Programme 2026 : un des colloques

Programme complet


DEMAIN, LE PÉRIURBAIN :

TERRITOIRES RESSOURCES ET IMAGINAIRES RENOUVELÉS ?


DU MERCREDI 9 SEPTEMBRE (19 H) AU MARDI 15 SEPTEMBRE (14 H) 2026

[ colloque de 6 jours ]


© Hortense Soichet / Leroy Merlin Source et ADEME


DIRECTION :

Hiba DEBOUK, Karine HUREL, Nils LE BOT, Pauline SIROT

Colloque organisé dans le cadre du Cercle des partenaires


SECRÉTAIRE TECHNIQUE :

Marie GARDET


ARGUMENT :

Lorsqu'il est évoqué par les acteurs de l'aménagement et de la conception urbaine, le périurbain est principalement décrit et décrié au travers de deux figures génériques que sont l'habitat individuel pavillonnaire et les zones d'activité économique. Des archétypes controversés qui, à eux seuls, semblent cristalliser tous les maux que l'on prête à ces territoires.

Que reproche-t-on au périurbain ? Des emprises trop diffuses, des architectures jugées inesthétiques, une domination de la voiture individuelle, un mouchetage d'urbanités dispersées, voire de sous-urbanités (Suburb) souvent mono fonctionnelles. C'est en substance ce que les écrits et les discours sur le périurbain nous renvoient depuis de nombreuses années.

Ces espaces situés à la périphérie des centres urbains illustrent un modèle d'aménagement fortement consommateur de ressources (foncière, énergétique, alimentaire…), qui se traduit par une fragmentation de l'occupation des sols et des inégalités croissantes. Cependant, ces espaces possèdent en corolaire un potentiel de réévaluation considérable.

Complexes à définir et en perpétuelle recomposition, ces territoires porteraient-ils les enjeux, les tensions mais aussi de nouveaux imaginaires et opportunité d'une transition vers des modèles d'aménagement régénératif. Le périurbain pourrait-il devenir le laboratoire d'un aménagement post-carbone, fondé sur la valorisation de ses propres ressources ?

En croisant réflexions académiques, analyse des politiques publiques et initiatives de terrain, issue d'architecture, de paysage et d'urbanisme, ce colloque réunira experts et acteurs de disciplines diverses pour partager leurs travaux, expériences et visions, et identifier les leviers pouvant être activés pour transformer les zones périurbaines en espaces de vie plus inclusifs et soutenable et porteurs d'avenir.


MOTS-CLÉS :

Alternatif, Aménagement, Architecture, Artificialisation, Controverses, Couronnes, Durabilité, Entre-deux, Étalement, Futurs, Habiter, Imaginaires, Impensés, Lisières, Marges, Mobilités, Paysage, Périphéries, Périurbain, Post-carbone, Recomposition, Résilience, Ruralités, Sobriété, Territoires, Urbanisme, Urbanités, Transition


CALENDRIER PROVISOIRE (12/05/2026) :

Mercredi 9 septembre
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Jeudi 10 septembre
LA CONSTRUCTION DE L'OBJET POLITIQUE ET GÉOGRAPHIQUE
Matin
Hiba DEBOUK, Karine HUREL, Nils LE BOT & Pauline SIROT : Introduction du colloque

Définition du périurbain / approche conceptuelle / construction politique
Éric CHARMES
Nicolas PORTIER

Après-midi
Approche culturelle et historique du périurbain
Claire ARAGAU
Romain LAJARGE : Trois temps, quatre mouvements ; la question périurbaine qui advient…
Philippe SIMON : Penser le périurbain comme moment de l'urbanisation

Soirée
Présentation de l'exposition sur la sobriété foncière dans l'étable, avec Patrick HENRY


Vendredi 11 septembre
STOCK, FLUX ET USAGES
Matin
Les mobilités dans le périurbain
Sylvie LANDRIÈVE : Changer de/la route : un système alternatif de mobilité au service du périurbain
Jean-Marc OFFNER : Les mobilités alternatives au défi de l'habitabilité périurbaine

Après-midi
Métabolisme périurbain : ressources, énergie, matière
Sabine BARLES : Le périurbain : une lecture au prisme du métabolisme territorial
Céline GOMBERT : Le périurbain, espace où règnent les interfaces… et les opportunités créatrices de synergies pour le métabolisme territorial ?

La propriété, l'approche d'usage et le potentiel d'occupation
Nicola DELON

Soirée
Présentation de la thèse "Écrire les espaces périurbains : une géographie contemporaine dans la littérature française" d'Arthur PÉTIN [Prix de la thèse (récit périurbain)]


Samedi 12 septembre
Matin & Après-midi
"HORS LES MURS" — En cours d'élaboration
Gérer l'extension des zones d'activités dans un territoire consacré à l'élevage

Soirée
Témoignages d'élus
Intervenants en cours de validation


Dimanche 13 septembre
FORMES URBAINES ET PAYSAGES HÉRITÉS
Matin
Paysage, biodiversité, protection des espaces naturels
Brian PADILLA
Caroline GUTLEBEN
Vincent PIVETEAU

Après-midi
Architectures, typo-morphologies et formes urbaines
Françoise FROMONOT : Ubiquité du périurbain
Paola VIGANO
Jean-Baptiste MARIE : La ville dans ses jardins

Soirée
Agriculture / Alimentation ?
Intervenants en cours de validation


Lundi 14 septembre
FAIRE AVEC LES CITOYENS — DÉMOCRATIE DE TRANSITION
Matin
Faire avec les citoyens
Lucile SCHMID
Marine BEUERLE

Après-midi
Espaces de consommation et consommation d'espaces
Pascal MADRY : Périurbanisation et logiques de recomposition des modes d'approvisionnement alimentaires des ménages. Une illustration à travers le Pays Basque
Laetitia DABLANC : Les enjeux des activités logistiques et de leur inscription spatiale dans les espaces périurbains

Dialogue autour d'une possible sobriété périurbaine ?
Laurent DEVISME : Un urbanisme descriptif en zones périurbaines : héritages et redirections
Clémence de SELVA : Tissus résidentiels et d'activité, approche par la sobriété foncière


Mardi 15 septembre
SYNTHÈSE
Matin
Grand témoin : Romain LAJARGE

Hiba DEBOUK, Karine HUREL, Nils LE BOT & Pauline SIROT : Conclusions du colloque

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Hiba DEBOUK
Directrice déléguée du groupe AREP, Hiba Debouk est ingénieur et urbaniste. Elle dirige l'équipe Territoires composée d'architectes, d'urbanistes, de paysagistes et d'ingénieurs. Au sein de cette équipe, elle participe à la conduite de nombreuses études urbaines et stratégies territoriales croisant les enjeux de renouvellement urbain, de sobriété foncière, de décarbonation et de renforcement de la résilience des villes et des territoires. Elle a notamment piloté l'étude prospective "Grand Annecy, Agglomération Archipel" dont l'objectif était d'explorer les capacités d'évolution et de résilience de l'agglomération face au risque climatique et de préfigurer son évolution pour demain en traçant le chemin vers un futur désirable et soutenable pour ses habitants. Elle a également assuré le commissariat d'une exposition sur la prospective et son déploiement au service des stratégies de transition des territoires pour le C|A.U.E de Haute-Savoie : "Réparer le futur". Elle a enfin assuré, entre 2024 et 2025, le rôle de grand témoin de la démarche prospective Grenoble 2040, en binôme avec Nicolas Tixier, pour la Ville de Grenoble.
Publications
Hiba Debouk, Explorer avant de planifier, la prospective stratégique au service de la transition des territoires, Revue Urbanisme, 2023.
Philippe Bihouix, Hiba Debouk, Xavier Desjardins, Bertrand Folléa, Djamel Klouche, Panos Mantziaras, Journal d'exposition "Réparer le futur", C|A.U.E de Haute-Savoie, 2023.
Kelissa Cartier, Marie Lejault, Félix Pouchain, Grégoire Robida, Hiba Debouk (dir.), Grand Annecy, prospective pour 2050, AREP Éditions, Paris, 2024.
Hiba Debouk, Réparer le futur, AREP Éditions, Paris, 2024.
Hiba Debouk, Pourquoi j'ai mangé ma Terre ?, POST n°3 (revue d'AREP), AREP Éditions, Paris, 2024.
Hiba Debouk, Le pouvoir de l'imaginaire : du "Futurama" de 1939 au monde d'aujourd'hui, Libération, septembre 2024.
Hiba Debouk, L'arbre, le temps et le projet, POST n°4 (revue d'AREP), AREP Éditions, Paris, 2025.

Karine HUREL
Karine Hurel est géographe et cartographe, diplômée de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et de Sciences Po Paris en management des politiques publiques. Elle est actuellement déléguée générale adjointe de la Fédération nationale des agences d'urbanisme (FNAU), où elle contribue à l'animation technique et politique de ce réseau d'ingénierie territoriale rassemblant près de 1700 professionnels. À ce titre, elle participe à la mise en débat et à la représentation nationale des enjeux d'aménagement et d'urbanisme portés par les territoires. Dans ce cadre, elle a notamment conçu et copiloté avec les agences d'urbanisme un cycle de réflexion intitulé les "nouveaux dess(e)ins des périurbains" afin d'identifier les difficultés de ces territoires et leviers d'actions possibles. Avant de rejoindre la Fnau, elle a été pendant 14 ans responsable du pôle cartographie à la Datar, puis au Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET). Elle y a acquis une connaissance approfondie des dispositifs d'action publique, a réalisé de très nombreux travaux cartographiques et a notamment coordonné la démarche de prospective "Territoires 2040", consacrée aux mutations spatiales et sociales à l'œuvre dans les territoires français. Elle poursuit par ailleurs ses réflexions sur les enjeux de la représentation cartographique dans la fabrique et la compréhension des enjeux publics. Ses travaux portent sur les dimensions cognitives, symboliques et démocratiques de la carte à l'ère de l'Anthropocène, et sur les manières de rendre visibles les interdépendances entre humains, vivants, sols, réseaux et milieux. Membre du conseil d'orientation de la démarche "Pour une République des cartes", initiée par l'IGN, elle contribue à une réflexion collective visant à démocratiser la carte en tant qu'outil de représentation, de médiation et de débat public. Karine Hurel a publié plusieurs articles et tribune autour de ces questions. Elle enseigne par ailleurs depuis plus de 20 ans et depuis environ une dizaine d'années dans le master Aménagement et urbanisme de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Nils LE BOT
Nils Le Bot est architecte HMONP et docteur en urbanisme. Il est également maitre de conférences TPCAU à l'École Nationale Supérieure d'Architecture de Paris Val-de-Seine et responsable de la recherche de l'agence AREP, bureau d'étude pluridisciplinaire (filiale de la SNCF), qui développe des solutions créatives et robustes pour l'urbanisme résilient, les architectures bas carbones et le design écologique. Spécialiste des lieux-mouvements, Nils Le Bot a notamment travaillé sur la conception architecturale et urbaine de la Gare de Noisy-Champs et la Stratégie macro-urbaine et infrastructurelle du nœud ferroviaire de Téhéran, en 2018. Il a été Lauréat en 2013 de l'Europan 12, pour son projet de réappropriation écoresponsable du site industriel de Monterpuis sur la commune de Vichy Val d'Allier. Son doctorat (2019) portait sur l'hypermobilité dans les métropoles et l'avenir des grandes gares métropolitaines à l'horizon 2050. Ces travaux s'intéressaient plus particulièrement au comportement systémique des processus de transformation urbaine, à leur prospective et aux relations dialectiques qu'entretiennent infrastructures et les formes urbaines habitées. Chercheur du LISST (UMR - CNRS 5193) au Centre Interdisciplinaire d'Études Urbaines (Toulouse Jean-Jaurès) de 2015 à 2023, puis Chercheur Associé de l'unité de recherche Building Knowledge, à l'université technologique de Delft jusqu'en 2024, il est aujourd'hui membre permanent du laboratoire de recherche pluridisciplinaire EVCAU. Ses recherches portent aujourd'hui sur l'analyse écologique systémique, le devenir des métabolismes territoriaux, les enjeux de cohabitation urbaine, ainsi que les démarches prospectives low-tech et l'urbanisme de discernement. Nils Le Bot a été responsable scientifique de plusieurs projets de recherche, dont "Imaginaires de la face arrière des métropoles post-carbone", de 2022 à 2024 et "Formes Urbaines des quartiers de Gare ou à fortes Contraintes et biodiversité" (Frugacité), de 2020 à 2024, tous deux financés par le PUCA. Il a aussi piloté le programme de recherche pluriannuel "Urbalotek : Vers des Villes Low-tech : sobres et résilientes ?", en partenariat avec l'Institut Paris Région et financé par l'ADEME.

Pauline SIROT
Architecte et Urbaniste de l'État au Ministère de la Transition écologique, Pauline Sirot est architecte diplômée d'État à l'école nationale supérieure de l'architecture de Paris-la-Villette, ainsi qu'urbaniste (titulaire d'un master à l'institut d'urbanisme de Paris) et paysagiste (formation initiale à l'école supérieure d'architecture des jardins). Cheffe du bureau des stratégies territoriales au sein de la Direction générale Aménagement Logement Nature, elle dirige une équipe composée d'ingénieurs, d'architectes et d'urbanistes pour renouveler les politiques publiques d'aménagement par une approche stratégique des territoires. Dans ce cadre, elle pilote le déploiement de la démarche Atelier des territoires, un dispositif d'accompagnement qui facilite l'émergence et l'élaboration de projets territorialisés exemplaires à l'échelle intercommunale. La mise à disposition d'une équipe pluridisciplinaire de haut niveau conduite par un urbaniste a permis aux 250 territoires bénéficiaires de bâtir un projet de territoire en s'appuyant sur leurs atouts et ressources. Elle a en particulier contribué à la direction de deux ouvrages "Attitudes transition" et "Sols vivants", fruits des travaux de capitalisation des expériences et stratégies élaborées par les sites lauréats. Dans le cadre de son appui à la planification stratégique, et plus particulièrement à la territorialisation de l'objectif de zéro artificialisation nette des sols d'ici 2050, elle a piloté l'équipe chargée de concevoir, sous la direction scientifique de Patrick Henry, une exposition itinérante et réplicable intitulée : "Des solutions sur mesure pour s'adapter à la rareté des ressources et bien vivre dans nos territoires". Cette exposition met en avant les avantages d'une gestion sobre du foncier, illustrant des leviers concrets pour les territoires. Enfin, le bureau dont elle a la responsabilité pilote depuis plusieurs décennies deux prix ministériels que sont le Grand Prix de l'urbanisme et le Palmarès des jeunes urbanistes. Pauline Sirot a par ailleurs occupé diverses fonctions avant de rejoindre la DGALN : cheffe de projet à l'agence d'urbanisme Chavannes et associés, cheffe adjointe du service Aménagement, urbanisme et Habitat à la direction départementale de l'Eure-et-Loir ainsi que directrice de projet à l'établissement public d'aménagement universitaires de la région Ile de France (Epaurif).


Sabine BARLES : Le périurbain : une lecture au prisme du métabolisme territorial
La quantification du métabolisme territorial, en particulier en termes de flux et stocks de matières et d'énergie, permet d'identifier des profils métaboliques et de proposer une typologie matérielle des territoires. Elle permet de s'interroger sur leur rôle fonctionnel, et de questionner les liens qu'ils entretiennent avec d'autres, en particulier, pour les espaces périurbains, avec les pôles urbains qu'ils entourent, mais aussi avec des espaces plus lointains qu'ils approvisionnent ou dont ils reçoivent les ressources, transformées ou pas. Le métabolisme périurbain apparaît ainsi comme spécifique, indispensable au métabolisme urbain dont il peut difficilement être détaché. De ce point de vue, la croissance d'un espace périurbain servant (servant ici appliqué au métabolisme) serait consubstantielle à celle de l'espace urbain et du processus de métropolisation. En ce sens, la critique du périurbain ne peut être dissociée de celle de la métropolisation.

Sabine Barles est professeure d'urbanisme et d'aménagement à l'université Paris 1 Panthéon Sorbonne et chercheure à l'UMR Géographie-cités (équipe CRIA). Ses travaux portent sur le triptyque ville - technique - environnement et son fondés sur une approche matérielle des territoires, notamment à travers les notions d'écologie et de métabolisme territoriaux. Ils s'inscrivent dans une perspective tant historique (depuis le XVIIIe siècle), contemporaine et prospective. Elle est notamment membre du groupe des responsables scientifiques nationaux du programme POPSU (Plateforme d'observation des projets et stratégies urbaines) Transitions et du conseil scientifique du GREC (groupement régional d'experts pour le climat) Île-de-France.
https://geographie-cites.cnrs.fr/membres/sabine-barles/

Laurent DEVISME : Un urbanisme descriptif en zones périurbaines : héritages et redirections
Les agglomérations urbaines ont connu un développement multipolaire significatif depuis 50 ans. Comment lire l'héritage de la dispersion et de la fragmentation ? À rebours d'approches condamnant ces développements ou projetant une vision normative, nous proposons d'explorer certaines de leurs caractéristiques en termes de sociabilités ainsi qu'en termes de mobilisations en faveur de transformation écologique. On retrouve probablement, 25 ans plus tard, un certain nombre de traits saillants de "la ville émergente" : les espaces péri-métropolitains sont plus divers qu'on ne pense et recèlent des ressources de transition, à condition de chausser les lunettes qui conviennent. Un tel équipement optique peut être approché sous le terme d'urbanisme descriptif.

Laurent Devisme est sociologue, urbaniste, professeur d'études urbaines à l'Ensa Nantes, chercheur au sein de l'UMR "Ambiances, Architectures, Urbanités". Son travail de recherche relève principalement d'une approche ethnographique de l'urbanisme, entendu comme pratique technico-politique de transformation intentionnelle des espaces : comment se déploie aujourd'hui la fabrique urbanistique ? À partir d'une approche expérimentale de la sociologie urbaine et d'une réflexion sur les méthodes qualitatives permettant d'exprimer les territorialités contemporaines, les enquêtes qu'il mène et accompagne explorent quelques énigmes spatiales de la vie urbaine. Vice-président à Nantes Université en charge des transformations écologiques et des médiations scientifiques, il déploie notamment une feuille de route institutionnelle alliant enjeux de transformation de la pédagogie, de la recherche, atténuation de l'impact environnemental de l'établissement et implication plus soutenue des sciences dans la société, via le projet "Forger".
Publications récentes
"La fabrique urbaine à l'épreuve de l'expérimentation", avec Charles Ambrosino, Revue Métropoles, 35/2024.
"Configurations d'expertise et mondes académiques : faux amis et promesses renouvelées", Cahiers RAMAU, 11, 2022, pp.24-34 (https://hal.science/hal-04122712).
Transformations de l'action publique métropolitaine. Le laboratoire nantais et ses nouveaux objets, avec Théo Fort-Jacques, Paris, Autrement, 2021.
"Langage et condition urbaine. Entre donner le ton et casser l'ambiance", avec Eric Chauvier, in La ville mot à mot, Marseille, Parenthèses, 2021, pp. 31-43.
"Vertiges de l'usage aménagiste des ambiances", in D. Tallagrand, J-P. Thibaud & N. Tixier, L'usage des ambiances. Une épreuve sensible des situations, Colloque de Cerisy, Paris, Hermann, 2021, pp. 83-96.

Françoise FROMONOT : Ubiquité du périurbain
Par-delà les terminologies qui, dans l'histoire récente, ont pu qualifier les territoires sociaux et physiques incertains qui entouraient la ville — banlieue(s), périphérie(s), Zwischenstadt, ville diffuse, générique, "France moche", etc… — on fera ici l'hypothèse que le "périurbain" s'est émancipé de sa définition spatiale pour devenir une sorte de concept, apte à désigner l'agrégation de substance bâtie, translieux et peut-être même transclasses, que le régime économique généralisé dont il est le reflet propage inexorablement, orbi et… urbi. Cette intervention convoquera pour cela quelques figures hybrides voire chimériques de ce défi aux modèles établis (cités pavillonnaires rurales, lotissements de tours, entrées de ville au cœur des métropoles…) et tentera d'en éclairer les typologies en revenant sur les modes de production de cette "ville résultante".

Françoise Fromonot [dipl. architecte DPLG (Paris-La Villette, 1984), DEA "Le projet architectural et urbain" (Paris-Belleville, 1995)], se consacre depuis le milieu des années 1990 à la critique et à l'enseignement de l'architecture. Actuellement professeure en TPCAU à l'ENSA de Paris-Belleville, elle a également enseigné l'urbanisme aux mastères de l'école nationale des Ponts & Chaussées, et de Sciences-Po Paris. Membre de la rédaction de l'Architecture d'Aujourd'hui (1994-1998), puis co-rédactrice en chef de la revue le visiteur (1998-2003) elle a co-fondé et co-animé entre 2008 et 2018 criticat, revue indépendante de critique engagée des transformations de l'environnement construit. Outre de nombreux articles dans diverses revues françaises et internationales (Casabella, AV, Archis, A+, OASE, Arch+…), elle a publié plusieurs ouvrages sur l'architecture contemporaine, notamment Jørn Utzon et l'opéra de Sydney (1998) et Glenn Murcutt (1995, édition augmentée 2003), parus en trois langues et récompensés tous deux par le prix du livre de l'Académie d'architecture à Paris (en 1999 et 2004, respectivement). Elle a également consacré une saga urbanistique en deux volumes aux péripéties de la rénovation du centre de la capitale : La campagne des Halles – Les nouveaux malheurs de Paris (La Fabrique, 2005) et La Comédie des Halles – Intrigue et mise en scène (2019). Sa dernière monographie parue, Territoires en projet / MDP (Birkhäuser, 2020), traite des projets de grande échelle du paysagiste Michel Desvigne. Elle édite aujourd'hui pour Park Books une série d'enquêtes "détectives" sur des bâtiments célèbres de l'histoire de l'architecture moderne, "The Gumshoe series", dont elle a écrit et publié en 2025 le premier volume, The House of Dr Koolhaas.

Céline GOMBERT : Le périurbain, espace où règnent les interfaces… et les opportunités créatrices de synergies pour le métabolisme territorial ?
Le périurbain apparaît comme un espace d'interfaces, à la croisée des dynamiques urbaines et rurales, où émergent de nombreuses opportunités de synergies au service du métabolisme territorial. À travers les réseaux et les infrastructures qu'il accueille, il participe déjà à l'approvisionnement, notamment énergétique, des villes. Mais au-delà de cette fonction, ses réserves foncières offrent un potentiel stratégique : produire des ressources alimentaires locales, favoriser la recharge des nappes souterraines, contribuer au stockage du carbone et à la régénération de la qualité de l'air, aux équilibres biologiques assurés par la biodiversité… Ainsi, le périurbain ne se limite pas à une zone de transition, mais devient un levier essentiel pour repenser les équilibres écologiques et fonctionnels des territoires.

Céline Gombert dirige, au sein du Secrétariat Général de RTE Réseau de transport d'électricité, une cellule d'appui à l'animation territoriale et de veille. De formation juridique (Affaires internationales - Sorbonne) et en gestion (IAE Paris), elle s'intéresse depuis plusieurs années aux sujets liés à l'empreinte de RTE sur les territoires, qu'elle soit environnementale, sociétale ou encore économique. Elle a notamment contribué à l'ouvrage Repenser l'aménagement du territoire, issu d'un colloque de Cerisy (2019), sous la direction de Stéphane Cordobes, Xavier Desjardins, Martin Vanier.

Sylvie LANDRIÈVE : Changer de/la route : un système alternatif de mobilité au service du périurbain
Les espaces périurbains sont relativement délaissés par les politiques de mobilité, qui restent focalisées sur les déplacements domicile-travail, les déplacements centre-périphérie ou continuent de considérer la densification bâtie comme préalable aux transports collectifs. À contrario, le Forum Vies Mobiles a pensé un Système Alternatif de Mobilité permettant à tous les Français de se déplacer, sans voiture, à toute heure, dans tous les territoires. Il bénéficie de ce fait pleinement au périurbain, dont l'intérêt réside notamment dans sa capacité à tirer parti des ressources propres aux autres cadres de vie.

Sylvie Landriève dirige le Forum Vies Mobiles. Auparavant, elle a monté et piloté des projets immobiliers et d'aménagement urbain privés et publics (BNP Real Estate, SNCF). Avec une formation en sciences humaines (Sorbonne et Sciences-Po Paris) et en recherche en management (Mines, Nanterre et ESCP), elle s'intéresse à l'évaluation des politiques publiques et à l'implication des citoyens dans leur élaboration.
Publications
L'Immobilier. Une passion française, Demopolis, 2016.
Pour en finir avec la vitesse, L'Aube, 2021.

Jean-Baptiste MARIE : La ville dans ses jardins
La recherche de formes urbaines et de modèles d'habitats conciliant qualité du logement, cohésion sociale, insertion urbaine et aménités paysagères constitue un fil rouge de l'histoire urbaine depuis le début du XXe siècle. En ce sens, l'émergence des écoquartiers ne constitue pas une rupture, mais bien une continuité, un héritage des premières utopies urbaines et des expérimentations antérieures qui ont jalonné l'histoire de la pensée architecturale et urbaine. Le modèle de la Cité Jardin, théorisé par Ebenezer Howard dans son ouvrage To-morrow : a peaceful path to real reforme, en 1898, en constitue une première référence. Cette pensée d'une alternative à la ville industrielle britannique articule logement de qualité, espaces publics, équipements, et accès à la nature, tout en garantissant un équilibre territorial d'une part, et une maîtrise des coûts liés au foncier d'autre part. Reprise en France dans l'entre-deux-guerres, notamment sous l'impulsion de Jules Siegfried ou d'Henri Sellier, ce ne sont pas moins de 34 cités jardins et 22000 logements qui ont été construits en France, avec quelques réalisations emblématiques (Suresnes, Stains, Paris-Jardins à Draveil). Ces cités-jardins à la française constituent ainsi une réponse sociale à un besoin de logement, tout en intégrant des principes architecturaux et paysagers, qui trouvent encore une résonance aujourd'hui, dans les écoquartiers : logements traversants et lumineux, accès à des espaces de nature collectifs, mixité des fonctions, lien social restauré. Bien que les écoquartiers se soient développés et structurés dans un contexte radicalement différent, ils s'inscrivent dans la lignée d'une ambition : développer un habitat de qualité inséré dans un cadre de vie structuré par sa relation au vivant, pensé comme une réponse aux défis contemporains. Cette communication propose ainsi une lecture pluridisciplinaire, analytique et critique de l'évolution des trajectoires de la durabilité urbaine depuis les premières formulations du rapport entre ville et nature jusqu'aux modèles contemporains et internationaux du quartier durable et de l'écoquartier. Elle s'attache à comprendre les manières dont les relations entre ville, nature et vivant ont été pensées, formalisées et mises en œuvre dans les projets architecturaux et urbains et examine les évolutions conjointes des formes urbaines et des stratégies territoriales. Elle s'intéresse aux conditions de diffusion des modèles de développement urbain ainsi qu'aux récits et imaginaires qui les accompagnent, afin de contribuer à une compréhension renouvelée des enjeux contemporains liés aux impacts des transitions dans les territoires.

