Programme 2021 : un des colloques

Programme complet


L'EUROPE DU CINÉMA


DU MERCREDI 29 SEPTEMBRE (19 H) AU DIMANCHE 3 OCTOBRE (14 H) 2021

[ colloque de 4 jours ]



DIRECTION :

Vincent AMIEL, José MOURE, Benjamin THOMAS, David VASSE


ARGUMENT :

L'objectif de cette rencontre est de repérer et d'analyser ce qui, au XXe siècle, a pu construire, dans le domaine du cinéma, un espace de création transnational. Il ne s'agit pas tant de s'intéresser à des représentations de l'Europe, ou d'idées européennes, que de repérer des transferts effectifs (fortuits ou non) entre les créateurs de pays différents, et qui constituent de fait, au fil des décennies, un espace cinématographique européen.

Les directeurs allemands de la photographie quittent par exemple la République de Weimar ou le régime nazi naissant pour essaimer dans les pays alentour, les techniques de jeu théâtral s'étendent au-delà des expérimentations soviétiques pour toucher des acteurs et actrices de l'Ouest, les coproductions franco-italiennes des années 50-60 constituent un territoire de création presque autonome par rapport aux autres productions de l'époque, les militants politiques des années 70 font un va-et-vient entre Paris et Rome… Sans compter évidemment les innombrables adaptations de textes dramatiques ou romanesques qui, parfois massivement, déplacent des thématiques ou des dispositifs d'un pays à l'autre.

N.B. : Ce colloque ayant été initialement prévu en 2020, il vous est possible d'accéder à sa présentation 2020 : cliquer ici.


MOTS-CLÉS :

Cinéma, Esthétique, Europe, Histoire, Histoire des formes, Transferts culturels, XXe siècle


CALENDRIER PROVISOIRE :

EN COURS DE RÉVISION


BULLETIN D'INSCRIPTION


La date de l'ouverture des inscriptions pour les auditeurs sera définie au regard des informations concernant l'évolution de la crise sanitaire.

Programme 2021 : un des colloques

Programme complet


POÉSIE ET POLITIQUE DANS LES MONDES NORMANDS MÉDIÉVAUX
( IXe - XIIIe SIÈCLE )


DU MERCREDI 29 SEPTEMBRE (19 H) AU DIMANCHE 3 OCTOBRE (14 H) 2021

[ colloque de 4 jours ]


Bern, Burgerbibliothek, Cod. 120.II, f. 139r (www.e-codices.ch). Petrus de Ebulo : Liber an honorem Augusti


DIRECTION :

Alban GAUTIER, Marie-Agnès LUCAS-AVENEL, Laurence MATHEY-MAILLE


ARGUMENT :

Le colloque interrogera les rapports entre poésie et pouvoir en favorisant les échanges entre historiens et spécialistes des littératures latines et vernaculaires des Mondes normands médiévaux du IXe au XIIIe siècle. On étudiera les poèmes composés sur un vaste territoire — celui des diasporas vikings et normandes, de l'Islande à l'Italie méridionale (Îles Britanniques, Scandinavie, Rus' kiévienne, une partie de l'Orient latin) — pour examiner la manière dont la poésie (1) s'inscrit dans un contexte politique particulier (poésie encomiastique, satirique) ; (2) est le lieu d'une représentation des pouvoirs politiques ou de transmission de conceptions morales ou religieuses (miroirs des princes, poésie didactique, gnomique…) ; (3) peut être préférée à la prose pour véhiculer des idées politiques.


MOTS-CLÉS :

Histoire, Langues et littératures, Langues vernaculaires, Latin, Moyen Âge, Normandie, Poésie, Politique, Scandinavie, Viking


CALENDRIER PROVISOIRE :

Mercredi 29 septembre
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Jeudi 30 septembre
Matin
Alban GAUTIER, Marie-Agnès LUCAS-AVENEL, Laurence MATHEY-MAILLE : Introduction

SESSION 1. VIKINGS, CHEVALIERS ET ROIS : LE POUVOIR, LES ARMES ET LES LETTRES
A. Batailles et poésie encomiastique

Klaus Johann MYRVOLL : Poetics and politics in the skaldic account of the battle of Hafrsfjord
Stéphane LAÎNÉ : Les enjeux de la bataille du Val-ès-Dunes

Après-midi
B. Poésie de cours dans le royaume anglo-normand et en Sicile
Laura CAMINO : Una fábula para la condesa. Historia y ficción en el poema epistolar que Baudri de Bourgueil compuso para Adela de Normandía
Roberto ANGELINI : Le poème "Vix loquar aut scribo, vix lingua manusque laborant" du ms. Oxford, Bodleian Library, Rawlinson G. 109
Philippa BYRNE : Poetry, dialogue, and court politics in later twelfth-century Sicily


Vendredi 1er octobre
Matin
C. Paroles de rois et paroles aux rois
Alban GAUTIER : Commander et combattre : le roi et ses guerriers dans la poésie vernaculaire du long Xe siècle
Simon LEBOUTEILLER : Sigvatr Þórðarson, le "poète-diplomate". Les scaldes comme messagers, intermédiaires et négociateurs dans la Scandinavie médiévale
Victor BARABINO : Les "rois scaldes" : la formation militaire des souverains dans la poésie scaldique des Xe-XIIIe siècles

Après-midi
D. Conquêtes et diasporas
Caitlin ELLIS : The politics of poetic preservation : the viking to Norman transition in the Irish Sea region
Jean-Louis PARMENTIER : Conquêtes, invasions, violences : quels discours sur le traitement des captifs dans la poésie latine (IXe-XIe siècle) ?
Françoise LAURENT & Laurence MATHEY-MAILLE : Poésie et politique dans le prosimetrum de Dudon de Saint-Quentin
Marta CAMELLINI : Rollon et la perception de la conquête normande. Pistes pour l'étude de l'identité et de l'usage politique de la mémoire


Samedi 2 octobre
Matin
SESSION 2. POUVOIR ET RELIGION
A. Païens et chrétiens

Mikael MALES : Paganism, panegyrics and the Revelation of John
Bianca PATRIA : Political and literary trends in skaldic style at the turn of the millennium

B. Pouvoir laïc et pouvoir religieux
Baptiste LAÏD : Du tirant emperur au roi chrétien : le pouvoir royal comme autorité religieuse dans Barlaam et Josaphat et Les sept dormants du poète anglo-normand Chardri (XIIe siècle)
Laura VANGONE : L'hagiographie métrique dans le duché de Normandie

Après-midi
"HORS LES MURS" — VISITE DE LA CATHÉDRALE DE COUTANCES

Marie-Agnès LUCAS-AVENEL : Les satires socio-politiques de Serlon de Bayeux (An satira censes plus tela nocere vel enses ?)


Dimanche 3 octobre
Matin
Hélène TÉTREL, Ásdís Rósa Magnúsdóttir & Ingvil BRÜGGER BUDAL : Le fait poétique à l'épreuve de la traduction : l'exemple des sagas de chevaliers
Pierre BAUDUIN : Conclusions

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Roberto ANGELINI : Le poème "Vix loquar aut scribo, vix lingua manusque laborant" du ms. Oxford, Bodleian Library, Rawlinson G. 109
Cette intervention consiste en l'édition et l'examen du poème inédit, inc. : Vix loquar aut scribo, vix lingua manusque laborant, transmis par le ms. Oxford, Bodleian Library, Rawlinson G. 109 (SC 15479), pp. 51-66 : une anthologie du type le plus ancien, copiée dans le nord de la France ou en Angleterre sur la base d'un antigraphe français. C'est un texte composé de 40 distiches élégiaques à la louange d'un roi reconnaissable par les grandes entreprises politiques et juridiques mentionnées, comme Henri Ier d'Angleterre, le "Lion de la Justice", spécialement pour la mention, aux vv. 40-43, de la conquête militaire paternelle des terres étrangères. On mettra en évidence les spécificités métriques, les sources et les références apprises, et également on fera progresser la reconstruction du contexte historique et politique de référence. Une comparaison avec d'autres textes poétiques, également inédits et non étudiés, présents dans le même manuscrit, nous permettra d'avancer quelques hypothèses d'attribution des vers.

Roberto Angelini a obtenu une maîtrise et un doctorat à l'université de Florence. Son institution d'affiliation est la Società Internazionale per lo Studio del Medioevo Latino, Firenze. Ses domaines de recherche sont la poésie du XIe-XIIe siècle, l'hagiographie, la philologie et la littérature latine du XVe-XVIe siècle.
Dernières publications
Il carme "Heu, sors, quam subito vela beatis" (Oxford, Bodleian Library, Rawlinson G. 109, f. 49), Edizione, commento e attribuzione a Ildeberto di Lavardin, "Medioevo e Rinascimento" 23 (2012), 1-11.
Il carme "Clauditur integra lux viginti quattuor horis" (Paris, BNF, lat. 7596 A). Analisi per l'attribuzione a Ildeberto di Lavardin in Le sens du temps. The Sense of Time, Actes du VIIe Congrès du Comité International de Latin Médiéval, Proceedings of the 7th Congress of the International Medieval Latin Committee (Lyon, 10-13.09.2014), Genève, Droz, 2017, pp. 721-740.
Il codice Firenze, Biblioteca Nazionale Centrale II.II.94, testimone autografo di Ugolino Verino in Collezioni d'autore nel medioevo. Problematiche intellettuali, letterarie ed ecdotiche, Firenze, SISMEL, Edizioni del Galluzzo, 2018, pp. 183-200.
Topographical and Thematic Perspectives in the Latin Poetry of the First Anglo-Norman Kings, "Tabularia" (2018).
L'ultimo Verino : i carmi in lode di san Giovanni Gualberto in La memoria del chiostro. Studi in ricordo di Padre Pierdamiano Spotorno O.S.B., archivista, bibliotecario e custode di Vallombrosa (1936-2015), Firenze, L.S. Olschki, 2019, pp. 585-637.

Victor BARABINO : Les "rois scaldes" : la formation militaire des souverains dans la poésie scaldique des Xe-XIIIe siècles
Dans la poésie scaldique composée en Islande et en Norvège à partir du Xe siècle, de nombreuses strophes sont attribuées à des souverains scandinaves, notamment aux rois de Norvège. Ces strophes, intégrées à des sagas royales au XIIIe siècle, se présentent donc comme la parole de souverains, bien qu'elles n'aient souvent pas été composées par les individus auxquelles elles sont attribuées. Elles constituent ainsi un témoignage de ce qu'on pourrait appeler une parole poétique des rois. Dans ce cadre, plusieurs strophes scaldiques servent en particulier à faire le récit de la formation militaire des souverains, étape essentielle de leur ascension au pouvoir qui sera au cœur de cette étude. En s'appuyant sur des outils d'édition numérique, cette contribution vise ainsi à donner un aperçu du vivier que constituent les sources scaldiques pour les historiens actuels de la Scandinavie médiévale.

Doctorant au CRAHAM (Université de Caen) sous la direction d'Alban Gautier et de Ryan Lavelle (University of Winchester), Victor Barabino s'intéresse aux relations entre guerre et religion en Scandinavie, en confrontant la poésie scaldique aux autres sources narratives et archéologiques des Xe-XIIIe siècles. Il s'appuie ici sur l'édition dirigée par Diana Whaley (Brepols, t. 1-2, 2009-2012) et l'édition numérique qui lui est associée (The Skaldic Project).

Philippa BYRNE : Poetry, dialogue, and court politics in later twelfth-century Sicily
This contribution examines how scholars might utilise scholastic dialogue and court poetry to access the most important intellectual and ethical debates of the later Norman Sicilian kingdom. It argues that the ethical concerns of the court under William I (r.1154-66) and William II (r.1166-89) were quite different from those of the earlier twelfth century. The intellectual productions of this later Norman period explore a unique set of theological, political, and "official" themes. Moreover, in this period, poetry and dialogue could be regarded as two parts of the same didactic enterprise. Both were an exercise in ethical training and refinement for members of the court. Finally, this paper argues that while there are some superficial similarities with the instructive poetry produced in other "Norman" kingdoms (such as, for example, Anglo-Norman England), by reason of its sources and the multilingual context, Sicily represents a distinctive intellectual tradition.

Philippa Byrne is a Departmental Lecturer in History at Somerville College, University of Oxford. She was previously a British Academy Postdoctoral Fellow. Her research concentrates on the intellectual history of the twelfth century, particularly legal and scholastic cultures in England and Sicily. She is currently preparing her second book, which explores intellectual exchange in later Norman Sicily.
Publications
Justice and Mercy : Moral Theology and the Exercise of Law in Twelfth-Century England, Manchester, MUP, 2018.
""Reddimus urbem" : Civic Order and Public Politics at the End of Norman Sicily", Al-Masāq : Journal of the Medieval Mediterranean 32:2 (2020), 125-39.
"The De viris illustribus tradition in the twelfth-century renaissance", Historical Research (forthcoming).

Marta CAMELLINI : Rollon et la perception de la conquête normande. Pistes pour l'étude de l'identité et de l'usage politique de la mémoire
Dans le récit du voyage de Rollon et de la conquête de la Normandie chez certains historiens normands de la fin du Xe au XIIe siècle, l'on décèle des différences et des similitudes. Dudon de Saint-Quentin rédigea en premier un récit très idéologique qui justifiait une conquête violente, encore bien présente à l'esprit de ses contemporains. Environ un demi-siècle après, Guillaume de Jumièges reprit le récit de Dudon, mais, motivé par un besoin de "normaliser" l’histoire du fondateur de la Normandie, il relata une version moins exaltée et dégagée des aspects idéologiques plus chargés de son prédécesseur. Enfin, au XIIe siècle, Robert de Torigny et Wace récupérèrent l'histoire de Dudon et ils réintroduisirent les parties effacées par Guillaume. Comment peut-on interpréter ces variations survenues au fil du temps ? La communication vise à montrer qu'elles sont des pistes à suivre pour étudier l'exploitation de la mémoire du passé normand afin de légitimer les seigneurs de Normandie, ainsi que les traces d'une variation de l'identité d'un peuple, proposée et vécue.

Marta Camellini est titulaire d'un diplôme de Master II mention Lettres et d'un diplôme de Master II mention Histoire délivrés par l'Università di Bologna. À présent, elle est inscrite à l'École doctorale en Histoire médiévale de l'Università del Piemonte Orientale, avec une thèse sur l'évolution de l'identité normande des origines au XIIe siècle en Normandie et dans les pays de l'expansion normande.
Publication
"L'ambasceria di Hasting nel De moribus di Dudone e la Chanson de Roland", in Quaderni di Filologia romanza, 26/27 (2018-2019).

Laura CAMINO : Una fábula para la condesa. Historia y ficción en el poema epistolar que Baudri de Bourgueil compuso para Adela de Normandía
Adèle de Normandie, comtesse de Blois, Chartres et Meaux, est la destinataire d'un long poème épistolaire écrit en latin par Baudri de Bourgueil datant environ de 1100. Ce poème, clairement élogieux, est un texte complexe qui conjugue Histoire et fiction poétique. Il comprend notamment la conquête de l'Angleterre par Guillaume Ier le Conquérant, le père d'Adèle. C'est l'un des rares récits conservés de la guerre qui a eu lieu en 1066, soit un an avant la naissance d'Adèle. Aux échantillons littéraires, il faudrait ajouter une "chronique visuelle" que nous conservons encore : la Tapisserie de Bayeux. On pense traditionnellement qu'elle a été confectionnée entre 1070 et 1080 pour exalter la victoire de Guillaume Ier. Cependant, une hypothèse récente soutient que la Tapisserie de Bayeux pourrait avoir été réalisée au début du XIIe siècle, du vivant d'Adèle de Normandie, dans le cadre d'un processus de construction d'une identité collective anglo-normande que la comtesse elle-même aurait parrainée. Cette œuvre vise à explorer les événements historiques présentés dans le poème épistolaire destiné à Adèle de Normandie à la lumière de son caractère littéraire, en mettant l'accent sur les liens que le texte pourrait avoir avec la politique de l'époque et, plus particulièrement, avec la tentative de la comtesse de renforcer l'image de sa famille.

Philologue classique et docteure en Études Littéraires et Culturelles de l'université de Saint-Jacques de Compostelle, sa thèse s'intitulait "Carteándose con mujeres: tradición literaria, género y afectos en el círculo del Loira (Francia, ss. XI-XII)" (2019). Elle y a entrepris l'étude du corpus épistolaire latin adressé aux femmes par les auteurs Baudri de Bourgueil, Marbodo de Rennes et Hildeberto de Lavardin d’un point de vue théorico-littéraire, historique et sociologique, en mettant l'accent sur l'analyse des stratégies de représentation émotionnelle et des dynamiques de genre présentes dans les lettres ; sa thèse comprend également la première traduction espagnole des textes. Elle fait des recherches sur la littérature latine médiévale, la tradition classique, le genre, les émotions et les sciences humaines numériques.

Caitlin ELLIS : The politics of poetic preservation: the viking to Norman transition in the Irish Sea region
The medieval Irish Sea region was a culturally diverse, multilingual zone. While Viking and Norman activity abroad is often considered separately, or Normandy itself merely seen as part of the Viking diaspora, this paper focuses on the intersection of the two diasporas. Very little Old Norse poetry survives from the Irish Sea region, but it will be argued that more was produced than has been preserved, due to decreasing contact with Iceland. This paper will also examine Irish references to the Normans and the French-language poem "Song of Dermot and the Earl", which is a crucial source for the Anglo-Norman invasion of Ireland in 1169. This paper will consider what the varied preservation of poetry in different languages from this region reveals about connectivity and power dynamics.

Caitlin Ellis is Lecturer in Early Medieval History, Durham University (2020/1) and an affiliated researcher at the Centre for Medieval Studies, Stockholm University. She has previously taught at the Universities of Oxford, Cambridge and East Anglia. Her research focuses on identity, the expression of power, and cross-cultural relations, particularly in Britain, Ireland, Scandinavia and the North Atlantic.
Publications
"Remembering the Vikings : Violence, Institutional Memory, and the Instruments of History", History Compass (December 2020) [https://doi.org/10.1111/hic3.12644].
"Degrees of Separation : Icelandic perceptions of other Scandinavian settlements in the Faroes, Orkney, Ireland and the Hebrides", Viking and Medieval Scandinavia 16 (2020), 1–26 [https://doi.org/10.1484/J.VMS.5.121517].
"Impressions of a twelfth-century maritime ruler—Somerled : viking warrior, clan chieftain or traitor to the Scottish king ?", Northern Studies 51 (2020), 1–14.
"A plausible eleventh-century Welsh-Orcadian alliance", Notes & Queries 67:3 (September 2020), 336–8 [https://doi.org/10.1093/notesj/gjaa079].
"Reassessing the career of Óláfr Tryggvason in the Insular world", Saga-Book of the Viking Society for Northern Research 43 (2019), 59–82.
"Perceptions of the Slave Trade in Britain and Ireland : "Celtic" and "Viking" Stereotypes", Quaestio Insularis 19 (2018), 127–57.

Alban GAUTIER : Commander et combattre : le roi et ses guerriers dans la poésie vernaculaire du long Xe siècle
À travers l'ensemble des régions marquées par le phénomène viking, la période qui s’étend de la fin du IXe aux environs de l'an 1000 correspond à une important développement de la poésie vernaculaire : des compositions originales sont attestées, particulièrement en anglais et en norrois, mais aussi dans les langues germaniques continentales ou encore en gallois. La période voit ainsi se développer une poésie encomiastique qui honore des souverains, singulièrement pour leur rôle au combat. Cette communication proposera un traitement comparatif du portrait du prince guerrier et de la manière dont il mène les siens au combat ; elle portera une attention particulière aux pratiques de communication et de réciprocité mises en avant dans les textes pour signifier les liens affectifs censés circuler entre le souverain, le petit groupe d'hommes en armes qui l'entoure, et la masse des combattants.
Parmi les textes qui seront pris en compte, on peut d'ores et déjà mentionner le Ludwigslied, les poèmes de la Chronique anglo-saxonne ("Brunanburh", "Capture des Cinq Bourgs", etc.), la Bataille de Maldon, le poème gallois Armes Prydein Vawr, ainsi qu'une sélection de poèmes scaldiques habituellement attribués à ce long Xe siècle ("Rachat de la tête" d'Egill, vísur en l'honneur des jarls de Lade ou d'Olaf Tryggvason). On pourra aussi esquisser quelques comparaisons avec la poésie latine contemporaine (par ex. les poèmes en l'honneur d'Æthelstan ou les certains passages en vers de l'œuvre de Dudon).

Ancien élève de l'École Normale Supérieure, agrégé et docteur en histoire, Alban Gautier est professeur d'histoire médiévale à l'université de Caen Normandie. Ses travaux portent sur l'histoire de l'Angleterre et de l'Europe du Nord au début du Moyen Âge, à travers des thématiques telles que l'alimentation, les relations entre païens et chrétiens ou encore le rapport à l'histoire et aux figures héroïques du passé. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, spécialisés ou à destination du grand public.
Publications
Le festin dans l'Angleterre anglo-saxonne, Rennes, PUR, 2006.
Arthur, Paris, Ellipses, 2007 (rééd. poche 2013).
Alimentations médiévales, Ve-XVIe siècle, Paris, Ellipses, 2009.
Beowulf au paradis. Figures de bons païens dans l'Europe du Nord au haut Moyen Âge, Éditions de la Sorbonne, 2017.

Baptiste LAÏD : Du tirant emperur au roi chrétien : le pouvoir royal comme autorité religieuse dans Barlaam et Josaphat et Les sept dormants du poète anglo-normand Chardri (XIIe siècle)
Les deux hagiographies en vers de Chardri (fin XIIe s.), Barlaam et Josaphat et Les sept dormants, figurent parmi les premières traductions en français de vies latines au décor exotique (l'Inde, Éphèse) largement diffusées au XIIe siècle. C'est peut-être leur parenté de structure qui a attiré l'attention du poète anglo-normand : dans chacune d'elles, le futur saint est initialement confronté au pouvoir tyrannique d'un roi païen mais, suite à des miracles et des conversions spectaculaires, meurt couvert d'honneur par son successeur chrétien, mettant donc particulièrement en scène le rapport parfois conflictuel entre pouvoir royal et religion. Cette communication examinera comment, en s'appuyant sur des sources latines qui sont loin d'opposer bon et mauvais souverains dans un schéma simpliste, Chardri soigne particulièrement le portrait du tirant emperur, ennemi de la chrétienté, en particulier dans sa fonction d'autorité religieuse.

Baptiste Laïd, agrégé de Lettres classiques et docteur en langues et littératures médiévales, dédie ses recherches à la littérature animalière et aux récits courts du Moyen Âge. Ses travaux sur le recueil de fables de la poétesse anglo-normande Marie ont récemment paru sous la forme d'une monographie, L'élaboration du recueil de fables de Marie de France (Champion, 2020), et d'une édition de fables latines : Le Romulus de Nilant (Champion, 2020).

