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"CERISY VU DE TUNISIE"

RENCONTRE AVEC HAZEM BEN AISSA, ASMA BACCOUCHE ET AMINA NADIA MNASRI


Ils sont tous les trois Tunisiens. Hazem Ben Aissa est docteur en ingénierie et gestion et enseignant-chercheur en Management, au Larime, un laboratoire de recherche en sciences économiques et de gestion, de l'ESSECT, l'université de Tunis. Asma Baccouche et Amina Nadia Mnasri, sont deux de ses doctorantes. Ils livrent ici leurs impressions suite à leur première expérience à Cerisy lors du colloque L’action collective peut-elle être créatrice ? (autour des travaux d’Armand Hatchuel).

Asma Baccouche, Hazem Ben Aissa, Armand Hatchuel,
Amina Nadia Mnasri, Lucienne Hatchuel


Si vous deviez commencer par vous présenter ?

Hazem Ben Aissa : Enseignant chercheur en gestion, je suis un ancien du Centre de Gestion Scientifique (CGS), de l'École des Mines. J'ai été invité à ce colloque par Armand Hatchuel pour y faire une communication sur un modèle émergent de gouvernance des entreprises familiales tunisiennes à travers le cas du groupe Sotupa. Lequel aspire à adopter un modèle inclusif et inspiré d'initiatives éprouvées à l'étranger telles que la société à mission en France.

Un défi s'il en est, ainsi que vous l'avez rappelé…

Hazem Ben Aissa : C'est en effet un défi qu'on pourrait même qualifier d'énorme. Il s'agit ni plus ni moins de passer d'une action collective impossible [dans le contexte Tunisien où prime le modèle actionnarial de la gouvernance d'entreprise] à l'action collective possible. Un défi que nous nous employons à relever depuis un an dans le cadre d'un programme de recherche collaborative initié par le Larime et plusieurs industriels en Tunisie.

En ayant d'ores et déjà obtenu des résultats prometteurs…

Hazem Ben Aissa : Oui, et il faut en remercier Armand Hatchuel qui nous a accompagnés depuis le début. Nous avons d'ores et déjà signé une quinzaine de conventions de recherche et lancé six doctorats en entreprise. D'autres projets vont suivre pour soutenir une recherche de qualité en Tunisie, sur des enjeux socio-économiques : outre les gouvernances d'entreprises, la gestion du turnover des ingénieurs, de l'innovation, la digitalisation, …

Preuve du dynamisme de ce projet : Asma et Amina, deux jeunes chercheuses de votre équipe, qui ont également assisté à ce colloque…

Asma Baccouche : Je suis doctorante, en 3e année de thèse en sciences de gestion, spécialité management, à l'université de Tunis, sous la direction d'Hazem. Je le remercie lui comme Armand de m'avoir invitée à ce colloque.

Amina Nadia Mnasri : Je suis aussi doctorante sous la direction de Hazem — la première à avoir entamé une thèse avec lui, ayant été déjà son étudiante en master. Nous échangeons depuis quatre ans sur les enjeux de la recherche collaborative avec des entreprises. Des champs nouveaux en Tunisie où on compte encore peu de doctorants en sciences de gestion, mais aussi d'entreprises disposées à travailler avec des chercheurs de ce domaine. Ma thèse porte plus spécifiquement sur la gestion des ingénieurs en informatique.

Qu'est-ce que cela vous fait-il d'être des pionnières ? Que votre directeur de thèse "investisse" en vous pour lancer une nouvelle génération de chercheurs en sciences de gestion ? N'est-ce pas beaucoup de responsabilité ?

Amina Nadia Mnasri : Si, bien sûr ! Je ne dois pas décevoir la confiance qu'il me fait. En même temps, étant sa toute première doctorante, j'ai la chance d'être bien entourée, de sorte que j'ai d'ores et déjà l'impression de participer à une action collective dont seul le meilleur pourra ressortir !

Nous réalisons l'entretien à la fin du colloque. Six jours se sont écoulés depuis votre arrivée. Comment les avez-vous vécus ? Quels enseignements en tirez-vous ?

Hazem Ben Aissa : En venant ici, je voulais approfondir la dimension conceptuelle et méthodologique de nos travaux de recherche collaborative. La richesse des communications, très différentes les unes des autres, et les débats auxquels elles ont donné lieu m'ont permis de consolider divers acquis et d'ouvrir de nouvelles perspectives. Au-delà de cela, j'ai apprécié la manière dont a été organisé le colloque, la diversité des intervenants et des disciplines convoquées. C'est précieux. J'en repars convaincu que l'action collective peut être abordée à partir d'un large éventail de pratiques, de méthodes, de secteurs d'activité, de collectivités et que c'est en cela qu'elle peut être créative. C'est dire si ce colloque a été fécond et ne pourra qu'avoir des prolongements encore insoupçonnés.