Titulaire d'un diplôme d'architecte de l'École nationale supérieure d'’architecture de Versailles et d'un diplôme de designer de l'École Boulle, docteur en aménagement et architecture de l'université de Paris-Saclay, Jean-Baptiste Marie assure la direction générale de l'Europe des projets architecturaux et urbains. L'Epau opère des programmes de recherche et d'expérimentation nationaux tels que la Plateforme d'observation des projets et stratégies urbaines (POPSU), le programme de recherche-embarquée Coubertin sur les jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, mais également le concours d'architecture Europan, le programme Engagés pour la qualité du logement de demain ou encore la consultation internationale Quartiers de demain. Professeur des écoles nationales supérieures d'architecture, il a enseigné de 2011 à 2024, dans les ENSA de Versailles, de Normandie, puis de Clermont-Ferrand. Aujourd'hui, il préside le Conseil d'administration de ENSA de Normandie et enseigne à l'École Polytechnique.

Jean-Marc OFFNER : Les mobilités alternatives au défi de l'habitabilité(1) périurbaine
Habiter plus loin de son lieu de travail sans accroître son budget-temps transport… cette promesse de la vitesse, celle de l'automobile sur les routes départementales, va durablement marquer la problématisation de la question périurbaine, depuis le premier choc pétrolier : l'autonomie de déplacement procurée par la voiture devenue dépendance à un moyen de transport contesté. Les réponses "transport collectif" mises en œuvre décennies après décennies, en accord avec la doctrine des politiques urbaines de déplacement, ne changèrent pas la donne. Le taux d'équipement des ménages a poursuivi sa croissance, dans le périurbain comme ailleurs. Dès lors, entre gouvernance locale lacunaire et stratégies industrielles dominatrices, le scénario tendanciel remplace des moteurs thermiques par des moteurs électriques, sans mutation du modèle d'organisation des déplacements. Interroger à nouveaux frais les mobilités dans le périurbain invite à se déprendre de la seule dimension des transports pour donner son plein sens à cette notion de mobilité : le déploiement dans l'espace et dans le temps d'un programme d'activités. Car ce que nous apprenons des modes de vie dans le périurbain donne à voir des paramètres d'arbitrage plus diversifiés qu'en ville. Quand "la vie est une affaire de trajets", une affaire de distance et de vitesse, les combinaisons se multiplient : types de lieux fréquentés, rythmes d'usage, diversité des chaînes de déplacement, modes d'accompagnement… Un zapping territorial assumé, dessinant des réseaux plus que des bassins de vie, et des agencements logistiques flexibles, pour des temporalités hétérogènes. Ce cadre d'analyse des pratiques mérite confrontation avec les dynamiques collectives par ailleurs mises en évidence : un périurbain devenu mature, par la pluralité des trajectoires résidentielles qu'il accueille, gage de potentialités d'évolutions des comportements ; une moindre dépendance à la grande ville, périurbanisation des activités aidant ; la constitution d'une double échelle de proximités, communale et supra-communale. Trois enjeux, parmi d'autres, semblent alors devoir être soumis à réflexion, dans l’'esprit de la méthode des "situations socio-spatiales spécifiques(2)" :
- Sous quelles conditions d'offre la marche et le vélo sont-ils susceptibles de prendre en charge une partie significative du développement des déplacements de première proximité, pour des trajets certes courts mais à la métrique périurbaine ?
- Le renforcement des proximités supra-communales peut-il profiter de la programmation publique d'équipements ou services, y compris mobiles, comblant des maillages lacunaires ?
- Le "transport à la demande", navette autonome inclue, permet-il de faire fonctionner les archipels du grand périurbain (l'entre-ville), en alternative à la voiture individuelle ?
(1) Habitabilité : "Le terme renvoie à une idée de l'habiter plus large que le fait de résider. L'habitabilité d'un lieu est liée à l'existence de possibilités suffisantes de création et d'adaptation permettant aux individus de se l'approprier. Les approches par l'habitabilité étudient la façon dont le social se construit dans un territoire de vie" (Géoconfluences 2025).
(2) Voir "Des stratégies de mobilité métropolitaines pragmatiques et mobilisatrices", TI&M, n°529, 2021.

Jean-Marc Offner est directeur scientifique de 6t bureau de recherche. Il préside par ailleurs l'École urbaine de Sciences Po. Il a été directeur général de l'agence d'urbanisme Bordeaux Aquitaine de 2009 à 2022. Formé à la fois à l'ingénierie urbaine et aux sciences sociales, il est diplômé de l'École centrale de Lille et lauréat de l'Institut d'études politiques de Paris. D'abord chercheur à l'Institut de Recherche des Transports, il a dirigé le Groupement de recherche Réseaux du CNRS (1993 à 2000), le Département Aménagement-Transport-Environnement de l'école des Ponts (1996 à 2000) et le Laboratoire Techniques-Territoires-Sociétés (2000 à 2008). Il a enseigné à l’école des Ponts, à Sciences Po, à l'Ensptt et dans les Instituts d'urbanisme parisiens. Il a dirigé la revue Flux - Cahiers scientifiques internationaux Réseaux et Territoires. Il a créé les Cahiers de la métropole bordelaise. Il a été nominé au Grand prix de l’urbanisme 2020. Il préside le conseil stratégique du programme interministériel de recherche Popsu ainsi que la commission Territoires du Conseil national de l'information statistique. Il fait partie des conseils scientifiques de la revue Urbanisme et de l'Ihedate. Il est membre de l'Académie des technologies. Ses thèmes d'intérêt concernent l'action publique locale et la gouvernance, le rôle de l'expertise dans les processus de décision, la socio-économie des réseaux techniques et des services collectifs, les relations entre politiques de déplacements et mutations spatiales, les innovations pour l'aménagement et la mobilité durables, les procédures de planification et la transition écologique, les dynamiques métropolitaines et les coopérations territoriales. Il est l'auteur de l'ouvrage Anachronismes urbains (Presses de Sciences Po, 2020) et du rapport Vive le périurbain ! Pour des campagnes urbaines au cœur des transitions territoriales (Terra Nova, 2025).

Arthur PÉTIN : Présentation de la thèse "Écrire les espaces périurbains : une géographie contemporaine dans la littérature française"
Depuis leur développement sur le territoire français à partir de la fin des années 1960, les espaces périurbains n'ont cessé d'alimenter les critiques ; jusqu'à une période récente, ils n'avaient pas droit de cité en littérature. Or, à partir des années 2010, plusieurs auteurs et autrices font de l'écriture des espaces périurbains, tant du point de vue de leurs caractéristiques morphologiques que des modes d'habiter qu'ils induisent, un enjeu majeur de leur texte. À partir d'un corpus de dix-neuf œuvres, parues entre 2009 et 2022, qui se partagent entre une majorité de romans et un tiers de textes non-fictionnels, ma thèse dresse la cartographie de ce territoire littéraire émergent. J'y analyse les dispositifs d'écriture spécifiques que la confrontation à cet objet hybride et hétérogène qu'est le périurbain suscite. Je montre également comment les auteurs et autrices refaçonnent les cadres d'appréhension de ces territoires et les imaginaires qui y sont attachés. En revenant sur les grands enjeux de cette recherche, on tentera ainsi d'appréhender comment les écritures contemporaines font advenir les espaces périurbains à la littérature française et, ce faisant, travaillent à leur légitimation.

Agrégé de Lettres Modernes, ancien élève de l'École Normale Supérieure de Paris, Arthur Pétin est docteur en littérature française, qualifié aux fonctions de maître de conférences. Sa thèse, soutenue en décembre 2024 à l'université Grenoble Alpes, porte sur les écritures des espaces périurbains dans la littérature française contemporaine ; elle a obtenu le Prix Spécial de la Thèse sur la Ville 2025 et est en cours de publication. Il s'intéresse aux écritures contemporaines des périphéries urbaines (banlieues, périurbain, péri-métropolitain), aux approches interdisciplinaires et intermédiales de ces types d'espace et, plus largement, aux enjeux et aux formes de la littérature française de l'immédiat contemporain. De novembre 2024 à l'été 2026, il est ingénieur de recherche en charge du programme "Urbanature 2. Entre ville et campagne : évolutions et hybridations", rattaché au laboratoire LISAA (Littératures, Savoirs et Arts) de l'université Gustave Eiffel. Dans ce cadre, ses travaux récents se sont plus spécifiquement orientés vers les représentations de la biodiversité dans les périphéries urbaines, à travers l'étude de ses formes et de ses usages dans la littérature mais aussi dans le cinéma français contemporain.

Clémence de SELVA : Tissus résidentiels et d'activité, approche par la sobriété foncière
La sobriété foncière — qui vise à questionner les besoins d'un territoire pour y répondre en préservant sols (vivants) et ressources — suppose de "faire avec" notre héritage bâti et urbain, d'en prendre soin pour mieux le transmettre. Elle implique d'élargir la notion de gisement au-delà du seul foncier libre et de questionner les usages et l'intensité d'occupation, spatiale et temporelle. Sous cet angle, les tissus résidentiels pavillonnaires et les zones d'activité économiques recèlent une qualité considérable : celle du "déjà-là". À ce titre, ils sont le terreau et la ressource de la ville de demain, à condition de savoir en déceler toutes les qualités et potentiels.

Clémence de Selva est architecte DPLG, diplômée de l'École nationale supérieure d'architecture de Paris-Belleville (2003) et titulaire d'un DEA "Le projet architectural et urbain" (2004). Associée au sein de l'agence SELVA & MAUGIN à Bordeaux depuis 2014, elle intervient en maîtrise d'œuvre, assistance à maîtrise d'ouvrage pour des collectivités publiques et aménagement urbain, avec une spécialisation sur les questions de sobriété foncière. Elle est autrice de l'Atlas du foncier invisible et co-autrice, avec Philippe Bihouix et Sophie Jeantet, de La Ville stationnaire. Elle exerce également comme architecte-conseil de l'État auprès de la DDTM du Finistère.

Philippe SIMON : Penser le périurbain comme moment de l’urbanisation
Peut-on considérer le périurbain comme une sorte d'entre deux, non pas uniquement spatial, mais également temporel ? Le périurbain nous rappelle que la ville et ses urbanités ne sont ni figées, ni éternelles. Elles sont issues de multiples processus de transformation permanents, dans lesquels les périurbanités pourraient être analysées comme des étapes. Cette communication propose ainsi un reversement du regard porté sur cette typologie-géographie, comme un possible état transitoire, une forme de pré-ville ou d'anté-ville.

Philippe Simon est architecte-urbaniste (dplg) et professeur TPCAU titulaire à l'École Nationale Supérieure d'Architecture Paris Val-de-Seine (ENSAPVS). Il est également chercheur au laboratoire ACS (XIXe-XXIe siècles) – UMR/AUSSER C.N.R.S de l'ENSA Paris-Malaquais. En tant qu'architecte conseil de l'État, il est affecté auprès de la Direction Départementale des Territoires (DDT) de l'Indre. Il est actuellement co-gérant de la société d'architecture et d'urbanisme Paris-U. Depuis 2021, il est membre de la Commission du Vieux Paris. Il a également été expert pour le CNECEA pour l'évaluation des candidats à la qualification de 2019 à 2022. Il a contribué à la conception de l'exposition "Toit sur toit" et a participé à plusieurs colloques sur le sujet en 2012 et 2014. Il a également été membre de l'équipe MVRDV/AAF/ACS pour la consultation sur le Grand Paris (AIGP) de 2008 à 2015. Entre 2011 et 2012, il a mené avec Monique Eleb une recherche sur l'évolution de la production du logement en France, publiée chez Mardaga en 2013. Philippe Simon, associé à Janine Galiano, a notamment travaillé sur la reconversion du Carreau du Temple en un ensemble d'équipements de proximité, intégrant des contraintes de confort moderne dans un édifice patrimonial. Ils ont travaillé sur une réhabilitation d'immeuble Rue Blondel à Paris, menée sous une politique environnementale, et sur la reconversion de l'Usine Wonder à Lisieux et de sa friche industrielle. Ils ont également coordonné l'aménagement de la ZAC Pajol à Paris, un projet de Haute Qualité Environnementale autour de la reconversion d'une halle ferroviaire. Ils ont été honorés par le Bauwelt Prize et ont reçu une mention au prix de la 1ère œuvre du Moniteur en 2000 pour l'opération de logements Rue Gasnier-Guy, dans le 20e arrondissement de Paris. En 2010, ils ont remporté le prix d'architecture du CAUE 14 pour la réhabilitation de l'usine Wonder à Lisieux.


SOUTIENS :

• Direction générale de l'aménagement, du logement et de la nature (DGALN)
Groupe AREP
Institut pour la recherche | Groupe Caisse des Dépôts


PARTENARIAT :

• Fédération nationale des agences d'urbanisme (Fnau)


BULLETIN D'INSCRIPTION



Programme 2026 : un des colloques

Programme complet


DU SOUCI DU VIVANT À LA FABRIQUE DES COMMUNS

POUR UN GRAND RÉENCASTREMENT


DU LUNDI 31 AOÛT (19 H) AU DIMANCHE 6 SEPTEMBRE (14 H) 2026

[ colloque de 6 jours ]


Fish Magic, peinture surréaliste, Paul Klee, 1925


DIRECTION :

Pierre CORNU, Bernard HUBERT, Jeanne RIAUX, Christophe SOULARD

Colloque organisé dans le cadre du Cercle des partenaires


SECRÉTAIRE TECHNIQUE :

Pauline SOUVIGNIER


ARGUMENT :

Ce colloque se veut un moment de réflexivité partagée entre membres de différentes communautés de recherche, des Nords comme des Suds, impliqués dans un questionnement fondamental sur les profonds dysfonctionnements systémiques qui affectent l'ensemble des interdépendances entre les sociétés humaines et leurs environnements, remettant en cause jusqu'à l'habitabilité même de la planète, pour les humaines comme pour les non-humains.

Comment penser, après la "grande transformation" du monde sous l'effet des forces du marché telle qu'analysée par Karl Polanyi, un réencastrement de celles-ci dans des socioécosystèmes viables et durables ? Intrinsèquement interdisciplinaire, voire transdisciplinaire, le souci du vivant nécessite non seulement de revoir les objets de recherche eux-mêmes, mais également les démarches, méthodes et modes d'expression de la recherche, de façon à donner une véritable dimension transformative à la production située de connaissances. Réapprendre à faire fructifier les interdépendances consubstantielles de la vie sur cette planète, elles-mêmes dynamiques et évolutives, et contribuer à la réinvention d'une habitabilité inclusive, voici ce dont il y va dans notre temps présent, et ce sur quoi la recherche scientifique est appelée non seulement à se mobiliser, mais également à se réinventer.

Ce colloque réunira des chercheurs et chercheuses de tous horizons autour de conférences plénières, de tables rondes et d'ateliers dans et hors les murs de Cerisy, à partir de séminaires préparatoires organisés par l'association NSS-Dialogues et des réflexions stratégiques en cours dans les établissements de recherche français, au CIRAD, à l'INRAE et à l'IRD.


MOTS-CLÉS :

Changement global, Communs, Environnement, Habitabilité, Inter/transdisciplinarité, Sciences de la durabilité, Science transformative, Socioécosystèmes, Théories du vivant


CALENDRIER PROVISOIRE (12/05/2026) :

Lundi 31 août
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Mardi 1er septembre
PENSER AVEC LE TROUBLE POUR RENOUVELER LA RECHERCHE
Matin
Bernard HUBERT : La question du vivant comme enjeu transdisciplinaire du temps présent
Pierre CORNU : Ce que l'objectif d'un "grand réencastrement" implique pour la recherche en termes épistémologiques et axiologiques, et les héritages historiques ainsi convoqués ou re-brassés

Le souci du vivant à l'agenda des relations internationales. De l'(in)utilité des grand-messes d'experts ?, table ronde animée par Patrick CARON, avec Fabrice DECLERCK et Carolina MILHORANCE DE CASTRO

Après-midi
"Rôles et responsabilités de la recherche dans la réorientation de nos rapports avec le vivant : quels modes de recherche pour demain, en lien avec les enjeux de durabilité et d’habitabilité ?", par un Collectif de jeunes chercheurs réuni par Jeanne RIAUX : Charlène BOUVIER, Lucas BRUNET, Claudette DIATTA, Julie DULAT, Rhoda FOFACK-GARCIA, Daniela HENRIQUEZ ENCAMILLA, Romain LECLERCQ, Margot NEYRET-FRAUX, Malick OUATTARA, Carine PACHOUD et Zeine ZEIN TALEB


Mercredi 2 septembre
"HORS LES MURS" — AUTOUR DE BLAINVILLE-SUR-MER — En cours d'élaboration
Sortie de terrain : Les effets du dérèglement climatique sur le littoral et ses activités. Rencontre avec le pôle de recherches Synergie Mer et Littoral (SMEL) et balade côtière autour des risques de submersion
Objectif : Confronter les participants à des questionnements générés par des problèmes concrets portés par des parties-prenantes locales, discuter des perceptions des uns et des autres
Dîner et Soirée :  Restitutions affichées à partager (notes, photos, croquis…) en présence des intervenants extérieurs rencontrés lors de la journée


Jeudi 3 septembre
COMMUNAUTÉS ÉPISTÉMIQUES ET INSTITUTIONS : RÔLES ET RESPONSABILITÉS
Matin
La science transformative et les sciences de la durabilité. Approches critiques et d'appropriation, table ronde animée par Christophe SOULARD, avec Aurélie BINOT [Approches transformatives aux interfaces Science Société], Gilles KLEITZ [Durabilités, institutions et diversités des contextes à travers le monde : quels enseignements pour penser des cadres nationaux d'habitabilité ?] et Anne VARET

Après-midi
Ateliers par communautés de recherche (écologie et biodiversité ; agriculture-alimentation ; hydrogéologie ; …) : Réflexions conclusives sur les temporalités de la recherche confrontées à celles des objets et des institutions. Restitution en plénière

Le rôle d'une revue comme NSS dans ce paysage, table ronde avec les rédacteurs en chef, les membres du Comité des partenaires, les membres du Bureau de l'association…

Soirée
Book club session I
Atelier de lectures croisées autour de Kevin Laland, La symphonie inachevée de Darwin, animé par Pierre CORNU


Vendredi 4 septembre
PENSER ET AGIR AVEC LE VIVANT
Matin
- La complexité du vivant, de ses perceptions, de sa mise en politique et de son enseignement, table ronde avec Catherine LARRÈRE, Jane LECOMTE et Bruno VILLALBA
- Surmonter les barrières disciplinaires et épistémologiques pour agir, table ronde avec Élise DEMEULENAERE, Marine FAUCHÉ et Sarah VANUXEM
Discutant : Ioan NEGRUTIU (Récit et outils de la santé systémique : le réencastrement sera socio-écologique et agroécologique pour commencer)

Mise en discussion des périmètres de travail des ateliers de l'après-midi, avec l'enjeu central de penser la place des "objets" ou "enjeux" dans la dialectique unité/pluralité

Après-midi
Ateliers interdisciplinaires (en parallèle, suivis de synthèse en commun)

Soirée
Book club session II
Atelier de lectures croisées autour d'Anna Tsing et al., Notre nouvelle nature et Atlas féral, animé par Pierre CORNU


Samedi 5 septembre
PENSER L'IMPLICATION, ANTICIPER LES TENSIONS DANS L'ÉCONOMIE DE LA CONNAISSANCE
Matin
Table ronde, avec Tamara BEN ARI, Eric GUILYARDI [Changer nos récits collectifs sur le défi climatique], Patrick LEMAIRE et Pierre-Yves LE MEUR

Après-midi
Ateliers sur les enjeux éthiques, axiologiques, politiques de la recherche dans son rapport à l'horizon de l'habitabilité

Synthèse : proposition de définition de ce que serait un "grand réencastrement" socioécosystémique, et discussion sur les cheminements transdisciplinaires que pourrait suivre la recherche publique. Réalisation d'une frise ou de variantes

Book club session III
Atelier de lectures croisées autour de Dipesh Chakrabarty, Après le changement climatique, penser l'histoire, animé par Pierre CORNU


Dimanche 6 septembre
CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES DE VALORISATION
Matin
Bilan et réflexion collective sur les prolongements et les "livrables" du colloque, par les directeurs et par les jeunes chercheurs

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Pierre CORNU
Pierre Cornu est historien des sciences et de l'environnement, directeur de recherche à INRAE, directeur de l'UMR Territoires (Clermont-Ferrand), responsable scientifique du Pôle sciences de la durabilité de l'université Clermont Auvergne, corédacteur en chef de NSS.

Bernard HUBERT
Bernard Hubert a une formation en écologie et en sciences sociales, ancien chef de département et directeur scientifique à l'Inra, directeur de recherche émérite INRAE, directeur d'études à l'EHESS, ancien corédacteur en chef de NSS, vice-président de l'association NSS-Dialogues, président de la Commission pour la Recherche Agricole Internationale.

Jeanne RIAUX
Jeanne Riaux est anthropologue, directrice de recherche à l'IRD, membre de l'UMR G-eau jusqu'au 31/08/2026 puis du LEMAR (Laboratoire des sciences de l'environnement marin), membre du comité de rédaction de NSS.

Christophe SOULARD
Christophe Soulard est géographe, directeur de recherche et chef du département ACT à INRAE, responsable de la mission Sciences de la durabilité à INRAE.


Eric GUILYARDI : Changer nos récits collectifs sur le défi climatique
Pour faire évoluer notre rapport au vivant, il faut repenser l'éducation des jeunes en croisant sciences, complexité et citoyenneté. Cette approche pluridisciplinaire, qui se situe à l'intersection de la société, de la culture, de l'éthique, de la politique et de la prospective, exige une action dédiée et de qualité. Au-delà des connaissances scientifiques, une éducation transformatrice face aux enjeux environnementaux permet de développer les compétences des futurs citoyens et citoyennes, comme la pensée critique, la gestion des émotions ou encore la capacité à se projeter dans un monde désirable. Le rôle des concepts, des récits et des valeurs est ainsi central, tant pour l'éducation que pour les imaginaires collectifs qui guident l'action politique. La fabrique langagière des scientifiques est donc d'autant plus importante que sa mobilisation par la société est source de controverses. Elle interroge la position des chercheurs et chercheuses entre neutralité, fiabilité, engagement public et co-construction avec la société, et offre ainsi l'opportunité de repenser le rôle de la science et des scientifiques dans l'espace public.

Océanographe et climatologue, directeur de recherche au CNRS, membre de l'Institut Pierre Simon Laplace, à Paris, Eric Guilyardi est un spécialiste du rôle de l'océan dans le climat. Il a été auteur principal du 5ème rapport du GIEC et a contribué au 6ème. Il préside l'Office for Climate Education, placé sous l'égide de l'UNESCO, qui a pour vocation d'accompagner les enseignants du primaire et du secondaire pour l'éducation au climat à travers le monde. Il est membre du Conseil Scientifique de l'Éducation Nationale et du Comité d'éthique du CNRS, pour lequel il a piloté un avis sur l'engagement public des scientifiques.

Ioan NEGRUTIU : Récit et outils de la santé systémique : le réencastrement sera socio-écologique et agroécologique pour commencer
Les sociétés sont intimement ancrées dans et dépendantes des milieux naturels et leurs ressources. Elles constituent donc des systèmes socio-écologiques. Les concepts de Limites Planétaires et Limites Sociétales tentent d'analyser les crises (ou pathologies) qui les traversent. Les Systèmes agro-alimentaires et la Pollution Globale illustrent parfaitement la robustesse destructrice du capitalisme. Penser l'agriculture dans ce contexte présente un double intérêt : 1) elle mobilise trois ressources très particulières : sols, eau, biomasse. Ces ressources primaires sont régénérables mais épuisables, non-délocalisables et non-substituables. Il faut les penser comme des communs ; 2) elle est un cas d'école lorsqu'on se donne comme objectif l'internalisation systématique des coûts sociaux-écologiques associés (amortir la consommation de capital social et écologique). On ouvre ainsi le débat sur la démarche santé systémique (l'inséparable et réciproque santé des milieux, des sociétés et collectivités, et des personnes) pour amorcer des transformations sociales-écologiques cohérentes et inévitables. Pour y parvenir, il est urgent de définir ce qu'il faut mesurer, et comment le mesurer. Politiquement, cette démarche devrait permettre d'enrayer le processus de mise en propriété / prise de possession de la nature.

Ioan Negrutiu est agronome et biologiste, professeur émérite à l'École Normale Supérieure de Lyon, fondateur de l'Institut Michel Serres et membre honoraire de l'Institut universitaire de France. Ses travaux se concentrent sur l'évolution des plantes à fleurs, la biomasse et les outils de diagnostic du capital/patrimoine écologique. Ces problématiques sont étudiées dans un questionnement juridique et sociétal, associées aux activités du Centre d'études Lascaux sur les transitions (CELT) à Bayonne et de la Fabrique des Questions Simples à Lyon.
Références
Collart Dutilleul F., Hamant O., Negrutiu I., Riem F. (2023), Manifeste pour une santé commune, Ed. Utopia, Paris.
Negrutiu I. (2024), "Global Resources and Resource Justice—Reframing the Socioecological Science-to-Policy Landscape", Resources 13, 130.
Negrutiu I., Frohlich M.W., Hamant O. (2020), "Flowering Plants in the Anthropocene : A Political", Agenda. Feature Review, Trends in Plant Science 25: 349-368.
Argüello J., J.-L. Weber, I. Negrutiu (2022), "Ecosystem Natural Capital Accounting - the landscape approach at a territorial watershed scale", Quantitative Plant Biology 3, e24.
Proposition d'atelier - Lectures, les communs
Le sol, une marchandise comme les autres ?, Dossier L’économie politique 78, Avril 2018.
Projection de Harvest, DVD. Athina Rachel Tsangari – regard sur les "enclosures".
Avec une question transversale : Qui posséde(ra) la nature ? En appuie, le livre de Neumann, S. (2024) Le temps des paysans, Seuil, Paris.


BULLETIN D'INSCRIPTION



Programme 2026 : un des colloques

Programme complet


TRAMES D'ÉCRITURES

RETOURS SUR LES TRAVAUX DE JEAN RICARDOU


DU VENDREDI 21 AOÛT (19 H) AU MARDI 25 AOÛT (14 H) 2026

[ colloque de 4 jours ]


Le 20 juillet 1964, en observant la broderie de la chambre Normande à l'Orangerie, Jean Ricardou a inventé le schéma bi-axial de la fiction et de la narration.
"AUTOBIO(THÉORICO)GRAPHIE", Jean Ricardou, Du Nouveau Roman à la Textique, Hermann, 2018, pp.28-42.


