Programme 2021 : un des colloques

Programme complet


LA MODE COMME INDISCIPLINE :
TERRITOIRES D'EXPRESSIONS ET DE RECHERCHES


DU MARDI 31 AOÛT (19 H) AU SAMEDI 4 SEPTEMBRE (14 H) 2021

[ colloque de 4 jours ]


Carte blanche à Zoé Guédard / Invitation aux musées week-end #1 /
Centre National de Danse (Pantin, novembre 2018)


DIRECTION :

Mathieu BUARD, Denis DARPY, Céline MALLET, Aurélie MOSSÉ


ARGUMENT :

Exposée, médiatisée, encensée ou critiquée, la mode définit une partie conséquente de l'histoire matérielle et est un indéniable agent d'intelligibilité du contemporain. À l'image de son industrie complexe et mobile, la mode constitue une discipline en devenir, un champ de recherche interdisciplinaire qui s'est progressivement approprié les grilles d'analyse et les outils critiques des sciences voisines tout en se nourrissant de ses propres paradoxes et ambiguïtés.

Entre permanence et nouveauté, matérialité et immatérialité, ce colloque a pour vocation de témoigner de la richesse de ce champ de la création en esquissant un état des lieux de la pensée sur, par et pour la mode. Il est articulé autour de quatre thématiques centrales : un premier temps se consacre à la formation des styles entre poncifs, normes et transgressions ; un deuxième temps aborde la question de l'industrie et du mal, où la mode déploie un système de création et de production divers, redoutable, mais aussi ambitieux et prospectif ; un troisième temps offre d'explorer les processus actuels de création à l'aune d'une nécessaire perspective écologique et de résilience ; enfin ce colloque se conclue sur la question de la transmission des savoir-faire et des formes de la conservation de la mode, avec sa dimension artistique et patrimoniale.

Chercheurs, philosophes, créateurs, auteurs de performance, collectionneurs et directeurs artistiques sont ainsi conviés pour interroger ensemble ces territoires.


MOTS-CLÉS :

Conservation, Création, Éco-conception, Industrie et mal, Métiers, Patrimoine, Procédés ingénieux, Style image poncif


COMMUNICATIONS (suivies de débats) :

TEMPS 1 — STYLE IMAGE PONCIF
Véhicules et formes du style, du paraître, nouveaux monstres et nouvelles natures… Où il est question de la dimension artistique de la mode, du vêtement manifeste ; mais encore de la manière et de l'air du temps, des corps et de leur représentation, entre normes et transgressions, culture
camp ou poncifs.
Odile BLANC : Classiques & basiques : des poncifs dans le vêtement ?
Claire BRUNET : Pourquoi Baudelaire ? Une archéologie du poncif
Emanuele COCCIA : Vie et mort du lifestyle. L'histoire du concept entre mode, marketing et cultural studies
Zoé GUÉDARD : "Basic" [performance]
Gabrielle SMITH : L'avant-dernière mode
Gabrielle SMITH & Samuel BARDAJI : "Poliche" [performance]

TEMPS 2 — L'INDUSTRIE ET LE MAL
Industrie cachée, réalité ou rêve industriel… Où il est question du système industriel de la mode pris dans l'écart entre le créateur et le "marketeur", des relations exiguës et ambiguës entre économie et société, système et marché, artisan et auteur.

Cyril CABELLOS (sous réserve)
Colette DEPEYRE : Regards croisés sur le "marché de la mode" et ses controverses
Eléna JOUFFE : Western moderne : les postures contemporaines dans l'industrie de la mode

TEMPS 3 — ÉCO-CONCEPTION, PROCÉDÉS INGÉNIEUX ET INDUSTRIEUX
Où il s'agit d'aborder, d'interroger les matériaux, les procédés, les modes de fabrication, les usages et mes-usages de la mode, avec un angle écologique et de résilience.