Les organisateurs ne vous ont-ils pas néanmoins compliqué la tâche en vous programmant le dernier jour avec, donc, le risque pour vous d'avoir à remanier en permanence votre communication pour intégrer ce qui se disait au fil des journées ?

Hazem Ben Aissa : (rire) Ce fut une contrainte que j'ai prise d'abord comme une opportunité. Comme j'aime à le dire à mes étudiants, un bon exposé est toujours en cours de construction/reconstruction. Et cela vaut pour un professeur et pour quiconque dont on peut penser qu'il maîtrise son sujet.

Asma Baccouche : En cela, on peut dire qu'un exposé est aussi le fruit d'une action collective : il s'enrichit des discussions et des remarques d'autrui.

Hazem Ben Aissa : En effet, un exposé est le fruit d'une activité que je qualifierais même de sociale, au sens où il se nourrit des interactions avec des acteurs de la société elle-même, sinon d'une communauté de personnes réunies le temps d'un colloque. Je ne pouvais donc pas prétendre faire l'exposé prévu à mon arrivée. Finalement, c'était même une chance que de devoir passer le dernier jour. Et pas seulement parce que l'auditoire était aussi suffisamment fatigué pour ne pas percevoir tout ce que je ne maîtrise pas encore (rire).

Amina Nadia Mnasri : Je reprendrai à mon compte la formule utilisée par Jean-François Chanlat [un des intervenants] : ici, c'est un foyer de création intellectuelle, grâce justement à cette diversité des profils et des disciplines évoquées par Hazem, et qui loin de rester à distance convergent progressivement à mesure que le colloque avance.

Quels enseignements en tirez-vous au plan théorique ?

Asma Baccouche : Pour ma part, je repars enrichie des discussions qui ont eu lieu sur l'action collective à l'heure du numérique. Elles me seront particulièrement précieuses pour mes travaux de recherche sur la transformation digitale. Je repars aussi avec d'autres pistes de réflexion et même ce sentiment d'avoir vécue cette "transformation" dont a parlé Armand Hatchuel à propos du chercheur "transformé" à mesure qu'il avance dans l'exploration de son objet de recherche.

Amina Nadia Mnasri : Pour ma part, je repars convaincue de l'intérêt de la multidisciplinarité. À Cerisy, comme Hazem et Asma l'ont dit, nous avons pu discuter avec des chercheurs de différentes disciplines, en sciences humaines et sociales, mais aussi en sciences exactes. Les points de vue peuvent ainsi se croiser. Or, c'est précisément comme cela, en croisant les approches qu'on peut éclairer une thématique. Ce qui n'allait pas de soi avant de venir ici. Quand j'ai vu le programme, j'ai même été très surprise de voir que le mot ingénieur, qui m'est particulièrement familier, était accolé à celui de poète [dans l'intitulé de la communication de Georges Amar]. Loin de me dissuader d'y venir, cela n'a fait qu'aiguiser ma curiosité. Maintenant, pour avoir assisté à tout le colloque, je mesure à quel point cette multidisciplinarité enrichit la science en général et les sciences de gestion en particulier.

Avec peut-être la sensation d'être confrontée à plusieurs langues : disciplinaires, professionnelles, artistiques, mais aussi maternelles : l'anglais ou même l'arabe à travers le film de Nabil Ayouch, Haut et Fort [2021], projeté en soirée. Qu'en est-il du cadre même de Cerisy, son château, ses dépendances, son parc, ses cloches… Sans oublier la durée du colloque…

Amina Nadia Mnasri : Ce colloque n'avait rien à voir avec ceux auxquels nous avons l'habitude d'assister en Tunisie ou à l'étranger, au Maroc, en France… J'avoue m'être demandé si une cloche suffirait à battre le rappel, à nous réunir pour commencer à l'heure. En fait, c'est très efficace. Tout au plus commencions-nous avec une ou deux minutes de retard. Autant dire rien, comparé à ce qu'on peut enregistrer chez nous ! Mais assez ici pour presser les "retardataires" ! Et puis, c'est un lieu qui force le respect : après avoir entendu Edith Heurgon nous rappeler l'histoire du lieu, forcément, on se doit de se montrer respectueux à son égard. Et je trouve cela tout sauf intimidant, mais, comment dire… magnifique !

