Programme 2026 : un des colloques

— Programme complet —


LOIN DE MÉLIÈS ? TRAJECTOIRES (IM)MATÉRIELLES,

DU CINÉMA PREMIER AUX MÉDIAS NUMÉRIQUES


DU LUNDI 3 AOÛT (19 H) AU DIMANCHE 9 AOÛT (14 H) 2026

[ colloque de 6 jours ]


Le Voyage dans la Lune, réal. Georges Méliès, 1902
Numérisation d'un photogramme d'une copie 35mm
provenant de la collection de feu David Bradley


SECRÉTAIRE TECHNIQUE :

Ekaterina ARTEMEVA


ARGUMENT :

À plus de cent ans de distance, Georges Méliès et son œuvre semblent n'avoir jamais été aussi proches de nous. Désormais, ses films circulent massivement sous la forme de fichiers, ils sont visibles sur nos dispositifs numériques, capables à leur tour de les remettre en circulation et d'en générer de nouvelles versions. Méliès est même déjà passé dans la moulinette de l'intelligence artificielle, productrice d'images inédites au statut ambigu.

Or, dans leur premier état, les films issus de la manufacture de Méliès ont suivi des trajectoires matérielles et immatérielles bien différentes, circulant de la main à la main, transitant d'un espace à un autre, d'où ils ne sortaient pas inchangés : laboratoires, ateliers de coloristes, succursales étrangères, exploitations fixes ou itinérantes, etc. S'ils se disséminèrent sur le territoire français grâce aux tourneurs forains, ils furent aussi distribués à l'étranger via Baltasar Abadal à Barcelone, Théophile Pathé à Berlin, Charles Urban à Londres et, bien sûr, Gaston Méliès à New York !

S'attacher à reconstituer les trajectoires de ces films et à retrouver les agents de leur circulation, voilà qui peut aider à recouvrer un versant largement enfoui du cinéma méliésien, celui des circuits de distribution, des contextes d'exploitation et de leurs réseaux respectifs de collaborateurs et de collaboratrices.

Initié par la Cinémathèque Méliès et soutenu par la Fondation Maison des Sciences de l'Homme (programme "Arts – Mondes en action, mondes en réflexion"), ce colloque — le quatrième consacré au magicien organisé à Cerisy — suggère, de manière un peu provocatrice, de se placer loin de Méliès, soit là où les films se transportent, se transmettent et se transforment.


MOTS-CLÉS :

Agents, intermédiaires et réseaux de distribution ; Cinéma ambulant et exploitation itinérante ; Cinématographie-attraction ; Circulation des films de Georges Méliès ; Éducation à l'image et médiation ; Postérité et héritage méliésiens ; Projection et dispositifs de diffusion ; Réception et expériences spectatorielles ; Transmission et transformations des œuvres ; Valorisation, programmation et exposition de films


CALENDRIER DÉFINITIF :

Lundi 3 août
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, du colloque et des participants, ainsi que du Foyer de création et d'échanges


Mardi 4 août
Matin
Caroline RENOUARD, Matthew SOLOMON, Stéphane TRALONGO, avec Jacques MALTHÊTE & Anne-Marie QUÉVRAIN : Ouverture du colloque
André GAUDREAULT : De Méliès à Mélios 3.0 : trajectoires de l'indétectabilité des trucages entre la cinématographie des premiers temps et l'intelligence artificielle générative des premiers temps, suivi d'un POST-SCRIPTUM IA signé Joël LEHMANN

Après-midi
Méliès and the Modern World
Caroline RENOUARD, avec Sarah POULAIN & Guillaume LEPRÉVOST (collectif Cinékrafté) : Les films de Méliès à l’épreuve des dispositifs contemporains de médiation : pratiques éducatives et circulations culturelles | Présentation

Projection de deux films coloriés par Jacques MALTHÊTE et d'un extrait documentaire montrant Germaine Berger coloriant les pellicules au pochoir

"Faire des recherches et rejouer Méliès : réalité virtuelle, vidéo numérique et cinéma 35 mm", par une équipe de l'université du Michigan dirigée par Matthew SOLOMON, composée de Rose ALBAYAT, Olivier BAHIZI, Sara "DARI" ESKANDARI, Morgan EVERETT, Jennifer Lipsmeier GUY, Miles HIONIS, Patterson McKINNEY, Catherine MILLER, Niko SMITH et Mina TOBYA

Soirée
En commun avec le Foyer de création et d'échanges
Projections de films de Méliès et/ou de documents inédits (dessins de Méliès, vidéos…) issus des collections de la Cinémathèque Méliès et de Pascal Friaut, dont Le Manoir du diable, 1896


Mercredi 5 août
Matin
Frédéric TABET : Aux confins du spectacle : le rôle des forains et des magiciens dans la circulation des vues de la Star-Film
Bart G. MOENS : Trajectoires foraines : Méliès et le cinéma ambulant en Belgique
Jean-Claude SEGUIN : La production Méliès dans les pays de langue espagnole

Après-midi
Anne-Marie QUÉVRAIN : Des théâtres d'illusion aux premiers films à trucs : MASKELYNE et MÉLIÈS (1865 à 1914)
Ian CHRISTIE : Méliès and Britain : an unexplored relationship
Joël LEHMANN : Le sacre d'Edouard VII (1902) : production et circulation du film et trajectoire d'une copie retrouvée

Soirée
Projections de films de Méliès et/ou de documents inédits (dessins de Méliès, vidéos…) issus des collections de la Cinémathèque Méliès et de Pascal Friaut


Jeudi 6 août
Matin
Stéphane TRALONGO : Gaston Méliès et Hortense de Mirmont : itinéraires d'une correspondance (1912-1913)

Projection du documentaire Le Voyage cinématographique de Gaston Méliès dans les Mers du Sud et en Extrême-Orient (2015, 60 minutes) réalisé par Raphaël MILLET, suivie d'une session de questions/réponses

Après-midi
DÉTENTE

Soirée
"Sur les traces de Gaston Méliès en Amérique", avec Raphaël MILLET & David PFLUGER, accompagnés par Kathy FULLER-SEELEY [visioconférence] & Frank THOMPSON [visioconférence]. Discussion et traduction simultanée coordonnées par Matthew SOLOMON et Stéphane TRALONGO


Vendredi 7 août
Matin
Marie FRAPPAT : Méliès en Afrique. Les voyages de Madeleine Malthête-Méliès [enregistrement audio en ligne sur Canal U, chaîne La forge numérique | MRSH de l'université de Caen Normandie]
Stéphanie-Emmanuelle LOUIS : Méliès en expositions. Sur les traces du pionnier à travers le monde…

Après-midi
Frank KESSLER : Les films de Georges Méliès en Allemagne [communication établie avec Sabine LENK]
Morgan CORRIOU : Un voyage à Alger : les circulations des films de Méliès en Algérie et en Tunisie
Ekaterina ARTEMEVA : La distribution des films de Méliès dans l'Empire russe (1908-1912)

Soirée
Projections de films de Méliès et/ou de documents inédits (dessins de Méliès, vidéos…) issus des collections de la Cinémathèque Méliès et de Pascal Friaut


Samedi 8 août
Matin
Sébastien DUPONT-BLOCH : De Villers-sur-Mer à la Lune ? Trajectoires matérielles et survivance des images chez Georges Méliès
Jacques MALTHÊTE : Passez Muscades ! Une "revue de l'année" montée au théâtre Robert-Houdin en 1899

Après-midi
Thierry LECOINTE : Méliès par le cinématographe de poche, une diffusion hors norme

Projection du programme conçu par le Service des archives du film du CNC pour le premier colloque de Cerisy consacré à Georges Méliès (1981), par Béatrice de PASTRE


Dimanche 9 août
Matin
Béatrice de PASTRE : 45 ans plus tard, Méliès et ses contemporains. Nouvelles appréhensions

Conclusion & Discussion générale

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Jacques MALTHÊTE : Passez Muscades ! Une "revue de l'année" montée au théâtre Robert-Houdin en 1899
Au printemps 1899, absorbé par la réalisation de ses vues animées à Montreuil-sous-Bois, Georges Méliès délègue pour un temps la direction de son théâtre parisien à deux collègues illusionnistes. Une "revue de l'année" doublement originale Passez Muscades !, est alors montée avec tours de magie et projections de Star-films.

Jacques Malthête est l'auteur de plusieurs contributions sur les débuts du cinéma et, en particulier, sur Georges et Gaston Méliès. Il a codirigé, avec Michel Marie, Georges Méliès, l'illusionniste fin de siècle ?, Presses Sorbonne Nouvelle, 1997 (Colloque de Cerisy, 1996) ; avec Stéphanie Salmon, Recherches et innovations dans l’industrie du cinéma – Les cahiers des ingénieurs Pathé (1906-1927), Fondation Jérôme-Seydoux-Pathé, 2017 ; avec Réjane Hamus-Vallée et Stéphanie Salmon, Les mille et un Visages de Segundó de Chomón, truqueur, coloriste, cinématographiste… et pionnier du cinématographe, Fondation Jérôme-Seydoux-Pathé / Presses universitaires du Septentrion, 2019. Il a, par ailleurs, participé à des ouvrages collectifs sur Jean Comandon, Léon Gaumont, Étienne-Jules Marey et Karel Zeman.

Anne-Marie QUÉVRAIN : Des théâtres d'illusion aux premiers films à trucs : MASKELYNE et MÉLIÈS (1865 à 1914)
En 1945 paraît un ouvrage très illustré, entièrement consacré à Georges Méliès, Méliès mage. Les auteurs y ont inclus le fac-similé d'un manuscrit rédigé par Méliès, qu'ils intitulent Mes Mémoires. Cet ouvrage consacre quelques pages à la carrière d'illusionniste du "mage", mais omet de présenter Maskelyne, illusionniste célèbre en Angleterre et directeur du théâtre de l'Egyptian Hall, que Méliès dit avoir assidûment fréquenté durant son séjour à Londres, un an avant son mariage en 1885 et qui déclencha sa vocation de magicien.

Anne-Marie Quévrain est une descendante de Georges Méliès et secrétaire générale bénévole de l'association Cinémathèque Méliès-Les Amis de Georges Méliès depuis 1979. Sociologue et psychologue clinicienne, elle est à présent retraitée, après une carrière dans le Pacifique sud, le Maghreb et la France.
Articles et communications
"Freud et Méliès : quel avenir pour les marchands d'"illusion" ?, Colloque de Cerisy (1981), Méliès et la naissance du spectacle cinématographique, Éditions Kliencksieck, 1983.
"Artificially arranged scenes : le cinéma selon Georges Méliès", Théâtre et cinéma, textes inédits, Studio 43, Dunkerque, 1990.
"Méliès et l'âge d'or du cinéma forain en France (1896-1914)", Colloque de Cerisy (2014), Les archives de la mise en scène. Spectacles populaires et culture médiatique 1870-1950, Éditions du Septentrion, 2016.
"Repatriating the work of Georges Méliès, the collection of Madeleine Malthête-Méliès", Magnificent Méliès, edited by Matthew Solomon, University of Michigan Press, 2022.
"Rapatrier l'œuvre de Georges Méliès, la collection de Madeleine Malthête-Méliès", Le Cinéma dans l'œil du collectionneur, Presses de l'Université de Montréal, 2023.

Caroline RENOUARD
Caroline Renouard est maîtresse de conférences en études cinématographiques, à l'université de Lorraine à Metz et membre du CREAT. Ses travaux de recherche portent principalement sur l'histoire, l'esthétique et les métiers des effets spéciaux visuels. En duo avec Réjane Hamus-Vallée, elle a notamment codirigé le n°155 de CinémAction "Les métiers du cinéma à l'ère du numérique" (mai 2015), publié Superviseur des effets visuels pour le cinéma (Eyrolles, 2015) et Les Effets spéciaux au cinéma, 120 ans de création en France et dans le monde (Armand Colin, 2018). Réjane Hamus-Vallée, Giusy Pisano et Caroline Renouard ont dirigé ensemble le volume collectif Truquer, créer, innover : Les effets spéciaux en France (PUS, 2024), dans le cadre du programme de recherche "Les Arts Trompeurs" (Labex Arts-H2H, 2015-2018). Avec Katalin Pór, elle a codirigé l'ouvrage L'Équipe de film au travail. Créations artistiques et cadres industriels (Éditions de l’AFRHC, 2022).

Matthew SOLOMON
Matthew Solomon est professeur au département "Film, Television, and Media" à University of Michigan. Il est l'auteur de Disappearing Tricks : Silent Film, Houdini, and the New Magic of the Twentieth Century (University of Illinois Press, 2010), lauréat du prix Kraszna-Krausz du meilleur livre sur les images en mouvement, d'une monographie sur La Ruée vers l'or de Chaplin dans la collection "BFI Film Classics", 2015, et de Méliès Boots : Footwear and Film Manufacturing in Second Industrial Revolution Paris (University of Michigan Press, 2022), disponible en libre accès, lauréat du prix du livre Katherine Singer Kovács. Il a publié plusieurs articles et chapitres de livres sur l'œuvre de Méliès, a dirigé Fantastic Voyages of the Cinematic Imagination : Georges Méliès’s Trip to the Moon (SUNY Press, 2011), accompagné d'une édition critique du film en DVD, et a aussi dirigé Magnificent Méliès : The Authorized Biography (University of Michigan Press, 2022), traduction anglaise par Kel Pero de l'ouvrage de Madeleine Malthête-Méliès. Il codirige la collection "Cinema Cultures in Contact" chez University of California Press et la collection "Out of the Archives" chez University of Michigan Press.

Stéphane TRALONGO
Stéphane Tralongo est Maître d'enseignement et de recherche suppléant à la section d'histoire et esthétique du cinéma de l'université de Lausanne, où il coordonne aussi le programme doctoral "Dispositifs de vision : cinéma, photographie et autres médias". Docteur ès Lettres et arts/Études cinématographiques de l'université Lyon 2 et de l'université de Montréal, il est l'auteur d'une thèse sur l'émergence du spectacle cinématographique dans le contexte des arts de la scène à Paris. Il est aussi secrétaire général de l'AFRHC et membre du comité de rédaction de 1895 revue d’histoire du cinéma. Avec André Gaudreault et Laurent Le Forestier, il a collaboré à la direction de l'ouvrage Méliès, carrefour des attractions, Colloque de Cerisy (2011), PUR, 2014. Avec Mireille Berton, il a codirigé l'ouvrage L'Outre-humain. Automates, performances mécaniques et cultures spectaculaires, PUS, 2025. Il prépare actuellement un ouvrage intitulé Dômes de verre. Histoire atmosphérique du cinéma.


Ekaterina ARTEMEVA : La distribution des films de Méliès dans l'Empire russe (1908-1912)
Cette communication se propose d'analyser la présence et la réception des vues cinématographiques de Georges Méliès en Russie au cours de la première décennie du XXe siècle. La consultation de la presse locale de l'époque permet de reconstituer les conditions de diffusion de ces productions dans le contexte culturel russe du début du siècle, d'en établir la liste et d'appréhender la manière dont les films furent commentés dans l'espace médiatique. Les sources mettent également en évidence les circuits de diffusion, en identifiant les intermédiaires et les réseaux locaux qui ont assuré l'introduction et la circulation de ces productions cinématographiques. Un autre volet de la recherche porte sur la réception des vues de Méliès au sein des élites impériales. Grâce à l'exploitation de documents d'archives, nous pouvons en effet déterminer quels films de Méliès furent visionnés par le tsar Nicolas II et sa famille.

Ekaterina Artemeva est doctorante en études cinématographiques à l'Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3, en cotutelle avec l'Université de Lausanne, et maîtresse de langue russe à l'École Normale Supérieure (Paris). Sa thèse porte sur les activités de Pathé frères dans l'Empire russe (sous la direction de Valérie Pozner et de Laurent Le Forestier).
Publications
1. Le compte rendu de l'ouvrage de Caroline Damiens Fabriquer la Sibérie soviétique à l'écran. Une histoire filmique des peuples autochtones du Nord, 20 & 21. Revue d'histoire, n°164, 2024, pp. 209-210.
2. Le compte rendu de l'ouvrage d'Ivo Blom Quo vadis? Cabiria and the 'Archaeologists'. Early Italian Cinema's Appropriation of Art and Archaeology, 1895 revue d'histoire du cinéma, n°103, 2024, pp. 244-246.
3. Article "Maurice Hache : mission à Moscou" (avec Jitka de Préval), 1895 revue d'histoire du cinéma, n°102, 2024, pp. 55-82.

Ian CHRISTIE : Méliès and Britain : an unexplored relationship
Early cinema history is notoriously chauvinistic, which may be why the full extent of Méliès' involvement with Britain has never been fully acknowledged. Yet it is clearly a major part of his history. If Méliès had not spent time in London in 1884-5, he would not have discovered magic theatre at the Egyptian Hall, leading to him buying the Theatre Robert Houdin when back in Paris. And after the Lumières refused to sell him a Cinematographe in 1895, it was being able to buy two of Robert Paul's Theatrograph projectors in London (probably via the magician David Devant) that enabled his own career as a film exhibitor and producer.
It seems likely that Méliès' example spurred Paul to compete in the genre of trick films after 1899, and that they remained attentive to each other's output for a decade, as Sadoul believed. Méliès' spectacular productions of 1902-4 were major attractions for English exhibitors, with both Voyage dans la Lune and Voyage à travers l'Impossible among the first films to be specifically advertised at English venues. Equally, two of Méliès most elaborate productions were on Franco-British themes : the pseudo-documentary Coronation of Edward VII, commissioned by Charles Urban in 1902 ; and the formally ingenious Tunnel sous la Manche, subtitled Cauchemar Franco-anglais (1907). Both Méliès and Paul would leave the film business before World War One, one realising before the other that their artisanal mode of production could not compete in the new industry that had developed. And both destroying their negatives would hamper their eventual rediscovery.
There may still be more to discover about Méliès and Britain. At the first Cerisy conference on Méliès in 1981, the English archivist Roger Holman showed a selection of English trick-films, including some by Paul and Hepworth, and referred to a "legend" that there had been a long correspondence between the Brighton pioneer G. A. Smith and Méliès, which had mysteriously disappeared. He wondered if a future "archaeologist of cinema" might discover this. But today, we may want to reframe this important chapter in the light of Benjaminian or remediation theory rather that national narratives of influence and appropriation, while recognising the intrinsically transnational origins of the film era.

Ian Christie was Professor of Film and Media History at Birkbeck, University of London from 2000-25 (now Emeritus), and is a Fellow of the British Academy. He has been co-president of Domitor, responsible for launching its Graduate Workshops, and was Gresham College's first professor in the history of film and media between 2017-21, with his lectures available online at gresham.ac.uk/speakers/professor-ian-christie. Having scripted and co-produced The Last Machine, Terry Gilliam's 1994 series for BBC Television marking the centenary of moving pictures, he has continued to work on the technological and visual cultures that produced moving pictures, leading to his prize-winning 2019 book Robert Paul and the Origins of British Cinema (Chicago), with an associated series of exhibitions. A new collection What Made Cinema ? (Sticking Place Books, 2025), brings together selected writings about visual culture and early film. His film about Eisenstein in Mexico, A Trip to Tetlapayac, was shown internationally at festivals in 2023.
Website : https://www.ianchristie.org/
Blog : https://paulsanimatographworks.wordpress.com/

Morgan CORRIOU : Un voyage à Alger : les circulations des films de Méliès en Algérie et en Tunisie
Le cinématographe arrive dès l'automne 1896 en Afrique du Nord. Son développement emprunte largement les itinéraires tracés par les orchestres et les compagnies de théâtre et de music-hall qui sillonnent alors les deux rives de la Méditerranée. C'est ainsi que Le Voyage dans la lune, présenté par le Cosmographe Faraud, fait sensation sur la scène du Casino municipal de Tunis en 1904. Alors que l'institutionnalisation de la distribution hiérarchise et fige les circuits à partir des années 1910, les trajectoires du film se caractérisent, dans une première période, par leur très grande diversité : les vues circulent de l'Italie jusqu'à l'empire ottoman, en passant par l'Algérie et l'Égypte ; de la Tunisie jusqu'à la Sardaigne ; de la Sicile jusqu'à la Tunisie via Malte ; de la Grèce jusqu'à l'Algérie, etc. À partir du cas des films de Georges Méliès, nous proposons de nous intéresser à la diffusion des films en Algérie et en Tunisie aux premiers temps du cinéma. Nous distinguerons les réseaux commerciaux précoloniaux et les nouvelles routes qui s'imposent sous la colonisation française. Nous dresserons le portrait des différents intermédiaires qui ont pu introduire les films de Méliès au Maghreb. Enfin, nous nous intéresserons à l'intégration du cinéma dans les pratiques spectaculaires locales.

Archiviste paléographe, docteure en histoire de l'Afrique, Morgan Corriou est maîtresse de conférences en sciences de l'information et de la communication à l'université Paris 8 et membre du Centre d'études sur les médias, les technologies et l'internationalisation (CEMTI). Boursière à l'Institut de recherche sur le Maghreb contemporain de Tunis (2006-2009), elle s'est spécialisée dans l'histoire culturelle du cinéma au Maghreb en situation coloniale. Elle a obtenu en 2013 une mention spéciale au prix de la meilleure thèse sur le monde musulman (IISMM, EHESS). Ses recherches portent également sur l'histoire de la radio dans la Tunisie sous protectorat et sur les rapports entre cinéphilie et luttes tiers-mondistes. Elle a été, comme conservatrice des bibliothèques, chargée des collections iconographiques du département des Arts du spectacle de la Bibliothèque nationale de France entre 2013 et 2016.

Sébastien DUPONT-BLOCH : De Villers-sur-Mer à la Lune ? Trajectoires matérielles et survivance des images chez Georges Méliès
Si Georges Méliès est principalement associé au studio de Montreuil et aux univers fantastiques de ses films à trucs, ses liens avec la Normandie demeurent encore peu étudiés. Pourtant, ses séjours réguliers sur le littoral normand, ses tournages en extérieur et son intérêt pour les paysages maritimes révèlent une autre facette de son activité. À partir d'archives, de photographies et de films conservés, cette communication propose d'examiner la place de la Normandie dans l'œuvre et la vie de Méliès. Elle montrera comment cet espace participe à la fois à son imaginaire visuel, à ses pratiques de tournage et à l'émergence d'un cinéma attentif aux lieux réels. L'étude invite ainsi à reconsidérer la relation entre territoire, création cinématographique et culture touristique dans les premières années du cinéma.

Sébastien Dupont-Bloch est chercheur indépendant en histoire culturelle du cinéma. Auteur de la première biographie (parution fin 2026) de Jean Kemm (Jean Kemm – Cinéaste oublié), il a assuré sous contrat doctoral des charges de cours en histoire du cinéma à l'Université de Caen Normandie et à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Titulaire d'un Master 2 consacré à l'imaginaire de Georges Méliès, il mène des recherches sur le cinéma des premiers temps.

Marie FRAPPAT : Méliès en Afrique. Les voyages de Madeleine Malthête-Méliès
Quand on travaille sur Méliès, impossible de passer à côté de la figure de Madeleine Malthête-Méliès, sa petite-fille : auteure de la biographie de référence sur son grand-père, c'est grâce à son travail infatigable que nous avons aujourd'hui accès à un très grand nombre de films longtemps considérés comme perdus ou détruits. Cette intervention s'intéressera à cette passeuse incontournable (ainsi qu'à plusieurs autres membres de sa famille), en analysant la façon dont elle a contribué à faire recirculer l'œuvre de Méliès, "loin de Méliès", près d'un siècle plus tard, par le biais de tournées dans le monde entier et de projections bonimentées. On reviendra en particulier, à partir des archives conservées par l'association des Amis de Georges Méliès, sur ses voyages effectués à l'étranger, en Amérique du Sud et en Afrique, dans les années 1980.

Marie Frappat est maîtresse de conférences en études cinématographiques à l'université Paris-Cité. Elle mène des recherches portant principalement sur l'histoire de la conservation et de la restauration des films, les cinémathèques, les festivals et la diffusion des films de patrimoine. Son prochain ouvrage, qu'elle co-dirige avec François Thomas, Le film pluriel, ou la prolifération des versions d’un même film, paraîtra en octobre 2026 aux Presses universitaires de Rennes.

André GAUDREAULT : De Méliès à Mélios 3.0 : trajectoires de l'indétectabilité des trucages entre la cinématographie des premiers temps et l'intelligence artificielle générative des premiers temps, suivi d'un POST-SCRIPTUM IA signé Joël Lehmann
L'arrivée récente de l'intelligence artificielle générative (l'IAg) nous offre une occasion à ne pas manquer de revenir directement à Méliès. En effet, les débats contemporains sur les images générées par l'IA mettent en lumière certaines questions que Méliès avait déjà placées au cœur de son travail de création, il y a plus d'un siècle. Pas seulement sur la question des trucs et du trucage. Pas seulement sur la question du vrai et du faux. Mais sur celle, plus fondamentale peut-être, de l'artificialité des images, qui nous rappelle que l'on est aujourd'hui aux prises avec l'artificialité supposée d'une intelligence supposée… Avec, au premier plan, la question de la détectabilité ou de l'indétectabilité des trucages, une question essentielle pour Méliès lui-même qui, on le sait, tenait mordicus à ne pas "débiner le truc". Si l'on a pu déceler la manière dont Méliès opérait ses "trucs" — par exemple en identifiant le liseré laissé par la coupe opérée par lui à la faveur de ses manipulations de la pellicule — c'est dans un contexte différent que l'enjeu de l'indétectabilité se pose à l'ère du "deepfake".

André Gaudreault s'intéresse à l'avènement du montage, aux innovations technologiques et à l'impact du numérique sur l'univers médiatique. Il a notamment publié Du littéraire au filmique (1988 et 1999), Cinéma et attraction. Pour une nouvelle histoire du cinématographe (2008) et coécrit De l'assemblage au montage cinématographique. Instauration et standardisation d'une pratique (avec Laurent Le Forestier, 2022) ainsi que La fin du cinéma ? La résilience d'un média à l'ère du numérique (avec Philippe Marion, 2023). Il a récemment mis en place un groupe de recherche international consacré aux enjeux théoriques et sociétaux liés aux contenus vidéo courts et à l'intelligence artificielle. En 2016, il a fondé, sous l'égide de la Chaire de recherche du Canada en études cinématographiques et médiatiques dont il est le titulaire, le Laboratoire CinéMédias qui englobe plusieurs de ses structures de recherche.

Frank KESSLER : Les films de Georges Méliès en Allemagne [communication établie avec Sabine LENK]
Cette intervention reconstruira la présence des films de Georges Méliès sur le marché cinématographique en Allemagne entre 1897 et 1913. Ce marché s'est développé rapidement, notamment grâce aux théâtres de variété et aux forains qui adoptèrent le nouveau média dès 1896. En même temps, le nombre de producteurs de films allemands restait limité, ce qui amenait des firmes d'autres pays à s'établir en Allemagne. Parmi les premières il y avait Philipp Wolff et Charles Urban qui étaient les premiers distributeurs de Méliès sur le territoire allemand, suivis par Théophile Pathé. En analysant les annonces dans la presse corporative, notamment le journal forain Der Komet, on peut retracer quels films de Méliès étaient distribués en Allemagne et tirer des conclusions sur la manière dont la production Star Film était positionnée par rapport à ses concurrents, notamment Gaumont et Pathé Frères.

Frank Kessler est professeur émérite en histoire des médias, Université d'Utrecht. Il est l'un des fondateurs de KINtop. Jahrbuch zur Erforschung des frühen Films. Ses recherches portent notamment sur l'émergence du cinéma en tant que média protéiforme et pratique culturelle. Il a co-dirigé avec Sabine Lenk l'édition allemande des mémoires de Suzanne Pathé (2025), avec Dulce Da Rocha Gonçalves, Nico de Klerk et Jamilla Notebaard Projecting Knowledge. The Optical Lantern and Science Communication (2026).

Sabine Lenk a mené plusieurs projets de recherche sur la lanterne optique et le cinéma aux universités d'Anvers, de Bruxelles (ULB) et de Marbourg. Elle y a obtenu une bourse de la Fondation allemande pour la recherche (DFG) pour son projet intitulé "Histoire de l'écran – Reconstruction du lien médiatique entre l'art de la projection et la cinématographie (1880-1930)". Elle est cofondatrice et coéditrice de KINtop – Jahrbuch, KINtop Schriften et KINtop. Studies in Early Cinema. En 2025, elle a coédité Suzanne Pathé. Erinnerungen einer Filmpionierin (Schüren).

Thierry LECOINTE : Méliès par le cinématographe de poche, une diffusion hors norme
Le XIXe siècle fut une période fertile en inventions pour synthétiser le mouvement. L'une d'elles fut un petit album broché, tenant dans la paume d'une main et rassemblant une série d'images successives lesquelles, feuilletées rapidement, restituaient un mouvement. Après l'avènement du cinématographe, ces livrets à feuilleter furent les seuls jouets optiques à s'approprier dès 1897, et de manière exogène, des images cinématographiques dont certaines, fournies par Méliès, furent utilisées dans les Cinématographes de poche de Léon Beaulieu. Méliès passa complètement sous silence cette partie de son activité. En découvrant et parcourant ce corpus hybride, nous mettrons à jour des fragments de ses films disparus et d'autres aux sujets surprenants bien loin de sa filmographie actuellement connue et nous suivrons le rayonnement de ces images oubliées dans l'espace et dans le temps.