DIRECTION :

Gilles TRONCHET


ARGUMENT :

Que l'écriture ne soit pas seulement le moyen d'exprimer des affects ou d'exposer des idées, nul plus que Jean Ricardou n'a été sensible à ce constat. L'écriture était pour lui une pratique donnant la chance d'explorer, pas à pas, la matérialité des mots, leurs interactions et, en conséquence, les effets de sens produits, chaque fois uniques, selon le champ d'inscription investi. Jean Ricardou a ainsi élaboré le principe d'une trame textuelle d'où procède une leçon jamais déterminée à l'avance. C'est à cette méthode de fabrication que renvoie le nom de textique donné à la discipline qu'il a créée.

Mais bien avant de se lancer dans l'élaboration d'une théorie qui s'efforce de prendre en compte, aussi exhaustivement que possible, les mécanismes et les structures de l'écrit ainsi que les opérations d'écriture, Jean Ricardou, attentif au domaine de la fiction et aux productions des écrivains, s'est consacré à l'étude des profuses relations qui organisent les textes en leur donnant une remarquable consistance.

Le colloque propose de revenir sur les implications de ce fil conducteur, lequel a guidé l'ensemble de la démarche de Jean Ricardou, et de considérer pour ce faire les recherches qui ont été conduites sur les retombées d'une telle approche, aussi bien dans le domaine littéraire que des arts plastiques ou de la musique. Ce sera aussi l'occasion, dix ans après la disparition de l'écrivain-théoricien, de faire le point sur les nombreuses publications et rééditions de ses ouvrages, déjà accessibles ou programmées dans les années à venir.


MOTS-CLÉS :

Analyse structurale, Composition musicale, Jeux avec l'écriture, Pastiche, Réécriture, Ricardou (Jean), Roussel (Raymond), Théorie de l'écrit


CALENDRIER PROVISOIRE (10/04/2026) :

Vendredi 21 août
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Samedi 22 août
Matin
Michel SIRVENT : Le Mixte, mode d'emploi — À propos du Théâtre des métamorphoses
Bernardo SCHIAVETTA : Questions sur le texte comme objet matériel

Après-midi
Nicole BIAGIOLI : L'atelier d'écriture autochorégraphique, continuation de l'utopie durable ricardolienne

Soirée
Claudy MALHERBE : L'opéra à travers les yeux de sa (La) cantatrice (I)


Dimanche 23 août
Matin
Guillaume CHABAT : Vertige des sens — Une lecture de quelques Nouvelles Nouvelles de Jean Ricardou
Laurent LIENART : Améliorer Cendrars, améliorer Follain

Après-midi
Sandra SIMMONS : Atelier du mouvement en écriture

Soirée
Claudy MALHERBE : L'opéra à travers les yeux de sa (La) cantatrice (II)


Lundi 24 août
Matin
Daniel BILOUS : Une mimotextique est-elle possible ?
Sjef HOUPPERMANS : Raymond Roussel, un "compagnon de route" permanent pour Jean Ricardou

Après-midi
Mohamed INFI : L'impact de la théorie de l'écrit sur la langue

Soirée
Claudy MALHERBE : L'opéra à travers les yeux de sa (La) cantatrice (III)


Mardi 25 août
Matin
Gilles TRONCHET : Analyse d'une analyse d'acte manqué au regard de la textique

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Gilles TRONCHET : Analyse d'une analyse d'acte manqué au regard de la textique
L'étude se fonde sur l'observation attentive d'un court article, ayant pour titre "La finesse d'un acte manqué", où Sigmund Freud cherche à tirer les leçons d'une erreur qui lui a fait inscrire dans un message un mot de trop. Le lapsus est d'abord envisagé comme le signal d'une autre imperfection que présente l'écrit, puis comme l'indice retors d'une intention cachée. Les ressources conceptuelles de la textique seront mobilisées pour tenter de montrer comment se développe un jeu de renversements interprétatifs et comment le propos, de manière paradoxale, laisse en suspens certaines de ses implications.

Gilles Tronchet, actuellement retraité, a exercé comme professeur de lettres classiques, puis comme enseignant-chercheur de lettres et littérature latines, avec pour spécialités la poétique latine et la textique. Il a co-dirigé, à Cerisy en 2019, le colloque Écrire pour inventer (à partir des travaux de Jean Ricardou) publié chez Hermann (2020), et des séminaires autour de la textique en 2017, 2018 et 2020. Il participe à l'édition de L'Intégrale Jean Ricardou aux Impressions Nouvelles.


Nicole BIAGIOLI : L'atelier d'écriture autochorégraphique, continuation de l'utopie durable ricardolienne
En intercalant des mouvements et des contacts visuels et tactiles improvisés sur fond musical entre la lecture des lanceurs d'écriture et la phase d'écriture, l'atelier autochorégraphique explore les possibilités pour un groupe d'investir un lieu et leurs conséquences physiques et psychologiques sur chacun de ses membres, démontrant par l'expérience la force du lien qui unit l'écriture et le vivre ensemble.

Daniel BILOUS : Une mimotextique est-elle possible ?
C'est à l'écrit en général que s'intéresse la textique. Or, l'imitation de ce qu'il est convenu d'appeler son style fait partie des contraintes susceptibles de s'appliquer à un écrit. Toutefois, dans l'ensemble du corpus théorique produit par Jean Ricardou, on ne trouve guère de mentions du pastiche ni, plus généralement, de l'exercice de style. On tâchera d'interroger cette absence, pour déterminer s'il faut y voir une lacune, un objet dont, en l'état de la recherche, il restait opportun de différer l'examen, ou un pseudo-objet, dont ladite recherche gagnerait à faire l'économie.

Guillaume CHABAT : Vertige des sens — Une lecture de quelques Nouvelles Nouvelles de Jean Ricardou
Dans les fictions de Jean Ricardou, les seuls événements qui ont réellement lieu sont des incidents d'écriture — bégaiements, calembours, lapsus circulaires, deleatur — que le conte redouble, le plus souvent, de ses commentaires autobiographiques formant une sorte de diptyque par lequel il se réfléchit en totalité. Il s'agira de montrer les trois principaux bénéfices des opérations que le scripteur de Révélations minuscules nous rappelle succinctement : c'est seulement par un "long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens" qu'on produit du nouveau, de l'inconnu, de l'inattendu ; c'est en "céd[ant] l'initiative aux mots" qu'on fait œuvre salutaire de modestie ; enfin, c'est par l'amenuisement de l'illusion référentielle, qu'on fait œuvre éthique de vérité. Mais il y a davantage : cette Cathédrale de Sens engage dans un vertige mental irrémédiablement déceptif, puisque sans cesse le sens plein se dérobe. Or ce détournement, ou mieux, cet enlèvement du sens n'est-il pas la condition même de mise en œuvre du désir : notre jouissens ?

Docteur en langue et littérature françaises, Guillaume Chabat enseigne depuis vingt ans à l'université de Corse Pasquale Paoli. Il est l'auteur de plusieurs articles universitaires sur les œuvres de Serge Doubrovsky, Jean Ricardou, Philippe Forest ou encore Jérôme Ferrari. En 2025, il a publié l'essai Le Verbe ou la vie. Doubrovsky et la dialectique de l'autofiction aux Presses universitaires de Lyon.

Sjef HOUPPERMANS : Raymond Roussel, un "compagnon de route" permanent pour Jean Ricardou
Mon point de départ sera une relecture du chapitre "l'activité roussellienne" dans Pour une théorie du nouveau roman. On tiendra compte aussi de la contribution de Jean Ricardou au colloque de Cerisy de 1983 sur Roussel : "Raymond Roussel ; un académisme démesuré" et de "Roussel rime ailleurs", conférence prononcée lors du colloque Roussel de Cerisy en 2012. Non moins intéressante se profile sa préface à l'étude de Leonardo Sciascia au sujet de la mort de Raymond Roussel. Son admiration de l'œuvre de Roussel visant surtout logique textuelle de celui-ci n'empêche pas une certaine note critique qui replace l'auteur dans son époque. Pour ma part, je tenterai de mitiger la rigueur ricardolienne en invoquant la souplesse roussellienne.

Laurent LIENART : Améliorer Cendrars, améliorer Follain
Armé du Salut aux quatre coins de Jean Ricardou considéré comme modèle, je m'efforcerai de lire, à la loupe, tel poème de Blaise Cendrars (En vue de l'île de Fuerteventura), tel poème de Jean Follain (Vie des campagnes) puis de proposer quelques pistes d'amélioration peut-être un brin audacieuses, qu'il s'agira alors, avec courage ou conviction, d'emprunter.

Claudy MALHERBE : L'opéra à travers les yeux de sa (La) cantatrice — Feuilleton en trois épisodes
La cantatrice, opéra radiophonique (commande de Radio-France et France Culture pour le Prix Italia 2008), est certes la relation d'un fait-divers — Une femme seule est retrouvée dans son appartement longtemps après sa mort, le corps en partie dévoré par son chat —, mais cette histoire se construit avant tout, par la mise en œuvre d'une double contrainte. Celle de construire la fiction avec les mécanismes et les archétypes de l'opéra. Celle de choisir d'écrire le corps du texte par le biais d'une aventure lexicale sous-jacente. Ce conflit de mots, de lettres et de phonèmes, affrontement minuscule en regard du drame qui se déroule, construit néanmoins la péripétie et fournit la clef de nombreuses situations. Cette double contrainte appliquée à la fois au texte du livret, à la parole des protagonistes comme aux instruments de l'orchestre, assigne l'appariement texte/musique à être le produit d'un même formalisme pour la plus grande unité de l'œuvre.

Sandra SIMMONS : Atelier du mouvement en écriture
Dans le cadre d'un atelier participatif, seront fabriqués des écrits à partir des concepts présentés dans mon étude intitulée Détermination du "mouvement" dans l'écrit, accessible sur le site jeanricardou.org, Carnets de textique, n°9. Il s'agit de s'engager en commun dans des expérimentations afin de mieux discerner certains des paramètres en jeu, ce qui donnera l'occasion d'interroger, à partir de l'approche introduite par Jean Ricardou, la façon dont certains écrits plastiques et musicaux peuvent se concevoir comme en mouvement selon divers réglages.

Bernardo SCHIAVETTA : Questions sur le texte comme objet matériel
Deux questions élémentaires adressées à la textique : jusqu'où peut-on maintenir une vision matérialiste du texte, considéré du point de vue de l'information qu'il contient ? Les textes contiennent de l'information intrinsèque (physico-chimique) et extrinsèque (les signes conventionnels qui permettent de lire leurs langues, conventionnelles aussi et donc externes au texte) ; la pragmatique peut en plus nous donner des exemples d'information explicite (dans le texte) et implicite (allusive à des contenus hors texte).

Michel SIRVENT : Le Mixte, mode d'emploi — À propos du Théâtre des métamorphoses
Le théâtre des métamorphoses, neuvième livre de Jean Ricardou, paru au Seuil en 1982, est un ouvrage composite fait de morceaux disparates, de tons et de styles, de registres, de régimes, de genres et de modes de représentation discordants, voire antagonistes. Mais loin que cette variété se réduise à un simple collage, loin que cette diversité se complaise au mélange, ce livre neuf s'affiche délibérément comme un mixte. Certaines approches ont pu limiter l'entreprise à une stricte réunion de la "fiction" et de sa "réflexion", selon une dichotomie convenue joignant "une pratique" à sa "théorie". Toutefois, si le mixte s'élabore à "la croisée de l'artistique et du réflexif", s'il résulte de "la mêlée du littéraire et du plastique", il ouvre avant tout un champ d'expérimentations où, si l'on ose l'expression, tous les coups sont permis : ce théâtre cherche des lignes de "communications" entre une pluralité de composants dissemblables. Outre "l'assortiment des registres", il y a non moins de multiples v.o.i.x venues d'ailleurs (Flaubert, Proust, Mallarmé, Jarry notamment) mais encore certaines façons d'investir le "hors-texte". C'est une exploration de ces diverses voies empruntées par l'écriture qui sera esquissée.

Michel Sirvent est professeur émérite de l'University of North Texas ; parmi ses diverses publications, signalons quatre études relatives à des ouvrages de Jean Ricardou : "La Voie de son mètre (petite introduction à l'art dit "mixte")" (Protée, 1990) ; Jean Ricardou (de Tel Quel au Nouveau Roman textuel) (Rodopi, 2001) ; "Jean Ricardou : Sous les pavés la page" (Acta Fabula, 2019) ; "Jean Ricardou : vers un Nouveau Roman textuel" (Acta Fabula, 2020). En préparation : l'introduction au tome 9 de L'Intégrale Jean Ricardou aux Impressions Nouvelles.


BULLETIN D'INSCRIPTION



Programme 2026 : un des colloques

Programme complet


LA PSYCHANALYSE ALTÉRÉE ?

ÉCOUTER, TRANSFORMER, TRANSMETTRE, AUJOURD'HUI


DU VENDREDI 21 AOÛT (19 H) AU JEUDI 27 AOÛT (14 H) 2026

[ colloque de 6 jours ]


Éphémère Val David, 2024 © Georges Gaillard


SECRÉTAIRE TECHNIQUE :

Romain ROSANIS


ARGUMENT :

Les psychanalystes sont altérés par "l'air du temps" : dans leur pratique clinique et dans leurs constructions théoriques. Cela vaut depuis Freud, à travers les évolutions, les révolutions et les catastrophes ayant marqué ces décennies. Qu'en est-il aujourd'hui ?

La mondialisation a construit un monde à la fois un et soumis aux fragmentations des logiques identitaires, un monde où la possibilité d'une référence commune semble s'éloigner de jour en jour.

La psychanalyse — qui ne propose ni une conception du monde, ni un projet de société — ne s'est créée et ne pourra se renouveler que dans une transmission passant par sa pratique, la formation de psychanalystes et l'écoute des enjeux psychiques corrélés aux transformations sociales et culturelles. Ces transformations viennent aujourd'hui interroger directement la dimension politique du travail de culture dans la cure.

Que peuvent les psychanalystes, quand la guerre se généralise et se démultiplie à l'échelle des individus comme à l'échelle des nations ? Quand la falsification de l'intime et la précarisation des identifications se rejoignent dans un processus de déréalisation ?

Pour aborder ces questions, ce colloque international se veut ancré dans l'aire francophone de la psychanalyse et ce qui la spécifie : la place centrale accordée à la culture comme sol commun.


MOTS-CLÉS :

Aliénation-Désaliénation, Déréalisation, Formation, Humain, Identifications, Intime, Massification, Narcissisme, Pulsion de mort, Transmission, Travail de culture


CALENDRIER PROVISOIRE (25/02/2026) :

Vendredi 21 août
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Samedi 22 août
Matin
Jean-François CHIANTARETTO : Tomber dans le monde, tomber hors du monde
Ellen SPARER : L'Institution psychanalytique : peut-elle être psychanalytique ?

Après-midi
Arlette LECOQ : Les blessures narcissiques infligées à l'humanité
Gérard BAZALGETTE : La panique


Dimanche 23 août
Matin
André BEETSCHEN : La culpabilité et le vivant, écouter le meurtre
Brigitte DOLLÉ-MONGLOND : Défendre "l'appareil de l'âme", et la mise en questions

Après-midi
Frédéric BURDOT : La Fabrique de Monstres
Martin GAUTHIER : La corruption masculine autocratique


Lundi 24 août
Matin
Anouche KUNTH : Saisir la trace, mettre en lumière, faire consister les vies : une approche historienne de la survivance des Arméniens (rescapés du génocide de 1915, exilés en France)
Irène NIGOLIAN : Pourquoi la psychanalyse en temps de guerre ?

Après-midi
DÉTENTE


Mardi 25 août
Matin
Ghyslain LÉVY : Un trouble dans l'identification
Claire DE VRIENDT-GOLDMAN : L'outil psychanalytique, une œuvre d'art à sculpter au fil du temps

Après-midi
Laura DETHIVILLE : Le psychisme au miroir déformant du numérique
Isabelle LASVERGNAS : Virtuel de masse et psychanalyse


Mercredi 26 août
Matin
Ellen CORIN : La réalité en questions
Georges GAILLARD : Consentir à la présence, tolérer la pluralité

Après-midi
Pierre JOLY : La psychanalyse dés/idéalisée ?
Evelyne TYSEBAERT : L'inconscient et l'à-venir


Jeudi 27 août
Matin
Bilan et perspectives

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Jean-François CHIANTARETTO : Tomber dans le monde, tomber hors du monde
Comment rendre compte aujourd'hui des conditions psychiques et sociales du sentiment d'appartenance au monde des semblables ? D'un point individuel comme d'un point de vue collectif, la question se pose à l'entrecroisement des identifications individuelles et des identifications collectives, de la dimension intrapsychique et culturelle du narcissisme, du narcissisme de vie et du narcissisme de mort. Elle oblige les psychanalystes à s'interroger tant sur la dimension politique de la cure — et du travail de culture dans la cure — que sur les conditions de possibilité sociales et culturelles de la psychanalyse. Et à recommencer le geste métapsychologique des commencements, hérité de Freud : de la psychanalyse, de la psyché.

Jean-François Chiantaretto est psychanalyste, membre du Quatrième Groupe OPLF. Il est Professeur émérite en psychopathologie clinique à l'université Sorbonne Paris Nord, où il a dirigé l'Unité de Recherches Transversales Psychopathologie et Psychogenèse (UTRPP UR 4403). Tous ses livres sont animés par la question de "l'interlocution interne" dans la cure et l'écriture, envisagée sous l'angle des commencements : de la psychanalyse, de la psyché. Il a dirigé ou co-dirigé de nombreux ouvrages collectifs, dont huit à partir de colloques de Cerisy, le dernier en 2024 (avec H. Abdelouahed et J.-M. Hirt) : L'Écriture du malaise, Ithaque, 2024.
Publications
Le témoin interne, Aubier, 2005.
Trouver en soi la force d'exister, Campagne Première, 2011.
La perte de soi, Campagne première, 2020 (The loss of Self : Self-Writing s a Tool in Borderline Psychoanalysis, Routledge, 2025 ; A perda de si, Blucher, 2025).
Se parler, parler. À l'écoute de l'infans dans l'adulte, Campagne Première, 2025.

Ellen CORIN : La réalité en questions
Parfois, le monde me déroute, ne cadre pas avec ce que je pensais en savoir. Un trouble qui peut surgir dans la clinique, l'impression que quelque chose m'échappe, ou devrait m'échapper pour me permettre d'entendre. Que mes repères théoriques sont en défaut, ou insuffisants pour approcher la complexité de ce que vivent ou cherchent à dire les patients. Quel tribut la réalité psychique paie-t-elle à la réalité historique ou culturelle dans laquelle elle s'inscrit ? Peut-on laisser cette dernière hors-jeu ? À quel prix ? Comment se laisser affecter sans céder à la mode, sans perdre le nord ? Mais peut-être faut-il parfois le perdre ? À quoi pouvons-nous/devrions-nous encore nous identifier ? Ou nous désidentifier ? Quel rôle peuvent jouer ici l'imagination, l'écriture, certaines formes d'art ? Et comment penser la transmission dans ce contexte ?

Ellen Corin est psychanalyste, membre et actuellement présidente de la Société Psychanalytique de Montréal, dont elle a été la secrétaire scientifique de 2017 à 2021. Elle est professeur émérite aux départements d'anthropologie et de psychiatrie de l'université McGill.
Publications
Corin E. (2025), "De l'art brut à l'art", in C. Mestre et M. Géry (eds), Art Soins : Les frontières imaginées, Éd. La pensée sauvage.
Corin E. (2021), Des traces en souffrance d'un dire, Revue française de psychanalyse, LXXXV, 4 : 857-867.
Corin E., Branchereau L. & Johnson C. (dir.) (2019), L'étranger, figure du proche, Actes du colloque de la Société psychanalytique de Montréal, 2018.
Corin E. (2013), "Entre le même et l'autre, l'Altérité comme passeur", L'Information psychiatrique, 89, 6 : 435-442.
Corin E. (Ed) (2010), Psychanalyse et Anthropologie. L'ébranlement d'une rencontre, Anthropologie et Société, 34, 3.

Georges GAILLARD : Consentir à la présence, tolérer la pluralité
Les mutations contemporaines transforment la psyché des sujets et leurs modalités d'"être ensemble", les livrant à la tentation d'un narcissisme exacerbé délié de sa dette d'altérité, dans une temporalité saturée. L'hypermodernité met en effet en chauffe une rivalité généralisée, où la haine et la prédation se donnent libre cours, corrélativement à l'affaiblissement des figures de l'hétéronomie, ces figures qui inscrivent le sujet dans une limite, sous le registre de la loi. Comment l'analyse participe-t-elle à dédensifier la temporalité, et autorise-t-elle le sujet à consentir à la présence ? Simultanément, en tant qu'analystes, comment faisons-nous vivre la pluralité, tout à la fois dans la pratique de la cure et dans la vie de nos groupes et institutions — où le narcissisme est menacé de se désintriquer d'un investissement de l'altérité ?

Georges Gaillard est psychanalyste, membre du Quatrième Groupe - OPLF ; professeur émérite au Centre de Recherche en Psychopathologie et Psychologie Clinique de l'université Lumière Lyon2, et Membre de l'association européenne Transition. Ses recherches portent sur l'intrication entre le travail de subjectivation et les arrière-fonds sociétaux, et sur la prise en compte de Thanatos dans la construction psychique des sujets, des groupes et des institutions.
Publications
Le travail psychanalytique en institution. Manuel de clinique institutionnelle (avec J.-P. Pinel), Dunod, 2020.
Psychanalyse et culture. L’œuvre de Nathalie Zaltzman (avec J.-F. Chiantaretto), Colloque de Cerisy (2019), Ithaque, 2020.
"Le don de présence. La temporalité entre dépossession et appropriation", Connexions, n°123, 2025/2.
"La technique : entre dévoration du monde et émergence d'une humanité en partage", Le Coq Héron, 2025/262.

Arlette LECOQ : Les blessures narcissiques infligées à l'humanité
L'héliocentrisme, l'évolution des espèces et la découverte de l'inconscient ont infligé des blessures narcissiques à l'humanité. Aujourd'hui la menace qui plane sur l'avenir de l'espèce humaine, l'accès à l'intelligence artificielle, la robotisation et d'autres bouleversements saturent l'air du temps et viennent altérer collectivement et individuellement nos âmes. Une dépression collective, des mouvements de dépsychisation et de déni pourraient modifier nos fonctionnements psychiques et nous faire craindre la perte de nos référents analytiques. Avec quelques auteurs, avec en point de mire le travail du négatif et de culture, avec l'aide de la créativité artistique, trouverions-nous de nouveaux fils à tisser, des voies analytiques de survivance et de transmission à notre époque ?

Arlette Lecoq est psychiatre, psychanalyste, formatrice et secrétaire scientifique de la Société Belge de Psychanalyse, dont elle a été présidente. Elle fait partie du groupe Fimmpic. Elle a été maître de conférences à l'ULG. Auteure d'articles dans des revues internationales, ses réflexions portent notamment sur les traumatismes collectifs et le champ psychosomatique.
Publications
"Entre l'esprit du mal et la vie de l'esprit, d'Angkar à AngKor", in Psychanalyse et culture. L’œuvre de Nathalie Zaltzman, Colloque de Cerisy (2019), Ithaque, 2020.
"Deux petits enfants racontent…", Revue belge de psychanalyse, n°82, 2023.
"La solitude et l'incertitude de l'analyste", Revue française de psychanalyse, 2023/5, Vol 87.


Gérard BAZALGETTE : La panique
Une difficulté majeure, voire une impasse de notre appareil de Sens millénaire, tel que décrypté en partie par une psychanalyse qui ne parvient plus à partager l'avancée de ses recherches avec le collectif, devient de plus en plus manifeste. Et progressivement, dans la pensée et au-delà du structuralisme, ce sont les principes mêmes de la mise en sens avec le rôle central qu'y jouent la négativité et son travail qui vont être bousculés. Ce travail du négatif qui aboutissait aux concepts de manque et de castration symbolique pour la psychanalyse va être dénié et laissé pour compte. Cet abandon, il faudra essayer de dire pourquoi et comment, va de pair avec l'arrivée ou le retour en force de la machine et de l'homme machinique avec ses mécaniques, ses flux, ses contre-flux et ses stases. Il ne semble pas que la menace de chaos aussi bien individuel que collectif que nous vivons aujourd'hui soit conjurée par cet exil du négatif et par la volonté de puissance qui vient alors s'exhiber en son lieu et place (Wille zur Macht). Un sentiment de panique s'installe et le devoir de la psychanalyse est sans doute d'essayer de penser encore et toujours cette situation, y compris en pensant sa propre transformation.

Gérard Bazalgette est psychanalyste, membre et ancien président du Quatrième Groupe.
Publications
La tentation du biologique et la psychanalyse. Le cerveau et l'appareil à penser, Toulouse, Éditions Érés, 2006.
La folie et la psychanalyse, Paris, Éditions Campagne Première, 2017.
Articles
"La subversion hystérique", in G. Lévy (dir.), L'esprit d'insoumission. Réflexions autour de l'œuvre de Nathalie Zaltzman, Paris, Éditions Campagne Première, 2011.
"Une résistance de la psychanalyse", Actes 1 du Quatrième Groupe - La situation de la psychanalyse, Paris, Éditions In Press, 2012.
"Interpréter sans relâche", Actes 9 du Quatrième Groupe - Destins d'un idéal, Paris, Éditions In Press, 2020.
"Écriture poétique et écriture psychanalytique", Le Coq-héron, n°243, 2021.
"Le corps pulsionnel dans la création : simulacre et perversion", Revue canadienne de psychanalyse, vol. 29, n°2, automne 2021.

André BEETSCHEN : La culpabilité et le vivant, écouter le meurtre
L'intention freudienne "de mettre en avant le sentiment de culpabilité comme le problème le plus important du développement de la culture" ("Le Malaise dans la culture", OCF.P XVIII, p. 321) est-elle toujours d'actualité ? De l'identification à l'autre blessé et de l'inéluctable violence pulsionnelle ou narcissique, que peut dire encore la psychanalyse, et par qui peut-elle être entendue ? Le souci du vivant pour les générations futures, le souci de la vie psychique pour nos enfants, ne peuvent que rencontrer l'élaboration du sentiment de culpabilité.

André Beetschen est psychanalyste, membre titulaire de l'APF. Il travaille à Lyon. Ses principaux objets de recherche portent sur la conviction en psychanalyse, la pulsion et les résistances, le sentiment de culpabilité et le surmoi.
Publications
"Désarroi et intempérance", Folies paternelles, Paris, Puf, 2020.
"Une action antagoniste et conjointe", Le Présent de la Psychanalyse, 2022.
"Une revendication indomptable ?", Revue canadienne de Psychanalyse, 33, 2025.
"Les forces adverses", Actes 13 du Quatrième Groupe - Résistances, Paris, In Press, 2025.