Rebecca EARLEY : From sustainable to circular fashion textile design
Tony JOUANNEAU : Savoir-faire symbiotiques : révéler le vivant à l'œuvre
Agnès LABOUDIGUE : Quelles innovations technologiques, de procédé, d'organisation pour une mode durable ? Créer le lien entre la recherche et les entreprises de la mode
Aurélie MOSSÉ : Recherche par le design : indisciplinée résilience par la matière ?
Pauline VAN DONGEN : Becoming-with nature through soft and embodied solar design

TEMPS 4 — PATRIMOINE ET MÉTIERS, CONSERVATION ET CRÉATION
Où il s'agit de parler de l'évolution des bases de connaissances et des pratiques, du vécu de ces pratiques, des permanences et des nouveautés au niveau de l'artisan, du commerçant, de l'industriel, du directeur artistique, "des gardiens du temple" exerçant leurs métiers, et au niveau de la communication industrielle et culturelle.

Guillaume BLANC : L'habit fait-il l'auteur ? Photographie, livre et mode au tournant du XXe siècle
Olivier CHATENET : Une collection des collections — du vintage au patrimoine
Farid CHENOUNE : Fashion / Mode : un couple complexe
Émilie HAMMEN : La mode et son "devenir art" au passage du siècle (XIXe-XXe)
Marlène VAN DE CASTEELE : Processus définitionnels des objets photographiques de mode dans les collections muséales françaises
Jeanne VICERIAL : Clinique Vestimentaire. "Prêt-à-mesure", conserver des méthodes de couture ancestrale dans un processus de création innovant


RÉSUMÉS :

Guillaume BLANC : L'habit fait-il l'auteur ? Photographie, livre et mode au tournant du XXe siècle
Au seuil des années 1970, le champ de la photographie se restructurait autour de la figure de l'auteur, pour affirmer la valeur artistique du médium. L'auteur entendait livrer une expression subjective par la série, qui trouvait tout naturellement sa place dans la forme du livre. Dans le même temps, la photographie de mode explorait de nouvelles approches esthétiques, se libérant petit à petit du carcan imposé par les grands magazines. Les photographes de mode voulaient eux aussi affirmer leur regard et ne plus seulement passer pour d'excellents fabricants d'images de rêve. Mais ce n'est que bien plus tard, au tournant du siècle, que le livre fut plus systématiquement investi par les photographes de mode. En parcourant la constellation de quelques propositions marquantes où l'édition photographique a rencontré la photographie de mode, on essaiera de concevoir le livre comme le lieu d'un échange entre une photographie appartenant au champ de la mode, et une autre appartenant à celui de l'art.

Odile BLANC : Classiques & basiques : des poncifs dans le vêtement ?
Certaines pièces de nos vestiaires défient l'offre pléthorique de renouvellement comme l'épreuve du temps. Tee-shirt — ce "basique" incontournable des années 80 — jean, marinière, trench coat… la liste est longue des vêtements incessamment proposés, de saison en saison, par les enseignes de luxe comme de prêt-à-porter. Quand leur existence parfois longue semblait les frapper d'obsolescence, quand leur omniprésence dans des vestiaires bon-chic-bon-genre fleurait l'ennui, les voilà à nouveau célébrés. Non plus à côté voire à rebours de la mode, mais bien consubstantiels. Non plus répétition poussive d'un schéma usé, mais modèle absolu. Rebaptisés "icônes", les classiques seraient-ils des poncifs qui ont réussi ? Ces termes méritent réflexion, interrogent le rapport de la mode au temps, à la matérialité du vêtement, au corps. Quelques invariants de nos vestiaires présents et passés m'aideront à en questionner le sens.