Françoise LAURENT & Laurence MATHEY-MAILLE : Poésie et politique dans le prosimetrum de Dudon de Saint-Quentin
Au tout début du XIe siècle, Dudon de Saint-Quentin, un clerc natif du Vermandois, rédige une histoire des ducs de Normandie, le De moribus et actis primorum Normanniae ducum. Son œuvre se coule dans un moule formel original, un prosimetrum, savant mélange de prose et de pièces en vers aux mètres variés. Or, sur les treize manuscrits qui nous ont conservé le De moribus, sept ne contiennent pas les parties versifiées : ne seraient-elles alors qu'un simple ornement ?
Nous nous proposons de montrer que ces parties versifiées sont bel et bien indispensables à la compréhension globale de l'œuvre, et que la distribution des vers et de la prose répond à une répartition fonctionnelle précise. Loin d'être ornementale, l'écriture poétique présente une dimension politique qui pourrait avoir pour dessein de commenter l'histoire normande et de dévoiler les jeux et enjeux du pouvoir ducal.

Françoise Laurent est Professeur de Langue et de Littérature médiévales à l'université Clermont Auvergne. Son domaine de recherche est la littérature religieuse et didactique, et ses travaux portent sur l'hagiographie et l'historiographie des XIIe et XIIIe siècles composées en particulier en territoire anglo-normand.
Publications
"Pour Dieu et pour le roi". Rhétorique et idéologie dans l'Histoire des ducs de Normandie de Benoît de Sainte-Maure, Champion, 2010.
Édition et traduction de La Vie de saint Gilles par Guillaume de Berneville, Champion, "Classiques", 2003.
Collaboration à l'édition-traduction de Wace : Vie de sainte Marguerite, Conception Nostre Dame, Vie de saint Nicolas, Champion, "Classiques", 2019.
Codirection de l'ouvrages collectif : Des saints et des rois. L'hagiographie au service de l'histoire, Champion, collection "Colloques, congrès et conférences sur le Moyen Âge", 2014.

Ancienne élève de l'École normale supérieure, Laurence Mathey-Maille est professeur de langue et littérature du Moyen Âge à l'université Le Havre Normandie. Elle a publié des ouvrages et études consacrés aux textes fondateurs de la littérature arthurienne et à l'historiographie anglo-normande, en particulier Écritures du passé - Histoires des ducs de Normandie, Paris, Champion, 2007, collection "Essais sur le Moyen Âge", n°35.

Simon LEBOUTEILLER : Sigvatr Þórðarson, le "poète-diplomate". Les scaldes comme messagers, intermédiaires et négociateurs dans la Scandinavie médiévale
Les scaldes ont joué un rôle politique de premier plan au sein des milieux élitaires de la Scandinavie médiévale. Dès la fin du IXe siècle, et ce jusqu'à la fin du XIIIe siècle, ils se mettaient au service de rois et chefs nordiques pour lesquels ils remplissaient les fonctions de mémorialistes et propagandistes en composant des poèmes sur leurs prouesses et leurs qualités. Certains ont également officié comme messagers, informateurs ou négociateurs entre les groupes et, parfois, ont même eu recours à l'expression poétique dans le cadre des échanges. Parmi ces personnages, Sigvatr Þórðarson (première moitié du XIe siècle) est certainement le plus emblématique et le mieux connu. Dans cette communication, nous reviendrons sur la carrière et l'œuvre de Sigvatr, ce qui nous mènera à nous intéresser aux relations entre le statut de scalde, la poésie et diplomatie dans la Scandinavie médiévale.

Docteur en Histoire médiévale et spécialiste de la Scandinavie, Simon Lebouteiller travaille notamment sur les pratiques et les relations diplomatiques dans le monde scandinave entre le VIIIe et le XIIIe siècle, ainsi que sur l'historiographie norroise des XIIe et XIIIe siècles. Il a enseigné l'histoire et les études nordiques dans les universités de Caen, d'Oslo et à la Sorbonne.
Publications
Articles et chapitres d'ouvrages
S. Lebouteiller, "Le serment dans la Scandinavie païenne et chrétienne : entre continuité et adaptation", in Les transferts culturels dans les mondes normands médiévaux (VIIIe-XIIe siècle) : objets, acteurs et passeurs, dir. par P. Bauduin, L. Bourgeois, S. Lebouteiller, Turnhout, Brepols, en cours de publication.
S. Lebouteiller, "Prosperity and Peace : Glorification of Rulers in Medieval Scandinavia", in Nordic Elites in Transformation, 1050-1250, vol. 3 : Strategies of Legitimacy and Glorification, dir. par W. Jezierski, K. Esmark, H. J. Orning, Jón Viðar Sigurðsson, New York, Routledge, 2020, p. 61-82.
S. Lebouteiller, "Le meurtre de Mathilde de Flandre par Guillaume le Conquérant : itinéraire d'une légende dans la littérature islandaise médiévale", Annales de Normandie, 67(1), 2017, p. 15-41.
S. Lebouteiller, "Négocier et faire la paix avec les Vikings : entre familiarité et pragmatisme", Revue d'Histoire Nordique, 22, 2017, p. 249-270.
S. Lebouteiller, "Les "boucliers de paix" et les "boucliers de guerre" dans la littérature norroise : invention littéraire ou réalité matérielle ?", Tabularia "Études", 16, 2016, p. 279-304.
S. Lebouteiller, "Les droites extrêmes et populistes scandinaves et les vikings : constructions, formes et usages d'un mythe identitaire contemporain", Nordiques, 29, mai 2015, p. 111-123.
Direction d'ouvrages
P. Bauduin, L. Bourgeois, S. Lebouteiller (dir.), Les transferts culturels dans les mondes normands médiévaux (VIIIe-XIIe siècle) : objets, acteurs et passeurs, Turnhout, Brepols, en cours de publication.
S. Lebouteiller, L. Taylor (dir.), Peacemaking and the Restraint of Violence in Medieval Europe (1100-1300). Practices, Actors and Behaviour, Londres, New York, Routledge, en cours de publication.

Jean-Louis PARMENTIER : Conquêtes, invasions, violences : quels discours sur le traitement des captifs dans la poésie latine (IXe-XIe siècle) ?
En analysant un corpus réduit de poèmes épiques et satiriques, cette communication vise à présenter le contexte d'écriture de ces sources, l'implication de leurs auteurs dans les sphères politiques, leurs discours concernant la question des captifs et des châtiments, ainsi que leurs jugements portés vis-à-vis de ces actes. Le genre poétique semble, en effet, plus propice à la description des faits et à l'ajout de détails, et permet entre autres aux auteurs de s'épancher davantage. Elle nous amène donc également à réfléchir sur le crédit que nous pouvons accorder à ces informations supplémentaires, dont la présence s'explique peut-être tout autant par les habitudes d'écriture que par les attentes propres aux divers genres poétiques. En conséquence, le choix du corpus est volontairement axé sur quatre textes de genres différents, afin d'y établir ou des parallèles ou des différences sur la construction poétique et le traitement des faits : le récit du Siège de Paris par Abbon de Saint-Germain, le Carmen de Hastingae Proelio par Guy d'Amiens, Moriuht par Garnier de Rouen et une vita versifiée composée par Walahfrid Strabo.

Jean-Louis Parmentier est professeur certifié d'histoire-géographie au collège de Fruges (62310) et doctorant à l'université de Caen sous la direction d'Alban Gautier, ses recherches portent sur la pratique de la rançon et du rachat des captifs dans l'espace septentrional européen du VIIe au XIIe siècle.
Publication
J.-L. Parmentier, "Les vikings et leurs captifs Britanniques : entre violences infligées et violences fantasmées", Criminocorpus [En ligne], Châtiments symboliques et imaginés, Les moyens symboliques et imaginés du châtiment, 2020.

Bianca PATRIA : Political and literary trends in skaldic style at the turn of the millennium
Skaldic poetry produced in the last quarter of the tenth century for the "champion of paganism", Hákon jarl Sigurðarson "the powerful", is characterized by unprecedented stylistic experimentation based on enhancement of mythological imagery, an element connected to the political and ideological dimensions of Hákon’s supremacy over Norway. The degree of blending of literary and religious-political motifs in tenth century skaldic diction is further testified by the radical change in style pursued just a few decades later by skalds active at the court of Christian kings. The new generation of skalds had to re-interpret originally poetical generic conventions, in a subtle subversion of their previous models. The prominence of the traditional kenning-style was re-negotiated and old forms were adapted to new meanings. Poetical choices thus mirror the political, religious and literary concerns of a genre straddling the divide between paganism and Christianity.

Bianca Patria graduated in Historical Linguistics at the University of Pisa in 2017, with a thesis on skaldic poetry. She is currently a PhD fellow in Old Norse Philology at the Institute for Linguistics and Nordic Studies (ILN) of the University of Oslo, where she is working on a project about stylistic features of early skaldic verse.
Bianca Patria a obtenu son diplôme en linguistique historique à l'université de Pise en 2017, en discutant une dissertation sur la poésie scaldique. Elle est maintenant chercheure doctorante en philologie norroise à l'Institut de linguistique et études nordiques (ILN) de l'université d'Oslo, où elle travaille sur un projet concernant les caractéristiques stylistiques de la première poésie scaldique.
Publications
Kenning Variation and Lexical Selection in Early Skaldic Verse, Doctoral Thesis, University of Oslo (forthcoming).
"Quotations with a Twist : Aware Intertextuality in Skaldic Verse", Quaestio Insularis, Selected Proceedings of the Cambridge Colloquium in Anglo-Saxon, Norse and Celtic, Vol. 19, 71-92, 2018.
"La lingua del mito. Osservazioni su alcuni heiti dell'Edda di Snorri Sturluson", Studi Germanici, Vol. 9, 147-164, 2016.

Hélène TÉTREL, Ásdís Rósa Magnúsdóttir & Ingvil BRÜGGER BUDAL : Le fait poétique à l'épreuve de la traduction : l'exemple des sagas de chevaliers
Proposition de communication triple…

Partie 1 — Hélène Tétrel : Le "style du traducteur" : les traductions médiévales des poèmes narratifs anglo-normands dans l'histoire littéraire scandinave. Approche épistémologique
Chansons de geste ou roman: les "sagas de chevaliers" (textes en prose) ont été traduites en Scandinavie médiévale à partir de pièces narratives en vers. Or cette caractéristique n'a jamais été véritablement prise en compte, dans les classifications génériques ou dans les études portant sur le style qui ont vu le jour depuis la fin du XIXe siècle. On trouve par exemple des théories sur les caractéristiques du "style des traducteurs", qui mettent en lumière les effets utilisés par les traducteurs comme mécanisme de compensation (le "style courtois"). Et on a pu, à certains moments de l'histoire littéraire, opposer le "style courtois" au "style des sagas", pour appuyer des discours culturellement, voire idéologiquement marqués. Mais ces éléments de discours sont généralement articulés à partir du seul texte traduit. C'est ce qui les rend intéressants, au plan épistémologique.

Partie 2 — Ásdís Rósa Magnúsdóttir : Réécriture poétique et invention dans les sagas de chevaliers : l'exemple de la Saga de Tristram et Ísönd et la Saga de Parceval
Dans cette seconde partie, nous examinerons les aspects lyriques de la prose des romans en vers traduits en norrois. Après avoir présenté brièvement les caractéristiques de l'art poétique norrois de l'époque, et signalé quelques figures du "style courtois" (hefðarstíll) sur lequel les critiques ont appuyé leurs classifications, nous regarderons des exemples tirés, surtout, de la Saga de Tristam et Ísönd, adaptation norroise de Tristan de Thomas d'Angleterre, et la Saga de Parceval, qui correspond à la partie "Perceval" du Conte du Graal. Les effets créés — et peut-être recherchés — par cet aspect du texte traduit correspondent non seulement à une recherche poétique de la part du traducteur (ou scribes) mais aussi à la volonté de donner une valeur particulière aux passages en question.

Ásdís Rósa Magnúsdóttir est professeur de littérature française à l'université d'Islande à Reykjavík. Ses recherches actuelles portent sur la réception de la littérature française en Islande.
Publications
Quatre sagas légendaires d'Islande, Ellug, 2002, 2021.
La Petite Saga de Tristan et autres sagas islandaises inspirées de la matière de Bretagne, Avec Hélène Tétrel, Centre de Recherche Bretonne et Celtique, 2012.
Chrétien de Troyes : Perceval eða Sagan um gralinn, HÍB, 2010.
Elle a collaboré à l'édition des Lais du Moyen Âge (Gallimard, 2018).

Partie 3 — Ingvil Brügger Budal : La transformation du loup-garou de Bisclavret : un nez perdu et des erreurs du scribe
Dans cette troisième partie, Ingvil Brügger-Budal étudie un dernier exemple pris dans un corpus traduit très particulier : les lais bretons traduits des vers français en prose norroise. Elle prendra appui sur une analyse de Bisclavret, l'un des récits des Strengleikar. Le chevalier transformé en loup-garou de Bisclaret se venge de sa femme infidèle en lui arrachant le nez. La vengeance correspondante dans la traduction norroise, le Bisclavret du recueil Strengleikar, est d'abord l'arrachement de l'habit de l'infidèle, suivi par la pénitence familiale: tous ses descendants, comme dans le modèle français, sont nés sans nez. Plusieurs explications à la modification ont été proposées, dont la plus fréquente est la négligence, soit d'un traducteur, soit d'un scribe. On considérera la possibilité d'acculturation de textes et leurs motifs vers la culture cible, en mettant l'accent sur le passage du vers à la prose, tout en gardant une approche philologique de textes, afin d'évaluer les variantes et les erreurs de scribes.

Ingvil Brügger Budal est professeure en linguistique nordique au Western Norway University of Applied Sciences. Elle est docteure de philologie norroise, et a publié de nombreux articles sur la littérature et la langue norroises, en particulier sur les sagas de chevalier et les relations franco-scandinaves. Elle prépare actuellement un ouvrage sur santé, traitement et médecine dans les pays nordiques au Moyen-Âge.


BIBLIOGRAPHIE :

SOURCES
• BAUDRI DE BOURGUEIL, Poèmes, Jean-Yves Tilliette (éd.), Paris, Les Belles Lettres (Auteurs latins du Moyen Âge), 2 vol., 1998-2002.
Barlaam et Josaphat et Les sept dormants du poète anglo-normand Chardri.
• DUDON DE SAINT-QUENTIN, De moribus et actis primorum Normanniae ducum, Jules Lair (éd.), Caen, F. Le Blanc-Hardel (Mémoires de la société des antiquaires de Normandie ; XXIII), 1865.
• ÉTIENNE DE ROUEN, Draco Normannicus, Richard Howlett (éd.), Londres, Longman et Co, Trübner et Co, 1885.
• GUI D'AMIENS, The Carmen de Hastingae Proelio of Guy Bishop of Amiens, Franck Barlow (éd. et trad.), Oxford, Clarendon Press (Oxford medieval texts), 1999.
• GUILLAUME DE POUILLE, La Geste de Robert Guiscard, Marguerite Mathieu (éd. et trad.), Palerme, Istituto siciliano di studi bizantini e neoellenici (Testi ; 4), 1961.
The Anglo-Saxon chronicle, Michael James Swanton (éd.), New York, Routledge, 1998.
Skaldic Poetry of the Scandinavian Middle Ages, Turnhout, Brepols, 8 volumes parus.
• WACE, Le roman de Rou, Anthony J. Holden (éd.), Paris, A. et J. Picard (Publications de la Société des anciens textes français), 1970-1973.

ÉTUDES
• Autour de Serlon de Bayeux : la poésie normande aux XIe-XIIe siècles, Actes du colloque tenu à Caen et à Bayeux les 21-22 mars 2014, P. BAUDUIN, E. D'ANGELO, M.-A. LUCAS-AVENEL (dir.), Tabularia, sources écrites des mondes normands médiévaux, 2016-2018, (https://journals.openedition.org/tabularia/3001).
• Bernhard PABST, Prosimetrum. Tradition und Wandel einer Literaturform zwischen Spätantike und Spätmittelalter, Köln-Weimar-Wien, 1994.
• Pierre BOUET, "Dudon de Saint-Quentin et Virgile : L'Énéide au service de la cause normande", Annales de Normandie, 90, 23, p. 215-236.
• Laurence MATHEY-MAILLE, Écritures du passé – Histoires des ducs de Normandie, Paris, Champion, 2007, collection "Essais sur le Moyen Âge", n°35.
• Elizabeth M. TYLER, England in Europe. English Royal Women and Literary Patronage, c. 1000-c. 1150, Toronto-Buffalo-Londres, University of Toronto Press, 2017.
• Elisabeth M.C. VAN HOUTS, "Latin poetry and the Anglo-Norman court 1066–1135 : The Carmen de Hastingae Proelio", Journal of Medieval History, 15/1, 1989, p. 39-62.


SOUTIENS :

• Direction régionale des affaires culturelles Normandie (DRAC)
• Centre Michel de Boüard — CRAHAM — UMR 6273 [Université de Caen Normandie]
• Office universitaire d'études normandes (OUEN) [Université de Caen Normandie]


BULLETIN D'INSCRIPTION


La date de l'ouverture des inscriptions pour les auditeurs sera définie au regard des informations concernant l'évolution de la crise sanitaire.

Programme 2021 : un des colloques

Programme complet


LE THÉÂTRE DES GENRES DANS L'ŒUVRE DE MOHAMMED DIB


DU LUNDI 6 SEPTEMBRE (19 H) AU VENDREDI 10 SEPTEMBRE (14 H) 2021

[ colloque de 4 jours ]



DIRECTION :

Charles BONN, Mounira CHATTI, Naget KHADDA


COMITÉ SCIENTIFIQUE :

Zineb ALI-BENALI, Guy BASSET, Sabeha BENMANSOUR, Reda BENSMAÏA, Charles BONN, Denise BRAHIMI, Mireille CALLE-GRUBER, Mounira CHATTI, Ali CHIBANI, Assia DIB-CHAMBON, Guy DUGAS, Naget KHADDA, Fritz-Peter KIRSCH, Abdellah ROMLI, Hervé SANSON, Habub TENGOUR, Mourad YELLES


ARGUMENT :

L'œuvre de Mohammed Dib, principal écrivain algérien francophone avec Kateb Yacine, a trop souvent été déformée par des lectures de circonstance. On n'a ainsi perçu que tardivement que cette œuvre était d'abord une réflexion originale et sans cesse renouvelée sur les pouvoirs du langage face au défi de l'indicible.

Le colloque tentera de montrer que cette réflexion passe d'abord par une mise en scène des langages, et principalement des genres littéraires, entre lesquels cette œuvre est en constante alternance, à l'intérieur même des textes. Genres soumis par cette théâtralisation à une sorte de distanciation qui amène le lecteur à leur prêter parfois autant d'attention qu'aux thèmes qu'ils développent. Mais il permettra également de montrer que les "genres", au sens sexuel cette fois, sont aussi un de ces langages que l'œuvre de Dib théâtralise, et qu'on peut ainsi, malicieusement, traiter en parallèle avec les genres littéraires et leurs jeux de séduction.

N.B. : Ce colloque ayant été initialement prévu en 2020, il vous est possible d'accéder à sa présentation 2020 : cliquer ici.


MOTS-CLÉS :

Conte, Dib (Mohammed), Essai, Genre littéraire, Insignifiance, Intertextualité, Intratextualité, Langage, Lecture critique, Littérature francophone, Oralité, Photographie, Poésie, Roman, Sens, Théâtre


CALENDRIER PROVISOIRE :

Lundi 6 septembre
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Mardi 7 septembre
Matin
Charles BONN, Mounira CHATTI & Naget KHADDA : Ouverture du colloque

SCÉNOGRAPHIE DE LA FICTION DIBIENNE — Modérateur : Charles BONN
Réda BENSMAÏA : Mohammed Dib ou la gnose sans retour
Naget KHADDA : D'un genre, l'autre : vers une esthétique de l'abstraction
Mounira CHATTI : Les bocages du genre et du sens : Simorgh

Après-midi
MOBILISATION DES SENS ET PRODUCTION DU SENS DANS LA DRAMATURGIE DIBIENNE — Modératrice : Naget KHADDA
Mireille DJAÏDER : Alchimie du langage et "nostalgie du sens"
Manel ZAIDI AÏT-MÉKIDÈCHE : L'œil cosmique et l'ouïe, œil du cœur : hypostases dibiennes
Lamia OUCHERIF : L'écriture du "visuel"


Mercredi 8 septembre
Matin
MOBILISATION DES ARTS ET PRODUCTION DU SENS DANS LA DRAMATURGIE DIBIENNE — Modératrice : Zineb ALI-BENALI
Lucy STONE McNEECE : L'écriture de Mohammed Dib : la plume comme un pinceau
Maya BOUTAGHOU : Les paysages visuels et sonores de Mohammed Dib
Toufik HADJI : Mohammed Dib se ressource, en écriture et en photographie, dans une ville plurielle : Tlemcen

Après-midi
THÉÂTRALITÉ ET ÉCRITURE ROMANESQUE — Modératrice : Regina KEIL-SAGAWE
Amel MAÂFA : De la polyphonie théâtrale à la narration romanesque. Le cas de Mille hourras pour une gueuse et de La Danse du roi de Mohammed Dib
Hanane LAGUER : La théâtralité du geste dans L'infante maure: outil de scénarisation de l'oralité
Nasrin QADER : Le théâtre de l'écrit : jouer avec/jouer de…


Jeudi 9 septembre
Matin
INTERACTIONS GÉNÉRIQUES : ENTRE EXISTENCE ET HÉRITAGE — Modérateur : Abdellah ROMLI
Inès KREMER : Problématique de l'autobiographie dans l'œuvre de Dib
Anna ZOPPELLARI : Mohammed Dib : images de l'ailleurs entre motif thématique et littérature de voyage
Hervé SANSON : La nébuleuse de La Fiancée du printemps : construction et déconstruction du mythe

Après-midi
LE THÉÂTRE DES GENRES : LA POÉSIE AVANT TOUT — Modératrice : Mounira CHATTI
Zineb ALI-BENALI : La construction du genre dans l'œuvre dibienne : l'importance du poème
Regina KEIL-SAGAWE : Lyyli des quatre saisons : les correspondances du genre, entre poème et prose


Vendredi 10 septembre
Matin
LES INTERACTIONS GÉNÉRIQUES : ENTRE EXISTENCE ET HÉRITAGE — Modérateur : Hervé SANSON
Abdellah ROMLI : L'intratextualité dans l'œuvre dibienne : une question de vie ou de mort
Guy BASSET : Le tissage des traditions

Charles BONN, Mounira CHATTI & Naget KHADDA : Synthèse des travaux et conclusion

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Zineb ALI-BENALI : La construction du genre dans l'œuvre dibienne : l'importance du poème
Une lecture des textes dibiens dans la perspective des questions de genre est-elle possible ? Pour le poète Dib, la femme est porteuse du rêve de liberté et de l'élan qui l'anime. Elle est (la mère, l'aimée, l'enfant…) celle qui inspire et dit un verbe de profonde vérité. Pour l'écrivain attentif à ce qui se passe dans sa société, puis dans les sociétés de l'ailleurs, les relations entre les hommes et les femmes s'inscrivent dans une histoire, sociale et politique, héritière d'un patriarcat qui sait s'adapter. Mais cette histoire est aussi celle d'un mouvement de changement et de création d'inédit.