Thierry Lecointe – chercheur indépendant – a publié des articles sur le cinéma des premiers temps principalement dans 1895 revue d'histoire du cinéma, des actes de l'association internationale Domitor et plus récemment dans Photographica, n°7 (2023). Il est l'auteur de Le Cinématographe Lumière dans les arènes (1896-1899), UBTF, 2007 et Des fragments de films Méliès disparus ressuscités par des flip books (1896–1901), John Libbey, 2020.

Joël LEHMANN : Le sacre d'Edouard VII (1902) : production et circulation du film et trajectoire d'une copie retrouvée
Le film intitulé "no. 6815, A Representation of a Rehearsal of the Coronation of their Majesties King Edward VII and Queen Alexandra", commandé en 1902 à Méliès par la Warwick Trading Company, est promu comme ayant été produit sous la direction de Charles Urban et de Georges Méliès. Cette mention soulève des enjeux de production et de circulation relativement intrigants. Connu sous différentes versions qui comportent toutes de nombreuses coupes, ce film aurait vraisemblablement été tourné en un seul plan. C'est là l'hypothèse audacieuse (encore émise sous réserve de plus amples investigations), dont je tenterai de faire la démonstration. Un film tourné en seul "plan-séquence" de 350 pieds serait un fait exceptionnel à l'époque en raison des limites techniques des caméras et de la longueur restreinte des bandes négatives. J'examinerai les conditions matérielles de sa "fabrication" : choix de l'appareil de captation, longueur originelle de la bande négative, développement, variantes et coupes. J'examinerai aussi l'itinéraire de la copie complète de l'une des copies du film, depuis le temps de sa production jusqu'à son atterrissage dans les archives privées d'un historien du cinéma anglais où elle est jusqu'à maintenant restée cachée aux yeux de l'histoire…

Joël Lehmann est chercheur indépendant, responsable des technologies numériques et de la formation en montage à l'Université de Montréal. Il travaille également à la pige comme caméraman, ingénieur du son, monteur ou coloriste. De 2015 à 2022, il a assuré la réalisation de productions audiovisuelles pour TECHNÈS et a été coordonnateur technique du Laboratoire CinéMédias.

Stéphanie-Emmanuelle LOUIS
Stéphanie-Emmanuelle Louis est docteure en histoire contemporaine ; ses travaux portent sur la transmission du cinéma, le patrimoine, les musées et la cinéphilie. Elle a soutenu une thèse en 2013 à l'EHESS, désormais publiée sous le titre La Cinémathèque-Musée. Une innovation cinéphile au cœur de la patrimonialisation du cinéma en France (1944-1968). Actuellement ingénieure de recherche à l'École nationales des chartes-PSL, elle coordonne le programme de recherche CinEx-Base de données internationale des expositions de cinéma. Elle a récemment co-dirigé l'ouvrage Travaux d'histoire culturelle du cinéma (2025, éditions de l'École nationale des chartes). Elle enseigne pour les universités Paris 8 et Nanterre.

Raphaël MILLET : Sur les traces de Gaston Méliès en Amérique
Entre 1903 et 1912, Gaston Méliès (1852-1915) parcourt les États-Unis d'est en ouest et y déploie une intense activité cinématographique. Cette aventure, aujourd'hui largement oubliée, donne naissance à près de 185 films, parmi lesquels de nombreux westerns tournés au Texas et en Californie, mais aussi des œuvres qui témoignent d'une Amérique du début du XXe siècle en pleine expansion. Seule une quinzaine de ces films semblent avoir survécu. Des extraits seront présentés, accompagnés d'images récemment tournées sur les lieux mêmes où Gaston réalisa ses films, dans le cadre d'une résidence itinérante de la Villa Albertine (2023). Cette recherche nourrit aujourd'hui le développement d'un film hybride mêlant fiction, documentaire, archives et images numériques, avec le soutien de Ciclic Centre-Val de Loire, sous le titre de travail American Méliès.

Diplômé en science politique et en études cinématographiques, Raphaël Millet est producteur, cinéaste et historien du cinéma. Depuis le début des années 2010, il consacre une partie de ses recherches à Gaston Méliès. S'intéressant d'abord au périple en Asie-Pacifique de ce dernier, il a notamment réalisé les documentaires Le Voyage cinématographique de Gaston Méliès à Tahiti (2014) et Le Voyage cinématographique de Gaston Méliès dans les Mers du Sud et en Extrême-Orient (2015), avant de publier l'article Gaston Méliès and His Lost Films of Singapore (2016). Ses recherches portant désormais sur la période américaine de Gaston Méliès, il développe actuellement le long métrage hybride American Méliès.

Bart G. MOENS : Trajectoires foraines : Méliès et le cinéma ambulant en Belgique
La place occupée par les foires et par leurs exploitants dans les premiers développements du cinéma a déjà suscité un important corpus d'études, en particulier dans leur rapport aux films de Georges Méliès (Quévrain 2016, Convents 2009, Hennion 2008). Cette contribution, inscrite dans le projet de recherche ERC SciFair, qui s'intéresse à la circulation des savoirs scientifiques dans les foires du XIXe siècle, propose de déplacer le regard au-delà de la France — mais pas si loin — vers la Belgique, en mobilisant des sources propres à ce contexte mais encore peu explorées : presse, revues foraines, tracts et affiches. L'objectif n'est pas seulement d'identifier les films de Méliès qui y furent projetés et d'en retracer les modalités de circulation, mais aussi d'analyser la manière dont leur présentation s'inscrivait dans la culture foraine — comme une attraction phare dans un tourbillon de spectacles — à l'intersection du divertissement, de la vulgarisation scientifique et des circulations transnationales. Une attention particulière sera accordée à leur intégration dans les programmes forains, aux côtés de curiosités scientifiques, de numéros acrobatiques et de démonstrations mécaniques, afin de mettre en lumière la façon dont ces films et leurs projections participaient à la "culture des attractions" au tournant du XXe siècle.

Bart G. Moens est historien de l'art et des médias, spécialisé dans les intersections entre les arts et les médias visuels de la fin du XIXe au début du XXe siècle. Il a obtenu son doctorat en 2023 à l'ULB avec une thèse intitulée "Emotions on Demand : Melodramatic Structures of Feeling in Optical Lantern Culture". Cette recherche est en vue de sa publication sous forme de monographie chez Brepols Publishers. Depuis 2023, Bart est chercheur postdoctoral à l'Université d'Anvers : d'abord au sein du projet ERC Science at the Fair, et actuellement, avec son projet postdoctoral The Culture of Display : The Circulation of Visual Culture through Immersive Optical Media in North-Western Europe (1789-1914).

Béatrice de PASTRE : 45 ans plus tard, Méliès et ses contemporains. Nouvelles appréhensions
En 1981, le Service des archives du film du CNC conçoit pour le premier colloque de Cerisy consacré à Georges Méliès, un vaste programme visant a priori à confronter la production de la Star films aux réalisations des sociétés Pathé frères, Léon Gaumont & compagnie, A. Lumière & ses fils. Ce montage tend à démontrer que les films de Georges Méliès sont les sources principales d'inspiration de ses contemporains. Il instaure le magicien en "Maître à créer" au cœur d'une profession en devenir qui a besoin d'une figure tutélaire. 45 ans plus tard revisiter ce programme permet de mesurer l'évolution de la connaissance de ce corpus, de celle des pratiques des sociétés de production et de la pertinence des rapprochements faits. Cette exploration est aussi une occasion de questionner la constitution des collections du CNC sur cette période de l'histoire du cinéma et les restaurations mis en œuvre pour conserver et valoriser les films de ce corpus.

Directrice des collections du CNC et directrice adjointe du patrimoine cinématographique, Béatrice de Pastre a dirigé La Cinémathèque Robert-Lynen de la Ville de Paris de 1991 à 2006. Ses fonctions lui ont permis d'étudier différents corpus documentaires dont les plus anciens s'inscrivaient dans les productions des années dix avec entre autres la publication d'un ouvrage co-dirigé avec Thierry Lefèbvre, Filmer la science, comprendre la vie. Le cinéma de Jean Comandon (CNC, 2012). En 2022, avec Carlotta, elle propose L'aventure cinématographique de la Croisière jaune autour du journal tenu par André Sauvage au fil de l'expédition Citroën et l'ensemble des images retrouvées de la mythique croisière. Elle travaille actuellement à la restitution d'un ensemble documentaire tourné en 1909 par Charles martel en Abyssinie.

Jean-Claude SEGUIN : La production Méliès dans les pays de langue espagnole
La production Méliès va connaître une diffusion importante dans les pays hispanophones, tant en Espagne qu'en Amérique latine ou aux Philippines. Toutefois les modèles ne sont ni identiques, ni transposables. En ce qui concerne la Péninsule ibérique, la Star Film va mettre en place un réseau qui, toute proportion gardée, pourrait rappeler celui des maisons Pathé ou Gaumont. Dans un premier temps, la société, très souvent nommée "G. Méliès", va se payer les services de commissionnaires, avant de faire appel à des agents comme Baltasar Abadal, Rosich y Ribas ou Oscar Richeux. Si l'on connaît, à grands traits, la situation en Espagne, les relais dans les autres pays de langue espagnole nous sont pratiquement inconnus et nous ne disposons que de rares informations et de quelques indices qui permettent uniquement, à l'heure actuelle, d'avoir une vision partielle et imparfaite de la diffusion de la production Méliès hors de l'Espagne.

Jean-Claude Seguin est professeur émérite de l'Université Lumière-Lyon 2. Il est l'auteur de nombreux articles consacrés, pour l'essentiel, au cinéma espagnol et aux débuts du cinématographe. Il a publié notamment, Histoire du cinéma espagnol (1994), La Production cinématographique des frères Lumière (1996), Alexandre Promio ou les énigmes de la lumière (1999), Pedro Almodóvar o la deriva de los cuerpos (2009), Pedro Almodóvar, filmer pour vivre (2009), El Cinematógrafo en España (1896-1906) (2024). Il fonde en 1998 le Grimh dont le site internet réserve une part importante au cinéma des origines (1896-1906) avec plus de 15 000 articles (grimh.org).

Frédéric TABET : Aux confins du spectacle : le rôle des forains et des magiciens dans la circulation des vues de la Star-Film
Cette conférence propose de réévaluer la place des acteurs périphériques, industriels forains et illusionnistes, dans la diffusion des films de Méliès, en observant comment ces médiateurs ont constitué un maillon essentiel de l'économie matérielle et symbolique de diffusion. Il s'agira de placer l'attention vers les dispositifs de monstration et d'appropriation qui ont permis aux bandes de la Star Film de circuler, d'être vues et, surtout, d'être transformées. En retraçant les trajectoires concrètes de ces objets, cette intervention interroge la manière dont les pratiques ont modelé la réception et reconfiguré la matérialité des vues au sein d'un programme composite toujours réadapté. Se situant volontairement loin du théâtre Robert-Houdin, cette communication esquisse une histoire des savoir-faire hybrides et des médiations matérielles qui ont façonné la plasticité des images de Méliès.

Frédéric Tabet est Maître de conférences en études cinématographiques, directeur de l'École nationale supérieure d'audiovisuel (Université Toulouse 2-Jean Jaurès) et chercheur au Lara-seppia (EA 4154). Ses recherches portent sur les spectacles de curiosité au XIXe siècle et sur la figure du magicien dans l'histoire du cinéma. Alliant pratique de l'illusion et recherche historique, il étudie les circulations entre scène et écran des origines à nos jours. Il est l'auteur du Cinématographe des magiciens et d'articles consacrés à la généalogie des effets spéciaux.


Caroline RENOUARD, avec Sarah POULAIN & Guillaume LEPRÉVOST (collectif Cinékrafté) : Les films de Méliès à l’épreuve des dispositifs contemporains de médiation : pratiques éducatives et circulations culturelles
Cette communication interroge la manière dont les dispositifs contemporains de médiation — et plus particulièrement les ateliers de pratique audiovisuelle à destination des enfants — réactivent et transforment l'héritage de Georges Méliès. Elle explore l'hypothèse selon laquelle ces dispositifs ne se contentent pas de transmettre les films, mais favorisent aussi la circulation de pratiques scéniques, de procédés illusionnistes et de savoir-faire techniques, tout en réinscrivant la magie du cinéma et les trucages au cœur du processus créatif, re-créatif et récréatif.
Pour illustrer cette réflexion, sera présenté le travail du collectif Cinékrafté, dont l'atelier qu'ils ont conçu autour de Méliès offre un exemple concret de la manière dont les enfants s'approprient, expérimentent et réinventent aujourd'hui les techniques et l'imaginaire du cinéma des premiers temps.

Biographie Collectif Cinékrafté
Guillaume Leprévost est vidéaste sous le nom de Terry's Factory. Spécialisé dans le mapping et les installations vidéo immersives. Son travail associe création audiovisuelle, scénographie et valorisation du patrimoine.
Sarah Poulain, alias Super Papier, est artiste plasticienne. Elle conçoit des maquettes colorées et minutieuses pour la scénographie d'exposition mais aussi des éléments de décors pour le spectacle vivant.
Depuis 2016, ils développent ensemble des projets mêlant image animée, fabrication artisanale et transmission des arts.


"Faire des recherches et rejouer Méliès : réalité virtuelle, vidéo numérique et cinéma 35 mm", par une équipe de l'université du Michigan dirigée par Matthew SOLOMON, composée de Rose ALBAYAT, Olivier BAHIZI, Sara "DARI" ESKANDARI, Morgan EVERETT, Jennifer Lipsmeier GUY, Miles HIONIS, Patterson McKINNEY, Catherine MILLER, Niko SMITH et Mina TOBYA
Lors de cette démonstration, une équipe multidisciplinaire et intergénérationnelle présentera le travail que nous avons réalisé en commun sur Méliès à l'Université du Michigan depuis 2019. Ces travaux comprennent la publication de deux ouvrages, un mémoire de fin d'études de licence (undergraduate honors thesis) ainsi que deux cours de premier cycle. Les méthodes employées incluent la recherche archivistique, l'histoire orale, la modélisation 3D, la réalité virtuelle, l'annotation de vidéos en streaming, la vidéo numérique, l'histoire participative ou histoire vivante, la reconstitution historique (peinture de décors à la main, pantomime, costumes, phonographie), l'archéologie expérimentale des médias, la réalisation films en 35 mm et la vidéo à 360 degrés. Onze co-présentateurs et co-présentatrices aborderont chacun leurs diverses contributions au projet, bien sûr nous offrirons la traduction en français. La démonstration englobera des médias audiovisuels analogiques (projection de film 35 mm, accompagnement musical sur phonographe à cylindre) et des médias numériques (réalité virtuelle, vidéo à 360 degrés), et comprendra un volet interactif.

Rose ALBAYAT est chercheuse et artiste-créatrice, actuellement en poste en tant que spécialiste de projets-créatifs dans l'industrie du divertissement en Arabie saoudite. Ses poursuites créatives incluent l'écriture, la production du film, le design 3D et la VR. Sa thèse a obtenu une mention excellente lors des sélections de plusieurs conférences au niveau national et international.

Double diplômé de l'Université du Michigan en études cinématographiques et en sciences de l'information, Olivier BAHIZI a trouvé dans ses recherches sur Georges Méliès l'inspiration pour se spécialiser dans la préservation des médias, l'archivage numérique et l'utilisation des nouvelles technologies pour sauvegarder les archives en danger.

Sara "DARI" ESKANDARI est programmeuse en réalité virtuelle au studio de la Visualisation du groupe des Technologies émergentes et professeure vacataire à l'Université du Michigan. Par ailleurs, Dari est diplômé de l'Université du Michigan en études de l'art et de l'informatique, compétences qu'elle utilise pour donner de l'assurance et du soutien de toutes sortes de technologies à ses étudiants.

Morgan EVERETT est étudiante de deuxième année qui poursuit un diplôme en littérature et en français à l'Université de Michigan. De ce fait, toutes les choses ayant à voir avec l'art, le film, et la culture francophone s'intéressent. Elle fait partie du Undergraduate Research Opportunity Program projet "Méliès and the Modern World" en tant qu'assistante de projet, traductrice et cadreuse.

Jennifer Lipsmeier GUY est diplômée d'une licence en histoire de l'Eastern Michigan University et prépare actuellement un Master of Science en préservation du patrimoine. En combinant la pratique muséale avec l'érudition académique, elle préserve et interprète le patrimoine culturel pour favoriser la compréhension historique, renforcer les communautés et cultiver l'empathie pour les générations futures.

Miles HIONIS est un artiste et chercheur, diplômé de l'Université du Michigan en "interarts performance" avec une double licence en théâtre et beaux-arts. Il travaille en tant que peintre-décorateur, entre autres, où il crée des peintures à grande échelle ainsi que des décors, donc certains seront exposés durant le colloque.

Patterson McKINNEY est le régisseur-gérant du Studio-Vidéo au sein du centre Duderstadt à l'Université du Michigan. À travers son travail en tant que cinéaste et conteur visuel, il aide la communauté universitaire à communiquer et partager leurs recherches. En 2026, il a reçu une récompense régionale des "Emmy" pour son travail dans la production audiovisuelle.

Catherine MILLER est assistante productrice-gérante et superviseure de la postproduction au centre Duderstadt de l'Université du Michigan. En tant que monteuse et cinéaste, elle est passionnée par les intersections de la narration, du montage, et de l'usage du cinéma comme méthode de recherche. En 2026, elle a été récompensée d'un prix "Emmy" régional pour la cinématographie.

En tant que chercheur, musicien et gérant de projets, Niko SMITH se fascine pour tout ce qui entoure la musique et le septième art. Double diplômé de l'Université du Michigan en études internationales et en guitare jazz, il s'engage principalement dans la recherche sur l'archivage, la reconstruction culturelle, et la traduction.

Mina TOBYA est diplômée de l'Université du Michigan avec une triple licence en sciences politiques, en espagnol, et en écriture de scénario pour la télévision, le film et les médias. Ses intérêts sont ancrés autour de l'écriture fictive pour des médias divers, combinant des thèmes politiquement ombreux et la comédie absurde.


BIBLIOGRAPHIE :

• GAUDREAULT André, LE FORESTIER Laurent, avec la collaboration de TRALONGO Stéphane, Méliès, carrefour des attractions, Colloque de Cerisy, Presses universitaires de Rennes, 2014.
• HAMUS-VALLÉE Réjane et RENOUARD Caroline, Les effets spéciaux au cinéma, 120 ans de créations en France et dans le monde, Armand Colin, 2018.
• KESSLER Frank, LARRUE Jean-Marc, PISANO Giusy (dir.), Machines. Magie. Médias, Colloque de Cerisy, Presses universitaires du Septentrion, Coll. "Images et sons", 2018.
• MALTHÊTE Jacques et MARIE Michel (dir.), Georges Méliès, l'illusionniste fin de siècle ?, Colloque de Cerisy, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 1997.
• MALTHÊTE Jacques, MANNONI Laurent, L'Œuvre de Georges Méliès, Éditions La Martinière/Cinémathèque française, 2008.
• MALTHÊTE Jacques, Méliès. Images et illusions, Exporégie, 1996.
• MALTHÊTE-MÉLIÈS Madeleine (dir.), Méliès et la naissance du spectacle cinématographique, Colloque de Cerisy, Éditions Klincksieck, 1984.
• MANNONI Laurent, Méliès. La Magie du cinéma, Éditions Flammarion/Cinémathèque française, 2022.
• SOLOMON Matthew (dir.), Fantastic Voyages of the Cinematic Imagination : Georges Méliès's Trip to the Moon, State University of New York Press, 2011.
• SOLOMON Matthew, Méliès Boots Footwear and Film Manufacturing in Second Industrial Revolution Paris, University of Michigan Press, 2022.
• TRALONGO Stéphane, "Georges Méliès", Oxford Bibliographies, Cinema and Media Studies, 2023.


SOUTIENS :

• Fondation Maison des Sciences de l'Homme (FMSH), dans le cadre du programme "ARTS-Mondes en action, mondes en réflexion"
• Cinémathèque Méliès - Les amis de Georges Méliès
• Centre de Recherche sur les Expertises, les Arts et les Transitions (CREAT, UR 202424515X) | Université de Lorraine
• Université de Lausanne (UNIL)
• Undergraduate Research Opportunity Program Center for Research, Scholarship, and Creative Inquiry (UROP) // LSA Transfer Bridges // LSA College of Litterature, Science, and the Arts // Department of Film, Television, and Media // Duderstadt Center // ADVANCE Programm | University of Michigan
• La Cinémathèque française

Programme 2026 : un des colloques

— Programme complet —


THÉORISER LE VIVANT


DU VENDREDI 24 JUILLET (19 H) AU JEUDI 30 JUILLET (14 H) 2026

[ colloque de 6 jours ]



SECRÉTAIRE TECHNIQUE :

Louis VIRENQUE


ARGUMENT :

Le tournant moléculaire en biologie a fourni un paradigme extrêmement fécond pour l'exploration empirique du vivant. Néanmoins, ses découvertes ont ébranlé — voire sapé — ses propres présupposés. Pour surmonter cette difficulté, de nombreux biologistes et institutions préconisent l'importation de concepts et de méthodes issues d'autres disciplines, centrées sur la mathématisation, comme la physique ou l'informatique.

Ce colloque propose d'emprunter une autre piste : celle qui vise à explorer les conditions et l'horizon d'une nouvelle théorie pour la biologie. Il s'agira d'affronter directement les défis liés à la compréhension de l'historicité et l'organisation des êtres vivants. Cette piste ne s'oppose pas à la mobilisation de méthodes développées dans d'autres disciplines, mais subordonne leurs potentielles utilités à leurs intégrations dans un cadre théorique spécifiquement biologique.

Si l'on cherche à comprendre les êtres vivants de manière non réductionniste, et donc à étudier leurs organisations, comment s'orienter dans leur complexité ? Et si ces organisations sont le produit d'une histoire — une histoire qui se poursuit et les transforme — comment les objectiver ?

Nous pensons que ces interrogations sont cruciales et présentent un défi théorique majeur. Or relever ce défi est une condition pour en relever d'autres, contemporains, comme ceux liés à la santé, la biodiversité, l'écologie, ou encore l'alimentation. Elles rejoignent également la question de l'encadrement théorique nécessaire à l'usage des nouvelles technologies dans la pratique scientifique.


MOTS-CLÉS :

Biodiversité, Biologie théorique, Épistémologie, Évolution, Fonction biologique, Historicité, Mathématiques, Organisation, Philosophie, Systématique, Théorie, Vivant


CALENDRIER DÉFINITIF :

Vendredi 24 juillet
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Samedi 25 juillet
Matin
POURQUOI THÉORISER ? | La question du cadre théorique est structurellement négligée en biologie - malgré la centralité de la théorie de l'évolution. Pourquoi la soulever aujourd'hui et quel type de théorisation devons-nous viser ?
Paul-Antoine MIQUEL : Quel rôle un philosophe peut-il jouer sur des questions de biologie théorique ?
Armand HATCHUEL & Pascal LE MASSON : Les épreuves du travail théorique. La théorie de la conception comme modèle et comme ressource

Après-midi
LIMITES DU TOURNANT GÉNÉTIQUE ET MOLÉCULAIRE | La biologie de la deuxième moitié du XXe siècle, notamment à la suite de la découverte de l'ADN, a centré son travail sur le niveau moléculaire, parfois de manière dogmatique. Si ce dogmatisme est intimement lié à une approche génocentrique du vivant qui tend à s'effacer, quels enjeux porte ce niveau d'analyse aujourd'hui ?
Barbara BRAVI : Statistical and machine learning modelling in biology : considerations and examples from immunology
Arnaud POCHEVILLE : Biologie fixiste de l'évolution
Andràs PÀLDI : La biologie expérimentale à la lumière de la théorie

Soirée
Discussion collective sur la théorisation, table ronde initiale avec Armand HATCHUEL, Pascal LE MASSON, Maël MONTÉVIL et Ana SOTO


Dimanche 26 juillet
Matin
L'APPORT AMBIVALENT DE LA PHYSIQUE | Face aux limites des approches moléculaires, la biologie se tourne (à nouveau) vers la méthode de construction et d'analyse des objets provenant de la physique, basée sur l'analyse d'invariants et de systèmes. Ces approches permettent d'éclairer d'un nouveau jour de nombreux phénomènes, mais posent aussi des problèmes théoriques, notamment liés aux questions d'historicité et d'organisation biologique.
Cyril RAUCH : Incompatibilités conceptuelles en analyse de données et nécessité de redéfinir la statistique : application à la cartographie génomique
Katja HEUER & Roberto TORO : Rôle de la morphogenèse mécanique dans le développement et l'évolution du cerveau
Giuseppe LONGO : Morphogenèse et émergence en physique vs. production de nouveauté en biologie

Après-midi
L'HISTORICITÉ DU VIVANT ET LE SYSTÈME DE RÉFÉRENCE DE LA BIOLOGIE | À l'opposé, d'autres domaines de la biologie s'appuient sur l'historicité des êtres vivants pour établir des méthodes de travail adéquates. Cela est vrai en particulier de la systématique moderne qui s'appuie sur l'idée que les êtres vivants sont le résultat d'une histoire longue pour les classifier et les nommer.
Andrea ANGELINI : L'historicité des vivants dans l'histoire de l'écologie
Guillaume LECOINTRE : Quels rôles pour la systématique ?
René ZARAGÜETA BAGILS : Quand la forme précède la théorie : le cas de la phylogénétique


Lundi 27 juillet
Matin
LE DÉFI DES NOUVEAUTÉS BIOLOGIQUES | L'historicité biologique est marquée par l'apparition de nouveautés. Or si l'on considère que ces nouveautés sont possibles avant d'advenir, ce ne sont plus vraiment des nouveautés. En biologie, si ce qui est possible change au cours du temps, nous faisons face à un défi méthodologique majeur.
Angelo MARINUCCI : L'historicité des organismes : les concepts d'enablement et d'épaisseur
Andrea ROLI : Évolution de l’espace des possibles et création d’information

Table ronde, avec Giuseppe LONGO, Maël MONTÉVIL et René ZARAGÜETA BAGILS

Après-midi
"HORS LES MURS" — VISITE D'UN ÉLEVAGE LAITIER À LA FERME DU BIENHEUREUX - SCEA CAHOREL | SARTILLY
"Du lait cru aux fromages, gérer la biodiversité microbienne : pour quels services ?", visite guidée par Nathalie DESMASURES | Présentation

Soirée
"Eaudyssée", théâtre avec Pierre-Henri GOUYON


Mardi 28 juillet
Matin
OBJECTIVER L'ORGANISATION BIOLOGIQUE | Étudier les parties des être vivants isolément ne permet pas d'aborder leurs fonctions dans l'organisation dont elles font partie. De quelles bases théoriques a-t-on besoin pour expliquer la stabilité collective des parties d'un organisme ?
Charles WOLFE : Organicisme et vitalisme : histoire et actualité d'un couple
Matteo MOSSIO : Finalité, Causalité, Conservation
Adrien GOULLETQUER : Aux limites de l'organisation : clôture de contraintes et plasticité fonctionnelle

Après-midi
VERS UNE ÉPISTÉMOLOGIE HYBRIDE | Comment faire tenir ensemble l'historicité des être vivants et l'étude de leurs relations causales synchroniques ? Et si l'on se donne ce projet, quel type de logique suivent les objets de la biologie et à quel type de théorie sommes-nous conduits pour la biologie ?
Maël MONTÉVIL : Le défi d'une épistémologie hybride pour la théorisation en biologie
Anton ROBERT : L'origine supplémentaire du vivant et ses conséquences pour la modélisation en biologie

Soirée
CYCLO


Mercredi 29 juillet
Matin
TISSUS ET ÉCOSYSTÈMES : LA THÉORIE EN PRATIQUE | Les tissus comme les écosystèmes comportent un grand nombre d'entités organisées, cellules et organismes respectivement. En même temps, ils sont eux-mêmes organisés, ou du moins peuvent l'être dans le cas des écosystèmes. Comment ces deux niveaux sont-ils théorisés et étudiés en pratique ?
Ana SOTO : Theoretical determination of the object : Carcinogenesis according to the TOFT
Claudia GADALETA : Champs morphogénétiques : implications en morphogenèse
Maël MONTÉVIL : Disruption des écosystèmes plantes-pollinisateurs

Après-midi
VIE ET TECHNIQUE | Comment aborder les actions humaines dès lors que l'on pense les objets avec lesquels on agit comme ayant en même temps une histoire et des propriétés systémiques ? La question technique peut-elle contribuer à la compréhension et à l'élaboration théorique, et réciproquement la théorie biologique peut-elle transformer notre point de vue sur les techniques ?
Nathalie DESMASURES : Des laits crus aux fromages, regard sur les communautés microbiennes : entre diversité et exigences sanitaires
Sébastien MASSART : Le virtuel : technique du vivant, technique vivante
Charles LENAY : Possibles techniques - Possibles biologiques (intervention établie avec Mathieu TRICLOT)


Jeudi 30 juillet
Matin
Frédéric JACQUEMART : Les contextes
Catherine SZANTO : Jardin, jardinage, paysage. Expérience esthétique de l'espace, sens de l'orientation
Thierry GIANNARELLI : La chorégraphie, la danse

Rapport d'étonnement des doctorants, par Artemis KORNILIOU, Matteo TITUS et Louis VIRENQUE

Françoise ZINK : Compte rendu du CYCLO

Discussion générale

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Adrien GOULLETQUER
Adrien Goulletquer est enseignant et doctorant en philosophie à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et à l'UQAM (Montréal). Ses recherches portent principalement sur la singularité du vivant, la critique des approches mécanistes en biologie et l'exploration de cadres théoriques non réductionnistes pour penser les organismes. Dans sa thèse, il propose une reconceptualisation de la notion d'information dans une perspective organiciste. Ses domaines de recherches sont la philosophie contemporaine, la philosophie des sciences et des techniques. Avant son doctorat, il a travaillé plusieurs années dans l'enseignement secondaire où il a enseigné la philosophie au lycée. Il est membre de l'Institut d'Histoire et de Philosophie des Sciences et des Techniques (IHPST), et enseigne actuellement la philosophie à l'université Paris 1, où il intervient notamment en histoire de la philosophie et philosophie des sciences.
Publication
Le concept d'autonomie dans les sciences du vivant, CNRS Éditions, à paraître.

