien vivant, l'Oulipo continue de susciter l'intérêt et la curiosité d'un lectorat qui lui aussi s'est renouvelé au fil du temps. La critique oulipienne lui a emboîté le pas : les débats qui ont animé ce colloque, dont les actes ici présents témoignent, se renouvellent sans relâche.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2023) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°697]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Éditions Classiques Garnier

Collection : Colloques de Cerisy - Littérature, n°13

ISBN : 978-2-406-18867-4

Nombre de pages : 390 p.

Prix public : 32,00 €

Année d'édition : 2025

Publication 2025 : un des ouvrages


Claude Cahun. L'unique en son genre

CLAUDE CAHUN. L'UNIQUE EN SON GENRE


François LEPERLIER, Françoise PY, Georges SEBBAG (dir.)


Les écrits et les photographies de Claude Cahun (1894-1954) ont un étrange pouvoir de séduction et de révélation. Y sont exaltés notre part d'inconnu, notre goût de la liberté et toute une alchimie de nos inclinations féminines et masculines. Claude Cahun affiche sa volonté d'être unique en son genre quand elle déclare : "J'ai la manie de l'exception" et "Je veux changer de peau". Comment la nièce de Marcel Schwob et la fan d'Oscar Wilde a-t-elle façonné son moi unique, ses changements de peau et ses travestissements ? Comment, avec sa compagne Suzanne Malherbe, s'est-elle improvisée croqueuse de mode ? Elle qui aurait aimé être comédienne ou danseuse, comment s'est-elle muée en photographe ? Comment, sous l'occupation allemande, cette surréaliste off a-t-elle risqué sa vie dans l'île de Jersey sans se prendre pour une héroïne ? Bien qu'on l'élève aujourd'hui au rang d'icône féministe et lesbienne, Claude Cahun demeure absolument inclassable, ainsi que le montre et l'illustre l'ouvrage collectif Claude Cahun. L'unique en son genre.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2022) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°696]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Jean-Michel Place éditeur

Collection : Surréalisme années 2020

ISBN : 978-2-38358-018-8

Nombre de pages : 232 p.

Illustrations : N & B

Prix public : 27 €

Année d'édition : 2025

Publication 2025 : un des ouvrages


Balzac et les disciplines du savoir. Sciences et représentation

BALZAC ET LES DISCIPLINES DU SAVOIR

SCIENCES ET REPRÉSENTATION


Éric BORDAS, Andrea DEL LUNGO, Pierre GLAUDES (dir.)


Balzac a conçu une forme littéraire inédite, qui intègre dans la fiction les savoirs de son temps. Ces savoirs multiples ne sont pas uniquement traités comme des sources d'inspiration ou des éléments purement référentiels, mais ils constituent aussi des paradigmes d'analyse scientifique qui fondent la création littéraire. Le roman devient ainsi, pour la première fois dans son histoire, une forme de connaissance du réel, connaissance complémentaire mais aussi autre par rapport aux disciplines scientifiques. Cet ouvrage propose d'observer la relation de la littérature au savoir à travers un vaste spectre disciplinaire, visant à placer l'œuvre dans son contexte culturel et scientifique et à en analyser les actualisations possibles.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2022) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°695]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Éditions Classiques Garnier

Collection : Colloques de Cerisy - Littérature, n°12

ISBN : 978-2-406-18735-6

Nombre de pages : 492 p.

Prix public : 48,00 €

Année d'édition : 2025

Rapport d'étonnement

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"UN COLLOQUE AUTOUR DU RAIL : UNE VUE PERSONNELLE DE L'EXTÉRIEUR"

PAR JULIAN DIEPOLDER


Du 8 au 14 septembre 2025, s'est tenu à Cerisy le colloque Le rail de ville et le rail des champs, sous la direction de Francis Beaucire, Cécile Hochard et Arnaud Passalacqua. Voici le ressenti d'une "vue personnelle de l’extérieur" selon Julian Diepolder, étudiant de Rhétorique (HMDK Stuttgart, Allemagne).

Julian Diepolder, Edith Heurgon

Pourquoi un étudiant de Rhétorique décide-t-il de participer à un colloque qui s'appelle Le rail de ville et le rail des champs ? Bonne question : un centre culturel qui traite des sujets actuels et sociaux est un endroit qui montre que la communication, l'échange et le contact entre personnes passionnées font naître de nouvelles idées pour enrichir notre société. Comme je savais par L. H. (participante en 2023) que Cerisy était un endroit merveilleux de rencontre et de pensées partagées, je voulais faire connaissance avec ce lieu unique et profiter de la coopération entre le CCIC et la Fondation suisse d'études.