Frédéric BURDOT : La Fabrique de Monstres
L'exigence contemporaine de performance identitaire, soutenue par le "technocratique", via les chirurgies plastiques excessives, les mirages d'infinie séduction et jouvence ou encore les parcours extrêmes de transidentité, promet outrageusement réparation et expansion infinie du narcissisme en faisant du corps leur lieu d'élection. La promotion pervertie de ces prothèses de contenance face aux terreurs informes et à la destructivité à l'œuvre, séduit et abuse aisément des sujets déjà fragilisés par une histoire de non-rencontre et transforme leur quête ontologique en surconsommation "monstrigène" du corps. La figure du monstre, au départ maillon symbolique culturel entre informe et représentation, s'empare du corps réel, révélant le paradoxe d'une idéologie qui encourage ces emprises pseudo réparatrices et en stigmatise les effets comme monstrueux. Au-delà du désir du sujet, s'agit-il pour la psychanalyse de s'altérer en validation, ou, au contraire, d'accueillir la détresse et de soutenir un travail de culture contre la destructivité de ce Mal actuel qui promet au corps des exaltations narcissiques impossibles ?

Frédéric Burdot est psychologue et praticien de la Société Belge de Psychanalyse. Il est cofondateur du Centre d'Accompagnement de la Transidentité du CHU de Liège.
Publications
Burdot, F. (2018), "Le mauvais genre a-t-il bon genre ?", Revue Belge de Psychanalyse, 72.
Burdot, F. & Malchair, A. (2015), "L'aménagement transsexuel comme solution à l'adolescence", Enfances & Adolescences, 28(2), 95–102.

Laura DETHIVILLE : Le psychisme au miroir déformant du numérique
Si "je est un autre", comme disait Rimbaud, que se passe-t-il quand cet "autre" devient de plus en plus virtuel (ce qui ne veut pas dire imaginaire), en particulier à l'adolescence où se jouent tous les remaniements identificatoires ? Nous sommes dans une rupture anthropologique où le processus de clivage devient plus opérant que celui du refoulement. Au-delà de la question d'une approche différente du cadre psychanalytique bousculé par les nouvelles techniques (Skype), la question est plutôt : que peut la psychanalyse quand l'espace transitionnel cher à Winnicott est aussi effracté ?

Laura Dethiville est psychanalyste, membre associé et fondateur de la SPF (Société de psychanalyse freudienne), présidente de l'IWA (International Winnicott Association) France. Elle a par ailleurs écrit de nombreux articles en France et à l'étranger.
Publications
Donald W. Winnicott, une nouvelle approche, Paris, Campagne Première, 2008 (traduit en anglais, italien, portugais et chinois).
La clinique de Winnicott, Paris, Campagne Première, 2013 (traduit en anglais, italien, portugais et chinois).
(dir.) Winnicott, notre contemporain, Paris, Campagne Première, 2015.
(dir.) Winnicott, un psychanalyste dans notre temps, Lettres de la SPF, 21, 2009.

Claire DE VRIENDT-GOLDMAN : L'outil psychanalytique, une œuvre d'art à sculpter au fil du temps
L'annonce du déracinement d'un ensemble sculptural pour le motif que l'œuvre incarne "la toute-puissance patriarcale", et de son remplacement par une sculpture réalisée "dans une perspective féministe" a suscité en moi un mouvement de protestation. La liquidation de l'œuvre d'art s'apparenterait à l'une des définitions de la cancel-culture : la destruction pure et simple de ce qui appartient à l'Autre de soi-même dénié, dans une logique binaire de vie et de mort. Dans l'indolence actuelle à penser et à (se) confronter, la psychanalyse pourrait-elle subir le même sort, à savoir être détruite et remplacée par une pensée qui, dans un excès "féministe", pourrait d'une part négliger voire abandonner la force vitale de l'altérité, d'autre part éliminer l'Autre, tiers incontournable des origines ?

Claire De Vriendt-Goldman est pédopsychiatre, membre-titulaire et présidente de la Commission d'enseignement de la Société belge de Psychanalyse.
Publications
"Prologue au roman familial dans les suivis de PMA", Revue belge de Psychanalyse, n°75, 2019/2.
"Sans père, Ou la monoparentalité maternelle ab initio", Cahiers de psychologie clinique, n°60, Bruxelles, De Boeck Supérieur, 2023/1.

Brigitte DOLLÉ-MONGLOND : Défendre "l'appareil de l'âme", et la mise en questions
Si un état des lieux reflète certains pans de déréliction de l'humain, n'y a-t-il pas précisément nécessité de penser autrement cette traversée d'un chaos civilisationnel avec la perte de confiance qui l'accompagne ? En écho à l'avancée freudienne prise dans la déflagration de 1915 — "la désillusion causée par la guerre" — qui va pourtant générer après la période d'abattement cet immense élan créateur portant le renversement théorique de la seconde topique. Que peut l'analyste si ce n'est maintenir la pensée pensante, et faire de la psychanalyse en ce qu'elle incarne : une pratique clinique dans un travail psychique, à la fois de deuil et de sublimation, qui tend vers une réorganisation pulsionnelle des forces obscures résidant en nous, et un outil apportant sa contribution au travail de pensée corrélé aux problématiques sociétales qui sont les nôtres. Prolonger la théorisation du traumatisme trouverait ici une valeur heuristique en ce qu'il renvoie à ces deux niveaux intriqués dans l'acte analytique. Aujourd'hui, dans les impasses d'un narcissisme débridé, les voies de la transmission de/pour la psychanalyse ne peuvent passer que par la force du collectif, au-delà de nos divisions internes et en articulation avec d'autres disciplines de l'esprit, afin de maintenir ouverts des modes de pensée et d'interprétation connexes, notamment l'art, l'histoire.

Brigitte Dollé-Monglond est psychanalyste, membre du Quatrième groupe, psychologue clinicienne, docteure en Lettres Modernes, membre titulaire de la SFTF. Elle est l'auteure de nombreuses publications : articles, contributions dans des recueils collectifs, et ouvrages. Les thématiques centrales de ces travaux sont : Étude des affects dans une approche psychanalytique ; Travail de culture, éthique, et questions contemporaines.
Publications
La thérapie familiale à l'heure de la singularité des couples et familles, Paris, ESF, 2021.
"Un seul choix possible", Résistances, Actes 13 du Quatrième groupe, Toulouse, In Press, 2025.
"Entrecroisements des affects". in M. Lauret (dir.), L'inceste fraternel, Toulouse, Érès 2024.
(dir.) Penser l'espoir, regards psychanalytiques, Presses universitaires du Midi, à paraître en 2026.

Martin GAUTHIER : La corruption masculine autocratique
Les rapports entre les dérives autocratiques et la domination masculine seront explorés à partir des impensés et des biais que Freud a introduits, notamment dans son mythe des origines et sa perspective du féminin. Le surmoi de la communauté civilisée (Kultur-Überich) ne pourra déployer sa protection que si la bisexualité est pleinement prise en compte, ce qui implique un difficile travail pour reconnaître et rendre tolérable la dépendance. Les troubles du narcissisme corrompent par crainte du mouvement relationnel qui altère inévitablement. Seule une psychanalyse altérable-altérée demeure une technique culturelle vivante. La formation doit en témoigner.

Martin Gauthier, pédopsychiatre et psychanalyste formateur, membre de la Société psychanalytique de Montréal (Société canadienne de psychanalyse), a travaillé à l'Hôpital de Montréal pour enfants et enseigné au Département de psychiatrie de l'université McGill pendant 35 ans. Avec ces derniers travaux, le traitement de l'ambivalence dans les rapports avec son corps propre, avec les autres et avec l'environnement a été au cœur d'une piste de recherche questionnant le narcissisme, ses troubles et ses liens avec le cadre analytique.
Publications
"Un temps déraisonnable", Revue canadienne de psychanalyse, 31, 2, 179-193, 2023.
"Of Skin and of Self-mutilation in Adolescence", in R. Cassorla & S. Flechner (eds), The Astonishing Adolescent Upheaval in Psychoanalysis, London, Routledge, 38-53, 2024.
"Se faire son cinéma. Nos voyages en train et leurs accidents", Filigrane, sous presse, 2025.

Pierre JOLY : La psychanalyse dés/idéalisée ?
Notre culture actuelle ne s'apparente-t-elle pas, sous plusieurs aspects, au Meilleur des mondes, un monde où un bonheur artificiel, dont est exclue l'intimité véritable, a remplacé la condition humaine tragique et incertaine ? L'espace analytique se trouve-t-il ainsi dévalorisé, telle la "réserve" dans le roman de Huxley, lieu des douleurs de l'enfantement, de la filiation, des passions, de la vieillesse et de la mort ? Ou, au contraire, a-t-on tendance à parler de l'analyse comme du lieu de l'inaliénable, du plus précieux ? Mais alors, que faire de l'aporie du discours idéalisant ?

Pierre Joly, Ph. D, est psychanalyste, membre et actuel secrétaire scientifique de la Société psychanalytique de Montréal. Il s'intéresse aux phénomènes de groupe abordés dans une perspective psychanalytique, tant en ce qui concerne la psychothérapie que l'analyse institutionnelle.
Publications
"Du phénomène du coucou dans les groupes de psychothérapie", Filigrane, 31 (1), 2023.
"De l'idée à l'idéologie, des "meilleures pratiques" au Meilleur des mondes", Filigrane, 31 (1), 163-172, 2023.
"Le retour de l'idéal", Filigrane, à paraître, 2026.

Anouche KUNTH : Saisir la trace, mettre en lumière, faire consister les vies : Une approche historienne de la survivance des Arméniens (rescapés du génocide de 1915, exilés en France)
Comment reprendre place dans un monde où rien de ce qui était n'est plus ? Où même l'ordinaire n'est plus ? En adressant ces questions aux survivants du génocide des Arméniens, mon travail cherche à décrire ce que devient la vie au lendemain d'un crime sans nom : la vie à l'épreuve de la déchirure. Cette intention est indissociable d'une réflexion sur ce qui, dans l'archive, fait signe, résiste à l'effacement, à l'oubli, à la nuit du mensonge. Il s'agit alors de rendre apparent le geste historien permettant à la trace de faire sens, inscription.

Anouche Kunth est historienne au CNRS (IRIS-EHESS), médaille de bronze CNRS 2020. Elle co-dirige la revue Sensibilités. Histoire, critique et sciences sociales.
Publications
Exils arméniens. Du Caucase à Paris (1920-1945), Belin, 2016.
Au bord de l'effacement. Sur les pas d'exilés arméniens dans l'entre-deux-guerres, La Découverte, 2023 (Prix Augustin Thierry des Rendez-vous de l'Histoire de Blois, 2023).

Isabelle LASVERGNAS : Virtuel de masse et psychanalyse
À quelles relectures des analyses freudiennes du malaise dans la culture et de la psychologie des foules, convoquent la montée en puissance dans le monde occidental d'une pulsion totalitaire et la sensation d'effondrement de la Kulturarbeit qui l'accompagne, notamment dans l'atteinte de la langue dans les discours de la "post-vérité" ? — auxquelles s'ajoutent deux transformations majeures dans les modalités du fonctionnement du socius : la puissance identificatoire et l'attraction politique des masses sociales physiquement intangibles produites par les réseaux sociaux ; et l'émergence d'une culture du virtuel dans les échanges interindividuels des technologies à distance et leur modification du rapport au réel. Jusqu'à quel point ce fonctionnement d'un virtuel de masse a-t-il déjà altéré la pratique analytique dans ses dispositifs et sa méthode ? Quels effets potentiels sur la théorie de la cure ?

Isabelle Lasvergnas est psychanalyste, membre de la Société psychanalytique de Montréal. Auteure de nombreuses articles et chapitres de livres, elle a publié 8 ouvrages collectifs en France et au Québec, dont en 2024, Les antichambres du langage, Monographie, Filigrane. À paraître sous sa direction en 2026 aux Presses de l'université de Montréal : La création psychique entre vie et mort (Dans le sillage de Michel de M'Uzan). Ses principales thématiques de recherche et de publication portent sur la méthode psychanalytique et l'écoute de l'analyste, ainsi que sur les rapports entre processus sociaux et processus inconscients.

Ghyslain LÉVY : Un trouble dans l'identification
Tout travail de déshumanisation de l'autre est la conséquence directe d'un trouble de l'identification. C'est à partir de cette constatation que je me propose d'explorer la menace explosive que peut représenter le familier, le trop proche et avec lui l'angoisse du double, au fondement des formes contemporaines de l'antisémitisme, du racisme et de la volonté de meurtre de masse. En d'autres termes, c'est toute la question du politique et ce qu'elle fait aujourd'hui à la psychanalyse et dans la psychanalyse, qui se trouve ici posée.

Ghyslain Lévy est psychiatre et psychanalyste à Paris, membre et actuellement secrétaire analytique du Quatrième Groupe. Il a dirigé de longues années le Séminaire "Penser avec le mal", initialement avec Nathalie Zaltzman.
Publications
Survivre à l'indifférence, Éditions Campagne Première, 2019.
La vie partielle, Éditions Campagne Première, 2021.
Malaise dans la fraternité, Éditions Campagne Première, 2024.
L'allégresse, Éditions du Palio, 2025.
L'idiot intime, Éditions Ithaque, à paraître en 2026.

Irène NIGOLIAN : Pourquoi la psychanalyse en temps de guerre ?
La psychanalyse pratiquée dans les années 80-90 en Suisse respirait le calme et la neutralité, à l'image du pays. Rien ne pouvait perturber le déploiement naturel du processus interne, garanti et assuré par l'analyste. Les initiés admis à la formation avaient l'impression d'avoir trouvé le graal, et l'avenir semblait tout tracé. Un regard critique s'impose aujourd'hui sur cette période de certitude, et le rôle de la psychanalyse dans l'écoute du nouveau désordre mondial doit être reconsidérée. Est-elle encore crédible lorsque la logique guerrière devient prévalente dans nos sociétés ? Lorsque la confusion, voire la perversion règnent en maître dans le discours politique et social ? À l'inverse, l'expérience collective d'instabilité et d'insécurité ne vient-elle pas soutenir une démarche psychanalytique engagée, "pour le meilleur et pour le pire" ? Une expérience individuelle et groupale d'intervention psychanalytique dans un contexte de guerre et de pandémie en 2020, va servir de toile de fond pour aborder cette réflexion, et pour redécouvrir la complexité et le profond humanisme de notre discipline.

Irène Nigolian est psychiatre d'enfants-adolescents et d'adultes, psychanalyste, membre formatrice de la SSPsa, anciennement membre d'IPSO Pierre Marty. Intérêts spécifiques : adolescence, psychosomatique, génocide arménien, transmission de la psychanalyse dans les pays de l'est.
Publications
"Construction et intuition", La psychosomatique dans tous ses états, autour des travaux de Jacques Press, collection "Perspectives psychosomatiques", 2020.
"Naissance et développement de la psychanalyse en Arménie, en quête d'un père absent ?", Psychologie clinique, n°60, 2025/2.
"La chimère arméno-turque", Le Coq-Héron, n°263, 2026.

Ellen SPARER : L'Institution psychanalytique : peut-elle être psychanalytique ?
La création de l'Association psychanalytique internationale coïncidait avec les préoccupations de Freud concernant la pérennité de sa découverte. La psychanalyse est alors placée au cœur de l'institution. Il est commun d'observer que la filiation à Freud en France s'opère par le truchement de son œuvre. Mais cela pose-t-il un paradoxe entre l'œuvre et l'institution ? À la lumière de mes investissements institutionnels, je propose une réflexion sur la place de la psychanalyse dans l'actualité.

Ellen Sparer est psychanalyste, membre titulaire formatrice de la SPP. Elle est représentante européenne au conseil d'administration de l'Association psychanalytique internationale ; et éditrice associée de l'International Journal of Psychoanalysis. Elle a dirigé l'Institut psychanalytique de Paris et coordonné le Centre de consultation et de traitement Jean Favreau. Ses thématiques de recherche sont : la transmission de la psychanalyse, le contre-transfert, le moi et le moi inconscient.
Publications
"Un transfert de base négativant, dès le début", Le contre-transfert d'hier à aujourd'hui, Débats en psychanalyse, PUF, 2024.
"Ce que tu as hérité de tes pères, acquiers-le afin de le posséder", à paraître dans l'IJP, avril 2026.

Evelyne TYSEBAERT : L'inconscient et l'à-venir
En tant que psychanalyste, traiter de la "dimension mortelle de l'humanité" et autres "malaises", dans le contexte actuel, est délicat mais vital. Ces questions, nous les entendons, nous les vivons, nous les débattons en citoyens encore libres jusqu'à présent. Au-delà de la matière brute des bruits et fureurs du monde, ce qui nous est livré dans notre travail, ce sont les échos et résonnances du collectif dans l'individuel, dans les déclinaisons de leurs expressions, entre pulsations et convulsions. Je voudrais sonder le thème de l'inconscient transmetteur, celui des différentes figures qui l'esquissent et le signalent à notre écoute. J'aimerais aussi déchiffrer quelques paramètres propres à témoigner de la sauvegarde de la réalité humaine à travers la transmission inconsciente, dans une réalité interne/externe de destruction.

Evelyne Tysebaert est psychanalyste à Liège, anciennement membre du Quatrième Groupe. Invitée permanente à l'APF, elle est membre invitée à la Société Belge de Psychanalyse.
Publications
"Le mal, ses représentations entre corps individuel et corps du monde", J.-F. Chiantaretto & G. Gaillard (dir.), Psychanalyse et culture. L’œuvre de Nathalie Zaltzman, Colloque de Cerisy (2019), Ithaque, 2020.
"Le Je, ontologie de la vie d’âme", J.-F. Chiantaretto, A. Cohen de Lara, F. Houssier & C. Matha (dir.), Aux origines du Je. L'œuvre de Piera Aulagnier, Colloque de Cerisy (2021), Ithaque, 2022.


BIBLIOGRAPHIE :

• Janine Altounian, La survivance (Dunod).
• Günter Anders, L'obsolescence de l'homme (Éd. de l'encyclopédie des nuisances/Ivrea).
• Günter Anders, L'humain étranger au monde (Fario).
• Hannah Arendt, La crise de la culture (Gallimard).
• Hannah Arendt, La vie de l'esprit (PUF).
• Piera Aulagnier, Un interprète en quête de sens (Ramsay).
• Jean Baudrillard, La société de consommation (Gallimard).
• Cornelius Castoriadis, La montée de l'insignifiance (Seuil).
• Jean-François Chiantaretto, Se parler, parler. À l'écoute de l'infans dans l'adulte (Campagne Première).
• Jean-François Chiantaretto, Georges Gaillard (dir.), Psychanalyse et culture. L'œuvre de Nathalie Zaltzman, Colloque de Cerisy, 2019, (Ithaque).
• Houria Abdelouahed, Jean-François Chiantaretto, Jean-Michel Hirt (dir.), L'écriture du malaise, Colloque de Cerisy, 2023 (Ithaque).
• Gilbert Diatkine, Le surmoi culturel (Fario).
• Jean-Luc Donnet, La situation analysante (PUF).
• Jean-Pierre Dupuy, Pour un catastrophisme éclairé (Seuil).
• Bernard Edelman, L'homme des foules (Payot).
• Bernard Edelman, Sade, le désir et le droit (L'Herne).
• Norbert Élias, La société des individus (Fayard).
• Eugène Enriquez, De la horde à l'état (Gallimard).
• Micheline Enriquez, Au carrefour de la haine (Épi).
• Pierre Fédida, Le site de l'étranger (PUF) .
• Pierre Fédida, Humain/Déshumain (PUF).
• Sandor Ferenczi, Psychanalyse 4 (Payot).
• Sigmund Freud, "Totem et tabou ", "L'inquiétante étrangeté", "Psychologie des masses et analyse du moi", "Malaise dans la culture", "L'homme Moïse et le monothéisme", "Pourquoi la guerre ?" (OCF.P, PUF).
• Marcel Gauchet, Le désenchantement du monde (Gallimard).
• Vladimir Granoff, Le désir d'analyse (Flammarion).
• André Green, Narcissisme de vie, narcissisme de mort (Minuit).
• André Green, Illusions et désillusions du travail psychanalytique (Odile Jacob).
• André Green, Pourquoi les pulsions de destruction ou de mort ? (Ithaque).
• Patrick Guyomard, Lacan et le contre-transfert (PUF).
• René Kaës, Le Malêtre (Dunod).
• Laurence Kahn, L'avenir d'un silence (PUF).
• Laurence Kahn, Ce que le nazisme a fait à la psychanalyse (PUF).
• Imre Kertész, L'holocauste comme culture (Actes Sud).
• Victor Klemperer, LTI La langue du IIIème Reich (Albin Michel).
• Étienne de la Boétie, Discours de la servitude volontaire (Payot).
• Jacques Lacan, Le Séminaire XII, L'éthique de la psychanalyse (Seuil).
• Ghyslain Lévy, Au-delà du malaise. Psychanalyse et barbaries (Érès).
• Nicole Loraux, La société divisée (Payot).
• Hervé Mazurel, L'inconscient ou l'oubli de l'histoire (La Découverte).
• Marie Moscovici, Il est arrivé quelque chose (Payot).
• Marie Moscovici, Le meurtre et la langue (Métaillé).
• Friedrich Nietzsche, Par-delà bien et mal (Gallimard).
• Myriam Revault d'Allonnes, Ce que l'homme fait à l'homme (Seuil).
• Jean-Claude Rolland, Le verbe devant l'inconscient. Nouvelles données métapsychologiques (Ithaque).
• Bernard Stiegler, De la misère symbolique (Flammarion).
• Jean-Paul Valabrega, La formation du psychanalyste (Payot).
• Donald Woods Winnicott, Jeu et réalité (Gallimard).
• Nathalie Zaltzman, La guérison psychanalytique (PUF).
• Nathalie Zaltzman, L'esprit du mal (Éd. de L'Olivier).


BULLETIN D'INSCRIPTION


Nous vous remercions très sincèrement de l'intérêt que vous portez à ce colloque.

Malheureusement celui-ci affiche déjà complet, nous sommes donc au regret de ne pouvoir accepter de nouvelles demandes d'inscription.

Nous en sommes sincèrement désolés et nous vous remercions pour votre compréhension.

Le Secrétariat de Cerisy

Programme 2026 : un des colloques

Programme complet


L'ART DES PROBLÈMES

PENSER AVEC ISABELLE STENGERS


DU MERCREDI 12 AOÛT (19 H) AU MARDI 18 AOÛT (14 H) 2026

[ colloque de 6 jours ]



DIRECTION :

Didier DEBAISE, Vinciane DESPRET

En présence d'Isabelle STENGERS


SECRÉTAIRE TECHNIQUE :

Joffrey GRENIER


ARGUMENT :

L'œuvre d'Isabelle Stengers se présente comme une vaste et intense exploration sur les pratiques des Modernes, sur les puissances qui les animent, les événements dont ils sont les héritiers et les aventures, souvent dévastatrices, dans lesquelles ils sont engagés. De la physique à la biologie, en passant par la chimie, la psychanalyse et les sciences humaines, elle a interrogé la diversité des manières de faire science, des types d'obligation auxquelles les scientifiques sont tenus et des relations qu'ils entretiennent avec le public qui en est concerné. Établir des diagnostics sur nos situations, nos modes de pensée, et créer, avec d'autres, des manières différentes de les envisager, définit un véritable art des problèmes qui forme la matrice de ses œuvres. Fondamentalement collective, la pensée d'Isabelle Stengers s'est déployée à travers de nombreuses collaborations et la création de lieux d'expérimentation intellectuelle. La semaine proposée à Cerisy entend explorer, avec elle, les formes multiples de ses engagements, leurs reprises contemporaines et leurs relances. Il s'agira moins d'un hommage que d'une expérience collective : performer ensemble cet art des problèmes, comme une manière de composer des modes de pensée et d'action vers d'autres possibles.


MOTS-CLÉS :

Constructivisme, Haraway (Donna), Latour (Bruno), Pensée spéculative, Philosophie des sciences, Philosophie spéculative, Pragmatisme, Sciences mineures, Stengers (Isabelle)


CALENDRIER PROVISOIRE (08/04/2026) :

Mercredi 12 août
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, du colloque et des participants, ainsi que du Foyer de création et d'échanges


Jeudi 13 août
Matin
Bernadette BENSAUDE-VINCENT : Scientifiques engagées : une autre science est-elle possible ?
Benoît TIMMERMANS : Aux Risques du Calculemus

Après-midi
Interventions sur les sciences nomades
Modérateur : Simon VANDERSTRAETEN
Olivia ANGÉ : Inventaires de semences comme art de cultiver l'attention. Portraits de pommes de terre pour la réactivation d'un répertoire quechua
Pablo JENSEN : Quelle physique face à l'irruption de Gaïa ?
Kim HENDRICKX : Être(s) curieux en biologie


Vendredi 14 août
Matin
Didier DEBAISE : Penser dans l'exigence du "pharmakon". Contingence et milieu chez Isabelle
Vinciane DESPRET : Des oiseaux et Isabelle à la voix moyenne
Marcos MATEOS : Du balai

Après-midi
Interventions sur le "soin des abstractions"
Modérateur : Ruben RUEDA LASTRES
Nicolas PRIGNOT : 29 Octobre 1985 : "Whitehead, Isabelle Stengers"
Aline WIAME : Œuvrer aux refuges contre la bêtise

Martin SAVRANSKY : Exit Questions (Or, the Method of Dramatisation)

Soirée
Anna TSING : Dialogue avec Isabelle Stengers [en présentiel ou visioconférence]


Samedi 15 août
Matin
Émilie HACHE : L'aventure des idées
Katrin SOLHDJU : Ressusciter les "martyrs de la preuve" ? Pour une écologie des pratiques thérapeutiques

Après-midi
Interventions pour une éthologie des Modernes
Modératrice : Camilla ZANI
David JAMAR : Soigner la bêtise (blanche)
Alice MORTIAUX : Les abstractions qui nous possèdent. Penser une éthnopsychiatrie des Modernes avec Isabelle Stengers

Soirée
Donna HARAWAY : Dialogue avec Isabelle Stengers [visioconférence]


Dimanche 16 août
Matin
Tarot Souriau. Présentation collective d'un outil philosophique, non divinatoire, qui se veut vecteur de transformation, avec Fleur COURTOIS L'HEUREUX, Valérie GLANSDORFF, Silvia MESTURINI et Isabelle STENGERS

Après-midi
DÉTENTE


Lundi 17 août
Matin
Philippe PIGNARRE : Et le capitalisme ?
Serge GUTWIRTH : De l'écologie des pratiques au communs : faire du droit (et bien plus) avec Isabelle Stengers

Après-midi
Interventions sur comment enquêter avec Isabelle Stengers
Modératrice : Noëlie PLÉ
Claude de JONCKHEERE : Les modèles de terrain pour prendre au sérieux les pratiques situées
Benedikte ZITOUNI : Fabriquer des histoires techniques

Soirée
Maria PUIG DE LA BELLACASA : Dialogue avec Isabelle Stengers [visioconférence]


Mardi 18 août
Matin
Projection du film : Les Possédés et leurs mondes, introduit par Joffrey GRENIER

Conclusions et discussions générales

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Didier DEBAISE
Didier Debaise est chercheur au Fonds National de la Recherche Scientifique (FNRS), et professeur de philosophie contemporaine à l'université Libre de Bruxelles. Ses recherches portent principalement sur les formes actuelles de la philosophie spéculative, sur les théories de l'événement et sur les relations entre le pragmatisme et la philosophie française. Il a consacré plusieurs travaux à la pensée de Whitehead, parmi lesquels Un empirisme spéculatif et L'appât des possibles. Il a édité plusieurs ouvrages notamment sur le pragmatisme (Vie et expérimentation et, avec I. Stengers, Au risque des effets), sur la métaphysique contemporaine (Philosophie des possessions et Métaphysiques perspectivistes) et sur les activations de la pensée spéculative (avec I. Stengers, Gestes spéculatifs, Colloque de Cerisy, 2013). Il est auteur d'articles sur les philosophies de Bergson, Tarde, James, Simondon, Deleuze et Whitehead. Il travaille en ce moment sur un livre intitulé Pragmatiques de la terre.