Sébastien MASSART
Sébastien Massart est directeur de la stratégie de Dassault Systèmes, entreprise scientifique qui crée des mondes virtuels au service de la vie réelle — pour les industries, dans la santé et sur les territoires. Il a commencé sa carrière au Ministère de l'Économie et à l'Autorité des Marchés Financiers, puis il a servi comme conseiller technique industriel du Ministre de la Défense et ensuite comme conseiller industriel du Président de la République, jusqu'en 2017. De formation scientifique (École Polytechnique, Corps des mines), Sébastien Massart est également diplômé en philosophie de l'École Normale Supérieure. Il enseigne à SciencesPo Paris sur "L'État actionnaire et les entreprises publiques".
Publications
"Chorégraphier l'industrie avec les univers", Les Entretiens du Nouveau Monde Industriel 2024 (à paraître), par The Human Evidence Lab, avec Noémie Dié et Patrick Johnson.
"Par-delà calcul et design : habiter le virtuel", in Prendre soin de l'informatique et des générations, Les Entretiens du Nouveau Monde Industriel, 2020, éd. Anne Alombert, Victor Chaix, Maël Montévil, Vincent Puig, FYP éditions, 2021.
"Nouveaux possibles, nouvelle économie, nouvelles responsabilités", revue Sociétal, juillet 2021.

Maël MONTÉVIL
Maël Montévil est chargé de recherche au CNRS, au Centre Cavaillès de la République des savoirs (École normale supérieure). Théoricien de la biologie et philosophe, il développe une démarche au croisement de la biologie expérimentale, des mathématiques, de l'épistémologie et de la philosophie. Dans ses travaux, il a notamment élaboré le cadre de la clôture entre contraintes, ainsi que renouvelé la conceptualisation de l'historicité biologique et de ses conséquences théoriques et pratiques pour la biologie. Il s'intéresse également à des problématiques majeures du monde contemporain, telles que les perturbateurs endocriniens, et plus généralement les diverses formes de disruption du vivant dans l'Anthropocène, ainsi qu'aux conditions nécessaires pour y répondre. Son œuvre scientifique comprend plus de trente-cinq articles publiés dans des revues internationales et une monographie, Perspectives on Organisms, coécrite avec Giuseppe Longo (https://montevil.org/).
Publications
Disruption of Biological Processes in the Anthropocene : The Case of Phenological Mismatch, Acta Biotheoretica, 2025.
Computational Empiricism : The Reigning Épistémè of the Sciences, Philosophy World Democracy, 2021.
Avec M. Mossio, "The Identity of Organisms in Scientific Practice : Integrating Historical and Relational Conceptions", Frontiers in Physiology (11), p.611, 2021.
"Measurement in Biology Is Methodized by Theory", Biology & Philosophy (34), p.35, 2019.
Avec M. Mossio, "Biological Organisation as Closure of Constraints", Journal of Theoretical Biology (372), p.179–91, 2015.

Anton ROBERT
Anton Robert est docteur en chimie physique depuis 2022. Il est auteur de plusieurs brevets et de publications dans des revues scientifiques, telles que Science Advances, Journal of the American Chemical Society, ou Physical Review Letters. Il poursuit actuellement une thèse à l'École Normale Supérieure, à l'interface entre la biologie théorique et la philosophie. Ses recherches portent sur la tension épistémologique entre l'historicité principielle des organismes et l'usage de l'écriture mathématique pour décrire leurs parties. Son objectif est de développer des pratiques de modélisation pour la biologie qui hybrident des méthodes physicalistes et historiques.
Publications
Robert, A. ; Barkoutsos, P. K. ; Woerner, S. ; Tavernelli, I. (2021), "Resource-Efficient Quantum Algorithm for Protein Folding", npj Quantum Information, 7 (1), 1–5.
Robert, A.; Berthoumieux, H. ; Bocquet, M.-L. (2023), "Coupled Interactions at the Ionic Graphene-Water Interface", Phys. Rev. Lett., 130 (7), 076201.
Robert, A. (2023), "L'arrêt de l'histoire des sciences", Philosophy World Democracy.
Robert, A. (2025), "Mathematical Descriptions as Pharmaka : On Their Adoption in Foreign Theoretical Frameworks", (to appear in) History, Philosophy and Theory of the Life Sciences.
Robert, A. ; Montévil, M. (2025), "Broadening the Scope of Physics by Unpacking the Causal Contexts of Phenomena" (submitted).

Mathilde TAHAR
Formée à la fois à la philosophie et à la biologie, Mathilde Tahar est agrégée de philosophie et docteure en philosophie de la biologie. Ses recherches doctorales ont porté sur l'usage de la téléologie (ou finalisme) dans la théorie de l'évolution, usage qu'elle a analysé et critiqué à partir de la philosophie d'Henri Bergson. Cette thèse a donné lieu à la publication d'un ouvrage aux Presses universitaires de France : Du finalisme en biologie. Bergson et la théorie de l'évolution (2024). Elle est aujourd'hui chercheuse au département d'anthropologie évolutive de l'University College London dans le cadre du projet "Animal inventiveness : a new insight on agency in evolution", financé par la Leverhulme Trust. Elle y étudie le jeu et l'inventivité des animaux, notamment chez les babouins chacma.
Publications
Tahar, M. (2025), "Why the cat wags her tail", Aeon.
Tahar, M. (2024), "La philosophie animale de Bergson. Conscience du vivant, créativité instinctive et biologie contemporaine", Thaumazein Rivista di Filosofia, 12 (1), 83-107.
Tahar, M. (2024), " Historicity, Temporalities, and Causality : A Confusion at the Heart of Debates on Darwinism", in R. G. Delisle, M. Esposito et D. Ceccarelli (éds.), Unity and Disunity in Evolutionary Biology, pp. 551-573, Heidelberg/New York/Dordrecht, Springer, 2024.
Tahar M. (2023), "Agency, inventiveness, and animal play. Novel insights into the active role of organisms in evolution", Numéro spécial "Levels of Biological Agency", Spontaneous Generations, 11 (1).
Tahar, M. (2022), "Biological constraints as norms in evolution", Numéro spécial “Normativity and the Life Sciences”, History and Philosophy of the Life Sciences, 44 (1) : 9.


Barbara BRAVI : Statistical and machine learning modelling in biology : considerations and examples from immunology
Immunity is a paradigmatic example of a systemic behaviour where diversity, plasticity, history, and context-dependence play a major role, posing challenges to its quantitative modelling. In immunology, the increasing amount of data sampling immune responses at different scales has motivated and enabled the application of data-driven, machine-learning-based approaches as a quantitative way to automate and augment empirical investigation. In this talk, I will discuss the logic and limits of such approaches, and their tacit assumptions on the objects modelled and their structure of determination, starting from the statistical perspective that frames this effort and focussing on the problem of prediction of immune response from molecular data.

Barbara Bravi est professeure associée en biomathématiques à l'Imperial College London. Ses recherches combinent des outils de biophysique statistique, de processus stochastiques et d'apprentissage automatique pour étudier le rôle des interactions protéine‑protéine dans des comportements biologiques complexes et systémiques tels que la réponse immunitaire.
Publications
B. Bravi, "Development and use of machine learning algorithms in vaccine target selection", npj vaccines 9 (15) (2024).
B. Bravi, Machine Learning in Molecular Life Sciences : Calibrating New Tools for Prediction, Observation, and Discovery through Statistical Knowledge Building, invited contribution to Mathematical Tools in the Life Sciences, Springer Nature, History, Philosophy and Theory of the Life Sciences series, J.A. Pérez-Escobar and D. Sarikaya (Eds.).
B. Bravi, G. Longo, "The unconventionality of Nature : Biology, from Noise to Functional Randomness", Unconventional Computation & Natural Computation Conference (UCNC), Auckland (NZ) 31/8 - 4/9/2015, proceedings in Springer LNCS 9252, C. Calude and M. J. Dinneen (Eds.), pp. 3-34 (2015).

Guillaume LECOINTRE : Quels rôles pour la systématique ?
Qu'est-ce que la systématique ? Quelles épistémologies ont accompagné son déploiement au cours de son histoire ? Quelles furent les intentions classificatoires successives des systématiciens ? Nous verrons comment l'historicité du vivant est progressivement devenue la "raison d'être" des classes et des classifications. Nous verrons aussi que ce programme n'est pas achevé. En effet, si l'exigence de forger des groupes "complets" (comprenant une seule souche et ses descendants emboîtés) est bien à la source de la révolution hennigienne du XXe siècle s'agissant du regroupement des espèces, cette exigence n'est pas encore tout-à-fait satisfaite s'agissant des parties des organismes (leurs attributs) et encore moins concernant les stades de développement.

Guillaume Lecointre est enseignant-chercheur (UMR 7205 CNRS-MNHN-UPMC-EPHE, "Institut de Systématique, Évolution et Biodiversité"), zoologiste, systématicien, professeur du Muséum national d'Histoire naturelle (160 publications, 44 livres). Il est double Lauréat de la Société Zoologique de France (1996, 2006), Prix national 2009 du Comité Laïcité République, Prix 2012 de l'Union Rationaliste, Prix littéraire Boccace 2024 et fait chevalier de la légion d'honneur en 2016.

Andrea ROLI : Évolution de l’espace des possibles et création d’information
L'évolution biologique peut être vue comme un processus dynamique structuré par une interaction constante entre affordances et contraintes. Une affordance produit de l'information en distinguant des possibilités d'action, tout en imposant des limites qui restreignent les actions futures. Cependant, ces contraintes génèrent à leur tour de nouvelles affordances, créant ainsi une boucle évolutive. Les affordances façonnent l'espace des possibles, ou des "possibles adjacents". Cet espace est mieux compris comme un "royaume" que comme un espace formel, car il est difficile à caractériser comme un ensemble fini. L'ensemble est interprété à travers la théorie de l'information, en s'appuyant sur les travaux d'Atlan et de von Foerster, et en mobilisant également la notion d'information sémantique.

Andrea Roli est maître de conférences à l'université de Bologne, spécialisé en systèmes complexes et en intelligence artificielle. Ses recherches portent sur les modèles biologiques, la biorobotique et l'intelligence collective. Il s'intéresse également à la philosophie des sciences, notamment en lien avec les systèmes biologiques et artificiels. Il enseigne des cours portant sur l'informatique, l'intelligence artificielle et les systèmes complexes. Il est fellow de l'European Centre for Living Technology (Venise) et senior fellow du Brussels Institute for Advanced Studies.


"HORS LES MURS" — VISITE D'UN ÉLEVAGE LAITIER
"Du lait cru aux fromages, gérer la biodiversité microbienne : pour quels services ?", visite guidée par Nathalie DESMASURES
Produire du lait et le transformer en fromage : Quelle est la place des communautés microbiennes de l'animal au fromage ? Pourquoi et comment les piloter ? Vers quels services et pour quelle perception de ces derniers par les acteurs de l'élevage ?

Nathalie Desmasures est enseignante-chercheuse à l'université de Caen Normandie (UR 4651 Aliments Bioprocédés Toxicologie Environnements et ESIX Normandie). Microbiologiste, spécialiste des laits crus et des fromages à pâte molle, elle s'intéresse à la diversité et aux fonctionnalités des communautés microbiennes au sein des environnements d'intérêt laitier.


SOUTIENS :

• Programme interdisciplinaire : Fondations théoriques de la biologie | École normale supérieure (ENS)
• Dassault Systèmes SE (3DS)
• UMR 8241 République des savoirs | ENS - CNRS
• Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques (IHPST) | Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne - CNRS

Programme 2026 : un des colloques

— Programme complet —


STYLES DE JACQUES ROUBAUD


DU MERCREDI 15 JUILLET (19 H) AU MARDI 21 JUILLET (14 H) 2026

[ colloque de 6 jours ]



SECRÉTAIRE TECHNIQUE :

Xiaoxuan LYU


ARGUMENT :

Du fait de son importance reconnue, l'œuvre de Jacques Roubaud a fait l'objet de nombreux travaux, dont un certain nombre de synthèses d'ensemble. Nous entendons poursuivre son exploration en l'abordant d'un point de vue qui n'a pas encore été systématiquement adopté, celui du style ou plutôt des styles. Il apparaît clairement que Roubaud fait primer la forme sur le style, de même que certains de ses livres relèvent de différents modes de réécriture : la question d'un style d'auteur semble à son propos ne pas se poser.

Cependant, son œuvre n'est pas sans manifester une pensée du style : le recours aux "dix styles" du poète japonais Kamo no Chomei, le concept de "prose inoffensive" ou "prose des Anglaises", le lien entre protocole d'écriture et style dans Le grand incendie de Londres en sont quelques exemples. Par ailleurs, on note dans son œuvre de poète une nette évolution stylistique, du chatoiement lexical et des images de ∈, au retour à Queneau, en passant par le noir et blanc et la littéralité de Quelque chose noir. Le "change de forme" se double ainsi d'une évolution de style : par exemple l'influence du lyrisme surréaliste fait place à celle de la "modernité négative" et de la poésie américaine, via la pratique de la traduction. On peut dès lors se demander si des traits de style apparaissent et persistent, dans ce trajet d'invention continue — qui se sera appuyé sur la forte implication dans certaines revues (Change et Action poétique notamment) et sur le désir, tôt exprimé et sans cesse réaffirmé, du recours à la couleur pour le texte imprimé.


MOTS-CLÉS :

Formes poétiques, Histoire littéraire, Poésie, Poétique, Prose, Roubaud (Jacques), Style, Théorie littéraire, Traduction, Vers


CALENDRIER DÉFINITIF :

Mercredi 15 juillet
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Jeudi 16 juillet
Matin
Margaux COQUELLE-ROËHM, Abigail LANG & Jean-François PUFF : Ouverture du colloque
Éric BEAUMATIN : Aller de l'avant : style et projet, entre l'arbre et la ligne
Michel MURAT : Jacques Roubaud : le style du vers

Après-midi
Mireille SÉGUY : La littérature médiévale peut-elle dompter les démons ? Le style du "rakki tai" dans l'œuvre en prose de Jacques Roubaud
Nathalie KOBLE : Le style troubadour de Jacques Roubaud
Christelle REGGIANI : Style et mélancolie : Jacques Roubaud, Grand Rhétoriqueur


Vendredi 17 juillet
Matin
Marie-Louise CHAPELLE-ROUBAUD : Présentation de manuscrits de Jacques Roubaud : "Je peux vous montrer à tous dire couleur des bois orange dire rouge et être cru"

Table ronde autour de la couleur, avec :
Margaux COQUELLE-ROËHM : Style et usage de la couleur chez Jacques Roubaud
Benoît CASAS : Heptagone

En commun avec le colloque en parallèle : Denis Roche. Écrivain, éditeur, photographe
Denis Roche vu par Jacques Roubaud, table ronde avec Margaux COQUELLE-ROËHM et Dominique MONCOND'HUY | Colloque en parallèle

Après-midi
"HORS LES MURS" — À L'IMEC (Abbaye d'Ardenne, Saint-Germain-la-Blanche-Herbe)
En commun avec le colloque en parallèle : Denis Roche. Écrivain, éditeur, photographe
- "Présentation des fonds de l'IMEC", par François BORDES et Dominique MONCOND'HUY | Colloque en parallèle
- "Lecture des portraits croisés Denis Roche et Jacques Roubaud", par Margaux COQUELLE-ROËHM et Dominique MONCOND'HUY | Colloque en parallèle
- "Denis Roche et l'édition de collections patrimoniales aux Éditions du Seuil" ; "Écrivains de toujours" ; "Les contemporains", par David MARTENS, Claire PAULHAN, Tiphaine SAMOYAULT et Hervé SERRY, en dialogue avec Stéphane BIKIALO et Luigi MAGNO | Colloque en parallèle
- Visite de l'exposition Autoportrait pensée par Thomas Clerc


Samedi 18 juillet
Matin
Style et mathématique
Cindy GERVOLINO : "Cherchant d'une infinité de mondes l'un". La pluralité des formes des théories mathématiques dans la poésie de Jacques Roubaud
Odile CHATIRICHVILI : Styles auto(bio/matho)graphiques : Roubaud, Grothendieck et Bourbaki en échos

Valérie BEAUDOUIN : Le roman d'Alexandre : portrait de Jacques Roubaud en métricien

Après-midi
En commun avec le colloque en parallèle : Denis Roche. Écrivain, éditeur, photographe
Denis Roche et Jacques Roubaud : autour de la poésie américaine, table ronde animée par Abigail LANG, avec :
Milena ARSICH : Denis Roche, traducteur dans sa génération. Étude comparée des traductions françaises d'Ezra Pound, d'E.E. Cummings et de Charles Olson
Olivier BROSSARD : Reading "between the straits" de Jacques Roubaud (d'après Keith Wladrop)
Antoine CAZÉ : Série Roubaud//Série Palmer : disjonctions textuelles, rencontres visuelles dans 200 flèches et cites

Soirée
En commun avec le colloque en parallèle : Denis Roche. Écrivain, éditeur, photographe
David MARTENS : "Puissions-nous connaître beaucoup d'hédonistes de votre race" : Denis roche éditeur au Seuil, un florilège de document | Colloque en parallèle
Françoise PEYROT-ROCHE : Introduction à la projection de deux extraits d'un film sur Denis Roche en cours de réalisation par Teri Wehn Damisch | Colloque en parallèle


Dimanche 19 juillet
Matin
Stéphane BAQUEY : Formes poétiques et sémantique des espaces
Peter CONSENSTEIN : Franchir le RoubiCom
Olivier GALLET : Ushin : le dernier des styles ? (Humour et "sentiment profond" chez Jacques Roubaud) [enregistrement audio en ligne sur Canal U, chaîne La forge numérique | MRSH de l'université de Caen Normandie]

Après-midi
Agnès DISSON : Une architecture augmentée : les styles japonais de Jacques Roubaud
Xiaoxuan LYU : Comment traduire des langues que l'on ne connaît pas ? Roubaud face aux "inconnus"

En commun avec le colloque en parallèle : Denis Roche. Écrivain, éditeur, photographe
"Denis Roche et Jacques Roubaud : atelier sur les revues", animé par Margaux COQUELLE-ROËHM
Marc-Antoine BLAIS : Poétique et politique : Roubaud à l'épreuve de Roche
Dialogue avec Christian ROSSET

Soirée
Rencontre avec le poète oulipien Frédéric FORTE


Lundi 20 juillet
Matin
Poétique de l'image
Jean-François PUFF : Des images signées Jacques Roubaud. Autobiographie d'une lecture
Antoine POISSON : Un surréalisme emprunté : le style de Roubaud à l'ombre de Desnos [enregistrement audio en ligne sur Canal U, chaîne La forge numérique | MRSH de l'université de Caen Normandie]

Abigail LANG : Le style des Anglaises

Après-midi
Alison JAMES : Styles d'exercice et poétiques de la variation
Hélène GIANNECCHINI : Jacques et Alix Cléo Roubaud, une conversation ininterrompue

Soirée
Intervention-Performance de Camille BLOOMFIELD


Mardi 21 juillet
Matin
Martin RUEFF : Les temps de Jacques Roubaud

En commun avec le colloque en parallèle : Denis Roche. Écrivain, éditeur, photographe
Rapports d'étonnement, par Guillaume FOLLET & Oriane RIBAS (colloque "Denis Roche") et Marc-Antoine BLAIS & Antoine POISSON (colloque "Jacques Roubaud")
Margaux COQUELLE-ROËHM, Abigail LANG & Jean-François PUFF : Conclusion du colloque "Jacques Roubaud"
Anne-Cécile GUILBARD, Luigi MAGNO & Dominique MONCOND'HUY : Conclusion du colloque "Denis Roche"

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Margaux COQUELLE-ROËHM
Margaux Coquelle-Roëhm est professeure adjointe en poésie française des XXe et XXIe siècles à l'université de Montréal. Ses travaux se situent à l'intersection entre l'étude formelle de la poésie, les études visuelles et les approches matérielles de la littérature. Elle a soutenu en 2022 une thèse intitulée "L'espace du poème chez Jacques Roubaud : mouvance, mémoire, méditation", récompensée du prix de thèse de l'université de Poitiers. Une version réduite et remaniée paraîtra aux Presses universitaires de Rennes début 2026. Elle a également corédigé avec Gabrielle de Tournemire le volume Atlande consacré à Quelque chose noir. Ses recherches actuelles portent plus largement sur la poésie contemporaine dans et hors du livre, sur les matérialités littéraires, et sur l'intermédialité (en particulier sur les rapports entre littérature et photographie).

Abigail LANG
Abigail Lang est professeure de littérature nord-américaine à l'université Paris Cité et membre de l'UMR 8264 ECHELLES. Elle est l'autrice de La Conversation transatlantique. Les échanges franco-américains en poésie depuis 1968 (2021) et a dirigé plusieurs volumes collectifs, dont Emmanuel Hocquard. La poésie mode d'emploi (2020) et Archives sonores de la poésie (2019). Traductrice d'une vingtaine d'ouvrages de poésie anglophone en français, elle anime avec Vincent Broqua et Olivier Brossard le collectif "Double Change", qui organise des lectures de poésie bilingues depuis 2000, et le programme de recherche Poets & Critics.

Jean-François PUFF
Jean-François Puff est professeur de littérature française contemporaine et de recherche-création à CY Cergy Paris Université. Il est membre de l'UMR 9022 Héritages. Ses recherches portent sur la poésie moderne et contemporaine. Il a consacré de nombreux travaux à l'œuvre poétique de Jacques Roubaud, dont l'ouvrage Mémoire de la mémoire. Jacques Roubaud et la lyrique médiévale (Garnier, 2009) et le livre d'entretiens Roubaud (Argol, 2008). Il est par ailleurs l'un des exécuteurs littéraires de l'œuvre de ce poète. Son travail s'inscrit dans la perspective d'ensemble de l'usage de la poésie dans nos vies, ce qui l'a conduit à interroger le concept de sujet en philosophie, en théorie littéraire et dans la poétique des poètes, dans une perspective historique large. Il est résulté un livre, Le Gouvernement des poètes. La poésie dans la conduite de la vie (Hermann, 2020). Sa recherche actuelle porte sur les archives sonores de poésie et la performance poétique. Poète, il a publié dans diverses revues, ainsi qu'un livre de poésie aux Éditions L'Usage, qu'il a fondées : L'Inédit (2022).


Valérie BEAUDOUIN : Le roman d'Alexandre : portrait de Jacques Roubaud en métricien
Les traités de métrique paraissent souvent ennuyeux. Ceux de Jacques Roubaud font exception. En lien avec la parution des Enfances d'Alexandre (Seuil, 2025), il sera question de l'écriture de Jacques Roubaud quand il nous propose une histoire formelle du vers. Les Enfances (Cahiers de poétique comparée, 1977 ; Seuil, 2025) et La Vieillesse d'Alexandre (Maspero, 1978 ; Allia, 2000) sont deux des composantes d'un projet plus vaste, Le roman d'Alexandre, resté en partie inachevé. Les mètres constituent les personnages du roman et l'intrigue porte sur le décompte, la césure, la rime, la strophe… La composition même du roman s'appuie sur la structure du vers.

Valérie Beaudouin est directrice d'études de l'EHESS, sociologue du numérique, et membre de l'Oulipo. Ses travaux littéraires portent sur la structure rythmique et métrique du vers (Mètre et ryhmes du vers classique, Champion, 2002) ; elle a édité avec Marie-Louise Chapelle et introduit Les Enfances d'Alexandre de Jacques Roubaud (Seuil, 2025).

Olivier GALLET : Ushin : le dernier des styles ? (Humour et "sentiment profond" chez Jacques Roubaud)
À la fin de La Dissolution (2008), sixième et dernière branche de son monumental "grand incendie de londres", Jacques Roubaud revient sur les dix styles japonais qu'il a prétendument empruntés à Kamo No Chomei pour doter sa prose et sa poésie de tonalités variées ou "ingrédients-styles". Il s'agit alors pour lui de s'expliquer sur ces styles japonais et de faire le bilan de leur usage. Admettant n'avoir jamais été inspiré au fil des années par le style ushin, style du "sentiment profond", il décide de le redéfinir en le renversant radicalement en "style de l'humour". Cette redéfinition aussi tardive que surprenante attire l'attention sur la présence constante de l'humour sous toutes ses formes dans l'œuvre de Jacques Roubaud, et invite à l'étudier, jusque dans les textes de deuil comme Quelque chose noir et La Destruction où l'on soupçonnerait le moins sa présence. Car le renversement de l'ushin engage aussi à penser les liens entre "sentiment profond" et humour, le sentiment n'étant pas totalement rejeté par le poète au sein même de cette tonalité. C'est également une ouverture pour chercher à mieux cerner le style d'humour propre à Jacques Roubaud. Enfin cette question de l'humour associé au sentiment est une invitation — puisque le poète la soulève dans un contexte bien précis — à tenter de ressaisir le dispositif, la signification d'ensemble et les enjeux spécifiques de La Dissolution, dernière branche du "grand incendie de londres" écrite en l'an 2000, où Roubaud a cherché, par-delà cette problématique des styles, l'unité de ce qui avait été son activité de poète au cours des années postérieures à l'abandon de son grand Projet de Poésie et de Mathématique en 1978.

Maître de conférences à Sorbonne Université et membre du CELLF (Sorbonne Université et CNRS, UMR 8599), Olivier Gallet est co-directeur de l'axe "Poésie" de l'équipe, et membre fondateur de l'association Poemata. Ses travaux ont notamment porté sur l'histoire des formes poétiques, de Baudelaire et Verlaine à Roubaud en passant par Reverdy, Roussel, Ponge, Michaux et Jaccottet, principalement à travers la question des prototypes et des séries poétiques ("Les prototypes poétiques", Poétique, n°169, Seuil, février 2012). Entre autres travaux sur Reverdy, il a dirigé le Numéro spécial Pierre Reverdy, Littérature, n°183, septembre 2016.
Sur Jacques Roubaud, il est l'auteur de quatre études : "Être le vers personnellement ? – Réécriture de l'anthologie et invention autobiographique dans Autobiographie, Chapitre dix (1977) de Jacques Roubaud" (dans L'Anthologie d'écrivain comme histoire littéraire, D. Alexandre (dir.), Peter Lang, Bern, 2011) ; "La reconnaissance vive (Roubaud reverdit d'une reverdie Reverdy)" (dans XXI/XX, Reconnaissances littéraires, n°1, "Reconnaissances", Classiques Garnier, 2020) ; "Nonvie de la neuvine ? Existe-t-il une contrainte oulipienne majeure régissant Quelque chose noir de Jacques Roubaud ?" (Journée d'agrégation sur Quelque chose noir de Jacques Roubaud, novembre 2025, en ligne sur le site de la Self XX-XXI) ; "Plier, déplier, replier le temps (inscriptions temporelles, contraintes de temps, modèle du Canzoniere de Pétrarque dans Quelque chose noir de Jacques Roubaud)" (id.).
Olivier Gallet a récemment orienté ses recherches et publications vers l'usage de la poésie dans les discours politiques contemporains, autour de la notion de poetrytelling, en vue de la publication d'un essai. Notamment dans Le poète et le joueur de quilles, Enquête sur la construction de la valeur de la poésie, volume qu'il a co-dirigé avec A. Lionetto, S. Loubère, L. Michel, T. Roger, aux PU de Rouen et du Havre en 2023.

Cindy GERVOLINO : "Cherchant d'une infinité de mondes l'un". La pluralité des formes des théories mathématiques dans la poésie de Jacques Roubaud
En partant du constat formulé par Jean-François Puff selon lequel Trente et un au cube doit être lu comme un "poème scientifique" irréductible à une traduction en "langage poétique" d'une théorie mathématique, mais situé à la croisée d'un appui qu'on suppose avéré de celle-ci et d'un "usage figuré(2)", nous nous proposons précisément d'interroger cet "usage figuré" des mathématiques. Si le style des premiers recueils de Roubaud semble imprégné des mathématiques qui en régissent les principes compositionnels, le poète s'attèle également à explorer les "formes" d'une théorie mathématique : celles qu'elle convoque — des figures géométriques aux signes mathématiques dans Signe d'Appartenance —, mais aussi celles qu'elle provoque, et les mondes qui en résultent, comme c'est le cas pour la théorie du réalisme modal inspirée de la logique de David Lewis dans La pluralité des mondes de Lewis. Comment s'emparer alors d'une "forme" mathématique dans l'espace du poème ?
(1) J. Roubaud, La pluralité des mondes de Lewis, Paris, Gallimard, 1991, p. 15.
(2) A. DISSON et V. MONTÉMONT, Jacques Roubaud, compositeur de mathématique et de poésie, Nancy, Absalon, 2011, p. 322.