Pendant toute la semaine, on a parlé intensivement du développement du chemin de fer et de l'attachement à ce sujet. Il s'agit d'un thème qui m'intéresse beaucoup depuis mon enfance, et, aujourd'hui, je trouve facilement des liens avec mon domaine d'études (communication, rhétorique appliquée) : tous les sujets abordés dans le cadre d'un séminaire donnent des réponses à des questions (posées consciemment ou inconsciemment), par exemple : comment parle-t-on du contenu ? quel est le focus ? qui est adressé ? qu'est-ce qu'on veut susciter ?

Après cette semaine, je peux résumer ce que j'ai appris et remarqué en trois catégories.

Premièrement, l'élargissement de mon horizon sur un sujet concret que je ne connaissais pas. On a discuté des différentes étapes de l'histoire ferroviaire en France et en Europe, on a reçu plusieurs points de vue sur l'attachement à travers le temps, et on a approfondi nos connaissances sur des projets et problèmes actuels, par exemple le transport de fret dangereux ou le Grand Paris Express.

Deuxièmement, j'ai reçu des idées concrètes qui changent la vie quotidienne : une intervenante nous a montré le développement du paysage autour d'une ligne de train, un paysage qui a changé avec le temps mais qui s'est aussi orienté vers cette ligne. Cela peut changer notre regard sur le paysage qu'on traverse en train et aider à comprendre certaines décisions qui forment l'image de notre environnement. En plus, nous avons profité d'une table ronde avec des passionnés du rail. Ils nous ont montré comment ils partagent leur passion : des livres illustrés (par exemple sur le viaduc de Garabit) pour toute la famille, des vidéos sur YouTube qui veulent intéresser des personnes qui ne connaissent pas le sujet, des histoires et rapports qui mettent en scène le fait que déjà le trajet en train est un voyage en soi.

Finalement, j’ai tiré de la semaine la rencontre personnelle liée au sujet. Avec une soirée littéraire et un "cabinet de curiosité ferroviaire", chacun des participants a montré son attachement personnel et s'est présenté d'une manière ouverte et sans statut professionnel. Cela faisait qu'on pouvait entrer plus facilement dans des conversations pendant les repas et mieux comprendre pourquoi les individus avaient choisi leur profession ou leur chemin personnel.

D'un point de vue méta, cette semaine m'a montré comment la France et la Suisse se distinguent dans leurs systèmes ferroviaires, et cela me rend reconnaissant, car je peux choisir librement si je préfère le transport par train ou en voiture. Cette possibilité de choisir est un luxe dont nous n'avons pas toujours conscience. J'ai pu enrichir notre groupe en tant que personne qui n'a pas d'expérience directe dans ce domaine, mais qui peut apporter un regard neutre de l'extérieur, lorsque les discussions entraient trop dans des détails insignifiants. Tout cela, je l'ai vécu dans un château magnifique qui m'a fait réaliser un rêve de mon enfance : pouvoir vivre dans une autre époque, comme un roi dans les romans de mon enfance.

Rapport d'étonnement

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"L'ÉCHAPPÉE DE DEUX SŒURS JUMELLES À CERISY,
AU CŒUR DU RÉEL ET HORS DU TEMPS"

PAR CÉLINE ET INÈS WALLART


Du 22 au 28 aoûtt 2025, s'est tenu à Cerisy le colloque Jocelyn Benoist : rendre justice au réel, sous la direction de Benoît Berthelier, Étienne Bimbenet, Pauline Nadrigny et David Zapero, en présence de Jocelyn Benoist. Voici le ressenti d'une "expérience hors du temps" selon Céline Wallart, étudiante en master de physique (ETH Zürich, Suisse) et Inès Wallart, étudiante en économie (Universität St.Gallen, Suisse).

Céline Wallart, Edith Heurgon, Inès Wallart

En tant que bénéficiaire de la Fondation suisse d'études, j'ai eu le privilège de participer au colloque d'une semaine intitulée Jocelyn Benoist : rendre justice au réel, au château de Cerisy-La-Salle.