Claire BRUNET
Ancienne élève de l'ENS, docteur en philosophie, maître de conférences à l'ENS Paris-Saclay, Claire Brunet a d'abord traduit Michael Fried (La place du spectateur & Le modernisme de Manet), Rosalind Krauss (Passages, pour une histoire de la sculpture) et Oskar Bätschman (Poussin, dialectiques de la peinture). Elle édite depuis 2008 le séminaire de Charles Melman (psychanalyste), et travaille aujourd'hui à penser le design historiquement, — notamment autour de l'héritage du moderne baudelairien. Elle est actuellement membre du jury de la bourse Agora en design (responsable pour les écritures critiques) et membre du Centre de recherche en Design (CRD — ENS Paris-Saclay — ENSCI). Paraîtra en juin un numéro spécial de la revue Critique autour des questions d'architecture et de design qu'elle a coordonné avec Elie During, elle y publie un texte intitulé "La grille et le sérial killer, stratégies pour l'histoire du design". Et sera bientôt mis en ligne sur la plateforme PROBLEMATA un texte sur les photographies de Bunker Archéologie de Paul Virilio, "L'adieu aux images".

Colette DEPEYRE : Regards croisés sur le "marché de la mode" et ses controverses
L'industrie de la mode est bousculée: standardisation de l'offre, épuisement des ressources, gaspillage des vêtements, perte de savoir-faire, mise en danger de la main d'œuvre, discriminations… À partir d'une série de conversations avec des acteurs professionnels et académiques, nous reviendrons sur les débats qui questionnent aujourd'hui les pratiques et les contours du marché de la mode. Nous proposerons de les mettre en perspective à partir de plusieurs regards ancrés en sciences de gestion.

Colette Depeyre est maître de conférences à l'université Paris Dauphine-PSL et membre du laboratoire Dauphine Recherches en Management (UMR CNRS 7088). Ses recherches portent sur les processus d'adaptation des capacités des organisations et les dynamiques de marché associées, dans le contexte de projets industriels complexes et dans le domaine du textile, de la mode et du luxe. Ses projets s'intéressent aux transformations stratégiques sur des marchés contestés et aux dynamiques de savoir d'activités intellectuelles et créatives. Engagée depuis 2016 dans la préfiguration de l'EnaMoMa by PSL, elle est depuis 2020 responsable du Master Mode & Matière de l'université PSL. Elle a également participé au projet pédagogique Erasmus+ "Re-frame fashion" en partenariat avec l'université Erasmus de Rotterdam et l'université polytechnique de Gdansk.

Zoé GUÉDARD : "Basic" [performance]
S'habiller. Puis se déshabiller. Puis se rhabiller de la même tenue en laissant seuls les gestes du vêtement écrire une série de silhouettes distinctes. Sur l'idée d'une performance pensée pour le Centre National de la Danse en 2018, laquelle faisait état d'un "infini" défilé de silhouettes écrites en regardant les passants de rues, de villes ou de pays différents. "BASIC" est une performance pensée pour ce colloque, celle-ci soumettra le "re-jeu" d'une silhouette unique, d'un uniforme, d'une silhouette du quotidien indéfiniment composée et produite en direct. S'habiller tous les jours à l'intersection des habitudes et de la performance de soi.

Émilie HAMMEN : La mode et son "devenir art" au passage du siècle (XIXe-XXe)
À partir du milieu du XIXe siècle, l'industrie de la mode connaît une progressive et déterminante transformation : ses marchandises qui se distinguent par leur nouveauté, matérielle et technique, retiennent l'attention des critiques et historiens d'art. Là s'esquisse une première étape de son "devenir art", alors qu'à leur suite les entreprenant grands couturiers investissent une rhétorique artistique, empruntée aux beaux-arts, pour mieux définir leur acte de création. Il s'agira ainsi de revenir sur ces changements d'appréciation de la mode et son processus d'artification dont le dialogue avec les avant-gardes, au début du XXe siècle, constitue une forme de parachèvement.