Vinciane DESPRET
Philosophe, Vinciane Despret a enseigné à l'université de Liège ainsi qu'à l'université Libre de Bruxelles. Passionnée par l'éthologie, elle a publié de nombreux ouvrages interrogeant les pratiques de savoir autour des vivants, dont, notamment La danse du cratérope écaillé ; Quand le loup habitera avec l'agneau ; Que diraient les animaux si on leur posait les bonnes questions ? et Habiter en oiseau. Elle a par ailleurs mené des enquêtes auprès des humains notamment avec Ces émotions qui nous fabriquent et, avec Isabelle Stengers, pour Les faiseuses d'histoires. Que font les femmes à la pensée ?, ainsi qu'avec les endeuillés pour Au bonheur des morts. Récits de ceux qui restent, et Les morts à l'œuvre. Elle s'est orientée vers la fiction avec Autobiographie d'un poulpe et autres récits d'anticipation et a collaboré avec le dessinateur belge Pierre Kroll dans la réalisation d'une bande dessinée, parue en 2024 : Dieu, Darwin, tout et n'importe quoi.


Olivia ANGÉ : Inventaires de semences comme art de cultiver l'attention. Portraits de pommes de terre pour la réactivation d'un répertoire quechua
Les catalogues de semences régis par les critères de Distinction, Homogénéité et Stabilité constituent un outil fondamental pour l'expansion de la productivité agro-industrielle. En réponse à ce mode de documentation restrictif, le projet "Flourishing Seeds" expérimente des techniques d'inventaire de semences selon l'épistémologie de leurs cultivateurs dans des zones de grande diversité aux prises avec les dévastations de l'extraction capitaliste. La racine étymologique puisant dans le latin in-venire insiste sur la dimension créative de cette technique qui amène à la connaissance ou, en effet, invente par la dénomination et la mise en rapport. Articulé à partir d'un répertoire quechua, le premier inventaire présente 103 portraits de parents tubéreux, faisant exister les "variétés" sur un mode spécifique aux collectifs agricoles dans lesquels elles sont protégées (Parque de la Papa, Cusco, Pérou). Cette contribution interroge la manière dont cette méthode de collaboration ethnographique peut activer un "art de cultiver l'attention" (Stengers, 2009) aux capacités de dénomination impliquées dans la composition de collectifs agricoles hétérogènes.

Olivia Angé est professeur d'anthropologie à l'université libre de Bruxelles et porteuse du projet "Flourishing Seeds". Son travail explore la composition des collectifs agricoles, la création de valeur et les parentés interespèces dans les Andes. Depuis 2014, elle mène des recherches sur l'importance des pommes de terre et les pratiques de conservation de l'agrobiodiversité au Pérou. Elle a aussi étudié les foires de troc en Argentine. En 2026, elle a coédité l'ouvrage Tuberous Worlds (avec David Nally, Yale University Press) et la série "Plant Responsabilities" (avec Susannah Chapman, Cultural Anthropology).

Pablo JENSEN : Quelle physique face à l'irruption de Gaïa ?
Le laboratoire, qui permet de transformer des fictions en "faits scientifiques", est le dispositif central de l'invention des sciences modernes, et notamment de la physique depuis l'"événement Galiléen". Mais qui dit laboratoire dit machines épistémiques, enchevêtrement avec la technologie, et contribution essentielle à la "grande accélération", qui a mené à l'irruption de Gaïa. Cette histoire conduit aujourd'hui les physiciens a privilégier le techno-solutionnisme, à l'image du projet "Manhattan de la transition écologique" (Le Monde, 25/09/2023). En partant d'une description de la physique actuelle, j'explorerai quelques pistes de ce que pourrait être une physique non accélératrice, en m'appuyant sur des dispositifs pratiques qui nous aident à prendre conscience du monde dont dépend (et que favorise) un champ de recherches.

Pablo Jensen est chercheur au CNRS, physicien à l'École Normale Supérieure. Il a publié une centaine d'articles dans des revues internationales en physique, économie et sociologie. Il est également l'auteur de quatre livres, dont Pourquoi la société ne se laisse pas mettre en équations (Seuil, 2018) et Deep Earnings : le néolibéralisme au cœur des réseaux de neurones (C&F éditions, 2021). Préoccupé par la catastrophe écologique en cours, il est aujourd'hui engagé dans plusieurs collectifs qui tentent de réorienter la recherche scientifique (mouvement-ser.org).

Claude de JONCKHEERE : Les modèles de terrain pour prendre au sérieux les pratiques situées
Dans Cosmopolitiques, Isabelle Stengers, propose de s'intéresser aux "modèles de terrain" comme alternative à la visée d'universalité des sciences théoriques expérimentales. Le modèle de terrain permet de décrire l'action à partir de situations concrètes et non de capturer ces situations à partir de théories préexistantes. Dès lors, il requiert d'entrer dans une véritable écologie des pratiques. D'une part, le modèle de terrain me permettra de comprendre comment des professionnels d'une institution accueillant des personnes "sans-abris" construisent des réponses concrètes aux questions pratiques posées par les situations dans lesquelles les personnes accueillies se trouvent prises. D'autre part, il me permettra de saisir ce qu'est l'acte de création et sa composante politique chez Ornette Coleman, musicien, "inventeur" de ce qu'il a appelé le "free jazz".

Claude de Jonckheere est professeur honoraire à la Haute école de travail social de Genève. En référence à la philosophie pragmatique ainsi qu'à Foucault et Deleuze, il travaille sur les pratiques situées en travail social, en thérapie et en pédagogie ainsi que sur l'expérience esthétique. Il a publié notamment 83 mots pour penser l'intervention en travail social.

Benoît TIMMERMANS : Aux Risques du Calculemus
Tenir la comptabilité des dommages que nous infligeons au monde nous rend-il plus responsables ? Une telle comptabilité est-elle faisable, et souhaitable ? À quels risques nous expose-t-elle ? C'est ici le recours à l'analyse de cycle de vie, pour éventuellement ajuster à la hausse ou à la baisse les taxes à la consommation, qui sera examiné, en gardant à l'esprit la fin du tome 7 des Cosmopolitiques.

Benoît Timmermans est philosophe des sciences. Maître de recherche au FNRS, il enseigne à l'Université Libre de Bruxelles notamment l'épistémologie des pratiques environnementales.

Aline WIAME : Œuvrer aux refuges contre la bêtise
Isabelle Stengers, qui vient de la chimie, aime à rappeler que la philosophie a constitué pour elle une "terre d'asile" à même d'accueillir des chercheuses et chercheurs souhaitant poser des questions que leurs champs disciplinaires d'origine ne pouvaient accueillir. Mais dès les années 2000, avec le développement de "l'économie de la connaissance", la capacité de la philosophie à demeurer un refuge est sérieusement remise en cause, sinon en voie de disparition — à l'université tout du moins. Je voudrais défendre l'idée que lutter pour que la philosophie puisse demeurer un refuge, à l'université comme ailleurs, est un geste écologique, qui résiste à la temporalité accélérée de l'Anthropocène et de ses dévastations massives. J'aurai besoin, pour donner consistance à ce geste, de l'un des intercesseurs-clés d'Isabelle : Gilles Deleuze, son rapport à la pensée, à la gauche et à la création, ainsi que sa critique de la bêtise.

Docteure en philosophie de l'université libre de Bruxelles, Aline Wiame est maîtresse de conférences en arts et philosophie à l'université Toulouse - Jean Jaurès et membre de l'Institut Universitaire de France. Ses recherches visent à élaborer une esthétique de résistance à la sidération face aux catastrophes écologiques en cours et à venir. Elle est l'autrice de deux monographies publiées aux presses du réel : Scènes de la défiguration (2016) et Revenir d'entre les morts. Deleuze et la croyance en ce monde au cinéma et dans les séries (2024).


SOUTIENS :

• Université libre de Bruxelles (ULB)
• Canadian Institute for Advanced Research (CIFAR)


BULLETIN D'INSCRIPTION


Nous vous remercions très sincèrement de l'intérêt que vous portez à ce colloque.

Malheureusement celui-ci affiche déjà complet, nous sommes donc au regret de ne pouvoir accepter de nouvelles demandes d'inscription.

Nous en sommes sincèrement désolés et nous vous remercions pour votre compréhension.

Le Secrétariat de Cerisy

Programme 2026 : un des colloques

Programme complet


LOIN DE MÉLIÈS ? TRAJECTOIRES (IM)MATÉRIELLES,

DU CINÉMA PREMIER AUX MÉDIAS NUMÉRIQUES


DU LUNDI 3 AOÛT (19 H) AU DIMANCHE 9 AOÛT (14 H) 2026

[ colloque de 6 jours ]


Le Voyage dans la Lune, réal. Georges Méliès, 1902
Numérisation d'un photogramme d'une copie 35mm
provenant de la collection de feu David Bradley


SECRÉTAIRE TECHNIQUE :

Ekaterina ARTEMEVA


ARGUMENT :

À plus de cent ans de distance, Georges Méliès et son œuvre semblent n'avoir jamais été aussi proches de nous. Désormais, ses films circulent massivement sous la forme de fichiers, ils sont visibles sur nos dispositifs numériques, capables à leur tour de les remettre en circulation et d'en générer de nouvelles versions. Méliès est même déjà passé dans la moulinette de l'intelligence artificielle, productrice d'images inédites au statut ambigu.

Or, dans leur premier état, les films issus de la manufacture de Méliès ont suivi des trajectoires matérielles et immatérielles bien différentes, circulant de la main à la main, transitant d'un espace à un autre, d'où ils ne sortaient pas inchangés : laboratoires, ateliers de coloristes, succursales étrangères, exploitations fixes ou itinérantes, etc. S'ils se disséminèrent sur le territoire français grâce aux tourneurs forains, ils furent aussi distribués à l'étranger via Baltasar Abadal à Barcelone, Théophile Pathé à Berlin, Charles Urban à Londres et, bien sûr, Gaston Méliès à New York !

S'attacher à reconstituer les trajectoires de ces films et à retrouver les agents de leur circulation, voilà qui peut aider à recouvrer un versant largement enfoui du cinéma méliésien, celui des circuits de distribution, des contextes d'exploitation et de leurs réseaux respectifs de collaborateurs et de collaboratrices.

Initié par la Cinémathèque Méliès et soutenu par la Fondation Maison des Sciences de l'Homme (programme "Arts – Mondes en action, mondes en réflexion"), ce colloque — le quatrième consacré au magicien organisé à Cerisy — suggère, de manière un peu provocatrice, de se placer loin de Méliès, soit là où les films se transportent, se transmettent et se transforment.


MOTS-CLÉS :

Agents, intermédiaires et réseaux de distribution ; Cinéma ambulant et exploitation itinérante ; Cinématographie-attraction ; Circulation des films de Georges Méliès ; Éducation à l'image et médiation ; Postérité et héritage méliésiens ; Projection et dispositifs de diffusion ; Réception et expériences spectatorielles ; Transmission et transformations des œuvres ; Valorisation, programmation et exposition de films


CALENDRIER PROVISOIRE (24/05/2026) :

Lundi 3 août
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, du colloque et des participants, ainsi que du Foyer de création et d'échanges


Mardi 4 août
Matin
Caroline RENOUARD, Matthew SOLOMON, Stéphane TRALONGO, avec Jacques MALTHÊTE & Anne-Marie QUÉVRAIN : Ouverture du colloque
André GAUDREAULT : De Méliès à Mélios 3.0 : trajectoires de l'indétectabilité des trucages entre le premier cinéma et les productions audiovisuelles de l'IA

Après-midi
Méliès and the Modern World
Caroline RENOUARD, avec Sarah POULAIN & Guillaume LEPRÉVOST : Les films de Méliès à l'épreuve des dispositifs d'éducation à l'image : observation de pratiques et de circulations contemporaines

"Researching and Reenacting Méliès : Virtual Reality, Digital Video, and 35mm Filmmaking ", par une équipe de l'université du Michigan dirigée par Matthew SOLOMON, composée de Rose ALBAYAT, Olivier BAHIZI, Sara ESKANDARI, Morgan EVERETT, Miles HIONIS, Jennifer LIPSMEIER GUY, Patterson McKINNEY, Catherine MILLERNiko SMITH et Mina TOBYA

Soirée
Projections de films de Méliès et/ou de documents inédits (dessins de Méliès, vidéos…) issus des collections de la Cinémathèque Méliès et de Pascal Friaut


Mercredi 5 août
Matin
Frédéric TABET : Aux confins du spectacle : le rôle des forains et des magiciens dans la circulation des vues de la Star-Film
Bart G. MOENS : Trajectoires foraines : Méliès et le cinéma ambulant en Belgique
Jean-Claude SEGUIN : La production Méliès dans les pays de langue espagnole

Après-midi
Anne-Marie QUÉVRAIN : Des théâtres d'illusion aux premiers films à trucs : MASKELYNE et MÉLIÈS (1865 à 1914)
Joël LEHMANN : Le sacre d'Edouard VII (1902) : production et circulation du film et trajectoire d'une copie retrouvée
Ian CHRISTIE : Méliès and Britain : an unexplored relationship

Soirée
Projections de films de Méliès et/ou de documents inédits (dessins de Méliès, vidéos…) issus des collections de la Cinémathèque Méliès et de Pascal Friaut


Jeudi 6 août
Matin
Marie FRAPPAT : Madeleine Malthête-Méliès et les projections des films de Méliès à travers le monde
Projection d'une programmation de films issue de la collection de la Cinémathèque-Méliès
Projection du documentaire sur Gaston Méliès au Texas de Raphaël MILLET [sous réserve]

Après-midi
DÉTENTE

Soirée
Raphaël MILLET [sous réserve] & David PFLUGER, accompagné par Kathy FULLER-SEELEY [visioconférence] & Frank THOMPSON [visioconférence] : discussion autour de Gaston Méliès avec projection d'extraits des documentaires de Raphaël Millet sur Gaston Méliès et échange sur le processus créatif mis en place lors de ses résidences à la Villa Albertine


Vendredi 7 août
Matin
Jean-Pierre SIROIS-TRAHAN & Guillaume LAVOIE : "Les épisodes extraordinaires" de la Star Film. Archéologie de la réception, de l'exploitation et de la distribution des vues de Georges Méliès au Québec
Ekaterina ARTEMEVA : La distribution des films de Méliès dans l'Empire russe

Après-midi
Frank KESSLER : Les films de Georges Méliès en Allemagne
Morgan CORRIOU : Les circulations des films de Méliès en Algérie et en Tunisie aux premiers temps du cinéma
Stéphane TRALONGO : À mille lieues de Méliès. Une histoire décentrée des vues animées de la Star Film

Soirée
Projections de films de Méliès et/ou de documents inédits (dessins de Méliès, vidéos…) issus des collections de la Cinémathèque Méliès et de Pascal Friaut


Samedi 8 août
Matin
Jacques MALTHÊTE : Passez Muscades ! Une "revue de l'année" montée au théâtre Robert-Houdin en 1899
Sébastien DUPONT-BLOCH : Méliès et la Normandie : trajectoires matérielles et transformations imaginaires

Après-midi
Thierry LECOINTE : Méliès par le cinématographe de poche, une diffusion hors norme
Stéphanie-Emmanuelle LOUIS : Méliès en expositions. Sur les traces du pionnier à travers le monde


Dimanche 9 août
Matin
Béatrice DE PASTRE : La participation du CNC au 1er colloque Méliès de Cerisy

Conclusion & Discussion générale

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Jacques MALTHÊTE : Passez Muscades ! Une "revue de l'année" montée au théâtre Robert-Houdin en 1899
Au printemps 1899, absorbé par la réalisation de ses vues animées à Montreuil-sous-Bois, Georges Méliès délègue pour un temps la direction de son théâtre parisien à deux collègues illusionnistes. Une "revue de l'année" doublement originale Passez Muscades !, est alors montée avec tours de magie et projections de Star-films.

Jacques Malthête est l'auteur de plusieurs contributions sur les débuts du cinéma et, en particulier, sur Georges et Gaston Méliès. Il a codirigé, avec Michel Marie, Georges Méliès, l'illusionniste fin de siècle ?, Presses Sorbonne Nouvelle, 1997 (Colloque de Cerisy, 1996) ; avec Stéphanie Salmon, Recherches et innovations dans l’industrie du cinéma – Les cahiers des ingénieurs Pathé (1906-1927), Fondation Jérôme-Seydoux-Pathé, 2017 ; avec Réjane Hamus-Vallée et Stéphanie Salmon, Les mille et un Visages de Segundó de Chomón, truqueur, coloriste, cinématographiste… et pionnier du cinématographe, Fondation Jérôme-Seydoux-Pathé / Presses universitaires du Septentrion, 2019. Il a, par ailleurs, participé à des ouvrages collectifs sur Jean Comandon, Léon Gaumont, Étienne-Jules Marey et Karel Zeman.

Anne-Marie QUÉVRAIN
Anne-Marie Quévrain est une descendante de Georges Méliès et secrétaire générale bénévole de l'association Cinémathèque Méliès-Les Amis de Georges Méliès depuis 1979. Sociologue et psychologue clinicienne, elle est à présent retraitée, après une carrière dans le Pacifique sud, le Maghreb et la France.
Articles et communications
"Freud et Méliès : quel avenir pour les marchands d'"illusion" ?, Colloque de Cerisy (1981), Méliès et la naissance du spectacle cinématographique, Éditions Kliencksieck, 1983.
"Artificially arranged scenes : le cinéma selon Georges Méliès", Théâtre et cinéma, textes inédits, Studio 43, Dunkerque, 1990.
"Méliès et l'âge d'or du cinéma forain en France (1896-1914)", Colloque de Cerisy (2014), Les archives de la mise en scène. Spectacles populaires et culture médiatique 1870-1950, Éditions du Septentrion, 2016.
"Repatriating the work of Georges Méliès, the collection of Madeleine Malthête-Méliès", Magnificent Méliès, edited by Matthew Solomon, University of Michigan Press, 2022.
"Rapatrier l'œuvre de Georges Méliès, la collection de Madeleine Malthête-Méliès", Le Cinéma dans l'œil du collectionneur, Presses de l'Université de Montréal, 2023.

Caroline RENOUARD
Caroline Renouard est maîtresse de conférences en études cinématographiques, à l'université de Lorraine à Metz et membre du CREAT. Ses travaux de recherche portent principalement sur l'histoire, l'esthétique et les métiers des effets spéciaux visuels. En duo avec Réjane Hamus-Vallée, elle a notamment codirigé le n°155 de CinémAction "Les métiers du cinéma à l'ère du numérique" (mai 2015), publié Superviseur des effets visuels pour le cinéma (Eyrolles, 2015) et Les Effets spéciaux au cinéma, 120 ans de création en France et dans le monde (Armand Colin, 2018). Réjane Hamus-Vallée, Giusy Pisano et Caroline Renouard ont dirigé ensemble le volume collectif Truquer, créer, innover : Les effets spéciaux en France (PUS, 2024), dans le cadre du programme de recherche "Les Arts Trompeurs" (Labex Arts-H2H, 2015-2018). Avec Katalin Pór, elle a codirigé l'ouvrage L'Équipe de film au travail. Créations artistiques et cadres industriels (Éditions de l’AFRHC, 2022).

Matthew SOLOMON
Matthew Solomon est professeur au département "Film, Television, and Media" à University of Michigan. Il est l'auteur de Disappearing Tricks : Silent Film, Houdini, and the New Magic of the Twentieth Century (University of Illinois Press, 2010), lauréat du prix Kraszna-Krausz du meilleur livre sur les images en mouvement, d'une monographie sur La Ruée vers l'or de Chaplin dans la collection "BFI Film Classics", 2015, et de Méliès Boots : Footwear and Film Manufacturing in Second Industrial Revolution Paris (University of Michigan Press, 2022), disponible en libre accès, lauréat du prix du livre Katherine Singer Kovács. Il a publié plusieurs articles et chapitres de livres sur l'œuvre de Méliès, a dirigé Fantastic Voyages of the Cinematic Imagination : Georges Méliès’s Trip to the Moon (SUNY Press, 2011), accompagné d'une édition critique du film en DVD, et a aussi dirigé Magnificent Méliès : The Authorized Biography (University of Michigan Press, 2022), traduction anglaise par Kel Pero de l'ouvrage de Madeleine Malthête-Méliès. Il codirige la collection "Cinema Cultures in Contact" chez University of California Press et la collection "Out of the Archives" chez University of Michigan Press.

Stéphane TRALONGO
Stéphane Tralongo est Maître d'enseignement et de recherche suppléant à la section d'histoire et esthétique du cinéma de l'université de Lausanne, où il coordonne aussi le programme doctoral "Dispositifs de vision : cinéma, photographie et autres médias". Docteur ès Lettres et arts/Études cinématographiques de l'université Lyon 2 et de l'université de Montréal, il est l'auteur d'une thèse sur l'émergence du spectacle cinématographique dans le contexte des arts de la scène à Paris. Il est aussi secrétaire général de l'AFRHC et membre du comité de rédaction de 1895 revue d’histoire du cinéma. Avec André Gaudreault et Laurent Le Forestier, il a collaboré à la direction de l'ouvrage Méliès, carrefour des attractions, Colloque de Cerisy (2011), PUR, 2014. Avec Mireille Berton, il a codirigé l'ouvrage L'Outre-humain. Automates, performances mécaniques et cultures spectaculaires, PUS, 2025. Il prépare actuellement un ouvrage intitulé Dômes de verre. Histoire atmosphérique du cinéma.


BIBLIOGRAPHIE :

• GAUDREAULT André, LE FORESTIER Laurent, avec la collaboration de TRALONGO Stéphane, Méliès, carrefour des attractions, Colloque de Cerisy, Presses universitaires de Rennes, 2014.
• HAMUS-VALLÉE Réjane et RENOUARD Caroline, Les effets spéciaux au cinéma, 120 ans de créations en France et dans le monde, Armand Colin, 2018.
• KESSLER Frank, LARRUE Jean-Marc, PISANO Giusy (dir.), Machines. Magie. Médias, Colloque de Cerisy, Presses universitaires du Septentrion, Coll. "Images et sons", 2018.
• MALTHÊTE Jacques et MARIE Michel (dir.), Georges Méliès, l'illusionniste fin de siècle ?, Colloque de Cerisy, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 1997.
• MALTHÊTE Jacques, MANNONI Laurent, L'Œuvre de Georges Méliès, Éditions La Martinière/Cinémathèque française, 2008.
• MALTHÊTE Jacques, Méliès. Images et illusions, Exporégie, 1996.
• MALTHÊTE-MÉLIÈS Madeleine (dir.), Méliès et la naissance du spectacle cinématographique, Colloque de Cerisy, Éditions Klincksieck, 1984.
• MANNONI Laurent, Méliès. La Magie du cinéma, Éditions Flammarion/Cinémathèque française, 2022.
• SOLOMON Matthew (dir.), Fantastic Voyages of the Cinematic Imagination : Georges Méliès's Trip to the Moon, State University of New York Press, 2011.
• SOLOMON Matthew, Méliès Boots Footwear and Film Manufacturing in Second Industrial Revolution Paris, University of Michigan Press, 2022.
• TRALONGO Stéphane, "Georges Méliès", Oxford Bibliographies, Cinema and Media Studies, 2023.


SOUTIENS :

• Fondation Maison des Sciences de l'Homme (FMSH), dans le cadre du programme "ARTS-Mondes en action, mondes en réflexion"
Cinémathèque Méliès - Les amis de Georges Méliès
• Centre de Recherche sur les Expertises, les Arts et les Transitions (CREAT, UR 202424515X) | Université de Lorraine
• Université de Lausanne (UNIL)
• Undergraduate Research Opportunity Program Center for Research, Scholarship, and Creative Inquiry (UROP) // LSA Transfer Bridges // LSA College of Litterature, Science, and the Arts // Department of Film, Television, and Media // Duderstadt Center // ADVANCE Programm | University of Michigan
La Cinémathèque française


BULLETIN D'INSCRIPTION



Programme 2026 : un des colloques

Programme complet


THÉORISER LE VIVANT


DU VENDREDI 24 JUILLET (19 H) AU JEUDI 30 JUILLET (14 H) 2026

[ colloque de 6 jours ]



ARGUMENT :

Le tournant moléculaire en biologie a fourni un paradigme extrêmement fécond pour l'exploration empirique du vivant. Néanmoins, ses découvertes ont ébranlé — voire sapé — ses propres présupposés. Pour surmonter cette difficulté, de nombreux biologistes et institutions préconisent l'importation de concepts et de méthodes issues d'autres disciplines, centrées sur la mathématisation, comme la physique ou l'informatique.

Ce colloque propose d'emprunter une autre piste : celle qui vise à explorer les conditions et l'horizon d'une nouvelle théorie pour la biologie. Il s'agira d'affronter directement les défis liés à la compréhension de l'historicité et l'organisation des êtres vivants. Cette piste ne s'oppose pas à la mobilisation de méthodes développées dans d'autres disciplines, mais subordonne leurs potentielles utilités à leurs intégrations dans un cadre théorique spécifiquement biologique.

Si l'on cherche à comprendre les êtres vivants de manière non réductionniste, et donc à étudier leurs organisations, comment s'orienter dans leur complexité ? Et si ces organisations sont le produit d'une histoire — une histoire qui se poursuit et les transforme — comment les objectiver ?

Nous pensons que ces interrogations sont cruciales et présentent un défi théorique majeur. Or relever ce défi est une condition pour en relever d'autres, contemporains, comme ceux liés à la santé, la biodiversité, l'écologie, ou encore l'alimentation. Elles rejoignent également la question de l'encadrement théorique nécessaire à l'usage des nouvelles technologies dans la pratique scientifique.


