Programme 2023 : un des colloques

Programme complet


L'ACTION COLLECTIVE PEUT-ELLE ÊTRE CRÉATRICE ?

( AUTOUR DES TRAVAUX D'ARMAND HATCHUEL )


DU MERCREDI 7 JUIN (19 H) AU MARDI 13 JUIN (14 H) 2023

[ colloque de 6 jours ]


Dedication Pollock, 1996 © Denis Kujundzic


DIRECTION :

Franck AGGERI, Sylvain LENFLE, Dinah LOUDA, Blanche SEGRESTIN

Avec la participation d'Armand HATCHUEL


CONSEIL D'ORIENTATION :

Vincent BONTEMS, Edith HEURGON


ARGUMENT :

Le monde contemporain est traversé de multiples crises écologiques, sanitaires ou humanitaires, qui remettent en cause nos institutions et les savoirs associés. De la pandémie au changement climatique, des phénomènes inédits bousculent les repères traditionnels de la rationalité et de la responsabilité, comme ceux de progrès et de la croissance économique, conduisant à une crise de la modernité, voire à la paralysie de l'action collective. Peut-on penser aujourd'hui de nouvelles formes de l'action collective pour faire face à ces défis ? Le colloque explorera la fécondité des travaux d'Armand Hatchuel sur l'action collective pour analyser les transformations contemporaines et concevoir des transitions désirables.

Dans ses recherches, Armand Hatchuel s'est intéressé à l'action collective, et plus spécifiquement aux formes et aux conditions d'une action collective créative. L'enjeu est de prêter attention aux actions qui génèrent des phénomènes nouveaux susceptibles de mettre en défaut les théories établies. Armand Hatchuel s'efforce de saisir la rationalité créative de telles actions dans l'inconnu mais aussi les principes de responsabilité qui leur sont propres. Cela l'a amené à revenir sur les sources de la modernité et sur l'émergence historique de formes organisationnelles, comme l'entreprise. Comment, aujourd'hui, peut-on mobiliser ces travaux pour penser de nouvelles formes d'action collective créatives et responsables ?

Le colloque réunira des chercheurs de disciplines variées mais aussi des acteurs économiques, sociaux et politiques, ainsi que des artistes et tous les auditeurs intéressés par ces questions. Il proposera une expérience cerisyenne, avec Armand Hatchuel, pour décrypter les crises contemporaines et imaginer de nouvelles formes de l'agir créatif.


MOTS-CLÉS :

Action collective, Créativité, Entreprise responsable, Justice écologique, Mission solidaire, Raison créatrice, Rationalité dans l'inconnu


CALENDRIER DÉFINITIF :

Mercredi 7 juin
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Jeudi 8 juin
REPÈRES ET OUVERTURES. L'ACTION COLLECTIVE COMME ÉNIGME
Matin
Introduction : L'action collective comme énigme, table ronde avec Frédéric GARCIAS (Le regard d'Armand), Jean-Michel SAUSSOIS (Parler frais) et Chipten VALIBHAY

Armand HATCHUEL : L'action collective comme énigme

Après-midi
Franck AGGERI : L'épistémologie de l'action collective : le lien qui relie Armand Hatchuel à Michel Foucault ?, avec Ken STARKEY (Foucault, enlightment and exit : reflections on my travels with Armand) [visioconférence]
Gilles GAREL : Innovation et déambulation : l'apprentissage par les objets au musée des arts et métiers

Soirée
Georges AMAR : L'ingénieur poète -- un paradigme de l'action


Vendredi 9 juin
FORMES DE L'ACTION COLLECTIVE MODERNE : LES RATIONALITÉS CRÉATIVES
Matin
Gabriel GALVEZ-BEHAR : L'histoire moderne des inventeurs
Patrick FRIDENSON : Invention, diversification et éthique : Kazuo Inamori et le renouvellement industriel au Japon
Ellen O'CONNOR : Penser les conditions d'une science de l'action collective créatrice

Après-midi
Pascal LE MASSON : Inventer de nouvelles formes d'action collective grâce à la théorie de la conception. Quelles puissances génératives pour les transitions ? [enregistrement audio en ligne sur La forge numérique de la MRSH de l'université de Caen Normandie et sur Canal U]
Sylvain LENFLE & Christophe MIDLER : Inscrire l'innovation dans le temps et l'espace social : développement et métamorphose des formes de gestion de projet

Laurence ALBERTI-ORTHEAU & Dominique LAFON : Une classe de grande section d'école maternelle peut-elle se comporter comme un collectif créatif ? (avec exposition)

Soirée
Nabil AYOUCH : Présentation de son film Haut et Fort (2021) | Discutant : Jean-Philippe DENIS