Guy BASSET : Le tissage des traditions
L'œuvre de Dib comporte un volume rassemblant cinq contes algériens, qui paraît peu de temps après l'installation de Dib en métropole en 1959 et quelques autres contes parus principalement en revues, ou même certains qui sont restés inédits. Cette face méconnue de son œuvre la traverse souterrainement d'un bout à l'autre et entretient avec ses fictions des relations étroites. Dib n'hésite pas à faire référence de temps en temps à toute cette tradition orale transmise par les contes et aussi les proverbes. Quelle articulation faut-il faire entre la création littéraire pure et le recours à cette littérature populaire qui peut mettre en scène des animaux et des hommes dans leurs relations réciproques ?

Docteur ès lettres (Paris 3 Sorbonne Nouvelle 2016), Guy Basset a publié de nombreux articles sur la vie intellectuelle, universitaire et artistique à Alger entre 1880 et 1970, et s'est plus particulièrement intéressé à l'œuvre d'Albert Camus.
Publications dans des ouvrages collectifs
Dictionnaire L'Algérie et la France, Jeannine Verdès-Leroux (dir.), Robert Laffont, 2009.
Dictionnaire Albert Camus, Jeanyves Guérin (dir.), collection "Bouquins", 2013.

Charles BONN
Charles Bonn a exercé dans les universités de Constantine, Fès, Lyon 3, Paris 13, et enfin Lyon 2 et Leipzig. Il a dirigé le Centre d'études littéraires francophones et comparées à l'université Paris 13, et co-dirigé les revues Itinéraires et contacts de cultures et Expressions maghrébines. Il a créé le programme documentaire informatisé Limag et le site www.limag.com. Il a dirigé de nombreuses thèses sur les littératures du Maghreb et de l'émigration, et a été également co-directeur de plusieurs publications collectives, dont la collection "Littératures francophones" (Hatier/AUPELF, 1997 et 1999).
Principales publications
La Littérature algérienne de langue française et ses lectures, Naaman, 1974.
Le Roman algérien de langue française, L'Harmattan, 1985.
"Nedjma", de Kateb Yacine, PUF, 1990.
Anthologie de la littérature algérienne, Livre de poche, 1990.
Lectures nouvelles du roman algérien. Essai d’autobiographie intellectuelle, Paris, Classiques Garnier, 2016.
Littérature algérienne : Itinéraire d'un lecteur, Alger, El Kalima, 2019.

Maya BOUTAGHOU : Les paysages visuels et sonores de Mohammed Dib
Dans L'Arbre à dires, Mohammed Dib déclare : "Il y a dans la langue une transparence obscure qui me convient". Cette image s'ajoute à celles régulièrement et brillamment exprimées par les auteurs maghrébins de la génération de Dib. Pour le poète, la langue française permettait ce voyage intérieur et le retour à son paysage autant sonore que visuel. Dans cette contribution, il sera question de l'écriture "transparente obscure" de la poésie de Mohammed Dib, à partir de deux recueils qui affichent son rapport au voyage et au retour à ses lieux d'écriture, mais aussi à la photographie. Dans Tlemcen ou les lieux de l'écriture (1992) ainsi que dans L.A Trip (2003) deux dimensions du voyage se manifestent, le voyage intérieur pour retrouver la douceur du foyer et de l'enfance, mais aussi le voyage de la langue et des langues pour saisir l'image juste par le mot juste. Par l'analyse de l'énonciation, du rythme, et des tropes, nous traiterons le texte poétique comme le punctum, ou point d'origine de l'émotion qui révèle un paysage fait d'images sonores et visuelles.

Maya Boutaghou est Associate Professor of French à l'université de Virginie et Andrew Mellon Fellow, elle est l'auteure d'Occidentalismes, Romans historiques postcoloniaux et identités nationales au XIXe siècle (Honoré Champion, 2016) qui propose une approche comparatiste poétique pour l'étude des littératures postcoloniales au XIXe siècle ; ses articles sont parus dans des revues et ouvrages consacrés à la littérature comparée et à la francophonie.

Mounira CHATTI : Les bocages du genre et du sens : Simorgh
Dans Simorgh, Mohammed Dib aborde les thèmes de la langue, de l'étranger ou du potentiel du rêve en mêlant la poésie, le conte, la nouvelle, l'essai, le journal. La réactualisation du mythe et du symbole du Simorgh et d'Œdipe permet d'interroger, de manière novatrice et oblique, la condition humaine et la création contemporaines. Dib "brise le mur" entre les genres littéraires puisque, ainsi qu'il le suggérait dès 1961, le roman est "une sorte de poème inexprimé" et la poésie "le noyau central du roman". Ce texte ultime fait éclater les limites entre les genres, les langues, les imaginaires, les patrimoines littéraires et philosophiques. Le fragment, le discontinu, le double, l'indécidable, autant de figures et de caractéristiques qui fondent la poétique dibienne. Celle-ci renvoie, comme le montre Naget Khadda, "les reflets tantôt dissociés, tantôt décalés, tantôt superposés ou même fondus d'un monde ancré dans une double référence culturelle, mythique et linguistique" et "porte l'estampille de cet entre-deux de la circulation du sens".

Mounira Chatti est professeure à l'université Bordeaux Montaigne (et membre de l'équipe d'accueil TELEM, EA 4195).
Publications
La fiction hérétique. Créations littéraires arabophones et francophones en terre d'islam, Classiques Garnier, 2016.
La traduction comme expérience des limites. Les écritures franco-arabes, PUB, 2016.
Co-directions
Littératures plein Suds. Langues, histoire, mémoire, Marsa Éditions, 2015.
Sexe, genre, identité, L'Harmattan, 2013.
Femmes et création, L'Amandier, 2012.
Elle a publié un roman, Sous les pas des mères, L'Amandier, 2009.
En collaboration avec Marie Virolle, elle prépare l'édition d'un ouvrage collectif : Littératures du monde arabe : traduction, intertextualité, exil (à paraître en 2020).

Mireille DJAÏDER : Alchimie du langage et "nostalgie du sens"
Dans Habel, récit en crise, pour donner à voir de l'intérieur la descente aux enfers du migrant de Paris, l'écriture croise mots et images, s'hybride. Ce roman carnavalesque, tout de montages, joue de l'alliage du lisible et du visible, emprunte à la littérature et aux arts visuels. Des réminiscences cinématographiques et picturales théâtralisent les métamorphoses textuelles et sexuelles d'Habel, jalonnent son parcours halluciné. Au miroir des mots, ces reflets anachroniques, projetés dans le cours diégétique, doublent et troublent la scène de l'écriture, laissant entrevoir l'innommable. Dans ce jeu de réflexion, une illumination : l'apparition de nuit de Lily, l'illisible, l'illimité, la fugitive, l'âme errante, l'Absente comme Leïla du diwân de Medjnoûn ouvre une quête quasi mystique de l'amour fou aux limites du rêve et du réel pour donner à lire ce qui ne s'écrit pas : l'appel d'une parole première et "la nostalgie du sens".

Mireille Djaïder, titulaire d'une thèse sur l'œuvre de Kateb Yacine, a enseigné à l'université d'Alger et publié plusieurs articles sur la littérature algérienne de langue française. Elle a organisé, avec Beïda Chikhi, les archives de Kateb Yacine à l'IMEC et l'exposition qui lui a été consacrée à l'Institut du Monde Arabe (1994). Elle a participé au catalogue Kateb Yacine, Éclats de mémoire (Éditions de l'IMEC, 1994, 80 pages).

Toufik HADJI : Mohammed Dib se ressource, en écriture et en photographie, dans une ville plurielle : Tlemcen
Certains diront que Mohammed Dib publie Tlemcen ou les lieux de l'écriture [1994] dans le but d'une autobiographie, ou plutôt d'une "Phautobiographie". D'autres expliqueront son texte illustré par une démarche photo-littéraire. Or, Mohammed Dib parle souvent des lieux qui n'existent plus dans le présent. Il nous les montre grâce à la photographie, car il a besoin d'un autre élément, conjointement à l'écriture, pour se ressourcer. Tlemcen n'est pas seulement sa ville natale mais aussi la source de son écriture et de ses photographies : Tlemcen est issu du berbère "Tilmas", qui veut dire "source". À partir de l'origine du mot "Tlemcen", Dib nous raconte d'autres lieux qui lui sont chers : par exemple le "Médresse", qui a une origine turque. D'autre part, grâce aux photographies de Philippe Bordas en 1993, nous verrons une autre période de "l'histoire" de l'Algérie : la décennie noire. Pour cela, les deux photographes, Dib et Bordas, utilisent un jeu de lumière pour raconter ce qui reconstruit la mémoire d'une ville algérienne. Par rapport à l'écriture, les photographies prises par Mohammed Dib et Philippe Bordas viennent jouer ici une manière différente de réagir aux émotions, une manière de transmission d'un monde autochtone, distincte de celle connue dans les livres dits "orientalistes", et de la fixer par la notation. Par ailleurs, cette représentation de l'autochtone est problématique : en réalité, il s'agit d'un mélange de plusieurs cultures que, par paresse ou par légèreté, on ne différenciait pas.

Toufik Hadji est en 2e année de doctorat "littérature générale et comparée" à l'université Côte d'Azur, CTEL.
Corpus
DIB Mohammed, Tlemcen ou les lieux de l'écriture, Paris, Revue noire, 2003.
Critiques
BARTHES Roland, La chambre claire. Note sur la photographie, Gallimard, 1980.
DÉJEUX Jean, Mohammed Dib, écrivain algérien, Naaman, Sherbrook, 1977.
KHADDA Naget (dir.), Mohammed Dib : 50 ans d'écriture, Publications de l'université de Montpellier 3, 2002.
MÉAUX Danièle, Voyages de photographes, Saint-Étienne, Publications de l'université de Saint-Étienne, CIEREC-Travaux 141, 2009.

Naget KHADDA : D'un genre, l'autre : vers une esthétique de l'abstraction
On le sait, les genres littéraires se créent dans une histoire à la fois politique et culturelle. Lorsque des écrivains algériens ont pris la plume en langue française et dans la forme romanesque pendant la période coloniale, ils répondaient à une exigence du seul champ culturel patenté — celui du pouvoir colonial — en marge de leur habitus familial. Ce faisant, ils ajoutaient à l'histoire littéraire de leur territoire (elle-même complexe par ses héritages multiples) une nouvelle branche : la littérature algérienne de langue française. On a beaucoup glosé sur le mixte culturel constitutif de toutes les littératures francophones (pour nous en tenir à celles-là) et sur leur "bilangue". Or, chacun des auteurs de ce vaste corpus a eu à négocier, à sa façon, les termes de son existence, à conquérir son espace de liberté au cœur des contraintes imposées par la doxa dominante et à y inventer son univers propre. Dib, qui a la particularité d'avoir mené de front une réflexion critique et le geste d'écriture, nous offre un texte disparate qui donne à voir la scénographie de l'interaction de ses multiples références (philosophiques, linguistiques, mythiques, génériques…). Je m'attacherai à montrer comment, sur la scène de ce théâtre des compétitions culturelles, se dessine, chemin faisant, la tension vers une esthétique du signe qui récuse toute description mimétique du monde.

Professeure de langue et littérature françaises, Naget Belkaïd-Khadda, aujourd'hui à la retraite, a enseigné dans les universités d'Alger et de Montpellier III. Elle a effectué de brefs passages par les universités de Paris XIII (à titre d'invitée) et de Paris VIII (comme professeure associée). Spécialiste de l'œuvre de Mohammed Dib et, plus largement, des grands auteurs algériens des années 1950 qui ont consacré la littérature de langue française en Algérie ; elle s'intéresse aussi aux arts plastiques pour avoir accompagné la réflexion et la création de son mari, Mohammed Khadda, un des pionniers de la peinture moderne en Algérie, décédé en 1991. N. Khadda est, plus généralement, attentive au champ culturel maghrébin et à ses formes d'art nouvelles, indexées sur l'histoire culturelle européenne et amarrées à l'héritage ancestral. Membre fondateur de La Fondation Mohammed Dib ("La grande maison") de Tlemcen et du prix Mohammed Dib qu'elle a présidé jusqu'en 2014, elle a aussi présidé en 2016 et 2017 le jury du prix Assia Djebar. Naget Khadda a publié plusieurs études, dirigé des ouvrages collectifs et produit de nombreux articles dans des revues spécialisées.

Regina KEIL-SAGAWE : Lyyli des quatre saisons : les correspondances du genre, entre poème et prose
Dans mes archives, se trouve le typoscript d'un recueil de poèmes de Mohammed Dib publié seulement post mortem, dans le premier volume de l'édition de ses Œuvres Complètes, "Poésies" (Paris, La Différence 2007), rassemblé par Habib Tengour. Il est intéressant de suivre la piste des résurgences de Lyyli entre poèmes et prose, dans les différents écrits dibiens, et de voir surgir Lyyli comme chiffre, non seulement de l'élément féminin parmi d'autres figures féminines emblématiques de l'œuvre dibien, mais aussi comme symbole d'un avenir autre, imprégné par l'imbroglio des civilisations et cultures, et comme esquisse d'un(e) alter ego permettant à l'auteur/au narrateur d'élaborer, dans un va-et-vient méditatif, sa propre pensée.

Enseignante à l'université de Heidelberg pendant de longues années, de nos jours traductrice littéraire libre, spécialisée dans les littératures francophones du Maghreb, Regina Keil-Sagawe a beaucoup travaillé sur les problèmes de traduction/réception du texte maghrébin.
Publication
A traduit, entre autres, L'Infante Maure de Mohammed Dib en allemand (Die Maurische Infantin, Cologne 1997 et 2016).
A édité le numéro spécial de la revue Expressions maghrébines consacré à "Mohammed Dib poète" (2009).

Inès KREMER : Problématique de l'autobiographie dans l'œuvre de Dib
Profondément ancrée dans la tradition littéraire française et européenne, l'écriture autobiographique marque l'émergence et l'évolution de la littérature maghrébine d'expression française. Même si les textes en prose de Mohammed Dib n'admettent pas ouvertement leur dimension autobiographique — ne proposant pas de pacte autobiographique dans le sens de Lejeune — plusieurs d'entre eux sont fondés sur des expériences vécues qui ont marqué l'auteur. Après sa trilogie algérienne qui transmet ses idéaux communistes, Dib publie des romans moins explicitement engagés et d'autant plus personnels qu'ils thématisent l'exil, l'isolement et le déchirement identitaire. Parmi eux, il semble que ce sont surtout Habel (1977) et la trilogie nordique (Les terrasses d'Orsol, 1985 ; Le sommeil d'Ève, 1989 ; Neiges de marbre, 1990), dont le fondement autobiographique joue un rôle prépondérant, qui sont les plus appropriés à l'étude de cette problématique. Cette contribution propose d'analyser la signification de la composante autobiographique dans l'œuvre de Mohammed Dib tout en s'interrogeant sur la réflexion poétologique qu'elle inspire à l'auteur.

Inès Kremer est titulaire d'un master en langues et littératures romanes, Université Johannes-Gutenberg, Mayence (2015). Depuis mars 2016, elle est doctorante et enseignante à l'université de Duisburg-Essen (équivalent à A.T.E.R.), le titre provisoire du projet de sa thèse est "Entre assimilation et rébellion — stratégies et transformations au sein du champ littéraire français et algérien des années 1940 et 1950".
Publications
"Taos Amrouche und die Transformation des Diskurses im literarischen Feld Algeriens", dans Transformationen. Wandel, Bewegung, Geschwindigkeit. Beiträge zum XXXIII. Forum Junge Romanistik in Göttingen (15.-17. März 2017), München, Akademische Verlagsgesellschaft München, 2019, 161-173.
"Zwischen Assimilation und Rebellion : die algerische "Avantgarde" und das Paris der Nachkriegszeit", dans Migration und Avantgarde, Berlin, De Gruyter, 2020, 345-364 (à paraître).

Hanane LAGUER : La théâtralité du geste dans L'infante maure : outil de scénarisation de l'oralité
Ce que nous désignons par théâtralité est la forme spéculaire d'un théâtre(1), d'un art repris et représenté par le texte littéraire : "La théâtralité n'est pas le privilège de la chose représentée, mais du mouvement d'écriture par lequel on représente"(2). Très présente dans la littérature algérienne (poésie et roman), elle contribue à amplifier le sens et la signification. Chez Mohamed Dib, elle est souvent présentée comme une pratique de mise en scène d'une parole poétique véritablement imprégnée de la culture orale, et qui trouve sa complétude dans le geste du corps, l'emplacement de ce dernier dans l'espace ainsi que dans l'ensemble des éléments du décor qui l'accompagne. Dans L'Infante maure, la question de la gestuelle instille la théâtralité de cette écriture où se révèle le sens d'une oralité. Il s'agit de la gestuelle d'un corps primé, qui se conjugue dans la danse et le geste de Lyyli Belle. Son corps inspire sa théâtralité et abrite son théâtre dans le processus de recréation de son propre monde. Outrepassant le geste, Lyyli Belle s'adonne à une poétique de la géométrie. Celle-ci établit le lien entre le geste scriptural et la voix dans le roman. Autrement dit, notre réflexion se base aussi bien sur la scénarisation du geste/de la voix que celle de l'écriture. Pour ce faire, toute une dramatisation est déployée pour traiter l'aventure de l'écriture.
(1) Ici le mot théâtre renvoie au spectacle ou à la mise en pratique d'un spectacle ; autrement dit, mettre en scène un événement, un sentiment, dans le but d'être vu par les autres pour y contribuer. Dans cette intention, l'on retrouve forcément une forme d'exagération (amplification, dramatisation, paraphrase, redondance…), pour l'accomplissement de ce spectacle.
(2) Piemme Jean‐Marie, "Théâtralité", in Michel Corvin, Dictionnaire encyclopédique du théâtre, Larousse-­Bordas, 1998, p. 1614-­1615.

Hanane Laguer est doctorante à l'Inalco sous la direction de Mourad Yelles. Son projet porte sur les poétiques de l'exil et la question identitaire, abordées à partir d'un corpus multilingue (français-arabe littéraire et arabe maghrébin – melhûn -) et transgénérique (poésie/roman) dans le champ littéraire algérien. Elle est chargée de cours de littératures maghrébines à l'Inalco. Elle a participé à de nombreuses manifestations scientifiques sur la littérature maghrébine, notamment sur sa place au sein de la littérature comparée. Elle prépare un ouvrage collectif à partir d'une journée d'études qu'elle a co-organisée avec Mourad Yelles intitulée Poétiques de l'exil : Maghreb et diaspora, en 2016.
http://www.inalco.fr/sites/default/files/asset/document/prg_lacnad_15-12-2016_0.pdf

Amel MAÂFA : De la polyphonie théâtrale à la narration romanesque. Le cas de Mille hourras pour une gueuse et de La Danse du roi
Montée au festival d'Avignon en 1977, Mille hourras pour une gueuse est une expérience de théâtre menée par Mohammed Dib. Longtemps considérée comme une adaptation du roman La danse du Roi (1967), les travaux effectués par Isabelle Mette sur les manuscrits de l'auteur (disponibles à la BNF) ont démontré l'antériorité de la pièce sur le roman. Dans les deux œuvres, nous retrouvons le personnage de Arfia, une ancienne maquisarde, déchirée entre un passé glorieux et un présent désenchanté. Les personnages évoluent dans un univers éclaté, dans un va-et-vient entre passé et devenir. Le présent se voit transcendé dans la narration, accentuant ainsi le jeu dramatique du récit. Dans cette communication, nous essayerons d'étudier ce que Charles Bonn appelait "la fonction romanesque de représenter une représentation" en mettant l'accent sur le personnage de Arfia dans les deux œuvres.

Amel Maâfa est maître de conférences, HDR, à la faculté des lettres et des langues, Université 8 Mai 1945 Guelma, Algérie. Elle s'intéresse tant à la littérature qu'aux arts. Elle a participé à de nombreuses rencontres scientifiques autour de ces thématiques dans de nombreux pays. Elle a publié de nombreux articles, et a co-dirigé un ouvrage sous forme d'entretiens avec Charles Bonn, Littérature algérienne. Itinéraire d'un lecteur (El Kalima, 2019).

Lamia OUCHERIF : L'écriture du "visuel"
Nous avons choisi de réfléchir sur la conception de l'écriture chez Mohammed Dib et surtout sur le rapport qui existe entre ce qu'il appelle lui-même "le visuel" et le monde. Dans un passage de L'Arbre à dires, il précise : "Ce qui est sûr, c'est que je suis un visuel, un œil. Cela ressort dans mes écrits et quel que soit le genre d'écrit : poème, roman, nouvelle" (p. 107). Qu'entend Mohammed Dib par l'expression "je suis un visuel" ? Même si l'expression paraît simple, elle ne l'est pas pour autant, surtout que l'écrivain la rattache à tous ses écrits et tous genres confondus.

Lamia Oucherif est maître de conférences en littérature au département de français de l'École normale supérieure de Bouzaréah, Alger. A soutenu son doctorat en mars 2010. L'intitulé de sa thèse est "Pour une poétique de la relation père/fille chez M. Dib, A. Djebbar et S. de Beauvoir". Chef d'équipe au sein du laboratoire LISODIP, à l'ENS de Bouzaréah. Les recherches de l'équipe portent sur la littérature francophone du XXIe siècle.
Publications
"L'invention d'une langue littéraire dans un milieu plurilingue", revue Socles (revue du laboratoire LISODIP), n°2, Janvier 2013.
"L'écriture comme dissimulation ou l'écriture de la dissimulation dans les littératures contemporaines, francophone et française (fin du XXe et XXIe siècles)", revue Socles (revue du laboratoire LISODIP), n°8, Janvier 2016.

Nasrin QADER : Le théâtre de l'écrit : jouer avec/jouer de…
Cette communication prend son élan dans le simple constat que Mohammed Dib est un grand joueur. Malgré le grand sérieux de son œuvre, autant du point de vue politique et éthique que poétique, l'écriture de Dib joue avec les mots et des mots et ainsi joue avec et de nous, joyeusement. Commençant par une lecture précise du rapport entre le jeu et l'écriture dans Neige de marbre, cette analyse la relie en même temps avec la question de la perspective plus généralement dans l'œuvre de Mohammed Dib et l'intérêt qu'elle manifeste à la visualité et à ses enjeux, cherchant ainsi à souligner que le jeu en tant que l'ouverture d'un espace de visibilité et de communication constitue le cœur de l'imagination et de la pensée de Mohammed Dib.

Nasrin Qader enseigne la littérature francophone et la littérature comparée à Northwestern University, aux États-Unis. Elle est auteur de Narratives of Catastrophe : Boris Diop, Ben Jelloun, Khatibi et des articles sur la littérature francophone et arabe du Maghreb. Elle travaille actuellement sur un projet de livre autour de la question de la visualité et le jeu, dans lequel Mohammed Dib occupe une place importante.