Asma Baccouche : À Cerisy, j'ai eu la sensation d'être dans un processus continu de création collective, du matin jusqu'au soir, et de nouveau le lendemain jusqu'au dernier jour, que ce soit au moment des communications ou des repas que nous partageons ensemble et qui sont propices à des échanges informels mais tout aussi riches. J'ai été agréablement surprise de voir à quel point les gens sont disposés à échanger, à partager leur vision, leur idée avec vous, sans chercher à vous convertir à leur point de vue.

Hazem Ben Aissa : Comme Amina et Asma, j'ai beaucoup aimé ce lieu. C'est un cadre exceptionnel propice aux rencontres, à des débats d'une grande richesse. J'ai particulièrement apprécié le simple fait de partager ensemble les repas, le fait d'être servi, à l'ancienne, pour nous permettre de nous consacrer pleinement à nos échanges et nos réflexions.

Asma Baccouche : Il faut féliciter les cuisinières pour leur repas, que je trouve particulièrement équilibrés. C'est important quand le séjour dure plusieurs jours !

Hazem Ben Aissa : Que dire du cadre, de la bibliothèque, de la cave, autre lieu de socialisation où on peut se distraire, jouer au ping pong. C'est important pour s'aérer l'esprit ! Le lieu a beau être exceptionnel, on s'y sent en famille. Pouvoir y suivre un colloque durant toute une semaine, c'est une chance. Bravo à l'équipe qui maintient ce lieu vivant. Je ne demanderais bien sûr qu'à pouvoir y faire venir des étudiants, des doctorants, des collègues pour faire davantage connaître Cerisy en Tunisie. Maintenant, si quelqu'un pouvait venir le présenter chez nous, à l'ESSECT, nous ne demanderions qu'à l'y accueillir.

Asma Baccouche : Je me souviens de ce qu'Edith a dit le premier soir du colloque, lors de la présentation des participants : "Nous espérons bien que le Château sera content à l'issue du colloque". Dans l'instant, je n'ai pas trop compris ce que cela pouvait bien vouloir dire. Comment un château pouvait-il être content ? De quoi ? De qui ? Maintenant, je comprends : cela signifie que le colloque se sera déroulé en respectant l'esprit du lieu, ses rites, le temps rythmé au son des cloches, sans oublier le personnel qui nous permet de nous consacrer à nos échanges.

Comprenez-vous maintenant pourquoi Armand le fréquente depuis si longtemps, en quoi ce lieu a été inspirant pour sa théorie de l'action collective et sa contribution à la promotion de l'entreprise à mission ?

Hazem Ben Aissa : Je connais Armand depuis une vingtaine d'années. En venant ici pour la première fois, je comprends mieux son cheminement intellectuel, comment il a pu concevoir ses théories et ses modèles, qu'il a présentés au cours du colloque d'une manière si claire. Se rendre ici autant de fois qu'il l'a fait depuis quarante ans, forcément, ça ne peut que façonner son mode de pensée. Déjà, un seul colloque suffit à vous ouvrir de nouveaux horizons, à vous transformer — je reprends le mot !

Asma Baccouche : Le simple fait de voir les photos dans le hall d'entrée, les personnalités qui se sont rendues à Cerisy et Pontigny, les thèmes qui y ont été traités, forcément, c'est intimidant, mais c'est aussi très inspirant. Tout comme le cadre avec sa verdure, ses arbres et ce calme… Tout cela paraît exceptionnel pour la Tunisienne que je suis, mais aussi, manifestement, pour les Français qui découvrent le lieu pour la première fois, comme cela a été le cas à l'occasion de ce colloque.

Amina Nadia Mnasri : J'observe aussi qu'ici, la nationalité, les origines importent peu. Armand est comme nous, il est originaire d'un autre pays. Au final, tout un chacun, d'où qu'il vienne finit très vite par s'adapter au Château, à ses valeurs, sa propre raison d'être, en l'occurrence préparer les nouvelles générations aux défis de leur temps. À cet égard, il faut saluer le niveau des doctorants de l'École des Mines — je pense en particulier à Antoine [Goutaland] et Jérémy [Lévèque] qui ont pris en charge la restitution au nom des jeunes chercheurs. J'ai été impressionnée par la qualité de leur intervention. Eux aussi ont su épouser l'esprit du lieu. C'est bien la preuve que Cerisy est un lieu propice aussi à la transformation des nouvelles générations.

Propos recueillis par Sylvain ALLEMAND
Secrétaire général de l'AAPC

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"UN COLLOQUE DE CERISY EN GUISE DE CADEAU"

RENCONTRE AVEC ISABELLE ROUDIL


Isabelle Roudil en rêvait. Ses collègues l'ont fait à l'occasion de son départ à la retraite : lui "offrir un colloque de Cerisy" : L’action collective peut-elle être créatrice ? (autour des travaux d’Armand Hatchuel), qui s'est déroulé du 7 au 13 juin 2023. Un choix plus que pertinent à en juger par le parcours professionnel de notre nouvelle retraitée.