En effet, la Fondation suisse d'études invite ses bénéficiaires, étudiants en Suisse dans des disciplines très variées, à participer aux divers colloques organisés par Cerisy chaque année. C'est donc dans ce cadre que l'étudiante en master de physique que je suis se retrouva à rencontrer les plus brillants philosophes contemporains du nouveau réalisme.

Ce colloque, réparti entre conférences, débats, et activités récréatives, me fascina. Ayant toujours eu un grand intérêt pour la philosophie, je suivis avec une grande curiosité toutes les conférences et discussions. Les présentations tournèrent autour des pensées que Jocelyn Benoist, récompensé en 2025 par le Grand Prix de Philosophie de l'Académie française, aborda dans ses nombreuses œuvres. Sans Anesthésie, Éléments de Philosophie Réaliste, et nombre d'autres livres, essais et articles présentent une réflexion approfondie sur la nature du réel, l'intentionnalité et la place du sensible.

Une série de conférences en particulier m'inspira. Le sujet du mercredi porta sur l'interdisciplinarité : entre neurosciences et philosophie de la perception, introduction à la mécanique quantique, et coup d'œil en philosophie du droit public, cette journée fut riche en découvertes, impressions durables et débats. Cependant, la conférence que j'ai préférée porta sur la philosophie de l'environnement. Les questions soulevées alors, telles que la valeur intrinsèque des entités naturelles, et la place de l'homme parmi la nature, me marquèrent et me fascinèrent.

En dehors des conférences et discussions en plénière, j'éprouvai un grand plaisir à approfondir maints sujets abordés lors des repas et promenades, autour d'un chocolat chaud ou d'un café à la pause. Ces discussions furent parfaitement complétées par le visionnage du film d'animation japonais Le voyage de Chihiro et le concert de la pianiste Fériel Kaddour. Celles et ceux qui ont participé au colloque étaient très engagés. J'ai notamment appris à mieux les connaître lors des repas, autour d'une table de ping-pong, la raquette à la main, ou lors d'une partie de baby-foot.

Pour conclure, je rajouterai que j'ai beaucoup apprécié la convivialité, l'ouverture d'esprit, et les traditions qui entouraient Cerisy. En apprendre davantage sur le nouveau réalisme et faire toutes ces belles rencontres dans ce si beau château du XVIIe siècle fut un privilège. J'en garderai un excellent souvenir et le grand plaisir d'y avoir noué de nouvelles amitiés.

Céline Wallart


Grâce au programme d'encouragement de la Fondation suisse d'études, j'ai eu l'opportunité de participer à un colloque consacré à la philosophie du nouveau réalisme de Jocelyn Benoist, lauréat du grand prix de Philosophie de l'Académie française. Accueillie dans le cadre idyllique du château de Cerisy, cette rencontre intellectuelle, qui avait pour but de "rendre justice au réel", m'a permis de prendre conscience de la multitude de façons dont nous sommes amenés à interagir quotidiennement avec notre environnement : à travers l'écoute d'une fausse note dans un prélude de Debussy, la contemplation d'une œuvre d'art en trompe-l'œil, ou en fin de soirée lors d'un match de baby-foot endiablé dans les caves du château.

Le colloque s'est distingué par un rythme particulièrement soutenu, représentant pour moi un vrai défi intellectuel quant à la compréhension d'une philosophie dense et complexe, qui, bien que trouvant son origine dans la phénoménologie, s'est imposée aujourd'hui sur la scène philosophique avec un langage et des concepts qui lui sont propres. Pourtant, cela n'a en rien empêché les intervenants de faire habilement résonner ces idées à travers divers courants philosophiques contemporains, tel que l'existentialisme.

En ce qui me concerne, les séminaires interdisciplinaires ont été les plus enrichissants. En abordant leurs disciplines respectives sous le prisme du nouveau réalisme de Jocelyn Benoist, les intervenants m'ont invitée à réfléchir aux applications morales de la philosophie et à leurs implications pour la responsabilité individuelle, la question environnementale et la numérisation. Ainsi, la conférence du philosophe italien Maurizio Ferraris sur la "technosophie", qui constitue la réponse du nouveau réalisme à un monde numérique, a soulevé des questions éthiques concernant l'accès aux données et leur redistribution, qui m'ont particulièrement intéressée. Par ailleurs, étant étudiante en économie, j'ai été sensible à l'analyse de la valeur intrinsèque de la nature à travers la théorie de l'anthropocentrisme décentré ; ce thème a retenu mon attention, l'économie étant par essence une science anthropocentrique.