Cindy Gervolino est maîtresse de conférences en littérature comparée à Sorbonne Université. Elle a soutenu en 2024 une thèse de doctorat intitulée "L'œil, la main, la pensée : croisements d'une approche diagrammatique et épistémocritique du texte littéraire (Abbott, Cortázar, Gatti, Guillevic, Roubaud)" portant sur les liens entre mathématiques et littérature chez cinq auteurs, dont Jacques Roubaud (à paraître prochainement aux Classiques Garnier).

Antoine POISSON : Un surréalisme emprunté : le style de Roubaud à l'ombre de Desnos
Cette intervention entend revenir sur les liens entre les œuvres de Jacques Roubaud et Robert Desnos, en particulier sous l'angle stylistique. Si le surréalisme n'a, pour le moins, pas reçu l'entière approbation de Jacques Roubaud, Desnos occupe une place de choix dans la construction de sa poétique. Au terme d'un relevé des mentions de Robert Desnos dans les lectures, les anthologies et les textes critiques de Jacques Roubaud, l'auteur de Corps et biens apparaît comme une influence décisive, qui unit l'alexandrin et le vers libre, le lyrisme surréaliste et le ton populaire, l'expérimentation formelle et le souci de renouer avec la tradition du sonnet ; deux poèmes jouent ainsi un rôle "aural" clé dans l'œuvre roubaldienne : "Le dernier poème" et "The night of loveless nights". Divers emprunts et réécritures dans les Animaux de tout le monde, Les Animaux de personne et Autobiographie chapitre dix nourrissent le jeu cannibale de Roubaud avec Corps et biens et les Chantefables pour mener des objectifs personnels, tant politiques que poétiques ou amoureux. L'intervention se conclut enfin par une relecture de Signe d'appartenance et de Quelque chose noir au prisme des pistes élaborées en amont, en filant la métaphore de "l'ombre de l'ombre", syntagme clef des deux troubadours hantés par la disparition fantomatique de l'être aimé.

Docteur et agrégé de littérature française, Antoine Poisson enseigne en banlieue parisienne. Après une thèse consacrée à "André Breton éditeur (1919-1966)", menée à la Sorbonne Nouvelle sous la co-direction de Marie-Paule Berranger et Alexandre Gefen, il a co-rédigé un volume d'Atlande consacré à Nadja pour le programme d'agrégation 2025-2027, et participé à la publication des actes du colloque Écrire la Terreur (XXe-XXIe siècles), organisé à Paris Sorbonne Nouvelle avec Anton Hureaux en janvier 2024. Ses recherches portent en particulier sur le surréalisme, l'histoire de l'édition, le monde des revues, et plus largement les avant-gardes poétiques au XXe siècle. Il intervient aussi au Séminaire les Armes de la Critique et sur le site de l'Association André Breton.


BIBLIOGRAPHIE :

Livres de Jacques Roubaud

Poésie
• ∈, Paris, Gallimard, coll. "Blanche", 1967.
• Mono no Aware : le sentiment des choses. Cent quarante-trois poèmes empruntés au japonais, Paris, Gallimard, coll. "Blanche", 1970.
• Trente et un au cube, Paris, Gallimard, coll. "Blanche", 1973.
• Dors ; (précédé de) Dire la poésie, Paris, Gallimard, coll. "Blanche", 1981.
• Quelque chose noir, Paris, Gallimard, coll. "Poésie/Gallimard", 2001 [1986].
• Ode à la ligne 29 des autobus parisiens, Paris, Attila, 2013.

Prose et théorie
• "le grand incendie de londres", Paris, Seuil, coll. "Fiction & Cie", 2009 (rassemble les cinq branches précédemment parues au Seuil).
• La Dissolution, Caen, Nous, 2008.
• "Description du projet », Mezura, n°9, 1979 (réédition Caen, Nous, 2014).
• Poétique. Remarques : poésie, mémoire, nombre, temps, rythme, contrainte, forme, etc., Paris, Seuil, coll. "La Librairie du XXIe siècle", 2016.

Corpus critique

• CONSENSTEIN, Peter (dir.), The Great Fire of London by Jacques Roubaud. A Casebook, Elmwood Pk, Dalkey Archive, 2003.
• COQUELLE-ROËHM, Margaux, L'espace du poème chez Jacques Roubaud : mouvance, mémoire, méditation, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2026.
• KOBLE, Nathalie & SÉGUY, Mireille (dir.), Jacques Roubaud médiéviste, Paris, Honoré Champion, 2018.
• MONCOND'HUY, Dominique & MOURIER-CASILE, Pascaline, La Licorne, n°40, 1997, "Roubaud".
• MONTEMONT, Véronique, Jacques Roubaud : l'amour du nombre, Villeneuve-d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2004.
• MONTEMONT, Véronique & DISSON, Agnès (dir.), Jacques Roubaud, "compositeur de mathématique et de poésie", Charenton-le-Pont, Absalon, 2011.
• PUFF, Jean-François & ROUBAUD, Jacques, Roubaud : rencontre avec Jean-François Puff, Paris, Argol, 2008.
• PUFF, Jean-François, Mémoire de la mémoire. Jacques Roubaud et la lyrique médiévale, Paris, Classiques Garnier, 2009.


SOUTIENS :

• Laboratoire "Formes et Représentations en Linguistique, Littérature et dans les arts de l'Image et de la Scène" (FoReLLIS, UR 15076) | Université de Poitiers
• Héritages : Culture/s, Patrimoine/s, Création/s (UMR 9022 HÉRITAGES) | CY Cergy Paris Université
• Institut CY Advanced Studies | CY Cergy Paris Université
• Laboratoire ECHELLES (UMR 8264) | Université Paris Cité
• Institut Mémoires de l'édition contemporaine (IMEC)

Ce colloque a reçu le soutien de l'appel à projets "Animations Scientifique" de la Faculté Sociétés et Humanités | Université Paris Cité

Programme 2026 : un des colloques

— Programme complet —


DENIS ROCHE

ÉCRIVAIN, ÉDITEUR, PHOTOGRAPHE


DU MERCREDI 15 JUILLET (19 H) AU MARDI 21 JUILLET (14 H) 2026

[ colloque de 6 jours ]



SECRÉTAIRE TECHNIQUE :

Oriane RIBAS


ARGUMENT :

Denis Roche occupe une place singulière dans la culture littéraire et artistique de la seconde moitié du XXe siècle. Poète lié à Tel Quel, romancier, photographe majeur, éditeur de premier plan — notamment à travers la création de "Fiction & Cie" aux éditions du Seuil — il a construit une œuvre foisonnante et résolument exigeante.

Ce colloque entend explorer l'ensemble de ce parcours multiforme, en tenant ensemble des pratiques que l'on a souvent tendance à dissocier : la poésie et la prose, les dispositifs texte-image, l'activité éditoriale, ainsi que l'esthétique photographique.

L'objectif est de mettre en lumière les logiques d'une œuvre qui paraît, au premier regard, éclatée, mais dont les lignes de force — rigueur, invention formelle, rapport critique aux institutions et à certaines façons établies de concevoir l'acte d'écrire — dessinent une poétique intransigeante et souple à la fois, radicale et irréductible. En rassemblant chercheuses et chercheurs, écrivains, artistes et témoins, cette rencontre propose de reconsidérer le rôle de Denis Roche dans la modernité littéraire et artistique, et de montrer comment son travail demeure, par tensions, éminemment suscitateur.


MOTS-CLÉS :

Édition, Fiction & Cie, Montage, Photographie, Poésie, Proses, Roche (Denis), Tel Quel, Texte-image, Traduction


CALENDRIER DÉFINITIF :

Mercredi 15 juillet
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Jeudi 16 juillet
Matin
Stéphane BIKIALO, Anne-Cécile GUILBARD, Luigi MAGNO & Dominique MONCOND'HUY : Ouverture du colloque, avec la projection de deux extraits d'un film sur Denis Roche en cours de réalisation par Teri Wehn Damisch
Luigi MAGNO : Avec. Ou de la transmission (sur Jean-Marie Gleize et Denis Roche)
Quentin CAUCHIN : "Cocasse rêverie entraînante et endiablée" : sur Les Idées centésimales de Miss Élanize

Après-midi
Dominique MONCOND'HUY : Le Boîtier de mélancolie, répliques du regardeur
Gyöngyi PAL : Vers la table de montage, Denis Roche à l'épreuve du numérique


Vendredi 17 juillet
Matin
Guillaume GENESTE, en dialogue avec Anne-Cécile GUILBARD

En commun avec le colloque en parallèle : Styles de Jacques Roubaud
Denis Roche vu par Jacques Roubaud, table ronde avec Dominique MONCOND'HUY et Margaux COQUELLE-ROËHM | Colloque en parallèle

Après-midi
"HORS LES MURS" — À L'IMEC (Abbaye d'Ardenne, Saint-Germain-la-Blanche-Herbe)
En commun avec le colloque en parallèle : Styles de Jacques Roubaud
- "Présentation des fonds de l'IMEC", par François BORDES et Dominique MONCOND'HUY
- "Lecture des portraits croisés Denis Roche et Jacques Roubaud", par Dominique MONCOND'HUY
- "Denis Roche et l'édition de collections patrimoniales aux Éditions du Seuil" ; "Écrivains de toujours" ; "Les contemporains", par David MARTENS, Claire PAULHAN, Tiphaine SAMOYAULT et Hervé SERRY, en dialogue avec Stéphane BIKIALO et Luigi MAGNO
- Visite de l'exposition Autoportrait pensée par Thomas Clerc


Samedi 18 juillet
Matin
Stéphane BIKIALO : Christian Prigent, lecteur de Denis Roche (1968-2026)
Tiphaine SAMOYAULT : Être en retard

Après-midi
En commun avec le colloque en parallèle : Styles de Jacques Roubaud
Denis Roche et Jacques Roubaud : autour de la poésie américaine, table ronde animée par Abigail LANG | Colloque en parallèle, avec
Milena ARSICH : Denis Roche, traducteur dans sa génération. Étude comparée des traductions françaises d'Ezra Pound, d'E.E. Cummings et de Charles Olson | Colloque en parallèle
Olivier BROSSARD : Jacques Roubaud et les New American Poets | Colloque en parallèle
Antoine CAZÉ : Denis Roche passeur de la littérature américaine en France | Colloque en parallèle

Soirée
En commun avec le colloque en parallèle : Styles de Jacques Roubaud
David MARTENS : "Puissions-nous connaître beaucoup d'hédonistes de votre race" : Denis roche éditeur au Seuil, un florilège de document
Françoise PEYROT-ROCHE : Introduction à la projection de deux extraits d'un film sur Denis Roche en cours de réalisation par Teri Wehn Damisch


Dimanche 19 juillet
Matin
Gaëlle THÉVAL : Plaf ! [enregistrement audio en ligne sur Canal U, chaîne La forge numérique | MRSH de l'université de Caen Normandie]
Anna GRUMBACH : Denis Roche et la "nouvelle photographie française" (1978-1982)

Après-midi
Atelier autour des Cahiers de la photographie, avec Anne-Cécile GUILBARD et Oriane RIBAS

En commun avec le colloque en parallèle : Styles de Jacques Roubaud
"Denis Roche et Jacques Roubaud : atelier sur les revues", animé par Margaux COQUELLE-ROËHM | Colloque en parallèle
Marc-Antoine BLAIS : Poétique et politique : Roubaud à l'épreuve de Roche | Colloque en parallèle
Dialogue avec Christian ROSSET sur la revue Change | Colloque en parallèle


Lundi 20 juillet
Matin
Gwladys LE CUFF : Roche à Varèse
Marie FRISSON : La ritournelle de Denis Roche : prose au-devant d'une musique

Après-midi
Hervé SERRY : Les révolutions éditoriales de Françoise Peyrot et de Denis Roche aux éditions du Seuil (1970-2005)
David MARTENS : Dans la boîte noire du directeur de collection. Notes d'intention de Denis Roche
Guillaume FOLLET : Min&raux. Denis Roche éditeur de Jean-Marie Gleize ?


Mardi 21 juillet
Matin
Christophe HANNA : Denis Roche contemporain, en dialogue avec Luigi MAGNO

En commun avec le colloque en parallèle : Styles de Jacques Roubaud
Rapports d'étonnement, par Guillaume FOLLET & Oriane RIBAS (colloque "Denis Roche") et Marc-Antoine BLAIS & Antoine POISSON (colloque "Jacques Roubaud")
Anne-Cécile GUILBARD, Luigi MAGNO & Dominique MONCOND'HUY : Conclusion du colloque "Denis Roche"
Margaux COQUELLE-ROËHM, Abigail LANG & Jean-François PUFF : Conclusion du colloque "Jacques Roubaud"

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Stéphane BIKIALO
Stéphane Bikialo est professeur de linguistique et de littérature contemporaines à l'université de Poitiers, co-responsable des collections "Ces récits qui viennent" (Dacres) et "Bruits de langues" (L'Ire des marges), co-fondateur du festival littéraire "Bruits de langues", il enseigne et écrit dans les domaines de l'analyse critique des discours littéraires, sur les œuvres de Bernard Noël, Lydie Salvayre, Leslie Kaplan, Jean-Charles Massera, François Beaune, Marie Cosnay, Arno Bertina, Catherine Dorion, etc.
Publications
Lydie Salvayre (dir.), Classiques Garnier, 2021.
Marie Cosnay : traverser les frontières / accueillir les récits (dir.), L'Ire des marges, 2022.
François Beaune, pour une littérature brute (dir.), L'Ire des marges, 2023.
P.O.L futur, ancien, actuel (dir. avec M. Heck & D. Rabaté), Les presses du réel, 2023.

Anne-Cécile GUILBARD
Anne-Cécile Guilbard est professeure en littérature française du XXe siècle et en esthétique de l'image, spécialisée en histoire de la photographie à l'université de Poitiers (UFR Lettres et Langues / Laboratoire FoReLLIS). Elle dirige le master "Littératures et Culture de l'Image". Ses travaux portent sur la question de la perception visuelle et de la photographie dans l'écriture du XXe siècle, ainsi que sur la pratique de l'image fixe par les regardeurs.

Luigi MAGNO
Luigi Magno enseigne la littérature française à l'université Roma Tre. Ses recherches portent sur les écritures contemporaines résultant d'une déstabilisation des définitions traditionnelles de la poésie. Il est l'auteur d'articles et d'essais sur, parmi d'autres, Francis Ponge, Denis Roche, Emmanuel Hocquard, Jean-Marie Gleize, Nathalie Quintane, Suzanne Doppelt, Edouard Levé, Jérôme Game, Alain Farah, La Rédaction. Il dirige la collection "Øggi" qui débute en 2026 chez Questions théoriques.
Publications
Denis Roche : l'un écrit, l'autre photographie, Lyon, 2007.
New Objectivisms / Nouveaux Objectivismes / Nuovi Oggettivismi, Naples, 2013.
Permanence, renouveau et dépassement du poème en prose aux XXe et XXIe siècles, Florence, 2023).

Dominique MONCOND'HUY
Dominique Moncond'huy est Professeur émérite de littérature française à l'université de Poitiers. Dix-septiémiste de formation, il a beaucoup travaillé sur quelques auteurs contemporains (en particulier Jacques Roubaud et l'Oulipo plus largement, il a d'ailleurs participé au colloque L'Oulipo : générations de Cerisy en 2023) et il s'intéresse depuis longtemps à la photographie, donc à Denis Roche qu'il avait accueilli à Poitiers au début des années 2000.


Guillaume FOLLET : Min&raux. Denis Roche éditeur de Jean-Marie Gleize ?
En tant que directeur de la collection "Fiction & Cie", Denis Roche fut l'éditeur de Jean-Marie Gleize, publiant quelques-uns de ses ouvrages les plus importants. La relation éditoriale entre D. Roche et J.-M. Gleize est extrêmement symbolique, le second inscrivant son œuvre dans l'espace éditorial créé par celui qu'il considère comme l'un de ses grands repères poétiques, sinon le premier sur le chemin de la postpoésie. Cette communication s'intéressera aux manifestations concrètes de cette relation éditoriale et ses implications possibles dans les ouvrages de J.-M. Gleize. Elle interrogera également les considérations poétiques et théoriques impliquées par la proposition "Denis Roche éditeur de Jean-Marie Gleize", faisant l'hypothèse que D. Roche n'aurait peut-être pas fait sienne cette formulation (strictement ?) gleizienne. Elle explorera, pour finir, la pratique éditoriale de J.-M. Gleize au regard de celle de D. Roche.

Guillaume Follet est en première année de doctorat au sein du Laboratoire de Recherche Société & Humanités (DeScripto) de l'Université Polytechnique Hauts-de-France (COMUE Lille Nord de France). Il effectue sa thèse, intitulée "Fabriquer une théorie non essentialiste de la littérature. Théorie hannienne, stratégies quintaniennes", sous la direction de Vincent Vivès et avec l'accompagnement scientifique de Luigi Magno. Il a publié deux articles consacrés à Nathalie Quintane, l'un portant sur Remarques (Cheyne, 1997), l'autre sur Chemoule (P.O.L, 2025).

Gwladys LE CUFF : Roche à Varèse
Denis Roche livre dans l'opuscule À Varèse le récit joueur d'une visite du "Mont sacré" réalisée avec Françoise Peyrot en 1984. Ersatz de pèlerinage en Terre sainte, les Sacri monti forment, à la manière d'un chemin de croix, une suite d'édicules renfermant des scènes de la Vita Christi restituées par des moyens artistiques composites : les fresques y sont étrangement augmentées d'une statuaire polychrome dont les affinités avec le kitsch ont pu être soulevées dans l'essai dessiné Sacro monte de L.L. de Mars. Cet encadrement pastoral de la dévotion — une invention franciscaine débutée à Varallo au XVIe siècle, magistralement étudiée par Anne Lepoittevin — trouve son déploiement lors de la réforme tridentine ; il opère une orchestration rigide des corps et des affects en prescrivant les points de vue à adopter par les fidèles sur ces dioramas. Devant cet itinéraire pieux, Roche trouve les voies d'une dérive alternative, une "montée des circonstances" tout à la fois musicale (adressée à Edgard Varèse ?), érotique (c'est tout le sel du détournement prosaïque opéré), et photographique (par l'appareillage visuel du texte proposant un contrechamp à ce dispositif architectural contraignant). Les expédients poétiques de cet "essai de littérature arrêtée" sont interrogés à l'aune des écrits théoriques de Jean-Marie Gleize composant avec eux un dialogue amical prolongé.

Gwladys Le Cuff est docteure de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales. Sa thèse, réalisée sous la direction de Giovanni Careri (Cral-Cehta), porte sur les rapports entre figuration et prophétie dans l'art de la Renaissance. Actuellement en postdoctorat à l'Institut national d'Histoire de l'art, elle est autrice de travaux scientifiques et co-autrice d'ouvrages de bande-dessinée expérimentale.

Gaëlle THÉVAL : Plaf !
Cerisy, 3 juillet 1972. Lors du colloque Tel Quel "Artaud, Bataille : vers une révolution culturelle", Denis Roche se livre à ce que l'on appellerait volontiers aujourd'hui une conférence-performance. Intitulée "Artaud refait, tous refaits !", l'intervention est narrée par l'auteur au début de la brochure du même nom, éditée en 1973, dont le contenu devient en 1976 le troisième chapitre du roman Louve basse. L'intervention inverse les codes du colloque, l'auteur refusant ostensiblement l'adresse orale pour, après avoir lancé une bande enregistrée au magnétophone, tourner le dos à l'assemblée et effacer, lentement, les mots tracés au tableau. La transcription de l'enregistrement, noyau de Louve basse, comporte 25 occurrences d'une onomatopée dont le sens est précisé en note : "Quant aux nombreux "plaf !" qui parsèment le texte, il ne s'agit là que du bruit — purement technique — de la touche du magnétophone ou de la cassette que l'on enfonce du doigt. Rappels nécessaires, à l'ordre".
C'est de ce micro événement sonore que nous nous proposons de partir pour interroger le rapport entre écriture, corps et machine chez Roche.
Le texte de Louve basse, partiellement né d'improvisations orales captées au magnétophone puis retapées à la machine, mêle dialogues, onomatopées et notations sonores composant un roman "polyphonique" sans se faire partition. Deux sens du "plaf" y sont à l'œuvre : bruit technique des machines et bruit de chute, les deux se rejoignant dans une esthétique du "bas" (fécal, pornographique, obscène) opposée au "beau langage" poétique. Mais "plaf" fonctionne aussi comme rappel à l'ordre, ponctuation chaotique qui interrompt le flux et relance l'écriture ("je repars"), inscrivant l'effort musculaire et corporel de la frappe. "Auto-somatographie", Louve basse, est le roman d'une écriture où le corps qui écrit, court, danse et se vautre, jusqu'à la défiguration du langage. On y montre finalement que Louve basse apparaît comme un "livre-performance" ou performographie, trace écrite d'une action physique et machinique.

Gaëlle Théval est maîtresse de conférences en Littérature et arts des XXe-XXIe siècles à l'Université de Rouen, membre du CéréDi (associée MARGE - Université Lyon 3). Ses recherches portent sur les poésies expérimentales, dans et hors du livre (poésies sonores, visuelles, numériques), en particulier de performance, et les relations inter-artistiques, selon une approche intermédiale et matérielle des supports et des gestes d'écriture. Elle a publié Poésies readymade, XXe-XXIe siècles (L'Harmattan, 2015) ; dirigé avec Hélène Campaignolle et Sophie Lesiewicz, Livre/Poésie : une histoire en pratique(s) (Paris, Éditions des Cendres, 2017) et Livre/Typographie une histoire en pratique(s) (Éditions des Cendres, 2020) ; avec Olivier Penot-Lacassagne, Poésie & performance (Nantes, Cécile Defaut, 2018) ; avec Anne-Christine Royère, Charles Pennequin (Classiques Gasnier, 2026) ; co-écrit avec Gilles Bonnet et Erika Fülöp, Qu'est-ce que la littéraTube ? (Ateliers/ sens public, 2023).


BIBLIOGRAPHIE :

Œuvres de Denis Roche

• Temps profond. Essais de littérature arrêtée : 1977-1984, Paris, Seuil, "Fiction & Cie", 2019.
• La Montée des circonstances, textes d'introduction par Farid Abdelouahab avec la collaboration de Guillaume Geneste et Françoise Peyrot, Paris, Delpire, 2018.
• La Photographie est interminable. Entretien avec Gilles Mora, Paris, Seuil, "Fiction & Cie", 2007.
• Le Boîtier de mélancolie. La photographie en 100 photographies, Paris, Hazan, 1999.
• La Poésie est inadmissible. Œuvres poétiques complètes, Paris, Seuil, "Fiction & Cie", 1995.
• La Disparition des lucioles. Réflexions sur l'acte photographique, Paris, Éditions de l'Étoile, 1982.
• Dépôts de savoir & de technique, Paris, Seuil, "Fiction & Cie", 1980.
• Louve basse, Paris, Seuil, "Fiction & Cie", 1976.
• Carnac, Paris, Tchou, 1969.

Essais critiques

• Denis Roche dans les plis du temps, Paris, Seuil, "Fiction & Cie", 2025.
• Guillaume CASSEGRAIN, Vanishing point. Approches de Denis Roche, Lyon, Fage éditions, 2019.
• Jean-Marie GLEIZE, Denis Roche. Éloge de la véhémence, Paris, Seuil, "Fiction & Cie", 2019.
• Stéphane BAQUEY, Le Primitivisme de Denis Roche. Lyrique amazonide, Paris et Lyon, Éditions des archives contemporaines et Centre d'études poétiques, 2008.
• Luigi MAGNO (éd.), Denis Roche : l'un écrit, l'autre photographie, Lyon, ENS Éditions, "Signes", 2007.
• Christian PRIGENT, Denis Roche, Paris, Seghers, "Poètes d'aujourd'hui", 1977.
• La Démonstration Denis Roche, "TXT", n°6-7, hiver 1974.


SOUTIENS :

• Université de Poitiers
• Laboratoire "Formes et Représentations en Linguistique, Littérature et dans les arts de l'Image et de la Scène" (FoReLLIS, UR 15076) | Université de Poitiers
• Dipartimenti "Lingue, Letterature e Culture Straniere" | Università Roma Tre
• Institut Mémoires de l'édition contemporaine (IMEC)

Programme 2026 : un des colloques

— Programme complet —


LA THÉORIE DU TRAVAIL VIVANT DE CHRISTOPHE DEJOURS

DE LA MÉTAPSYCHOLOGIE DU CORPS À LA PHILOSOPHIE SOCIALE


DU LUNDI 6 JUILLET (19 H) AU DIMANCHE 12 JUILLET (14 H) 2026

[ colloque de 6 jours ]


Félicien Rops dans son atelier (1844-1929), Paul Mathey, 1888


DIRECTION :

Frédérique DEBOUT COSME, Christian DU TERTRE, Isabelle GERNET

En présence de Christophe DEJOURS


COORDINATRICE :

Virginie HERVÉ


ARGUMENT :

Dans les années 1970, Christophe Dejours, alors médecin psychiatre et psychanalyste, élabore une pensée à la fois subversive et fondatrice, située au croisement de la psychanalyse, de la psychopathologie, de la sociologie, du droit, de la philosophie et de l'économie.

Ses propositions conceptuelles — telles que la subversion libidinale, l'inconscient amential ou encore l'hypothèse d'une troisième topique — ainsi que les discussions qu'il engage avec d'autres auteurs (psychosomatique de l'École de Paris, travail vivant chez Marx, théorie de la reconnaissance de Honneth, servitude volontaire de La Boétie…) font de Christophe Dejours une figure majeure des sciences humaines et sociales contemporaines.

L'ensemble de ces travaux compose une œuvre singulière et unique, articulant théorie du sujet et théorie sociale, au cœur de la discipline qu'il a fondée : la psychodynamique du travail. Celle-ci a permis des avancées décisives, tant théoriques que pratiques : mise en lumière de la souffrance au travail, contribution aux expertises judiciaires (notamment lors du procès France Télécom), renouvellement de l'édifice psychopathologique autour de la topique du clivage, ou encore propositions intégrant l'économie de la fonctionnalité et la coopération.

Ce colloque se propose d'examiner comment, depuis près d'un demi-siècle, ces apports ont nourri et transformé les sciences humaines et sociales, en France comme à l'étranger. Composé d'une vingtaine de communications et de soirées donnant la parole aux jeunes chercheurs, le programme sera complété par une demi-journée "HORS LES MURS" en vue d'échanges avec les acteurs normands. Croisant les différents domaines, cette semaine est largement ouverte aux auditeurs intéressés par les sujets traités et par les rencontres que favorise une expérience cerisyenne.


MOTS-CLÉS :

Action, Cinéma, Corps, Dejours (Christophe), Démocratie, Justice, Philosophie, Psychanalyse, Psychodynamique du travail, Syndicalisme, Théâtre, Travail


CALENDRIER DÉFINITIF :

Lundi 6 juillet
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Mardi 7 juillet
Matin
Frédérique DEBOUT COSME, Christian DU TERTRE & Isabelle GERNET : Introduction du colloque

PSYCHODYNAMIQUE DU TRAVAIL (PDT) ET ERGONOMIE
François HUBAULT : Quel est le "qui" de l'ergonomie ?

LE CORPS
Isabelle GERNET : Au commencement était le corps

Après-midi
MONISME / DUALISME
Ronan DE CALAN : Le corps d'abord ? La psychanalyse devant le problème corps-esprit

LA QUESTION DE LA GENÈSE DU CORPS ÉROTIQUE ET LA PLACE DE LA VIOLENCE, DES ABUS
Duarte ROLO : L'inconscient amential, un "réservoir de violence" ? Rôle et statut de la violence dans la troisième topique de Christophe Dejours

Soirée
Balade dans le parc du château


Mercredi 8 juillet
Matin
CORPS ET INTELLIGENCE
Christophe DEMAEGDT : Corps et Intelligence

PDT ET THÉORIE DE LA SÉDUCTION GÉNÉRALISÉE (LAPLANCHE)
Christophe DEJOURS : Présentation d'Alberto Luchetti et du travail de C. Dejours avec Laplanche

Après-midi
L'INTELLIGENCE AU PLURIEL DU CORPS À LA COOPÉRATION
Antoine DUARTE : L'espace de délibération à l'épreuve de l'agir communicationnel : discussion critique des fondements de la coopération en psychodynamique du travail

LA THÉORIE DU TRAVAIL VIVANT
Christian DU TERTRE : Le concept de "travail vivant" chez K. Marx et chez C. Dejours


Jeudi 9 juillet
Matin
PDT ET PHÉNOMÉNOLOGIE
Jean-Philippe DERANTY : Le travail vivant comme schème philosophique : quelques pistes pour une généalogie et de possibles voies de développement

TRAVAIL ET ANTHROPOLOGIE DE LA PDT
Claire PAGÈS : Clivage, enfance et travail

Après-midi
"HORS LES MURS" - À SAINT-LÔ
Visite au Haras national de Saint-Lô


Vendredi 10 juillet
Matin
PDT ET THÉORIES FÉMINISTES
Katia GENEL : Christophe Dejours en dialogue avec la théorie critique et féministe

PDT ET THÉORIE DU CARE
Frédérique DEBOUT COSME : "Travail vivant de soin" ou "care" ?