Photo de groupe du colloque


Si vous deviez, pour commencer, vous présenter en quelques mots ?

Isabelle Roudil : Comme j'aime à dire, je suis une femme d'un certain âge (j'ai 64 ans). Manière de dire que ma vie professionnelle est désormais derrière moi, bien que j'espère avoir encore de belles années à vivre. D'autant plus que, étant à la retraite, je suis débarrassée des contingences matérielles. Un changement majeur, que je vis comme quelque chose de bénéfique. À la fin de ma carrière, je dirigeais une petite entreprise — une coopérative dans la promotion immobilière qui comptait 21 salariés, où j'exerçais de fortes responsabilités au titre de mandataire sociale. Diriger une entreprise est une source de plaisir, mais aussi beaucoup de pression, encore plus en cas de crises.

Comment en êtes-vous venue à participer à ce colloque en tant qu'auditrice ?

Isabelle Roudil : Pour mon pot de départ, j'ai réuni des collègues et des partenaires (élus, institutionnels…). Ce que j'ignorais, c'est que mes collègues avaient aussi réfléchi aux cadeaux qu'ils pourraient me faire. Ils m'en ont fait plusieurs, dont ce séjour à Cerisy. Leur choix a porté sur le colloque autour des travaux d'Armand Hatchuel ! Ils reconnaissaient ainsi le temps et l'énergie que j'avais consacrés aux autres à travers mon engagement professionnel. Beaucoup de personnes présentes à ce pot connaissaient Cerisy et ont apprécié à sa juste valeur ce cadeau : "Oh, un colloque de Cerisy, quelle chance tu as !".

Et, vous-même, aviez-vous déjà entendu parler de Cerisy ?

Isabelle Roudil : Oui, ne serait-ce qu'à travers des actes que j'avais lus. Je me souviens même d'ailleurs de m'être dit, il y a une dix ou quinze ans que j'aimerais beaucoup y venir…

Mais pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour exaucer ce vœu ?

Isabelle Roudil : N'étant ni universitaire ni intellectuelle, je ne me croyais pas autorisée à y venir. J'ai découvert qu'on pouvait y venir comme auditeur ! Qu'il me soit permis de rendre hommage à la personne qui a eu l'idée de ce cadeau : Sophie Humbert, dont le père, Louis Humbert, s'était rendu plusieurs fois à Cerisy, notamment en 1981, pour le colloque L'auto-organisation. De la physique au politique.

Nous réalisons l'entretien à l'issue du colloque. Dans quel état êtes-vous ? Quels enseignements en tirez-vous ?

Isabelle Roudil : Ma première réponse est en fait une question : pourquoi donc n'ai-je pas 25 ans pour rejoindre le laboratoire d'Armand Hatchuel, Blanche [Segrestin] et Franck [Aggeri] ? Comment ai-je pu vivre sans les connaître ? Au cours de ma carrière, j'ai essayé de créer, d'inventer, mais sans support méthodologique ou conceptuel. Je me suis laissée guider par mon intuition, ce qui m'a souvent réussi. J'ai su m'entourer mais je me suis sentie parfois un peu seule : j'aurais pu prendre davantage de recul. Quand j'entends les chercheurs discuter ensemble, je mesure la fécondité de leurs échanges et tout ce que l'on gagne à se confronter à d'autres points de vue. C'est tout simplement très beau !

Des échanges féconds que vous auriez pu entendre ailleurs…

Isabelle Roudil : Peut-être. Une chose est sûre : ce lieu est à part. Pour le caractériser, je n'aurais qu'un mot : Cerisy est un lieu propice !

À quoi ?

Isabelle Roudil : À tout ! Je ne saurais donc trop encourager les gens d'y venir. Dès l'arrivée au château, la magie opère de sorte que vous êtes dans une sorte de lâcher prise par rapport aux contingences matérielles... On peut se consacrer à la découverte des autres...

Parleriez-vous de disponibilité ?

Isabelle Roudil : Oui, Cerisy est propice à la disponibilité. Non seulement on vous libère de préparation de vos repas, mais encore on vous sert à table. Les membres de l'équipe sont attentifs à chacun, sans verser dans la moindre complaisance. Car il ne s'agit pas non plus de faire ce qu'on veut. J'ajoute que c'est un lieu chargé d'histoire, qui force en cela le respect. Pour le savoir, il faut y venir, en faire l'expérience. C'est un lieu ouvert sur le monde, au sens où on y rencontre des gens de différents univers, disciplinaires et professionnels. C'est aussi en cela que c'est un lieu propice, un champ de possibles.