MOTS-CLÉS :

Biodiversité, Biologie théorique, Épistémologie, Évolution, Fonction biologique, Historicité, Mathématiques, Organisation, Philosophie, Systématique, Théorie, Vivant


CALENDRIER PROVISOIRE (30/05/2026) :

Vendredi 24 juillet
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Samedi 25 juillet
Matin
POURQUOI THÉORISER ? | La question du cadre théorique est structurellement négligée en biologie - malgré la centralité de la théorie de l'évolution. Pourquoi la soulever aujourd'hui et quel type de théorisation devons-nous viser ?
Paul-Antoine MIQUEL : Quel rôle un philosophe peut-il jouer sur des questions de biologie théorique ?
Barbara BRAVI : Statistical and machine learning modelling in biology : considerations and examples from immunology
Armand HATCHUEL & Pascal LE MASSON : Les épreuves du travail théorique : l'exemple de la théorie de la conception

Après-midi
LIMITES DU TOURNANT GÉNÉTIQUE ET MOLÉCULAIRE | La biologie de la deuxième moitié du XXe siècle, notamment à la suite de la découverte de l'ADN, a centré son travail sur le niveau moléculaire, parfois de manière dogmatique. Si ce dogmatisme est intimement lié à une approche génocentrique du vivant qui tend à s'effacer, quels enjeux porte ce niveau d'analyse aujourd'hui ?
Arnaud POCHEVILLE : Biologie Galtonienne de l'évolution
Andràs PÀLDI : La biologie expérimentale à la lumière de la théorie
Anne GOUPIL : Modélisation moléculaire du vivant : apports, limites et temporalité des modèles d'IA

Soirée
Discussion collective sur la théorisation, table ronde initiale avec Armand HATCHUEL, Pascal LE MASSON, Maël MONTÉVIL et Ana SOTO


Dimanche 26 juillet
Matin
L'APPORT AMBIVALENT DE LA PHYSIQUE | Face aux limites des approches moléculaires, la biologie se tourne (à nouveau) vers la méthode de construction et d'analyse des objets provenant de la physique, basée sur l'analyse d'invariants et de systèmes. Ces approches permettent d'éclairer d'un nouveau jour de nombreux phénomènes, mais posent aussi des problèmes théoriques, notamment liés aux questions d'historicité et d'organisation biologique.
Cyril RAUCH : Incompatibilités conceptuelles en analyse de données et nécessité de redéfinir la statistique : application à la cartographie génomique
Katja HEUER & Roberto TORO : Rôle de la morphogenèse mécanique dans le développement et l'évolution du cerveau
Giuseppe LONGO : Morphogenèse et émergence en physique vs. production de nouveauté en biologie

Après-midi
L'HISTORICITÉ DU VIVANT ET LE SYSTÈME DE RÉFÉRENCE DE LA BIOLOGIE | À l'opposé, d'autres domaines de la biologie s'appuient sur l'historicité des êtres vivants pour établir des méthodes de travail adéquates. Cela est vrai en particulier de la systématique moderne qui s'appuie sur l'idée que les êtres vivants sont le résultat d'une histoire longue pour les classifier et les nommer.
Andrea ANGELINI : L'historicité des vivants dans l'histoire de l'écologie
Guillaume LECOINTRE : Quels rôles pour la systématique ?
René ZARAGÜETA BAGILS : Quand la forme précède la théorie : le cas de la phylogénétique


Lundi 27 juillet
Matin
LE DÉFI DES NOUVEAUTÉS BIOLOGIQUES | L'historicité biologique est marquée par l'apparition de nouveautés. Or si l'on considère que ces nouveautés sont possibles avant d'advenir, ce ne sont plus vraiment des nouveautés. En biologie, si ce qui est possible change au cours du temps, nous faisons face à un défi méthodologique majeur.
Angelo MARINUCCI : L'historicité des organismes : les concepts d'enablement et d'épaisseur
Andrea ROLI : Évolution de l’espace des possibles et création d’information
Mathilde TAHAR : Imprévisibilité de l'évolution, normativité des contraintes et inventivité des organismes [visioconférence]

Après-midi
"HORS LES MURS" — À SAINT-MALO-DE-LA-LANDE
"Du lait cru aux fromages, gérer la biodiversité microbienne : pour quels services ?", visite guidée de l'Élevage de la Vallière par Nathalie DESMASURES | Présentation


Mardi 28 juillet
Matin
OBJECTIVER L'ORGANISATION BIOLOGIQUE | Étudier les parties des être vivants isolément ne permet pas d'aborder leurs fonctions dans l'organisation dont elles font partie. De quelles bases théoriques a-t-on besoin pour expliquer la stabilité collective des parties d'un organisme ?
Charles WOLFE : Organicisme et vitalisme : histoire et actualité d'un couple
Matteo MOSSIO : Finalité, Causalité, Conservation
Adrien GOULLETQUER : Aux limites de l'organisation : clôture de contraintes et plasticité fonctionnelle

Après-midi
VERS UNE ÉPISTÉMOLOGIE HYBRIDE | Comment faire tenir ensemble l'historicité des être vivants et l'étude de leurs relations causales synchroniques ? Et si l'on se donne ce projet, quel type de logique suivent les objets de la biologie et à quel type de théorie sommes-nous conduits pour la biologie ?
Shaj MOHAN : One Life
Maël MONTÉVIL : Le défi d'une épistémologie hybride pour la théorisation en biologie
Anton ROBERT : L'origine supplémentaire du vivant et ses conséquences pour la modélisation en biologie

Soirée
"Eaudyssée", théâtre avec Pierre-Henri GOUYON


Mercredi 29 juillet
Matin
TISSUS ET ÉCOSYSTÈMES : LA THÉORIE EN PRATIQUE | Les tissus comme les écosystèmes comportent un grand nombre d'entités organisées, cellules et organismes respectivement. En même temps, ils sont eux-mêmes organisés, ou du moins peuvent l'être dans le cas des écosystèmes. Comment ces deux niveaux sont-ils théorisés et étudiés en pratique ?
Claudia GADALETA : Champs morphogénétiques : implications en morphogenèse et en oncogenèse
Ana SOTO : Sur les organismes et leurs parties : détermination théorique de l'objet d'étude
Océane GUILLOT : Intérêts des approches organisationnelles pour l'écologie

Après-midi
VIE ET TECHNIQUE | Comment aborder les actions humaines dès lors que l'on pense les objets avec lesquels on agit comme ayant en même temps une histoire et des propriétés systémiques ? La question technique peut-elle contribuer à la compréhension et à l'élaboration théorique, et réciproquement la théorie biologique peut-elle transformer notre point de vue sur les techniques ?
Céline DELBES : Entre préservation de la biodiversité microbienne comme ressource pour l'expression des terroirs et exigences sanitaires : le cas des fromages au lait cru
Sébastien MASSART : Le virtuel : technique du vivant, technique vivante
Mathieu TRICLOT & Charles LENAY : Possibles techniques - Possibles biologiques


Jeudi 30 juillet
Matin
Bilan & Synthèse

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Adrien GOULLETQUER
Adrien Goulletquer est enseignant et doctorant en philosophie à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et à l'UQAM (Montréal). Ses recherches portent principalement sur la singularité du vivant, la critique des approches mécanistes en biologie et l'exploration de cadres théoriques non réductionnistes pour penser les organismes. Dans sa thèse, il propose une reconceptualisation de la notion d'information dans une perspective organiciste. Ses domaines de recherches sont la philosophie contemporaine, la philosophie des sciences et des techniques. Avant son doctorat, il a travaillé plusieurs années dans l'enseignement secondaire où il a enseigné la philosophie au lycée. Il est membre de l'Institut d'Histoire et de Philosophie des Sciences et des Techniques (IHPST), et enseigne actuellement la philosophie à l'université Paris 1, où il intervient notamment en histoire de la philosophie et philosophie des sciences.
Publication
Le concept d'autonomie dans les sciences du vivant, CNRS Éditions, à paraître.

Sébastien MASSART
Sébastien Massart est directeur de la stratégie de Dassault Systèmes, entreprise scientifique qui crée des mondes virtuels au service de la vie réelle — pour les industries, dans la santé et sur les territoires. Il a commencé sa carrière au Ministère de l'Économie et à l'Autorité des Marchés Financiers, puis il a servi comme conseiller technique industriel du Ministre de la Défense et ensuite comme conseiller industriel du Président de la République, jusqu'en 2017. De formation scientifique (École Polytechnique, Corps des mines), Sébastien Massart est également diplômé en philosophie de l'École Normale Supérieure. Il enseigne à SciencesPo Paris sur "L'État actionnaire et les entreprises publiques".
Publications
"Chorégraphier l'industrie avec les univers", Les Entretiens du Nouveau Monde Industriel 2024 (à paraître), par The Human Evidence Lab, avec Noémie Dié et Patrick Johnson.
"Par-delà calcul et design : habiter le virtuel", in Prendre soin de l'informatique et des générations, Les Entretiens du Nouveau Monde Industriel, 2020, éd. Anne Alombert, Victor Chaix, Maël Montévil, Vincent Puig, FYP éditions, 2021.
"Nouveaux possibles, nouvelle économie, nouvelles responsabilités", revue Sociétal, juillet 2021.

Maël MONTÉVIL
Maël Montévil est chargé de recherche au CNRS, au Centre Cavaillès de la République des savoirs (École normale supérieure). Théoricien de la biologie et philosophe, il développe une démarche au croisement de la biologie expérimentale, des mathématiques, de l'épistémologie et de la philosophie. Dans ses travaux, il a notamment élaboré le cadre de la clôture entre contraintes, ainsi que renouvelé la conceptualisation de l'historicité biologique et de ses conséquences théoriques et pratiques pour la biologie. Il s'intéresse également à des problématiques majeures du monde contemporain, telles que les perturbateurs endocriniens, et plus généralement les diverses formes de disruption du vivant dans l'Anthropocène, ainsi qu'aux conditions nécessaires pour y répondre. Son œuvre scientifique comprend plus de trente-cinq articles publiés dans des revues internationales et une monographie, Perspectives on Organisms, coécrite avec Giuseppe Longo (https://montevil.org/).
Publications
Disruption of Biological Processes in the Anthropocene : The Case of Phenological Mismatch, Acta Biotheoretica, 2025.
Computational Empiricism : The Reigning Épistémè of the Sciences, Philosophy World Democracy, 2021.
Avec M. Mossio, "The Identity of Organisms in Scientific Practice : Integrating Historical and Relational Conceptions", Frontiers in Physiology (11), p.611, 2021.
"Measurement in Biology Is Methodized by Theory", Biology & Philosophy (34), p.35, 2019.
Avec M. Mossio, "Biological Organisation as Closure of Constraints", Journal of Theoretical Biology (372), p.179–91, 2015.

Anton ROBERT
Anton Robert est docteur en chimie physique depuis 2022. Il est auteur de plusieurs brevets et de publications dans des revues scientifiques, telles que Science Advances, Journal of the American Chemical Society, ou Physical Review Letters. Il poursuit actuellement une thèse à l'École Normale Supérieure, à l'interface entre la biologie théorique et la philosophie. Ses recherches portent sur la tension épistémologique entre l'historicité principielle des organismes et l'usage de l'écriture mathématique pour décrire leurs parties. Son objectif est de développer des pratiques de modélisation pour la biologie qui hybrident des méthodes physicalistes et historiques.
Publications
Robert, A. ; Barkoutsos, P. K. ; Woerner, S. ; Tavernelli, I. (2021), "Resource-Efficient Quantum Algorithm for Protein Folding", npj Quantum Information, 7 (1), 1–5.
Robert, A.; Berthoumieux, H. ; Bocquet, M.-L. (2023), "Coupled Interactions at the Ionic Graphene-Water Interface", Phys. Rev. Lett., 130 (7), 076201.
Robert, A. (2023), "L'arrêt de l'histoire des sciences", Philosophy World Democracy.
Robert, A. (2025), "Mathematical Descriptions as Pharmaka : On Their Adoption in Foreign Theoretical Frameworks", (to appear in) History, Philosophy and Theory of the Life Sciences.
Robert, A. ; Montévil, M. (2025), "Broadening the Scope of Physics by Unpacking the Causal Contexts of Phenomena" (submitted).

Mathilde TAHAR
Formée à la fois à la philosophie et à la biologie, Mathilde Tahar est agrégée de philosophie et docteure en philosophie de la biologie. Ses recherches doctorales ont porté sur l'usage de la téléologie (ou finalisme) dans la théorie de l'évolution, usage qu'elle a analysé et critiqué à partir de la philosophie d'Henri Bergson. Cette thèse a donné lieu à la publication d'un ouvrage aux Presses universitaires de France : Du finalisme en biologie. Bergson et la théorie de l'évolution (2024). Elle est aujourd'hui chercheuse au département d'anthropologie évolutive de l'University College London dans le cadre du projet "Animal inventiveness : a new insight on agency in evolution", financé par la Leverhulme Trust. Elle y étudie le jeu et l'inventivité des animaux, notamment chez les babouins chacma.
Publications
Tahar, M. (2025), "Why the cat wags her tail", Aeon.
Tahar, M. (2024), "La philosophie animale de Bergson. Conscience du vivant, créativité instinctive et biologie contemporaine", Thaumazein Rivista di Filosofia, 12 (1), 83-107.
Tahar, M. (2024), " Historicity, Temporalities, and Causality : A Confusion at the Heart of Debates on Darwinism", in R. G. Delisle, M. Esposito et D. Ceccarelli (éds.), Unity and Disunity in Evolutionary Biology, pp. 551-573, Heidelberg/New York/Dordrecht, Springer, 2024.
Tahar M. (2023), "Agency, inventiveness, and animal play. Novel insights into the active role of organisms in evolution", Numéro spécial "Levels of Biological Agency", Spontaneous Generations, 11 (1).
Tahar, M. (2022), "Biological constraints as norms in evolution", Numéro spécial “Normativity and the Life Sciences”, History and Philosophy of the Life Sciences, 44 (1) : 9.


Barbara BRAVI : Statistical and machine learning modelling in biology : considerations and examples from immunology
Immunity is a paradigmatic example of a systemic behaviour where diversity, plasticity, history, and context-dependence play a major role, posing challenges to its quantitative modelling. In immunology, the increasing amount of data sampling immune responses at different scales has motivated and enabled the application of data-driven, machine-learning-based approaches as a quantitative way to automate and augment empirical investigation. In this talk, I will discuss the logic and limits of such approaches, and their tacit assumptions on the objects modelled and their structure of determination, starting from the statistical perspective that frames this effort and focussing on the problem of prediction of immune response from molecular data.

Barbara Bravi est professeure associée en biomathématiques à l'Imperial College London. Ses recherches combinent des outils de biophysique statistique, de processus stochastiques et d'apprentissage automatique pour étudier le rôle des interactions protéine‑protéine dans des comportements biologiques complexes et systémiques tels que la réponse immunitaire.
Publications
B. Bravi, "Development and use of machine learning algorithms in vaccine target selection", npj vaccines 9 (15) (2024).
B. Bravi, Machine Learning in Molecular Life Sciences : Calibrating New Tools for Prediction, Observation, and Discovery through Statistical Knowledge Building, invited contribution to Mathematical Tools in the Life Sciences, Springer Nature, History, Philosophy and Theory of the Life Sciences series, J.A. Pérez-Escobar and D. Sarikaya (Eds.).
B. Bravi, G. Longo, "The unconventionality of Nature : Biology, from Noise to Functional Randomness", Unconventional Computation & Natural Computation Conference (UCNC), Auckland (NZ) 31/8 - 4/9/2015, proceedings in Springer LNCS 9252, C. Calude and M. J. Dinneen (Eds.), pp. 3-34 (2015).

Océane GUILLOT : Intérêts des approches organisationnelles pour l'écologie
Au cours de la dernière décennie, la théorie de l'autonomie biologique (Mossio & Moreno, 2015), inspirée notamment des travaux de Varela, s'est construite comme un cadre explicatif du maintien des organismes. Elle a par ailleurs apporté une contribution significative au débat sur les fonctions biologiques. Initialement pensée comme une théorie concernant les niveaux organismiques et infra-organismiques, plusieurs travaux ont souligné son potentiel pour caractériser les objets d'étude de l'écologie scientifique (par exemple Nunes-neto, 2014 ; Lefèvre, 2018 ; El-Hani, 2023). En nous appuyant sur des exemples concrets, nous interrogerons la nécessité de ce cadre par rapport au cadre théorique déjà existant en écologie scientifique. Nous évaluerons également son applicabilité dans ce domaine.

El-Hani, Charbel N., Felipe Rebelo Gomes de Lima, et Nei de Freitas Nunes-Neto, 2023, "From the Organizational Theory of Ecological Functions to a New Notion of Sustainability", In Organization in Biology, édité par Matteo Mossio, Springer.
Lefèvre, Victor, 2018, Faut-il postuler un ordre écologique pour expliquer la persistance des écosystèmes ?, Éditions Matériologiques.
Moreno, Alvaro, et Matteo Mossio, 2015, Biological autonomy : a philosophical and theoretical enquiry, Vol. 12, Springer.
Nunes-Neto, Nei, Alvaro Moreno, et Charbel N. El-Hani, 2014, "Function in Ecology : An Organizational Approach", Biology and Philosophy, 29 (1) : 123‑41.
Varela, F. G., H. R. Maturana, et R. Uribe, 1974, "Autopoiesis : The organization of living systems, its characterization and a model", Biosystems, 5 (4) : 187‑96.

Guillaume LECOINTRE : Quels rôles pour la systématique ?
Qu'est-ce que la systématique ? Quelles épistémologies ont accompagné son déploiement au cours de son histoire ? Quelles furent les intentions classificatoires successives des systématiciens ? Nous verrons comment l'historicité du vivant est progressivement devenue la "raison d'être" des classes et des classifications. Nous verrons aussi que ce programme n'est pas achevé. En effet, si l'exigence de forger des groupes "complets" (comprenant une seule souche et ses descendants emboîtés) est bien à la source de la révolution hennigienne du XXe siècle s'agissant du regroupement des espèces, cette exigence n'est pas encore tout-à-fait satisfaite s'agissant des parties des organismes (leurs attributs) et encore moins concernant les stades de développement.

Guillaume Lecointre est enseignant-chercheur (UMR 7205 CNRS-MNHN-UPMC-EPHE, "Institut de Systématique, Évolution et Biodiversité"), zoologiste, systématicien, professeur du Muséum national d'Histoire naturelle (160 publications, 44 livres). Il est double Lauréat de la Société Zoologique de France (1996, 2006), Prix national 2009 du Comité Laïcité République, Prix 2012 de l'Union Rationaliste, Prix littéraire Boccace 2024 et fait chevalier de la légion d'honneur en 2016.

Andrea ROLI : Évolution de l’espace des possibles et création d’information
L'évolution biologique peut être vue comme un processus dynamique structuré par une interaction constante entre affordances et contraintes. Une affordance produit de l'information en distinguant des possibilités d'action, tout en imposant des limites qui restreignent les actions futures. Cependant, ces contraintes génèrent à leur tour de nouvelles affordances, créant ainsi une boucle évolutive. Les affordances façonnent l'espace des possibles, ou des "possibles adjacents". Cet espace est mieux compris comme un "royaume" que comme un espace formel, car il est difficile à caractériser comme un ensemble fini. L'ensemble est interprété à travers la théorie de l'information, en s'appuyant sur les travaux d'Atlan et de von Foerster, et en mobilisant également la notion d'information sémantique.

Andrea Roli est maître de conférences à l'université de Bologne, spécialisé en systèmes complexes et en intelligence artificielle. Ses recherches portent sur les modèles biologiques, la biorobotique et l'intelligence collective. Il s'intéresse également à la philosophie des sciences, notamment en lien avec les systèmes biologiques et artificiels. Il enseigne des cours portant sur l'informatique, l'intelligence artificielle et les systèmes complexes. Il est fellow de l'European Centre for Living Technology (Venise) et senior fellow du Brussels Institute for Advanced Studies.


"HORS LES MURS" — À SAINT-MALO-DE-LA-LANDE
"Du lait cru aux fromages, gérer la biodiversité microbienne : pour quels services ?", visite guidée de l'Élevage de la Vallière par Nathalie DESMASURES
Produire du lait et le transformer en fromage : Quelle est la place des communautés microbiennes de l'animal au fromage ? Pourquoi et comment les piloter ? Vers quels services et pour quelle perception de ces derniers par les acteurs de l'élevage ?

Nathalie Desmasures est enseignante-chercheuse à l'université de Caen Normandie (UR 4651 Aliments Bioprocédés Toxicologie Environnements et ESIX Normandie). Microbiologiste, spécialiste des laits crus et des fromages à pâte molle, elle s'intéresse à la diversité et aux fonctionnalités des communautés microbiennes au sein des environnements d'intérêt laitier.


BULLETIN D'INSCRIPTION



Programme 2026 : un des colloques

Programme complet


STYLES DE JACQUES ROUBAUD


DU MERCREDI 15 JUILLET (19 H) AU MARDI 21 JUILLET (14 H) 2026

[ colloque de 6 jours ]



SECRÉTAIRE TECHNIQUE :

Xiaoxuan LYU


ARGUMENT :

Du fait de son importance reconnue, l'œuvre de Jacques Roubaud a fait l'objet de nombreux travaux, dont un certain nombre de synthèses d'ensemble. Nous entendons poursuivre son exploration en l'abordant d'un point de vue qui n'a pas encore été systématiquement adopté, celui du style ou plutôt des styles. Il apparaît clairement que Roubaud fait primer la forme sur le style, de même que certains de ses livres relèvent de différents modes de réécriture : la question d'un style d'auteur semble à son propos ne pas se poser.

Cependant, son œuvre n'est pas sans manifester une pensée du style : le recours aux "dix styles" du poète japonais Kamo no Chomei, le concept de "prose inoffensive" ou "prose des Anglaises", le lien entre protocole d'écriture et style dans Le grand incendie de Londres en sont quelques exemples. Par ailleurs, on note dans son œuvre de poète une nette évolution stylistique, du chatoiement lexical et des images de , au retour à Queneau, en passant par le noir et blanc et la littéralité de Quelque chose noir. Le "change de forme" se double ainsi d'une évolution de style : par exemple l'influence du lyrisme surréaliste fait place à celle de la "modernité négative" et de la poésie américaine, via la pratique de la traduction. On peut dès lors se demander si des traits de style apparaissent et persistent, dans ce trajet d'invention continue — qui se sera appuyé sur la forte implication dans certaines revues (Change et Action poétique notamment) et sur le désir, tôt exprimé et sans cesse réaffirmé, du recours à la couleur pour le texte imprimé.


MOTS-CLÉS :

Formes poétiques, Histoire littéraire, Poésie, Poétique, Prose, Roubaud (Jacques), Style, Théorie littéraire, Traduction, Vers


CALENDRIER PROVISOIRE (15/04/2026) :

Mercredi 15 juillet
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Jeudi 16 juillet
Matin
Margaux COQUELLE-ROËHM, Abigail LANG & Jean-François PUFF : Ouverture du colloque
Éric BEAUMATIN : Aller de l'avant : style et projet, entre l'arbre et la ligne
Michel MURAT : Jacques Roubaud : le style du vers

Après-midi
Mireille SÉGUY : La littérature médiévale peut-elle dompter les démons ? Le style du "rakki tai" dans l'œuvre en prose de Jacques Roubaud
Nathalie KOBLE : Le style troubadour de Jacques Roubaud
Christelle REGGIANI : Style et mélancolie : Jacques Roubaud, Grand Rhétoriqueur


Vendredi 17 juillet
Matin
Marie-Louise CHAPELLE-ROUBAUD : Présentation de manuscrits de Jacques Roubaud : "Je peux vous montrer à tous dire couleur des bois orange dire rouge et être cru"

Table ronde autour de la couleur, avec :
Margaux COQUELLE-ROËHM : Style et usage de la couleur chez Jacques Roubaud
Benoît CASAS : La relation éditoriale

En commun avec le colloque en parallèle : Denis Roche. Écrivain, éditeur, photographe
Denis Roche vu par Jacques Roubaud, table ronde avec Margaux COQUELLE-ROËHM et Dominique MONCOND'HUY | Colloque en parallèle

Après-midi
"HORS LES MURS" — À L'IMEC (Abbaye d'Ardenne, Saint-Germain-la-Blanche-Herbe)
En commun avec le colloque en parallèle : Denis Roche. Écrivain, éditeur, photographe
- "Présentation des fonds de l'IMEC", par François BORDES et Dominique MONCOND'HUY | Colloque en parallèle
- "Lecture des portraits croisés Denis Roche et Jacques Roubaud", par Dominique MONCOND'HUY | Colloque en parallèle
- "Denis Roche éditeur au Seuil", par Hervé SERRY, David MARTENS et Tiphaine SAMOYAULT, en dialogue avec Stéphane BIKIALO et Luigi MAGNO | Colloque en parallèle
- Visite de l'exposition Autoportrait pensée par Thomas Clerc


Samedi 18 juillet
Matin
Style et mathématique
Cindy GERVOLINO : "Cherchant d'une infinité de mondes / l'un" : la pluralité des formes des théories mathématiques
Odile CHATIRICHVILI : Styles auto(bio/matho)graphiques : Roubaud, Grothendieck et Bourbaki en échos

Valérie BEAUDOUIN : Le style de Roubaud dans Les Enfances d'Alexandre

Après-midi
En commun avec le colloque en parallèle : Denis Roche. Écrivain, éditeur, photographe
Denis Roche et Jacques Roubaud : autour de la poésie américaine, table ronde animée par Abigail LANG, avec :
Milena ARSICH : Denis Roche, traducteur dans sa génération. Étude comparée des traductions françaises d'Ezra Pound, d'E.E. Cummings et de Charles Olson
Olivier BROSSARD : Jacques Roubaud et les New American Poets
Antoine CAZÉ : Denis Roche passeur de la littérature américaine en France


Dimanche 19 juillet
Matin
Stéphane BAQUEY : Formes poétiques et sémantique des espaces
Peter CONSENSTEIN : Franchir le RoubiCom

Après-midi
Olivier GALLET : Le style ushin
Agnès DISSON : Une architecture augmentée : les styles japonais de Jacques Roubaud
Xiaoxuan LYU : Comment traduire des langues que l'on ne connaît pas ? Roubaud face aux "inconnus"

En commun avec le colloque en parallèle : Denis Roche. Écrivain, éditeur, photographe
"Denis Roche et Jacques Roubaud : atelier sur les revues", animé par Margaux COQUELLE-ROËHM
Marc-Antoine BLAIS : Poétique et politique : Roubaud à l'épreuve de Roche
Dialogue avec Christian ROSSET

Soirée
Rencontre avec le poète oulipien Frédéric FORTE


Lundi 20 juillet
Matin
Poétique de l'image
Jean-François PUFF : Des images signées Jacques Roubaud. Autobiographie d'une lecture
Antoine POISSON : Un surréalisme emprunté : le style de Roubaud à l'ombre de Desnos

Abigail LANG : Le style des Anglaises

Après-midi
Alison JAMES : Styles d'exercice et poétiques de la variation
Hélène GIANNECCHINI : Jacques et Alix Cléo Roubaud, une conversation ininterrompue

Soirée
Intervention-Performance de Camille BLOOMFIELD


Mardi 21 juillet
Matin
Martin RUEFF : Sur les temps

Rapport d'étonnement, avec Milena ARSICH, Marc-Antoine BLAIS et Antoine POISSON

Margaux COQUELLE-ROËHM, Abigail LANG & Jean-François PUFF : Conclusion du colloque

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Margaux COQUELLE-ROËHM
Margaux Coquelle-Roëhm est professeure adjointe en poésie française des XXe et XXIe siècles à l'université de Montréal. Ses travaux se situent à l'intersection entre l'étude formelle de la poésie, les études visuelles et les approches matérielles de la littérature. Elle a soutenu en 2022 une thèse intitulée "L'espace du poème chez Jacques Roubaud : mouvance, mémoire, méditation", récompensée du prix de thèse de l'université de Poitiers. Une version réduite et remaniée paraîtra aux Presses universitaires de Rennes début 2026. Elle a également corédigé avec Gabrielle de Tournemire le volume Atlande consacré à Quelque chose noir. Ses recherches actuelles portent plus largement sur la poésie contemporaine dans et hors du livre, sur les matérialités littéraires, et sur l'intermédialité (en particulier sur les rapports entre littérature et photographie).