Abdellah ROMLI : L'intratextualité dans l'œuvre dibienne : une question de vie ou de mort
Reprendre un de ses textes ou un de ses personnages pour le replonger dans une nouvelle aventure scripturale fut certainement une des pratiques courantes des poétiques romanesques françaises du XIXe siècle. C'est à cette intratextualité, appréciée du moins par les éditeurs, qu'on doit ces grands ensembles romanesques signés par Balzac, Zola ou George Sand au nom d'une individualité créatrice unie et indivisible. Chez Mohammed Dib, le projet comme les intentions nous paraissent autres. Pour un auteur qui s'est très tôt prononcé pour une production de longue haleine, la reprise démasque principalement une tension dans le procès d'énonciation qui est constamment en train de se reconstruire autour de thèmes obsédants et qui est, par là-même, un acte qui se met en abyme, qui se théâtralise pour reprendre la thématique du colloque. Quand l'écho des Terrasses d'Orsol retentit dans une nouvelle de La Nuit sauvage : "La mort de Talilo" et quand Lyyli Belle, narratrice de L'Infante maure, renaît dans une partie de L'Arbre à dires, rien n'est aussi fort et aussi urgent que cette envie de renouer avec la vie par la prise de parole.

Abdellah Romli est professeur-chercheur en littératures francophones, auteur d'une thèse et de plusieurs articles sur l'œuvre de Mohammed Dib, membre d'une unité de recherche "Imaginaires, Textes et Écritures" du Laboratoire DILILARTICE affilié à l'université Ibn Tofaïl de Kénitra (Maroc) et chercheur associé à l'équipe de recherche sur les manuscrits de Mohammed Dib, à l'Institut des Textes et Manuscrits Modernes ITEM-Paris (CNRS-ENS).

Hervé SANSON : La nébuleuse de La Fiancée du printemps : construction et déconstruction du mythe
La réécriture des mythes a toujours constitué dans l'écriture dibienne un motif essentiel. Jamais publiée, sans cesse reprise de 1960 à 1986, la pièce de théâtre La Fiancée du printemps n'échappe pas à la règle et mobilise notamment le rite berbère de Guendja, "La fiancée de la pluie" ; ce qui importe à l'écrivain algérien réside dans le fait d'"essayer de saisir ce moment particulier où le mythe émerge dans la vie quotidienne et où, détruisant nos particularités de caractère, de sentiment, de pensée, il nous agrège aux autres en un vaste corps anonyme mû par une force qui lui est à lui-même inconnue" ("Notes sur La Fiancée du printemps ou le théâtre à l’état naissant", inédit). À partir des différents tapuscrits dont nous disposons, tant les versions théâtrales successives que le scénario que Dib en a tiré avec Marcel Moussy au début des années soixante, mais aussi du roman Si Diable veut, dernier avatar — romanesque — de cette entreprise théâtrale, et en mobilisant les outils de la génétique des textes, nous nous attacherons à dégager les enjeux du travail de réécriture dibien quant au mythe, et l'évolution que celui-ci subit au long des différentes versions.

Après avoir soutenu une thèse de doctorat sur Mohammed Dib en 2005, Hervé Sanson a publié de nombreux articles sur Dib, notamment dans Expressions maghrébines ("L. A. Trip : la troisième voie ou : D'un rocking-chair", EM, "Dib poète", vol. 4, n°2, hiver 2005 ; "Une esthétique du bazar", EM, Varia, col. 18, n°1, été 2019), ou dans Apulée ("Dans l'œil du cyclone", n°2, "De l'imaginaire et des pouvoirs", Zulma, 2017). Il a coordonné le numéro de la revue Europe consacré à Dib, paru en mai 2020. Il prépare avec Habib Tengour l'édition critique et génétique des nouvelles de l'écrivain, à paraître prochainement aux éditions du CNRS.

Lucy STONE McNEECE : L'écriture de Mohammed Dib : la plume comme un pinceau
Cette communication démontrera la fonction du principe du féminin chez Dib comme agent de démantèlement des codes de la représentation conventionnels. Dib a compris que les genres littéraires et sexuels partagent une structure hiérarchique et binaire qui limite notre manière d'être au monde et notre capacité de créer les conditions éthiques propices à l'épanouissement de l'être humain. Ainsi Dib met en scène le "féminin" libéré de sa biologie et les clichés associés aux femmes, et en révisant les structures il transforme ses récits en découvertes épistémologiques et éthiques. Le féminin l'amène aussi à puiser dans la culture populaire orale, pour en extraire sa sagesse. Chez Dib le principe du féminin engendre une révolution qui abolit les frontières entre les oppositions telles que le féminin et le masculin, le moi et l'autre, la raison et la folie, le sujet et l'objet, la poésie et la prose, le Nord et le Sud, pour mettre en scène une vision plus inclusive et plus égalitaire.

Lucy Stone McNeece est diplômée de Harvard University. Elle a enseigné les littératures francophones ainsi que le théâtre et le cinéma à l'université du Connecticut puis à l'université de Mohammed V à Rabat. Elle a travaillé sur les littératures comparées au centre des Études maghrébines et du Moyen Orient et au C.E.M.A.T à Tunis. Depuis sa retraite, elle a fait une maîtrise en littérature arabe à l'INALCO, enseigné à l'université américaine de Beyrouth et passé une année de recherche à l'IFPO (Institut français du Proche Orient). Ses publications portent sur des écrivains francophones du Maghreb, de l'Afrique de l'ouest, et sur des auteurs du Moyen-Orient.

Manel ZAÏDI AÏT-MÉKIDÈCHE : L'œil cosmique et l'ouïe, œil du cœur : hypostases dibiennes
Dans cette communication, nous nous proposons d'examiner les fondements de l'écriture dibienne et la résurgence des multiples voix qui peuplent son œuvre du fait de l'importance que revêtent pour lui la Vision et l'Ouïe comme génératrices de sens. Nous commencerons par interroger le désert dans son essence dissolvante, capable de neutraliser le pouvoir testamentaire de l'écriture. Dans cet esprit, nous aborderons l'importance de la récitation et la sublimation de la vision par l'ouïe dans l'œuvre dibienne. Nous montrerons comment la vision relève d'un œil cosmique sublimé par le verbe récité et donc, systématiquement, par l'ouïe comme forme ésotérique de connaissance. Nous évoquerons par ailleurs un des atavismes du style dibien, lié à la parole qui traverse son œuvre sans qu'elle s'astreigne à la toute-puissance de l'écrit. Cet atavisme sera rapproché, dans la même lancée, de l'importance de l'ouïe et de ces traces qui aident à chercher et à reconstruire du sens à partir de bribes de paroles.

Manel Zaïdi Aït-Mékidèche est docteure en Sciences des Textes Littéraires à l'École Normale Supérieure d'Alger. Elle est autrice d'une thèse de doctorat dédiée à "L'Imagination de l'Ailleurs dans l'œuvre de Mohammed Dib" et d'un mémoire de magistère sur le "Symbolisme thériomorphe et l’imaginaire animé de Mohammed Dib". Ses publications et ses travaux de recherche portent sur l'imaginaire dibien et ses rapports avec le politique, la mythologie et la philosophie, notamment la philosophie illuminative et spirituelle.

Anna ZOPPELLARI : Mohammed Dib : images de l'ailleurs entre motif thématique et littérature de voyage
Cette intervention envisage d'analyser quelques œuvres poétiques de Mohammed Dib à partir de l'élaboration théorique sur la littérature de voyage. Les renvois à un ailleurs spatial et culturel doivent-ils être inscrits dans une interrogation thématique ou est-il possible de faire référence de façon profitable au sous-genre appelé "littérature de voyage" ? Notre propos sera donc de comprendre si, et jusqu'à quel point, l'œil du poète-voyageur transforme le texte en regard sur autrui ou le fait devenir un regard sur lui-même. L'attention sera portée notamment sur L.A Trip, recueil poétique que le paratexte éditorial définit comme "roman". Quelles sont les raisons, mais surtout, quelles sont les implications de ce triangle théorique-pragmatique où il existe un genre déclaré (le roman), un genre exposé (la poésie) et un sous-genre suggéré par le titre (le voyage) ?

Anna Zoppellari est professeure de littérature française à l'université de Trieste.
Publications
Dossier Jean Pélégri pour la revue Expressions maghrébines (2007).
Traduction du poème Tombeau d'Ibn Arabi de Abdelwahab Meddeb (Poema di un sufi senza Dio. Sulla tomba d'Ibn Arabi, 2012).
Plusieurs articles sur la littérature maghrébine d'expression française.


SOUTIENS :

• Textes, littératures : écritures et modèles (TELEM) — EA 4195 [Université Bordeaux Montaigne]
• Réseau mixte algéro-français de recherche-formation et de recherche sur la langue française et les expressions francophones (LaFEF)
• Société internationale des Amis de Mohammed Dib (SIAMD)
• Coordination internationale des chercheurs sur les littératures maghrébines (CICLIM)
Université Paris 8 | Vincennes - Saint-Denis
• Direction régionale des affaires culturelles Normandie (DRAC)


BULLETIN D'INSCRIPTION


La date de l'ouverture des inscriptions pour les auditeurs sera définie au regard des informations concernant l'évolution de la crise sanitaire.

Programme 2021 : un des colloques

Programme complet


MORPHOGENÈSE : DONNER LIEU AU PATRIMOINE ORIGINAIRE
AVEC ARNO STERN ET PASCAL QUIGNARD


DU LUNDI 6 SEPTEMBRE (19 H) AU DIMANCHE 12 SEPTEMBRE (14 H) 2021

[ colloque de 6 jours ]


Grotte Chauvet. Homme-Bison s'approchant de la matriarche © Carole Fritz / Ministère de la Culture


DIRECTION :

Mireille CALLE-GRUBER, Anaïs FRANTZ, Pascal QUIGNARD

Avec la participation d'Arno STERN


ARGUMENT :

L'originaire fait signe — il fait signe dans les découvertes scientifiques, dans l'art, dans les rêves, dans la langue littéraire, dans l'amour, dans le jeu des enfants, dans la vie sauvage. Mais comment accueillir ces signes — ces traces — dont la manifestation précède le logos (le langage de la raison) et les sciences régies par le logos ?

Ce qui se donne à penser, avec les travaux d'Arno Stern et de Pascal Quignard, ce sont autant les conditions d'expression de l'"Homo vulcanus" (Stern) dont, sans répit, Quignard guette l'éruption dans les images et les textes qu'il collecte, que celles de la réception des traces de l'ancienne "vie aquatique" (Quignard) dont l'atelier de peinture créé par Arno Stern à Paris au lendemain de la Seconde Guerre mondiale reconstitue l'état de plénitude. C'est, dans toute son amplitude, la question de la morphogenèse envisagée sous l'angle de la sémiologie (Stern) ou du rêve (Quignard).

À partir des œuvres d'Arno Stern et de Pascal Quignard, de l'exposé de leurs singularités respectives et de leur rencontre, le Centre culturel international de Cerisy se propose d'être le lieu d’une méditation transdisciplinaire, à l'intersection de la paléontologie, de l'embryologie, de la psychanalyse, des sciences du langage, de la danse, de la peinture, de la littérature, autour des conditions d'accueil et d'expression du patrimoine originaire.

N.B. : Ce colloque ayant été initialement prévu en 2020, il vous est possible d'accéder à sa présentation 2020 : cliquer ici.


MOTS-CLÉS :

Danse, Images originaires, Lascaux, Littérature, Mémoire archaïque, Morphogenèse, Paléontologie, Psychanalyse, Quignard (Pascal), Sémiologie, Stern (Arno), Traces


CALENDRIER PROVISOIRE :

EN COURS DE RÉVISION


BIBLIOGRAPHIE :

• AMEISEN Jean-Claude, La Sculpture du vivant. Le suicide cellulaire ou la mort créatrice, Seuil, 2003.
• ANATI Emmanuel, Aux origines de l'art, 50000 ans d'art préhistorique et tribal, préface d'Yves COPPENS, Fayard, 2003.
• ANDREWS Jerome, La Danse profonde, de la carcasse à l'extase, avec un texte d'Arno STERN, éd. CND, 2017.
• BONNEFIS Philippe, LYOTARD Dolorès (dir.), Pascal Quignard, figures d'un lettré, Colloque de Cerisy, Éditions Galilée, 2005.
• BONNET BALAZUT Amélie, Portrait de l'homme en animal, de la duplicité de la figure humaine dans l'art pariétal, PUP, 2014.
• CALLE-GRUBER Mireille, DEGENÈVE Jonathan, FENOGLIO Irène (dir.), Pascal Quignard. Translations et métamorphoses, Colloque de Cerisy, Hermann, 2015.
• CALLE-GRUBER Mireille, FRANTZ Anaïs (dir.), Dictionnaire sauvage Pascal Quignard, Hermann, 2016.
• CALLE-GRUBER Mireille, Pascal Quignard ou Les leçons de ténèbres de la littérature, Galilée, 2018.
• FRANTZ Anaïs, STERN Arno, La Mémoire et l'Expression, éd. Marie Morel Regard – J'en suis bleue, 2018.
• FRANTZ Anaïs, Marie Morel la peinture libre, éd. Marie Morel Regard – J'en suis bleue, 2019.
• HAAG Geneviève, Le Moi corporel : autisme et développement, PUF, 2018.
• QUIGNARD Pascal, Le Sexe et l'Effroi, Gallimard, 1994.
• QUIGNARD Pascal, Sur le jadis, Dernier Royaume, Tome II, Grasset, 2002.
• QUIGNARD Pascal, Les Paradisiaques, Dernier Royaume, Tome IV, Grasset, 2005.
• QUIGNARD Pascal, La Nuit sexuelle, Flammarion, 2007.
• QUIGNARD Pascal, Sur l'image qui manque à nos jours, Arléa, 2014.
• QUIGNARD Pascal, Marie Morel, Marie Morel une vie de peintre, éd. Marie Morel Regard –J'en suis bleue, 2014.
• QUIGNARD Pascal, Angoisse et beauté, Seuil, 2018.
• QUIGNARD Pascal, La Vie n'est pas une biographie, Galilée, 2019.
• QUIGNARD Pascal, Marie Morel, L'œuvre censurée de Marie Morel, éd. Marie Morel Regard – J'en suis bleue, 2019.
• STERN Arno, Aspects et technique de la Peinture d'enfants, éd. Delachaux & Niestlé, 1956.
• STERN Arno, Compréhension de l'Art enfantin, préface de Françoise DOLTO, éd. Delachaux & Niestlé, 1959.
• STERN Arno, Une grammaire de l'Art enfantin, éd. Delachaux & Niestlé, 1966.
• STERN Arno, L'Expression ou l'Homo Vulcanus, éd. Delachaux & Niestlé, 1973.
• STERN Arno, Le Monde des Autres, éd. Delachaux & Niestlé, 1974.
• STERN Arno, Antonin ou la Mémoire organique, éd. Delachaux & Niestlé, 1978.
• STERN Arno, Les Enfants du Closlieu, éd. Hommes & Groupes, 1989/2007.
• STERN Arno, Heureux comme un enfant qui peint, éd. du Rocher, préface d'Albert JACQUART, photographies de Peter LINDBERGH.
• STERN Arno, Le Jeu de peindre, Actes Sud, 2011.
• STERN Arno, L'Âge d’or de l'Expression, Desclée de Brouwer, 2014.

VIDÉOS :

Hommage rendu à Arno Stern en Sorbonne le 9 septembre 2019 : une conférence d'Arno Stern précédée par les discours du Président de l'université la Sorbonne Nouvelle-Paris 3, d'un représentant de la Commission nationale française pour l'UNESCO, d'André Stern, d'Anaïs Frantz et de Zelda Egler :
- Discours d'hommage précédant la conférence : voir la vidéo
- Conférence d’Arno Stern en Sorbonne, 9 septembre 2019 : voir la vidéo


SOUTIENS :

• Direction régionale des affaires culturelles Normandie (DRAC)
• Direction des Affaires Internationales (DAI) & Commission de la Recherche (CR) [Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3]
• Institute for the International Education of Students (IES), Paris


Sous le patronage de la Commission nationale française pour l'UNESCO


BULLETIN D'INSCRIPTION


La date de l'ouverture des inscriptions pour les auditeurs sera définie au regard des informations concernant l'évolution de la crise sanitaire.

Programme 2021 : un des colloques

Programme complet


LA MODE COMME INDISCIPLINE :
TERRITOIRES D'EXPRESSIONS ET DE RECHERCHES


DU MARDI 31 AOÛT (19 H) AU SAMEDI 4 SEPTEMBRE (14 H) 2021

[ colloque de 4 jours ]


Carte blanche à Zoé Guédard / Invitation aux musées week-end #1 /
Centre National de Danse (Pantin, novembre 2018)


DIRECTION :

Mathieu BUARD, Denis DARPY, Céline MALLET, Aurélie MOSSÉ


ARGUMENT :

Exposée, médiatisée, encensée ou critiquée, la mode définit une partie conséquente de l'histoire matérielle et est un indéniable agent d'intelligibilité du contemporain. À l'image de son industrie complexe et mobile, la mode constitue une discipline en devenir, un champ de recherche interdisciplinaire qui s'est progressivement approprié les grilles d'analyse et les outils critiques des sciences voisines tout en se nourrissant de ses propres paradoxes et ambiguïtés.

Entre permanence et nouveauté, matérialité et immatérialité, ce colloque a pour vocation de témoigner de la richesse de ce champ de la création en esquissant un état des lieux de la pensée sur, par et pour la mode. Il est articulé autour de quatre thématiques centrales : un premier temps se consacre à la formation des styles entre poncifs, normes et transgressions ; un deuxième temps aborde la question de l'industrie et du mal, où la mode déploie un système de création et de production divers, redoutable, mais aussi ambitieux et prospectif ; un troisième temps offre d'explorer les processus actuels de création à l'aune d'une nécessaire perspective écologique et de résilience ; enfin ce colloque se conclue sur la question de la transmission des savoir-faire et des formes de la conservation de la mode, avec sa dimension artistique et patrimoniale.

Chercheurs, philosophes, créateurs, auteurs de performance, collectionneurs et directeurs artistiques sont ainsi conviés pour interroger ensemble ces territoires.


MOTS-CLÉS :

Conservation, Création, Éco-conception, Industrie et mal, Métiers, Patrimoine, Procédés ingénieux, Style image poncif


COMMUNICATIONS (suivies de débats) :

TEMPS 1 — STYLE IMAGE PONCIF
Véhicules et formes du style, du paraître, nouveaux monstres et nouvelles natures… Où il est question de la dimension artistique de la mode, du vêtement manifeste ; mais encore de la manière et de l'air du temps, des corps et de leur représentation, entre normes et transgressions, culture
camp ou poncifs.
Odile BLANC : Classiques & basiques : des poncifs dans le vêtement ?
Claire BRUNET : Pourquoi Baudelaire ? Une archéologie du poncif
Emanuele COCCIA : Vie et mort du lifestyle. L'histoire du concept entre mode, marketing et cultural studies
Zoé GUÉDARD : "Basic" [performance]
Gabrielle SMITH : L'avant-dernière mode
Gabrielle SMITH & Samuel BARDAJI : "Poliche" [performance]

TEMPS 2 — L'INDUSTRIE ET LE MAL
Industrie cachée, réalité ou rêve industriel… Où il est question du système industriel de la mode pris dans l'écart entre le créateur et le "marketeur", des relations exiguës et ambiguës entre économie et société, système et marché, artisan et auteur.

Cyril CABELLOS (sous réserve)
Colette DEPEYRE : Regards croisés sur l'évolution du "marché de la mode"
François-Xavier HÉRODY : La maille : une industrie artisanale
Eléna JOUFFE : Western moderne : les postures contemporaines dans l'industrie de la mode

TEMPS 3 — ÉCO-CONCEPTION, PROCÉDÉS INGÉNIEUX ET INDUSTRIEUX
Où il s'agit d'aborder, d'interroger les matériaux, les procédés, les modes de fabrication, les usages et mes-usages de la mode, avec un angle écologique et de résilience.

Rebecca EARLEY : From sustainable to circular fashion textile design
Tony JOUANNEAU : Savoir-faire symbiotiques : révéler le vivant à l'œuvre
Agnès LABOUDIGUE : Quelles innovations technologiques, de procédé, d'organisation pour une mode durable ?
Aurélie MOSSÉ : Recherche par le design : indisciplinée résilience par la matière ?
Pauline VAN DONGEN : Solar energy embodied : weaving new relationships with the sun

TEMPS 4 — PATRIMOINE ET MÉTIERS, CONSERVATION ET CRÉATION
Où il s'agit de parler de l'évolution des bases de connaissances et des pratiques, du vécu de ces pratiques, des permanences et des nouveautés au niveau de l'artisan, du commerçant, de l'industriel, du directeur artistique, "des gardiens du temple" exerçant leurs métiers, et au niveau de la communication industrielle et culturelle.

Guillaume BLANC : L'habit fait-il l'auteur ? La photographie, le livre et la mode au XXIe siècle
Olivier CHATENET : Une collection des collections — du vintage au patrimoine
Farid CHENOUNE : Fashion / Mode : un couple complexe
Émilie HAMMEN : Le "devenir art" de la mode du XIXe au début du XXe siècle
Marlène VAN DE CASTEELE : Processus définitionnels des objets photographiques de mode dans les collections muséales françaises
Jeanne VICÉRIAL : Prêt-à-mesure : conserver des méthodes de couture ancestrale dans un processus de création innovant


RÉSUMÉS :

Eléna JOUFFE : Western moderne : les postures contemporaines dans l'industrie de la mode
La mode est une industrie qui excelle dans l'art de marketer l'image de l'artisan, de sa main, de son savoir-faire. Ce "tabou" industriel inhibe les prouesses en série qui permettent aux marques une diffusion mondiale. L'industrie est devenu le mal. Ce phénomène est exacerbé par l'obligation de mutation des maisons vers l'éco-responsabilité, qui est désormais un prérequis à la survie du modèle. Comment tenir ce nouvel objectif industriel et responsable, tout en le rendant encore plus désirable ? L'éco-conception se transforme en nouvel eldorado marketing.

Bibliographie ou références
IFM, Mode de recherche, n°18, "L'artisanat, la main et l'industrialisation".
Fashionnetwork (compilation).
Li Edelkoort, Anti Fashion Manifesto.
Sylvie Brunel, Que sais-je, le développement durable.

Gabrielle SMITH : L'avant-dernière mode
Sublime devenu ridicule, intuition juste devenue malentendu, nouveauté devenue retard, le démodé suit la mode comme son ombre et ne peut s'en détacher. Ses espaces (ville éloignée de la cour, province éloignée de la ville, pays éloigné d'un autre), ses temporalités (générationnelles, saisonnières voire hebdomadaires) et ses mots (ringardise, dépassement, désuétude) varient historiquement avec ceux de la mode, sans pour autant se contenter d'en donner le double négatif. Il faut s'y pencher, non pas comme sur une série d'anecdotes, mais comme sur une catégorie de la perception, un ordre de sensations renvoyant à une "horreur préhistorique", selon les termes de W. Benjamin.