Après-midi
PDT ET TRAVAIL ANIMAL
Jocelyne PORCHER : Penser le travail animal grâce à la psychodynamique du travail

TRAVAIL ET PRODUCTION ARTISTIQUE
Les contributions retraceront la manière dont la théorie du travail vivant peut être mobilisée dans le champ de la création artistique (théâtre, cinéma) et quelles questions peuvent être adressées en retour à la théorie à partir de l'expérience des artistes engagés dans le travail de culture

Patricio NUSSHOLD
Stéphane BRIZÉ
Alexandrine BRISSON & Jean-Pierre BODIN


Samedi 11 juillet
Matin
PDT ET NOUVELLES PRATIQUES SYNDICALES
Sébastien CHEKROUN & Ramuntcho TELLECHEA : Nouvelles pratiques syndicales et psychodynamique du travail : forêts, communs et démocratie

PDT ET JUSTICE
Table ronde collective "Syndicat de la Magistrature", avec Eva COTHIAS, Stéphane FISCHESSER, Manon LEFEBVRE et Albertine MUÑOZ

Après-midi
PDT ET DÉMOCRATIE
Enrico DONAGGIO : Travail, pensée, émancipation. Christophe Dejours philosophe ? [enregistrement audio en ligne sur Canal U, chaîne La forge numérique | MRSH de l'université de Caen Normandie]
Emmanuel RENAULT : Les exigences démocratiques sont-elles compatibles avec l'organisation hiérarchique du travail ?

Soirée Jeunes Chercheurs
Psychodynamique du travail et travail de thèse : une discussion interdisciplinaire, table ronde avec Armando ARATA, Brian DÉMAS et Gaia PATTI | Présentation


Dimanche 12 juillet
Matin
Frédérique DEBOUT COSME, Christian DU TERTRE & Isabelle GERNET : Conclusion du colloque

Reprise et discussion par Christophe DEJOURS

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Frédérique DEBOUT COSME : "Travail vivant de soin" ou "care" ?
Dans cette présentation, Frédérique Debout Cosme cherchera à déterminer quelles sont les contributions en propre de Christophe Dejours à la discussion critique avec la philosophie morale et politique. Il s'agira de jeter un œil rétrospectif sur la genèse du débat entre la psychodynamique du travail et les Éthiques du Care, inscrites dans la philosophie morale et politique. Cela permettra de repérer les contributions de C. Dejours, les distinguer de celles des autres psychodynamiciens du travail travaillant sur ce champ, en repérer les éléments de filiation et d'écart afin de souligner l'originalité des apports de C. Dejours.

Après une formation de philosophe et des recherches en phénoménologie, Frédérique Debout Cosme a entrepris un parcours en psychologie clinique. D'abord psychologue à temps plein en E.S.A.T puis en unité d'accueil familial thérapeutique, et psychothérapeute en libéral. Depuis 2019, elle est Maîtresse de conférences en psychopathologie et psychodynamique du travail au Conservatoire et membre de l'Institut de Psychodynamique du Travail. Elle est membre de différentes sociétés savantes et a une pratique de psychothérapeute d'orientation psychanalytique en cabinet. Ses travaux de recherche portent sur les rapports entre travail et famille, le corps, le genre et la psychopathologie. Elle prépare son habilitation à diriger des recherches, soutenance prévue en 2026 à Lyon II, sur la thématique "travail de soin et écologie".

Christian DU TERTRE : Le concept de "travail vivant" chez K. Marx et chez C. Dejours
Le concept de "travail vivant" est élaboré par Karl Marx pour indiquer que cette activité singulière est à l'origine de la création de la valeur. Cette activité s'inscrit dans un "procès de travail" qui articule des contraintes "fonctionnelles" et des contraintes "institutionnelles" de telle manière que la production de la "valeur d'usage" est intrinsèquement liée aux conditions de sa valorisation sur un plan monétaire. Les formes concrètes de cette articulation dépendent des dispositifs institutionnels en vigueur, sur un plan historique. Christophe Dejours, en reprenant ce concept, va l'élargir à ce qui concerne les salariés, plus spécifiquement, dans leur vie, notamment dans sa dimension plus intime associée à l'engagement subjectif et aux relations intersubjectives dans le travail réel. Cette communication s'attellera à présenter, quant au fond, les liens qui opèrent entre santé mentale et création de la valeur dans le monde contemporain et leur dimension institutionnelle.

Christian du Tertre est Professeur en sciences économiques. Ses premières recherches s'inscrivent dans le cadre de la "Théorie de la Régulation" et portent sur les mutations industrielles. Elles mettent l'accent sur les liens entre la création de valeur et la subjectivité dans le travail. Dans les années quatre-vingt-dix, il réoriente ses recherches vers les activités de service et la place centrale de la subjectivité et de l'intersubjectivité en leur sein. Il formule le concept de "coopération transverse" associée à la coproduction du service et aux relations de service. Des liens étroits se construisent, alors, avec la Psychodynamique du Travail. À partir des années 2000, il étend ses recherches au développement durable ; ce qui le conduit à lier les enjeux d'émancipation dans le travail et par le travail à l'émergence d'un nouveau rapport au vivant. Il est l'un des fondateurs de la doctrine de l'Économie de la Fonctionnalité et de la Coopération et du laboratoire de recherche et d'intervention ATEMIS.

Isabelle GERNET : Au commencement était le corps
Dans le cadre de cette présentation, Isabelle Gernet s'attachera à montrer comment la référence au corps s'avère centrale dans l'édification théorique de l'œuvre de Christophe Dejours. Elle retracera la manière dont la clinique psychosomatique a été au principe d'une théorisation originale sur les rapports entre corps et pensée, théorisation au cœur de l'élaboration de la théorie du sujet et de la théorie du travail défendue en psychodynamique du travail.

Psychologie clinicienne de formation, Isabelle Gernet débute en 2002 une thèse de Psychologie Clinique sous la direction de Christophe Dejours portant sur la théorie et la clinique psychosomatique. Nommée Maitresse de Conférences en Psychologie Clinique et Psychopathologie d'abord à l'université de Lille puis à l'Institut de Psychologie de l'université Paris Cité depuis 2011, ses travaux de recherche explorent les processus psychiques en cause dans la genèse des décompensations psychopathologiques et somatiques en lien avec le travail. Titulaire d'une Habilitation à Diriger les recherches depuis 2023, elle dirige des travaux de recherche en psychopathologie et psychodynamique du travail et participe aux activités de l'Institut de Psychodynamique du Travail au titre de coordinatrice scientifique. Membre du Conseil Scientifique de la Fondation Laplanche, elle exerce également comme psychothérapeute d'orientation analytique en libéral.


Sébastien CHEKROUN & Ramuntcho TELLECHEA : Nouvelles pratiques syndicales et psychodynamique du travail : forêts, communs et démocratie
Comment l'introduction de la Psychodynamique Du Travail à l'Office National des Forêts permet d'accéder à plus d'autonomie donc plus de liberté au niveau de l'organisation du travail. Cette démarche, chez les gens de métier, est souvent suffisante pour consolider ou insuffler des stratégies de coopération qui réorientent le travail quant à son sens, sa place sociétale donc ses visées hic et nunc. C'est de la subversion du New Public Management dont il est question ici pour s'orienter vers les trois écologies : environnementale, sociale et subjective.

Sébastien Chekroun est psychologue clinicien dans le pôle de psychiatrie GHU Paris-Neuroscience & consultations ETAPP (santé-travail), doctorant dans le laboratoire Psychologie Clinique Psychopathologie Psychanalyse (PCPP) de l'université Paris Cité (UPC), ainsi que membre du laboratoire de l'Institut de psychodynamique du travail (IPDT).
Publication
Avenir et enthousiasme en psychiatrie : éclairage selon la psychodynamique du travail. Dialogue et Controverse, 2025 (1).

Ronan DE CALAN : Le corps d'abord ? La psychanalyse devant le problème corps-esprit
Le problème corps-esprit (ou Mind-Body Problem dans ses reformulations anglo-saxonne) a occupé la métaphysique classique et s'est transféré naturellement à cette branche de la métaphysique qu'était la psychologie. Celle-ci, devenue expérimentale, sous la plume de Herbart, Fechner et quelques autres, a changé la donne — comme la psychanalyse après eux et à leur suite. On voudrait mesurer ce qu'il en reste, en reprenant les démonstrations proposées par Christophe Dejours dans plusieurs ouvrages récents.

Christophe DEMAEGDT : Corps et Intelligence
La théorie du travail vivant accorde depuis ses premiers développements une place privilégiée au corps dans le génie de l'intelligence, dès lors que le sujet est confronté aux aléas du réel. Caractériser et décrire cette intelligence du corps est une tentative de répondre aux problèmes soulevés par "le verrou interne de la sublimation" (Dejours, 1986), ce qui conduira à réviser les conceptions psychanalytiques classiques et à produire une théorie de la sublimation originale.

Jean-Philippe DERANTY : Le travail vivant comme schème philosophique : quelques pistes pour une généalogie et de possibles voies de développement
Dans un premier temps, cette communication proposera une ébauche de généalogie du concept de travail vivant, en mettant en lumière l'héritage post-kantien de la conception marxienne du travail comme "vie qui produit la vie". Dans un deuxième temps, plusieurs apports essentiels de la tradition phénoménologique seront dégagés. Enfin, il sera montré comment la théorie de l'autopoïèse, au cœur de l'enactivisme contemporain, reprend les schèmes philosophiques identifiés et ouvre potentiellement la voie à une expansion conceptuelle féconde du travail vivant.

Enrico DONAGGIO : Travail, pensée, émancipation. Christophe Dejours philosophe ?
Rares sont les philosophes qui se sont intéressés de manière systématique et profonde au travail. Une question fondamentale oriente et structure leurs réflexions sur un sujet négligé de manière si symptomatique par la grande tradition occidentale : que fait le travail à la pensée et au potentiel d'émancipation qu'elle est supposée receler ? Christophe Dejours répond de façon très originale à cette question posée de Adam Smith jusqu'à Simone Weil, en conférant ainsi une dimension intrinsèquement philosophique à la psychodynamique du travail.

Enrico Donaggio est professeur de Philosophie et directeur scientifique de l'Institut d'études avancées à Aix Marseille Université.
Publications
Karl Löwith et la philosophie. Une sobre inquiétude, Payot, 2013.
Travail e(s)t liberté ?, Erès, 2022.
Utopies et travail, Teseo, à paraître en 2026.

Antoine DUARTE : L'espace de délibération à l'épreuve de l'agir communicationnel : discussion critique des fondements de la coopération en psychodynamique du travail
Cette communication propose une discussion théorique des fondements de la coopération en psychodynamique du travail à partir de l'œuvre de Christophe Dejours, en s'attachant plus particulièrement à la notion d'espace de délibération. En psychodynamique du travail, la coopération ne se réduit ni à la coordination prescrite ni à la recherche d'un consensus, mais repose sur une élaboration collective à partir de l'expérience du réel du travail. La référence à la théorie de l'agir communicationnel de Jürgen Habermas sera mobilisée comme point de débat, dans la mesure où elle conçoit la délibération comme un processus orienté vers l'entente rationnelle et la production d'un accord fondé sur des raisons partageables. En s'appuyant sur les travaux d'Oskar Negt, et notamment sur sa critique des présupposés normatifs de l'espace public et de la rationalité communicationnelle. À partir de cette controverse, l'hypothèse défendue est que l'espace de délibération en psychodynamique du travail relève moins d'un agir communicationnel que d'un espace conflictuel et clinique, traversé par la souffrance, les défenses et les rapports de domination, où la coopération se construit malgré les désaccords plutôt que par leur résolution consensuelle.

Katia GENEL : Christophe Dejours en dialogue avec la théorie critique et féministe
Les travaux de Christophe Dejours peuvent être lus comme une contribution à la philosophie sociale du travail. Ils présentent des affinités avec la théorie critique de l'École de Francfort, d'Adorno à Habermas, Honneth et Fraser. On analysera quelques aspects du dialogue entre psychodynamique du travail, théorie critique et théorie féministe.

François HUBAULT : Quel est le "qui" de l'ergonomie ?
Une ergonomie sans "sujet" ne peut pas prétendre s'inscrire réellement dans une perspective d'émancipation. De notre point de vue, prendre appui sur la psychodynamique du travail est une nécessité stratégique, théorique et politique, pour l'ergonomie. En retour, cette réorganisation conceptuelle est le levier d'un approfondissement de la question de l'intervention qui creuse, alors, une singularité de l'ergonomie. Dans ce double mouvement, se joue le dispositif d'échange entre les deux disciplines.

Claire PAGÈS : Clivage, enfance et travail
Christophe Dejours a livré l'analyse de deux clivages. D'une part, le clivage à l'intérieur du moi qui permet au travailleur un fonctionnement normopathique en secteur. D'autre part, le clivage entre inconscient sexuel refoulé et inconscient amential, formé de messages adressés par l'adulte à l'enfant rendus intraduisibles par leur caractère de violence ou d'abus. Dans son dernier livre, Pratique de la démocratie, Christophe Dejours précise la manière dont il faut concevoir l'articulation de ces deux clivages. En retour, émergent aussi d'autres interrogations. Comment comprendre que nous soyons tous clivés, compte tenu de la genèse spécifique de l'inconscient amential ? Comment évolue ensuite le fonctionnement en secteur avec les transformations les plus récentes de l'organisation du travail ? L'enjeu sera pour nous de discuter de la double théorie dejourienne du clivage ainsi que du lien qu'elle tisse entre enfance et travail, tant d'un point de vue anthropologique que de celui de la clinique contemporaine du travail.

Claire Pagès est professeure de philosophie sociale et politique à l'université Paris Nanterre (Sophiapol) et chercheuse associée à l'Institut de psychodynamique du travail (Paris). Spécialiste de philosophie des sciences humaines principalement du domaine allemand, elle travaille à l'articulation de la philosophie, de la psychanalyse et de la sociologie.
Publications
Lyotard et l'aliénation, PUF, "Philosophies", 2011.
Hegel & Freud. Les intermittences du sens, CNRS Éditions, 2015.
Qu'est-ce que la dialectique ?, Vrin, "Chemins philosophiques", 2015.
Norbert Elias, Les Belles Lettres, "Figures du savoir", 2017.
Pierre Clastres. Les Sociétés contre l'État, Amsterdam, "L'émancipation en question", 2024.
Dormir. Essai de philosophie sociale, Vrin, "Philosophie du présent", à paraître en 2026.
Jean-Français Lyotard, PUF, "Que sais-je ?", à paraître en 2026.

Jocelyne PORCHER : Penser le travail animal grâce à la psychodynamique du travail
Les rapports subjectifs des animaux au travail sont un impensé des sciences sociales autant que des sciences de la nature. C'est la psychodynamique du travail qui a permis de poser les bases de recherches sur le sujet en proposant des concepts et une théorie du sujet au travail que nous avons pu mobiliser de façon cohérente et robuste à propos des animaux. Depuis ma rencontre avec Christophe Dejours dans les années 2000, la question du travail animal étudiée au prisme de la PDT nous a permis de poser des questions nouvelles aux animaux et d'en obtenir de passionnantes réponses. C'est indéniablement la richesse de cette théorie pour penser le travail vivant qui a permis ces résultats inédits.

Emmanuel RENAULT : Les exigences démocratiques sont-elles compatibles avec l'organisation hiérarchique du travail ?
Il s'agira dans cette intervention de discuter les arguments suivant lesquels les hiérarchies de pouvoir et de compétence qui structurent les lieux de travail sont incompatibles avec des exigences de démocratisation radicales. On soutiendra que la psychodynamique du travail fournit des moyens de remettre en cause la pertinence de ces arguments, et on saisira l'occasion de discuter la manière dont Christophe Dejours pose la question de la démocratisation du travail dans Pratique de la démocratie. Servitude volontaire, travail et émancipation (Vrin, 2025).

Duarte ROLO : L'inconscient amential, un "réservoir de violence" ? Rôle et statut de la violence dans la troisième topique de Christophe Dejours
La troisième topique de Christophe Dejours est une théorie métapsychologique qui accorde une place centrale à la violence. La violence est impliquée dans la genèse de l'inconscient amential, par le biais de la violence que les adultes exercent sur le corps de l'enfant — ce que Dejours qualifie d'"accidents de la séduction" en référence à la théorie de la séduction généralisée de Jean Laplanche. Mais la violence est également un des modes d'expression privilégiés de l'inconscient amential. Il s'agira dans cette communication de revenir sur la fonction et le statut de la violence dans la troisième topique de Christophe Dejours.


Psychodynamique du travail et travail de thèse : une discussion interdisciplinaire, table ronde avec Armando ARATA, Brian DÉMAS et Gaia PATTI
Cette séance sera consacrée à une table ronde où trois doctorants expliqueront l'apport de la psychodynamique du travail dans leur thèses s'inscrivant dans trois champs disciplinaires différents (psychopathologie, ergonomie et philosophie). Ce sera l'occasion pour discuter de l'interdisciplinarité propre à la psychodynamique du travail aussi bien que pour réfléchir au rapport subjectif au travail de recherche, à la lumière de la PDT.

Armando ARATA
Armando Arata, professeur certifié d'italien, est titulaire d'un master en philosophie de l'université de Turin (Italie). Il est actuellement doctorant en Peace Studies entre l'université "La Sapienza" de Rome et l'université Paris Nanterre. Il mène des recherches portant sur l'œuvre de Primo Levi. Collaborateur de la revue scientifique Philosophy Kitchen, il est l'un des traducteurs de C. Dejours : L'ingranaggio siamo noi (Mimesis, Milano-Udine, 2021) et a publié l'article "Auteur de Primo levi et de la zone grise : une réflexion sur l'usage de cette notion pour l'analyse du travail contemporain" (Travailler, 2023/2, n°50).

Brian DÉMAS
Brian Démas est membre du laboratoire d'intervention et de recherche ATEMIS. Depuis 2023, il est doctorant à l'université Lyon 2, en ergonomie. Sa recherche s'appuie sur un travail de recherche-intervention mené depuis plusieurs années par ATEMIS auprès du Réseau Cocagne. Elle porte sur la conduite de l'action engagée au sein du Réseau Cocagne dans une perspective de "bien-vivre alimentaire" : comment penser une démarche de transformation institutionnelle - instituante - favorable à l’alimentation durable depuis l'activité des professionnels ?

Gaia PATTI
Gaia Patti est psychologue clinicienne à l’hôpital de jour de l’Association du Centre Etienne Marcel à Paris et doctorante à l’Université Paris Cité, Laboratoire Psychologie Clinique, Psychopathologie, Psychanalyse. Elle est membre de l’Institut de Psychodynamique du Travail. Sa recherche porte sur la métapsychologie du corps dans la psychose et sur le travail de soin dans les institutions psychiatriques.


BIBLIOGRAPHIE :

• DEJOURS C. (1980), Travail : usure mentale. Essai de psychopathologie du travail, Éditions du Centurion (Nouvelle édition augmentée, "De la psychopathologie à la psychodynamique du travail", Bayard Éditions, 1993 ; 3ème édition augmentée, 2000 ; 4ème édition, 2009).
• DEJOURS C., FAIN M. [sous la direction de] (1983), Corps malade et corps érotique, Éditions Elsevier Masson (2ème tirage, 1986).
• DEJOURS C., VEIL C., WISNER A. [sous la direction de] (1985), Psychopathologie du travail, Entreprise Moderne d'Édition.
• DEJOURS C. (1986), Le corps entre biologie et psychanalyse. Essai d'interprétation comparée, Préface de François DAGOGNET, Édition Payot (2ème édition, 1989).
• DEJOURS C. [sous la direction de] (1988), Plaisir et souffrance dans le travail, Séminaire Interdisciplinaire de Psychopathologie du travail, Édition de l'AOCIP, Tome I, Tome II (2ème édition, 1992 ; nouvelle édition, 2001).
• DEJOURS C. (1989), Recherches psychanalytiques sur le corps. Répression et subversion en psychosomatique, Éditions Payot.
• DEJOURS C., ABDOUCHELI E., JAYET C. (1994), Psicodinâmica Do Trabalho, Editora Atlas Sa.
• DEJOURS C. (1995-2023), La facteur humain, 8ème édition mise à jour, Presses Universitaires de France, Collection "Que sais-je ?".
• DEJOURS C. (1998), Souffrance en France. La banalisation de l'injustice sociale, Éditions du Seuil, "L'Histoire immédiate" (nouvelle édition augmentée, 2014).
• DEJOURS C. (1999), Conferencias Brasileiras, Fundacao Getulio Vargas Editora.
• DEJOURS C. (2001), Le corps d'abord. Corps biologique, corps érotique et sens moral, Éditions Payot-Rivages.
• DEBRAY R., DEJOURS C., FEDIDA P. (2002), Psychopathologie de l'expérience du corps, Éditions Dunod.
• DEJOURS C. (2003), L'évaluation du travail à l'épreuve du réel. Critique des fondements de l'évaluation, INRA Éditions, "Sciences en questions".
• DEJOURS C. (2004), Da Psicopatologia A Psicodinamica Do Trabalho, Selma LANCMAN & Laerte Idal SZNELWAR (Orgs.), Edicao Paradelo 15 & Co-edicao Fiocruz.
• DEJOURS, C. [sous la direction de] (2007), Conjurer la violence. Travail, violence et santé, Éditions Payot-Rivages (Édition de poche, 2011 ; 2019).
• DEJOURS, C. [sous la direction de] (2007), "Théorie de la séduction : validation, réfutation", Psychiatrie Française, Vol. XXXVIII, 4/07.
• DEJOURS C. (2009), Les dissidences du corps. Répression et subversion en psychosomatique, Éditions Payot.
• DEJOURS C., BEGUE F. (2009), Suicide et travail : que faire ?, Presses Universitaires de France.
• DEJOURS C. (2009), Travail vivant, Tome I : "Sexualité et travail", Tome II : "Travail et émancipation", Éditions Payot.
• DEJOURS C. [sous la direction de] (2010), Observations cliniques en psychopathologie du travail, Presses Universitaires de France, Collection "Souffrance et théorie".
• DEJOURS C. (2011), Da Psicopatologia A Psicodinamica Do Trabalho, Selma LANCMAN & Laerte Idal SZNELWAR (Orgs.), Edicao Paradelo 15 & Co-edicao Fiocruz (3a ediçao revista e ampliada).
• DEJOURS C., GERNET I. (2012), Psychopathologie du travail, Éditions Elsevier Masson, Collection "Les âges de la vie".
• DEJOURS C. (2012), La panne. Repenser le travail et changer la vie, Entretien avec Béatrice BOUNIOL, Éditions Bayard.
• DEJOURS C. (2015), El Sufrmiento En El Trabajo, Topia Editorial, Coleccion "Psicoanalisis, Sociedad y Cultura" (Secunda edicion ampliada, Topia Editorial, Coleccion "Psicoanalisis, Sociedad y Cultura", 2019).
• DEJOURS C. (2015), Le choix, Éditions Bayard.
• DEJOURS C., VOTADORO F. [sous la direction de] (2016), La séduction à l'origine. L'œuvre de Jean Laplanche, Colloque de Cerisy (2014), Presses Universitaires de France.
• DEJOURS C. (2016), Situations du travail, Presses Universitaires de France.
• CHAIGNOT-DELAGE N., DEJOURS C. [sous la direction de] (2017), Clinique du travail et évolutions du droite, Presses Universitaires de France.
• DEJOURS C., TESSIER H. [sous la direction de] (2018), Laplanche et la traduction : une théorie inachevée. Le mytho-symbolique : aide ou obstacle à la traduction ?, Presses Universitaires de France.
• DEJOURS C., DERANTY J.-P., RENAULT E., SMITH N. (2018), The Return Of Work In Critical Theory. Self, Society, Politics, Columbia University Press.
• DEJOURS C. (2019), Psicossomatica E Teoria Do Corpo, Editora Edgar Blücher Ltda.
• DEJOURS C., TESSIER H. [ed.] (2020), Narcissisme et "sexual" dans l'œuvre de Jean Laplanche, Presses Universitaires de France.
• DEJOURS C. (2021), Ce qu'il y a de meilleur en nous. Travailler et honorer la vie, Éditions Payot & Rivages.
• DEJOURS C. (2023), La panne : cesser d'être les esclaves du travail, 2ème édition revue et corrigée, Éditions Payot-Rivages.
• DEJOURS C. [sous la direction de] (2024), Écouter le travail vivant. Nouveaux chemins cliniques, Éditions de l'Atelier.
• DEJOURS C. (2025), Pratique de la démocratie. Servitude volontaire, travail et émancipation, Librairie philosophique VRIN.
• DEBOUT F., DEJOURS C., GERNET I., SCHWERING K.-L. (2025), Penser le corps. Théories psychanalytiques, Éditions de l'Atelier.


• DEJOURS C. (2019), L'entrée en résistance, écrit et réalisé avec Jean-Pierre BODIN et Alexandrine BRISSON ; Production : Compagnie La Mouline ; Co-Production : Les Tréteaux de France - Centre Dramatique National ; Office artistique de la région Nouvelle Aquitaine, La Mégisserie-Scène Conventionnée de Saint Junien ; Le Moulin du Roc-Scène Nationale à Niort ; DRAC Aquitaine ; Aide à la diffusion Ville de Paris et Ville de Niort. Représentations : Niort, 5-7-8 nov. 2019 ; Saintes, 18-19 nov. 2019 ; Saint Junien, 24 nov. 2019 ; Paris, Théâtre de la Reine Blanche, 27 nov. 2019 - 5 janv. 2020 ; Le Mans, 9 -10 janv. 2020, Éditions Azoé, 2021.
• BODIN J.-P., BRISSON A., DEJOURS C. (2012), Très nombreux, chacun seul, Production GRAT/Jean-Louis Hourdin, Ville de Chauvigny, Mégisserie/SainJunien, Théâtre Dijon-Bourgogne ; Compagnie La Mouline, DRAC Nouvelle Aquitaine ; Création Théâtre Dijon Bourgogne, Éditions Azoé, 2021.


SOUTIENS :

• Association PSY T A
• Institut de Psychodynamique du Travail (IPDT)
• Association Française de Psychodynamique et Psychopathologie du Travail (AFPPT)
• Laboratoire "Psychologie clinique, Psychopathologie Psychanalyse" (PCPP, UR 4056) | Université Paris Cité
• Laboratoire ATEMIS LIR - Laboratoire d’intervention et de recherche
• Syndicat de la Magistrature
• Conservatoire national des arts et métiers (Cnam)

Programme 2026 : un des colloques

— Programme complet —


SCIENCES ET SOCIÉTÉ : HISTOIRE OUVRIÈRE, HISTOIRE INDUSTRIELLE


DU LUNDI 29 JUIN (19 H) AU VENDREDI 3 JUILLET (14 H) 2026

[ colloque de 4 jours ]


DR, Office universitaire de recherches socialistes


SECRÉTAIRE TECHNIQUE:

Clément RECHER


ARGUMENT :

L'actualité n'a de cesse d'évoquer les questions de "désindustrialisation" et de "réindustrialisation", à l'heure où les emplois industriels dans les principaux pays européens semblent inexorablement en déclin. Face à ce phénomène existent de nombreuses interrogations quant à l'avenir des mondes industriels et ouvriers, et sur la place que ces derniers occupent dans la société.

Le colloque propose de partir de ce constat pour interroger cet univers et ses transformations historiques sous différents aspects, en lien avec des partenaires diversifiés. Quatre grandes thématiques seront particulièrement développées : l'histoire des industries comme relations sociales sous différents angles (élites patronales, émergence des approches gestionnaires, spécificités sectorielles à l'exemple des industries de l'énergie…) ; celle des mondes ouvriers et de leurs reconfigurations sociales et partisanes (histoire des mouvements ouvriers mais aussi des sociabilités, leur place dans l'appareil de production, l'introduction des approches de genre…) ; les dynamiques propres du monde éducatif liées à ces milieux (l'histoire de l'éducation populaire et de la formation ouvrière notamment) ; enfin, un intérêt spécifique pour les pensées critiques, particulièrement fécondes en ce qui concerne la description et la contestation des formes successives du capitalisme depuis le XIXe siècle (socialismes, marxismes, technocratismes, mouvements religieux…). La dimension environnementale, essentielle aujourd'hui dans le débat public, sera également intégrée à la réflexion d'ensemble.

Ancrée en histoire, cette rencontre mobilisera d'autres sciences humaines afin d'interroger les multiples dimensions d'univers complexes et variés, qui interrogent notre présent et l'avenir des sociétés occidentales.


MOTS-CLÉS :

Désindustrialisation, Éducation, Énergie, Environnement, Histoire, Industrie, Ouvriers, Pensées critiques, Relations sociales


CALENDRIER DÉFINITIF :

Lundi 29 juin
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Mardi 30 juin
OUVRIÈRES, OUVRIERS : DE LA CENTRALITÉ À LA MARGINALISATION ?
Matin
John BARZMAN : Résilience et agentivité face aux mutations : la "success story" des dockers du Havre
Nicolas LARCHET : Une désindustrialisation en trompe-l'œil. Concentration, désouvriérisation et transitions de l'industrie sucrière dans la France contemporaine

Après-midi
Anne DALMASSO : L'industrie dans des régions "non industrielles". Les Alpes, l'ouvrier et le touriste
Régis BOULAT : "Faire ce qu'à notre place ils feraient". La Société industrielle de Mulhouse face aux mutations industrielles du Sud Alsace (1945-1975)

Soirée
Discussion autour du documentaire De mémoires d'ouvriers (Gilles Perret, 2011)


Mercredi 1er juillet
Matin
ÉDUCATION, FORMATION ET MONDES OUVRIERS
Carole CHRISTEN : L'éducation industrielle dans la première moitié du XIXe siècle
François MATHOU : Les ouvriers à l'école du soir : éducation industrielle, promotion sociale et intégration politique sous le Second Empire et la Troisième République (1860-1914)
Stéphane LEMBRÉ : La formation des ouvriers, l'école et le travail au XXe siècle

Après-midi
RELATIONS SOCIALES : PENSER ET PRATIQUER LE COMPROMIS
Alexia BLIN : Consommer en socialiste (consommer en ouvrier) dans les mondes ouvriers au XXe siècle
Olga WOURMS : Le coopératisme mutuelliste du Courrier Français sous le Second-Empire : une certaine aspiration à l'autonomie face au capitalisme industriel (1866-1868)
Alain CHATRIOT : L'histoire du droit du travail en France entre luttes, compromis et réformes
Laurent HEYBERGER : Les ouvrières de DMC-Belfort (1900-1960) : de l'enquêté sérielle à l'enquête orale


Jeudi 2 juillet
QUELLE(S) HISTOIRE(S) DU TRAVAIL ? DU GENRE À L'ENVIRONNEMENT, NOUVELLES APPROCHES
Matin
Fanny BUGNON : Grèves de femmes et identité collective : les sardinières de Douarnenez, une référence multi-située (XIXe-XXIe siècle) [enregistrement audio en ligne sur Canal U, chaîne La forge numérique | MRSH de l'université de Caen Normandie]
Manuela MARTINI : Réinventer le tulle et la dentelle. Nouveaux produits, travail des femmes et transferts technologiques en France au XIXe siècle
François JARRIGE : Travail et environnement à l'âge industriel (XIXe-XXe siècles) : que signifie écologiser l'histoire du travail ?