Émilie Hammen est docteure en histoire de l'art de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et professeure à l'Institut français de la mode. Ses recherches portent sur les rapports entre art et mode aux XIXe et XXe siècles ainsi que sur des questions d'historiographie. Elle a co-écrit l'ouvrage Les Grands textes de la mode (2017) et poursuit son activité de designer et de chercheure au sein de l'industrie.

Eléna JOUFFE : Western moderne : les postures contemporaines dans l'industrie de la mode
La mode est une industrie qui excelle dans l'art de marketer l'image de l'artisan, de sa main, de son savoir-faire. Ce "tabou" industriel inhibe les prouesses en série qui permettent aux marques une diffusion mondiale. L'industrie est devenu le mal. Ce phénomène est exacerbé par l'obligation de mutation des maisons vers l'éco-responsabilité, qui est désormais un prérequis à la survie du modèle. Comment tenir ce nouvel objectif industriel et responsable, tout en le rendant encore plus désirable ? L'éco-conception se transforme en nouvel eldorado marketing.

Bibliographie ou références
IFM, Mode de recherche, n°18, "L'artisanat, la main et l'industrialisation".
Fashionnetwork (compilation).
Li Edelkoort, Anti Fashion Manifesto.
Sylvie Brunel, Que sais-je, le développement durable.

Agnès LABOUDIGUE : Quelles innovations technologiques, de procédé, d'organisation pour une mode durable ? Créer le lien entre la recherche et les entreprises de la mode
Pour concilier croissance économique et intérêt général (environnemental, social, etc.), les entreprises de la mode doivent innover à tous les maillons de la chaîne de valeur de leurs productions et services. De nouveaux champs d'innovation associés à une mode responsable et durable ont été identifiés lors des ateliers IDFI1. Les recherches alimentent ces différents champs en connaissances nouvelles ; elles adressent le sourcing, avec notamment les matériaux biosourcés, ou encore la valorisation des ressources locales. À l'autre bout de la chaîne, le concept de surcyclage vise à transformer chutes, rebuts et invendus en augmentant leur valeur dans leur nouvelle vie. Entre les deux, l'organisation de la production, le transfert des savoir-faire, la digitalisation, … sont autant d'objets de recherche au service d'une mode plus vertueuse. Un panorama de recherches récentes du réseau CARATS sera dressé en réponse à ce défi socio-économique.

(1) Cabanes B. (Éds), 2019, Innovation et recherche dans la mode et le luxe : exploration de champs d'innovation et programmes de recherche, Rapport de recherche : Programme CARATS, MINES ParisTech - PSL Université, p. 88.

Gabrielle SMITH : L'avant-dernière mode
Sublime devenu ridicule, intuition juste devenue malentendu, nouveauté devenue retard, le démodé suit la mode comme son ombre et ne peut s'en détacher. Ses espaces (ville éloignée de la cour, province éloignée de la ville, pays éloigné d'un autre), ses temporalités (générationnelles, saisonnières voire hebdomadaires) et ses mots (ringardise, dépassement, désuétude) varient historiquement avec ceux de la mode, sans pour autant se contenter d'en donner le double négatif. Il faut s'y pencher, non pas comme sur une série d'anecdotes, mais comme une catégorie de la perception, un ordre de sensations renvoyant à une "horreur préhistorique", selon les termes de W. Benjamin.

Bibliographie
Walter Benjamin, Paris, Capitale du XIXe siècle. Livre des passages, trad. Jean Lacoste, Paris, Cerf, 1989.
Roger Caillois, L'homme et le sacré, Paris, Gallimard, 1950.
Mircea Eliade, Le mythe de l'éternel retour, Paris, Gallimard, 1949.
Caroline Evans & Alessandra Vaccari, Time in Fashion. Industrial, Antilinear and Uchronic temporalities, Londres, Bloomsbury, 2020.
François Hartog, Chronos. L'Occident aux prises avec le temps, Paris, Gallimard, 2020.
Hans-Robert Jauss, Pour une esthétique de la réception, trad. C. Maillard, Paris, Gallimard, 1978.
Reinhart Koselleck, Le futur passé. Contribution à la sémantique des temps historiques, trad. J. Hoock et M.-C. Hoock, Paris, EHESS éditions, 2016.
George Kubler, Formes du temps : remarques sur l'histoire des choses, trad. Yana Kornel et Carole Naggar, Paris, Champ Libre, 1973.