Samedi 10 juin
FORMES DE L'ACTION COLLECTIVE MODERNE : TENSION ENTRE MANAGEMENT ET ÉCONOMIE
Matin
Jean-François CHANLAT : Action collective organisée et inter-culturalité : une perspective anthropologique
Fouad BENSEDDIK : Une perspective interculturelle sur l'action collective

Repenser le marché, table ronde avec Patrick COHENDET (La firme comme lieu de création collective) et Thomas STENGER

Après-midi
Armand HATCHUEL : Penser l'action collective avec les mathématiques, avec Anne-Françoise SCHMID [visioconférence]
Vincent BONTEMS : Simondon et le régime des techniques

Soirée
Carte blanche à Pascal DALOZ & Antoine FRÉROT, animée par Dinah LOUDA, avec la participation d'Armand HATCHUEL


Dimanche 11 juin
NOUVEAUX PARADIGMES : AGIR PROSPECTIF, AGIR CONCEPTIF
Matin
Albert DAVID : Musée du management, musée des techniques
Françoise THIBAULT : Université, l'action collective désorientée
Cynthia FLEURY : L'agir créatif dans le Care

Après-midi
DÉTENTE


Lundi 12 juin
REPENSER L'AGIR CRÉATIF : RESPONSABILITÉ ET INCONNU
Matin
Elsa BERTHET & Vincent BRETAGNOLLE : Fonder de nouvelles formes d'action collective sur l'écologie pour créer des socio-écosystèmes résilients
Judith ROCHFELD : Que peut l'action collective en matière de justice climatique ?
Stéphane VERNAC : Le droit et l'inconnu

Après-midi
Olivier JACQUIN : Justice climatique [visioconférence]
Tatiana SACHS : L'épreuve de l'emploi

"HORS LES MURS" — À CARENTAN-LES-MARAIS
16h30: Départ de Cerisy
17h30-18h15: Accueil par Rodrick CARRASCO (Directeur Général Associé de l'usine Laudescher), suivi d'une visite
18h15: Échanges avec les dirigeants de sociétés à mission autour d'un cocktail
19h: Retour vers Cerisy

Soirée
Les entreprises à mission, table ronde animée par Kevin LEVILLAIN, avec Hazem BEN AISSA [Quel modèle émergent de gouvernance des entreprises familiales tunisiennes ? Le cas du groupe Sotupa] et Alain SCHNAPPER ["Transformer l'entreprise pour transformer la société" : la Communauté des entreprises à mission au cœur d'un mouvement de transformation sociale]


Mardi 13 juin
CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES
Matin
Les Bauhaus de demain, table ronde avec Cédric DENIS-RÉMIS et Benoît WEIL [visioconférence]

Jeunes chercheurs, avec Antoine GOUTALAND et Jérémy LÉVÈQUE | Retours et dialogue avec Armand HATCHUEL

Après-midi
DÉPARTS


TÉMOIGNAGES :

Cerisy vu de Tunisie. Rencontre avec Hazem BEN AISSA, Asma BACCOUCHE et Amina Nadia MNASRI, propos recueillis par Sylvain ALLEMAND.

Un colloque de Cerisy en guise de cadeau. Rencontre avec Isabelle ROUDIL, propos recueillis par Sylvain ALLEMAND.


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Franck AGGERI
Franck Aggeri est professeur de management à Mines Paris - PSL et chercheur au CGS-i3, UMR CNRS 9217. Il est co-responsable de la chaire "Mines urbaines", responsable de la formation doctorale en sciences de gestion à Mines Paris et codirecteur de l'école doctorale SDOSE. Ses recherches et ses enseignements portent sur l'instrumentation de gestion, l'innovation responsable, la transition bas carbone et l'économie circulaire. Il est membre du comité de rédaction de la Revue Française de Gestion. Il est l'auteur de plusieurs livres et articles dans différentes revues de référence. Il est également chroniqueur sur le management et l'entreprise pour Alternatives Économiques.
Publications récentes
L'innovation, mais pour quoi faire ? Essai un mythe économique social et managérial, Le Seuil, 2023.
L'économie circulaire (avec Beulque R. et Micheaux H), "Repères", La Découverte, 2023.

Sylvain LENFLE
Sylvain Lenfle est professeur des universités au Conservatoire des Arts et Métiers (CNAM, LIRSA), chercheur associé au Centre de Recherche en Gestion de l'École polytechnique et professeur associé à l'École des Mines de Paris. Ses recherches se situent à l'intersection du management de projet et du management de l'innovation. Elles portent sur le rôle, l'organisation et le fonctionnement des projets d'exploration pour lesquels ni l'objectif à atteindre, ni les moyens d'y parvenir ne peuvent être clairement définis au départ, ce qui les confrontent à l'inconnu. Pour ce faire, il s'appuie sur des recherches collaboratives avec des entreprises et des méthodes historiques, pour identifier et comprendre les principes de management, l'organisation et les outils de gestion adaptés à ce type de projets, ainsi que le rôle qu'ils peuvent jouer dans les transitions socio-techniques.
En savoir plus : sylvainlenfle.fr
Sélection de publications
Lenfle S., Petitgirard L., 2020, "L'invention du transistor aux Bell Labs ou la création d'une expertise sur un domaine inconnu", Entreprises et histoire, n°98, avril, p. 94–119.
Lenfle S., Söderlund J., 2022, "Project-oriented agency and regeneration in socio-technical transition : Insights from the case of numerical weather prediction (1978–2015)", Research Policy, 51 (3).