Après-midi
Caroline FAYOLLE : Les associations ouvrières à l'épreuve de la mixité (1848-1851)
Yves BOUVIER : Entreprises industrielles, énergie et environnement dans la France des années 1970 et 1980

Moment d'échange entre les participants autour des renouveaux historiographiques à propos de l'histoire ouvrière et industrielle


Vendredi 3 juillet
"HORS LES MURS" — À L'IMEC (Abbaye d'Ardenne, Saint-Germain-la-Blanche-Herbe)
Matin
SOCIALISMES : PENSÉES RÉFORMATRICES, CRITIQUES ET RÉVOLUTIONNAIRES
Isaline AUDEBERT NOURI : Entre solidarité et contestation. Émergence des identités sociales à travers les bannières professionnelles du XIXe siècle
Adeline BLASZKIEWICZ-MAISON : Femmes en socialisme. L'exemple des militantes socialistes durant l'entre-deux-guerres
Jean-Numa DUCANGE : L'histoire des socialismes et des marxismes : quel(s) lien(s) avec quel(s) ouvriers ?
Élisa MARCOBELLI : Socialistes et sociaux démocrates. Violence, paix et socialismes ouvriers : débats et tensions au début du XXe siècle

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Yves BOUVIER
Yves Bouvier est Professeur d'histoire contemporaine à l'université Rouen-Normandie, chercheur rattaché au GRHis (Groupe de recherche d'histoire – UR 3831). Il travaille sur l'histoire industrielle, et plus particulièrement l'histoire de l'énergie, de l'innovation, de l'environnement et des entreprises. Dans le champ de l'histoire de l'énergie, il s'intéresse en particulier aux rapports entre producteurs et consommateurs et à la mise en œuvre d'une vision intégrée des énergies. Concernant l'histoire industrielle, ses travaux portent sur les territoires de l'industrie et sur les relations entre les entreprises et les pouvoirs publics dans la lignée de sa thèse sur la Compagnie générale d'électricité.
Publications
État et énergie. XIXe-XXe siècle, CHEFF, 2009.
Avec Pascal Griset et Jean-Pierre Williot, Face aux risques. Une histoire de la sûreté alimentaire à la santé environnementale, Le Cherche Midi, 2020.
"Les transformations économiques, 1958-1969 : Changer l'économie" et "Le volontarisme face à l'ouverture : l'économie des années 1969 à 1974", dans Éric Roussel & Frédéric Turpin (dir.), Histoire de la Ve République, tome 1, 1958-1981, Bouquins, 2024.

Carole CHRISTEN
Carole Christen est professeure d'histoire contemporaine à l'université Le Havre Normandie, rattachée au laboratoire IDEES (UMR 6266 CNRS). Elle travaille sur l'histoire sociale de la France au XIXe siècle et sur l'histoire de l'éducation populaire, en particulier l'histoire de l'éducation industrielle.
Publications
Histoire sociale et culturelle des Caisses d'épargne en France, 1818-1881, Economica, 2004.
À l'école du soir. L'éducation du peuple à l'ère des révolutions, Champ Vallon, 2023.
Direction d'ouvrages collectifs
Jules Siegfried (1837-1922). Négociant international, républicain libéral, réformateur social, Classiques Garnier, 2024.
S'unir, travailler, résister. Les associations ouvrières au XIXe siècle (avec Caroline Fayolle et Samuel Hayat), Presses Universitaires du Septentrion, 2021.
Histoire de l'éducation populaire, 1815-1945. Perspectives françaises et internationales (avec Laurent Besse), Presses universitaires du Septentrion, 2017.

Jean-Numa DUCANGE
Jean-Numa Ducange est Professeur d'histoire contemporaine à l'université de Rouen Normandie (GRHIS). Il a co-dirigé plusieurs revues et programmes de recherches à l'échelle internationale (Canada, Chine, Italie notamment). Spécialiste de l'histoire des gauches française, allemande et autrichienne, il a publié de nombreux articles et ouvrages sur ces sujets, traduits dans une dizaine de langues. Il préside le jury du prix L.-O. Frossard (Fondation de France) et est membre du jury du prix de la Fondation Jean-Jaurès.
Publications
Jules Guesde, Armand Colin, 2017 (rééd. augmentée, Dunod 2026).
Quand la gauche pensait la nation, Fayard, 2021 (réed. augmentée à paraître en anglais).
La République ensanglantée, Armand Colin, 2017 (rééd. augmentée, 2026).
Jean Jaurès, Perrin, 2024 (Prix de la biographie historique de l'Académie française, 2025).
Les marxismes, Puf/Qsj, 2025.


Fanny BUGNON : Grèves de femmes et identité collective : les sardinières de Douarnenez, une référence multi-située (XIXe-XXIe siècle)
Capitale de la conserve de poisson, Douarnenez est le théâtre, en 1924, d'une grève générale victorieuse au terme de 46 jours. Soutenue par la municipalité communiste et à l'écho national, la grève devient ensuite une référence mise en récit par les organisations communistes, un exemple à suivre et une séquence mémorialisée par une pluralité d'acteurs, réactivée progressivement par des mouvements politiques et syndicaux locaux à la faveur de la désindustrialisation et, plus récemment, du renouveau des mouvements féministes, faisant des sardinières une référence de la condition ouvrière féminine et de l'identité locale.

Fanny Bugnon est maîtresse de conférences en histoire contemporaine et études sur le genre à l'université Rennes 2. Spécialiste d'histoire des femmes, elle travaille sur la conflictualité socio-politique, l'engagement politique des femmes et ses déclinaisons en marge de la légalité. Elle s'intéresse également aux imaginaires sociaux autour du crime et de l'enfermement. Elle a notamment publié : L'élection interdite. Itinéraire de Joséphine Pencalet, ouvrière bretonne (1886-1972) (Le Seuil, 2024, préface de Michelle Perrot, Prix Augustin-Thierry 2024) ; Le Sexe interdit. La sexualité des Français et sa répression (avec Pierre Fournié, L'Iconoclaste, 2022) ; Les "Amazones de la terreur". Essai sur la violence politique des femmes, de la fraction Armée rouge à Action directe (Payot, 2015, réédition poche en 2025), et co-dirigé plusieurs ouvrages collectifs dont récemment Femmes contre le changement. Conservatisme, réaction et extrémisme en Europe. XVIIIe-XXIe siècle (avec Camille Cléret, Valérie Dubslaff, Tauna Gomes Silva et Solenn Mabo, PUR, 2024).

François JARRIGE : Travail et environnement à l'âge industriel (XIXe-XXe siècles) : que signifie écologiser l'histoire du travail ?
En 2023, la revue Monde du travail publiait un riche dossier intitulé "travail et écologie" : il réunissait des enquêtes consacrées aux liens entre syndicalisme et écologie, et à la façon dont les transformations environnementales en cours remodelaient l'expérience du travail, son exercice et ses conditions. Après la crise des Gilets jaunes, qui a conduit à interroger les tensions entre question sociale et question environnementale, de multiples initiatives ont œuvré à une écologisation de l'étude du travail et de son histoire. Les rencontres et enquêtes se multiplient sur ce thème : en 2023, un colloque associant universitaires et militants CGT questionna ainsi l'histoire croisée du syndicalisme et de l'environnement, alors que le colloque du Ruche — "la sueur et la poussière" — était également consacré à ce thème en 2025. Ce champ de recherche, longtemps peu développé en France, alors que des "labour environmental studies" avaient déjà vu le jour dans d'autres pays, tend désormais à s'étendre et à se structurer, dans la foulée notamment du travail de Renaud Bécot sur le syndicalisme après 1945. Dans cette contribution il s'agira de s'interroger sur ce processus d'écologisation en cours de l'histoire du travail, les enjeux historiographiques et méthodologiques qu'il soulève. Il s'agira aussi d'explorer ses formes, ses limites, et ses apports à la compréhension des dynamiques historiques des sociétés industrielles. À travers une réflexion de longue durée articulée à une série d'études de cas empiriques situés, nous tâcherons d'interroger les croisements possibles entre deux histoires qui s'ignorèrent longtemps.

François Jarrige est maître de conférences HDR en histoire contemporaine à l'université de Bourgogne et membre du LIR3S. Spécialiste d'histoire sociale et environnementale, intéressé par les mutations du travail à l'âge industriel, il a notamment publié La ronde des bêtes. Le moteur animal et la fabrique de la Modernité (La Découverte, 2023) ; Nature en Révolution. Une histoire environnementale de la France, 1780-1870 (vol.1), (La Découverte, 2025, avec J.B.-Fressoz, T. Le Roux, C. Marache, J. Vincent) ; et Verts de rage. Deux siècles de luttes environnementales en France (Le Détour, 2026).

Laurent HEYBERGER : Les ouvrières de DMC-Belfort (1900-1960) : de l'enquêté sérielle à l'enquête orale
Dollfus Mieg et Cie (DMC, Belfort) est l'une des plus grandes filatures françaises du XXe siècle. Le projet "Belpop" vise à reconstituer les comportements démographiques de ses ouvrières à partir du croisement d'archives sérielles - dont DMC, et de témoignages oraux, pour éviter d'opposer histoire quantitative et histoire orale (Descamps, 2005). Il s'agit, dans une démarche exploratoire, de voir comment penser "par cas", voire "faire cas" et éventuellement généraliser à partir de trajectoires singulières (Passeron et Revel, 2005, Dodd, 2013). On présentera la reconstitution des séquences complètes des grossesses/accouchements hors mariage, de la première grossesse au mariage (1904-1916) de deux ouvrières DMC, que l'on confrontera aux trajectoires d'Anny et Denise, ouvrières dans les années 1950, dont on a recueilli les témoignages oraux.

Laurent Heyberger est professeur d'histoire contemporaine à l'université Marie et Louis Pasteur, UTBM, CNRS, institut FEMTO-ST. Ses travaux sont consacrés à l'histoire anthropométrique (France, Algérie) et plus récemment à l'histoire des femmes et du genre (éducation et orientation professionnelle et surtout démographie historique), notamment à travers une étude interdisciplinaire portant sur les ouvrières belfortaines, 1871-1919.

Programme 2026 : un des colloques

— Programme complet —


TRANSFORMATIONS DES POLITIQUES CULTURELLES


DU JEUDI 18 JUIN (19 H) AU MERCREDI 24 JUIN (17 H) 2026

[ colloque de 6 jours ]


Mélissa Waucquier © Collectif XY, Le Pas du Monde (2025)


DIRECTION :

Jean-Paul OLLIVIER

En partenariat avec le Cycle des Hautes Études de la Culture (CHEC)


ARGUMENT :

De la culture pour tous à la culture avec chacun, les politiques culturelles publiques ont profondément évolué en France au cours des dernières décennies. Pour quelles raisons et selon quelles modalités ? Dans un contexte peu favorable à leur développement, voire à leur maintien, et face à la nécessité de transformations majeures, ce colloque propose d'observer l'existant, de nourrir le débat, d'identifier les enjeux et les contraintes, et d'esquisser des pistes d'avenir.

Les politiques culturelles ont plus que jamais vocation à accompagner la formation et le renouvellement d'imaginaires susceptibles de rendre la population plus apte à relever les défis liés aux dérèglements du monde contemporain, à accepter les transitions. Présents en filigrane dans l'ensemble des politiques publiques, les enjeux culturels doivent y trouver une place accrue afin de faire évoluer les représentations, favoriser l'émancipation et fabriquer du commun.

Les matinées du colloque se feront sous la forme de communications et de tables rondes tandis que les après-midis offriront des récits d'expériences, majoritairement normands. La pratique étant au cœur de l'expérience artistique, on fêtera pour la première fois la musique le 21 juin dans l'enceinte du château, en lien avec la commune de Cerisy-la-Salle et le Département de la Manche, illustrant un colloque qui fait la part belle à la parole des acteurs culturels.


MOTS-CLÉS :

Coopérations, Création, Demain, Écologie, Éducation, Numérique, Patrimoine, Pratique, Récits, Territoires


CALENDRIER DÉFINITIF :

Jeudi 18 juin
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, du colloque, des participants et du binôme réflexif : Benoît LABOURDETTE et Jean-François MARGUERIN


Vendredi 19 juin
TÉMOIGNAGES ET RÉCITS SUR LES TRANSFORMATIONS EN COURS
Matin
Témoigner des mutations en cours
Jean-Paul OLLIVIER : Histoire des politiques culturelles : crises et adaptations. De la culture pour tous à la culture avec chacun
Bernard LATARJET & Valérie SENGHOR : Regards croisés : deux grands témoins des enjeux contemporains des politiques culturelles | Animateurs : Manuel BAMBERGER et Cécile PORTIER

Après-midi
Quels récits pour demain ?
Entre récits d'anticipation et expérimentations concrètes : la littérature a-t-elle le pouvoir de changer le monde ?, table ronde animée par Sophie NOËL, avec Eva DOUMBIA, Mathias ECHENAY, Mehdi EL AFANI et Ève GABRIELLE

Passer à la pratique : écrire de nouveaux récits, ateliers accompagnés par Benoît LEMENNAIS et Sophie NOËL [Les résultats des ateliers sur les concepts de permaculture à l'échelle d'une bio région seront exposés et visitables les jours suivants dans les temps d'intermèdes]

Soirée
"Traversées de la littérature et des arts : penser-créer, accueillir-transmettre, vivre et projeter l'à venir à Cerisy", débat collectif animé par Mireille CALLE-GRUBER (texte lu par Edith HEURGON), Philippe FAUVERNIER, Laurent MARTIN, Claire PAULHAN et Nicolas TIXIER


Samedi 20 juin
LA CULTURE DANS UN MONDE EN MUTATION
Matin
Faire société par l'écologie culturelle
Nicolas ESCACH & Patrick SCHEYDER : L'Écologie culturelle : transformer les territoires par la culture

Comment rendre l'écologie désirable à travers les imaginaires ?, table ronde animée par Nicolas ESCACH & Patrick SCHEYDER, avec Benoît LEMENNAIS

Elisabeth TAUDIÈRE : Récit d'enquêtes sur le projet "Nous sommes Orne"
Maud LE FLOC'H : La culture au cœur des nouveaux dispositifs institutionnels, introduction contée par Alexandre LANÇA

Après-midi
Culture et révolution numérique
Olivier ALEXANDRE : Culture et numérique : comment lutter contre la "plateformisation" ?
Donatien AUBERT & Franck BAUCHARD : La transformation du travail de l'artiste en régime numérique

Soirée
Pierre CASSOU-NOGUÈS & Gwenola WAGON : Conférence / Performance sur la base du projet du "Chant des fibres perdues"


Dimanche 21 juin
CULTURE EN TERRITOIRES : REFONDER LES POLITIQUES CULTURELLES EN SENS ET EN MOYENS ?
Matin
Pourquoi un engagement public en faveur de la culture ? Et sous quelle forme ? Quelle allocation des moyens ?
Vers de nouveaux modèles économiques pour une culture au service de l'intérêt général, table ronde animée par Jean-François MARGUERIN, avec Patrick FOLL, Aymeric PICHEVIN, Lucile RIMBERT et Martine ZUSSY

"Outil de citoyenneté culturelle ou vecteur de marchandisation ?", temps d'échange sur les évolutions du Pass Culture, avec François CATALA (Directeur du développement culturel et de la coopération territoriale du Pass Culture)

Après-midi
Quelles actions pour quels territoires ? Penser des politiques culturelles situées dans un souci d'équité des territoires
Jean-Michel KNOP : Ouverture
Pascale LABOUT & Marielle STINÈS : Récit d'expérience : Des chemins de culture. Un projet à la croisée de la conception participative des politiques publiques et de l'intervention artistique dans le Haut Perche
Yanik LEFORT : Récit d'expérience : Des écarts à la trace. Un projet de professionnalisation aux pratiques artistiques et leur transmission en Guyane
Laure MÉNÉGOZ : Récit d'expérience : Un partenariat culturel au long cours avec les habitants de La-Grâce-de-Dieu à Caen

Fin d'après-midi & Soirée
Fête de la Musique
À cette occasion, les habitants du voisinage sont invités à venir au château pour fêter la musique. Renouant avec l'esprit de Maurice Fleuret qui fut l'un des initiateurs de cette manifestation aujourd'hui incontournable, des musiciens amateurs, élèves de l'école de musique de la Communauté de communes de Coutances, participants de l'Orchestre à l'école du collège de Cerisy… proposeront en extérieur ou dans les bâtiments, plusieurs moments musicaux. La soirée se poursuivra avec un concert de l'ensemble vocal Syrinx, dirigé par Christine NEVEU.


Lundi 22 juin
DE LA NOTION DE PUBLIC À CELLE D'ACTEUR DE SA PROPRE CULTURE
Matin
Les droits culturels au service du lien citoyen et territorial
Anne AUBRY : Droits fondamentaux, droits culturels et démocratie
Christelle BLOUËT : Ouvrir des espaces de pratique

Les enjeux de transformation par les droits culturels issus du Forum Paideia, ateliers animés par Anne AUBRY et Christelle BLOUËT

Après-midi
L'art des liens
Pascal LE BRUN-CORDIER : Repenser les outils de l'action : vers un contrat de résonance, outil relationnel pour imaginer, accompagner et évaluer les lieux et les projets culturels (échanges en l'absence de l'interlocuteur sur l'actualité du contrat de résonance)
Jefferson DESMOULAINS : Partenaires publics : investir la mission d'ensemblier pour accompagner et structurer sans prescrire, entre réalités territoriales, droits culturels et liberté de la création
Sonia LEPLAT : Pour une reconnaissance de l'engagement amateur
Jean-Claude LEMENUEL : De la pratique identitaire à l'échange interculturel : quand héritages culturels et affinités électives se rencontrent

Soirée
"Anatomie d'une crise sans fin (Spectacle Vivant)", conversation avec Jean-François MARGUERIN, introduite par Jean-Paul OLLIVIER


Mardi 23 juin
QUELS RÉELS OUTILS D'ÉMANCIPATION ?
Matin
Repenser la médiation culturelle : de la transmission à la transformation
Jean-Paul OLLIVIER : Hommage à Paul Desjardins et à son école de la culture commune (1913)

L'épreuve par l'image : penser autrement par la pratique, atelier de création photographique collective animé par Benoît LABOURDETTE

Benoît LABOURDETTE : Ce qu'est la médiation culturelle aujourd'hui

Sophie LEMAIRE : Et si on partageait la culture ? Dispositifs d'accessibilité pour tous les publics

Après-midi
Patrimoine / Matrimoine et droits culturels
Emilie LHOSTE : Patrimoines et Convention de Faro, comment appliquer les droits culturels dans les politiques patrimoniales ?

Parole d'élus : deux récits d'expérience sur la reconnaissance élargie du patrimoine
Bernard LEROY & Emmanuel POUS : Gaillon : les Renaissances d'un château
Caroline CLÉMENSAT : Les Franciscaines [visioconférence]

Faustine LE BRAS : L'engagement en faveur de l'égalité réelle entre les genres dans le secteur des arts et de la culture : le matrimoine comme héritage culturel (intervention présentée par Sonia LEPLAT)


Mercredi 24 juin
VERS UN RÉSEAU D'INITIATIVES CULTURELLES INDÉPENDANTES, ROBUSTES ET RELIÉES
Matin
"Écosystèmes territoriaux, interdisciplinarité, participations citoyennes : vers une maturité coopérative ?", dialogues animés par Benoît LEMENNAIS, avec Fazette BORDAGE et Igor LOUBOFF

"Des projets situés aux renoncements internationaux", conversation entre Jérôme BEL (Nouvelles postures, nouvelles pratiques nouveaux espaces ? Comment penser des initiatives culturelles indépendantes, robustes et reliées ?) [visioconférence] et Simon FALGUIÈRES, introduite par Benoît LEMENNAIS

Après-midi
Conclusion du colloque, bilan, échanges

DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Jean-Paul OLLIVIER
Jean-Paul Ollivier a effectué la plus grande partie de sa carrière au ministère de la Culture au sein de l'administration centrale et d'établissements publics comme l'Opéra National de Paris ou le Centre Pompidou dont il fut successivement directeur juridique et financier et administrateur du Musée. Entre 2002 et 2010, il a œuvré au rayonnement de la culture française à l'étranger en exerçant les fonctions de directeur du centre culturel de Milan, de la Villa Kujoyama et de l'Institut franco-japonais du Kansai. Il a ensuite mis en œuvre, en tant que directeur régional des affaires culturelles de Champagne-Ardenne, la politique culturelle de l'État sur ce territoire. Nommé directeur régional des affaires culturelles de Basse-Normandie en avril 2014, il a été chargé en 2015 de la préfiguration des services de la direction régionale des affaires culturelles de Normandie dont il fut le premier directeur de 2016 à 2020. Il exerce désormais des responsabilités associatives dans le domaine culturel.

Cycle des Hautes Études de la Culture (CHEC)
Fondé sur la nécessité de créer, sur les questions de culture et de lien culturel, un cadre approprié d'ouverture et de dialogue, le CHEC, a été créé par le ministère de la Culture en 2019. Il constitue chaque année un collectif d'une cinquantaine d'auditrices et d'auditeurs (responsables en administrations nationales et territoriales, en établissements publics, parlementaires, diplomates, secteur privé associatif et marchands, organisations syndicales, chercheurs, journalistes, artistes…). Au fil des neuf modules de 2 ou 3 jours constitués de conférences, débats, travaux de groupes, il a pour vocation à réinterroger les grandes thématiques des politiques culturelles dans un triple objectif de rayonnement, de décloisonnement et de renouvellement des approches permis par la grande diversité des auditeurs comme des intervenants.
https://www.culture.gouv.fr/chec


Benoît LABOURDETTE
Benoît Labourdette est cinéaste, chercheur, pédagogue et consultant en innovation culturelle. Auteur de sept longs et quatre cents courts métrages, il a fondé en 2005 avec le Forum des images le Festival Pocket Films, à l'apparition des caméras dans les téléphones mobiles. Il accompagne collectivités, institutions et entreprises (MPAA, ALCA Nouvelle-Aquitaine, Observatoire des Politiques Culturelles, Protection Judiciaire de la Jeunesse) dans la transformation de leurs politiques culturelles, en plaçant l'intelligence collective et la création artistique participative au cœur des processus, avec des outils numériques qu'il conçoit à leur service, dans la perspective des droits culturels. Chacune de ces interventions est aussi un terrain de recherche, qu'il prolonge dans l'enseignement, la formation professionnelle et dans l'écriture, notamment l'ouvrage Défendre la culture autrement : méthodes pour demain (BIP éditions, 2025). Chercheur associé à l'IRCAV, il préside l'agence Benoît Labourdette production.

Jean-François MARGUERIN
Jean-François Marguerin a effectué l'ensemble de sa carrière au ministère de la culture ainsi qu'au ministère des affaires étrangères, en particulier comme directeur de services régionaux déconcentrés ou d'établissements nationaux sous tutelle de l'État. En métropole, outre mer comme à l'étranger. En parallèle, il a enseigné dans diverses universités parisiennes l'histoire des politiques culturelles. Il est notamment l'auteur avec Bernard Latarjet de Pour une politique culturelle renouvelée, ouvrage récemment publié chez Actes Sud. Il préside aujourd'hui plusieurs entreprises artistiques ou de formation professionnelle, s'investit dans la vie associative et reçoit régulièrement commande d'études de la part de collectivités ou d'organismes divers.


SOUTIENS :

• Cycle des Hautes Études de la Culture (CHEC)
• Direction régionale des Affaires culturelles Normandie (DRAC)
• Normandie Livre & Lecture
• Matmut

Programme 2026 : un des colloques

— Programme complet —


RAYMOND ARON

RAISON ET LIBERTÉ AU XXIe SIÈCLE


DU MARDI 9 JUIN (19 H) AU LUNDI 15 JUIN (14 H) 2026

[ colloque de 6 jours ]


© Jacques Loew/Photo 12


SECRÉTAIRE TECHNIQUE :

Gauthier GERMAIN


ARGUMENT :

Pontigny, 1928 : Raymond Aron est invité par Paul Desjardins à participer aux Décades qui rassemblent tous les étés dans cette abbaye bourguignonne les intellectuels et écrivains de l'époque. Cerisy, 1958 : Raymond Aron organise dans ce château normand une rencontre autour de l'historien britannique Arnold Toynbee et de sa conception des civilisations. Deux dates, deux lieux historiques mais une même continuité : poursuivre l'aventure intellectuelle initiée au début du siècle par Paul Desjardins.

En faisant écho à la formation intellectuelle de Raymond Aron élaborée à partir de l'expérience historique des années 1930 et des menaces des régimes totalitaires contre les démocraties, ce colloque s'inscrit dans cette lignée et cet esprit. Il entend débattre de la démocratie moderne, de ses contradictions et de ses crises, examiner les transformations du capitalisme et du système géopolitique, penser la guerre et les menaces extérieures. En bref, comprendre l'histoire du XXIe siècle tout en restant fidèle à la liberté politique et en s'engageant pour la défendre.