Gabrielle SMITH & Samuel BARDAJI : "Poliche" [performance]
Le mannequin, la "potiche" spécialiste de la séduction et du charisme muet, s'hybride avec le bon vieux personnage de Commedia Dell'Arte Polichinelle qui, lui non plus, ne possède pas le langage. Pas de regards aguicheurs ni de chorégraphies muettes des hanches de son côté, il souffle plutôt dans un petit sifflet qui fait d'affreux bruits d'oiseaux et qui sont en fait autant d'insultes déguisées au public. Elle fait des aller-retours qui ne vont nulle part, prend des poses étranges. Il fait des cabrioles, bêtises, lazzis, et se voue à une errance joyeuse : ils étaient fait pour se rencontrer. Ici, ils se confondent pas et se transforment en un personnage hybride de mannequin au corps difforme, "Poliche".
Avec : Jules Bisson, Anna Carraud, Cécile Chatignoux, Jean-Charles Dumay, Elise Dël Aného, Boris Grzeszczak, Nini Huli, Thomas Kergot, Bertrand Poncet.
Création sonore : Antoine Chéry et Arthur Michel.
Costumes : Darius Dolatyari, Constance Tabourga, Paul Kaplan, Pia Dary, Maïa Dubois et Lisa Morice.
Scénographie : Quentin Raymond.

Marlène VAN DE CASTEELE : Processus définitionnels des objets photographiques de mode dans les collections muséales françaises
Cette présentation s'attache à retracer une biographie culturelle et matérielle des images de mode entreposées dans les collections photographiques publiques françaises (Palais Galliera, MEP, MAD). Il s'agit de suivre leur trajectoire, de leur entrée dans le musée jusqu'à leur évolution au sein des collections d'objets de mode et de photographie, de regarder leur mode d'acquisition, leur passage ou non à l'inventaire, leur conditionnement, et les différentes politiques de valorisation mises à l'œuvre avant que ces images ne se transmuent en un artefact isolé. Étant donné que ces images reproductibles destinées à être publiées dans des magazines éphémères n'ont alors aucune vocation à être conservées, comment ces photographies ont pu s'extraire du circuit économique dans lequel elles évoluaient, et perdre leur valeur d'usage, pour gagner en valeur culturelle en intégrant une collection muséale ? On peut aussi s'interroger sur le système de valeur et la hiérarchie instituée entre les objets du musée, démontrant que le hiatus entre photographie commerciale et photographie artistique persiste encore au sein de certaines institutions ; et ce bien que la photographie de mode ait été reconnue comme une forme d'expression artistique(1).
(1) En témoignent les nombreuses manifestations et expositions qui ont eu lieu en France ces dernières années (l'exposition Dora Maar au centre Pompidou, Peter Knapp à la Cité de la Mode et du Design, Harper's Bazaar au Musée des Arts Décoratifs et prochainement l'exposition célébrant le centenaire du Vogue Paris au Palais Galliera) ; ces expositions ayant été relayées aussi par des ventes aux enchères, des foires internationales, ou des festivals sur la photographie de mode, et faisant échos à l'épanouissement d'un marché de la photographie de mode.

