Programme 2024 : un des colloques

Programme complet


VULNÉRABILITÉ DU TRAVAIL DANS UN MONDE EN QUÊTE D'AVENIR


DU MARDI 11 JUIN (19 H) AU LUNDI 17 JUIN (14 H) 2024

[ colloque de 6 jours ]



ARGUMENT :

Depuis le dernier colloque de Cerisy sur le travail en 2018, les questions de numérisation, d'autonomisation croissante et du brouillage travail/hors travail ont été les principaux points de discussion. Cependant un enchaînement d'événements a posé au travail de nouvelles questions : les gilets jaunes, avec l'éclatement au grand jour des fracturations du monde du travail, la crise de l'ascenseur social, les débats sur "fin du monde vs fin du mois" ; la Covid (et l'opposition entre métiers "essentiels" et métiers "inutiles" ou, a minima, ceux dont on pourrait se passer quelque temps), puis l'expérimentation à grande échelle du télétravail ; l'accélération brutale de la prise de conscience écologique, et de notre fragilité énergétique, avec ses conséquences en termes d'éco-anxiété ; le "big quit", dans de nombreux domaines, qui repose la question du partage de la richesse et renouvelle les interrogations sur la "crise de sens", en particulier pour des jeunes générations considérées comme en rupture ; la guerre enfin, et sa perspective nucléaire, venue accentuer l'angoisse de la "fin du monde" déjà nourrie par la question écologique et le thème de l'"effondrement".

Tous ces événements font que nos certitudes et nos conceptions de l'avenir ont été sérieusement ébranlées. L'utopie d’un monde du travail qui glisserait doucement vers un labeur de plus en plus numérisé, autonome, réalisé dans des organisations de plus en plus flexibles et engagées vers le bien-être individuel (utopie en grande partie importée de la Silicon Valley), sans avoir disparu, paraît aujourd'hui presque irénique compte tenu des fragilités de nos sociétés révélées par l'enchaînement des crises. La vulnérabilité et l'avenir du travail sont les thèmes que nous mettons au cœur du troisième colloque de Cerisy sur cette thématique. Il réunira chercheurs et praticiens, avec des auditeurs intéressés par les sujets traités afin d'imaginer ensemble les transformations nécessaires et désirables du travail. L'avenir du travail à l'échelle nationale et internationale sera abordé sous trois angles complémentaires : d'une part les nouvelles attentes adressées au travail, d'autre part les critiques que font peser ces attentes sur les cadres institutionnels du travail d'aujourd'hui, enfin les nouvelles responsabilités qui pèsent sur les organisateurs du travail de demain.


MOTS-CLÉS :

Développement des sujets, Digitalisation, Enjeux écologiques, Histoire du travail, Numérisation, Organisation alternative, Quête d'avenir, Santé mentale, Solidarité, Transformation digitale, Travail, Vulnérabilité


CALENDRIER DÉFINITIF :

Mardi 11 juin
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Mercredi 12 juin
HISTOIRE DE L'AVENIR DU TRAVAIL | Présentation
Matin
Cédric DALMASSO, Frédérique DEBOUT COSME, Frédéric GARCIAS & Christian GUIBERT : Ouverture du colloque
Christel FREU : Un Empire au travail : la variété des statuts de travail des populations sous la Rome ancienne
Patrick FRIDENSON : Le "moment années 1970" : une crise du travail ?

Après-midi
Matthieu PAVAGEAU : L'ANACT, retour sur 50 ans d'action partenariale sur le travail demain
Cyril COSME : L'OIT, une perspective centenaire sur le travail et la justice sociale
Frantz ROWE : L'intelligence artificielle au travail, en perspective et en question

Soirée
Sonia ADAM-LEDUNOIS & Sébastien DAMART : De Blade Runner à The expanse ou les figures du travail revisitées ?


Jeudi 13 juin
LES SOLIDARITÉS DU TRAVAIL | Présentation
Matin
Henri BERGERON & Patrick CASTEL : Sociabilité, coopération et satisfaction au travail. Une hypothèse de sociologie des organisations

Les nouvelles vulnérabilités du travail vues par les DRH et les syndicats, table ronde avec Olivier CARLAT, Zinaida LESSITCHKOVA et Anne-Florence QUINTIN

Après-midi
Stéphane VEYER : Travail et mouvement coopératif
Cécile BRIEC : Travailler au sein d'une SCOP, une organisation favorable à l'émancipation ?

Vernissage de l'exposition"Le climat tique ?" de Damien HUYGHE


Vendredi 14 juin
LE TRAVAIL FACE AU DÉFI ÉCOLOGIQUE | Présentation
Matin
Haud GUÉGUEN : Travail et nature : une perspective marcusienne
Alexis CUKIER : Travail vivant et écologie politique [visioconférence]

Le travail face au changement climatique, dialogue entre Aline DRONNE et Laure GIRODET

Après-midi
"HORS LES MURS" — À AGNEAUX
Visite de l'Établissement et Service d'Aide par le Travail (ESAT Saint-Lô / Condé)

Soirée
Projection d'un film sur le travail et l'écologie


Samedi 15 juin
Matin
LE TRAVAIL FACE AU DÉFI ÉCOLOGIQUE | Présentation
Philippe ASKENAZY : Défi climatique et démocratie au travail
Stéphane LE LAY : Pourquoi est-il impossible de comprendre les transformations écologiques sans prise en compte de la centralité du travail ?

Intervenir pour travailler autrement demain, dialogue entre Stéphane BALAS et Viviane FOLCHER

Après-midi
ACCROISSEMENT SUBJECTIF ET SANTÉ AU TRAVAIL | Présentation
Frédérique DEBOUT COSME : Construction de l'avenir et engagement dans le travail au présent
Cédric DALMASSO : Santé mentale au travail et évolution des régimes de responsabilité

Invisibilité du travail, invisibilité au travail, tyrannie de la transparence, table ronde avec Christine DEPIGNY-HUET, Dominique MASSONI et Elisabeth PÉLEGRIN-GENEL


Dimanche 16 juin
L'AVENIR DU TRAVAIL : NUMÉRISATION, DIGITALISATION ET INTELLIGENCE ARTIFICIELLE | Présentation
Matin
Anca BOBOC : La vulnérabilité du travail face au numérique : la capacité d'agir des acteurs
Marc-Eric BOBILLIER CHAUMON : La travail a-t-il encore un avenir avec les technologies émergentes ?
Sophie HOOGE : Comment penser collectivement un travail productif désirable hors du cadre de performance de l'industrie X.0

Après-midi
Frédéric GARCIAS : Un voyage au pays du "Future of Work". Socio-histoire (récente) d'un corpus

Transformation digitale et bien-être au travail, table ronde avec Marine BACONNET (De la responsabilité sociale aux pratiques industrielles. Étude de cas dans l'industrie textile), Yann HILAIRE et Justine RAYSSAC (Transformation industrielle 4.0 : la figure de l'opérateur 4.0 face à la figure de l'artisan horloger)


Lundi 17 juin
Matin
Rapports d'étonnements
Discussion générale
Synthèse et conclusions

Après-midi
DÉPARTS


PRÉSENTATIONS DES THÉMATIQUES :

HISTOIRE DE L'AVENIR DU TRAVAIL
Si l'entreprise repose sur la vision d'un avenir à construire, qu'il s'appelle "projet", "mission", ou plus classiquement "stratégie", l'engagement dans le travail ne peut exister sans une promesse d'avenir. Participer à une œuvre commune, croire en un salut (théologique chez Weber, ou révolutionnaire chez Marx), espérer une ascension sociale (dans une vision plus libérale) ont été les véhicules de cette promesse. Les tendances de ces dernières décennies avaient déjà posé la question du rapport à l'avenir dans un capitalisme de plus en plus court-termiste et financiarisé qui érodait sérieusement la notion même de projet collectif. Tout désigne une "crise de l'avenir" qui se manifeste de multiples manières : grande démission et fuite du salariat, débat fin du monde/fin du mois, éco-anxiété, incapacité des démocraties occidentales à proposer un projet mobilisateur et crédible. Le populisme et les tentations nostalgiques d'un retour en arrière s'en nourrissent. La multiplication de l'appel à des "transitions" incertaines renforce l'impression d'un enfermement collectif dans un système économique dans l'impasse. Mais quelles ont été, à différentes époques, les visions de l'avenir du travail et comment celles-ci peuvent-elles nous permettre d'envisager des imaginaires mobilisateurs ?