Dinah LOUDA
Dinah Louda est présidente de l'Institut Veolia depuis mai 2020, après en avoir été directrice exécutive depuis 2015. Elle est conseillère auprès d'Antoine Frérot pour les relations internationales, et membre du Comité d'éthique de Veolia. Elle travaille à perpétuer et enrichir le dialogue entre l'Institut Veolia, les pouvoirs publics, le monde académique et scientifique, et les ONG. Diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris et de Harvard, elle quitte le journalisme en 1991 pour se consacrer à la communication d'entreprise : directrice de la communication européenne (groupe d'assurance Victoire), directrice de la communication (Abeille Assurances jusqu'en mai 2002), directrice de la communication (Crédit Agricole Indosuez puis d'Areva T&D). En 2006, elle rejoint Veolia en tant que directrice de la communication de Veolia Eau et membre du Comex. Elle siège également au conseil d'administration de la French-American Foundation.

Blanche SEGRESTIN
Blanche Segrestin est professeur en sciences de gestion à MINES Paris, Université PSL. Ses recherches portent sur une théorie de l'entreprise fondée sur l'innovation et ses implications pour la gouvernance et pour le droit. Elle est titulaire, avec Kevin Levillain, de la chaire "Théorie de l'entreprise. Modèles de gouvernance & création collective", dont les travaux ont contribué à l'introduction de la société à mission dans le droit en 2019.
Sélection de publications
Segrestin B. & Levillain K. (éds.), La mission de l'entreprise responsable. Principes et normes de gestion, Paris, Presses des Mines, 2018.
Segrestin B., Roger B. & Vernac S. (dir.), L’entreprise. Point aveugle du savoir, Colloque de Cerisy, Sciences Humaines, 2014.
Segrestin B. & Hatchuel A., Refonder l'entreprise, Seuil, "La République des Idées", 2012.


Laurence ALBERTI-ORTHEAU & Dominique LAFON : Une classe de grande section d'école maternelle peut-elle se comporter comme un collectif créatif ?
Une classe de grande section d'école maternelle peut-elle se comporter comme un collectif créatif ? Des enfants de 5 ans qui ne savent pas encore lire ou écrire peuvent-ils se confronter aux défis du monde actuel ? Et cela dans le cadre des programmes définis par l'Éducation Nationale. C'est à partir de ces questions que nous présenterons trois années de travaux avec des classes de grande section d'École maternelle. Ces expérimentations d'ateliers de conception innovante consistent en la mise en application pratique de la théorie C-K. Elles se sont révélées très efficaces pour favoriser une créativité pilotée, explorer l'inconnu, raisonner autrement mais également ont renforcé la curiosité et l'appétence pour la connaissance et les savoirs ainsi que l'envie d'aller à l'école et de participer activement. Une exposition présentant la démarche des enfants et les résultats obtenus complètera notre propos.

Laurence Alberti-Ortheau est Directrice et enseignante à l'École maternelle des Blagis à Sceaux 92.
Dominique Lafon est le Président fondateur de CayaK Innov.

Hazem BEN AISSA : Quel modèle émergent de gouvernance des entreprises familiales tunisiennes ? Le cas du groupe Sotupa
L'étude de la gouvernance s'est historiquement située en Occident avec l'opposition de deux modèles principaux : le modèle actionnarial et celui des parties prenantes. En Tunisie, la gouvernance d'entreprise a épousé essentiellement le premier modèle. Cependant les aspirations démocratiques issues de la révolution (2011) ainsi que la nouvelle génération de dirigeants des entreprises familiales tunisiennes tendent à vouloir repenser les modèles de gouvernance. C'est le cas du Groupe Sotupa(1) qui, ayant une longue tradition de politique sociale positive, se voit aujourd'hui contraint, sous la pression de nouveaux investisseurs, de rationaliser son système de gouvernance. Le groupe familial Sotupa s'est donc engagé dans un projet collaboratif de recherche-intervention afin de repenser son modèle de gouvernance. L'objectif étant de se diriger vers un modèle plus libéré tout en restant en adéquation avec le contexte socio-culturel du pays ainsi que de son histoire économique et politique. Ce modèle aspire à être inclusif et inspiré d'initiatives éprouvées à l'étranger telles que la société à Mission en France et l'ensemble des travaux de recherche sur les parties prenantes. Les travaux sur l'entreprise à Mission permettent dans des contextes civilisationnels différents, de créer les conditions de nouvelles solidarités.
(1) Fleuron de l'industrie Tunisienne, le Groupe Sotupa produit et commercialise des produits d'hygiène bébé et féminine ainsi que papier. Le chiffre d'affaires consolidé du Groupe en 2020 est de 80 millions d'euros.