Abigail LANG
Abigail Lang est professeure de littérature nord-américaine à l'université Paris Cité et membre de l'UMR 8264 ECHELLES. Elle est l'autrice de La Conversation transatlantique. Les échanges franco-américains en poésie depuis 1968 (2021) et a dirigé plusieurs volumes collectifs, dont Emmanuel Hocquard. La poésie mode d'emploi (2020) et Archives sonores de la poésie (2019). Traductrice d'une vingtaine d'ouvrages de poésie anglophone en français, elle anime avec Vincent Broqua et Olivier Brossard le collectif "Double Change", qui organise des lectures de poésie bilingues depuis 2000, et le programme de recherche Poets & Critics.

Jean-François PUFF
Jean-François Puff est professeur de littérature française contemporaine et de recherche-création à CY Cergy Paris Université. Il est membre de l'UMR 9022 Héritages. Ses recherches portent sur la poésie moderne et contemporaine. Il a consacré de nombreux travaux à l'œuvre poétique de Jacques Roubaud, dont l'ouvrage Mémoire de la mémoire. Jacques Roubaud et la lyrique médiévale (Garnier, 2009) et le livre d'entretiens Roubaud (Argol, 2008). Il est par ailleurs l'un des exécuteurs littéraires de l'œuvre de ce poète. Son travail s'inscrit dans la perspective d'ensemble de l'usage de la poésie dans nos vies, ce qui l'a conduit à interroger le concept de sujet en philosophie, en théorie littéraire et dans la poétique des poètes, dans une perspective historique large. Il est résulté un livre, Le Gouvernement des poètes. La poésie dans la conduite de la vie (Hermann, 2020). Sa recherche actuelle porte sur les archives sonores de poésie et la performance poétique. Poète, il a publié dans diverses revues, ainsi qu'un livre de poésie aux Éditions L'Usage, qu'il a fondées : L'Inédit (2022).


Cindy GERVOLINO : "Cherchant d'une infinité de mondes / l'un(1)" : la pluralité des formes des théories mathématiques
En partant du constat formulé par Jean-François Puff selon lequel Trente et un au cube doit être lu comme un "poème scientifique" irréductible à une traduction en "langage poétique" d'une théorie mathématique, mais situé à la croisée d'un appui qu'on suppose avéré de celle-ci et d'un "usage figuré(2)", nous nous proposons précisément d'interroger cet "usage figuré" des mathématiques. Si le style des premiers recueils de Roubaud semble imprégné des mathématiques qui en régissent les principes compositionnels, le poète s'attèle également à explorer les "formes" d'une théorie mathématique : celles qu'elle convoque — des figures géométriques aux signes mathématiques dans Signe d'Appartenance —, mais aussi celles qu'elle provoque, et les mondes qui en résultent, comme c'est le cas pour la théorie du réalisme modal inspirée de la logique de David Lewis dans La pluralité des mondes de Lewis. Comment s'emparer alors d'une "forme" mathématique dans l'espace du poème ?
(1) J. Roubaud, La pluralité des mondes de Lewis, Paris, Gallimard, 1991, p. 15.
(2) A. DISSON et V. MONTÉMONT, Jacques Roubaud, compositeur de mathématique et de poésie, Nancy, Absalon, 2011, p. 322.

Cindy Gervolino est maîtresse de conférences en littérature comparée à Sorbonne Université. Elle a soutenu en 2024 une thèse de doctorat intitulée "L'œil, la main, la pensée : croisements d'une approche diagrammatique et épistémocritique du texte littéraire (Abbott, Cortázar, Gatti, Guillevic, Roubaud)" portant sur les liens entre mathématiques et littérature chez cinq auteurs, dont Jacques Roubaud (à paraître prochainement aux Classiques Garnier).


BIBLIOGRAPHIE :

Livres de Jacques Roubaud

Poésie
, Paris, Gallimard, coll. "Blanche", 1967.
Mono no Aware : le sentiment des choses. Cent quarante-trois poèmes empruntés au japonais, Paris, Gallimard, coll. "Blanche", 1970.
Trente et un au cube, Paris, Gallimard, coll. "Blanche", 1973.
Dors ; (précédé de) Dire la poésie, Paris, Gallimard, coll. "Blanche", 1981.
Quelque chose noir, Paris, Gallimard, coll. "Poésie/Gallimard", 2001 [1986].
Ode à la ligne 29 des autobus parisiens, Paris, Attila, 2013.

Prose et théorie
"le grand incendie de londres", Paris, Seuil, coll. "Fiction & Cie", 2009 (rassemble les cinq branches précédemment parues au Seuil).
La Dissolution, Caen, Nous, 2008.
• "Description du projet », Mezura, n°9, 1979 (réédition Caen, Nous, 2014).
Poétique. Remarques : poésie, mémoire, nombre, temps, rythme, contrainte, forme, etc., Paris, Seuil, coll. "La Librairie du XXIe siècle", 2016.

Corpus critique

• CONSENSTEIN, Peter (dir.), The Great Fire of London by Jacques Roubaud. A Casebook, Elmwood Pk, Dalkey Archive, 2003.
• COQUELLE-ROËHM, Margaux, L'espace du poème chez Jacques Roubaud : mouvance, mémoire, méditation, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2026.
• KOBLE, Nathalie & SÉGUY, Mireille (dir.), Jacques Roubaud médiéviste, Paris, Honoré Champion, 2018.
• MONCOND'HUY, Dominique & MOURIER-CASILE, Pascaline, La Licorne, n°40, 1997, "Roubaud".
• MONTEMONT, Véronique, Jacques Roubaud : l'amour du nombre, Villeneuve-d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2004.
• MONTEMONT, Véronique & DISSON, Agnès (dir.), Jacques Roubaud, "compositeur de mathématique et de poésie", Charenton-le-Pont, Absalon, 2011.
• PUFF, Jean-François & ROUBAUD, Jacques, Roubaud : rencontre avec Jean-François Puff, Paris, Argol, 2008.
• PUFF, Jean-François, Mémoire de la mémoire. Jacques Roubaud et la lyrique médiévale, Paris, Classiques Garnier, 2009.


SOUTIENS :

• Laboratoire "Formes et Représentations en Linguistique, Littérature et dans les arts de l'Image et de la Scène" (FoReLLIS, UR 15076) | Université de Poitiers
• Héritages : Culture/s, Patrimoine/s, Création/s (UMR 9022 HÉRITAGES) | CY Cergy Paris Université
• Institut CY Advanced Studies | CY Cergy Paris Université
• Laboratoire ECHELLES (UMR 8264) | Université Paris Cité
Faculté Sociétés et Humanités | Université Paris Cité


BULLETIN D'INSCRIPTION



Programme 2026 : un des colloques

Programme complet


DENIS ROCHE

ÉCRIVAIN, ÉDITEUR, PHOTOGRAPHE


DU MERCREDI 15 JUILLET (19 H) AU MARDI 21 JUILLET (14 H) 2026

[ colloque de 6 jours ]



SECRÉTAIRE TECHNIQUE :

Oriane RIBAS


ARGUMENT :

Denis Roche occupe une place singulière dans la culture littéraire et artistique de la seconde moitié du XXe siècle. Poète lié à Tel Quel, romancier, photographe majeur, éditeur de premier plan — notamment à travers la création de "Fiction & Cie" aux éditions du Seuil — il a construit une œuvre foisonnante et résolument exigeante.

Ce colloque entend explorer l'ensemble de ce parcours multiforme, en tenant ensemble des pratiques que l'on a souvent tendance à dissocier : la poésie et la prose, les dispositifs texte-image, l'activité éditoriale, ainsi que l'esthétique photographique.

L'objectif est de mettre en lumière les logiques d'une œuvre qui paraît, au premier regard, éclatée, mais dont les lignes de force — rigueur, invention formelle, rapport critique aux institutions et à certaines façons établies de concevoir l'acte d'écrire — dessinent une poétique intransigeante et souple à la fois, radicale et irréductible. En rassemblant chercheuses et chercheurs, écrivains, artistes et témoins, cette rencontre propose de reconsidérer le rôle de Denis Roche dans la modernité littéraire et artistique, et de montrer comment son travail demeure, par tensions, éminemment suscitateur.


MOTS-CLÉS :

Édition, Fiction & Cie, Montage, Photographie, Poésie, Proses, Roche (Denis), Tel Quel, Texte-image, Traduction


CALENDRIER PROVISOIRE (30/04/2026) :

Mercredi 15 juillet
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Jeudi 16 juillet
Matin
Stéphane BIKIALO, Anne-Cécile GUILBARD, Luigi MAGNO & Dominique MONCOND'HUY : Ouverture du colloque
Luigi MAGNO : Avec. Ou de la transmission (sur Jean-Marie Gleize et Denis Roche)
Thiphaine SAMOYAULT : Être en retard

Après-midi
Dominique MONCOND'HUY : Le Boîtier de mélancolie, répliques du regardeur
Vincent BROQUA : Désir analogique, désir numérique : dialogue avec Roche
Gyöngyi PAL : Explorer les plis du texte : Denis Roche à l'épreuve du numérique


Vendredi 17 juillet
Matin
Guillaume GENESTE et Catherine DÉRIOZ, en dialogue avec Anne-Cécile GUILBARD
Jacques DAMEZ : Rite(s) & rythmes(s)

En commun avec le colloque en parallèle : Styles de Jacques Roubaud
Denis Roche vu par Jacques Roubaud, table ronde avec Dominique MONCOND'HUY et Margaux COQUELLE-ROËHM | Colloque en parallèle

Après-midi
"HORS LES MURS" — À L'IMEC (Abbaye d'Ardenne, Saint-Germain-la-Blanche-Herbe)
En commun avec le colloque en parallèle : Styles de Jacques Roubaud
- "Présentation des fonds de l'IMEC", par François BORDES et Dominique MONCOND'HUY
- "Lecture des portraits croisés Denis Roche et Jacques Roubaud", par Dominique MONCOND'HUY
- "Denis Roche éditeur au Seuil", par Hervé SERRY, David MARTENS et Tiphaine SAMOYAULT, en dialogue avec Stéphane BIKIALO et Luigi MAGNO
- Visite de l'exposition Autoportrait pensée par Thomas Clerc


Samedi 18 juillet
Matin
Christian PRIGENT, en dialogue avec Stéphane BIKIALO
Quentin CAUCHIN : "Cocasse rêverie entraînante et endiablée" : sur Les Idées centésimales de Miss Élanize

Après-midi
En commun avec le colloque en parallèle : Styles de Jacques Roubaud
Denis Roche et Jacques Roubaud : autour de la poésie américaine, table ronde animée par Abigail LANG | Colloque en parallèle, avec
Milena ARSICH : Denis Roche, traducteur dans sa génération. Étude comparée des traductions françaises d'Ezra Pound, d'E.E. Cummings et de Charles Olson | Colloque en parallèle
Olivier BROSSARD : Jacques Roubaud et les New American Poets | Colloque en parallèle
Antoine CAZÉ : Denis Roche passeur de la littérature américaine en France | Colloque en parallèle

Soirée
Lecture par Anne PORTUGAL


Dimanche 19 juillet
Matin
Gaëlle THÉVAL : Plaf !
Anna GRUMBACH : Denis Roche et la "nouvelle photographie française" (1978-1982)

Après-midi
Atelier autour des Cahiers de la photographie, avec Anne-Cécile GUILBARD et Oriane RIBAS

En commun avec le colloque en parallèle : Styles de Jacques Roubaud
"Denis Roche et Jacques Roubaud : atelier sur les revues", animé par Margaux COQUELLE-ROËHM | Colloque en parallèle
Marc-Antoine BLAIS : Poétique et politique : Roubaud à l'épreuve de Roche | Colloque en parallèle
Dialogue avec Christian ROSSET sur la revue Change | Colloque en parallèle


Lundi 20 juillet
Matin
Gwladys LE CUFF : Roche à Varèse
Marie FRISSON : La ritournelle de Denis Roche : prose au-devant d'une musique

Après-midi
Hervé SERRY : La révolution éditoriale de Denis Roche aux éditions du Seuil (1970-2005)
David MARTENS : Dans la boîte noire de l'éditeur : les fiches de lecture de Denis Roche aux Éditions du Seuil
Guillaume FOLLET : Denis Roche éditeur de Jean-Marie Gleize


Mardi 21 juillet
Matin
Christophe HANNA : Denis Roche contemporain, en dialogue avec Luigi MAGNO
Rapport d'étonnement, avec notamment Guillaume FOLLET et Oriane RIBAS
Stéphane BIKIALO, Anne-Cécile GUILBARD, Luigi MAGNO & Dominique MONCOND'HUY : Conclusion du colloque

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Stéphane BIKIALO
Stéphane Bikialo est professeur de linguistique et de littérature contemporaines à l'université de Poitiers, co-responsable des collections "Ces récits qui viennent" (Dacres) et "Bruits de langues" (L'Ire des marges), co-fondateur du festival littéraire "Bruits de langues", il enseigne et écrit dans les domaines de l'analyse critique des discours littéraires, sur les œuvres de Bernard Noël, Lydie Salvayre, Leslie Kaplan, Jean-Charles Massera, François Beaune, Marie Cosnay, Arno Bertina, Catherine Dorion, etc.
Publications
Lydie Salvayre (dir.), Classiques Garnier, 2021.
Marie Cosnay : traverser les frontières / accueillir les récits (dir.), L'Ire des marges, 2022.
François Beaune, pour une littérature brute (dir.), L'Ire des marges, 2023.
P.O.L futur, ancien, actuel (dir. avec M. Heck & D. Rabaté), Les presses du réel, 2023.

Anne-Cécile GUILBARD
Anne-Cécile Guilbard est professeure en littérature française du XXe siècle et en esthétique de l'image, spécialisée en histoire de la photographie à l'université de Poitiers (UFR Lettres et Langues / Laboratoire FoReLLIS). Elle dirige le master "Littératures et Culture de l'Image". Ses travaux portent sur la question de la perception visuelle et de la photographie dans l'écriture du XXe siècle, ainsi que sur la pratique de l'image fixe par les regardeurs.

Luigi MAGNO
Luigi Magno enseigne la littérature française à l'université Roma Tre. Ses recherches portent sur les écritures contemporaines résultant d'une déstabilisation des définitions traditionnelles de la poésie. Il est l'auteur d'articles et d'essais sur, parmi d'autres, Francis Ponge, Denis Roche, Emmanuel Hocquard, Jean-Marie Gleize, Nathalie Quintane, Suzanne Doppelt, Edouard Levé, Jérôme Game, Alain Farah, La Rédaction. Il dirige la collection "Øggi" qui débute en 2026 chez Questions théoriques.
Publications
Denis Roche : l'un écrit, l'autre photographie, Lyon, 2007.
New Objectivisms / Nouveaux Objectivismes / Nuovi Oggettivismi, Naples, 2013.
Permanence, renouveau et dépassement du poème en prose aux XXe et XXIe siècles, Florence, 2023).

Dominique MONCOND'HUY
Dominique Moncond'huy est Professeur émérite de littérature française à l'université de Poitiers. Dix-septiémiste de formation, il a beaucoup travaillé sur quelques auteurs contemporains (en particulier Jacques Roubaud et l'Oulipo plus largement, il a d'ailleurs participé au colloque L'Oulipo : générations de Cerisy en 2023) et il s'intéresse depuis longtemps à la photographie, donc à Denis Roche qu'il avait accueilli à Poitiers au début des années 2000.


Gwladys LE CUFF : Roche à Varèse
Denis Roche livre dans l'opuscule À Varèse le récit joueur d'une visite du "Mont sacré" réalisée avec Françoise Peyrot en 1984. Ersatz de pèlerinage en Terre sainte, les Sacri monti forment, à la manière d'un chemin de croix, une suite d'édicules renfermant des scènes de la Vita Christi restituées par des moyens artistiques composites : les fresques y sont étrangement augmentées d'une statuaire polychrome dont les affinités avec le kitsch ont pu être soulevées dans l'essai dessiné Sacro monte de L.L. de Mars. Cet encadrement pastoral de la dévotion — une invention franciscaine débutée à Varallo au XVIe siècle, magistralement étudiée par Anne Lepoittevin — trouve son déploiement lors de la réforme tridentine ; il opère une orchestration rigide des corps et des affects en prescrivant les points de vue à adopter par les fidèles sur ces dioramas. Devant cet itinéraire pieux, Roche trouve les voies d'une dérive alternative, une "montée des circonstances" tout à la fois musicale (adressée à Edgard Varèse ?), érotique (c'est tout le sel du détournement prosaïque opéré), et photographique (par l'appareillage visuel du texte proposant un contrechamp à ce dispositif architectural contraignant). Les expédients poétiques de cet "essai de littérature arrêtée" sont interrogés à l'aune des écrits théoriques de Jean-Marie Gleize composant avec eux un dialogue amical prolongé.

Gwladys Le Cuff est docteure de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales. Sa thèse, réalisée sous la direction de Giovanni Careri (Cral-Cehta), porte sur les rapports entre figuration et prophétie dans l'art de la Renaissance. Actuellement en postdoctorat à l'Institut national d'Histoire de l'art, elle est autrice de travaux scientifiques et co-autrice d'ouvrages de bande-dessinée expérimentale.


BIBLIOGRAPHIE :

Œuvres de Denis Roche

Temps profond. Essais de littérature arrêtée : 1977-1984, Paris, Seuil, "Fiction & Cie", 2019.
La Montée des circonstances, textes d'introduction par Farid Abdelouahab avec la collaboration de Guillaume Geneste et Françoise Peyrot, Paris, Delpire, 2018.
La Photographie est interminable. Entretien avec Gilles Mora, Paris, Seuil, "Fiction & Cie", 2007.
Le Boîtier de mélancolie. La photographie en 100 photographies, Paris, Hazan, 1999.
La Poésie est inadmissible. Œuvres poétiques complètes, Paris, Seuil, "Fiction & Cie", 1995.
La Disparition des lucioles. Réflexions sur l'acte photographique, Paris, Éditions de l'Étoile, 1982.
Dépôts de savoir & de technique, Paris, Seuil, "Fiction & Cie", 1980.
Louve basse, Paris, Seuil, "Fiction & Cie", 1976.
Carnac, Paris, Tchou, 1969.

Essais critiques

Denis Roche dans les plis du temps, Paris, Seuil, "Fiction & Cie", 2025.
• Guillaume CASSEGRAIN, Vanishing point. Approches de Denis Roche, Lyon, Fage éditions, 2019.
• Jean-Marie GLEIZE, Denis Roche. Éloge de la véhémence, Paris, Seuil, "Fiction & Cie", 2019.
• Stéphane BAQUEY, Le Primitivisme de Denis Roche. Lyrique amazonide, Paris et Lyon, Éditions des archives contemporaines et Centre d'études poétiques, 2008.
• Luigi MAGNO (éd.), Denis Roche : l'un écrit, l'autre photographie, Lyon, ENS Éditions, "Signes", 2007.
• Christian PRIGENT, Denis Roche, Paris, Seghers, "Poètes d'aujourd'hui", 1977.
La Démonstration Denis Roche, "TXT", n°6-7, hiver 1974.


SOUTIENS :

Université de Poitiers
• Laboratoire "Formes et Représentations en Linguistique, Littérature et dans les arts de l'Image et de la Scène" (FoReLLIS, UR 15076) | Université de Poitiers
Dipartimenti "Lingue, Letterature e Culture Straniere" | Università Roma Tre


BULLETIN D'INSCRIPTION



Programme 2026 : un des colloques

Programme complet


LA THÉORIE DU TRAVAIL VIVANT DE CHRISTOPHE DEJOURS

DE LA MÉTAPSYCHOLOGIE DU CORPS À LA PHILOSOPHIE SOCIALE


DU LUNDI 6 JUILLET (19 H) AU DIMANCHE 12 JUILLET (14 H) 2026

[ colloque de 6 jours ]


Félicien Rops dans son atelier (1844-1929), Paul Mathey, 1888


DIRECTION :

Frédérique DEBOUT COSME, Christian DU TERTRE, Isabelle GERNET

En présence de Christophe DEJOURS


COORDINATRICE :

Virginie HERVÉ


ARGUMENT :

Dans les années 1970, Christophe Dejours, alors médecin psychiatre et psychanalyste, élabore une pensée à la fois subversive et fondatrice, située au croisement de la psychanalyse, de la psychopathologie, de la sociologie, du droit, de la philosophie et de l'économie.

Ses propositions conceptuelles — telles que la subversion libidinale, l'inconscient amential ou encore l'hypothèse d'une troisième topique — ainsi que les discussions qu'il engage avec d'autres auteurs (psychosomatique de l'École de Paris, travail vivant chez Marx, théorie de la reconnaissance de Honneth, servitude volontaire de La Boétie…) font de Christophe Dejours une figure majeure des sciences humaines et sociales contemporaines.

L'ensemble de ces travaux compose une œuvre singulière et unique, articulant théorie du sujet et théorie sociale, au cœur de la discipline qu'il a fondée : la psychodynamique du travail. Celle-ci a permis des avancées décisives, tant théoriques que pratiques : mise en lumière de la souffrance au travail, contribution aux expertises judiciaires (notamment lors du procès France Télécom), renouvellement de l'édifice psychopathologique autour de la topique du clivage, ou encore propositions intégrant l'économie de la fonctionnalité et la coopération.

Ce colloque se propose d'examiner comment, depuis près d'un demi-siècle, ces apports ont nourri et transformé les sciences humaines et sociales, en France comme à l'étranger. Composé d'une vingtaine de communications et de soirées donnant la parole aux jeunes chercheurs, le programme sera complété par une demi-journée "HORS LES MURS" en vue d'échanges avec les acteurs normands. Croisant les différents domaines, cette semaine est largement ouverte aux auditeurs intéressés par les sujets traités et par les rencontres que favorise une expérience cerisyenne.


MOTS-CLÉS :

Action, Cinéma, Corps, Dejours (Christophe), Démocratie, Justice, Philosophie, Psychanalyse, Psychodynamique du travail, Syndicalisme, Théâtre, Travail


CALENDRIER PROVISOIRE (17/03/2026) :

Lundi 6 juillet
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Mardi 7 juillet
Matin
Frédérique DEBOUT COSME, Christian DU TERTRE & Isabelle GERNET : Introduction du colloque

PSYCHODYNAMIQUE DU TRAVAIL (PDT) ET ERGONOMIE
François HUBAULT : Quel est le "qui" de l'ergonomie ?

LE CORPS
Isabelle GERNET : Au commencement était le corps

Après-midi
MONISME / DUALISME
Ronan DE CALAN : Le corps d'abord ? La psychanalyse devant le problème corps-esprit

LA QUESTION DE LA GENÈSE DU CORPS ÉROTIQUE ET LA PLACE DE LA VIOLENCE, DES ABUS
Duarte ROLO : L'inconscient amential, un "réservoir de violence" ? Fonction et statut de la violence dans la troisième topique de Christophe Dejours

Soirée
Balade dans le parc du château


Mercredi 8 juillet
Matin
PDT ET THÉORIE DE LA SÉDUCTION GÉNÉRALISÉE (LAPLANCHE)
Alberto LUCHETTI : Quelques questions ouvertes entre psychodynamique du travail et théorie de la séduction généralisée

CORPS ET INTELLIGENCE
Christophe DEMAEGDT : Corps et Intelligence

Après-midi
L'INTELLIGENCE AU PLURIEL DU CORPS À LA COOPÉRATION
Antoine DUARTE : L'espace de délibération à l'épreuve de l'agir communicationnel : discussion critique des fondements de la coopération en psychodynamique du travail

LA THÉORIE DU TRAVAIL VIVANT
Christian DU TERTRE : Le concept de "travail vivant" chez K. Marx et chez C. Dejours


Jeudi 9 juillet
Matin
PDT ET PHÉNOMÉNOLOGIE
Jean-Philippe DERANTY : Le travail vivant comme schème philosophique : quelques pistes pour une généalogie et de possibles voies de développement

TRAVAIL ET ANTHROPOLOGIE DE LA PDT
Claire PAGÈS : Clivage, enfance et travail

Après-midi
"HORS LES MURS" - À SAINT-LÔ
Visite au Haras national de Saint-Lô


Vendredi 10 juillet
Matin
PDT ET THÉORIES FÉMINISTES
Katia GENEL : Christophe Dejours en dialogue avec la théorie critique et féministe

PDT ET THÉORIE DU CARE
Frédérique DEBOUT COSME : "Travail vivant de soin" ou "care" ?

Après-midi
PDT ET TRAVAIL ANIMAL
Jocelyne PORCHER : Penser le travail animal grâce à la psychodynamique du travail

TRAVAIL ET PRODUCTION ARTISTIQUE
Les contributions retraceront la manière dont la théorie du travail vivant peut être mobilisée dans le champ de la création artistique (théâtre, cinéma) et quelles questions peuvent être adressées en retour à la théorie à partir de l'expérience des artistes engagés dans le travail de culture

Jean-Pierre BODIN & Alexandrine BRISSON
Patricio NUSSHOLD
Stéphane BRIZÉ

Soirée Syndicat de la Magistrature
Manon LEFEBVRE
Stéphane FISCHESSER


Samedi 11 juillet
Matin
PDT ET NOUVELLES PRATIQUES SYNDICALES
Sébastien CHEKROUN & Ramuntcho TELLECHEA : Nouvelles pratiques syndicales et psychodynamique du travail : forêts, communs et démocratie

PDT ET JUSTICE
Marie LECLAIR : Psychodynamique du travail et justice, références mutuelles

Après-midi
PDT ET DÉMOCRATIE
Enrico DONAGGIO : Travail, pensée, émancipation. Christophe Dejours philosophe ?
Emmanuel RENAULT : Les exigences démocratiques sont-elles compatibles avec l'organisation hiérarchique du travail ?