LES SOLIDARITÉS DU TRAVAIL
Au début des années 1980, les philosophes post-modernes parlaient de la "crise des grands récits". Ces récits semblent aujourd'hui s'être définitivement effondrés. La mobilisation autour d'une vision libérale et déverrouillée de la société (startup nation, retour de l'ascension sociale par l'entrepreneuriat, valorisation de la mobilité, etc.) se heurte au mur de la réalité. Réfléchir à l'avenir du travail, c'est questionner ce qui fonde et solidarise les communautés d'action et l'engagement des citoyens. La nature du travail, sa place dans la vie, ses modes d'organisation et de management, les principes de solidarité associés à ceux-ci renvoient à ses dimensions sociale, technique et politique du travail. Comment ont évolué les différents temps "du travail, de l'œuvre et de l'action" ? Quelles sont les nouvelles sociabilités en gestation, notamment entre générations ? Quelles réinventions des dispositifs de solidarités seraient en mesure de pérenniser ses sociabilités et d'éviter la fragmentation des collectifs de travail ?

LE TRAVAIL FACE AU DÉFI ÉCOLOGIQUE
Le récit écologique semble aujourd'hui le candidat le plus sérieux à la constitution d'un grand récit alternatif et mobilisateur, bien que potentiellement très déstabilisant. La "transition écologique" (si elle existe) conduira-t-elle à remettre du monde dans les champs pour un travail plus manuel (faute d'énergie), des secteurs entiers sont-ils appelés à s'effondrer avec la suppression de millions d'emplois (l'automobile, l'aérien…), les caisses de solidarité fondées sur le principe d'une croissance matérielle sont-elles inexorablement amenées à s'épuiser ? La "transition" pourrait tout autant mobiliser que décourager. Ce questionnement général, précipité par la confluence de plusieurs chocs brutaux, participe à la transformation du monde des affaires. Par exemple, la prise de conscience du changement climatique et la pandémie de la Covid-19 ont initié un processus de reconfiguration des chaînes de valeur à l'échelle mondiale. En parallèle, dans un contexte anxiogène, des appels répétés à l'instauration de fonctionnements plus démocratiques signalent une remise en cause de la légitimité des pouvoirs établis. Les débordements du travail contemporain, mus par la progression des sciences, des techniques et des technologies, mais aussi par le changement des mentalités, questionnent la pertinence des nomenclatures qui permettent de décrire les activités humaines et bousculent les pratiques de régulation qui les font exister.

ACCROISSEMENT SUBJECTIF ET SANTÉ AU TRAVAIL
Le monde du travail et les enjeux qui lui sont associés évoluent. L'histoire récente de la santé au travail nous offre, par exemple, l'occasion d'observer deux ruptures importantes. D'une part, nous voyons la place grandissante prise en Occident par les enjeux de santé mentale dans le déroulement de l'activité laborieuse ; d'autre part, les réflexions sur le travail, traditionnellement orientées sur le salariat de production de biens et de services, s'étendent à des activités moins étudiées comme les activités de conception, les activités libérales ou indépendantes ou encore le cumul d'activités. L'articulation entre le travail et l'activité hors emploi comme les occupations domestiques ou ludiques deviennent également une préoccupation majeure. Quelle est l'étendue de la souffrance et des problèmes de santé mentale dans le monde du travail ? Quelles sont les répercussions économiques et organisationnelles de ces situations délétères ? Comment permettre à l'entreprise et aux salariés de s'en prémunir ? Comment lutter contre la stigmatisation associée aux problèmes de santé mentale au travail ? Comment sensibiliser les employés, les employeurs et la société en général à l'importance de la santé mentale au travail ? Comment les technologies numériques et l'automatisation affectent-elles la santé mentale ? Comment peut-on s'assurer que l'utilisation de la technologie ne contribue pas à des problèmes de santé mentale, mais plutôt à des environnements de travail plus sains ?

L'AVENIR DU TRAVAIL : NUMÉRISATION, DIGITALISATION ET INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
L'évolution du travail vers un monde numérisé et digitalisé où se diffuse l'intelligence artificielle suscite des interrogations majeures. Les avancées technologiques redéfiniront-elles le travail ? Les opportunités innovantes compenseront-elles les préoccupations liées à l'automatisation du travail intellectuel et à la perte des emplois traditionnels ? La numérisation permet-elle de concilier travail et vie personnelle ? Comment les nouvelles technologies, comme la réalité immersive et l'intelligence artificielle générative, modifieront-elles le travail créatif ? Ces changements seront-ils compatibles avec un fonctionnement démocratique et inclusif dans l'entreprise ? Repenser les questions éthiques, la protection des données, la confidentialité et la responsabilité, apparaît comme crucial en vue d'assurer le respect des droits individuels. En somme, penser l'avenir du travail requiert de poser de nouveau les fondements de ce qui permet de faire société.


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Cédric DALMASSO : Santé mentale au travail et évolution des régimes de responsabilité
Comment les professionnels conçoivent et fabriquent des objets matériels et immatériels ? Nous analyserons quelques cas emblématiques d'entreprises en détaillant certains processus de création, de transmission, d'obsolescence et d'oubli des savoirs et savoir-faire. Nous nous étonnerons de la croissance des risques psychosociaux dans les professions intellectuelles et défendrons la thèse que l'une des causes de la dégradation de la santé mentale des professions supérieures réside dans l'inadéquation des choix stratégiques des grandes organisations, ce qui soulève la question de la responsabilité de ces dernières. Nous ferons l'hypothèse que les régimes traditionnels de responsabilité (pour faute et pour risque) sont insuffisants pour répondre aux nouveaux enjeux de santé mentale et de solidarité dans un contexte d'épuisement de la croissance thermo-industrielle. Le concept de "responsabilité pour vulnérabilité" sera alors proposé comme une nouvelle forme de protection.

Cédric Dalmasso est Directeur du Centre de gestion scientifique, Mines Paris - PSL. Il est président du Conseil scientifique de l'Agence national d'Amélioration des Conditions de Travail et membre élu du Conseil d'administration de l'université PSL, Président du Conseil d'orientation de l'Institut du Travail et du Développement Durable et membre du cercle de l'innovation au sein de la Fondation Paris Dauphine. Chercheur intervenant, il a mené plus d'une vingtaine de recherches collaboratives et est l'auteur de nombreux articles sur le lien entre stratégie, organisation et santé au travail.