Hazem Ben Aissa est docteur en ingénierie et gestion et enseignant-chercheur en Management. Ses recherches portent sur la RSE et la gouvernance dans les pays émergents et notamment en Tunisie. Il coordonne plusieurs projets de recherche en lien avec la gouvernance de l'entreprise familiale.
Publications
Amel Bouderbala & Hazem Ben Aissa, "Mise en œuvre de la RSE en Tunisie : analyse des logiques d'actions dans un contexte post révolution", Finance Contrôle Stratégie, 25-1 | 2022.
Selmène Segond, Hazem Ben Aissa & Sihem Larif, The governance of Tunisian group Sotupa : emergence, evolution and learning dynamics, EURAM, Dublin, 2023.

Elsa BERTHET
Elsa Berthet est chargée de recherche en sciences de gestion à INRAE, au sein de l'équipe Résilience du Centre d'études biologiques de Chizé (CEBC). Son parcours interdisciplinaire l'a conduite à étudier l'écologie, l'agronomie et les sciences de gestion. Ses recherches portent sur la conception de nouvelles formes d'action collective et de gouvernance des socio-écosystèmes agricoles, en vue d'en augmenter la résilience face aux changements globaux.

Jean-François CHANLAT : Action collective organisée et inter-culturalité : une perspective anthropologique
Dans le cadre de ce colloque qui cherche à répondre autour des travaux d'Armand Hatchuel à la question suivante : "Peut-on penser aujourd'hui de nouvelles formes de l'action collective pour faire face à ces défis ?", l'objet de notre communication portera sur les liens que l'on peut établir entre l'action collective et l'inter-culturalité. Pour ce faire, nous partirons de notre double culture en gestion et en sociologie qui nous a conduit à développer, au cours des quarante dernières années, une perspective anthropologique des organisations, dans laquelle la dimension interculturelle joue un rôle clé. Après avoir rappelé dans un premier temps les raisons pour lesquelles l'inter-culturalité est au cœur de toute action collective, notamment dans son double rapport anthropologique, à la société et à la Nature, nous reviendrons ensuite d'une part, sur le rapport au social et sur les sources internes et externes de la culture organisationnelle, et d'autre part, sur le rapport à la Nature, en faisant le lien avec l'Anthropocène. Le management étant au cœur de l'action collective organisée, nous aborderons alors dans un troisième temps, comment dans cette dynamique anthropologique, l'imagination créatrice et l'innovation peuvent surgir. Enfin, dans un dernier temps, nous reviendrons sur la fécondité des travaux d'Armand Hatchuel en management à l'aune de cette marginalité créatrice, devenue indispensable pour trouver des alternatives aux impasses actuelles.

Jean-François Chanlat est actuellement professeur émérite à l'université Paris-Dauphine PSL, professeur affilié à HEC-Montréal et professeur invité à l'Institut Mines-Telecom Business School. Spécialiste internationalement reconnu de l'anthropologie des organisations et du management interculturel, il a reçu en 2022 luIFSAM Award for Exceptional Service to the Management Field Worldwide.
Publications récentes
Homo Anthropologicus. La gestion à l'épreuve de la condition humaine, Caen, Édtions Management et Sociétés (EMS), 2023.
Management, sciences sociales et sociétés : plaidoyer pour une anthropologie élargie, Ste-Foy, Les Presses de l'université Laval, Paris, Hermann, 2022.
Avec M. Özbilgin, (dir.), Management et diversité. Tome II : approches thématiques, Ste-Foy, Les Presses de l'université Laval, Paris, Hermann, 2019.
Avec P. Pierre, Le management interculturel. Évolution, tendances et critiques, Éditions Management et Sociétés (EMS), 2018.
Avec M. Özbilgin (dir.), Management et diversité. Tome I : comparaison internationale, Ste-Foy, Les Presses de l'université Laval, Paris, Hermann, 2018.
Avec M. Özbilgin (eds), Management and Diversity : Perspectives from Different National Contexts, Londres, Emerald, 2017.
Avec M. Özbilgin (eds), Management and Diversity : Thematic Approaches, Londres, Emerald. 2017.
Avec J.-P. Dupuis et E. Davel (eds), Cross-Cultural management. Management Across The World, Londres, Routledge, 2013.
Avec J.-P. Dupuis et E. Davel (dir.), La gestion en contexte interculturel : Problématiques, approches pratiques, Ste-Foy, Les Presses de l'université Laval, et Télé-Université du Québec, 2008.