Bibliographie
Walter Benjamin, Paris, Capitale du XIXe siècle. Livre des passages, trad. Jean Lacoste, Paris, Cerf, 1989.
Roger Caillois, L'homme et le sacré, Paris, Gallimard, 1950.
Mircea Eliade, Le mythe de l'éternel retour, Paris, Gallimard, 1949.
Caroline Evans & Alessandra Vaccari, Time in Fashion. Industrial, Antilinear and Uchronic temporalities, Londres, Bloomsbury, 2020.
François Hartog, Chronos. L'Occident aux prises avec le temps, Paris, Gallimard, 2020.
Hans-Robert Jauss, Pour une esthétique de la réception, trad. C. Maillard, Paris, Gallimard, 1978.
Reinhart Koselleck, Le futur passé. Contribution à la sémantique des temps historiques, trad. J. Hoock et M.-C. Hoock, Paris, EHESS éditions, 2016.
George Kubler, Formes du temps : remarques sur l'histoire des choses, trad. Yana Kornel et Carole Naggar, Paris, Champ Libre, 1973.


BIBLIOGRAPHIE :

• Blanc O., 1997, Parades et parures. L'invention du corps de mode à la fin du Moyen Âge, Paris, Gallimard, "Le temps des images".
• Blanc O., 2009, Vivre habillé, Klincksieck, Collection "50 questions".
• Bruggeman D., 2018, Dissolving the ego of fashion : engaging with human matters, ArtEZ Press.
• Earley B., Goldsworthy K., 2019, "Circular Textile Design : Old Myths and New Models", in Charter, M., (ed.), 2019, Designing for the circular economy, Londres, Routledge.
• Ewans C., 2013, The Mechanical Smile : Modernism and the First Fashion Shows in France and America, 1900-1929, Yale University Press.
• Chenoune F., Müller F., 2010, Yves Saint Laurent, La Martinière.
• Chenoune F., 1993, Des modes et des hommes - Deux siècles d'élégance masculine, Flammarion.
• Delille D. & Senechal P., 2020, Modes et vêtements. Retour aux textes, UCAD.
• Granata F., 2017, Experimental Fashion - Performance Art, Carnival and the Grotesque Body, I.B. Tauris.
• Hammen E., Simmenauer B., Les Grands Textes de la Mode, Éditions du Regard, IFM.
• Mosse A., Bassereau J.-F., 2019, "Soft Matters : en quête d'un design textile et matière plus résilient", Sciences du Design, n°9 "Développement durable" (Mai 2019), Paris, Presses universitaires de France.
• Niinimäki K., Peters G., Dahlbo H., Perry P., Rissanen T., Gwilt A., 2020, "The environmental price of fast fashion", Nature Reviews Earth & Environment, Volume 1.
• Rissanen T. & McQuillan H., 2016, Zero waste fashion design, London, Bloomsbury.
• Rocamora A., Smelik A. (eds), 2015, Thinking Through Fashion : A Guide to Key Theorists, London, I.B.
• Van Dongen P., 2019, A designer's material-aesthetics reflections on Fashion and Technology, ArtEZ Press.
• Vicerial J., 2019, Clinique Vestimentaire : Pour un nouveau paradigme de la création & réalisation vestimentaire sur-mesure, Thèse doctorale, Paris, École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs.

Modes pratiques. Revue d'histoire du vêtement et de la mode, Créée et soutenue depuis 2015 par l'École Duperré, l'Institut de Recherches Historiques du Septentrion (IRHiS) de l'université de Lille et depuis 2019 par le Laboratoire InVisu (CNRS-INHA).


SOUTIENS :

École Duperré ParisHESAM Université
• École nationale supérieure des Arts Décoratifs [ENSAD]
Université Paris Dauphine // MINES ParisTech — Université PSL (Paris, Sciences & Lettres) | PSL


BULLETIN D'INSCRIPTION


La date de l'ouverture des inscriptions pour les auditeurs sera définie au regard des informations concernant l'évolution de la crise sanitaire.

Programme 2021 : un des colloques

Programme complet


PSYCHANALYSE ET MÉDECINE, ENTRE CORPS ET LANGAGE


DU SAMEDI 21 AOÛT (19 H) AU SAMEDI 28 AOÛT (14 H) 2021

[ colloque de 7 jours ]



DIRECTION :

Martine DOMBROSKY, Agnès DUTHOIT, Houchang GUILYARDI, Josette OLIER, Geneviève VIALET-BINE


ARGUMENT :

"La psyché est étendue. N'en sait rien…"
S. Freud

Dans le livre Qu'est-ce que le corps pour la psychanalyse ? nous pouvons lire sous la plume du Dr. Houchang Guilyardi que "Le corps ne ment pas, sous-entendant que, à travers ses organes éprouvés, le corps énonce une vérité du sujet, invisible à la conscience". Un tourbillon secoue en permanence les mondes de la médecine et de la psychanalyse. Deux mondes qui se côtoient depuis plus d'un siècle, depuis que Freud et les analystes freudiens posèrent la question de leurs relations : Ferenczi pensait que "pour la médecine, divisée en tant de spécialités, la psychanalyse est une bénédiction, car elle recommande, dans toute forme de maladie, de traiter le malade aussi bien que la maladie". La pratique médicale travaille à la disparition du symptôme en tant que dysfonctionnement organique, la psychanalyse, quant à elle, considère le symptôme comme porteur de la vérité du sujet. De quelles complexités inconscientes les corps tentent-ils de s'extraire en multipliant symptômes, passages à l'acte, actes manqués et maladies ? Patients, médecins, psychanalystes parlent-ils du même corps ?

Ce colloque sera l'occasion, au fil de la semaine, de confronter les différentes approches et pratiques dont la clinique hospitalière, et d'aborder, développer en quoi (le) corps et (le) langage sont irrémédiablement tissés à tous les âges de la vie d'un sujet.


MOTS-CLÉS :

Acte analytique, Cancer, Conversion, Corps, Désir, Deuil, Épigénétique, Éthique, Freud (Sigmund), Jouissance, Lacan (Jacques), Libido, Maladies auto-immunes, Psychosomatique, Pulsions, Pulsion de mort, Somatose, Structure, Symptômes, Transfert, Trauma


CALENDRIER PROVISOIRE :

Samedi 21 août
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Dimanche 22 août
PSYCHANALYSE ET MÉDECINE : QUELS RAPPORTS ? — Animatrice : Josette OLIER
Matin
Houchang GUILYARDI & Patrick GOUDOT : Dialogue
Michelle MOREAU RICAUD : Le sujet en médecine. De Ferenczi à Balint

Après-midi
Arlette MEYER : Loi Santé et bioéthique
Jean-Pierre WINTER : Que profane la laïcité de la psychanalyse


Lundi 23 août
CORPS ET JOUISSANCE — Animateur : Jean-Jacques CHAPOUTOT
Matin
Danièle LEVY : Organique et psychique : quelle articulation ?
Geneviève VIALET-BINE : Conversions hystériques et "somatoses"

Après-midi
Nestor BRAUNSTEIN : Les états de jouissance
Jacqueline SCHAEFFER : Comment parle le corps d'une femme ?


Mardi 24 août
CORPS ET STRUCTURE — Animatrice : Agnès DUTHOIT
Matin
Cartel de clinique analytique hospitalière, table ronde avec Nathalie ALVAREZ, Laurent CAPELLE, Martine DOMBROSKY, Agnès DUTHOIT, Christine FARDEAU, Christian JODEAU et Michèle NEY

Après-midi
Houchang GUILYARDI : Psychose somatique et dynamique de la structure
Jean-Pierre LEBRUN : Le transgenre : enfant de la Société

Cancer et psychisme, table ronde avec Françoise BESSIS et Josette OLIER


Mercredi 25 août
LANGAGE ET CORPS — Animatrice : Martine DOMBROSKY
Matin
Présentation clinique : cancer et lichen plan, "Violette", atelier de clinique analytique avec Jean-Jacques CHAPOUTOT, Martine DOMBROSKY, Sophie DUNOYER de SEGONZAC et Josette OLIER

Alain VANIER : Le corps et son double

Après-midi
DÉTENTE

Soirée
Concert avec Antoine PIERLOT (violoncelle)


Jeudi 26 août
ÉTHIQUE ET CORPS — Animatrice : Geneviève VIALET-BINE
Matin
Florence FREDOUILLE : PMA, les enjeux entre médecine et psychanalyse
Monique BYDLOWSKI : Expérience et réflexions de 30 années de collaboration avec des médecins de la reproduction sur le terrain d'un service d'obstétrique

Après-midi
Catherine VANIER : Une place pour la psychanalyse en réanimation néonatale
Anne-Laure BOCH : Éthique et responsabilité
Sophie DUNOYER de SEGONZAC : Corps réparés et corps augmentés


Vendredi 27 août
PSYCHANALYSE ET MÉDECINE : QUELLE ÉTHIQUE ? — Animatrice : Betty TESTUD
Matin
Thierry du PUY-MONTBRUN : Pavane pour un corps défunt
Ghislaine BOUSKELA : Urgence et fin de vie, une clinique du paradoxe

Après-midi
Véronique LEFEVBRE des NOETTES : Vulnérabilité des langages corporels et spirituels au grand âge
Hélène C. PRIEST : Expériences langagières de rencontre auprès des réanimés


Samedi 28 août
LE MOMENT DE CONCLURE… — Animatrice :  Josette OLIER
Matin
Ce que tisse le langage…
Marielle DAVID : Tissu et corps
Nicole FRANÇOIS : Titre non communiqué
Madeleine GUEYDAN : De la trace au langage, l'objet "a" dans le dessin d'enfant ou la création artistique

Houchang GUILYARDI : Le moment de conclure

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Ghislaine BOUSKELA : Urgence et fin de vie, une clinique du paradoxe
La médecine désinvestit le moment de la fin de vie, le percevant plutôt comme le signe de son échec. La psychanalyse, en se distinguant des différents modèles ayant contribué à la création des soins palliatifs, offre au sujet l'occasion de prendre son temps, de s'en saisir. C'est dans l'articulation du corps au langage, grâce à une modification de la temporalité, que quelque chose de la vérité du désir, peut émerger.

Ghislaine Bouskela est psychanalyste et psychologue clinicienne. Elle est membre de l'Association Psychanalyse et Médecine et analyste praticienne d'Espace analytique. Elle travaille depuis 10 ans dans l'unité de soins palliatifs et équipe mobile de l'hôpital d'Arpajon.

Madeleine GUEYDAN : De la trace au langage, l'objet "a" dans le dessin d'enfant ou la création artistique
L'homme tient son humanité d'un certain régime symbolique ou signifiant. Le développement technique contemporain et la digitalisation suggèrent que tout ce qui possède un corps peut être transformé en une structure de données, mais la dématérialisation consiste à libérer les signes des liens qu'ils entretiennent avec leur origine. C'est ainsi que les choses disparaissent en tant qu'incarnées. Lacan au contraire souligne que "l'inconscient est un savoir, un savoir-faire avec lalangue. Et ce qu'on sait faire avec lalangue dépasse de beaucoup ce dont on peut rendre compte au titre du langage". Lalangue, qui a des effets sur le corps, nous amène à la clinique de la trace chez l'enfant avec le dessin, chez l'adulte avec des créations singulières. Décrypter, en pistant l'objet "a", le passage de la trace au langage sera notre recherche.

Bibliographie
Freud S., 1895, Esquisse d'une psychologie scientifique, Érès, 2011.
Freud S., 1919, L'inquiétante étrangeté, Paris, Gallimard, 2005.
Lacan J., Encore, Le séminaire XX, Paris, Le Seuil, 1975.
Lacan J., Le transfert, Le séminaire VIII, Paris, Le Seuil, 1991.
Pesenti-Irrmann M., "La direction de la cure avec l'enfant", in Figures de la psychanalyse, Érès, 2011.

Hélène C. PRIEST : Expériences langagières de rencontre auprès des réanimés
À partir de mon expérience clinique auprès des malades en réanimation et en m'appuyant sur les travaux de Joseph Gazengel, La psychanalyse et les réanimés : les vêtir de paroles, il s'agit de montrer comment les paroles, les mots, la voix et les silences qu'on peut offrir au corps des réanimés les font renaître. Comment devenir lucidement attentif à ce que disent ou crient les corps allongés des malades en réanimation, si perdus qu'ils soient. Interroger à partir des vécus sensoriels et émotionnels des malades réanimés et de ceux des psychologues cliniciens qui s'aventurent à leur chevet, leurs expériences langagières de rencontre. Comment le psychanalyste, auprès des réanimés privés de la capacité de communiquer avec l'outil qu'est le langage parlé, va devoir faire œuvre de création avec l'offre de ses propres paroles ?

Hélène C. Priest est psychologue clinicienne, psychanalyste, et présidente de l'Association pour le Maintien du Lien psychique en Soins intensifs.
Bibliographie
Actes des Journées d'étude d'AML Soins intensifs, sous la direction d'Hélène C. Priest : La parole en réanimation, 28 février 2013 ; Les corps en réanimation. Que nous apprennent-ils ?, 10 avril 2015.
Joseph Gazendel, La psychanalyse et les réanimés : les vêtir de paroles, L'Harmattan, 2017.
Hélène C. Priest, Hélène Vienet & Joseph Gazendel (coord.), Le soin psychique en réanimation, Éditions Seli Arslan, 2019.
Hélène C. Priest, "Expériences de sensorialités, entre douleur et désir de vivre", in Revue In Analysis, Revue Transdisciplinaire de Psychanalyse et Sciences, sous le direction de Raphaël Minjard, publiée par Elsevier Masson, Ms. Réf. N° INAN-D-20-00051, juin 2020.

Geneviève VIALET-BINE : Conversions hystériques et "somatoses"
Je tenterai quelques réflexions sur ces états du corps que sont les conversions hystériques et "somatoses" ainsi que sur les mécanismes psychiques qui en rendent compte. Si les conversions font large consensus dans la communauté analytique, leur fonctionnement méritait d'être rappelé pour marquer la différence d'avec les "somatoses". Cet effort d'éclaircissement s'impose tant la confusion règne si on n'y apporte pas un peu de rigueur. Je vous propose donc au travers de la clinique de frayer un chemin dans les différentes références théoriques rendant compte de la désorganisation des fonctions somatiques et lésions d'organe. Avec comme fil rouge cette interrogation : ces atteintes du corps ne tentent-elles pas une suppléance dans le Réel au signifiant non advenu dans le symbolique ?

Geneviève Vialet-Bine est maître de conférences honoraire des universités, membre de l'APM en charge des Enseignements, Membre du CRDP et psychanalyste.
Publications
"Conversions hystériques et somatoses", in Revue de Psychologie Clinique, n°45 - "Quand le corps fait signe", Éditions EDPScience, 2018.
"Corps et langage, quand la parole prend corps", in Revue de la clinique lacanienne, n°22 - "Psychosomatique", Éditions Érès, 2013.
"Paroles singulières du Corps", in Qu'est-ce que le corps pour la psychanalyse?, sous la direction de H. Guilyardi, APM Éditions, 2013.
"Masochisme et pulsion de mort : les 3 masochismes", in CHE VUOÏ, n°32, Éditions L'Harmattan, 2009.
"La structure dans tous ses états", in Revue de la clinique lacanienne, n°13, Éditions Érès, 2006.


BIBLIOGRAPHIE :

• Sous la direction d'Houchang Guilyardi, ouvrages collectifs dans la collection "Le Corps a ses raisons", APM éditions :
- "L'Anorexique, le médecin et le psychanalyste", 2010.
- "L'Acte, entre transfert et savoir", 2012.
- "La Livre de chair, au vif du sujet", 2012.
- "Qu'est-ce que le corps pour la psychanalyse ?”, 2013.
- "Folies à la Salpêtrière. Charcot, Freud, Lacan" (EDP Sciences), 2015.
- "Qu’est-ce que la guérison pour la psychanalyse ?" (EDP Sciences), 2016.
- "Corps en discordance. Somatoses et Psychoses" (EDP Sciences), 2017.
- "Vous avez dit Jouissance ?" (Erès), 2019.

• Georges Canguilhem, Le normal et le pathologique, PUF, 1966.
• Jean Clavreul, L'ordre médical, Seuil, 1978.
• Sandor Ferenczi, Introduction à la question de l'analyse profane de S. Freud, "Essaim", érès, 2005.
• Sigmund Freud, Psychanalyse et médecine, ou la Question de l'analyse profane, "Folio", Gallimard, 1998.
• Jacques Lacan, "La place de la psychanalyse dans la médecine”, Intervention au Collège de médecine, 1966.
• Jacques Lacan, "Le symptôme", Conférence de Genève, 1975, Le Bloc-notes de la psychanalyse, 1985.
• Jean-Pierre Lebrun, De la maladie au malade. Psychanalyse et médecine dans la cité, érès, 2017.
• Joyce McDougall, Le théâtre du corps, "Folio", Gallimard, 2003.
• Donald Winnicott, "La maladie psychosomatique", La Lettre de la SPF, 2020.


SOUTIEN :

• Association Psychanalyse et Médecine (APM)


BULLETIN D'INSCRIPTION


La date de l'ouverture des inscriptions pour les auditeurs sera définie au regard des informations concernant l'évolution de la crise sanitaire.

Programme 2021 : un des colloques

Programme complet


MANDIARGUES : ÉCRIRE ENTRE LES ARTS


DU MERCREDI 11 AOÛT (19 H) AU MERCREDI 18 AOÛT (14 H) 2021

[ colloque de 7 jours ]


Photographie de Bona, André Pieyre de Mandiargues, Plage de Tecolutla, Veracruz, 1958 [détail], in André et Bona Pieyre de Mandiargues, Correspondances, Mexique-Italie, 1958-1959, Éditions Filigranes, coll. "Saison", 22, 2005.


DIRECTION :

Alexandre CASTANT, Pierre TAMINIAUX, Iwona TOKARSKA-CASTANT


ARGUMENT :

Ce colloque étudie l'œuvre littéraire (romans et nouvelles, poésie, théâtre), mais aussi esthétique (écrits sur l'art) d'André Pieyre de Mandiargues (1909-1991), dans sa relation à la modernité, aux avant-gardes historiques puis à l'époque contemporaine et actuelle. Il propose une approche transversale des études mandiarguiennes, évidemment liées à la littérature mais aussi aux autres arts (peinture, photographie, cinéma, théâtre, musique, son, radiophonie…), en développant des perspectives et des points de vue originaux et novateurs.

Ainsi l'on abordera d'abord l'œuvre de Mandiargues en liaison avec les avant-gardes ou les mouvements littéraires qu'elle revisite, traverse ou annonce (baroque, fantastique, surréalisme, nouveau roman…) en véhiculant des notions qui restent d'une particulière modernité dans le récit, la poétique, le langage (intertextualité, visualité, images mentales, spécularité…) et, en analysant aussi ses rencontres avec de nombreux écrivains et poètes contemporains. Puis, l'on dépassera les fondations surréalistes de Mandiargues pour étudier ses références classiques, par exemple élisabéthaines, romantiques ou impressionnistes, et, symétriquement, pour se projeter dans le futur et penser son actualité poétique et fictionnelle.

Dès lors, seront proposées des analyses de l'œuvre, poétique et esthétique, de Mandiargues en liaison avec la peinture (de l'École métaphysique italienne au surréalisme, de l'art brut au matiérisme), mais aussi avec la photographie, le cinéma ou le théâtre (à travers les adaptations cinématographiques de ses récits ou les mises en scène de ses pièces) ainsi que des études, en relation avec l'art le plus actuel, qui développeront des points de vue novateurs sur des sujets, reconnus comme procédant de la poétique mandiarguienne, ou résolument inédits.

Enfin, une attention sera tout particulièrement portée à son cosmopolitisme (l'Italie, le Mexique, Barcelone, le Japon…) et à la traduction qu'il a pratiquée à de nombreuses reprises (Octavio Paz, W.B. Yeats, Filippo De Pisis, Yukio Mishima…).

N.B. : Ce colloque ayant été initialement prévu en 2020, il vous est possible d'accéder à sa présentation 2020 : cliquer ici.


MOTS-CLÉS :

Arts, Baroque, Cabinet de curiosités, Cinéma, Cosmopolitisme, Fantastique, Fiction, Images, Intertextualité, Livre d'artistes, Mystère, Peinture, Photographie, Poésie, Surréalisme, Théâtre, Traduction


CALENDRIER PROVISOIRE :

Mercredi 11 août
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, du colloque et des participants, ainsi que du foyer de création et d'échanges


Jeudi 12 août
POÉSIE, FICTION
Matin
Alexandre CASTANT, Pierre TAMINIAUX & Iwona TOKARSKA-CASTANT : Introduction
Iwona TOKARSKA-CASTANT : Poésie, cristallisation, abstraction
Claude LEROY : Fleurs de Pieyre. Les trois naissances de la Jacinthe

Après-midi
Marie-Paule BERRANGER : Poésie scopique et genèse de l'écriture
Birgit WAGNER : L'Archéologue, Gradiva et l'impact des images
Les "Archives Mandiargues" de l'IMEC, présentation conçue par Claire PAULHAN

Soirée
Voyage dans les images, par Sibylle PIEYRE DE MANDIARGUES, animée par Patrick LE BESCONT


Vendredi 13 août
CORRESPONDANCES LITTÉRAIRES
Matin
Anne GARRIC : Détraquement textuel et "hachis de mots" : Le Musée noir de Mandiargues, un style de décadence
Eugenia GRAMMATIKOPOULOU : Dans le sillage de l'écriture mandiarguienne : filiations et affinités

Après-midi
Cédric MONG-HY : Les démons de l'anatomie : orgies et organes imaginaires. Jeux d'influence chez André Pieyre de Mandiargues, Leonor Fini et Georges Bataille
Jean-Claude MARCEAU : Esthétique du baroque et affirmation du désir : la perversion revisitée par André Pieyre de Mandiargues et Gilles Deleuze
Bahia DALENS : Constellations épistolaires mandiarguiennes

Soirée
Entretien inédit avec Gérard Macé, À propos d'André Pieyre de Mandiargues, documentaire radiophonique d'Alexandre Castant et L'Atelier sonore d'esthétique de l'École nationale supérieure d'art de Bourges


Samedi 14 août
CABINET DE CURIOSITÉS
Matin
Éric DUSSERT : Curiosités mandiarguiennes
Alain CHEVRIER : Un gastropoète : l'art culinaire chez Mandiargues

Après-midi
DÉTENTE


Dimanche 15 août
COSMOPOLITISME
Matin
Marie-France BOROT : Regarder Barcelone, A. Pieyre de Mandiargues à l'œuvre
Kacper Wiktor NOWACKI : Mandiargues et ses traces argentines

Après-midi
Pierre TAMINIAUX : Mandiargues et le Mexique : de l'art à la poésie
Antonio LAVIERI : Une communauté de traducteurs. Bona, Pieyre de Mandiargues et les autres
Marc KOBER : Le Japon nu et simple raconté par Mandiargues

Soirée
Lecture bilingue (français-italien) de quelques extraits d'Isabella Mora, par Lise CHAPUIS


Lundi 16 août
ARTS
Matin
Julie BERNARD : Quand la plume devient pinceau : itinéraire d'un écrivain-peintre au cœur de la cité métaphysique
Roberta SAPINO : "L'imposant, redoutable et prodigieux théâtre" : André Pieyre de Mandiargues écrivain et dramaturge

Après-midi
Inmaculada ILLANES ORTEGA : Mandiargues - Dubuffet : relations esthétiques
Marie JOQUEVIEL-BOURJEA : "…cet effort tendu vers la merveille…" : accompagner Les Rougets d'André Pieyre de Mandiargues
Suzanne DUMOULIN : Bona : au delà du surréalisme

Soirée
Lecture de textes critiques de Mandiargues à propos de l'art moderne, par Pierre TAMINIAUX


Mardi 17 août
PROSPECTIVE
Matin
Misao HARADA : Autogénération du récit dans Marbre ou les mystères d'Italie d'André Pieyre de Mandiargues [VISIOCONFÉRENCE]
Lise CHAPUIS : Isabella Mora, la mort, la poésie : scénographie italienne

Après-midi
Cæcilia TERNISIEN : Héritages et filiations
Alexandre CASTANT : Le Film (sonore) qui n'a pas eu lieu
Stéphanie JAMET : La syncope ou Le théâtre de la mort

Soirée
Érik BULLOT : Le Quatuor ambigu (2020), film inspiré par l'œuvre et la vie de Mandiargues


Mercredi 18 août
Matin
Alexandre CASTANT, Pierre TAMINIAUX & Iwona TOKARSKA-CASTANT : Conclusion
Discussion générale

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS :

Julie BERNARD : Quand la plume devient pinceau : itinéraire d'un écrivain-peintre au cœur de la cité métaphysique
En 1926, André Pieyre de Mandiargues (1909-1991) erre dans les rues de Paris avec son ami Henri Cartier-Bresson et voit, dans la vitrine d'une galerie d'art, un tableau de Giorgio de Chirico. Cette rencontre fortuite avec "le mythe moderne" cristallise celle plus personnelle, celle d'un artiste en devenir. En 1933, Mandiargues "le myope" se rapproche donc de l'Italie, déambule dans la "Cité métaphysique" et exprime l'idée que "la vision doit précéder le mot". Dans ces "années sordides", Mandiargues "le muet", s'émerveille, laisse libre cours à son imagination, expérimente la pratique intermédiale où l'écriture devient peinture. Sa parole devient plastique, ses mots, des couleurs, sa plume, un pinceau.