Frédérique DEBOUT COSME : Construction de l'avenir et engagement dans le travail au présent
S'interroger de l'avenir du monde nous invite à d'une part, revenir sur ce qui constitue le monde et d'autre part, sur ce qui définit l'histoire. Parler de l'avenir inscrit nos réflexions sur le futur et le temps du côté de l'histoire, et non du côté de l'hérédité. Tout comme parler de monde inscrit le périmètre de nos réflexions du côté du côté de l'expérience du sens plutôt que du côté de l'objectivité d'un environnement physique et matériel. Inscrire nos réflexions du côté de l'avenir du monde nous contraint ainsi à penser le rapport au temps et à l'environnement naturel dans une perspective humaniste et donc fondamentalement critiquer la notion d'adaptation. Ce sera finalement l'objectif de notre propos : alimenter une critique de la notion d'adaptation pour penser le rapport de l'individu humain à la société comme à la nature. Ce point de vue se fondera sur les apports de la psychopathologie et de la psychodynamique du travail car selon nous, il n'y a pas d'avenir du monde envisageable si nos organisations du travail portent atteinte, voir déconstruisent la santé mentale.

Frédérique Debout Cosme est maîtresse de conférences en psychopathologie et psychodynamique du travail au Conservatoire National des Arts et Métiers de Paris (Centre de recherche sur le travail et le développement). Elle est membre de la chaire de psychologie du travail mais aussi de l'Institut de Psychodynamique du Travail à Paris. Après une maîtrise de philosophie et de phénoménologie à la Sorbonne sous la direction de Jean-Luc Marion, elle a entamé un cursus de psychologie clinique. Ses premiers travaux portaient sur le corps, la technique et la psychose. Elle a travaillé quatre ans en ESAT puis douze ans en psychiatrie adulte, dans une unité d'accueil familial thérapeutique pour patients adultes de psychiatrie ; clinique sur laquelle a porté sa thèse de doctorat, sous la direction de Christophe Dejours. Elle mène des interventions collectives en psychopathologie et psychodynamique du travail et elle a également une activité de psychologue, psychothérapeute. Ses domaines de recherche et ses publications concernent la psychopathologie, le corps, le travail, le genre, le soin et l'écologie. Elle est membre de diverses sociétés savantes dont les société française et internationale de psychopathologie et psychodynamique du travail.

Frédéric GARCIAS
Frédéric Garcias est maître de conférences en sciences de gestion à l'IAE Lille (Université de Lille) et chercheur au LUMEN. Ses travaux portent sur les mécanismes de constitution et de perte des capacités organisationnelles, envisagées en particulier sous l'angle cognitif. Initialement, il a étudié le phénomène de "perte de compétences" à l'œuvre au sein des organisation de la filière nucléaire, et leur impact sur le travail des ingénieurs notamment. Plus récemment, il s'est intéressé à des formes émergentes d'organisation (plateformes de travail indépendant, sociétés à mission…) en cherchant à mieux comprendre les liens entre organisation du travail et dynamiques d'apprentissage ou de désapprentissage. Il est co-rédacteur en chef de la revue Entreprises et Histoire.

Christian GUIBERT
Christian Guibert est titulaire d'un DEA de didactique des disciplines et d'un DEA de sociologie du travail à l'université Paris 7. Il a occupé le poste de développement socio-organisationnel à la Direction des Ressources Humaines de la RATP, pris la responsabilité de l'observatoire social décentralisé de France Télécom, de la Direction du management du groupe France Télécom-Orange et enfin la direction de l'Institut des métiers, instance partenariale direction-syndicats, du Groupe Orange. Aujourd'hui retraité, il est membre du CA de L'Institut du Travail et du Management Durable, du conseil scientifique de l'Observatoire des cadres de la CFDT et du Cercle des partenaires de Cerisy.


Sonia ADAM-LEDUNOIS & Sébastien DAMART : De Blade Runner à The expanse ou les figures du travail revisitées ?
La science-fiction est un genre très hétérogène. Son histoire a montré les nombreuses voies empruntées depuis la fascination pour les sciences et la technologie jusqu'aux dystopies révélant les travers de nos sociétés contemporaines. Le travail est représenté dans les œuvres de science-fiction. Essentiellement, deux grandes catégories d’objectifs pointent. D'abord, la science-fiction révèle le design dominant des formes contemporaines du travail. Ce faisant, elle met au jour des invariants et les dimensions fondamentales de la relation de travail, ce qui, au passage, a pour effet d'affaiblir le potentiel de dépaysement de l'œuvre. Ensuite, elle met en scène une éthique du travail, pensée comme alternative et visant une critique et une dénonciation.

Titulaire d'un doctorat en sciences de gestion et management, Sonia Adam-Ledunois est maîtresse de conférences habilitée à diriger des recherches et directrice de la House of entrepreneurship à l'université Paris Dauphine-PSL. Ses travaux de recherche portent sur les coopérations en contexte de diversité, les problématiques d'intégration et d'inclusion sociale. Elle a plus particulièrement développé une expertise sur le dialogue entre science-fiction, management et prospective. Elle est investie dans des projets de recherche à visée d'impact sur la société et s'appuie centralement sur des démarches de recherche intervention ou recherche collaborative, en lien étroit avec des acteurs publics ou socio-économiques.

Sébastien Damart est Professeur à l'université Paris Dauphine-PSL. Ses travaux portent sur les formes innovantes de management. Dans cette perspective, il est conduit à mener ou co-animer différentes recherches sur l'histoire des pratiques et des idées en management. Il travaille également la thématique du management innovant sous d'autres angles. Récemment, il participe à différents projets de recherche sur le lien entre management et science-fiction.

Philippe ASKENAZY : Défi climatique et démocratie au travail
Repris par les organisations internationales du BIT à la Commission Européenne, le concept de transition juste peut apparaître comme un succès pour les syndicats. Pourtant, il peine à faire du monde du travail une force transformatrice, et à contrer le populisme anti-écologique. Cette communication, issue de réflexions avec Claude Didry (sociologue CNRS-CMH), explore des pistes pour dépasser la transition juste et promouvoir une démocratie au travail dans le domaine environnemental.

Philippe Askenazy est économiste du travail au Centre Maurice Halbwachs-PSL. Spécialiste des mutations du travail, il est notamment membre du Haut conseil des rémunérations, de l'emploi et de la productivité.

Marine BACONNET : De la responsabilité sociale aux pratiques industrielles. Étude de cas dans l'industrie textile
Transformer la filière textile mondiale en réindustrialisant et en invitant ses acteurs à penser des programmes de formation innovants et de haut niveau éducationnel, telle est l'ambition socio-environnementale du groupe étudié dans cet article. Cette stratégie de recomposition de la filière passe par une étape transitoire de réapprentissage des métiers de la confection. Traversé par des exigences contradictoires de nature économique, sociale et technique, le déploiement de cette stratégie industrielle est incontournable bien que difficile. Cette communication explore les origines de ces tensions, à la frontière entre le management stratégique et le management opérationnel, afin de mieux comprendre les découplages possibles entre les intentions déclarées et les réalisations effectives. Ces décalages proviendraient de la complexité à appréhender la pluralité des cibles d’apprentissage et des formes d’apprentissage. Notre recherche-intervention renseigne sur les chemins d’une réindustrialisation textile favorable au développement humain.

Marine Baconnet est doctorante en Sciences Humaines, humanités nouvelles (CNAM) et en Management (Mines Paris-PSL). Ses recherches supervisées par les Pr. Cynthia Fleury et Cédric Dalmasso, portent sur les tensions industrielles autour des métiers traditionnels et le bien être professionnel du point de vue opérationnel. Son objectif est d'accompagner la mise en place d'un nouveau dispositif de management avec toutes les parties prenantes d'un projet de réorganisation industrielle. Sa démarche, sachant que les transformations stratégiques (en l'occurrence une réindustrialisation textile) peuvent être déstabilisantes pour le bien être des personnes et la préservation du savoir-faire, est celle de ne pas déstabiliser les individus tout en développant une logique de professionnalité accrue.