Patrick COHENDET : La firme comme lieu de création collective
Considérant l'entreprise comme un "processeur de connaissances" (Fransman, 1994), différentes approches de l'entreprise (vision fondée sur les ressources, vision fondée sur les compétences, théorie évolutionniste de l'entreprise) ont été développées avec succès depuis le milieu des années 90, représentant l'entreprise comme un lieu de mise en place, de construction, de sélection, d'utilisation et de développement. L'objectif de cette communication est de suggérer, de prolonger et d'enrichir ces approches en considérant l'entreprise comme un processeur d'idées. Nous pensons que le fait de mettre l'accent sur les idées plutôt que sur les connaissances ouvre la voie à une vision plus dynamique de l'entreprise en introduisant explicitement des objectifs et des intentions qui soulignent la capacité de l'entreprise à générer, nourrir, sélectionner et mettre en œuvre des idées, et de mieux comprendre ainsi la firme comme lieu de création collective. Une telle approche trouve parmi ses sources d'inspiration les travaux d'Armand Hatchuel qui privilégient une théorie managériale de l'entreprise comme lieu de création collective axée sur une mission.

Patrick Cohendet est professeur titulaire à HEC Montréal au service d'enseignement des affaires internationales. L'enseignement, la recherche et les publications de Patrick Cohendet portent sur l'économie et le management de l'innovation, de la connaissance et de la créativité. Il est l'auteur de plus de 150 articles publiés dans des revues à comité de lecture et de 30 ouvrages. Par ailleurs Patrick Cohendet est co-responsable avec Laurent Simon du pôle de recherche et de valorisation MOSAIC d'HEC Montréal sur le management de la créativité et de l'innovation. Il est membre élu de Société Royale du Canada.

Patrick FRIDENSON : Invention, diversification et éthique : Kazuo Inamori et le renouvellement industriel au Japon
La majorité des start-ups disparaissent ou sont absorbées. Kyocera, une start-up de la céramique née à Kyoto en 1959 et cofondée par l'inventeur salarié Kazuo Inamori, a au contraire survécu et grandi. Comment expliquer le renouveau régulier qui caractérise son histoire ? Pourquoi sa relation avec les banques a-t-elle été différente de celle de la plupart des grandes entreprises japonaises ? Pourquoi s'est-elle diversifiée dans le téléphone et a-t-elle organisé à cette fin la coopération de nombreuses firmes japonaises ? Comment a-t-elle bâti avec les Américains de Motorola le premier réseau mondial de satellites de télécommunications ? Comment Kazuo Inamori est-il parvenu à combiner au plan international comme national innovation, responsabilité et éthique (dans la comptabilité, les ressources humaines et les principes de gestion) ? Pourquoi est-il devenu un inspirateur pour des millions de lecteurs et de lectrices ?

Patrick Fridenson, historien des entreprises et du travail en Europe occidentale, aux États-Unis et au Japon, est directeur d'études à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales. Il a longtemps dirigé la revue d'histoire Le Mouvement Social et a cofondé en 1992 la revue Entreprises et Histoire.
Publications récentes
Reimagining Business History, Baltimore, Johns Hopkins University Press, 2013 (en collaboration avec Philip Scranton).
"Japon : ombres et lumières", in Pierre Veltz et Thierry Weil (dir.), L'industrie, notre avenir, Colloque de Cerisy, Paris, Eyrolles, 2015, p. 276-285.
"Un silence d'une grande archive d'entreprise : le nouveau siège social de Renault (1968-1975)", in Hubert Bonin et Laure Quennouëlle-Corre (dir.), Explorer les archives et écrire l'histoire. Autour de Roger Nougaret, Genève, Droz, 2022, p. 559-580.
Concurrence et marchés. Droit et institutions, Paris, Comité pour l'histoire économique et financière de la France, 31 mai 2023 (codirection avec François Monnier et Albert Rigaudière).