Docteure en histoire de l'art contemporain et enseignante en histoire de la mode et des médias à l'ENSAD, Marlène Van de Casteele est conseillère scientifique au Palais Galliera, Musée de la Mode de la Ville de Paris, pour l'exposition célébrant le centenaire du Vogue Paris (septembre 2021-février 2022) et assistante d'exposition pour le suivi de l'exposition "Gabrielle Chanel, Manifeste de mode" à l'international.
Publications
"La photographie de mode aux XXe et XXIe siècles", in Mode et vêtement. Études visuelles et culture matérielle, anthologie codirigée par Philippe Sénéchal et Damien Delille, Paris, Éditions Les Arts Décoratifs (à paraître).
"Frog, un magazine transatlantique (1920-1939)", in Vogue Paris 100 ans, Paris, Palais Galliera, Musée de la Mode de la ville de Paris (à paraître).
"La photographie de mode, une image plurielle", in Les collections photographiques du Musée des Arts Décoratifs, Paris, Éditions Les Arts Décoratifs (à paraître).
"Power, Competition, Conflict : The Collective Labour of Fashion Photography at American Vogue (1940-1942)", numéro special "Fashion Labor Through and Beyond Organizations", The International Journal of Fashion Studies (à paraître).
"Fashioning the Beaton Portraits : 1928-1968 exhibition", in Museum Exhibition Design : Histories and Futures, ouvrage scientifique sous la direction de Claire Wintle, Londres, Éditions Routledge (à paraître).

Pauline VAN DONGEN : Becoming-with nature through soft and embodied solar design
The prevailing vision in which people see themselves as separate from and superior to the natural world is at the root of the ecological crisis. The fashion industry being a striking and painful example of the ongoing violation of planetary boundaries. Based on her own design practice, Van Dongen will discuss the ways in which soft and embodied solar design can invite a becoming-with nature that society has long lost. Solar technology not only immediately raises questions of sustainability and self-sufficiency as well as about the longevity of garments, but also opens up new avenues to rethink the relationship between humans, the sun and nature in a broader sense. Using several case studies, she will explain how a focus on the material-aesthetics qualities of solar technology makes it possible to break with a technocratic, functional understanding. In doing so, she promotes a relational view that enables us to attend to the connectedness between body and sunlight and how it shapes everyday practices.

Pauline van Dongen (1986, Amsterdam) is a fashion designer and researcher specialised in smart clothing and textiles. Her design studio develops alternatives for fashion by exploring how technology, such as electronics and smart materials, can add new value and meaning to clothing and can enhance the way we experience the world around us. Her studio received international recognition with projects such as the Solar Shirt, Phototrope and Issho.
www.paulinevandongen.nl

Jeanne VICERIAL : Clinique Vestimentaire. "Prêt-à-mesure", conserver des méthodes de couture ancestrale dans un processus de création innovant
Aujourd'hui, nous connaissons principalement deux techniques de création et de réalisation vestimentaire : le sur-mesure et le prêt-à-porter. Celles-ci sont habituellement opposées. Si l'on compare ces deux modèles de conception vestimentaire, on constate que: pour le prêt-à-porter, l'individu doit appartenir à une taille et s'y adapter, alors qu'en sur-mesure, c'est le vêtement qui s'adapte à la personne. La présente recherche étudie ces différentes approches afin de les faire converger vers de nouveaux systèmes de création et réalisation vestimentaire qui prennent la forme d'un nouveau paradigme : le "prêt-à-mesure". Dans la conception prêt-à-porter, le vêtement peut-être considéré comme un produit consommable alors qu'avec le sur-mesure, le vêtement acquiert un statut particulier de par son rapport avec la main de celui qui l'a conçu/fabriqué. Le prêt-à-mesure tend vers ce statut de vêtement-objet en lien avec le corps de celui qui le porte. Le paradigme de la conception en prêt-à-mesure concilie les avantages des deux approches : la rapidité d'obtention du prêt-à-porter et le caractère unique et spécifique du vêtement en sur-mesure. Ce travail est abordé en recherche par le faire, une recherche par le design.