Henri BERGERON & Patrick CASTEL : Sociabilité, coopération et satisfaction au travail. Une hypothèse de sociologie des organisations
Ce que certains nomment la crise du travail n'a jamais été autant médiatisée depuis la survenue de l'épidémie de Covid : problèmes d'attractivité, quête/perte de sens au travail, turn-over, absentéisme, quiet quitting, etc. Les réponses promues de manière privilégiée par les employeurs ou les pouvoirs publics sont connues et de différentes natures : symbolique (par exemple, la marque employeur) ; matérielle (augmentation des salaires, mesures liées à la QVT ou qualité de vie au travail, etc.) ; fonctionnelle (l'enrichissement des tâches, l'élargissement des responsabilités, etc.), ou encore managériale (nouveaux styles de management et de leadership). Il se peut toutefois que ces mesures ne répondent pas à une dimension essentielle, plus sociologique, du travail : le besoin de coopération. Dans cette intervention, nous défendrons l'idée que la coopération au travail est fragilisée par trois grands mouvements.

Henri Bergeron est sociologue, directeur de recherche au CNRS au Centre de sociologie des organisations et titulaire de la chaire Transformation des organisations et du travail de Sciences Po. Il codirige le domaine Travail aux Presses de Sciences Po. Il est notamment l'auteur, avec Olivier Borraz, Patrick Castel et François Dedieu, de Covid-19 : une crise organisationnelle (Presses de Sciences Po, 2020) et avec Constance Nathanson de The social production of crisis : blood politics in France and in the US (Oxford University Press, 2023).

Patrick Castel est sociologue, directeur de recherche FNSP au Centre de sociologie des organisations et coordinateur scientifique de la chaire Transformation des organisations et du travail de Sciences Po. Il codirige le domaine Travail aux Presses de Sciences Po. Il a notamment coécrit Covid-19 : une crise organisationnelle (Presses de Sciences Po, 2020) et coordonné, avec Marie-Emmanuelle Chessel, À la recherche de la décision : études cas en sciences sociales (Presses Universités du Septentrion, 2024).

Marc-Eric BOBILLIER CHAUMON : La travail a-t-il encore un avenir avec les technologies émergentes ?
Les nouvelles formes de travail (travail hybride et distanciel, algorithmisation de l'activité, flex-office…) et l'arrivée de technologies émergentes (IA, robot, technologies immersives et ubiquitaires…) bousculent profondément notre rapport au travail, à nous-mêmes ainsi qu'aux autres. Ce n'est pas seulement le contenu et la nature du travail à faire qui se reconfigurent, c'est également la manière de le faire qui se trouve remaniée. Les professionnels sont encore trop peu associés à ces projets de changements qui les touchent pourtant au premier chef. Ils sont vus, au mieux, comme une simple variable d'ajustement ; au pis, comme les exécutants dociles d'une technologie qui devient le maître de ceux qu'elle était censée servir. Ce qui est alors souvent présenté comme un vecteur de progrès et d'efficacité, impose en fait des renoncements à ce que le sujet s'efforce de construire à l'échelle de son métier : en matière de compétences et de gestes professionnels, de règles de travail et de critères de qualité, d'initiatives individuelles et collectives. Ces empêchements dégradent alors les conditions d'exercice de son activité, fragilisent son engagement subjectif et compromettent sa santé au travail. Cette intervention abordera la question des transformations digitales et des mutations du travail qui en découlent, en portant une réflexion critique sur les évolutions sociotechniques qui touchent le monde professionnel contemporain et qui le rendent plus vulnérable. Elle tâchera d'exposer aussi un cadre d'analyse et d'intervention — la clinique des usages — qui vise à accompagner la conception d'un futur du travail qui soit socialement acceptable, professionnellement responsable et humainement soutenable.

Marc-Eric Bobillier Chaumon est professeur du Conservatoire National des Arts et Métiers (Cnam) à Paris, titulaire de la Chaire de Psychologie du Travail. Il est responsable national du diplôme de psychologue du travail et préside l'Association Internationale de Psychologie du Travail de Langue Française (AIPTLF). Ses travaux portent sur les conditions d'usage des technologies et les incidences des transformations digitales sur l'activité et la santé au travail. Il s'intéresse notamment aux nouvelles modalités de travail (travail hybride, nomade, flex-office…) qui accompagnent ces mutations technologiques ainsi qu'aux conditions d'acceptation des dispositifs émergents. Il est l'auteur de 15 ouvrages et de plus de 300 publications scientifiques sur ces questions.
Publications
Bobillier Chaumon M.E. (2023), Psychologie du travail Digitalisé - Nouvelles formes du travail et Clinique des usages, Dunod.
Bobillier Chaumon M.E. (2021), Les transformations digitales à l'épreuve de l'activité et du travail : comprendre et accompagner les mutations technologiques émergentes, ISTE Éditions.
Bobillier Chaumon, M.E. & Sarnin P. (2021, seconde édition), Manuel de Psychologie du travail et des organisations : Les enjeux Psychologiques du travail, Bruxelles, DeBoeck.
Bobillier Chaumon M.E., Gangloff, B., Gilbert, P. & Vonthron A.M. (2021), Les incidences psycho-sociales et socio-organisationnelles de la crise sanitaire Covid sur le travail et la santé des salariés, Paris, L'Harmattan.
Valléry, G., Bobillier Chaumon, M.E., Brangier, E. & Dubois, M. (2019, seconde édition), Psychologie du Travail et des Organisations : 110 notions clefs, Paris, Dunod.
Bobillier Chaumon, M.E., Dubois, M., & Retour, D. (2010), Relations de service : nouveaux usages, nouveaux usagers, Bruxelles, De Boeck.

Anca BOBOC : La vulnérabilité du travail face au numérique : la capacité d'agir des acteurs
Loin des discours prophétiques et normatifs concernant les "effets du numérique" sur le travail, cette présentation insistera sur la capacité d'agir des acteurs, aussi bien dans la reconfiguration des activités et des liens sociaux autour de ces outils numériques, que dans le paramétrage de ces outils en fonction de leur activité. Elle soulignera l'importance des facteurs collectifs et organisationnels dans le développement des usages et, par conséquent, l'importance d'un accompagnement permettant un ajustement fin entre numérique et activité. En ce sens, elle pointera la nécessité des constructions sociotechniques, de plus en plus collectives et locales et de plus en plus complexes face à l'hétérogénéité des IA.

Anca Boboc est chercheure en sociologie du travail et des organisations au département de sciences sociales d'Orange Innovation (SENSE). Ses recherches portent notamment sur les transformations du travail avec les usages du numérique (télétravail, déconnexion, environnement de travail, formation professionnelle, appropriation des outils collaboratifs et de l'IA…) et leur accompagnement, notamment au niveau managérial.
Publications
Benedetto-Meyer M., Boboc A., Sociologue du numérique au travail, Éd. Armand Colin, 2021.
Boboc A., Metzger J.-L., "La formation professionnelle entre injonction à la numérisation et impératif de sobriété", Distances et Médiations des Savoirs, 2023.

Cécile BRIEC : Travailler au sein d'une SCOP, une organisation favorable à l'émancipation ?
Face aux évènements, notamment la crise Covid, qui ont bouleversé au cours de ces dernières années le monde du travail, la quête de sens au travail et l'engagement dans des organisations alternatives redistribuant les responsabilités et les relations hiérarchiques sont des sujets qui se sont imposés dans les débats. Mais que signifie "travailler" dans ce type de milieu ? Est-ce que cela garantit la construction d'un sens au travail ? C'est à partir de plusieurs interventions menées au sein d'une Scop que nous proposerons de réfléchir à ces questions.