Gilles GAREL : Innovation et déambulation : l'apprentissage par les objets au musée des arts et métiers
Il est une pédagogie pertinente mais oubliée, dite "de la démonstration", développée lors de la création du Conservatoire des arts et métiers en France à la toute fin du XVIIIe siècle. L'idée centrale est de mettre en mouvement des objets innovants afin d'induire des enseignements plus généraux. "Ceux qui viendront au Conservatoire seront tous des ouvriers, dont les conceptions ne doivent pas être obscurcies par des discours abstraits ou scientifiques : il faut leur faire voir plus que leur parler. Le jeu d'une machine mise en mouvement sous leurs yeux en est souvent la meilleure démonstration. Leur instruction exige la science des faits bien plus que la science de la parole" (J.-M. Alquier, 1794). Les fondateurs du Conservatoire récupèrent des objets des collections royales et annexent l'ancien prieuré Saint-Martin-des-Champs (un grand espace au centre de Paris) pour les y installer. Le musée des arts et métiers est toujours installé dans ce lieu magnifique. Il présente aujourd'hui l'une des plus belles collections d'objets innovants au monde depuis la première révolution industrielle. Notre intention est de décrire la manière dont un professeur de management de l'innovation peut s'emparer des collections d'un musée à des fins pédagogiques. Non seulement les actions collectives du passé peuvent être restituées mais des dynamiques de groupe s'engendrent dans le lieu même du musée.

Gilles Garel est Professeur titulaire de la chaire de gestion de l'innovation du Conservatoire national des arts et métiers. Il réalise des recherches en management de l'innovation en relation directe avec des entreprises et des organisations innovantes dans des secteurs variés. Il est chercheur au Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche en Sciences de l'Action du Cnam (Lirsa) dont il a été le co-fondateur et le directeur. Il est l'auteur avec Elmar Mock, co-inventeur de la montre Swatch, de La Fabrique de l'innovation (Dunod, 2016). Il est notamment le co-concepteur du Mooc "Fabriquer l'innovation" (Fun).

Pascal LE MASSON : Inventer de nouvelles formes d'action collective grâce à la théorie de la conception. Quelles puissances génératives pour les transitions ?
L'invention des bureaux d'étude au milieu du XIXe siècle constitue un moment historique majeur pour les sciences de gestion. D'une part le bureau d'études, en tant que bureaucratie générative, couple fortement rationalité créative et organisation pour constituer une forme d'action collective dotée d'une puissance générative jusqu'ici inconnue. D'autre part, l'invention du bureau d'études repose sur une nouvelle théorie de la conception formulée par les professeurs des universités techniques allemandes, ce qui montre, de façon plus paradigmatique, que l'émergence de nouvelles formes d'action collective génératives peut dépendre de l'invention de nouvelles rationalités créatives. Nous reviendrons sur cette invention de la bureaucratie générative, qui invite à historiciser la rationalité créative et l'invention de formes d'action collective associées. Nous montrerons ensuite que cette invention conduit à explorer des théories de l'action collective capables d'endogénéiser non seulement la production de savoir et ses ressorts organisationnels mais même l'invention collective de rationalités créatives nouvelles. Dans un dernier temps nous examinerons comment l'invention contemporaine de rationalités créatives nouvelles ouvre la voie aujourd'hui à des formes de création préservatrice permettant d'affronter les inconnus des transitions contemporaines.

Pascal Le Masson est professeur à Mines Paris - PSL université, au Centre de gestion Scientifique - i3 (MR CNRS 9217). Avec ses collègues de la chaire de Théorie et Méthodes de la Conception Innovante (TMCI), il travaille sur les modèles de rationalité créative et les nouvelles formes d'action collective pour explorer l'inconnu, et notamment sur les formes de création préservatrice qu'appellent les transitions contemporaines. Avec Benoît Weil et Armand Hatchuel, il a publié Strategic Management of Innovation and Design (Cambridge University Press, 2010) et Design Theory (Springer, 2017) et de nombreux articles scientifiques. Avec Eswaran Subrahmanian (Carnegie Mellon Univ) il est responsable du Special Interest Group Design Theory de la Design Society. Il est membre de plusieurs conseils scientifiques. Il est membre de l'Académie des Technologies.

Christophe MIDLER
Christophe Midler, ancien élève de l'École polytechnique et docteur en gestion, est Directeur de recherche émérite CNRS au Centre de Recherche en Gestion –I3- Institut Polytechnique de Paris. Il mène des recherches dans le domaine des stratégies d'innovation, de l'organisation des projets, de la R&D et des coopérations inter-entreprises en conception. Il est professeur dans le Master Projet Innovation Conception qu'il a créé en 2002.
Publication récente
C. Midler, M. Alochet & C. de Charentenay, L'Odyssée de Spring ; histoire et leçons d'un projet impossible, Dunod, 2022.

Ellen O'CONNOR : Penser les conditions d'une science de l'action collective créatrice
Armand Hatchuel a posé des jalons novateurs pour fonder une science d'action collective créatrice : il en a développé les fondements théoriques, mis en évidence les formes historiques, et a contribué à changer le cadre de droit pour favoriser l'action collective créatrice et responsable. D'abord, je mobilise sa théorie pour expliquer pourquoi les institutions du savoir, le monde académique et l'université, ont du mal à développer une science de l'action collective créatrice. Ensuite, j'utilise sa recherche pour montrer la valeur historique de cette science. Enfin, en me référant aux initiatives politiques et stratégiques de Hatchuel, j'examine les possibilités pour engendrer cette science au long terme.