MOTS-CLÉS :

Aron (Raymond), Autoritarisme, Capitalisme, Démocratie, États-Unis, Europe, Guerre, Histoire universelle, Idéologies, Liberté, Populisme, Raison, Système international


CALENDRIER DÉFINITIF :

Mardi 9 juin
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Mercredi 10 juin
OUVERTURE BIOGRAPHIQUE
Matin
Élisabeth DUTARTRE-MICHAUT : De la philosophie au combat de la liberté
Anthony DEKHIL : Trouver sa voie : Raymond Aron et la philosophie française de l'entre-deux-guerres
Gwendal CHÂTON : Raymond Aron, un combattant pour la liberté

Après-midi
Pierre MANENT : La philosophie politique de Raymond Aron

Soirée
Projection du documentaire Raymond Aron, le chemin de la liberté, en présence du réalisateur Fabrice GARDEL (co-réalisateur : Mathieu Weschler, 2019, 55 mn)


Jeudi 11 juin
ACCÉLÉRATION DU CAPITALISME ET NOUVELLES IDÉOLOGIES
Matin
Armand HATCHUEL : L'histoire d'une théorie de l'action. Réflexions autour de "trois essais sur l'âge industriel" et de l'épistémologie critique de Raymond Aron | Discutant : Alain SCHNAPPER

Les forces politiques face aux grandes mutations du XXIe siècle, table ronde animée par Agnès LOUIS, avec Gérard GRUNBERG [Partis politiques et classes politiques dans la démocratie du public] et Jan-Werner MÜLLER [L'ère du populisme ? (enregistrement audio en ligne sur Canal U, chaîne La forge numérique | MRSH de l'université de Caen Normandie)]

Après-midi
David DJAÏZ : Entre chien et loup. Schmitt, Kojève, Strauss et la synthèse aronienne | Discutant : Benjamin BRICE
Maximilien RADVANSKY : Nouvelles leçons sur la société numérique | Discutant : Maxence BRISCHOUX

Soirée
Autour du piano, soirée musicale avec Irène TOPORKOFF-MAYER


Vendredi 12 juin
LES DIALECTIQUES DE LA MODERNITÉ
Matin
L'Europe face au défi de l'histoire universelle : décadence ou renaissance ?, table animée par Pauline SCHNAPPER, avec Thierry CHOPIN [L'Europe face à la révolution des relations internationales : de l'union économique à l'union (géo)politique ?], Camille GRAND [La défense de l'Europe face à la fin de la République impériale] et Vivien A. SCHMIDT [L'Intégration européenne face aux grands défis politiques : Populisme géopolitique et national populisme]

Après-midi
Guillaume HOUDANT : Le style de Raymond Aron | Atelier - Causerie puis lecture de morceaux choisis

Actualité éditoriale :
- Présentation de la collection "Bibliothèque Raymond Aron" des éditions Calmann-Lévy, par Gilles ACHACHE
- Présentation du cours de Raymond Aron au Collège de France "Théorie de l'action politique" publié dans cette collection, par Benjamin BRICE
- Présentation du cours de Raymond Aron au Collège de France "Critique de la pensée sociologique" (Odile Jacob), par Perrine SIMON-NAHUM


Samedi 13 juin
LES DÉSILLUSIONS DE LA DÉMOCRATIE AU XXIe SIÈCLE
Matin
Les régimes et les idéologies, table ronde animée par Perrine SIMON-NAHUM, avec Sophie MARCOTTE CHÉNARD [Techno-optimisme et techno-autoritarisme : les philosophies de l'histoire de la Silicon Valley], Dominique REYNIÉ [L'avenir de la démocratie] et Philippe URFALINO [Ce que la pensée illibérale nous apprend de la démocratie libérale]

Après-midi
DÉTENTE

Soirée
Annonce des lauréats du Prix Raymond Aron pour la Recherche


Dimanche 14 juin
LE SYSTÈME INTERNATIONAL. PAIX IMPOSSIBLE, GUERRE OMNIPRÉSENTE ?
Matin
Nicolas BAVEREZ : Raymond Aron stratège
Jean-Vincent HOLEINDRE : Face aux nouveaux empires : une interprétation aronienne du système international contemporain

La rivalité des deux géants, table ronde animée par Maxence BRISCHOUX, avec Gilles ANDRÉANI [Les États-Unis, une puissance inquiète] et Alice EKMAN [Les ambitions impériales de la Chine - visioconférence]

Après-midi
Les guerres du XXIe siècle
Carte blanche à Bruno TERTRAIS : Les mutations de la guerre au XXIe siècle
Jules Sergei FEDIUNIN : Un expansionnisme en panne d'effectifs ? Réflexions sur la guerre (en Ukraine) au prisme du changement démographique

Raymond Aron et son influence internationale du XXe au XXIe siècle, table ronde animée par Giulio DE LIGIO [L'exigeant héritage de Raymond Aron], avec Felipe FRELLER [Raymond Aron et le renouveau réaliste dans la théorie politique contemporaine] et Cynthia SALLOUM [Le grand débat transatlantique]


Lundi 15 juin
Matin
SYNTHÈSE DU COLLOQUE
Rapports d'étonnement des doctorantes et doctorants, jeunes chercheuses et jeunes chercheurs, introduits par Thomas CHARRAYRE et Cecila DRAGO, suivis d'une discussion générale

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Nicolas BAVEREZ
Avocat associé au sein du cabinet August Debouzy, Nicolas Baverez est également historien et économiste. Éditorialiste au Figaro et au Point, il est l'auteur de plusieurs livres.
Publications récentes
Sursaut, Éditions de L'Observatoire, 2024.
Démocraties contre empires autoritaires, Éditions de l'Observatoire, 2023.
(Re)constructions, Éditions de l'Observatoire, 2021.
Le monde selon Tocqueville, Éditions Tallandier, 2020.
L'alerte démocratique, Éditions de l'Observatoire, 2020.
Violence et Passions : Défendre la liberté à l'âge de l'histoire universelle, Éditions de l'Observatoire, 2018.
Chroniques du déni, Albin Michel, 2017.
Danser sur un volcan, Albin Michel, 2016.
Lettres béninoises, Albin Michel, 2014.
Réveillez-vous, Fayard 2012.
Après le Déluge : essai sur la grande crise de la mondialisation, Perrin 2009.
En route vers l'inconnu, Perrin, 2008.
Que Faire ? Agenda 2007, Perrin, 2006.
Nouveau Monde, Vieille France, Perrin, 2006.
Raymond Aron : penser la liberté, penser la démocratie, Gallimard, "Quarto", 2005.
La France qui tombe, Perrin, 2003.
Raymond Aron, un moraliste au temps des idéologies, Flammarion, 1993 (2e éd. revue, 2005).

Maxence BRISCHOUX
Maxence Brischoux est administrateur de l'État et chercheur associé en relations internationales au Centre Thucydide de l'université Paris-Panthéon-Assas. Membre du comité de rédaction de la revue Commentaire. Ses travaux portent sur l'économie politique internationale et l'épistémologie des relations internationales, et cherchent à identifier la place des échanges économiques dans le système international et la spécificité de la science politique par rapport à l'analyse économique.
Publications
Le Commerce et la Force, Calmann-Lévy, "Liberté de l'esprit", 2021, Prix de philosophie politique Émile Perreau-Saussine.
Géopolitique des Mers, PUF, "Géopolitiques", 2023.

Élisabeth DUTARTRE-MICHAUT
Élisabeth Dutartre-Michaut est ingénieure de recherche au Centre des Savoirs sur le Politique. Recherches et Analyses de l'École des hautes études en Sciences sociales. Elle a édité les actes des colloques Raymond Aron et la liberté politique, Budapest, 6 et 7 octobre 2000 (avec Christian Bachelier, Éditions de Fallois, 2002), Raymond Aron et la démocratie au XXIe siècle, Paris, 11-12 mars 2005 (Éditions de Fallois, 2007) et publié l'inventaire du Fonds Raymond Aron (Bibliothèque nationale de France/EHESS, 2007). Elle a également dirigé The Companion to Raymond Aron (avec José Colen, Palgrave Macmillan, 2015) et le Cahier Raymond Aron (Éditions de l'Herne, 2022).

Perrine SIMON-NAHUM
Perrine Simon-Nahum est docteure en histoire et spécialiste de philosophie française contemporaine, directrice de recherche au CNRS et professeure attachée au département de philosophie de l'ENS-Ulm. Elle a édité les Essais sur la condition juive contemporaine de Raymond Aron (Éditions de Fallois, 1989, rééd. Tallandier, "Texto", 2007), co-dirigé l'ouvrage Raymond Aron : un philosophe dans l'histoire : Armer la sagesse (Éditions de Fallois, 2008), et a annoté et commenté une version inédite des Mémoires de Raymond Aron (Éditions Robert Laffont, 2025).
Publications
Les Déraisons modernes, Éditions de l'Observatoire, 2021.
Sagesse du politique : Le devenir des démocraties, Éditions de l'Observatoire, 2023.
La nouvelle "causalité diabolique", Éditions de l'Observatoire, 2024.


Gwendal CHÂTON
Gwendal Châton est maître de conférences HDR en science politique à l'université de Rennes. Il est chercheur à l'Institut du droit public et de la science politique (IDPSP), actuellement en délégation CNRS au CEVIPOF de Sciences Po. Ses travaux portent sur l'histoire des idées et la théorie politique, en particulier les idées libérales et les théories de la démocratie. Il a récemment publié Introduction à R. Aron (La Découverte, 2023, 2e éd.), Calmann-Lévy, éditeur engagé. Défendre l'antitotalitarisme dans la guerre froide des idées (Calmann-Lévy, 2024). Membre du comité de rédaction de la revue Commentaire, il est l'auteur de nombreux articles sur la pensée de R. Aron et a contribué au Routledge International Handbook of Raymond Aron (à paraître en 2026). Il fait paraître en septembre une Introduction à la science politique (Dalloz, avec J. Baudouin).

Thierry CHOPIN
Thierry Chopin est docteur en études politiques de l'EHESS ; il est professeur associé à Sorbonne Université et professeur invité au Collège d'Europe (Bruges). Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur l'Union européenne ainsi que sur les États-Unis.
Publications
Une Europe pour aujourd'hui et pour demain. Souveraineté, solidarités, identité commune, La documentation française, 2022.
La fracture politique de l'Europe. Crise de légitimité et déficit politique, Larcier, 2015.
L'Europe d'après (avec J.-F. Jamet et C. Lequesne), Lignes de repères, 2012.
Politique européenne. États, pouvoirs et citoyens de l'Union européenne (avec Y. Bertoncini), Presses de Sciences Po - Dalloz, coll. "Amphis", 2010.
(codir.) Dictionnaire critique de l'Union européenne, Armand Colin, 2008.
L'Amérique et l'Europe. La dérive des continents ?, Grasset, coll. "Nouveau collège de philosophie", 2006.
La République "une et divisible". Les fondements de la Fédération américaine, Plon, coll. "Commentaire", 2002.
Benjamin Constant. Le libéralisme inquiet, Michalon, coll. "Le bien commun", 2002.
Le Fédéraliste. La démocratie apprivoisée (avec L. Bouvet), Michalon, coll. "Le bien commun", 1997.

Felipe FRELLER : Raymond Aron et le renouveau réaliste dans la théorie politique contemporaine
Au cours des deux dernières décennies, le réalisme s'est imposé comme un courant spécifique de la théorie politique, ayant pour source principale les critiques de Bernard Williams et Raymond Geuss à l'égard des excès d'idéalisme et de moralisme dans la théorie politique normative mainstream d'inspiration rawlsienne. Ce renouveau réaliste a suscité de nouvelles interrogations sur la tradition réaliste dans la pensée politique, y compris l'école réaliste classique des relations internationales. Malheureusement, Raymond Aron est un auteur encore peu exploré dans les recherches inspirées par le soi-disant "realist revival". J'interrogerai les raisons de cet oubli et j'examinerai les contributions que l'œuvre aronienne peut apporter à ce renouveau du réalisme dans la théorie politique contemporaine.

Felipe Freller est professeur au Département de science politique de l'université de São Paulo (USP). Docteur en science politique à l'USP et en études politiques à l'École des hautes études en sciences sociales, il est l'auteur de Quand il faut décider. Benjamin Constant et le problème de l'arbitraire (Classiques Garnier, 2023). Ses travaux portent sur le libéralisme, l'antitotalitarisme et le renouveau réaliste dans la théorie politique.

Gérard GRUNBERG : Partis politiques et classes politiques dans la démocratie du public
Une réflexion sur l'état et les transformations des forces politiques dans notre siècle doit s'inscrire, selon moi, dans une interrogation plus large sur l'existence éventuelle d'une crise de la démocratie représentative elle-même. Si une telle crise existe c'est d'abord au niveau des partis politiques et des classes politiques qu'il faut en rechercher les causes. Nous faisons nôtres ici les réflexions de Joseph Schumpeter dans son ouvrage Capitalisme, socialisme et démocratie. Selon sa théorie alternative à la théorie classique de la démocratie, la démocratie représentative étant essentiellement "le règne du politicien", ce sont les classes politiques et les partis politiques qui en constituent les éléments centraux. Du coup, une crise grave à ce niveau la met donc nécessairement en péril. Le choix du thème de cette table ronde m'incite par conséquent à centrer mon intervention sur la recherche d'une crise des classes politiques et des organisations politiques qui les constituent et de leurs causes. J'emprunte ici dans le titre les termes démocratie du public en référence à ce concept utilisé par Bernard Manin dans son ouvrage sur les principes du gouvernement représentatif.

Gérard Grunberg est Politologue, Directeur de recherche émérite au CNRS, Ancien directeur scientifique de Sciences Po et Directeur de la revue en ligne Telos.
Publications
Les socialistes français et le pouvoir, l'ambition et le remords, Hachette Pluriel et Fayard (avec Alain Bergounioux).
La loi et les prophètes, les socialistes français et les institutions politiques, CNRS éditions.
Napoléon Bonaparte, le noir génie, CNRS éditions.
La République et les sauveurs, Calmann Levy - Liberté de l'Esprit.

Sophie MARCOTTE CHÉNARD : Techno-optimisme et techno-autoritarisme : les philosophies de l'histoire de la Silicon Valley
Cette contribution aborde la question des désillusions de la démocratie au XXIe siècle à partir de l'angle des développements technologiques de l'intelligence artificielle, pour la plupart situés dans la baie californienne de la Silicon Valley, et met au jour les implications politiques de la philosophie de l'histoire mise de l'avant par plusieurs géants de la tech. Je propose d'interpréter les discours eschatologiques et techno-utopistes de la Silicon Valley à la lumière des leçons que tire Aron des philosophies marxistes de l'histoire dans L'Opium des intellectuels. Je tenterai de montrer que nous assistons à la montée en puissance d'une nouvelle idéologie relativement cohérente — que l'on pourrait désigner comme un futurisme réactionnaire — qui vient justifier et alimenter le développement des technologies d'intelligence artificielle et leur rôle politique grandissant. Ce projet technologique porté par plusieurs grandes compagnies de la tech repose sur une théorisation du présent et de l'avenir qui, en plusieurs aspects, emprunte aux schémas des philosophies de l'histoire des XIXe et XXe siècles.

Sophie Marcotte Chénard est professeure agrégée au département de science politique de l'Université Carleton (Ottawa, Canada) et membre associée du Centre canadien d'études allemandes et européennes de l’Université de Montréal. Ses recherches portent sur la pensée politique française, la philosophie allemande de l'histoire et l'interprétation en histoire des idées politiques. Elle est notamment l'auteure de Devant l'histoire en crise : Raymond Aron et Leo Strauss (PUM, 2022) et a contribué au Routledge International Handbook on Raymond Aron à paraître en 2026.

Jan-Werner MÜLLER : L'ère du populisme ?
L'intervention repose à nouveau la question de savoir comment mieux comprendre le populisme. Elle souligne le problème selon lequel, dans la mesure où experts, politiciens et même certains politologues nous répètent sans cesse que nous vivons à l'ère du populisme, on a tendance à qualifier de populistes des phénomènes pour lesquels nous disposons de concepts bien plus précis. Elle propose ensuite une compréhension du populisme qui met en avant non seulement l'anti-élitisme, mais aussi l'anti-pluralisme, et soutient, en s'appuyant sur les travaux de Larry Bartels, que la notion répandue d'une "vague" populiste est à la fois empiriquement trompeuse et politiquement pernicieuse.

Jan-Werner Müller est "Class of 1943 University Professor of Politics" à l'université de Princeton. Ses travaux portent principalement sur la théorie démocratique et l'histoire de la pensée politique moderne ; il s'intéresse également aux relations entre architecture et politique, ainsi qu'aux implications normatives des transformations structurelles actuelles de la sphère publique. Parmi ses publications figurent Constitutional Patriotism (2007), Contesting Democracy : Political Ideas in Twentieth-Century Europe (2011) et What is Populism ? (2016), traduit dans plus de 20 langues. L'année 2019 a vu la parution de Furcht und Freiheit : Für einen anderen Liberalismus, qui a remporté le Prix du livre de Bavière ; en 2021, Democracy Rules a été publié chez FSG, Penguin et Suhrkamp. Penguin Books a publié en mai 2026 Street, Palace, Square : The Architecture of Democratic Spaces. Ses commentaires et essais sur l'actualité ont été publiés dans la London Review of Books, The Guardian, Foreign Policy, The New York Review of Books, Foreign Affairs, The New York Times et Project Syndicate.

Dominique REYNIÉ
Dominique Reynié est professeur des universités à SciencesPo, directeur général de la Fondation pour l'innovation politique.
Publications
Articles et chapitres
(2024), "Le vote populiste comme demande d'Europe", Commentaire, n°187 (automne), p. 575-588.
(2024), "Le conflit des souverainetés, la dialectique de l'Europe", dans Alain Finkielkraut, Gaetano Quagliariello et Dominique Reynié (dir.), L'Europe ou la souveraineté. Approches franco-italiennes (1897-2023), Naples, ESI, p. 473-493.
(2022), "Le populisme ou la pacification de l'espace public : la scommessa persa di Gabriel Tarde", dans Claudio Uriarte, Gabriela Tardieu (dir.), L'opinione et la folla (1901-2021), Milan, Mimesis, p. 47-61.
(2022), avec Yves Bertoncini, "The Illiberal Challenge in the European Union", dans Vesna Benetton, Stephen Holmes, András Sajó et Renata Uitz (dir.), Knowledge Handbook of Illiberalism, Routledge, New York, p. 822-839.
(2021), "Un clivage fondamental mais sans lendemain. La question européenne en France", Pouvoirs, n°179, p. 45-58.
(2021), "La séparation du politique et du religieux, un enjeu pour le XXIe siècle", dans Dominique Reynié (dir.), Le XXIe siècle du christianisme, Paris, Éditions du Cerf, p. 19-60.
(2020), "Il populismo tra presente e futuro" (avec Marco Tarchi), Trasgressioni. Rivista quadrimestrale di cultura politica, n°65, p. 67-92.
(2019), "Décomposition du système politique et l'Europe comme enjeu : la présidence d'Emmanuel Macron fin 2018", Genshagener Papiere, n°22, p. 26-46.
(2019), XXV. "Opinion publique et opinion européenne", dans F. D'Orcival (dir.), Opinion publique et crise de la démocratie, Presses Universitaires de France, p. 411-428.
(2016), "'Heritage Populism' and France's National Front", Journal of Democracy, vol. 27, n°4 (octobre), p. 47-57.
(2014), "Mai 2014 : la crise populiste de l'idée européenne", Études. Revue de culture contemporaine, n°4208 (septembre), p. 29-38.
Ouvrages
(2026), (dir.), Accompagner ou provoquer la mort ? Les enjeux d'une légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté, Paris, Éditions de l'Observatoire, 2026.
(2021), (dir.), Le XXIe siècle du christianisme, Paris, Éditions du Cerf.
(2017), (dir.), Où va la démocratie ?, Paris, Plon.
(2013), Les Nouveaux Populismes, Paris, Pluriel.
(2011), Populismes : la pente fatale, Paris, Plon.
(2007), (dir.), L'extrême gauche, moribonde ou renaissante, Paris PUF, 2007.
(2005), Le Vertige social-nationaliste. La gauche du non au traité constitutionnel européen, Paris, Éditions La Table Ronde.
(2001), (dir., avec Pascal Perrineau), Dictionnaire du vote, Paris, Presses universitaires de France.
(1998), Le Triomphe de l'opinion publique. L'espace public français du XVIe au XXe siècle, Paris, Odile Jacob.
Réédition et introduction : Gabriel Tarde, L'opinion et la foule, Paris, Presses universitaires de France, 1989.

Vivien A. SCHMIDT : L'Intégration européenne face aux grands défis politiques : Populisme géopolitique et national populisme
Cette contribution se concentre sur le double défi politique auquel l'Union Européenne est confrontée : d'une part, un défi extérieur, constitué par les 3 D's des États-Unis : sa géopolitique déroutante, conjuguée à sa géoéconomie déstabilisatrice et à sa politique intérieure destructrice ; d'autre part, un défi intérieur, résultant de la fragmentation du paysage politique européen. La manière dont l'UE répond à ces défis dépend de sa capacité à réinventer ses relations extérieures tout en revitalisant ses capacités financières et industrielles. Or, la marge de manœuvre politique nécessaire à l'élaboration de telles solutions risque d'être restreinte par la fragmentation populiste croissante en Europe, et notamment par l'influence et le pouvoir grandissants de l'extrême droite. Seules des politiques répondant efficacement aux sources de mécontentement des citoyens permettront à l'UE de réduire la fragmentation populiste qui limite l'espace politique requis pour trouver des solutions aux défis extérieurs et au mécontentement intérieur.

Vivien A. Schmidt est titulaire de la Chaire Jean Monnet de l'intégration européenne et Professeur Emerita à Boston University, Visiting Fellow à l'Institut Universitaire Européenne, et Professeur Honoraire à l'Université LUISS.
https://www.vivienaschmidt.com/
Publications récentes
The Power of Ideas and Discourse in Political Analysis, Oxford 2026.
Europe's Crisis of Legitimacy : Governing by Rules and Ruling by Numbers in the Eurozone, Oxford 2020.
Resilient Liberalism in Europe's Political Economy, co-ed M. Thatcher, Cambridge 2013.
La Démocratie en Europe, La Découverte, 2010.


SOUTIENS :

• Société des Amis de Raymond Aron (S.A.R.A.)
• Institut Montaigne

Programme 2026 : un des colloques

— Programme complet —


OÙ SONT PASSÉES NOS ÉNERGIES ?


DU SAMEDI 30 MAI (19 H) AU VENDREDI 5 JUIN (14 H) 2026

[ colloque de 6 jours ]



DIRECTION :

Olivier LECOINTE, Dinah LOUDA, Lucile SCHMID

Colloque organisé dans le cadre du Cercle des partenaires


SECRÉTAIRE TECHNIQUE :

Valérie MENU


ARGUMENT :

La question énergétique est aujourd'hui centrale, à travers ses enjeux environnementaux, économiques et géopolitiques. Mais l'énergie ne se limite pas à une affaire de ressources et de techniques. Elle est aussi une force humaine individuelle et collective qui conditionne nos capacités d'agir, de décider et de faire société.

Ce colloque embrassera l'ensemble de ces dimensions avec l'ambition de montrer comment elles interagissent entre elles. Selon l'esprit cerisyen, il associera sciences humaines et sociales, sciences du vivant et arts, et fera le lien avec les colloques philosophiques de 2025 autour de François Jullien et d'Hartmut Rosa. Comment notre relation au monde crée-t-elle et entretient-elle l'énergie individuelle et sociale ? Comment organiser une nouvelle relation au monde, à quelles transitions faisons-nous face en termes démocratiques ?

Les énergies, qu'elles soient physiques ou humaines, semblent s'épuiser, alors que la transformation énergétique est une composante essentielle de la transition écologique et soulève la question des liens entre enjeux démocratiques et écologie. Pour que cette transformation soit efficace et juste, les énergies individuelles et sociales doivent être mobilisées pour en affronter les défis : est-ce une gageure de les espérer suffisamment fortes, unies et cohérentes à cette fin ?


MOTS-CLÉS :

Démocratie, Énergie, Environnement, Épuisement, Justice, Mobilisation, Psychologie, Sobriété, Social, Transformation, Transition


CALENDRIER DÉFINITIF :

Samedi 30 mai
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Dimanche 31 mai
Matin
INTRODUCTION
Olivier LECOINTE, Dinah LOUDA & Lucile SCHMID : Introduction présentant l'intention et le plan du colloque qui vise à traiter des différentes formes d'énergie (physique, sociale et individuelle) et leur interaction, dans la perspective de la transition énergétique
Olivier LECOINTE : Voyage en Énergie : histoire philosophique et scientifique d'un concept

Après-midi
PANORAMA ÉNERGÉTIQUE : ÉLÉMENTS DE CADRAGE (FAITS, ENJEUX ET LEVIERS), TRANSITION ÉNERGÉTIQUE, ASPECTS HISTORIQUES, GÉOGRAPHIQUES ET GÉOPOLITIQUES
Jean-Paul BOUTTES : L'Énergie et l'évolution des Sociétés Humaines
Jean-Baptiste FRESSOZ : Le mythe de la transition [visioconférence]
Dialogue entre Jean-Paul BOUTTES et Jean-Baptiste FRESSOZ

Énergie sociale, table ronde en lien avec les colloques socio-philosophiques de Cerisy en 2025 (Hartmut Rosa, François Jullien, Dominique Boullier) animée par Edith HEURGON, avec Thomas FABRE, William FALTOT et Françoise THIBAULT

Soirée
Born to be wild, spectacle de Sophie BOUREL & Silvia LENZI [Compagnie La Minutieuse] | Présentation lors du colloque Hartmut Rosa (Cerisy, 2025)


Lundi 1er juin
Matin
ÉNERGIES SOCIALES ET TRANSFORMATION ÉNERGÉTIQUE
Jean-Christophe TARET : L'"exit coal" et l'accompagnement de la mutation énergétique en Pologne par Veolia

"Désescalade énergétique et usages de l'énergie", dialogue entre Marc DAVID (La responsabilité économique et sociétale des entreprises dans les usages de l'énergie) et Arnaud PASSALACQUA

Après-midi
IMAGINAIRES DE L'ÉNERGIE
Dalibor FRIOUX : L'énergie comme personnage littéraire
Stéphane ROZÈS : Les imaginaires des civilisations et des peuples comme sources d'énergies collectives

Bruno ROUSSEAU : Énergies individuelles : l'écothérapie face à l'écoanxiété


Mardi 2 juin
Matin
LA NORMANDIE, TERRE D'ÉNERGIES : NUCLÉAIRE, ENR, SOBRIÉTÉ
Yves BOUVIER : Trajectoire du système énergétique en Normandie au XXe siècle [enregistrement audio en ligne sur Canal U, chaîne La forge numérique | MRSH de l'université de Caen Normandie]

Table ronde avec des acteurs de l'énergie en Normandie, avec Anne HÉBERT et Sandrine MÉSIRARD [Énergies : de la planification à l'action]

Après-midi
"HORS LES MURS" — À MARCHÉSIEUX
Rencontre avec les élus et balade dans le Parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin


Mercredi 3 juin
Matin
DIALOGUE GÉOPOLITIQUE
Marc-Antoine EYL-MAZZEGA : Stratégie européenne : vers une Europe de l'énergie ? [visioconférence]

De la démocratie énergétique, table ronde avec Catherine LARRÈRE et Kalypso NICOLAÏDIS

Après-midi
ÉNERGIE, POUVOIRS ET DÉMOCRATIE. COMMENT REBÂTIR UN CONTRAT SOCIAL AUTOUR DES ENJEUX ÉNERGÉTIQUES ?
Vincent DUFOUR : Enedis, acteur local de la transition énergétique

"L'État et le dialogue énergétique citoyen", dialogue entre Michel BADRÉ et Laurent MICHEL

"L'Énergie : US vs Europe", par Benoît CALATAYUD

Soirée
Frédéric FERRER : Les Vikings au Groenland. Ou comment dépenser beaucoup d'énergie


Jeudi 4 juin
Matin
JUSTICE ÉNERGÉTIQUE, NATIONALE ET MONDIALE
Valérie FAYARD : Énergie sociale et justice énergétique
Gaïa FEBVRE : La justice énergétique, perspective Nord-Sud
Antoine GOUTALAND : Conception équitable des réseaux électriques : théorie, applications et limites

Après-midi
ÉNERGIE CRÉATRICE : LITTÉRATURE, MUSIQUE, ARTS
Thibault HAZELZET : L'énergie des arts plastiques

L'énergie de l'écriture, table ronde avec Frédéric FERRER et Thomas REVERDY


Vendredi 5 juin
Matin
SÉANCE CONCLUSIVE
Rapport d'étonnement des étudiants et doctorants, par Thomas FABRE (texte lu par Fabienne PEYROU), William FALTOT et Léandro LOMETTI (texte lu par Sabine CHARDONNET-DARMAILLACQ)

Synthèse des directeurs, suivie d'une discussion générale

Après-midi
DÉPARTS


PRESSE / MÉDIAS :

• Numéro spécial de la Revue Audiovisuelle de la Valorisation des Savoirs Scientifiques (RAVS), vol. 1, n°7 en accès libre sur CAIRN INFO :
[MANIFESTO]
Heurgon, E. et Denis, J.-P. (2026), "Renforcer nos énergies en les articulant", Revue Audiovisuelle de la Valorisation des Savoirs Scientifiques, 7(7), 1-3 [https://doi.org/10.3917/ravs.007.0000].
- - -
[NEXUS]
Schmid, L. (2026), "Quitter le monde ancien", Revue Audiovisuelle de la Valorisation des Savoirs Scientifiques, 7(7), 4-9 [https://doi.org/10.3917/ravs.007.0001].
Larrère, C. (2026), "Éloge et misère des lenteurs scandaleuses", Revue Audiovisuelle de la Valorisation des Savoirs Scientifiques, 7(7), 10-20 [https://doi.org/10.3917/ravs.007.0002].
- - -
[IN SITU]
Lecointe, O. (2026), "Le trilemme et l'inertie", Revue Audiovisuelle de la Valorisation des Savoirs Scientifiques, 7(7), 21-28 [https://doi.org/10.3917/ravs.007.0003].
David, M. (2026), "La marge ne devrait pas être un objectif", Revue Audiovisuelle de la Valorisation des Savoirs Scientifiques, 7(7), 29-35 [https://doi.org/10.3917/ravs.007.0004].
Rousseau, B. (2026), "Ce que le corps sait avant nous", Revue Audiovisuelle de la Valorisation des Savoirs Scientifiques, 7(7), 36-43 [https://doi.org/10.3917/ravs.007.0005].
- - -
[AD NOTAM]
Frioux, D. (2026), "L'inconscient énergétique, ou ce que la fiction sait de la dépense", Revue Audiovisuelle de la Valorisation des Savoirs Scientifiques, 7(7), 44-51 [https://doi.org/10.3917/ravs.007.0006].
Bourel, S. (2026), "L'égrégore et le tremblement, Revue Audiovisuelle de la Valorisation des Savoirs Scientifiques, 7(7), 52-56 [https://doi.org/10.3917/ravs.007.0007].
Thibault, F. (2026), "Partager, discuter et faire circuler les savoirs", Revue Audiovisuelle de la Valorisation des Savoirs Scientifiques, 7(7), 57-64 [https://doi.org/10.3917/ravs.007.0008].
- - -
[AGORA]
Heurgon, E., Louda, D., Fabre, T., Thibault, F., Faltot, W., Bourel, S. et Denis, J.-P. (2026), "Petit-déjeuner à l'Orangerie, autour des travaux de François Jullien, Hartmut Rosa et Dominique Boullier", Revue Audiovisuelle de la Valorisation des Savoirs Scientifiques, 7(7), 65-74 [https://doi.org/10.3917/ravs.007.0009].


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Olivier LECOINTE
Olivier Lecointe, désormais retraité, a effectué sa carrière professionnelle dans le secteur de l'énergie, au sein d'EDF, de Gaz de France et d'ENGIE, où il a occupé des fonctions opérationnelles (directeur de centrale de production, gestionnaire d'énergie, développement) et fonctionnelles (stratégie, études économiques, achats…). Il est spécialiste en économie de l'énergie. Délégué du Cercle des Partenaires de Cerisy, il est chargé d'animer ce cercle, de l'étendre et de développer sa capacité à travailler collectivement pour proposer des sujets de colloques et contribuer à leur préparation. À ce titre, il a récemment codirigé les colloques Angles morts du numérique (2020), Imaginaires et pratiques de l'économie circulaire (2021) et Loger mobiles, le logement au défi des mobilités (2022).