À souligner qu'à Cerisy on est débarrassé des contingences matérielles, ne risque-t-on de laisser croire que c'est un lieu déconnecté de la réalité ?

Isabelle Roudil : Non, car les contingences matérielles dont Cerisy nous libère sont celles qui envahissent nos existences. Ici, on n'en mesure pas moins tout le nécessaire au bon fonctionnement du château, en bénéficiant de l'attention du personnel au moindre détail. Bref, à Cerisy, on n'est pas hors-sol. C'est aussi cela qui fait la magie du lieu. Une magie que la directrice Edith Heurgon incarne ! À travers elle, j'ai ressenti un sens de l'hospitalité qui m'a donné le sentiment d'être pleinement autorisée à être là, à participer aux échanges.

Propos recueillis par Sylvain ALLEMAND
Secrétaire général de l'AAPC

Rapport d'étonnement

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"LE VIVANT ET LE SAUVAGE À CERISY"

PAR LÉA SOPHIA HÜMBELIN, MAÏWENN MIGNON ET ROBIN WEGMÜLLER


Du 26 juin au 2 juillet 2023, les colloques Que peut la littérature pour les vivants ? et Le renouveau du sauvage ont non seulement été organisés en parallèle, mais ont aussi partagés des séances et des activités communes de diverses manières. D'où une audience nombreuse et diverse mêlant littéraires, scientifiques et professionnels du vivant. Voici les rapports d'étonnement de trois étudiants de la Fondation suisse d'études avec laquelle le CCIC a engagé un partenariat : Léa Sophia Hümbelin ("Informatique" à l'École polytechnique de Zurich), Maïwenn Mignon ("Économie et management" à l'université de Genève) et Robin Wegmüller ("Finance" à l'École polytechnique de Zurich).

Maïwenn Mignon, Robin Wegmüller, Léa Sophia Hümbelin


Léa Sophia HÜMBELIN

Le changement de perspective pendant cette semaine était vraiment précieux pour moi. Non seulement au niveau des sujets abordés qui diffèrent de ce que je fais dans mes études, mais aussi au niveau de la langue. Chaque langue a son propre regard sur le monde et pour moi, c'était enrichissant de découvrir le sentiment de vie inhérente à la langue française. Cela commence par la sonorité du français qui est beaucoup plus doux et poétique, comparé à ma langue maternelle le suisse allemand. J'ai le sentiment qu'en parlant français, on prend plus de temps pour exprimer ses pensées et surtout ses sentiments. C'était ma première fois en Normandie et le paysage m'a vraiment ému. Du coup, je voulais mettre des mots en langue française sur ce souvenir pour le conserver. Je ne sais pas si j'ai réussi à trouver les bons mots, mais j'ai beaucoup apprécié d'être là.

29 juin 2023, les falaises littorales de Carolles et Champeaux

Les arbrisseaux se présentent sous toutes les couleurs,
De l'ocre blanchâtre au violet rougeur.

Le susurrement de l'herbe m'amène la sagesse du monde,
Pendant que la beauté du paysage m'inonde.

Le gloussement des goélands me rappelle un rire doux,
Pendant que le vent caresse légèrement ma joue.

Le murmure de la mer me prend dans ces bras,
Et pour un moment, le sentiment d'être perdu s'en va.


Maïwenn MIGNON

La première chose qui m'étonne à la fin de cette semaine, c'est l'évolution de mon historique de recherche internet. Loin de mes préoccupations économiques habituelles, j'ai découvert, grâce à vous et à vos communications, de nombreux concepts, définitions de mots qui m'étaient jusqu'alors inconnus, ouvrages et personnalités. Giono, iconoclaste et liminal en sont quelques exemples, même si cette petite liste est bien loin d'être exhaustive. Je repars de ce lieu charmant la tête pleine de nouvelles idées, et de nouvelles pistes à explorer, et, pour ça, je vous en remercie.

Bien sûr, j'ai été fascinée et émerveillée par de nombreux points qui ont été mentionnés cette semaine. Je retiens notamment la question de la place du sauvage dans nos sociétés et territoires, particulièrement bien mise en exergue par notre visite des falaises de Carolles et Champeaux, ainsi que celle de La grande Noé. J'ai tout autant apprécié les exemples de cette place du sauvage autour de nous, tels que les punaises de lit, les castors ou les dynamiques de reboisement dans plusieurs territoires français qui nous ont été présentés.