Cécile Briec est professeure associée à service temporaire au Conservatoire National des Arts et Métiers de Paris, au sein de l'équipe de psychologie du travail et du Centre de recherche sur le travail et le développement (CRTD). Elle est également directrice du cabinet de conseil en ergonomie et psychologie du travail, Alternatives ergonomiques. Ses travaux de recherche et ses interventions portent notamment sur des activités déployées dans des milieux de travail non ordinaires (activité syndicale, scop, associations, etc.).

Cyril COSME : L'OIT, une perspective centenaire sur le travail et la justice sociale
L'OIT est créée au lendemain de la Première Guerre mondiale comme une pièce maîtresse du premier système multilatéral autour de la Société des Nations. "Pas de paix durable sans justice sociale" proclame la première phrase du préambule de sa constitution. Dès ses premières années d'existence, l'OIT s'attachera à mobiliser les leviers de cette justice sociale dans la réglementation du travail à travers l'adoption de normes internationales. Ces normes sont à chaque fois le reflet de la vision à un moment donné de ce que devrait être un travail "décent" (terme qui remonte au début des années 2000) par les membres tripartites de l'OIT. Elles portent aussi la trace des clivages géopolitiques qui ont marqué l'histoire jusqu'à aujourd'hui. Cette contribution sera l'occasion d'évoquer l'évolution et la diversité des représentations du travail sur le dernier siècle écoulé à partir de l'évolution des politiques normatives de l'OIT.

Cyril Cosme est Directeur du Bureau de l'OIT pour la France. Il a rejoint le Bureau International du Travail en novembre 2014 lorsqu'il a pris la tête du bureau de l'OIT pour la France basé à Paris. Il était auparavant délégué aux affaires européennes et internationales au ministère du Travail, des Affaires sociales et de la Santé. Il a occupé divers postes au ministère du Travail français, à la tête du Service des conventions collectives et des conflits du travail (1997-2000) et en tant que conseiller technique auprès du cabinet du ministre (2002-2004). Cyril Cosme a ensuite passé la majeure partie de sa carrière sur les questions européennes et internationales liées à l'emploi et au travail à Paris (Secrétariat général aux affaires européennes, rattaché au Premier ministre de 2000 à 2002), Bruxelles (Représentation permanente de la France auprès de l'Union européenne, 2004 -2009) puis à Washington (Ambassade de France aux États-Unis, 2009-2012). Il est diplômé de Sciences Po Paris et de l'École Nationale d'Administration (Promotion Marc Bloch, 1997).

Alexis CUKIER : Travail vivant et écologie politique
Cette intervention présentera un livre en cours d'écriture, Écologie politique du travail vivant, qui défend qu'il n'y aura de bifurcation écologique sans écologisation et démocratisation du travail à partir de la logique du travail vivant — redéfinie à partir de Marx et de Dejours comme l'implication corporelle et affective des travailleurs dans leur activité. Je montrerai, à partir d'une critique de l'oubli du travail dans les projets de planification écologique, que la nécessaire redirection écologique de l'économie nécessite la conquête par les travailleurs de nouveaux pouvoirs de décision, droits et outils économiques et institutionnels. J'examinerai ensuite des alliances entre travailleurs, syndicalistes, habitants et militants écologistes (Appel pour des forêts vivantes et lutte de la raffinerie Total de Grandpuits en France, reconversion écologique autogestionnaire de Vio.Me à Thessalonique et GKN à Florence) en analysant les façons dont le travail vivant permet de rediriger l'activité en la subordonnant aux besoins.

Alexis Cukier est maître de conférences en philosophie, membre du laboratoire MAPP, à l'université de Poitiers. Il est l'auteur, notamment, de Qu'est-ce que le travail ? (Vrin, 2018) et Le travail démocratique (Puf, 2018), ainsi qu'en co-direction Le sujet du travail. Théorie critique, psychanalyse et politique (avec Katia Genel et Duarte Rolo, PUR, 2022) et Travail et écologie (avec David Gaborieau et Vincent Gay, Les Mondes du travail, n°29, 2023).

Aline DRONNE
Aline Dronne est Sociologue spécialisée dans le travail et chargée de mission à l'Agence Régionale pour l'Amélioration des Conditions de Travail Grand Est. Depuis 20 ans, elle a eu en charge de la thématique "prévention des risques psychosociaux", puis de "la qualité de vie et des conditions de travail". Pour développer les connaissances sur ces sujets, elle mène de nombreuses interventions en entreprise (sous des formes différentes : diagnostic, intervention longue, formation-action, mise en place de plan d'actions…) et dans des secteurs variés (agricole, administration, collectivité locale, industries agroalimentaire, automobile, de production électrique, association dans le secteur social, médico-social, hospitalier…). Dans le cadre de ses travaux, elle s'est intéressée au sujet du "travail à l'ère du numérique". Aujourd'hui, elle se consacre au développement de la thématique "écologie et travail" afin de faire dialoguer les conditions de travail et la transition écologique.

Christel FREU : Un Empire au travail : la variété des statuts de travail des populations sous la Rome ancienne
À la fin de la République, "le plus savant des Romains", Varron, notait que si l'esclavage (ou le travail contraint) pour dettes avait été aboli de son temps en Italie romaine, il subsistait dans d'autres parties de l'Empire. Les Romains, en conquérant l'Orient où le contrat de travail pour dettes était courant, ont aussi développé dans leurs provinces le contrat de louage pour les embauches de court terme. L'objet de la communication est donc de présenter la variété des conditions de travail et des types de contrats d'engagement du travail et de travail forcé que les employeurs — Romains, élites indigènes ou autres — avaient à disposition sous l'Empire.

Christel Freu, professeure d'histoire romaine à l'université d'Évry-Paris Saclay, est spécialiste de l'histoire sociale et économique de l'Empire romain et s'intéresse particulièrement à l'histoire du travail et des métiers. Croisant le droit, les papyrus et la littérature d'époque impériale, elle a publié plusieurs articles sur l'apprentissage, les contrats de travail et les rapports de travail sous l'Empire, notamment en Égypte romaine. Son dernier livre, Les salariés de l'Égypte romano-byzantine. Essai d'histoire économique, Paris 2022 (StudPap 3), a reçu la médaille Diehl de l'Académie des Inscriptions et Belles lettres.

Patrick FRIDENSON : Le "moment années 1970" : une crise du travail ?
Le début des années 1970 aux États-Unis signale au monde la vulnérabilité du travail dans un univers social en quête de robots. Quel a été l'impact du blues des cols bleus en 1972 à l'usine automatisée de Lordstown (General Motors) ? Comment expliquer le succès mondial du livre de Harry Braverman, Travail et capitalisme monopoliste (1974, traduction française 1976) qui promeut l'idée de dégradation du travail ? Y a-t-il des rapports avec les compromis sur l'emploi annoncés pour la première usine automatisée de moteurs de Ford à Cleveland à la fin des années 1950 ? C'est une critique de ces critiques que l'on tentera.

Patrick Fridenson est ancien élève de l'École Normale Supérieure, historien des entreprises et du travail, directeur d'études à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales.
Publications
"Un tournant taylorien de la société française (1904-1918)", Annales ESC, septembre-octobre 1987, p. 1031-1060.
"Taylorism", in Guillaume Carnino, Liliane Hilaire-Pérez and Jérôme Lamy (eds.), Global History of Techniques (Nineteenth to Twenty-First Centuries), Turnhout, Brepols, 2024, p. 613-626.
"Les transformations des pratiques de subordination dans les entreprises et l'évolution du tissu productif en France", in Héloïse Petit et Nadine Thévenot (dir.), Les nouvelles frontières du travail subordonné. Approche pluridisciplinaire, Paris, La Découverte, 2006, p. 21-46.
Patrick Fridenson, François Monnier, Albert Rigaudière (dir.), Concurrence et marchés. Droit et institutions du Moyen Âge à nos jours, Paris, Comité pour l'histoire économique et financière de la France, 2023.