Certifiée en Lettres Modernes, Julie Bernard prépare actuellement une thèse en littérature italienne sous la direction de Marie-José Tramuta (Université Caen Normandie) intitulée "Les mots et les choses dans l'œuvre théâtrale d'Alberto Savinio". Son mémoire de Master Recherche, soutenu en 2012 et dirigé par Marie-Paule Berranger, interrogeait les relations entre André Pieyre de Mandiargues et l'École métaphysique et avait pour titre "André Pieyre de Mandiargues : rencontre(s) avec l'École métaphysique".
Publications
"Angélique ou la nuit de mai, roman protéiforme d'Alberto Savinio", Actes de la journée d'études des jeunes chercheurs du LASLAR - EA 4256, organisée le 23 mars 2017 à la MRSH de l'université de Caen Normandie, p.27-40 [en ligne].
"L'intermédialité au service du "dilettantisme" chez Alberto Savinio", Journée d'études des jeunes chercheurs organisée le 16 juin 2016, Congrès SIES 2016 à Amiens (à paraître).
"Ronconi à l'œuvre de Savinio", Colloque international “Luca Ronconi, maître d'un théâtre sans limites", Paris, 1-2 décembre 2016, organisé par l'université Paris 8 et le Labex Arts-H2H (à paraître).

Marie-Paule BERRANGER : Poésie scopique et genèse de l'écriture
Dans ses nombreux carnets, Mandiargues inscrit des associations de mots où l'on reconnaît, rétrospectivement, les matrices de récits, de poèmes en vers ou en prose. Un même caractère "visionnaire", pour reprendre un terme que la critique picturale du Deuxième Belvédère érige en critère d'élection. Mandiargues dit procéder par "cristallisation d'images maintenues en état de vibration" : leurs ondes de choc ne semblent pas se propager de la même façon vers le récit et vers le poème. Cette puissance d'engendrement de la vision nous servira de point de départ pour examiner la façon dont les sons prenant le relais deviennent conducteurs, soit que l'élaboration de scènes visuelles évolue par amplifications et associations vers le conte, soit que substitutions de mots et combinaisons de sonorités conduisent au poème. Tout est affaire de degrés, cependant, comme le montrent, tantôt l'incrustation de séquences sonores récurrentes et de mots-emblèmes dans le récit, tantôt l'enchâssement d'une liste de noms, noyau matriciel du poème dans une structure temporelle, non sans tremblements de genre.

Marie-Paule Berranger est professeure à l'université de la Sorbonne Nouvelle.
Publications
"À quoi tient la poésie dans le récit : les contes cruels d'André Pieyre de Mandiargues", Actes du colloque de 2013 réunis par Christine Dupouy, La Poésie entre vers et prose, Tours, Presses universitaires François Rabelais, 2016, p. 171-187.
"Le Croiseur noir : de la guerre froide au soleil d'Éros", Communication au colloque André Pieyre de Mandiargues, le poète, Abbaye d’Ardenne, déc. 2012.
"Les Carnets de création", in Plaisir à Mandiargues, Colloque du centenaire de la naissance du poète (mai 2009), textes réunis par Marie-Paule Berranger et Claude Leroy, Hermann, juin 2011, 411 pages.
"Je mourrai sans désaimer", Bernard Noël, André Pieyre de Mandiargues, Europe, janvier-février 2011, p. 285-288.
"André Pieyre de Mandiargues sur son Belvédère", in Tradizione e constestazione III, Canon et anti-canon. À propos du surréalisme et de ses fantômes, textes réunis par Catherine Maubon, Alinea editrice, 2009.

Marie-France BOROT : Regarder Barcelone, A. Pieyre de Mandiargues à l'œuvre
"Obstinément visuelle", selon les termes d'Alexandre Castant, l'œuvre d'André Pieyre de Mandiargues manifeste un certain désir d'écrire comme on peint en établissant entre les éléments des rapports de tonalité capables de faire surgir l'évidence du transitoire et du contingent. Dans le labyrinthe des bas-fonds exotiques du Barrio chino (Quartier chinois) de Barcelone, le narrateur de La Marge n'a de cesse de lier les fils de son histoire aux accidents du paysage urbain qu'il regarde en coloriste coruscant. Après Jean Genet, Claude Simon et bien d'autres, c'est en analyste des formes et des composantes chromatiques qu'il participe à la construction du mythe de Barcelone qui, chez lui, relève du mythe sacrificiel.

Marie-France Borot, professeur à l'université de Barcelone, membre de l'École de psychanalyse des Forums du Champ Lacanien, explore un espace critique qui confronte esthétiques et poétiques à une perspective analytique.
Publications récentes
"Un rêve d'Eugène Delacroix : végéter auprès de George Sand", in Evocar la literatura francesa y francófona de la modernidad, M. Carmen Figuerola (éd.), Universidad de Lleida, Pagès editor, 2019.
"Parcours du Voleur", in Les grains de sable seront doux comme le sucre, Christophe Balagna, Gérard Dasturgue (éd.), Ceres, Les Presses Universitaires, Institut Catholique de Toulouse, 2017.
"Stendhal, une âme rêveuse", in Sous le regard de Stendhal. Promenade à travers la nature et les arts, Encarna Medina Arjona (éd.), Euredit, 2017.
"Le voyage des arts : Dalí renaissant", in Entre l'Italie et l'Espagne. Les arts du voyage, Giovanni Dotoli, Encarnación Medina, Mario Selgaggio (éd.), Edizioni Universitarie Romane, Roma, 2017.
"Délires géologiques et autres. Les paysages de Salvador Dalí", in Jardins littéraires et méditerranéens, Encarna Medina Arjona (éd.), Peter Lang, Berne 2016.
"Les Thyrses d'Éros", in Périples et parages. L'œuvre de Frédéric Jacques Temple, Colloque de Cerisy, Marie-Paule Berranger, Pierre-Marie Héron, Claude Leroy (éd.), Hermann Éditeurs, 2016.
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Érik BULLOT : Le Quatuor ambigu
À la suite d'ateliers, de rencontres et d'échanges menés au cours d'un séminaire qui s'est tenu en 2019-2020 à l'École nationale supérieure d'art de Bourges, les étudiants ont réalisé un film collectif, intitulé Le Quatuor ambigu, inspiré par l'œuvre et la vie de Mandiargues, sous la direction d'Érik Bullot. Il convoque la présence fantomatique de quatre artistes qui ont accompagné la vie et l'œuvre de Mandiargues : Leonor Fini, Bona, Leonora Carrington, Meret Oppenheim. Langage d'objets, lecture télégraphique, puissance visionnaire, dissonance, et ornement sont quelques-uns des motifs de ce film qui tente l'impossible saut entre littérature et cinéma.

Érik Bullot est cinéaste et théoricien. Auteur de nombreux films à mi-chemin entre le documentaire et le film d'artiste, il enseigne le cinéma à l'École nationale supérieure d'art de Bourges.
Publications
Le film et son double. Boniment, ventriloquie, performativité, Mamco, 2017.
Roussel et le cinéma, Nouvelles Éditions Place, 2019.

Alexandre CASTANT : Le Film (sonore) qui n'a pas eu lieu
Cette communication aura pour sujet le cinéma : dans la biographie de Mandiargues (sa découverte du septième art), dans son œuvre (il en est parfois question), et, à travers évidemment les adaptations de ses récits à l'écran (La Marée, La Marge, La Motocyclette, Tout disparaîtra…). De nombreuses questions apparaîtront alors, aussi bien sur la difficulté qui existe à adapter une écriture aussi "visuelle", mais aussi à travers la restitution que l'on trouve, dans son écriture, du rapport audiovisuel (entre l'image et le sonore, donc). Si les archives audiovisuelles de l'écrivain, les films qui ont été faits à propos de ou autour de lui, procèderont aussi de notre corpus pour mieux appréhender, précisément, cette relation entre l'image, le texte et le son, un élément, topographique, en sera enfin le symbole sémiologique : le Passage Pommeraye, sa fortune poétique et cinématographique.

Alexandre Castant est Professeur d'histoire de l'art contemporain à l'École nationale supérieure d'art de Bourges, il a soutenu une thèse de doctorat, en 2000, sur l'esthétique de l'image d'André Pieyre de Mandiargues (Esthétique de l'image, fictions d'André Pieyre de Mandiargues, Publications de la Sorbonne, coll. "Esthétique", Paris, 2001) et publié de nombreux articles sur l'œuvre de l'écrivain. Il est par ailleurs l'auteur de plusieurs livres sur l'histoire de l'art et l'esthétique de l'image et des arts sonores.

Lise CHAPUIS : Isabella Morra, la mort, la poésie : scénographie italienne
Publiée en 1973, créée en 1974 par la Compagnie Renaud-Barrault, la pièce Isabella Morra agence dans le lieu et le temps réduits du théâtre un ensemble de lignes de force italiennes qui sous-tendent l'œuvre d'André Pieyre de Mandiargues. On verra comment l'auteur y fait jouer topos, références et résonances entre les arts en un texte charnu, une langue hybride aux registres divers. Mise à mort d'une poétesse, cette pièce est aussi et surtout mise en scène de la poésie, et en particulier des poèmes d'Isabella di Morra dans la traduction d'André Pieyre de Mandiargues, dont on étudiera les choix poétiques avant d'évoquer la version italienne de la pièce réalisée par Bona, épouse de l'auteur, comme en reflet.

Lise Chapuis a soutenu une thèse de doctorat en littérature comparée intitulée "La "matière" d'Italie dans l'œuvre d'André Pieyre de Mandiargues" et publié divers articles sur l'auteur. Après une carrière enseignante, elle se consacre aujourd'hui à la traduction d'œuvres littéraires italiennes.
Dernières traductions parues
Borgo vecchio, de Giosuè Calaciura, Éditions Notabilia, 2019.
Robledo, de Daniele Zito, Éditions Christian Bourgois, 2019.
Malacqua, de Nicola Pugliese, Éditions Do, 2018.
Le livre des monstres, de J. Rodolfo Wilcock, Éditions de l'Arbre vengeur, 2018.

Alain CHEVRIER : Un gastropoète : l'art culinaire chez Mandiargues
L'art culinaire chez Mandiargues est infiltré par une sensualité et une sexualité se voulant transgressive, comme il se doit dans les parages du surréalisme, mais toujours très contrôlée. On passera en revue et on analysera les descriptions d'aliments exotiques, de plats singuliers, de repas baroques, et de conduites alimentaires perverses qu'il a proposées dans ses œuvres en vers et en prose, sans omettre de les confronter aux goûts que manifestait ce voyageur hédoniste dans la vie réelle.

Alain Chevrier a publié des travaux sur l'histoire des formes poétiques et sur le surréalisme. Il est membre de l'Oucuipo (Ouvroir de Cuisine Potentielle).
Dernières publications
La Matière et l'esprit : la littérature scatologique au XVIIIe siècle (2018).
Quelques (Couacs 6) (2019).
Zuppa inglese. Menus / poèmes (2020).
Quoi (Couacs 7) (2021).

Bahia DALENS : Constellations épistolaires mandiarguiennes
Parmi les correspondants d'André Pieyre de Mandiargues, on trouve des écrivains et des poètes, mais aussi des peintres et sculpteurs, des critiques, des journalistes, des éditeurs, ou encore des cinéastes et des compositeurs. L'auteur, pourtant réservé, s'y révèle dans ses sujets et dans son style, à la fois pudique et chaleureux, et des constellations épistolaires se déploient à travers ses lettres, faites d'échanges portant sur la création et d'entrelacements d'affects privés et de considérations artistiques ou professionnelles. Observer ces correspondances permet ainsi de cartographier un réseau de sociabilités propre à une famille artistique choisie, et d'y observer la circulation d'idées et d'affects, support à de nombreux commentaires critiques pour l'auteur des Belvédère.

Bahia Dalens prépare depuis 2015 une thèse de doctorat intitulée "André Pieyre de Mandiargues ou l'écriture du trouble", inscrite à l'université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle sous la direction de Marie-Paule Berranger. En 2019, elle est intervenue à plusieurs reprises lors d'événements scientifiques, portant notamment sur la notion d'invention, l'avant-garde ou encore les études génétiques, pour présenter les œuvres d'André Pieyre de Mandiargues et de Bona.

Suzanne DUMOULIN : Bona : au delà du surréalisme
Après son mariage avec André Pieyre de Mandiargues en 1947, Bona s'installe à Paris en 1950 et fréquente le groupe surréaliste. Cette communication visera d'abord à présenter la proximité de Bona avec le groupe surréaliste, puis la manière dont l'artiste développe la singularité de son œuvre dès la fin des années 1950. Si les œuvres de Bona sont encore aujourd'hui peu visibles, un magnifique texte d'André Pieyre de Mandiargues nous révélait déjà les évolutions du travail de l'artiste en 1971. Les récentes recherches ont montré l'activité prolixe de cette artiste méconnue, soulignant l'originalité du travail de Bona, au-delà de son appartenance au groupe surréaliste. Nous étudierons notamment le cosmopolitisme de Bona et ses influences mexicaines, ainsi que sa technique artistique unique, les tableaux cousus collés.

Bibliographie
Croset Magali, "Bona, l'art et la littérature : les enjeux d'une poétique du fil", Thèse de doctorat, Université de Chambéry, 2005.
Dumoulin Suzanne, "Bona, Artiste surréaliste ?", Mémoire de Master 1 recherche en Histoire de l'Art, sous la direction de Fabrice Flahutez, Université de Paris Nanterre, 2018.
Mandiargues Bona de et Alain Vircondelet, Bonaventure, Éditions Stock, Paris, 1977.
Pieyre de Mandiargues André, Bona, l'amour et la peinture, Skira, Les Sentiers de la création, Genève, 1971.
Ponge Francis, Bona : panorama de vingt-cinq ans d'imagination et de création, Galerie de Seine, Paris, 1976.

Anne GARRIC : Détraquement textuel et "hachis de mots" : Le Musée noir de Mandiargues, un style de décadence
Le Musée noir révèle le goût prononcé d'André Pieyre de Mandiargues pour les thèmes de prédilection de la littérature fin-de-siècle des années 1890. Aussi choisira-t-on d'interroger, dans ce recueil de 1946, certains faits de style que l'on qualifiera de "décadents", en s'appuyant plus précisément sur la lecture du "Tombeau d'Aubrey Beardsley ou Les fashionables chinois". Il conviendra d'étudier une sorte d'hystérie du style mandiarguien, à travers plusieurs formes d'outrance linguistique, de surenchère syntaxique et, sur le plan lexical, dans la quête du mot rare et son jaillissement. On s'attachera par ailleurs à commenter les processus de dégradation référentielle et de perversion sémantique, opérés notamment au moyen de systèmes analogiques, dans les parties descriptives et dans le traitement des références intertextuelles. On verra ainsi comment l'écriture des contes met en œuvre, dans une représentation "métadécadente", un protocole stylistique de frelatage et de détraquement.

Agrégée de lettres modernes, Anne Garric prépare actuellement une thèse de doctorat en langue française dont la perspective est stylistique, sous la direction de Christelle Reggiani (Sorbonne Université). Intitulée "Styles de la malséance", elle porte sur un corpus d'œuvres de prose narrative de Georges Bataille, Jean Genet et André Pieyre de Mandiargues.
Publication
Anne Garric, ""L'homme du parc Monceau" d'André Pieyre de Mandiargues. Dénaturation du référent humain, altération linguistique et dépravation discursive", Roman 20-50, vol. 66, n°3, 2018, p. 143-155.

Eugenia GRAMMATIKOPOULOU : Dans le sillage de l'écriture mandiarguienne : filiations et affinités
Les récits d'Olivier Perrelet "Philine" (1967) et de Jacques Almira "Anna O'Hara" (1979) rendent hommage à André Pieyre de Mandiargues de manière bien plus complexe que nous laisse soupçonner la dédicace laconique qu'ils mettent en exergue à leurs textes. L'allure des deux héroïnes "en communication avec l'animal, le végétal et le minéral" et leur cheminement irrévocable vers un éclatement catastrophique, "panique et funèbre" (Deuxième Belvédère, 1958), reprennent des thèmes et des motifs récurrents chez Mandiargues. De même, la cadence et le style des deux épris (ou héritiers) de ce "surréaliste des marges" (Leroy, 1984) répercutent la "poétique du désastre" (Castant, 2001) qu'a élaborée Mandiargues et célèbrent sa figure préférentielle de "délicieuse(s) et sale(s) gamine(s)" (préface d'APM aux Petites filles criminelles) victime(s) du "terrorisme" de la nature et du merveilleux.

Professeure assistante et directrice du laboratoire de littérature comparée du département de langue et de littérature françaises de l'université Aristote de Thessalonique, Eugenia Grammatikopoulou a soutenu sa thèse "La création selon André Pieyre de Mandiargues : une "cosmogonie individuelle"" en 2007. Elle a contribué au n°5 de la revue Roman 20-50 (2009) consacré à Mandiargues ; elle a aussi préfacé et traduit un choix de poèmes et récits de l'auteur dans des revues littéraires grecques.

Misao HARADA
Docteure, professeure à l'université internationale Kaïchi (Japon), Misao Harada a soutenu sa thèse en mars 2013, sur "La Cohérence du texte chez André Breton" à l'université Paris III, sous la direction du Professeur Henri Béhar. Elle s'intéresse notamment aux relations entre les éléments graphiques et l'écriture de l'œuvre d'André Breton et a participé aux colloques de Cerisy : Poésie et politique au XXe siècle (2010) et L'or du temps — André Breton 50 ans après (2016).
Publications
"André Breton et l'"illustration photographique" - découverte d'un médium", dans Études de langue et littérature françaises, n°64.
"L'amour compassionnel" chez André Breton ou exprimer autrement le politique", dans Poésie et politique au XXe siècle, Henri Béhar & Pierre Taminiaux (dir.), Colloque de Cerisy, Hermann Éditeurs, 2011.
"André Breton critique d'art : l'exemple de Watteau", dans L'or du temps — André Breton 50 ans après, Henri Béhar & Françoise Py (dir.), Colloque de Cerisy, Mélusine, n°XXXVII, Éditions L'Âge d'Homme, 2017.

Inmaculada ILLANES ORTEGA : Mandiargues - Dubuffet : relations esthétiques
Mandiargues a déclaré son admiration pour l'œuvre de Jean Dubuffet dans plusieurs articles et textes critiques consacrés à la création d'un artiste qu'il qualifie de "visionnaire". Bien des aspects sembleraient pourtant éloigner l'art brut prôné par Dubuffet, volontairement simple et refusant toute érudition des spécialistes, de l'artifice et la théâtralité chers à l'écrivain. Mais, malgré toutes les différences qui les séparent, on retrouve dans les œuvres de ces deux créateurs des traces d'une sensibilité commune, que nous nous proposons d'étudier, et qui concerne trois questions particulières : l'importance du regard (sur les objets et sur la nature), le goût de la matière (formes, couleurs et textures, surtout minérales), et un commun intérêt pour le mur comme espace privilégié d'expression esthétique.

Inmaculada Illanes Ortega est Professeure titulaire au Département de Philologie Française de l'université de Séville et membre du groupe de recherche Littérature-Image-Traduction (Universités de Séville et de Cadix), sa recherche en littérature contemporaine s'articule autour de trois axes principaux : les relations écriture-peinture et les études sur la nouvelle et sur le genre fantastique. Dans ce cadre, plusieurs de ses travaux ont été consacrés à l'œuvre narrative d'André Pieyre de Mandiargues.
Publications
(2009) "Monsieur Mouton ou l'amour des sens", Roman 20-50. Revue d'étude du roman du XXe siècle, Hors série 5, 91-106.
(2006) "Escritura e imagen en la narrativa de André Pieyre de Mandiargues", Literatura-Imagen 3. Estudios comparativos : Representaciones culturales, cromáticas y visuales en la escritura, Sevilla, Secretariado de Publicaciones, 41-64.
(2005) "Del poema en prosa al relato poético", Anales de Filología Francesa, 13, 201-211.
(2004) "Un homenaje literario a Aubrey Beardsley", Estudios de Lengua y Literatura Francesas, 15, 211-247.

Stéphanie JAMET : La syncope ou Le théâtre de la mort
Les derniers soubresauts de vie de Dona Lavinia d'Alba donnent lieu au Théâtre de la mort. Par la syncope, mais surtout par l'état de présence-absence qui la caractérise, André Pieyre de Mandiargues révèle la puissance érotique d'un corps qui se meurt. Quels liens possibles peuvent être tissés entre l'image de l'évanouie et la représentation de la syncope dans l'art contemporain ?

Historienne de l'art, Stéphanie Jamet est professeure à l'École Nationale Supérieure d'Art de Bourges. Ses recherches actuelles portent sur les états résistance et les notions de production/dé-production dans la représentation du sommeil et de la syncope.
Publications
Out-and-Out (Ecstasies) d'Istvan Balogh, Éditions des presses du réel, 2012.
Regards sur le sommeil, en collaboration avec l'historienne de l'art moderniste Véronique Dalmasso, Éditions Le Manuscrit, 2015.
Actes de la journée d'étude La syncope dans la performance et les arts visuels / Syncope in Performing and Visual Arts (2017), avec le philosophe et performer Fred Dalmasso.
Continuant ses interrogations en dialogue avec Véronique Dalmasso, elle travaille actuellement à l'écriture de La syncope. Vertige de l'art à paraître aux Presses universitaires du Septentrion, publication qui prolonge l'exposition Syncopes et Extases. Vertiges du temps qu'elle a organisée au Frac Franche-Comté en 2019.