J'ai été saisie par la question de la légitimation de la violence. La présentation de Pierre Schoentjes a pour moi mis en valeur de manière fascinante l'interprétation de cette question dans la littérature, tout en mettant en évidence le lien direct avec des questions de société actuelles. Les risques de zoonoses m'ont particulièrement intéressée. Cette communication présentée jeudi matin m'a laissée songeuse par rapport aux risques sanitaires, tout en faisant écho à la pandémie tout juste terminée. Enfin, la notion de responsabilité évoquée dans le cadre du lien entre la littérature et le droit m'a fascinée. Cette question, tissée à travers une comparaison entre les procès France Telecom et les marées noires, a des implications éthiques directes qui ont résonnées avec des valeurs qui me sont chères. J'ai été particulièrement touchée par vos témoignages bouleversants qui m'ont fait reconsidérer l'importance et le place de la vie dans notre monde. Je repense à l'intervention de Gisèle Bienne et de Gilles-Eric Séralini qui était émouvante, tendre et sincère.

À la question "Que peut la littérature pour les vivants ?", plusieurs réponses ont été proposées. Passant du "rien" provocateur à des réponses que je résumerais par "beaucoup", je choisis de retenir : elle peut pour autant qu'elle soit lue. Or aujourd'hui la majorité des textes évoqués lors de ce colloque ne sont pas lus. Dans ma génération, en dehors des étudiants en lettres, peu de personnes lisent ces ouvrages et même lisent tout court. La question est donc "Comment faire pour que la littérature soit lue ?". Je préfère donc laisser cette question en suspens.

Cette semaine, j'ai eu la chance de vous écouter, de vous rencontrer et d'échanger avec certains d'entre vous. Que ce soit autour d'un café, d'un repas, ou d'une table de ping-pong, j'ai appris de chacune de nos discussions. J'ai été bouleversée par vos convictions, votre passion face aux sujets évoqués. J'ai pu observer des vivants passionnés par le vivant, émerveillés par la nature qui nous entoure, et sa retranscription à l'aide de mots. Merci pour ces moments hors du temps, ces moments de grâce, qui me laissent émerveillée et avide d'en découvrir plus.


Robin WEGMÜLLER

Introduction
Au-travers de ces quelques paragraphes, je souhaite exploiter la richesse de la participation parallèle aux deux colloques pour, de la même manière que l'écocritique mêle sciences humaines, vivant et langage, proposer une lecture à plusieurs approches ainsi qu'une mise en perspective personnelle de leurs développements respectifs. Ces idées s'articulent autour de quatre dimensions : la légitimité, l'exploration de perspectives, la communication et la notion de frontière. Je conclurai cette courte intervention par une ouverture sur des considérations que nous n'avons pas eu le temps d'aborder.

Développement
Si notre semaine s'est ouverte sur le consensus de l'existence du "laisser faire", la question de la légitimité d'action s'est vue abordée de manière fondamentalement différente. Là où le sauvage s'interrogeait initialement sur la manière d'envisager les rapports aux milieux qui l'entourent, ainsi que sur les fondements éthiques et moraux de ses potentielles interventions, il est intéressant de constater que la question "Que peut la littérature pour les vivants ?" semblait déjà présupposer une forme pertinente de capacité à agir de la part de littérature ; sinon, la question aurait pu être formulée ainsi : "Dans quelle mesure la littérature a-t-elle un rôle à jouer pour les vivants ?".

Cette situation reflète la diversité des perspectives suggérées par ces domaines. Néanmoins, tenter de comprendre la similitude entre les approches sous-jacentes apporte des éléments qui nous aident à les relier. Dans le sauvage, le regard d'historien sur le castor d'Europe a ainsi rappelé les dangers de penser un animal, et plus généralement la nature, par le prisme de l'anthropomorphisme. Un autre exemple, cette fois-ci littéraire, posait le rôle du droit, dans la pratique, comme protecteur des intérêts humains. Malgré l'importance accordée par la littérature au ressenti de l'éco-sensibilité, qu'il s'agisse de l'écologie spirituelle de Maurice Genevoix, de la biophonie ou du traitement de l'œil dans l'écriture écopoétique, ce cadre centré sur l'Homme avec un grand H, mais également avec un petit h, aide à comprendre la manière dont Plumwood parvenait à transmettre l'incrédulité face au statut retrouvé de proie. La distinction de genre opérée trouve un écho particulier dans les biais récurrents associés aux images de notre rapport à la nature, que l'écoféminisme se charge d'évaluer avec un regard analytique et critique.