Dinah LOUDA
Dinah Louda est présidente de l'Institut Veolia depuis mai 2020. Elle pilote le projet "culture et changement" du groupe Veolia, et elle est membre du comité d'Éthique. Elle commence sa carrière comme journaliste en travaillant pour plusieurs journaux et magazines français et internationaux. Elle quitte le journalisme en 1991 pour se consacrer à la communication d'entreprise en rejoignant les groupes d'assurance Victoire, puis Abeille Assurances jusqu'en mai 2002. Elle devient ensuite directrice de la communication du Crédit Agricole Indosuez, puis d'Areva T&D. En 2006, elle rejoint Veolia en tant que directrice de la communication de Veolia Eau et membre du Comex, avant de devenir la conseillère pour les relations internationales auprès du Président Directeur Général de Veolia jusqu'en juin 2022. Elle siège au conseil d'administration de l'équipementier automobile Delfingen Industry, de la French-American Foundation et de la Fondation Veolia.

Lucile SCHMID
Lucile Schmid, présidente de La Fabrique Écologique, a occupé des responsabilités dans plusieurs ministères notamment de l'Économie. Elle a été élue locale et régionale, socialiste et écologiste. Elle a aussi présidé la Fondation de l'écologie politique et été co-présidente de la Fondation verte européenne (Green European Foundation). Membre de la rédaction de la revue Esprit, elle a écrit plusieurs ouvrages sur les élites publiques, les questions démocratiques et écologiques. Elle a co-fondé en 2018 le Prix du roman d'écologie (PRÉ), prix littéraire qui récompense un roman francophone qui met au cœur de son intrigue la transformation de nos vies par les urgences écologiques. Elle effectue actuellement une mission chez Emmaüs France pour articuler écologie et solidarités.


Michel BADRÉ
Lors du dialogue avec Laurent Michel sur les enjeux démocratiques des processus de participation du public et de prise de décision dans le domaine de l'énergie, à partir d'exemples concrets, Michel Badré interviendra notamment sur le plan national de gestion des matières et déchets radioactifs, sur des débats publics à propos du "nouveau nucléaire", sur le projet Cigéo de stockage de déchets hautement radioactifs.

Michel Badré est Ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts (e.r.), Président de l'Autorité environnementale (2009-2014), Membre puis VP du CESE (2015-2021). Il a été également membre de la mission de médiation de Notre-Dame-des-Landes (2017). Il a été VP puis maintenant président du comité d'éthique INRAE-Ifremer-IRD-Cirad et membre du CCNE (depuis 2023).
Publication
La démocratie environnementale face à la réalité, Éditions Quae, Coll. "Sciences en question", 2024.

Yves BOUVIER : Trajectoire du système énergétique en Normandie au XXe siècle
À la fin du XIXe siècle, les systèmes énergétiques locaux des territoires normands disparaissent les uns après les autres : petite hydraulique, petite hydroélectricité, mines de charbon, exploitation du bois… L'abondance du charbon anglais et les bouleversements de la Première Guerre mondiale placent la Normandie dans la position de "porte d'entrée" pour le territoire national. Caen devient un grand port charbonnier, notamment pour la fabrication d'agglomérés destinés au chauffage domestique tandis que Rouen est le premier port français pendant une décennie du fait des volumes de charbon mais aussi de pétrole (installation des raffineries dans la vallée de la Seine dans les années 1930). Ces installations gigantesques annoncent les trois sites nucléaires implantés sur les côtes. Pour autant, énergies marémotrice, éolienne et solaire sont expérimentées de façon précoce, aboutissant aujourd'hui à une reterritorialisation via les parcs éoliens off-shore mais aussi à l'effacement de certains barrages anciens traduisant la complexification des enjeux énergétiques.

Yves Bouvier est Professeur d'histoire contemporaine à l'université Rouen-Normandie, chercheur rattaché au GRHis (Groupe de recherche d'histoire – UR 3831). Il travaille sur l'histoire industrielle, et plus particulièrement l'histoire de l'énergie, de l'innovation, de l'environnement et des entreprises. Dans le champ de l'histoire de l'énergie, il s'intéresse en particulier aux rapports entre producteurs et consommateurs et à la mise en œuvre d'une vision intégrée des énergies. Concernant l'histoire industrielle, ses travaux portent sur les territoires de l'industrie et sur les relations entre les entreprises et les pouvoirs publics dans la lignée de sa thèse sur la Compagnie générale d'électricité.
Publications
État et énergie. XIXe-XXe siècle, CHEFF, 2009.
Avec Pascal Griset et Jean-Pierre Williot, Face aux risques. Une histoire de la sûreté alimentaire à la santé environnementale, Le Cherche Midi, 2020.
"Les transformations économiques, 1958-1969 : Changer l'économie" et "Le volontarisme face à l'ouverture : l'économie des années 1969 à 1974", dans Éric Roussel & Frédéric Turpin (dir.), Histoire de la Ve République, tome 1, 1958-1981, Bouquins, 2024.

Marc DAVID : La responsabilité économique et sociétale des entreprises dans les usages de l'énergie
La diminution nécessaire de l'utilisation des énergies fossiles, l'augmentation de l'électrification des usages, la limitation des ressources naturelles et les contraintes physiques et économiques des énergies renouvelables, vont imposer aux entreprises de faire des choix entre les différents usages de l'énergie. Dans l'arbitrage de ces conflits d'usage, elles ont une responsabilité éthique dans leur choix sur l'ensemble de la chaîne de valeurs (de l'achat de matières premières à l'utilisation de leurs produits et services en passant par leurs procédés de fabrication) mais également dans l'éducation des citoyens et des politiques. En effet, en tant qu'industrielles, économiques et détentrices de savoirs techniques, elles doivent s'exprimer clairement sur ce qui est faisable, avoir le courage d'arrêter ou de limiter certaines activités nuisibles à l'environnement, et ne pas promouvoir des solutions chimériques comme les carburants synthétiques pour l'aviation ou certains usages de l'hydrogène. Cela implique a minima de faire évoluer la gouvernance de certaines entreprises et de ne plus avoir la croissance économique comme seule boussole pour les diriger.

Marc David vient de terminer son mécénat de compétences, détaché du Groupe Air Liquide, au sein du Campus de la Transition où il était en charge des Pôles Recherche-actions et Mécénat. Il est physicien de formation et a travaillé dans des structures très diverses (associations, laboratoire de recherche, PME, grand groupe industriel), occupant des fonctions très variées : chercheur, chef de projet, commercial, membre de CA de start-ups, manager de business units et d'équipes R&D et dernièrement, en charge de la transition énergétique au sein de la Direction Corporate des Affaires Publiques.

Valérie FAYARD : Énergie sociale et justice énergétique
Une transition énergétique juste, qui garantisse un accès équitable aux ressources, repartisse de manière juste les coûts et bénéfices de la transition ne pourra se faire que par la mobilisation citoyenne et la participation des populations les plus fragiles aux processus de décision. La capacité de nos sociétés à mobiliser autour de projets communs, en proposant une relation au monde porteuse de sens, s'illustre déjà dans des espaces de résonance sociale où les individus se sentent reconnus et écoutés. Des associations comme Emmaüs et la Cloche en mobilisant les citoyens, en créant des réseaux de solidarité, en favorisant la participation des personnes concernées et en transformant les représentations sociales autour de la question de l'exclusion peuvent être des exemples inspirants.

Le parcours de Valérie Fayard est marqué par un engagement dans la lutte contre l'exclusion et la précarité. Après 20 ans passés à la direction d'Emmaüs France, où elle s'est particulièrement investie sur les questions de transition écologique, de développement, et d'innovation, elle est aujourd'hui Présidente de la Cloche, association qui agit contre l'exclusion à travers le lien social de proximité et le bénévolat inclusif.

Frédéric FERRER : Les Vikings au Groenland. Ou comment dépenser beaucoup d'énergie
Mille ans après leurs premières migrations, les Vikings continuent de semer la pagaille dans le monde. Leur implantation au Groenland, leur expérience du territoire et leur héritage sont aujourd'hui l'objet d'interprétations qui divisent la communauté scientifique. L'énergie qu'ils ont employée pour se maintenir ici pendant 450 ans, leur modèle de développement, le changement climatique, la glace, les inuits, les vaches et les phoques peuvent-ils nous aider à comprendre la bataille qui se joue ? Une conférence-performance artistique et décalée de Frédéric Ferrer.

Frédéric Ferrer, auteur, metteur en scène, acteur et géographe, crée un théâtre entre science et fiction qui explore avec humour et rigueur les dérèglements du monde contemporain. Depuis 2010, il construit son Atlas de l'Anthropocène, une série de conférences qui pose des questions cruciales : que sont devenus les canards en plastique lâchés en 2008 par la NASA pour mesurer la vitesse du réchauffement climatique dans l'Arctique ? Le Groenland des Vikings était-il plus vert du temps d'Erik le Rouge ? Comment l'homme peut-il se protéger du moustique-tigre ? Et comment la morue a-t-elle été anéantie par la folie destructrice des hommes ?

Kalypso NICOLAÏDIS
La démocratie énergétique renvoie à l'idée que les choix concernant la production, la distribution et l'usage de l'énergie ne doivent pas être décidés uniquement par les "puissants" — États, leaders, grandes entreprises — mais aussi par les citoyens. Il s'agit de démocratiser la gouvernance de l'énergie en ouvrant les processus de décision, en favorisant la transparence et en renforçant la participation et délibération publique. Dans un contexte de transition climatique, cette approche souligne que la transformation énergétique n'est pas seulement technologique, mais aussi politique et sociale. Elle implique par exemple le développement de coopératives énergétiques locales, la participation citoyenne aux décisions d'infrastructure, ou encore le partage plus équitable des coûts et bénéfices de la transition. La démocratie énergétique vise également à lutter contre la précarité et les inégalités énergétiques. En donnant une voix aux communautés affectées par les choix énergétiques, elle renforce la légitimité et l'acceptabilité des politiques climatiques. Enfin, elle invite à repenser la souveraineté énergétique non pas seulement au niveau des États, mais aussi au niveau des territoires et des citoyens.

Kalypso Nicolaïdis is professorial Chair of Global Affairs at the EUI School of Transnational Governance in Florence as well as emeritus at the University of Oxford, Harvard University's Kennedy School of Government and at ENA, Strasbourg. At EUI she is research director of the Transnational Democracy Programme including YouthDecide2040, ScaleDem, and the Democratic Odyssey. Her publications can be found on her website : http://kalypsonicolaidis.com/.

Bruno ROUSSEAU : Énergies individuelles : l'écothérapie face à l'écoanxiété
"Ça a commencé par des visios que j'ai regardées en boucle sur YouTube, présentant toutes les destructions que nous faisons à notre planète. Et maintenant, je vois l'avenir en noir". "Je m'inquiète pour mes enfants". "Si je ne pense qu'à ça, j'ai peur de perdre toute mon énergie". L'écoanxiété en particulier et les éco-émotions en général, sont-elles sources d'épuisement individuel ou une fontaine d'énergies lucides et transformatrices ? Dans un contexte où l'accélération nous désynchronise et nous épuise (Hartmut Rosa), l'écothérapie peut être une tentative d'ouverture d'une relation de résonance avec le vivant, le contact sensible avec le vivant nous ouvrant aux transformations silencieuses qui sont déjà là (François Jullien).

Bruno Rousseau est Gestalt-thérapeute, coach et superviseur. Depuis sa prise de conscience écologique et constatant quotidiennement que la santé humaine est corrélée à la santé de la Terre dans son ensemble, il dédie ses activités à recréer une alliance entre les humains et les non-humains, au service d'une santé commune, à travers sa pratique de l'écothérapie et du coaching engagé. Il est membre de l'Alliance des Coachs pour le Climat (CCA) et est un des coachs de la Convention des Entreprises pour le Climat. Fondateur de La Voie du Contact, il s'appuie particulièrement sur les processus corporels et émotionnels pour créer les conditions d’une remise en mouvement des personnes et des équipes qu'il accompagne.

Programme 2026 : un séminaire

— Programme complet —


QUAND LES SAVOIRS VIBRENT

RECHERCHES ET DÉMARCHES ARTISTIQUES EN QUÊTE DE RÉSONANCE


DU SAMEDI 23 MAI (19 H) AU MERCREDI 27 MAI (14 H) 2026

[ séminaire de 4 jours ]



ARGUMENT :

Ce séminaire rassemble des chercheuses et chercheurs issus de diverses disciplines des sciences humaines et sociales et des artistes. Il vise à explorer et valoriser des processus d'enquête ou de partage de savoirs basés sur les collaborations arts/shs. Le prisme épistémologique et méthodologique guide le questionnement commun, où la notion de "savoirs sensibles" s'affirme au premier plan. Pour ce faire, le programme alternera présentations de recherches récentes et interventions artistiques. Des ateliers permettront aussi aux participantes et participants d'expérimenter de nouveaux outils et/ou d'entrer au contact rapproché de certains gestes et attentions, réclamés par ces dynamiques collaboratives.

Ainsi, tout au long de ces 4 journées, sera égrenée une large variété d'exemples de projets, nourrissant la réflexion sur les façons dont les savoirs aujourd'hui entrent en résonance avec le monde et nos sensibilités. Parmi les projets présentés, une place spécifique sera accordée aux projets actuellement soutenus par MSH ULiège ("Sciences ouvertes, arts et cultures") : les projets des scientifiques liégeois et de leurs partenaires internationaux (www.msh.uliege.be/aap2-laureats) seront, en effet, systématiquement discutés et éclairés par des chercheurs-artistes issus notamment de l'École Supérieure des Arts de Saint-Luc de Liège. Plusieurs invités extérieurs recevront aussi une place de choix dans ce programme, ouvert — en définitive — à des témoignages et à des pratiques multiples.


CALENDRIER PROVISOIRE (23/05/2026) :

Samedi 23 mai
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, du séminaire, du colloque en parallèle et des participants


Dimanche 24 mai
Matin
CHERCHER, CRÉER, PRODUIRE : ARTICULATION DES GESTES SCIENTIFIQUES ET ARTISTIQUES
Rachel BRAHY, Noémie DROUGUET & Élise VANDENINDEN : Introduction
Florence MINDER : L'organe du pouvoir (faire). Performance d'ouverture

Après-midi
RECHERCHE-CRÉATION : SOIGNER LES PARCOURS ET LES INSTITUTIONS
Rachel BRAHY & Laura BEUKER : Mot d'ouverture de la session
Maxime MORSA : L'enquête infra-réaliste pour étendre le réel à ses possibles
Arnaud THÉVAL : Le mariage, la blouse blanche et la mort. Se défaire de l’assignation de l'institution et des corps instituants
Christine FRISON & Alice MASSONE : Sun Prints of Interconnection with Nature, dispositif de recherche création participatif en Bolivie
Joanne CLAVEL : Recherche éco-somatique : des arts vivants aux gestes agricoles

Soirée
Projection de l'Or l'oiseau (2022) de Emma TRICARD et Joanne CLAVEL


Lundi 25 mai
Matin
ATELIERS PARTICIPATIFS [en parallèle]
Jennifer BÉLANGER : Atelier d'écriture : La vie, une liste à la fois
Mathilde CHÉNIN : D.A.N.S.E. - Dispositifs Affectés Nourrissant des Savoirs en Expérience

Après-midi
RECHERCHE-CRÉATION : INTERROGER LES SAVOIRS, DÉPLACER LES PRATIQUES CULTURELLES
Maud HAGELSTEIN : Mot d'ouverture de la session
Françoise LEMPEREUR : (Re)présentation(s) du Bethléem verviétois : réflexion sur la réappropriation sociale du patrimoine culturel immatériel d'une ville multiculturelle sinistrée
Valérie ROUSSEAU : Raccommoder la céramique aujourd'hui : réflexion entre création et restauration
Delphine MUNOS & Caroline GLORIE : Casseuses d'ambiance : écouter les transmissions féministes, pratiques et savoirs rabat-joie

Soirée
Salon d'écoute [podcast]


Mardi 26 mai
Matin
MOT D'INTRODUCTION
Roland DECAUDIN (Directeur - École Supérieure des Arts Saint-Luc Liège)
Frédéric SCHOENAERS (Vice-Recteur à l’Enseignement et à la Vie étudiante – ULiège)

RECHERCHE-CRÉATION : HABITER ET HÉRITER DES TERRITOIRES ABÎMÉS
Thomas BEYER : Mot d'ouverture de la session
Pierre DELVENNE : Futurs radieux. Retour sur l’exposition Picturing the Invisible et les héritages multiples de la catastrophe nucléaire
Florence MINDER : Exploration du faire ensemble autrement. Retour sur le spectacle L'invisible n’est pas inexistant

Après-midi
Alexia CREUSEN : Transitions-déplacements-connexions, installation à géométrie variable

ATELIERS PARTICIPATIFS [en parallèle]
Nicolas NAVARRO & Camille BÉGUIN : L'exposition : objet de recherche, objet de création. L'exemple du projet L'ULiège se met au verre
Valérie ROUSSEAU : Raccommoder la faïence, un retour aux sources


Mercredi 27 mai
Matin
Maxime ROVERE : A Land Within. Penser et danser en même temps [conférence de clôture]
Alexia CREUSEN : Mise en perspectives

Rachel BRAHY, Noémie DROUGUET & Élise VANDENINDEN : Échanges collectifs et clôture

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Rachel BRAHY
Rachel Brahy est enseignante-chercheuse à l'université de Liège, où elle développe une sociologie de l'intervention sociale et culturelle. Ses recherches portent sur l'agir humain, ses composantes sensibles et organiques, et sur la façon dont les politiques publiques ou institutionnelles des sociétés occidentales intègrent de tels modes d'engagements dans le monde. Depuis plus de 10 ans, elle coordonne la Maison des Sciences de l'Homme (MSH) de l'université de Liège, qu'elle a contribué à fonder dans le but d'encourager l'ouverture d'espaces de réflexion et de recherche collaboratifs. Elle co-dirige également deux collections d'ouvrages aux Presses universitaires de Liège. Elle accompagne actuellement plusieurs projets de recherche-création artistiques comme interlocutrice dramaturgique et méthodologique.

Noémie DROUGUET
Docteure en muséologie, Noémie Drouguet enseigne la muséologie, la muséographie et la conservation préventive à l'École supérieure des Arts Saint-Luc à Liège, où elle est également coordinatrice du Département recherche. Dans ce contexte, elle encourage les activités de recherche-création transdisciplinaires et contribue au développement de projets collectifs, portés par des artistes et chercheurs engagés au profit du bien commun. Elle est maîtresse de conférence à l'université de Liège et s'intéresse au rôle des artistes contemporains dans les musées de société. Elle développe par ailleurs des expériences de terrain, à travers des collaborations avec des musées, des projets muséographiques et des missions de conseil.

Élise VANDENINDEN
Élise Vandeninden est chargée de cours à l'université de Liège, où elle enseigne dans le domaine "Pratiques et politiques des médiations culturelles". Elle développe des travaux autour de ce qu'elle appelle les "médiateurs outsiders" : des artistes ou acteurs culturels qui interviennent dans des institutions non culturelles, comme les hôpitaux, les maisons de repos ou les écoles. Ces terrains "hors champ" permettent d'interroger la place de la médiation dans la division sociale du travail culturel et d'analyser ses effets sur les institutions et les publics. Parallèlement à ces activités académiques, elle conduit des recherches appliquées au service de l'action publique et du monde associatif, au sein de la MSH-ULiège. Elle participe actuellement à une étude commanditée par la Fondation Roi Baudouin sur les liens entre art et santé, en collaboration avec l'université d'Anvers.


Camille BÉGUIN
Camille Béguin est docteure en Sciences de l'Information et de la Communication (SIC). Ses recherches portent sur l'exposition, à la fois comme outil de réécriture patrimoniale et comme outil heuristique pour la recherche, en tentant d'allier théorie et pratique. Elle a récemment dirigé le dernier numéro des Cahiers de muséologie, "Chercher, exposer, trouver" (2025).

Jennifer BÉLANGER
Née au Canada, Jennifer Bélanger est écrivaine et chercheuse. Elle poursuit actuellement un postdoctorat à l'université de Liège, portant sur l'expérience des femmes malades et sur des processus d'être — réels et fictifs — qui sont féconds pour la création de communs malades intra- et inter-espèces, en réponse aux crises écologiques, sociales, politiques et économiques actuelles.

Mathilde CHÉNIN
Mathilde Chénin est artiste et docteure en sociologie. À la croisée de la recherche-création et des sciences sociales, elle explore les formes sensibles de l'être ensemble à travers des dispositifs d'écriture visuels et performatifs. Cofondatrice des ateliers bermuda, elle a consacré sa thèse (EPFL/HEAD–Genève) aux grammaires du commun dans des lieux collectifs artistiques, publiée sous le titre Le commun par l'usage (MētisPresses, 2024). Adjointe scientifique à l'IRAD (HEAD–Genève), elle participe aujourd'hui au projet Nouvelles solidarités alimentaires et mène une étude pour la FASe autour du Pavillon Simone Weil de Thomas Hirschhorn.

Joanne CLAVEL
Joanne Clavel étudie pendant près de dix ans l'impact des changements globaux sur la biodiversité depuis l'écologie scientifique avant de se former aux humanités écologiques et à la recherche en danse. Elle questionne aujourd'hui les enjeux somatiques et politiques des dégradations écologiques en menant des enquêtes auprès d'acteurs — des arts et des sciences — et auprès de différents milieux — marins et ruraux. Elle développe des pensées-pratiques écosomatiques à l'aide de recherches-créations.

Alexia CREUSEN
Après avoir réalisé une thèse en histoire de l'art, Alexia Creusen est devenue enseignante à l'ESA Saint-Luc Liège. En parallèle, elle s'est orientée vers la création plastique. Sa pratique traite de la perception, de l'impermanence et de la transmission. L'installation, la sculpture textile, le dessin, l'image imprimée et la céramique forment le cadre de sa recherche.

Pierre DELVENNE
Pierre Delvenne est maître de recherches au FNRS et professeur associé à l'université de Liège, où il occupe le poste de directeur du Centre de recherches Spiral. Ses recherches portent sur l'évaluation des choix technologiques, les enjeux politiques de la bioéconomie et des infrastructures industrielles, ainsi que sur les relations entre science, innovation et démocratie. Il codirige un ouvrage intitulé Ruination as Aftermath. Rethinking the Decay of Industrial Infrastructure, à paraître chez Bristol University Press.

Christine FRISON
Christine Frison est professeure de recherches à la Faculté de Droit, de Science politique et de Criminologie de l'université de Liège depuis janvier 2024, et professeure invitée à l'université catholique de Louvain - Saint Louis Bruxelles. Par ailleurs, elle est chercheure associée au groupe de recherche Government & Law (université d'Anvers, Belgique) et au Centre de droit international du développement durable (CISDL, MacGill University, Canada). Depuis décembre 2025, elle dirige le nouveau centre de recherche "EcoLAWgy", dont l'axe de recherche général est le questionnement du droit international de l'environnement sous un angle écocentrique, décolonial, féministe et écologique.

Caroline GLORIE
Caroline Glorie est assistante-docteure à l'ULiège. Ses recherches, au croisement de la théorie critique et des études féministes, portent sur des pratiques médiatiques contemporaines, en particulier les revues féministes. Elle a codirigé le livre collectif Les Cahiers du Grif. La première revue féministe francophone (Impressions Nouvelles, 2023).

Maud HAGELSTEIN
Maud Hagelstein est maître de recherches au F.R.S.-FNRS et enseigne la philosophie de l'art à l'université de Liège. Spécialiste de théorie de l'image, elle a publié un ouvrage monographique sur l'iconologie (Origine et survivances des symboles, Olms, 2016), dirigé plusieurs ouvrages collectifs, et coédité avec Céline Letawe une anthologie de textes de la théorie de l'image allemande (Bildwissenschaft. Débats contemporains sur l'image, Mimesis, 2022). Elle préside actuellement l'École doctorale "Art et sciences de l'art" (ED20) du F.R.S.-FNRS. Elle est aussi membre du comité scientifique du Musée Trinkhall, pour lequel elle a écrit Faire avec. Palabres au Trinkhall, Les éditions du Trinkhall, 2020.

Françoise LEMPEREUR
Françoise Lempereur, maitre de conférences, titulaire des cours de Patrimoine culturel immatériel à l'université de Liège, a soutenu une thèse de doctorat sur la Transmission du Patrimoine Culturel Immatériel (PCI) et est l'auteure de plus de 100 publications sur les différents patrimoines et la culture.

Alice MASSONE
Alice Massone est une photographe et artiste multimédia diplômée en photographie de l'IED de Milan et titulaire d'un master en conception des médias et de l'information de la LUCA School of Arts de Bruxelles. Sa pratique explore la photographie comme une porte d'entrée vers des médias élargis, couvrant l'IA, le bio-art, le design de l'information et la communication visuelle sur de multiples supports. Ses recherches portent sur des thèmes tels que l'intelligence interespèces, les cadres anthropocentriques et l'impact du changement climatique, à travers un langage visuel ancré dans le surréalisme et l'esthétique métaphysique.

Florence MINDER
D'origine suisse, actrice, autrice et metteuse en scène, Florence Minder co-dirige la compagnie de théâtre Venedig Meer. Basée à Bruxelles, la compagnie défend "la fiction comme un lieu de pensées, d'innovation et de survie". Autrice de plusieurs seule-en-scène, performances et pièces de théâtres en collaboration avec différentes structures belges et internationales. Son travail l'a menée, par exemple, en Allemagne, au Festival d'Avignon, au Togo, dans une maison funéraire, chez Coca-Cola ou au marché de Noël de Strasbourg. Florence Minder pense que chaque expérience est une tentative de mieux cerner la manière dont les réels se produisent, se reproduisent et se coproduisent. Elle est l'autrice de Faire quelque chose. (C'est le faire, non ?) paru dans la collection "Les deux sœurs" de l'Arbre de Diane, sa dernière pièce L'invisible n'est pas inexistant sera publiée en octobre 2026 dans la collection "Horizons".

Maxime MORSA
Maxime Morsa est chargé de cours à la Faculté de Psychologie, Logopédie et Sciences de l'Éducation de l'université de Liège. Ses travaux portent sur l'auto-détermination et les savoirs en santé. Il a publié une trentaine d'articles internationaux sur le sujet dont : "Adolescents with Cystic Fibrosis Expressing their Possible Selves through Photovoice : A Longitudinal Interpretative Phenomenological Analysis to Prepare a Peer Support Intervention for Healthcare Transition" (Patient Experience Journal), "Longitudinal Qualitative Research on the Maudsley Model Program for Adolescent Anorexia Nervosa : Study Protocol of an Infra-realist Inquiry" (International Journal of Qualitative Methods), "Une éthique minimale de l'éducation à l'autonomie en santé de la population adolescente vivant avec une maladie chronique" (Éthique en Éducation et en Formation).

Delphine MUNOS
Delphine Munos est première assistante en littératures postcoloniales anglophones à l'université de Liège, où elle dirige le Centre d'Enseignement et de Recherche en Études Postcoloniales (CEREP). Elle est co-directrice scientifique de la collection "Cross/Cultures : Readings in Post/Colonial Literatures and Cultures" (Brill).

Nicolas NAVARRO
Nicolas Navarro est professeur de muséologie à l'université de Liège où il dirige le service de muséologie. Il est membre de l'Unité de Recherche "Art, archéologie, patrimoine" et directeur de publication de la revue Les cahiers de muséologie. Ses travaux portent entre autres sur une approche critique du musée et de la muséologie et sur le processus de mise en exposition.

Valérie ROUSSEAU
Valérie Rousseau est historienne de l'art et restauratrice d'œuvres d'art. Elle pratique et enseigne la conservation-restauration des céramiques à l'École Supérieure des Arts Saint-Luc de Liège depuis 2001. Son intérêt pour l'histoire, la technologie et les arts céramiques l'ont également amenée à enseigner la céramique dans le cadre d'un cours d'initiation à l'ESA Saint-Luc et dans des ateliers privés. Elle mène des projets d'atelier avec ses étudiants, souvent sur des œuvres de grand format. Elle s'intéresse aux pratiques de restauration extra-européennes et alternatives.

Maxime ROVERE
Maxime Rovere est un philosophe spécialiste d'éthique. Il a traduit du latin plusieurs ouvrages de Spinoza (Correspondance, Ethique, Traité politique) et de Sénèque (Lettres à Lucilius), auxquels il a consacré plusieurs essais. Il développe sa propre pensée, "l'éthique interactionnelle" en explorant différents domaines d'application : les conflits (Se vouloir du bien et se faire du mal, 2024), le soin (Le Mal en face, 2025), ou encore l'information (Dire la vérité, 2026). Il collabore régulièrement avec des artistes issus des arts visuels et des arts vivants.

Arnaud THÉVAL
Arnaud Théval est artiste, diplômé de l'École des Beaux-Arts de Nantes. Sa recherche artistique prend forme à partir de questionnements sur les enjeux de représentations du collectif, en particulier dans le monde du travail. Il construit son projet artistique sur et dans l'espace social, en élaborant des dispositifs impliquant les personnes travaillant dans les institutions sociales, ou en cours de formation. Son approche intimiste et performative met en avant des singularités individuelles ouvrant sur la création d'une œuvre soucieuse de l'autre dont les formes varient de la photographie, à l'installation, du récit au discours ainsi qu'à la publication de nombreux ouvrages d'art ou textes de recherches. Il est notamment l'auteur de Tenir, caché (Dilecta, 2015) et d'Hôpital cherche Nord (Dilecta, 2021).