Marie JOQUEVIEL-BOURJEA : "…cet effort tendu vers la merveille…" : accompagner Les Rougets d'André Pieyre de Mandiargues
Étrange collaboration d'André Pieyre de Mandiargues avec plus d'une centaine de peintres et de plasticiens contemporains… Paradoxale, surtout, puisque posthume. L'entreprise revient aux éditions Fata Morgana qui, au début des années 2000, ont proposé à plusieurs artistes de fêter le mille et troisième ("mille et tre") numéro de la Maison en accompagnant Les Rougets de Pieyre de Mandiargues. Initialement engagée auprès d'une douzaine de plasticiens, l'aventure s'est poursuivie d'elle-même, pour compter, aujourd'hui, cent six collaborations ayant donné lieu à des volumes au format invariable (vingt pages de format 24x16 cm), dont les exemplaires constituent tous des originaux (entre six et trente par artiste). La collection est désormais clôturée, au terme d'une "pêche miraculeuse" qui aura duré une quinzaine d'années… Cette communication cherchera à comprendre comment le texte de Mandiargues, sorte de petit poème en prose, a pu générer et entretenir autant d'enthousiasme créatif, et susciter, à partir de ces "ravissants animaux" dont la couleur "hésite entre le bronze et le vermeil", des collaborations aussi diversifiées qu'inventives.

Agrégée de Lettres Modernes, Marie Joqueviel-Bourjea est Professeure des Universités à l'université Paul-Valéry Montpellier 3. Spécialiste de poésie contemporaine, elle s'intéresse plus largement aux écritures d'aujourd’hui. Sa recherche, que relaie un enseignement en Lettres et en Esthétique, s'attache également aux arts plastiques et aux relations qu'entretiennent poésie et peinture à la Modernité, singulièrement dans les dialogues qu'elles mettent en œuvre dans l'espace du livre d'artiste.
Dernières publications (sous sa direction)
NU(e) : une revue, des voix, la poésie. Une esth/éthique de la rencontre, Actes, Hermann, 2019.
Revue NU(e), n°67 : Paul Louis Rossi, Collectif, 2018.
Poésie sur les ondes. La voix des poètes-producteurs à la radio, P.-M. Héron, M. J.-B. & C. Pardo (éd.), PUR, 2018.
Philippe Claudel, un art du silence, M. J.-B., J. Cauville & P. Bonnet (éd.), Hermann, 2017.
Dany Laferrière, écrirevoir, Hermann, 2017.
Dernières études
"&", in Gérard Titus-Carmel : l'épreuve & la nécessité, (sld) S. Bédouret-Larraburu, M.-A. Bissay, I. Chol & S. Forero Mendoza, Actes du colloque organisé à l'U. de Pau (novembre 2018), revue Triages, 2019.
"Jacques Réda : l'imminence et l'extravagance de danser", in Articuler danse et poème : enjeux contemporains, (sld) B. Bonhomme, A. Godfroy, R. Lefort & J. Vellet, Actes du colloque organisé à l'U. Nice Côte d'Azur (octobre 2017), L'Harmattan, 2018.
"[…] des éclats qui captent et retiennent les regards […]", in Jean-Paul Michel : la surprise de ce qui est, (sld) M. Bishop & M. Gosztola, Actes du colloque de Cerisy (juillet 2016), Classiques Garnier, 2018.

Marc KOBER : Le Japon nu et simple raconté par Mandiargues
La relation de Mandiargues au Japon semble évidente par une commune esthétisation de la mort et du sexe. Comme l'écrit Mandiargues, tout cela est d'une "simplicité impitoyable". Or, rien n'est simple dans le processus d'acculturation du monde japonais au monde de Mandiargues : aucune culture asiatique ne le séduit aussi durablement. Mascarets, Sous la lame et Le Deuil des roses forment un itinéraire déconcertant. Pourtant, les arts visuels et scéniques du Japon ont sans doute favorisé ici la mutation générale du style de Mandiargues vers un récit de plus en plus cruel et froid, où l'intrigue s'estompe au profit d'une approche géométrique de la mort. Nous voudrions indiquer dans notre communication la fécondité et les limites de la médiation culturelle des arts japonais dans l'œuvre de Mandiargues en interrogeant la notion de "simplicité" mise en avant par l'auteur.

Co-fondateur en 1990 de la revue La Révolte des chutes, puis membre actif des revues Supérieur Inconnu et La Sœur de l'Ange, Marc Kober est par ailleurs auteur d'une monographie sur l'écrivain égyptien Georges Henein (Éditions H. Champion, 2014), de L'Archipel des Osselets (Fayard, 2000) et de trois recueils de poèmes (Rougier V. Éditions). Normalien, agrégé de lettres modernes, maître de conférences en littérature française et comparée à l'université Paris 13.

Claude LEROY : Fleurs de Pieyre. Les trois naissances de la Jacinthe
Entre fin 1965 et début 1966, dans le malaise que provoque en lui chaque tournant, André Pieyre de Mandiargues a composé Jacinthes. Cette suite de treize poèmes, recueillie dans Ruisseau des solitudes (1968), garde trace d'une traversée initiatique au cours de laquelle le parfum érotique des jacinthes blanches se mêle à leurs métamorphoses. Selon la légende, la fleur est née du sang d'Hyacinthe, amant d'Apollon. Puis le nom de la hyacinthe a passé de la fleur à une pierre précieuse, tandis que la fleur se voyait attribuer le nom "terrible" de jacinthe. La deuxième métamorphose n'étant soutenue par aucun mythe, le poète comble cette lacune par une alchimie des signes. Brouillant sexes et règnes, joignant l'art du lapidaire à celui du fleuriste, il a "retourné comme un sac/ Le sexe pâle de la jacinthe". La plantant enfin sur son église, par une troisième métamorphose il change la jacinthe en fleur de Pieyre.

Claude Leroy est Professeur émérite à l'université Paris Nanterre.
Publications sur Mandiargues
Ouvrage personnel : Le mythe de la Passante de Baudelaire à Mandiargues, PUF, 1999.
Articles : "Le passage Mandiargues", Cahiers du XXe siècle, n°6, 1976 ;
"Éros palimpseste", Revue des Sciences Humaines, n°193, 1984 ;
"André Pieyre de Mandiargues ou le montreur de merveilles", dans La Beauté du merveilleux, dir. A. Gaillard, Presses universitaires de Bordeaux, 2011.
Édition : Écriture ineffable et autres poèmes, Poésie / Gallimard, 2010.
Ouvrage collectif : Plaisir à Mandiargues, dir. avec M.-P. Berranger, colloque du centenaire, Hermann, 2011.

Jean-Claude MARCEAU : Esthétique du baroque et affirmation du désir : la perversion revisitée par André Pieyre de Mandiargues et Gilles Deleuze
Si, pour Mandiargues, "l'écrivain est une sorte de voyant émerveillé", il s'en faut que son écriture, souvent marquée par l'excès, puisse être rabattue sur cette seule maxime surréaliste. Son œuvre participe en effet pleinement du mouvement de la culture, en traduisant les forces pulsionnelles qui l'animent en ses profondeurs, et entre par là même en résonance avec les débats qui, dans le champ de la psychanalyse et de la philosophie, renouvellent le freudisme en repensant, à partir de l'œuvre de Sade, le concept de perversion. Il s'agira, à travers la lecture de ses deux romans : La Motocyclette et La Marge, qui reçut le prix Goncourt en 1967, d'examiner comment l'écriture mandiarguienne développe une esthétique du baroque qui recroise les affinements du concept de perversion chez Jacques Lacan et Gilles Deleuze.

Jean-Claude Marceau, docteur en philosophie de l'université Paris 1, a soutenu une thèse intitulée "Deleuze et Lacan : l'entre-deux de l'inconscient". Ses champs d'intérêts sont la phénoménologie, la psychanalyse lacanienne, la schizo-analyse et le surréalisme, sur lequel il a publié divers articles dans des revues littéraires, ainsi qu'un livre intitulé Unica Zürn et l'Homme-Jasmin : le dit-schizophrène.

Cédric MONG-HY : Les démons de l'anatomie : orgies et organes imaginaires. Jeux d'influence chez André Pieyre de Mandiargues, Leonor Fini et Georges Bataille
Mandiargues, Fini et Bataille se connurent et se croisèrent sous les auspices d'un érotisme noir qui se traduit dans des images littéraires et picturales conversant les unes avec les autres par citation, allusion ou glissement. Cette communication se propose d'explorer les relations entretenues dans ce trio sulfureux. Plus particulièrement, elle s’attardera ici sur les délires organiques et anatomiques qui se déploient tant dans l'œuvre peint et dessiné de Fini que dans les récits de Mandiargues (entre autres "Les mines de Carmaux" et "Le sang de l'agneau") et de Bataille (notamment Histoire de l'œil et Histoire de rats). Il s'agirait ainsi de détecter et de savourer, dans ces trajectoires singulières, le goût des écarts informes de la nature et le souci de leur mise en vue.

Cédric Mong-Hy est docteur en littérature française et diplômé des Beaux-Arts. Il est professeur à l'École Supérieure d'Art de La Réunion, où il a enseigné l'esthétique et la sémiologie de l'image. Une large partie de ses écrits publiés porte actuellement sur l'œuvre de Bataille, lire principalement : Bataille cosmique – Georges Bataille : du système de la nature à la nature de la culture (Lignes, 2012).

Kacper Wiktor NOWACKI : Mandiargues et ses traces argentines
Cette communication essayera d'examiner l'empreinte argentine dans l'œuvre cosmopolite de Mandiargues. Tout d'abord, nous voudrions expliquer son début littéraire en Argentine et les circonstances de la publication de ses premiers récits en espagnol dans la revue Sur dans les années 1950. Nous tracerons ce parcours grâce aux correspondances de Roger Caillois, Octavio Paz ou José Bianco. Puis, nous analyserons un choix de textes critiques inédits de Mandiargues concernant les écrivains argentins comme Borges, Cortazar et Pizarnik et leur fascination commune pour Edgar Allan Poe et la figure du double. Nous étudierons de quelle façon les récits brefs de Mandiargues inscrivent ou rejettent les éléments du réalisme magique argentin. Enfin, nous présenterons le sort des traductions de Mandiargues à la lumière de ses correspondances avec Alejandra Pizarnik publiées en 2019 et les échanges critiques entre les deux écrivains.

Kacper Wiktor Nowacki, docteur en littérature comparée, a soutenu sa thèse "La dynamique de l'érotisme : étude comparative des romans La Marge d'André Pieyre de Mandiargues et La Pornographie de Witold Gombrowicz" (cotutelle université de Perpignan / université de Bergame). Passionné par l'œuvre d'André Pieyre de Mandiargues, il a participé aux colloques "Plaisir à Mandiargues" organisé en 2009 par l'université de Caen et "Mandiargues, le poète" organisé par l'IMEC en décembre 2012. En 2014, il a collaboré à l'organisation du premier colloque international sur Witold Gombrowicz à Buenos Aires, où il a effectué les recherches. Il a publié des articles sur André Pieyre de Mandiargues (Roman 20-50, "La Rencontre", "Actes" 2014 ; La décomposition : dynamiques et horizons, ouvrage collectif, PUP, 2019).

Roberta SAPINO : "L'imposant, redoutable et prodigieux théâtre" : André Pieyre de Mandiargues écrivain et dramaturge
Cette communication a pour ambition de mettre en avant une composante de la personnalité artistique de Mandiargues qui demeure en grande partie à découvrir : son activité d'écrivain pour le théâtre et de dramaturge. À travers l'analyse non seulement des pièces écrites et publiées par Mandiargues, mais aussi de quelques mises en scène de textes mandiarguiens réalisées du vivant de l'auteur, nous souhaitons mettre en valeur la participation de Mandiargues à un réseau de professionnels de l'art dramatique qui l'aurait aidé à développer une certaine conscience artistique dans le domaine théâtral, voire une véritable identité de dramaturge.

Roberta Sapino est chercheuse postdoctorale à l'université de Turin. Elle a soutenu une thèse de doctorat intitulée "André Pieyre de Mandiargues : une éthique du témoignage" (Université de Turin, Université de Nantes) et publié divers articles sur l'auteur.
Publications
""Pour mon plaisir à moi d'user de mon langage" : Isabella Morra entre l'Italie et la France", in Seduzioni teatrali nelle culture romanze, dir. P. Adinolfi & F. Bermejo Calleja, 2019.
""Un enfant des vagues et du cri des mouettes" : rencontres de l'homme avec la nature dans l'œuvre d'André Pieyre de Mandiargues", in Crossways Journal, n°2.1, 2018.
"Mythes, souvenirs, amours vénitiens. Reflets lagunaires dans l'œuvre d'André Pieyre de Mandiargues", in Profili romanzi. Modelli strutture e paradigmi di uno spazio culturale, dir. P. Calef, 2018.
""Nous passions entre des réalités étranges" : André Pieyre de Mandiargues lecteur de Filippo de Pisis", in Intrecci romanzi. Trame e incontri di culture, dir. O. Abbati, 2016.

Pierre TAMINIAUX : Mandiargues et le Mexique : de l'art à la poésie
Cette intervention se concentrera sur les Pages Mexicaines, un ouvrage publié à titre posthume qui traite du voyage long de quatre mois que Mandiargues et Bona firent au Mexique en 1958. Le voyage occupe en effet une place importante dans les écrits critiques de Mandiargues, et l'Amérique latine dans son ensemble, se place au premier plan de ses préoccupations à la fois artistiques et littéraires. Dans la mesure où l'auteur se situe à bien des égards dans une mouvance esthétique qu'on pourrait qualifier de post-surréaliste, on insistera ainsi sur la relation constante et soutenue de la culture mexicaine au surréalisme et, plus spécifiquement, à un imaginaire baroque et magique qui ne pouvait qu'attirer Mandiargues, notamment à travers l'œuvre d'Octavio Paz dont il sera question, même de manière succincte, dans cette communication. Celle-ci sera également établie sur une série de photographies personnelles de différents lieux qui sont représentatifs de l'espace culturel mexicain, marqué depuis toujours par l'art précolombien. En conclusion, on insistera sur le fait que le voyage, chez Mandiargues, s'incarne de manière privilégiée dans la forme du fragment autobiographique, plutôt que sous la forme du récit linéaire proprement dit. Le fragment est ainsi constitutif d'une expérience humaine et culturelle saisie dans son caractère éphémère. En ce sens, il renvoie à une perception poétique du monde de l'autre.

Pierre Taminiaux est professeur de littérature française et francophone du XXe et du XXIe siècles à Georgetown University.
Publications
Surmodernités : entre rêve et technique, L'Harmattan, 2003.
Littératures modernistes et arts d'avant-garde, Honoré Champion, 2013.
Du surréalisme à la photographie contemporaine : au croisement des arts et de la littérature, Honoré Champion, 2016.
Révolte et Transcendance : Surréalisme, situationnisme et arts contemporains, L'Harmattan, 2018.

Cæcilia TERNISIEN : Héritages et filiations
Quels écrivains André Pieyre de Mandiargues hante-t-il ? Explorant à sa suite les formes littéraires qui émeuvent, questionnant à sa manière la conscience mythique et la surnature, ou imitant son style baroque, ses thèmes obsessionnels et son érotisme noir…, Gérard Macé, Alain Jouffroy et Bernard Noël, mais aussi Dominique Noguez, Claude Mathieu, Pascal Quignard, Georges Olivier Châteaureynaud, Hubert Haddad et encore Simon Libérati, sont les auteurs qui, parfois nourris de littérature symboliste, surréaliste et romantique, souvent contre la réglementation de l'imaginaire et pour une écriture dissidente au-delà des genres, nous permettront de mettre en lumière la modernité de l'œuvre de Mandiargues. Nous nous proposons ainsi de relire son œuvre dans les interlignes des écrivains qui la citent, lui rendent hommage, écrivent en palimpseste et revendiquent son héritage.

Cæcilia Ternisien, agrégée et docteur en littérature et langues françaises, a consacré sa thèse à l'œuvre d'André Pieyre de Mandiargues (L'Entrelacs du corps et du romanesque, Hermann, 2016). Ses travaux sont consacrés en particulier à la poétique narrative, au romanesque, à la genèse textuelle, à la phénoménologie chez les romanciers des XXe et XXIe siècles. Elle est l'auteur d'une vingtaine d'articles parus notamment dans les revues Littérature, Poétique, Roman 20-50. Elle est membre du comité de rédaction des revues Roman 20-50 et nord'.

Iwona TOKARSKA-CASTANT : Poésie, cristallisation, abstraction
À suivre l'évolution, sur près d'un demi-siècle, des recueils poétiques de Mandiargues, leur métamorphose apparaît comme évidente : elle tend vers une concision formelle, parfois à la limite de l'abstraction, vers une forme de jeu avec les mots, proche des combinatoires. C'est cette évolution que la présente communication étudiera. D'une poésie inspirée par les élizabéthains, les romantiques allemands ou encore Lautréamont, l'écrivain évoluera, avec le temps, vers plus de dépouillement dans une écriture qui, dans Jacinthes par exemple, et malgré son chromatisme, deviendra en quelque sorte blanche. À cet égard, les poètes à propos desquels il écrit dans les décennies 1960-1970 (Bernard Noël, Denis Roche ou Jacques Roubaud) témoignent aussi de cette évolution inattendue, mais toujours féconde.

Après une thèse de doctorat en lettres sur André Pieyre de Mandiargues en 1997 (Université Paris X Nanterre), et publié de nombreux articles sur son œuvre, Iwona Tokarska-Castant a co-dirigé, avec Éric Dussert, l'édition de la correspondance entre André Pieyre de Mandiargues et Jean Paulhan (Gallimard, coll. "Les Cahiers de la NRF", Paris, 2009).

Birgit WAGNER : L'Archéologue, Gradiva et l'impact des images
Le récit L'Archéologue, dans Soleil des loups (1951), est évidemment une réécriture de Gradiva de Jensen (1903), déjà le titre l'indique, puisque le protagoniste de Gradiva, Norbert Hanold, fait aussi la profession d'archéologue. Or, si dans Gradiva, le parcours du protagoniste est un chemin vers la guérison de son trouble, magistralement analysé par Freud, le récit de Mandiargues prend exactement la direction contraire, c'est-à-dire d'un état de perfection statuaire à la déliquescence corporelle.
En plus, il y a l'impact des images (dans un sens large, des statues sont aussi des images, une réalité visible) : la Gradiva de Jensen et "la bella cesarina di cera" chez Mandiargues, dont le narrateur et Bettina subissent la vision plutôt qu'ils la contemplent (vision mortelle pour les deux). Quel est le rôle de l'image visuelle pour la littérature ?

Birgit Wagner, professeur des littératures française et italienne à l'université de Vienne. Présidente de l'Association Internationale Blaise Cendrars de 2012 à 2014.
Publications
"Strates de la mémoire. Une lecture de la trilogie "Les Eaux mortes", "Un cimetière indien" et "L'Enclos"", in M.-P. Berranger, P.-M. Héron et C. Leroy (éd.), Périples & parages. L'œuvre de Frédéric Jacques Temple, Colloque de Cerisy, Paris, Hermann, 2016, p. 443-453.
"Lis de mer et tours aux Sarrasins. Mandiargues et Ernst Jünger", in M.-P. Berranger et C. Leroy (éd.), Plaisir à Mandiargues, Paris, Hermann, 2011, p. 297-310.
Contribution au colloque "André Pieyre de Mandiargues le poète", Université de Caen Normandie (6-7 décembre 2012), Titre de l'intervention : "L'Âge de craie : glissements progressifs des pronoms personnels" (actes du colloque pas encore publiés).
https://homepage.univie.ac.at/birgit.wagner/php/wordpress/


BIBLIOGRAPHIE :

Œuvre d'André Pieyre de Mandiargues

Poésie
L'Âge de craie, suivi de Dans les années sordides, Astyanax et Le Point où j'en suis, Poésies complètes, Tome I, Poésie / Gallimard, 2009.
Écriture ineffable, précédé de Ruisseau des solitudes, de L'Ivre Œil et suivi de Gris de perle, Poésies complètes, Tome II, édition établie par Claude Leroy, Poésie / Gallimard, 2009.

Récits, nouvelles et romans
La Motocyclette, Gallimard, 1963.
La Marge, Gallimard, 1967.
L'Anglais décrit dans le château fermé, Gallimard, 1979.
Tout disparaîtra, Gallimard, 1987.
Récits érotiques et fantastiques, vie et œuvre par Sibylle Pieyre de Mandiargues, avant-propos de Gérard Macé, Gallimard, coll. "Quarto", 2009.

Théâtre
Isabella Morra, Gallimard, 1973.
La Nuit séculaire, Gallimard, 1979.
Arsène et Cléopâtre, Gallimard, 1981.

Essais
Les Monstres de Bomarzo, avec des photographies de Glasberg, Grasset, 1957.
Le Belvédère, Grasset, 1958.
Deuxième Belvédère, Grasset, 1962.
Troisième Belvédère, Gallimard, 1971.
Bona l'amour et la peinture, Skira, coll. "Les Sentiers de la création", 1971.
Le Cadran lunaire, Gallimard, 1972.
Arcimboldo le merveilleux (en coll. avec Yasha David), Robert Laffont, 1977.
Aimer Michaux, Fata Morgana, 1983.
Quatrième Belvédère, Gallimard, 1995.
Ultime Belvédère, Fata Morgana, 2002.
Les Rougets, Fata Morgana, 2003.

Traductions
• Octavio Paz, La Fille de Rappacini, Mercure de France, 1972.
• Filippo de Pisis, 11 + 1 poèmes, Fata Morgana, 1983.
• W. B. Yeats, Le Vent parmi les roseaux, Fata Morgana. 1984.
• Yukio Mishima, Madame de Sade, Gallimard, 1976.
• Yukio Mishima, L'Arbre des tropiques, Gallimard, 1984.

Entretiens
Le Désordre de la mémoire, entretiens avec Francine Mallet, Gallimard, 1975.
Un Saturne gai, entretiens avec Yvonne Caroutch, Gallimard, 1982.

Correspondance
• Bona et André Pieyre de Mandiargues, Correspondances, Filigranes, coll. "Saison", n°22, 2005.
• "Écris-moi tes hauts faits et tes crimes", correspondance avec Nelly Kaplan, 1962-1991, Tallandier, 2009.
• André Pieyre de Mandiargues et Jean Paulhan, Correspondance 1947-1968, édition établie, annotée et préfacée par Éric Dussert et Iwona Tokarska-Castant, Gallimard, coll. "Les Cahiers de la NRF", 2009.
• Leonor Fini et André Pieyre de Mandiargues, L'Ombre portée. Correspondance 1932-1945, traduit de l'italien par Nathalie Bauer, Le Promeneur, 2010.
• André Pieyre de Mandiargues et Alejandra Pizarnik, Correspondance Paris - Buenos Aires 1961-1972, commentaires de Mariana Di Cio, Ypsylon, 2018.
• André Pieyre de Mandiargues et Francis Ponge, Lettres familières 1950-1980, édition établie, annotée et présentée par Gérard Farasse, La Rochelle, Éditions Himeros, 2011.