Il apparaît de ces constats que la reconsidération partielle des rapports aux vivants et à l'écologie passe aussi nécessairement par la reconsidération et la critique de la manière dont nous en discutons. L'évocation des notions de "mots-mana", de "mots-tabous" et même de "mots-bâton" a clairement démontré l'importance des contextes culturels, historiques et sémantiques dans la compréhension que l'on a d'une unité de texte. En passant de l'échelle de la phrase à celle d'un ouvrage entier, l'expérience des enjeux qui nous ont concernés cette semaine semblait parfois suggérer une inadéquation de certaines formes narratives et le besoin de repenser des pratiques que l'on imaginait établies.

De manière générale, les discussions récentes motivent la vision de frontières de plus en plus floues. Cette tendance a débuté le premier jour du colloque avec les questions liées au dualisme, à la dialectique, ainsi qu'à la recherche d'un troisième élément introduisant une dimension de complexité. Dans le cadre du sauvage, l'intervention de Rémi Beau a bien illustré la difficulté d'identifier les ruptures ainsi que les continuités dans les figures contemporaines du sauvage : cette démarche nécessitait des distinctions entre spatialité et fonctionnalité, ainsi qu'entre nouveaux acteurs et collaborations existantes.

De plus, le sauvage et le domestique sont désormais entrelacés, de même que le sont les espèces exotiques (envahissantes ou non) avec la biodiversité historique. Pour continuer dans cette direction, la préservation d'espaces naturels nécessite parfois d'impressionnantes interventions initiales, telles que pour l'étang de Cousseau avec les pelleteuses, et il est délicat de distinguer un suivi sanitaire et vétérinaire respectant un principe de proportionnalité d'un modèle de protection par une surveillance dénaturée.

Face à cette complexité, le colloque du sauvage a bénéficié d'une composition variée pour apporter des regards croisés : les intervenants comprenaient des représentants du public, du privé, d'organisations à but non lucratif, de chercheurs et d'acteurs de terrain. Je suis personnellement convaincu de l'utilité de cette pluralité d'approches dans la diffusion des conclusions de nos discussions afin d'en faire bénéficier la société. Je reprends ainsi les exemples des travaux de Vincent Devictor, non publiés mais invitant à la discussion dans l'espace public, ainsi que la mention par Rémi Beau de l'importance de l'écologie politique pour faire avancer les discussions. Le colloque littéraire suivait des codes différents, mais je serais tenté d'encourager des échanges s'inscrivant dans cette approche.

En guise de complément, l'applicabilité de transformations écologiques semble entrer en conflit temporel direct avec les pressions économiques et planétaires qui s'accélèrent. À ce titre, j'invite les participants du sauvage à s'intéresser à la financiarisation des ressources naturelles, de l'eau notamment, à l'impact de cette tendance sur les incitations des grands gestionnaires d'actifs et fonds d'investissement, ainsi que les répercussions de ces effets "macro" à une échelle "micro".

Remerciements
Pour terminer sur une note plus légère, je souhaite remercier chaleureusement le Centre culturel international de Cerisy de nous avoir permis d'assister à ces colloques, ainsi que toutes les personnes avec lesquelles j'ai eu l'occasion de m'entretenir. Ce fut une expérience aussi riche qu'intense, et je suis convaincu de retourner chez moi nourri de réflexions nouvelles.

Publication 2023 : un des ouvrages


LA NÉGATION À L'ŒUVRE DANS LES TEXTES


Agnès FONTVIEILLE-CORDANI, Nicolas LAURENT (dir.)


La négation a donné lieu à des travaux considérables en logique, philosophie, psychanalyse et linguistique. Mais son fonctionnement dans les œuvres littéraires n'avait pas encore fait l'objet d'une approche stylistique générale. Le présent volume, issu d'un colloque tenu à Cerisy, rassemble les contributions de stylisticiens, sémioticiens et linguistes de tous horizons, qui examinent le travail des formes négatives dans différents genres (poésie, roman, nouvelles, lettres, essai, dictionnaire…) et chez des auteurs couvrant une vaste période, du XVIIe siècle à aujourd'hui. Dans le sillon des analystes formelles sont considérés la négation lexicale et ce qui relève, plus largement, de la négation sémantique, voire de la négativité.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2019) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°667]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Éditions Classiques Garnier

Collection : Colloques de Cerisy - Littérature, n°11

ISBN : 978-2-406-14198-3

Nombre de pages : 542 p.

Prix public : 49 €

Année d'édition : 2023

Publication 2023 : un des ouvrages


EDGAR MORIN : LES CENT PREMIÈRES ANNÉES


Claude FISCHLER, Pascal ORY (dir.)