Laure GIRODET
Laure Girodet est Directrice opérationnelle Santé et Sécurité opérationnelle du groupe Veolia pour le périmètre mondial (220000 collaborateurs dans plus de 60 pays). Elle est ingénieur des Ponts et Chaussées en filière Génie Civil et travaille dans le secteur de l'eau, déchets et énergie depuis près de 30 ans. Elle a d'abord managé différentes entités opérationnelles en France et à l'international (Argentine, Maroc…), pour le groupe Suez puis est y devenue DRH pour la zone Afrique Moyen Orient et Inde. Elle a réalisé à cette période un Master au sein de Science Po en "RH et transformation des organisations", ce qui a enrichi son cursus initial. À partir de 2019, elle est devenue la Directrice Santé Sécurité et Crisis Process Owner du groupe Suez, thèmes sur lesquels elle assure des cours (en particulier à la Sorbonne et l'ENA). Elle a été notamment coordinatrice de la crise Covid pour près de 60 pays. Après la fusion de Suez et Veolia, elle poursuit ces missions sur le périmètre de Veolia.

Haud GUÉGUEN : Travail et nature : une perspective marcusienne
Dans son ouvrage de 1955 Eros et civilisation, Marcuse se propose d'envisager l'accès à une société "non-répressive" sous l'angle d'une transformation du travail en jeu et en plaisir, dont il souligne qu'elle exige une transformation radicale du rapport à la nature où cette dernière ne soit plus perçue comme un "objet" mais comme un partenaire et une part centrale des êtres humains eux-mêmes. Procédant d'une filiation trouvant sa source chez des auteurs comme Fourier, Marx ou encore Schiller, c'est cette idée que ne cessa ensuite de développer Marcuse à travers ses réflexions sur la contre-culture et sa teneur révolutionnaire, et qui le conduisit à partir de Vers la révolution (1969) à poser la nécessité d'une "reconnaissance de la nature" entendue comme sujet/objet, allant, dans Contre-révolution et révolte (1972), jusqu'à affirmer que "La nature, elle aussi, attend la révolution !". À travers ces différents textes, se dégage ainsi une sorte d'utopie du travail, dont Marcuse perçoit très clairement que sa réalisation exige une transformation qualitative des institutions et de la technique ne passant pas seulement par un dépassement du capitalisme, mais par la création de "nouvelles valeurs" et de nouvelles "formes de vie" qu'il voyait à l'œuvre au sein des mouvements écologistes et féministes des années 1960. C'est sur cette réflexion marcusienne concernant le rapport entre travail, plaisir et nature que je me propose de revenir ici, en vue de montrer qu'elle se révèle aujourd'hui porteuse d'un très haut coefficient d'actualité à l'heure du capitalisme néolibéral et de la catastrophe écologique en cours. Ce faisant, il s'agira donc aussi de montrer l'intérêt majeur de la philosophie d'Herbert Marcuse pour la thèse de la "centralité du travail".

Haud Guéguen est maîtresse de conférences en philosophie au Conservatoire National des Arts et Métiers, membre du laboratoire CRTD et membre associée du laboratoire Sophiapol. Elle est en particulier l'autrice, avec Laurent Jeanpierre, de La perspective du possible. Comment penser ce qui peut nous arriver et ce que nous pouvons faire ? (Paris, La Découverte, 2022), et travaille sur les philosophies et sciences sociales du possible et de l'utopie, avec une attention toute particulière à la manière dont la conjoncture "capitalocénique" invite à en relire l'histoire à nouveaux frais.

Sophie HOOGE : Comment penser collectivement un travail productif désirable hors du cadre de performance de l'industrie X.0
La couverture médiatique concommittante des enjeux de ré-industrialisation et de résilience des territoires face au changement climatique, polarisés par les chantres de la croissance comme de la décroissance, place chacun d'entre nous face à un difficile exercice de ses responsabilités : quels sont les "bons" objectifs d'un système de production aujourd'hui ? Comment savoir lesquels soutenir ou dénoncer ? Que nous soyons travailleurs, chercheurs, managers et/ou intellectuels, "penser" une transformation désirable du travail — et proposer des discours sur celui-ci — suppose d'inscrire les débats contemporains dans un questionnement sur l'intérêt actuel de la généalogie des transformations industrielles ayant conduit à l'industrialisation digitale en cours ("industrie du futur" ou "industrie 4.0") et donc de la conception de la performance du travail productif. Suivant ce fil, dans une première partie, nous proposerons une analyse des mécanismes collectifs de conception de la performance des vagues d'industrialisation dites X.0 (1.0 Mécanisation, 2.0 Electrification, 3.0 Automatisation, 4.0 Digitalisation, 5.0 Humanisation) : quels en ont été les acteurs et leurs convictions sur le "bon" travail productif ? Quels sont aujourd'hui les bénéfices attendus du 4.0 et de la digitalisation des systèmes de production, et de son contre-modèle critique 5.0 ? Dans un second temps, je poserai l'hypothèse que le futur du travail est un inconnu désirable à (re)concevoir collectivement dans les organisations et les territoires dans le respect des patrimoines industriels et professionnels. À partir d'exemples issus de recherches collaboratives conduites en partenariat avec des industriels de la Métallurgie, de l'agro-alimentaire et de l'horlogerie, j'illustrerai comment des collectifs travaillent à proposer leur propre définition d'un travail productif responsable, soutenable et inclusif.

Sophie Hooge est professeure en sciences de gestion à l'école des Mines de Paris et chercheur au Centre de Gestion Scientifique (CGS-I3 UMR CNRS 9217) et dans la chaire Théorie et Méthodes de la Conception Innovante. Ses travaux portent sur le pilotage de la performance de l'innovation, l'ingénierie de la valeur dans les stratégies industrielles d'innovation ou de transformation. Appuyées sur des partenariats longitudinaux avec des acteurs industriels et institutionnels, les recherches se concentrent sur l'organisation de la transformation des entreprises par ses acteurs via l'identification et la modélisation de la valeur de l'inconnu associé à l'innovation par ses parties prenantes, les instruments de la performance de la R&D qu'ils mobilisent et les techniques de pilotage de l'exploration en collectif (méthode KCP, Intrapreneuriat, POC, Serious game). Ces pratiques levent des questions théoriques sur la modélisation de la responsabilité des acteurs concepteurs et décisionnaires, de la soutenabilité de l'activité pour l'ensemble des parties prenantes et du pilotage stratégique de la destruction/conservation/extension du patrimoine industriel en évolution. Chercheure-intervenant engagée, elle collabore avec des acteurs très variés de la R&D à l'usine, managers, dirigeants, actionnaires, ouvriers, consultants ou chercheurs via des partenariat de recherche dont Renault, la SNCF, Nutriset, Airbus, Stim, l'INRAE, Décathlon, Carrefour ou Audemars Piguet.

Stéphane LE LAY : Pourquoi est-il impossible de comprendre les transformations écologiques sans prise en compte de la centralité du travail ?
Si, d'un point de vue social et politique, la mainmise des propriétaires des moyens de production capitalistes sur le travail et son organisation se sont révélées globalement délétères pour les travailleurs et leur santé, les conséquences en matière écologique apparaissent de plus en plus clairement comme catastrophiques. Pour bien comprendre les dynamiques entre ces différents phénomènes, la prise en compte de la "centralité du travail", c'est-à-dire la place incontournable du travail dans le déploiement de la subjectivité humaine et dans la transformation matérielle et symbolique du monde, est incontournable. Pour analyser cette question avec précision, il convient donc de spécifier les différences entre le "travail mort", le "travailler" et le "travail vivant" dans leurs impacts en matière écologique et non seulement subjectif, comme s'y est initialement attelée la clinique du travail. Ces distinctions, étayées sur plusieurs enquêtes récentes, permettent de comprendre par quoi passent concrètement les destructions écologiques et les obstacles subjectifs et sociaux qui se dressent sur le chemin d'un desserrement de l'emprise capitaliste sur la planète : renoncer à la centralité du travail revient à accepter que les actionnaires des entreprises et les membres du management supérieur qui les dirigent au quotidien continuent d'utiliser leurs moyens financiers, matériels et humains dans une optique extractiviste destructrice.