En un certain sens, participer à ce colloque m'a permis d'exercer pleinement mon esprit critique et m'a amenée à repenser mon rapport aux autres et au langage. Ce fut également une excellente opportunité de découvrir l'univers académique de la Sorbonne, représenté lors de ce colloque par plusieurs de ses professeurs et doctorants.

J'ai pu également constater avec plaisir que les conversations informelles lors des repas s'apparentaient aux débats et discussions qui animent habituellement les séminaires de la Fondation suisse d'études. Alors que la tartine du matin se dégustait autour d'une discussion sur l'animisme dans l'œuvre de Miyazaki, "Le Voyage de Chihiro" ayant été visionné la veille, le déjeuner se prêtait inopinément à une démonstration de physique quantique.

À mon arrivée au château, j'ai été particulièrement marquée lorsque Edith Heurgon, la directrice du centre culturel, a annoncé à l'assemblée réunie au grenier que l'on s'y sentait chez soi après trois colloques. Pour ma part, je peux affirmer que l'hospitalité d'Edith, la gentillesse du personnel et la sérénité des lieux d'emblée m'ont enchantée. J'y ai passé un séjour remarquable et noué des liens qui, je l'espère, perdureront.

Inès Wallart

Rapport d'étonnement

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"UNE EXPÉRIENCE AUSSI RICHE QU'INSTRUCTIVE"

PAR SARAH GAVIN


Du 25 au 31 juillet 2025, s'est tenu à Cerisy le colloque Les propagations : un nouveau paradigme pour les sciences sociales ?, sous la direction de Dominique Boullier, Jean-François Lucas, Guillaume Sibout et Françoise Thibault. Voici le ressenti d'une "expérience aussi riche qu'instructive" selon Sarah Gavin, bachelor en économie et management (Universität Genf, Suisse).

Sarah Gavin

Le colloque Les propagations : un nouveau paradigme pour les sciences sociales ? dirigé par Dominique Boullier auteur d'un livre du même nom a été une expérience aussi riche qu'instructive. Toutes les réflexions de la semaine ont porté sur les différentes propagations présentes dans une variété de domaines.

En arrivant à ce colloque, je n'avais pas d'attentes précises si ce n'est celle le plaisir de la découverte. D'abord ce lieu : un magnifique château donnant naissance à la déconnexion du quotidien. Ensuite, l'expérience en elle-même d'un colloque : ce fut mon premier colloque. Je peux dire a posteriori que cette aventure a largement dépassé mes espérances.

La richesse de ce colloque était visible dans les intervenants issus d'horizons disciplinaires et professionnels très variés. Cette pluralité a permis d'aborder la notion de propagation sous des angles multiples, en passant des rumeurs aux virus, puis des holàs aux réseaux sociaux. Chaque intervention permettait d'éclairer la précédente tout en apportant sa nuance, mais en gardant une logique d'ensemble cohérente. Tout cela enrichissait les échanges dans le respect et le partage.

Un élément que j'ai beaucoup apprécié est la manière dont les présentations s'articulaient entre elles : une véritable gradation et complémentarité des notions, où chaque exposé permettait de mieux appréhender le suivant. Le véritable soin dans l'agencement du programme était perceptible et nous a accompagné dans la construction de notre réflexion durant toute la semaine.

Certaines interventions m'ont particulièrement marquée, notamment celle sur les rumeurs, qui m'a permis de mieux appréhender les mécanismes historiques et sociaux, en particulier au XXe siècle, tout en me captivant tout du long. Dans l'ensemble, j'ai apprécié les formats variés des présentations ainsi que des ateliers innovants comme celui autour de Snapchat, la complexité du sujet sans en exclure des aspects plus contemporains et inattendus.

Les moments d'échange ont été l'occasion de belles rencontres. J'ai eu la chance de discuter avec des personnes passionnantes et passionnées venant de disciplines très variées comme l'ethnologie, le droit ou encore le secteur privé.

Le seul bémol que je retiens concerne l'enchaînement à un moment de plusieurs présentations en visioconférence. Si la visio a ses avantages comme avoir accès à des intervenants éloignés géographiquement, elle diminue l'intensité de l'interaction et a entraîné mon manque d'attention par moments.