Bibliographie critique (sélection)

• Bona et André Pieyre de Mandiargues, Correspondances, Filigranes, coll. "Saison", n°22, 2005.
• Castant Alexandre, Esthétique de l'image, fictions d'André Pieyre de Mandiargues, Publications de la Sorbonne, 2001.
• Castant Alexandre et Tokarska-Castant Iwona, Visions de Mandiargues – Modernité, avant-garde, expériences, Filigranes Éditions, coll. "Essai", Trézélan, 2020.
• Gras-Durosini Dominique, Mandiargues et ses récits : L'écriture en jeu, L'Harmattan, 2006.
• Grossman Simone, L'œil du poète. Pieyre de Mandiargues et la peinture, Paris-Caen, Lettres Modernes-Minard, coll. "Archives des lettres modernes", n°273, 1999.
• Laroque-Texier Sophie, Lecture de Mandiargues, L'Harmattan, 2005.
• Leroy Claude, Le mythe de la passante de Baudelaire à Mandiargues, PUF, 1999.
• Mallard Alain-Paul et Pieyre de Mandiargues Sibylle, André Pieyre de Mandiargues / Pages mexicaines, Gallimard / Maison de l'Amérique latine, 2009.
• Patriarca Francesco et Sibylle Pieyre de Mandiargues, L'Appartement, Filigranes, 2004.
• Pierre José, Le Belvédère Mandiargues, Adam Biro / Galerie Artcurial, 1990.
• Stétié Salah, Mandiargues, Seghers, 1978.
• Taminiaux Pierre, Littératures modernistes et arts d'avant-garde, Honoré Champion, 2013.
• Ternisien Caecilia, Mandiargues. L'Entrelacs du corps et du romanesque, coll. "Savoir Lettres", Hermann, 2016.

Ouvrages collectifs, revues, catalogues (sélection)

De la bibliothèque de Bona et André Pieyre de Mandiargues, catalogue de la Librairie galerie Emmanuel Hutin, 2005.
• André Pieyre de Mandiargues, De La Motocyclette à Monsieur Mouton, sous la direction d'Yves Baudelle et de Caecilia Ternisien, Roman 20-50, n°5, avril 2009.
• André Pieyre de Mandiargues, Europe, n°981-982, janvier-février 2011.
Plaisir à Mandiargues, sous la direction de Marie-Paule Berranger et de Claude Leroy, Hermann, 2011.
L'Œil d’un poète, collection André et Bona Pieyre de Mandiargues, catalogue de la vente chez Christie’s, 24 octobre 2011.


SOUTIEN :

• École nationale supérieure d'art de Bourges (ENSA Bourges)


PARTENARIAT :

• Institut Mémoires de l'édition contemporaine (IMEC)


BULLETIN D'INSCRIPTION


La date de l'ouverture des inscriptions pour les auditeurs sera définie au regard des informations concernant l'évolution de la crise sanitaire.

Programme 2021 : un des colloques

Programme complet


LEÏLA SEBBAR
D'UNE RIVE L'AUTRE, CROISER L'INTIME ET LE POLITIQUE


DU LUNDI 2 AOÛT (19 H) AU DIMANCHE 8 AOÛT (14 H) 2021

[ colloque de 6 jours ]



DIRECTION :

Aline BERGÉ, Sofiane LAGHOUATI

Avec la participation de Leïla SEBBAR


COMITÉ SCIENTIFIQUE :

Ferroudja ALLOUACHE, Catherine BRUN, Mireille CALLE-GRUBER, Anne DONADEY, Michel LARONDE, Martine MATHIEU-JOB, Christine PELTRE


ARGUMENT :

Née en 1941 dans l'Algérie coloniale, d'un couple mixte d'instituteurs qui l'éduquent dans la langue et la culture française laïque, Leïla Sebbar se rend en France pour ses études de lettres, puis s'engage dans le soulèvement de mai 1968, qui aiguise sa conscience des formes de domination sociale et genrée. Les mouvements de libération des femmes accompagnent son entrée dans le champ effervescent des littératures, des revues et de la critique des années 1970 et l'incitent à nouer durablement l'intime et le politique aux réalités du monde postcolonial : affirmation de nouveaux imaginaires, écritures inédites et métisses, personnelles et collectives, documentées et intermédiales. D'une rive l’autre, Leïla Sebbar lit, écrit, enquête, assemble. Essayiste, romancière, nouvelliste, elle interroge les liens complexes qui se trament à la croisée des temps, des guerres et des histoires d'exils, du local et du mondial, du féminin et du masculin, des langues et des cultures.

Doublé d'une exposition qui replacera le livre au carrefour des pratiques et des métiers, le colloque vise à réunir autour de l'auteure plusieurs témoins et relais de la genèse, de l'essor et des enjeux transculturels de l'œuvre : lectures, tables rondes et performances y feront ainsi entendre en langues, en gestes et en partage d'écoutes, la singularité et la portée de ses cheminements.


MOTS-CLÉS :

........


COMMUNICATIONS (suivies de débats) :

Dalila ABIDI : Étrangère au berceau
Ferroudja ALLOUACHE : Celles qui disent non : voix de fugueuses, voix de rebelles dans l'œuvre de Leïla Sebbar
Sabrinelle BEDRANE : L'Algérie en partage. Le souci du collectif
Aline BERGÉ : Le détour de la Terre : écopoétique(s) de Leïla Sebbar
Catherine BRUN : Le "s" d'Algéries
Madeleine DOBIE : Shérazade en 1982
Anne DONADEY : Le généreux travail d'édition de Leïla Sebbar
Ida KUMMER : Une polyphonie de voix : réflexions sur les œuvres collectives et la mission éditoriale de Leïla Sebbar
Michel LARONDE : Leïla Sebbar et l'écriture du roman : carrefours, nœuds, treillage
Martine MATHIEU-JOB : Écrire (sur) le silence
Mildred MORTIMER : Shérazade, la fugueuse et Isabelle Eberhardt, la vagabonde : deux personnages clés dans l'œuvre de Leïla Sebbar
Manon PAILLOT : Leïla Sebbar au miroir d'Isabelle l'Algérien
Christine PELTRE : La "mémoire infidèle" : le regard d'un écrivain sur les peintres de l'Orient
Martine SAGAERT : Leïla Sebbar - Michelle Perrot : chambres plurielles, chemins singuliers
Hervé SANSON : Le nœud des langues chez Leïla Sebbar : désaliéner l'identité enfin
Anne SCHNEIDER : L'œuvre de Leïla Sebbar au prisme de ses archives : du geste politique, mémoire du texte/mémoire de guerre aux relectures et reconfigurations intimes de l'imaginaire algérien
Karin SCHWERDTNER : Voyages en(tre) textes et images : Leïla Sebbar
Kamila SEFTA : Les paradoxes de l'école de la République

TABLES RONDES (suivies de débats) :

Marie-Noël ARRAS (Éditions Chèvre-Feuille Étoilée)
Elisabeth DALDOUL (Éditions Elyzad)
Dominique DOAN (Éditions Textuel) : La forme et l'image à "histoires d'elles"
Xavière GAUTHIER (Revue Sorcières, les femmes vivent)
Luce PÉNOT (Éditions Textuel) : La forme et l'image à "histoires d'elles"
Patrice RÖTIG (Éditions Bleu Autour)
Behja TRAVERSAC (Éditions Chèvre-Feuille Étoilée)

LECTURES PERFORMANCES :

Nora ACEVAL : Contes oraux traditionnels arabe / français
Karima BERGER : Les fenêtres de Leïla Sebbar
Adeline OLIVIER : Silences enfances. Autour de trois ouvrages de Leïla Sebbar. Avec une création sonore réalisée par Ivan BASSO

EXPOSITION :

• Organisée avec l'IMEC par Sofiane LAGHOUATI


RÉSUMÉS :

Dalila ABIDI : Étrangère au berceau
Je me suis inspirée du titre du recueil de Christian Bobin, Prisonnier au berceau, pour intituler le texte de ma communication. Prisonnier volontaire d'une terre jamais abandonnée, le poète y chante l'amour de sa ville natale. Leïla Sebbar se nourrit elle aussi du lien qui la rattache à son berceau, mais ce lien rappelle aussi qu'elle y est étrangère. Étrangère au berceau, Leïla Sebbar l'est assurément par l'exil linguistique que lui impose son père. Étrangère au berceau, elle l'est aussi par la distance sociale, culturelle et géographique qui l'éloigne de sa famille algérienne. Nous reviendrons sur des scènes qui se répètent sous sa plume. Ces scènes inscrites dans un rituel familial cher à l'auteure constituent de véritables motifs originels qui éclairent subtilement l'œuvre sebbarienne : il y est question de l'attachement à la terre natale, de l'exil de la langue, du sort des femmes, de la misère en terre colonisée…

Née en 1966 au Creusot, Dalila Abidi enseigne les lettres dans un lycée dijonnais. Sensible à la question de l'interculturalité entre les deux pays, elle a travaillé sur les traces de la migrance franco-algérienne dans les écrits de femmes. Elle a également publié des nouvelles dans la Revue Étoile d'encre (aux éditions du Chèvrefeuille étoilée) : L'exil ou la misère, La galette des rois, Les ballerines noires… Elle a participé à l'ouvrage collectif co-dirigé par Leïla Sebbar et Martine Mathieu-Job, L'Algérie en héritage.

Dominique DOAN : La forme et l'image à "histoires d'elles"
J'ai rejoint l’équipe d'"histoires d'elles" à la sortie du numéro zéro comme Luce Pénot avec qui je travaille comme graphiste indépendante. Nous mettons au point la maquette avec les contraintes de production d'un mensuel distribué en kiosque. C'est aussi l'occasion pour moi de m'exprimer en images, montages photos et reportages. À la suite de cette expérience nous participons à la réalisation du livre Les femmes dans la maison.

Michel LARONDE : Leïla Sebbar et l'écriture du roman : carrefours, nœuds, treillage
Tout commence par la Parole. Toute parole, quelle qu'elle soit, intime et partagée, ruminative ou performative, se mue en écriture. Filtrée par le roman, la parole de Leïla Sebbar se transforme en histoire (racontée), puis en Histoire (vécue), directement (personnellement) et indirectement (collectivement). L'organisation et le fonctionnement de l'écriture de la parole sont abordés ici dans un esprit structural. J'observerai les effets que la parole produit sur la forme, qui vont du style parasitaire (conversations en suspens, phrases elliptiques, signes diacritiques, coupures, traces) à l'aspect ruminatif (mono- dia- pluri-logue) d'où ressort une écriture fortement marquée. Pour finir, je mentionnerai quelques exemples de l'extension du maillage de l'écriture du roman à d'autres genres de textes de l'auteure, une pratique que j'ai appelée ailleurs l'intratextualité de l'œuvre (Leïla Sebbar, 2003).

Michel Laronde, professeur émérite d'Études Françaises et Francophones à l'université d'Iowa, a introduit aux États-Unis le domaine des cultures postcoloniales des immigrations en France avec Autour du roman beur. Immigration et identité (1993). Suivent deux volumes d'articles sur le sujet, L'Écriture décentrée, La langue de l'Autre dans le roman contemporain en 1996 et Leïla Sebbar en 2003 puis Postcolonialiser la Haute Culture à l’École de la République en 2008. "L'Histoire dans la fiction. Les massacres du 17 Octobre 1961 à Paris" (titre provisoire) est en cours de publication.

Mildred MORTIMER : Shérazade, la fugueuse et Isabelle Eberhardt, la vagabonde : deux personnages clés dans l'œuvre de Leïla Sebbar
Shérazade, 17 ans, brune, frisée, les yeux verts (1982) et Les carnets de Shérazade (1985), deux romans consacrés aux pérégrinations d'une jeune fille d'immigrés maghrébins et un recueil de nouvelles, Isabelle l'Algérien (2005), retraçant la vie d'Eberhardt en Algérie ont des thèmes en commun : 1) le parcours de la jeune fille qui cherche à frayer son propre chemin en fuyant une société marquée par des contraintes ; 2) la lecture et l'écriture comme outils dans la quête identitaire ; 3) la découverte d'autrui ainsi que de nouveaux espaces géographiques à travers le voyage initiatique ; 4) la jeune fille marginalisée par sa naissance ; 5) l'Algérie vue comme une patrie à la fois réelle et imaginaire. Finalement, cette analyse qui comprend des écrits séparés par deux décennies nous permettra de discerner l'évolution littéraire de l'écrivaine.

Mildred Mortimer est professeure émérite de littérature francophone à l'université du Colorado (Boulder, États-Unis). Ses ouvrages critiques sur le Maghreb comprennent : Women Fight, Women Write : Texts on the Algerian War ; Maghrebian Mosaic : A Literature in Transition ; Mouloud Mammeri : écrivain algérien. Elle a traduit deux romans de Leïla Sebbar en anglais, La Seine était rouge et Le Silence des Rives.

Manon PAILLOT : Leïla Sebbar au miroir d'Isabelle l'Algérien
Le personnage d'Isabelle Eberhardt traverse littéralement l'œuvre de Leïla Sebbar. Elle est "toujours là", "partout où [elle] écrit", au croisement de l'intime et du politique. Travestie en cavalier arabe, elle transgresse tous les interdits occidentaux, vivant en accord avec la terre d'exil qu'elle s'est choisie : l'Algérie. Elle est Si Mahmoud Saadi, jeune lettré arabe nomade parcourant à cheval le désert. Isabelle est une "compagne de route fidèle" permettant à Leïla Sebbar de renouer avec la terre paternelle, avec sa langue et son peuple. La jeune Russe apatride trouve en Algérie "l'exil heureux", le "pays selon son cœur", face inversée de l'exil problématique de Leïla Sebbar. Elle permet de faire le pont entre les deux rives de la Méditerranée en réalisant dans la fiction cette réconciliation intime. Comment Leïla Sebbar raconte-t-elle ce compagnonnage obsédant ? À la croisée de chemins menant invariablement au père, Isabelle est toujours une énigme à déchiffrer.

Manon Paillot est professeure agrégée de lettres modernes et exerce en lycée (Seine Saint-Denis). Elle a travaillé en Master à Paris IV-Sorbonne sur l'œuvre de Leïla Sebbar et plus particulièrement sur le rapport entre Isabelle Eberhardt et Leïla Sebbar dans les recueils Isabelle l'Algérien et Écrivain public.
Publications
"La quête du père", in Je ne parle pas la langue de mon père suivi de L'arabe comme un chant secret, Préface de Marie-Hélène Lafon, Illustrations de Sébastien Pignon, Bleu autour, 2016.
"Leïla Sebbar au miroir d'Isabelle l'Algérien, "Devenir l’autre, corps, plume et âme"", in Ida Kummer (ed.), CELAAN, vol. 13, n°2-3, Fall. 2016, "Leïla Sebbar".
Leïla Sebbar et Isabelle Eberhardt, Nouvelles et récits de Leïla Sebbar : Préface, édition et Postface de Manon Paillot, Illustrations de Sébastien Pignon, Bleu autour (À paraître en 2021).

Luce PÉNOT
Luce Pénot est graphiste indépendante en collaboration avec Dominique Doan, directrice de création à l'agence Textuel, et fondatrice des Éditions Textuel avec Marianne Théry. Graphiste à "histoires d'elles", elle découvre le premier numéro zéro et adhère immédiatement à cette liberté de penser dans ce groupe de femmes. Plus tard, elle y propose une nouvelle forme visuelle, un objet entre presse quotidienne et magazine, adoptant ainsi une posture singulière dans le féminisme et dans le journalisme.


BIBLIOGRAPHIE :

• Site officiel et journal en ligne de Leïla Sebbar : http://www.leila-sebbar.fr
• Association Silence, on lit ! : https://www.silenceonlit.com
Féminismes en revue, de 1950 à nos jours (ouvert en juin 2020) : https://femenrev.persee.fr — Pour la revue Sorcières. Les femmes qui vivent : https://femenrev.persee.fr/collection/sorci
• Wafae Karzazi, Leïla Sebbar. Une écrivaine à la recherche de soi, Thèse de doctorat en études françaises, Université de Montréal, 2005 [en ligne, mars 2017].
• Ida Kummer (ed.), CELAAN, vol. 13, n°2-3, Fall. 2016 : "Leïla Sebbar".
• Audrey Lasserre, Histoire d'une littérature en mouvement : textes, écrivaines et collectifs éditoriaux du Mouvement des femmes en France (1970-1981), Thèse de doctorat en Littérature et civilisation françaises, Université Sorbonne Nouvelle, 2014 [en ligne, nov. 2017].
• Michel Laronde (dir.), Leïla Sebbar, Paris, L'Harmattan, 2003.
• Dominique Le Boucher, Traversières. Dialogues avec Leïla Sebbar, Paris, Marsa, 2015.
• Ghyslain Lévy, Catherine Mazauric, Anne Roche (dir.), L'Algérie, traversées, Actes du colloque de Cerisy (2017), Paris, Hermann Éditeurs, 2018.
• Anne Schneider, La littérature de jeunesse migrante. Récits d'immigration de l'Algérie à la France, Paris, L'Harmattan, 2013.
• Karin Schwerdtner, Le (beau) risque d'écrire. Entretiens littéraires, Québec, Nota Bene, 2017.


SOUTIENS :

• Équipe d'accueil THALIM (UMR 7172) // Commission de la recherche [CR] // Direction des affaires internationales [DAI] — Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3
Musée Royal de Mariemont (Belgique) — RIMELL
• Wallonie-Bruxelles International (Belgique) [WBI]
• Centre de recherche sur l'imaginaire [CRI] — Université catholique de Louvain [UCLouvain]
• Agence universitaire de la francophonie [AUF]


BULLETIN D'INSCRIPTION


La date de l'ouverture des inscriptions pour les auditeurs sera définie au regard des informations concernant l'évolution de la crise sanitaire.

Programme 2021 : un des colloques

Programme complet


LES AUTRES NOMS DU TEMPS


DU SAMEDI 24 JUILLET (19 H) AU VENDREDI 30 JUILLET (14 H) 2021

[ colloque de 6 jours ]


"Le changement d'heure" (n°59) © Gilbert Garcin - Galerie Camera Obscura


DIRECTION :

Vincent BONTEMS, Étienne KLEIN


ARGUMENT :

Nous méditons sur le temps sans vraiment savoir à quoi nous avons affaire : est-il une substance ? un fluide ? une invention ? une illusion ? De nombreuses locutions familières suggèrent qu'il s'agirait d'une entité physique autonome, tandis que d'autres, aussi nombreuses et non moins éloquentes, laissent penser qu'il ne serait qu'une production de notre conscience, ou bien un aspect des processus naturels, voire une simple construction culturelle.

Au fond, à quoi le temps ressemble-t-il vraiment ? Est-il tel que le langage le raconte ? Comme nous croyons le percevoir ou le vivre ? Comme le représentent les équations des physiciens ? Comme le pensent les philosophes ? Comme le mesurent les horlogers ? Est-il même raisonnable de supposer que toutes ces conceptions renvoient à une réalité unique ?

Le but de ce colloque est de procéder à une expérience de pensée collective et transdisciplinaire : si l'on se passait du mot "temps" dans telle ou telle discipline ou domaine, que se passerait-il ? Quels autres mots faudrait-il utiliser ? Quel bénéfice en escompter en termes d'élucidation conceptuelle ? Quel serait le prix à payer en termes d'obscurité ou de contre-intuitivité ?

N.B. : Ce colloque ayant été initialement prévu en 2020, il vous est possible d'accéder à sa présentation 2020 : cliquer ici.


MOTS-CLÉS :

Culture, Évolution, Histoire, Irréversibilité, Langage, Mémoire, Processus, Rythme, Tempo, Temps


CALENDRIER PROVISOIRE :

EN COURS DE RÉVISION


SOUTIENS :

• Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA)
Fondation suisse d'études
Horlogerie Audemars Piguet


BULLETIN D'INSCRIPTION


La date de l'ouverture des inscriptions pour les auditeurs sera définie au regard des informations concernant l'évolution de la crise sanitaire.

Programme 2021 : un des colloques

Programme complet


MUSIQUES SACRÉES EN NORMANDIE : RITES ET PRATIQUES
( XIIe - XXIe SIÈCLES )


DU DIMANCHE 18 JUILLET (19 H) AU JEUDI 22 JUILLET (14 H) 2021

[ colloque de 4 jours ]


Missale ad usum Montis Sancti Michaelis, XIIIe s., Bibliothèque patrimoniale, Ville d'Avranches, Ms 42 f. 437


DIRECTION :

Jean-Baptiste AUZEL, Georges-Robert BOTTIN, Jean-François DETRÉE, François NEVEUX


ARGUMENT :

Les importantes collections encore conservées de manuscrits liturgiques, le récit des visites pastorales, nous montrent que, dès le XIIIe siècle, la vitalité de la musique religieuse est grande dans les églises et abbayes normandes mais, aussi, que grandes sont les difficultés quotidiennes rencontrées dans sa mise en œuvre. Cependant, sa pratique a été, jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, un élément structurant de la vie musicale régionale, notamment par le cadre pédagogique qu'elle offrait. Il faut attendre une autre époque, la fin du XIXe siècle, pour qu'un regard historique soit porté par quelques érudits et musicologues sur cette longue histoire.

Depuis la fin du XXe siècle, l'intérêt des musicologues français s'est peu à peu porté sur la vie musicale des provinces françaises, puis, sous l'impulsion d’historiens, les musiciens d'église sont devenus un objet d'étude, en particulier en ce qui concerne le XVIIIe siècle, comme en témoigne l'enquête Musefrem en cours ("Musiciens d'Église en 1790").

La Normandie a toute sa place dans cette réflexion que ce colloque voudrait mener, sur une longue durée, allant du cadre rituel et institutionnel défini au Moyen Âge jusqu'aux pratiques contemporaines, où se rejoignent l'évolution liturgique, depuis Vatican II, et un contexte culturel où la musique sacrée retrouve étonnamment sa place.

Trois axes se dégagent pour faire un point historiographique sur la musique sacrée en Normandie :
1. Les cadres de la pratique de la musique sacrée : rites, livres et répertoires, typologie des communautés et des musiques ;
2. Les acteurs de la musique sacrée : les professionnels, les organistes, les compositeurs, les assemblées ;
3. Les instruments de la musique sacrée : l'orgue, l'harmonium, les autres instruments et leurs représentations.

N.B. : Ce colloque ayant été initialement prévu en 2020, il vous est possible d'accéder à sa présentation 2020 : cliquer ici.


MOTS-CLÉS :

Abbaye, Chant, Compositeur, Concert, Création, Église, Festival, Interprétation, Liturgie, Musique, Orgue, Usages


CALENDRIER PROVISOIRE :

EN COURS DE RÉVISION


BULLETIN D'INSCRIPTION


La date de l'ouverture des inscriptions pour les auditeurs sera définie au regard des informations concernant l'évolution de la crise sanitaire.