Stéphane Le Lay est sociologue du travail, spécialisé sur les questions de santé au travail, en particulier dans les activités professionnelles des membres des classes populaires. Depuis plusieurs années, il prête une attention précise aux dimensions écologiques du travail, à partir de terrains variés comme la prise en charge des déchets ou la gestion forestière. Actuellement, il mène, sous la direction d'Isabelle Gernet et Frédérique Debout, une thèse de psychologie clinique (Paris-Cité/Ademe) consacrée à la place de l'éco-anxiété dans les choix de bifurcations professionnelles vers des organisations du travail alternatives aux formes dominantes.

Matthieu PAVAGEAU : L'ANACT, retour sur 50 ans d'action partenariale sur le travail demain
Avec cet anniversaire c'est l'occasion de la confrontation de regards rétrospectifs et prospectifs ; l'Anact a publié des podcasts rétrospectifs "transformer le travail", organise sa semaine du 17 juin sur le travail de demain, et s'apprête à publier une Revue des conditions de travail dédiée à ses 50 ans. Comprendre le travail et agir sur le travail a probablement toujours été une intervention ici et maintenant… et pour l'avenir ; l'Anact soutenant avec d'autres depuis longue date que les projets d'aujourd'hui font les conditions de travail de demain. Nous nous rappellerons le contexte dans lequel l'agence prenait vie il y a un demi-siècle, de mouvements sociaux qui ne portent pas seulement sur des questions d'emploi, mais également sur le travail. Il s'agissait de passer du taylorisme à d'autre ambitions embrassant les relations sociales, humaines et l'organisation du travail (des temps…), développant la participation des salariés pour un enrichissement du travail etc., l'automatisation fera assez vite l'objet de travaux, faisant déjà craindre une standardisation des tâches, une perte de maîtrise et d'autonomie... Si l'agence est dans un 1er temps missionnée pour produire de l'information sur ces sujets et la diffuser, l'agence développe l'intervention dans l'entreprise quand les lois Auroux sont écrites ; l'histoire se poursuivra avec le développement de modes d'actions documentant le travail à partir d'une action de terrain réalisée par les chargés de mission, et co-construisant petit à petit avec les acteurs des points de repères éprouvés pour développer les mesures d'amélioration conciliant santé au travail, développement des personnes et performance globale de l'entreprise. L'association des opérationnels au diagnostic, à la conception des projets et des évolutions organisationnelles ce dans une perspective socio-technique sont d'une actualité criante : savoir expérimenter collectivement, imaginer ensemble des voies alternatives face aux enjeux de transitions, négocier collectivement ces transformations, autant d'enjeux pour l'agence et ses partenaires pour les 50 prochaines années.

Matthieu Pavageau est depuis 5 ans directeur technique et scientifique de l'agence pour l'amélioration des conditions de travail. Originaire de l'ouest de la France, il fait ses débuts à 18 ans dans l'industrie, posté à la fabrication de couronnes de démarreur. Ensuite ce sont des études en sciences humaines, sociologie et psychologie du travail, doublées de diverses interventions et missions dans le secteur hospitalier et le secteur industriel — notamment auprès de PME sous-traitantes de la pétrochimie — qui forgeront une identité professionnelle tournée vers les enjeux politiques du travail. Soutenant des convictions concernant l'action sociale, Matthieu Pavageau investit ensuite le secteur social et sanitaire et tient des fonctions de chef de service d'un dispositif d'urgence sociale en Île-de-France. Dans les années 2000 il rencontre l'équipe du cabinet "Développement Social et Organisation" (DS&O) qui lui permet de renouer avec ce métier qui lui est cher de tiers intervenant en organisation. Pendant cette période, ce sont de nombreuses interventions et étude-actions, de l'industrie nucléaire au secteur bancaire, de l'aéronautique à la presse, de l'aide à domicile à l'industrie chimique que l'équipe déploie, comme tiers et comme expert Chsct. Quelques années aux côtés d'Entreprise et Personnel auront également contribué, par la proximité avec des directions ressources humaines de grands groupes, à renforcer ses actions visant l'ancrage des stratégies d'entreprise dans l'expérience concrète du travail.

Justine RAYSSAC : Transformation industrielle 4.0 : la figure de l'opérateur 4.0 face à la figure de l'artisan horloger
Quels sont les impacts de l'industrie 4.0 sur le travail artisanal ? Voici la question que nous nous posons en arpentant les ateliers d'assemblage "mouvement" (le mécanisme des montres mécaniques) d'une entreprise de Haute Horlogerie Suisse. En effet, la transformation industrielle en cours au sein de ce secteur vient bouleverser les pratiques de travail, fait évoluer le métier horloger, les compétences associées et le sens de celui-ci. Comment piloter cette transformation industrielle horlogère en agissant positivement sur la qualité du travail ? Dans le cas d'une activité artisanale, telle que l'horlogerie, reposant sur des savoir-faire complexes et un patrimoine fort, le bien-être de l'horloger dépend notamment des compétences qu'ils mobilisent au quotidien et de ses perspectives d'évolution. Cela nous invite à réfléchir aux dynamiques d'apprentissages en jeu face à la transformation du travail.

Justine Rayssac est doctorante en sciences de gestion (CGS – Mines Paris). Ses recherches supervisées par Cédric Dalmasso et Sophie Hooge portent sur les impacts de la transformation industrielle sur les métiers de l'horlogerie que cela soit au niveau des savoir-faire ou au niveau de la qualité du travail. Son objectif est de réfléchir à un pilotage de la transformation industrielle 4.0 au niveau du management stratégique permettant le développement du patrimoine industriel et le bien-être des collaborateurs.

Frantz ROWE : L'intelligence artificielle au travail, en perspective et en question
L'automatisation du travail se poursuit aujourd'hui de façon accélérée avec les intelligences artificielles génératives (IAG). Pour autant le travail humain reste nécessaire pour assurer la qualité de la production et des services, de sorte que l'humain doit collaborer avec les intelligences artificielles plus qu'il ne se trouve substitué par la machine. Nous mettrons en perspective historique le développement des intelligences artificielles au travail, puis nous discuterons leurs apports pour les collaborateurs dans les entreprises, leurs limites et les risques associés au regard de la littérature scientifique et du déploiement récent des IAG que nous accompagnons dans les entreprises. Nous illustrerons comment le management algorithmique, la datafication des collaborateurs et du travail remettent en question les adaptations de l'outil à l'homme et les apprentissages dans les systèmes socio-techniques que sont les systèmes d'information et les organisations, pour le meilleur et pour le pire.

Professeur à Nantes Université (IAE de Nantes) et chercheur au LEMNA, Frantz Rowe a été Professeur à Telecom Paris, visiting professor à Bentley University, Cape Town University et Harvard University. Fellow de l'Association for Information Systems, il a dirigé 30 doctorants et actuellement responsable du Master Métiers du Conseil et de la Recherche. Il est membre de l'Institut Universitaire de France, titulaire d'une chaire fondamentale sur la dynamique de l'enfermement dans le numérique.