Ellen O'Connor étudie l'histoire de la pensée et de l'éducation managériales aux États-Unis. Chez Stanford University Press, elle a publié sa recherche : Creating New Knowledge in Management : Appropriating the Field's Lost Foundations. Sa spécialité est l'école classique, qui poursuit la floraison de l'individu et le collectif à travers une relation responsable avec soi-même, autrui et le monde.

Judith ROCHFELD : Que peut l'action collective en matière de justice climatique ?
Les procès climatiques se multiplient presque partout dans le monde. Ils représentent une action collective d'un type nouveau, à dimension mondiale et transgénérationnelle, quand bien même ils procèdent par "relocalisation" du global. Ils peuvent également être lus comme des modes de "conscientisation" et de défense des biens communs, voire comme une gouvernance marginale, par des organisations non gouvernementales et des citoyens, des grands communs mondiaux.

Judith Rochfeld est professeure de droit à l'École de droit de la Sorbonne, Université Paris 1, Panthéon-Sorbonne. Elle est docteure en droit et agrégée des facultés de droit. Elle dirige des diplômes et un département de recherche au sein de l'Institut de recherche juridique de la Sorbonne. Elle a écrit de nombreux écrits, articles et contributions relatifs aux biens communs et aux communs, notamment en matière environnementale. Elle a fait paraître Justice pour le climat. Les nouvelles formes de mobilisations citoyennes, en 2019 aux éditions Odile Jacob et a co-dirigé, avec Fabienne Orsi et Marie Cornu, le Dictionnaire des biens communs, aux Puf, dans la collection "Quadrige", dont la 2e édition est parue en 2021.

Tatiana SACHS : L'épreuve de l'emploi
La justice climatique ne se joue pas uniquement dans les prétoires. La conception et la faisabilité de la transition écologique exigent de penser la manière dont les coûts de cette transition sont répartis entre les entreprises, les travailleurs ou la collectivité. Justice sociale et justice climatique doivent alors trouver une articulation que cette communication vise à analyser.

Tatiana Sachs est une enseignante-chercheuse à l'université Paris Nanterre à l'IRERP, spécialisée en droit du travail. Ses travaux portent sur le statut des arguments économiques en droit du travail, sur le droit des réorganisations d'entreprise et sur les dispositifs juridiques qui encadrent la gouvernance des activités productives. Ses derniers travaux portent sur le devoir de vigilance des grandes entreprises, et plus largement sur la manière qu'a le droit de l'entreprise d'intégrer les considérations sociales et environnementales.

Jean-Michel SAUSSOIS : Parler frais
Dans un numéro spécial "L'écho de la gestion" (novembre-décembre 1993), la Revue Française de Gestion renversera l'image de la gestion alors vue comme postée au carrefour des sciences humaines et prête à partir avec la première discipline venue. Armand Hatchuel portera le coup d'estocade final en affirmant la gestion comme discipline autonome. Forgeron créatif, il frappe sur son enclume en posant deux questions essentielles : s'agissant des valeurs, que veut dire une bonne gestion par rapport à une mauvaise ? S'agissant d'innover, en quoi et comment l'exploration de l'inconnu embarque une action collective ? Questions de sociologue : où et qui est "nous" dans l'action collective ?

Jean-Michel Saussois est Professeur Émérite à l'ESCP Business School, Docteur en sociologie, diplômé d'HEC Habilité à diriger des recherches (HDR) en sociologie. Après avoir été consultant dans un grand cabinet de conseil, il rejoint l'ESCP. Lors de la création en 1990 de l'Anvie (Agence Nationale pour la Valorisation Interdisciplinaire des sciences de l'homme et de la société auprès des Entreprises), il en sera le Délégué Général. Consultant à l'OCDE, il a codirigé un programme portant sur l'économie apprenante : "Société du savoir et gestion des connaissances" (OCDE, 2000). Il est l'auteur de nombreux articles et de livres dont Capitalisme sans répit (Éditions La Dispute, 2006), Théories des organisations (Collection "Repères", Éditions La Découverte, 2007, 2012, 2019), Les organisations, état des savoirs (sous la dir. de, Sciences Humaines Éditions, 2012, 2016) et La grande entreprise comme acteur politique. Conférences montréalaises (Presses de l'université Laval, Québec, 2022).