Soirée Jeunes Chercheurs
Psychodynamique du travail et travail de thèse : une discussion interdisciplinaire, table ronde avec Armando ARATA, Brian DÉMAS et Gaia PATTI | Présentation


Dimanche 12 juillet
Matin
Reprise et discussion par Christophe DEJOURS

Frédérique DEBOUT COSME, Christian DU TERTRE & Isabelle GERNET : Conclusion du colloque

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Frédérique DEBOUT COSME : "Travail vivant de soin" ou "care" ?
Dans cette présentation, Frédérique Debout Cosme cherchera à déterminer quelles sont les contributions en propre de Christophe Dejours à la discussion critique avec la philosophie morale et politique. Il s'agira de jeter un œil rétrospectif sur la genèse du débat entre la psychodynamique du travail et les Éthiques du Care, inscrites dans la philosophie morale et politique. Cela permettra de repérer les contributions de C. Dejours, les distinguer de celles des autres psychodynamiciens du travail travaillant sur ce champ, en repérer les éléments de filiation et d'écart afin de souligner l'originalité des apports de C. Dejours.

Après une formation de philosophe et des recherches en phénoménologie, Frédérique Debout Cosme a entrepris un parcours en psychologie clinique. D'abord psychologue à temps plein en E.S.A.T puis en unité d'accueil familial thérapeutique, et psychothérapeute en libéral. Depuis 2019, elle est Maîtresse de conférences en psychopathologie et psychodynamique du travail au Conservatoire et membre de l'Institut de Psychodynamique du Travail. Elle est membre de différentes sociétés savantes et a une pratique de psychothérapeute d'orientation psychanalytique en cabinet. Ses travaux de recherche portent sur les rapports entre travail et famille, le corps, le genre et la psychopathologie. Elle prépare son habilitation à diriger des recherches, soutenance prévue en 2026 à Lyon II, sur la thématique "travail de soin et écologie".

Christian DU TERTRE : Le concept de "travail vivant" chez K. Marx et chez C. Dejours
Le concept de "travail vivant" est élaboré par Karl Marx pour indiquer que cette activité singulière est à l'origine de la création de la valeur. Cette activité s'inscrit dans un "procès de travail" qui articule des contraintes "fonctionnelles" et des contraintes "institutionnelles" de telle manière que la production de la "valeur d'usage" est intrinsèquement liée aux conditions de sa valorisation sur un plan monétaire. Les formes concrètes de cette articulation dépendent des dispositifs institutionnels en vigueur, sur un plan historique. Christophe Dejours, en reprenant ce concept, va l'élargir à ce qui concerne les salariés, plus spécifiquement, dans leur vie, notamment dans sa dimension plus intime associée à l'engagement subjectif et aux relations intersubjectives dans le travail réel. Cette communication s'attellera à présenter, quant au fond, les liens qui opèrent entre santé mentale et création de la valeur dans le monde contemporain et leur dimension institutionnelle.

Christian du Tertre est Professeur en sciences économiques. Ses premières recherches s'inscrivent dans le cadre de la "Théorie de la Régulation" et portent sur les mutations industrielles. Elles mettent l'accent sur les liens entre la création de valeur et la subjectivité dans le travail. Dans les années quatre-vingt-dix, il réoriente ses recherches vers les activités de service et la place centrale de la subjectivité et de l'intersubjectivité en leur sein. Il formule le concept de "coopération transverse" associée à la coproduction du service et aux relations de service. Des liens étroits se construisent, alors, avec la Psychodynamique du Travail. À partir des années 2000, il étend ses recherches au développement durable ; ce qui le conduit à lier les enjeux d'émancipation dans le travail et par le travail à l'émergence d'un nouveau rapport au vivant. Il est l'un des fondateurs de la doctrine de l'Économie de la Fonctionnalité et de la Coopération et du laboratoire de recherche et d'intervention ATEMIS.

Isabelle GERNET : Au commencement était le corps
Dans le cadre de cette présentation, Isabelle Gernet s'attachera à montrer comment la référence au corps s'avère centrale dans l'édification théorique de l'œuvre de Christophe Dejours. Elle retracera la manière dont la clinique psychosomatique a été au principe d'une théorisation originale sur les rapports entre corps et pensée, théorisation au cœur de l'élaboration de la théorie du sujet et de la théorie du travail défendue en psychodynamique du travail.

Psychologie clinicienne de formation, Isabelle Gernet débute en 2002 une thèse de Psychologie Clinique sous la direction de Christophe Dejours portant sur la théorie et la clinique psychosomatique. Nommée Maitresse de Conférences en Psychologie Clinique et Psychopathologie d'abord à l'université de Lille puis à l'Institut de Psychologie de l'université Paris Cité depuis 2011, ses travaux de recherche explorent les processus psychiques en cause dans la genèse des décompensations psychopathologiques et somatiques en lien avec le travail. Titulaire d'une Habilitation à Diriger les recherches depuis 2023, elle dirige des travaux de recherche en psychopathologie et psychodynamique du travail et participe aux activités de l'Institut de Psychodynamique du Travail au titre de coordinatrice scientifique. Membre du Conseil Scientifique de la Fondation Laplanche, elle exerce également comme psychothérapeute d'orientation analytique en libéral.


Sébastien CHEKROUN & Ramuntcho TELLECHEA : Nouvelles pratiques syndicales et psychodynamique du travail : forêts, communs et démocratie
Comment l'introduction de la Psychodynamique Du Travail à l'Office National des Forêts permet d'accéder à plus d'autonomie donc plus de liberté au niveau de l'organisation du travail. Cette démarche, chez les gens de métier, est souvent suffisante pour consolider ou insuffler des stratégies de coopération qui réorientent le travail quant à son sens, sa place sociétale donc ses visées hic et nunc. C'est de la subversion du New Public Management dont il est question ici pour s'orienter vers les trois écologies : environnementale, sociale et subjective.

Sébastien Chekroun est psychologue clinicien dans le pôle de psychiatrie GHU Paris-Neuroscience & consultations ETAPP (santé-travail), doctorant dans le laboratoire Psychologie Clinique Psychopathologie Psychanalyse (PCPP) de l'université Paris Cité (UPC), ainsi que membre du laboratoire de l'Institut de psychodynamique du travail (IPDT).
Publication
Avenir et enthousiasme en psychiatrie : éclairage selon la psychodynamique du travail. Dialogue et Controverse, 2025 (1).

Ronan DE CALAN : Le corps d'abord ? La psychanalyse devant le problème corps-esprit
Le problème corps-esprit (ou Mind-Body Problem dans ses reformulations anglo-saxonne) a occupé la métaphysique classique et s'est transféré naturellement à cette branche de la métaphysique qu'était la psychologie. Celle-ci, devenue expérimentale, sous la plume de Herbart, Fechner et quelques autres, a changé la donne — comme la psychanalyse après eux et à leur suite. On voudrait mesurer ce qu'il en reste, en reprenant les démonstrations proposées par Christophe Dejours dans plusieurs ouvrages récents.

Christophe DEMAEGDT : Corps et Intelligence
La théorie du travail vivant accorde depuis ses premiers développements une place privilégiée au corps dans le génie de l'intelligence, dès lors que le sujet est confronté aux aléas du réel. Caractériser et décrire cette intelligence du corps est une tentative de répondre aux problèmes soulevés par "le verrou interne de la sublimation" (Dejours, 1986), ce qui conduira à réviser les conceptions psychanalytiques classiques et à produire une théorie de la sublimation originale.

Jean-Philippe DERANTY : Le travail vivant comme schème philosophique : quelques pistes pour une généalogie et de possibles voies de développement
Dans un premier temps, cette communication proposera une ébauche de généalogie du concept de travail vivant, en mettant en lumière l'héritage post-kantien de la conception marxienne du travail comme "vie qui produit la vie". Dans un deuxième temps, plusieurs apports essentiels de la tradition phénoménologique seront dégagés. Enfin, il sera montré comment la théorie de l'autopoïèse, au cœur de l'enactivisme contemporain, reprend les schèmes philosophiques identifiés et ouvre potentiellement la voie à une expansion conceptuelle féconde du travail vivant.

Enrico DONAGGIO : Travail, pensée, émancipation. Christophe Dejours philosophe ?
Rares sont les philosophes qui se sont intéressés de manière systématique et profonde au travail. Une question fondamentale oriente et structure leurs réflexions sur un sujet négligé de manière si symptomatique par la grande tradition occidentale : que fait le travail à la pensée et au potentiel d'émancipation qu'elle est supposée receler ? Christophe Dejours répond de façon très originale à cette question posée de Adam Smith jusqu'à Simone Weil, en conférant ainsi une dimension intrinsèquement philosophique à la psychodynamique du travail.

Enrico Donaggio est professeur de Philosophie et directeur scientifique de l'Institut d'études avancées à Aix Marseille Université.
Publications
Karl Löwith et la philosophie. Une sobre inquiétude, Payot, 2013.
Travail e(s)t liberté ?, Erès, 2022.
Utopies et travail, Teseo, à paraître en 2026.

Antoine DUARTE : L'espace de délibération à l'épreuve de l'agir communicationnel : discussion critique des fondements de la coopération en psychodynamique du travail
Cette communication propose une discussion théorique des fondements de la coopération en psychodynamique du travail à partir de l'œuvre de Christophe Dejours, en s'attachant plus particulièrement à la notion d'espace de délibération. En psychodynamique du travail, la coopération ne se réduit ni à la coordination prescrite ni à la recherche d'un consensus, mais repose sur une élaboration collective à partir de l'expérience du réel du travail. La référence à la théorie de l'agir communicationnel de Jürgen Habermas sera mobilisée comme point de débat, dans la mesure où elle conçoit la délibération comme un processus orienté vers l'entente rationnelle et la production d'un accord fondé sur des raisons partageables. En s'appuyant sur les travaux d'Oskar Negt, et notamment sur sa critique des présupposés normatifs de l'espace public et de la rationalité communicationnelle. À partir de cette controverse, l'hypothèse défendue est que l'espace de délibération en psychodynamique du travail relève moins d'un agir communicationnel que d'un espace conflictuel et clinique, traversé par la souffrance, les défenses et les rapports de domination, où la coopération se construit malgré les désaccords plutôt que par leur résolution consensuelle.

Katia GENEL : Christophe Dejours en dialogue avec la théorie critique et féministe
Les travaux de Christophe Dejours peuvent être lus comme une contribution à la philosophie sociale du travail. Ils présentent des affinités avec la théorie critique de l'École de Francfort, d'Adorno à Habermas, Honneth et Fraser. On analysera quelques aspects du dialogue entre psychodynamique du travail, théorie critique et théorie féministe.

François HUBAULT : Quel est le "qui" de l'ergonomie ?
Une ergonomie sans "sujet" ne peut pas prétendre s'inscrire réellement dans une perspective d'émancipation. De notre point de vue, prendre appui sur la psychodynamique du travail est une nécessité stratégique, théorique et politique, pour l'ergonomie. En retour, cette réorganisation conceptuelle est le levier d'un approfondissement de la question de l'intervention qui creuse, alors, une singularité de l'ergonomie. Dans ce double mouvement, se joue le dispositif d'échange entre les deux disciplines.

Marie LECLAIR : Psychodynamique du travail et justice, références mutuelles
L'idée de justice est au cœur de la psychodynamique du travail, comme référence morale, déclinée notamment dans l'étude de la banalisation de l'injustice sociale. Des juges se réfèrent aux découvertes de la psychodynamique du travail, pour nourrir l'œuvre de justice comme pour aborder leur propre souffrance au travail et inventer une action propice à préserver et cultiver un travail judiciaire vivant, indispensable à l'effectivité de l'état de droit.

Alberto LUCHETTI : Quelques questions ouvertes entre psychodynamique du travail et théorie de la séduction généralisée
La psychodynamique du travail est née de la rencontre de la clinique du travail avec la psychanalyse surtout à partir de la théorie de la séduction généralisée proposée par Jean Laplanche. Peut-on aujourd'hui tracer convergences et divergences entre les deux, leurs apports réciproques et des écarts éventuels entre elles ?

Claire PAGÈS : Clivage, enfance et travail
Christophe Dejours a livré l'analyse de deux clivages. D'une part, le clivage à l'intérieur du moi qui permet au travailleur un fonctionnement normopathique en secteur. D'autre part, le clivage entre inconscient sexuel refoulé et inconscient amential, formé de messages adressés par l'adulte à l'enfant rendus intraduisibles par leur caractère de violence ou d'abus. Dans son dernier livre, Pratique de la démocratie, Christophe Dejours précise la manière dont il faut concevoir l'articulation de ces deux clivages. En retour, émergent aussi d'autres interrogations. Comment comprendre que nous soyons tous clivés, compte tenu de la genèse spécifique de l'inconscient amential ? Comment évolue ensuite le fonctionnement en secteur avec les transformations les plus récentes de l'organisation du travail ? L'enjeu sera pour nous de discuter de la double théorie dejourienne du clivage ainsi que du lien qu'elle tisse entre enfance et travail, tant d'un point de vue anthropologique que de celui de la clinique contemporaine du travail.

Claire Pagès est professeure de philosophie sociale et politique à l'université Paris Nanterre (Sophiapol) et chercheuse associée à l'Institut de psychodynamique du travail (Paris). Spécialiste de philosophie des sciences humaines principalement du domaine allemand, elle travaille à l'articulation de la philosophie, de la psychanalyse et de la sociologie.
Publications
Lyotard et l'aliénation, PUF, "Philosophies", 2011.
Hegel & Freud. Les intermittences du sens, CNRS Éditions, 2015.
Qu'est-ce que la dialectique ?, Vrin, "Chemins philosophiques", 2015.
Norbert Elias, Les Belles Lettres, "Figures du savoir", 2017.
Pierre Clastres. Les Sociétés contre l'État, Amsterdam, "L'émancipation en question", 2024.
Dormir. Essai de philosophie sociale, Vrin, "Philosophie du présent", à paraître en 2026.
Jean-Français Lyotard, PUF, "Que sais-je ?", à paraître en 2026.

Jocelyne PORCHER : Penser le travail animal grâce à la psychodynamique du travail
Les rapports subjectifs des animaux au travail sont un impensé des sciences sociales autant que des sciences de la nature. C'est la psychodynamique du travail qui a permis de poser les bases de recherches sur le sujet en proposant des concepts et une théorie du sujet au travail que nous avons pu mobiliser de façon cohérente et robuste à propos des animaux. Depuis ma rencontre avec Christophe Dejours dans les années 2000, la question du travail animal étudiée au prisme de la PDT nous a permis de poser des questions nouvelles aux animaux et d'en obtenir de passionnantes réponses. C'est indéniablement la richesse de cette théorie pour penser le travail vivant qui a permis ces résultats inédits.

Emmanuel RENAULT : Les exigences démocratiques sont-elles compatibles avec l'organisation hiérarchique du travail ?
Il s'agira dans cette intervention de discuter les arguments suivant lesquels les hiérarchies de pouvoir et de compétence qui structurent les lieux de travail sont incompatibles avec des exigences de démocratisation radicales. On soutiendra que la psychodynamique du travail fournit des moyens de remettre en cause la pertinence de ces arguments, et on saisira l'occasion de discuter la manière dont Christophe Dejours pose la question de la démocratisation du travail dans Pratique de la démocratie. Servitude volontaire, travail et émancipation (Vrin, 2025).

Duarte ROLO : L'inconscient amential, un "réservoir de violence" ? Fonction et statut de la violence dans la troisième topique de Christophe Dejours
La troisième topique de Christophe Dejours est une théorie métapsychologique qui accorde une place centrale à la violence. La violence est impliquée dans la genèse de l'inconscient amential, par le biais de la violence que les adultes exercent sur le corps de l'enfant — ce que Dejours qualifie d'"accidents de la séduction" en référence à la théorie de la séduction généralisée de Jean Laplanche. Mais la violence est également un des modes d'expression privilégiés de l'inconscient amential. Il s'agira dans cette communication de revenir sur la fonction et le statut de la violence dans la troisième topique de Christophe Dejours.


Psychodynamique du travail et travail de thèse : une discussion interdisciplinaire, table ronde avec Armando ARATA, Brian DÉMAS et Gaia PATTI
Cette séance sera consacrée à une table ronde où trois doctorants expliqueront l'apport de la psychodynamique du travail dans leur thèses s'inscrivant dans trois champs disciplinaires différents (psychopathologie, ergonomie et philosophie). Ce sera l'occasion pour discuter de l'interdisciplinarité propre à la psychodynamique du travail aussi bien que pour réfléchir au rapport subjectif au travail de recherche, à la lumière de la PDT.

Armando ARATA
Armando Arata, professeur certifié d'italien, est titulaire d'un master en philosophie de l'université de Turin (Italie). Il est actuellement doctorant en Peace Studies entre l'université "La Sapienza" de Rome et l'université Paris Nanterre. Il mène des recherches portant sur l'œuvre de Primo Levi. Collaborateur de la revue scientifique Philosophy Kitchen, il est l'un des traducteurs de C. Dejours : L'ingranaggio siamo noi (Mimesis, Milano-Udine, 2021) et a publié l'article "Auteur de Primo levi et de la zone grise : une réflexion sur l'usage de cette notion pour l'analyse du travail contemporain" (Travailler, 2023/2, n°50).

Brian DÉMAS
Brian Démas est membre du laboratoire d'intervention et de recherche ATEMIS. Depuis 2023, il est doctorant à l'université Lyon 2, en ergonomie. Sa recherche s'appuie sur un travail de recherche-intervention mené depuis plusieurs années par ATEMIS auprès du Réseau Cocagne. Elle porte sur la conduite de l'action engagée au sein du Réseau Cocagne dans une perspective de "bien-vivre alimentaire" : comment penser une démarche de transformation institutionnelle - instituante - favorable à l’alimentation durable depuis l'activité des professionnels ?

Gaia PATTI
Gaia Patti est psychologue clinicienne à l’hôpital de jour de l’Association du Centre Etienne Marcel à Paris et doctorante à l’Université Paris Cité, Laboratoire Psychologie Clinique, Psychopathologie, Psychanalyse. Elle est membre de l’Institut de Psychodynamique du Travail. Sa recherche porte sur la métapsychologie du corps dans la psychose et sur le travail de soin dans les institutions psychiatriques.


BIBLIOGRAPHIE :

• DEJOURS C. (1980), Travail : usure mentale. Essai de psychopathologie du travail, Éditions du Centurion (Nouvelle édition augmentée, "De la psychopathologie à la psychodynamique du travail", Bayard Éditions, 1993 ; 3ème édition augmentée, 2000 ; 4ème édition, 2009).
• DEJOURS C., FAIN M. [sous la direction de] (1983), Corps malade et corps érotique, Éditions Elsevier Masson (2ème tirage, 1986).
• DEJOURS C., VEIL C., WISNER A. [sous la direction de] (1985), Psychopathologie du travail, Entreprise Moderne d'Édition.
• DEJOURS C. (1986), Le corps entre biologie et psychanalyse. Essai d'interprétation comparée, Préface de François DAGOGNET, Édition Payot (2ème édition, 1989).
• DEJOURS C. [sous la direction de] (1988), Plaisir et souffrance dans le travail, Séminaire Interdisciplinaire de Psychopathologie du travail, Édition de l'AOCIP, Tome I, Tome II (2ème édition, 1992 ; nouvelle édition, 2001).
• DEJOURS C. (1989), Recherches psychanalytiques sur le corps. Répression et subversion en psychosomatique, Éditions Payot.
• DEJOURS C., ABDOUCHELI E., JAYET C. (1994), Psicodinâmica Do Trabalho, Editora Atlas Sa.
• DEJOURS C. (1995-2023), La facteur humain, 8ème édition mise à jour, Presses Universitaires de France, Collection "Que sais-je ?".
• DEJOURS C. (1998), Souffrance en France. La banalisation de l'injustice sociale, Éditions du Seuil, "L'Histoire immédiate" (nouvelle édition augmentée, 2014).
• DEJOURS C. (1999), Conferencias Brasileiras, Fundacao Getulio Vargas Editora.
• DEJOURS C. (2001), Le corps d'abord. Corps biologique, corps érotique et sens moral, Éditions Payot-Rivages.
• DEBRAY R., DEJOURS C., FEDIDA P. (2002), Psychopathologie de l'expérience du corps, Éditions Dunod.
• DEJOURS C. (2003), L'évaluation du travail à l'épreuve du réel. Critique des fondements de l'évaluation, INRA Éditions, "Sciences en questions".
• DEJOURS C. (2004), Da Psicopatologia A Psicodinamica Do Trabalho, Selma LANCMAN & Laerte Idal SZNELWAR (Orgs.), Edicao Paradelo 15 & Co-edicao Fiocruz.
• DEJOURS, C. [sous la direction de] (2007), Conjurer la violence. Travail, violence et santé, Éditions Payot-Rivages (Édition de poche, 2011 ; 2019).
• DEJOURS, C. [sous la direction de] (2007), "Théorie de la séduction : validation, réfutation", Psychiatrie Française, Vol. XXXVIII, 4/07.
• DEJOURS C. (2009), Les dissidences du corps. Répression et subversion en psychosomatique, Éditions Payot.
• DEJOURS C., BEGUE F. (2009), Suicide et travail : que faire ?, Presses Universitaires de France.
• DEJOURS C. (2009), Travail vivant, Tome I : "Sexualité et travail", Tome II : "Travail et émancipation", Éditions Payot.
• DEJOURS C. [sous la direction de] (2010), Observations cliniques en psychopathologie du travail, Presses Universitaires de France, Collection "Souffrance et théorie".
• DEJOURS C. (2011), Da Psicopatologia A Psicodinamica Do Trabalho, Selma LANCMAN & Laerte Idal SZNELWAR (Orgs.), Edicao Paradelo 15 & Co-edicao Fiocruz (3a ediçao revista e ampliada).
• DEJOURS C., GERNET I. (2012), Psychopathologie du travail, Éditions Elsevier Masson, Collection "Les âges de la vie".
• DEJOURS C. (2012), La panne. Repenser le travail et changer la vie, Entretien avec Béatrice BOUNIOL, Éditions Bayard.
• DEJOURS C. (2015), El Sufrmiento En El Trabajo, Topia Editorial, Coleccion "Psicoanalisis, Sociedad y Cultura" (Secunda edicion ampliada, Topia Editorial, Coleccion "Psicoanalisis, Sociedad y Cultura", 2019).
• DEJOURS C. (2015), Le choix, Éditions Bayard.
• DEJOURS C., VOTADORO F. [sous la direction de] (2016), La séduction à l'origine. L'œuvre de Jean Laplanche, Colloque de Cerisy (2014), Presses Universitaires de France.
• DEJOURS C. (2016), Situations du travail, Presses Universitaires de France.
• CHAIGNOT-DELAGE N., DEJOURS C. [sous la direction de] (2017), Clinique du travail et évolutions du droite, Presses Universitaires de France.
• DEJOURS C., TESSIER H. [sous la direction de] (2018), Laplanche et la traduction : une théorie inachevée. Le mytho-symbolique : aide ou obstacle à la traduction ?, Presses Universitaires de France.
• DEJOURS C., DERANTY J.-P., RENAULT E., SMITH N. (2018), The Return Of Work In Critical Theory. Self, Society, Politics, Columbia University Press.
• DEJOURS C. (2019), Psicossomatica E Teoria Do Corpo, Editora Edgar Blücher Ltda.
• DEJOURS C., TESSIER H. [ed.] (2020), Narcissisme et "sexual" dans l'œuvre de Jean Laplanche, Presses Universitaires de France.
• DEJOURS C. (2021), Ce qu'il y a de meilleur en nous. Travailler et honorer la vie, Éditions Payot & Rivages.
• DEJOURS C. (2023), La panne : cesser d'être les esclaves du travail, 2ème édition revue et corrigée, Éditions Payot-Rivages.
• DEJOURS C. [sous la direction de] (2024), Écouter le travail vivant. Nouveaux chemins cliniques, Éditions de l'Atelier.
• DEJOURS C. (2025), Pratique de la démocratie. Servitude volontaire, travail et émancipation, Librairie philosophique VRIN.
• DEBOUT F., DEJOURS C., GERNET I., SCHWERING K.-L. (2025), Penser le corps. Théories psychanalytiques, Éditions de l'Atelier.


• DEJOURS C. (2019), L'entrée en résistance, écrit et réalisé avec Jean-Pierre BODIN et Alexandrine BRISSON ; Production : Compagnie La Mouline ; Co-Production : Les Tréteaux de France - Centre Dramatique National ; Office artistique de la région Nouvelle Aquitaine, La Mégisserie-Scène Conventionnée de Saint Junien ; Le Moulin du Roc-Scène Nationale à Niort ; DRAC Aquitaine ; Aide à la diffusion Ville de Paris et Ville de Niort. Représentations : Niort, 5-7-8 nov. 2019 ; Saintes, 18-19 nov. 2019 ; Saint Junien, 24 nov. 2019 ; Paris, Théâtre de la Reine Blanche, 27 nov. 2019 - 5 janv. 2020 ; Le Mans, 9 -10 janv. 2020, Éditions Azoé, 2021.
• BODIN J.-P., BRISSON A., DEJOURS C. (2012), Très nombreux, chacun seul, Production GRAT/Jean-Louis Hourdin, Ville de Chauvigny, Mégisserie/SainJunien, Théâtre Dijon-Bourgogne ; Compagnie La Mouline, DRAC Nouvelle Aquitaine ; Création Théâtre Dijon Bourgogne, Éditions Azoé, 2021.


SOUTIENS :

• Association PSY T A
• Institut de Psychodynamique du Travail (IPDT)
• Association Française de Psychodynamique et Psychopathologie du Travail (AFPPT)
• Laboratoire "Psychologie clinique, Psychopathologie Psychanalyse" (PCPP, UR 4056) | Université Paris Cité
• Laboratoire ATEMIS LIR - Laboratoire d’intervention et de recherche
Syndicat de la Magistrature


BULLETIN D'INSCRIPTION


Nous vous remercions très sincèrement de l'intérêt que vous portez à ce colloque.

Malheureusement celui-ci affiche déjà complet, nous sommes donc au regret de ne pouvoir accepter de nouvelles demandes d'inscription.

Nous en sommes sincèrement désolés et nous vous remercions pour votre compréhension.

Le Secrétariat de Cerisy