Née en 1991, Jeanne Vicerial se tourne dès l'adolescence vers la confection vestimentaire. Après des études aux Arts Décoratifs, elle engage un travail de recherche en design vêtement qui prendra la forme d'une thèse de doctorat SACRE, questionnant les moyens de conception vestimentaire contemporains, et proposant une alternative à la dichotomie sur mesure/prêt-à-porter liée au système de la fast fashion. Elle approfondit cette recherche par la mise au point, grâce à un partenariat avec le département de mécatronique de Mines-ParisTech, d'un procédé robotique breveté permettant de produire des vêtements sur mesure, sans chute. Parallèlement, elle engage une démarche artistique qui la pousse à fonder, après un passage chez Hussein Chalayan, le studio de design Clinique Vestimentaire. Développant de nouveaux principes de création textile, elle s'inspire principalement des fibres musculaires afin de créer ses propres tissages. Pensionnaire à l'Académie de France à Rome - Villa Médicis en 2019-2020, elle développe un travail proche de la sculpture, exposé à Rome, à la Fondation Lambert (Avignon) et entré dans les collections du CNAP. En 2021 aura lieu une exposition personnelle aux Magasins Généraux (Pantin).


BIBLIOGRAPHIE :

• Blanc O., 1997, Parades et parures. L'invention du corps de mode à la fin du Moyen Âge, Paris, Gallimard, "Le temps des images".
• Blanc O., 2009, Vivre habillé, Klincksieck, Collection "50 questions".
• Bruggeman D., 2018, Dissolving the ego of fashion : engaging with human matters, ArtEZ Press.
• Earley B., Goldsworthy K., 2019, "Circular Textile Design : Old Myths and New Models", in Charter, M., (ed.), 2019, Designing for the circular economy, Londres, Routledge.
• Ewans C., 2013, The Mechanical Smile : Modernism and the First Fashion Shows in France and America, 1900-1929, Yale University Press.
• Chenoune F., Müller F., 2010, Yves Saint Laurent, La Martinière.
• Chenoune F., 1993, Des modes et des hommes - Deux siècles d'élégance masculine, Flammarion.
• Delille D. & Senechal P., 2020, Modes et vêtements. Retour aux textes, UCAD.
• Granata F., 2017, Experimental Fashion - Performance Art, Carnival and the Grotesque Body, I.B. Tauris.
• Hammen E., Simmenauer B., Les Grands Textes de la Mode, Éditions du Regard, IFM.
• Mosse A., Bassereau J.-F., 2019, "Soft Matters : en quête d'un design textile et matière plus résilient", Sciences du Design, n°9 "Développement durable" (Mai 2019), Paris, Presses universitaires de France.
• Niinimäki K., Peters G., Dahlbo H., Perry P., Rissanen T., Gwilt A., 2020, "The environmental price of fast fashion", Nature Reviews Earth & Environment, Volume 1.
• Rissanen T. & McQuillan H., 2016, Zero waste fashion design, London, Bloomsbury.
• Rocamora A., Smelik A. (eds), 2015, Thinking Through Fashion : A Guide to Key Theorists, London, I.B.
• Van Dongen P., 2019, A designer's material-aesthetics reflections on Fashion and Technology, ArtEZ Press.
• Vicerial J., 2019, Clinique Vestimentaire : Pour un nouveau paradigme de la création & réalisation vestimentaire sur-mesure, Thèse doctorale, Paris, École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs.

Modes pratiques. Revue d'histoire du vêtement et de la mode, Créée et soutenue depuis 2015 par l'École Duperré, l'Institut de Recherches Historiques du Septentrion (IRHiS) de l'université de Lille et depuis 2019 par le Laboratoire InVisu (CNRS-INHA).


SOUTIENS :

École Duperré ParisHESAM Université
• École nationale supérieure des Arts Décoratifs [ENSAD]
Université Paris Dauphine // MINES ParisTech — Université PSL (Paris, Sciences & Lettres) | PSL


BULLETIN D'INSCRIPTION


La date de l'ouverture des inscriptions pour les auditeurs sera définie au regard des informations concernant l'évolution de la crise sanitaire.