Enfin, je ne peux conclure sans évoquer à nouveau l'importance de ce lieu. Le château n'est pas seulement un cadre magnifique, il participe activement à l'expérience et à la réflexion qui naît en nous. Il favorise la concentration, la déconnexion et donne une temporalité différente où l'on apprend à prendre le temps.

Je ressors de cette semaine remplie de beaux souvenirs, de nouvelles connaissances, ainsi que de nombreuses lectures à effectuer. Un grand merci à toute l'équipe organisatrice, notamment Edith Heurgon et Fabienne Peyrou qui permettent la réalisation d'événements comme celui-là nécessaires pour le partage de savoir. Merci également à la Fondation suisse d'études qui m'a permis de découvrir et d'assister à ce colloque.

À mon tour de faire la propagation de ces colloques et n'hésitez pas à y aller si vous en avez la chance et l'opportunité.

Merci !


POUR FAIRE SUITE :

Témoignage d'une boursière de la Fondation suisse d'études. Rencontre avec Sarah GAVIN, propos recueillis par Sylvain ALLEMAND.

Publication 2025 : un des ouvrages


EN RURALITÉ

DES EXPÉRIENCES TERRITORIALES PROMETTEUSES DE RÉGÉNÉRATION EN PAYS COUTANÇAIS ET GRANVILLAIS


Nicole MATHIEU (dir.)


Avec la collaboration de Clémence THOURET


Comment passer d'un colloque complexe, mettant en tension les conceptions méthodologiques et les intérêts des participants au projet européen Ruralization, à une publication qui ne prenne pas la forme d'actes de colloque et qui soit porteuse d'un sens populaire, ouvert sur les futurs des ruralités ?
Comment redonner une vigueur à la définition de ce qu'est et sera le rural ? Comment retisser les relations généralement disjointes entre agriculteurs et nature, entre ruraux et agriculteurs, entre cultures, milieux ruraux et urbains ?
Nous sommes parties de l'apport le plus inattendu, venu de celles et de ceux qui n'ont pas coutume de prendre la parole devant le monde de la recherche et du politique : jeunes "successeurs" refondant une "entreprise" familiale, maraîchers et cultivateurs en "conversion", jeunes en situation précaire faisant preuve d'une lucidité surprenante sur l'état de la société, habitants s'impliquant dans leurs lieux de vie, mais aussi professionnels militants sociaux dont l'action est souvent ignorée ou sous-estimée par les pouvoirs locaux. C'est cette approche que la présente publication a souhaité transmettre et approfondir. Comme une inversion du rituel d'un colloque : ceux qui n'ont pas la parole habituellement partagent leurs leçons de vie avec ceux qui la prennent plus souvent.
Ce hors-série s'applique donc à revenir à la fois sur ce qui a été le plus productif du point de vue de notre méthode de travail, l'action-recherche, incarnée par deux expériences prometteuses en particulier : le Campus Métiers Nature de Coutances et sa mise en œuvre pionnière de l'éducation à la nature ; la Mission locale du bassin d'emploi granvillais comme constructeur de liens durables sur le territoire.
Il met aussi en valeur la dimension insolite de ce colloque à travers une sélection des meilleurs moments qui sont aussi les futurs du rural : la parole aux invisibles, les agriculteurs qui rentrent au château, les jeunes qui questionnent leurs lieux de vie d'aujourd'hui et de demain, les acteurs de terrain qui expriment les dessous de leurs pratiques. Restituer ces paroles pourrait constituer des leçons de vie pour construire les ruralités de demain.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2022) [en savoir plus]
Non disponible à Cerisy [n°694]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Revue Études Normandes

Collection : HORS-SÉRIE - septembre 2025

ISBN : 977-0-0142-1529-5-01

Nombre de pages : 84 p.

Illustrations : Couleurs

Prix public : Gratuit

Année d'édition : 2025

Exemplaire papier à commander auprès de Nicole Mathieu : nicole.mathieu@univ-paris1.fr

PRESSE / MÉDIAS

Nicole MATHIEU : La Manche, un observatoire pertinent choisi pour ses potentialités de "régénération rurale" (projet européen Ruralization) [enregistrement audio en ligne sur Canal U, chaîne La forge numérique | MRSH de l'université de Caen Normandie]