Alain SCHNAPPER : "Transformer l'entreprise pour transformer la société" : la Communauté des entreprises à mission au cœur d'un mouvement de transformation sociale
La loi Pacte en créant le cadre juridique de la société à mission, inspiré des travaux du programme des Bernardins, a permis aux entreprises de définir leur utilité sociale. La Communauté des entreprises à mission s'est constituée en réunissant des chercheurs et des dirigeants pour "partager leurs expériences et savoir-faire de l'Entreprise à Mission, enrichir collectivement ce modèle, et unir leurs efforts pour mobiliser, convaincre, et soutenir son déploiement en France et son rayonnement en Europe". Elle agit au sein d'un écosystème réunissant des acteurs aussi variés que des dirigeants, des chercheurs et des enseignants, des juristes, des greffiers du tribunal de commerce, des fonctionnaires de divers services de l'État et bien d'autres. La communication portera sur une description de cet objet complexe, en constante évolution, et qui joue notamment un rôle original de régulation entre les acteurs concernés, et tout particulièrement l'État et les entreprises.

Alain Schnapper, ingénieur de l'École des Mines de Paris, a travaillé pendant 30 ans dans le conseil, et comme dirigeant dans l'industrie et la distribution. Depuis 2018, il mêle des activités de conseil (fondateur du cabinet Gouvernance Responsable) et de chercheur comme praticien associé à la chaire "Théorie de l'entreprise - Modèles de gouvernance & Création collective" de MINES ParisTech PSL. Il fut membre du bureau de la Communauté des Entreprises à Mission jusqu'en 2023 avant d'en devenir le Directeur Général. Il a publié en 2020, avec Dominique Schnapper, Puissante et fragile, l'entreprise en démocratie, chez Odile Jacob.

Chipten VALIBHAY
Chipten Valibhay est chercheur post-doctorant au Centre de Gestion Scientifique, Mines Paris - PSL, associé à la Chaire Théorie et Méthodes de la Conception Innovante. Ses recherches portent sur les normes ou dispositifs qui stimulent et coordonnent les activités de création — notamment technique et scientifique. Diplômé ingénieur des Mines de Paris, il a effectué une thèse au sein de l'Institut National de la Propriété Industrielle portant sur les brevets en tant que norme de gestion de l'activité d'invention.


BIBLIOGRAPHIE :

Un certain nombre d'articles rédigés par Armand Hatchuel ont été mis en forme afin de constituer un recueil téléchargeable au format PDF : cliquer ici.


• Armand Hatchuel, L'action collective dans l'inconnu, Hermann, Coll. "Les traversées de Cerisy", 2022.

Raison créatrice et inconnu

• Armand Hatchuel & Benoit Weil, Pour une théorie unifiée de la conception, 2002, Colloque Herbert Simon, Lyon [en ligne].
• Pascal Le Masson, Armand Hatchuel & Benoit Weil, "Design theory at Bauhaus : teaching 'splitting' knowledge. Research in Engineering Design", 2016, 27, pp. 91-115, Design theory at Bauhaus : teaching 'splitting' knowledge [Archive ouverte HAL].
• Armand Hatchuel, "Dialogue avec Vincent Bontems, Pour une épistémologie de la raison créative", Bachelard et l'avenir de la culture, Presses des Mines, 2018, Dialogue pour une épistémologie [en ligne].

Épistémologie de l'action collective et des sciences de Gestion

• Armand Hatchuel, "Pour une épistémologie de l'action collective", Hatchuel, E. Pezet, K. Starkey, O. Lenay (dir. ), Gouvernement, organisation et Gestion. L'héritage de Michel Foucault, Les presses de l'université Laval, 2005.
• Cedric Poivret, Une histoire de la recherche en sciences de Gestion : des racines oubliées aux percées actuelles. Entretien avec le Professeur Armand Hatchuel.
• "Grand angle avec Armand Hatchuel", Entreprise & Société, 2022–1, n°11. Varia [en ligne].
• Armand Hatchuel, "Exit to the past and voice for the future. Sciences de gestion, sciences fondamentales de l'action collective", Revue française de gestion, 2019/8, n°285, p. 43-57 [en ligne].

Au-delà, de l'économicisme, théorie de l'entreprise responsable

• Armand Hatchuel, "Normes de gestion et action collective. De la societas romaine à l'entreprise de demain", La mission de l'entreprise responsable, B. Segrestin et al. (dir.), Presses des Mines, 2018 [en ligne].
• Armand Hatchuel & Blanche Segrestin, "De l'entreprise moderne à l'entreprise à mission : les métamorphoses de l'objet social", ENSO, n°5, 2019 [en ligne].
• Pascal le Masson, Armand Hatchuel & Benoît Weil, La destruction créatrice en débat | Societal [en ligne].


SOUTIENS :

Veolia
• Chaire Théorie et Méthode de la Conception Innovante (Chaire TMCI)
• Institut des Hautes Études pour l'Innovation et l'Entrepreneuriat (IHEIE) | Université PSL
• Chaire Théorie de l'Entreprise - Modèles de Gouvernance et Création Collective (Chaire TE)
• Conservatoire national des arts et métiers (Cnam)