Stéphane VEYER : Travail et mouvement coopératif
Le mouvement coopératif est paradoxal. Ancien, structuré, son poids est loin d'être négligeable dans l'économie mondiale. Il est pourtant très mal connu et totalement invisibilisé dans la plupart des débats. La question du travail et la prospective sur le sujet n'échappent pas à ce paradoxe : à échelles micro ou méso, les récits d'expériences coopératives affichées comme emblématiques, originales ou simplement méritant de retenir l'attention, sont pléthores. Pour autant, la variable coopérative n'entre dans aucune équation macro-économique. Comment expliquer ce paradoxe, afin de pouvoir le dépasser ? Quels liens le mouvement coopératif peut-il, doit-il nouer avec le mouvement syndical afin de contribuer à l'émergence de nouvelles approches et de nouvelles pratiques dans le champ du travail ?

Diplômé de droit et de sciences politiques, Stéphane Veyer a co-fondé Coopaname et l'a co-dirigée pendant dix ans. Coopérateur invétéré, il a mis sur pied et est sociétaire d'une dizaine d'expériences coopératives de tout poil. Il est cogérant de la Manufacture coopérative, président du Conseil de surveillance de Startin'blox et intervient régulièrement dans différents cursus universitaires (CNAM, Le Mans, Paris 8, Grenoble, Beyrouth…) sur l'histoire de l'économie sociale, les problématiques de démocratie économique et de management coopératif.


Invisibilité du travail, invisibilité au travail, tyrannie de la transparence, table ronde avec Christine DEPIGNY-HUET, Dominique MASSONI et Elisabeth PÉLEGRIN-GENEL
Trois regards pour explorer ce thème qui oscille entre "effacer" ou "révéler".
Celui de l'architecte : la transparence est une valeur émancipatrice dans l'histoire de l'architecture. Le verre brouille les repères dans les lieux de travail mais il facilite le contrôle et la surveillance.
Celui de la passeuse d'histoires de travail pour la force des témoignages. Les organisations et leurs machines de gestion invisibilisent le travail et ceux qui le font. Et pourtant ça marche ! Comment font-ils, à quel prix ?
Celui de la DRH qui conçoit et propose de nouveaux outils de gestion RH pour atténuer l'impact de ceux qui effacent le travail.

Christine DEPIGNY-HUET
Christine Depigny-Huet a un parcours professionnel dans les domaines de la sécurité industrielle, et de l'articulation entre santé travail. Titulaire d'une maîtrise en sécurité du travail et d'un doctorat en ergonomie, elle a occupé diverses fonctions au sein d'EDF et de GDF, dans le domaine des facteurs humains et organisationnels de la sûreté des centrales nucléaires, puis de la prévention des risques professionnels, particulièrement des facteurs de risques psychosociaux induits par les évolutions organisationnelles. Elle est membre de l'APSE et a assuré un enseignement santé travail en master RH Communication à l'université Paris XIII. Elle a animé des ateliers d'écriture avec des détenus, autour de leur travail en milieu carcéral. Elle est co-fondatrice de l'association la Compagnie Pourquoi se lever le matin ! créée en février 2020 pour donner la parole aux travailleurs, et contribuer ainsi aux débats sociaux dont le travail est très souvent absent (santé, transports, alimentation, évolutions technologiques, territoires…) Depuis sa création, au tout début de la crise sanitaire, l'association a publié près de deux-cents récits de travail.
Publications
Choisir ses techniques – récits d'agriculteurs, Christine Depigny-Huet, Éditions Éducagri, 2018.
Le train comme vous ne l'avez jamais lu – paroles de cheminots, Coordination : Christine Depigny-Huet et Pierre Madiot, Éditions de l'Atelier, 2019.
"Quand l'indicible se fait récit : rendre compte de la culture du travail", Christine Depigny-Huet et Pierre Madiot, in Cahiers de l'Atelier, n°561, 2019.
Soigner, manifeste pour une reconquête de l'hôpital public et du soin, Ouvrage collectif coordonné par Fabienne Orsi, C&F Éditions, 2021.

Dominique MASSONI
Diplômée de Sciences Po Paris et titulaire de masters en sciences humaines — psychologie sociale — sociologie du travail — ergonomie — littérature comparée, Dominique Massoni a un parcours professionnel dans les domaines des Ressources Humaines et de la communication. Ses différentes fonctions, l'ont amenée à concevoir des programmes de développement RH et de communication interne dans des contextes de transformation et d'évolution des organisations, au sein de TOTAL, chez VIEL (marchés financiers) et en tant que Directeur du Développement RH d'ARKEMA, premier groupe de chimie français. Elle a porté des projets auprès des équipes, des managers de proximité, des directions générales et des partenaires sociaux. Elle mène actuellement des activités de conseil et des travaux d'étude et de recherche sur les questions du travail et des métiers. Elle est membre de l'APSE, de l'ITMD, du conseil scientifique de l'Observatoire des cadres de la CFDT et enseigne à Sciences Po Executive Education sur les méthodes d'enquête sociologiques.
Publications
Le recrutement, Daniel Jouve & Dominique Massoni, Paris, PUF, coll. "Que sais-je ?",1996.
Les métiers et les Hommes, Dominique Massoni & Jean-Hubert de Roux, Paris, Éditéa, 2012.
"Ange-Toussaint", in Souvenirs du quartier latin, Paris, Pipa, 2016.
Le monde des bureaux, rencontre littéraire avec les employés aux écritures, héros minuscules invisibles et transparents, Éditions L'Harmattan, 2023.

Elisabeth PÉLEGRIN-GENEL
Elisabeth Pélegrin-Genel est Architecte et psychologue du travail, consultante en entreprise sur des problématiques d'espace, de travail et d'organisation et principalement sur les aménagements en open-space et flex office. Elle est également Architecte-Associée à l'agence ARCHITECTURE PELEGRIN, en charge de projets de R&D. Elle est aussi Chargée de cours au sein de plusieurs masters en urbanisme et en immobilier (ESTP, université Saint Louis à Bruxelles) ; Conférencière dans différents cadres sur les espaces tertiaires, la ville et l'habitat ; Animatrice d'ateliers d'écriture à la demande de collectivités locales, d'écoles d'architecture et de graphisme, sur le thème "écrire l'espace" ; Collaboratrice régulière du magazine OFFICE et CULTURE ; Présidente d'honneur d'ARCHINOV, le mouvement des architectes pour le développement de l'innovation ; Membre du Conseil d'Administration de l'Institut du Travail et du Management Durable (ITMD) ; Membre du RIST groupe pluridisciplinaire de recherches, Paris-Dauphine ; Membre de l'association française de Prospective.
Publications
Comment (se) sauver (de) l'open space ?, Parenthèses, Marseille, Avril 2016.
Une autre ville sinon rien, La Découverte, Les empêcheurs de penser en rond, Paris, 2012.
Des souris dans un labyrinthe, décrypter les ruses et manipulations de nos espaces quotidiens, La
Découverte, Paris, 2010 (réédité en poche en 2012).
Tours de bureaux, Éditions du Moniteur/AMC (collection "25"), Paris, 2007.
Espaces de bureaux, Éditions du Moniteur/AMC (collection "25"), Paris, 2006.
L'art de vivre au bureau, Flammarion, 1995 (traduit en anglais et en allemand en 1996).
L'angoisse de la plante verte sur le coin du bureau, E.S.F., Paris, 1994.
Co-Auteure de Ambiances, densité urbaine et développement durable, Éditions PC, Paris, 2008.


SOUTIENS :

Orange
Veolia
• Observatoire des cadres et du management (OdC)
• Institut du Travail et du Management Durable (ITMD)
• Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (Anact)
• Institut pour une culture de sécurité industrielle (ICSI)
• Centre de recherche sur le travail et le développement (CRTD | Cnam, EA 4132)