Avec la participation d'Edgar MORIN


Le 8 juillet 2021, Edgar Morin célébrait son centième anniversaire. Quelques jours auparavant, Cerisy accueillait un colloque qui lui était consacré : pendant huit jours, avec sa participation à distance, on a débattu de sa biographie et de son œuvre, examiné la réputation et l'influence d'un chercheur-penseur prolifique, d'un intellectuel présent dans les grands remous de l'histoire et les grands débats de société des années 30 jusqu'aux années 2020. Collègues, amis et collaborateurs mais aussi lecteurs inspirés ou critiques, interprètes ou analystes ont évoqué et discuté, entre eux ou avec lui, l'itinéraire et la pensée, les événements qui les ont influencés et instruits, qu'il s'agisse du livre Autocritique, de la revue Arguments, des ouvrages sur le cinéma et la culture de masse, de Chronique d'un été et de L'Esprit du temps, des enquêtes de terrain de Plozévet et de La rumeur d'Orléans, du Paradigme perdu et de La Méthode, d'Introduction à la pensée complexe ou de Pour une politique de civilisation… On a débattu de la situation, nationale et internationale, d'un auteur transdisciplinaire au point d'en être inclassable.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2021) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°666]


Articles à l'unité disponibles en accès payant sur CAIRN.INFO

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Hermann Éditeurs

Collection : Colloque de Cerisy

ISBN : 979-1-0370-2931-7

Nombre de pages : 350 p.

Prix public : 35 €

Année d'édition : 2023

RÉÉDITION

Edgar Morin. Les cent premières années - RééditionÉditeur : Hermann Éditeurs

Collection : Colloque de Cerisy

ISBN : 979-1-0370-3952-1

Nombre de pages : 350 p.

Prix public : 35 €

Année d'édition : 2024

Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°666bis]


Publications associées


Publication 2023 : un des ouvrages


L'EUROPE DU CINÉMA


Vincent AMIEL, José MOURE, Benjamin THOMAS, David VASSE (dir.)


Depuis longtemps, il existe une Europe du cinéma qui dépasse naturellement les frontières nationales : les échanges technologiques, économiques, mais aussi artistiques ont produit des films, et parfois des courants entiers dont on peut dire qu'ils sont européens plutôt que nationaux. Ainsi les techniciens allemands et russes dans les années 1930 (exil oblige) impriment leur marque sur les productions des studios français jusqu'à fonder une esthétique particulière, le "réalisme poétique" ; de la même manière, ce sont les techniciens juifs allemands qui permettent aux premiers films portugais parlants de voir le jour. Après la Deuxième Guerre mondiale, les échanges entre la France et l'Italie se multiplient, donnant naissance à des œuvres majeures.
Les réalisateurs profitent des diversités culturelles sans les séparer vraiment : Antonioni tourne à Munich, Barcelone, Londres aussi bien qu'à Milan, Wenders tourne à Lisbonne comme à Berlin, Skolimovski plante sa caméra à Bruxelles et à Londres, comme Kieslowski à Genève et Paris…
Au travers de situations précisément documentées, d'analyses de films et d'enquêtes historiques, ce livre collectif veut montrer la réalité de cette Europe du cinéma, si vivante depuis plus d'un siècle.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2021) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°665]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Les Impressions Nouvelles

Collection : Caméras subjectives

ISBN : 978-2-39070-030-2

Nombre de pages : 440 p.

Illustrations : N & B

Prix public : 25,00 €

Année d'édition : 2023

PRESSE / MÉDIAS

• Entretien avec Vincent AMIEL et José MOURE, réalisé par Eddy CAEKELBERGHS dans le cadre de l'émission "Le fin mot", en ligne sur RTBF Auvio | Publié le 24 mai 2023 (disponible jusqu'au 23/05/2024).

Publication 2023 : un des ouvrages


L'ENCHANTEMENT QUI REVIENT


Rachel BRAHY, Jean-Paul THIBAUD, Nicolas TIXIER, Nathalie ZACCAÏ-REYNERS (dir.)

Avec Yves WINKIN


La notion d'enchantement se prête à une grande diversité d'usages qui ne se réduisent pas à des antonymes du "désenchantement du monde" au sens de Max Weber. Qu'en est-il de ces approches contemporaines et quelles en seraient les vertus heuristiques ? S'agit-il de poser un constat sur le monde contemporain, tour à tour enchanté et désenchanté ? D'évoquer des expériences spécifiques, au caractère quelque peu magique ? De s'intéresser à des lieux, scènes, processus, "modes d'être" ou régimes d'interactivité particuliers ? La labilité du terme ouvre à de multiples terrains d'investigation, tant théoriques que pratiques.
De telles questions ont traversé un colloque organisé à Cerisy (2021) où cette notion d'enchantement a été explorée dans ses liens avec le vivant ; ses proximités avec les notions voisines d'ambiance, de présence et/ou de résonance ; la rencontre avec des fictions, des formes d'arts ou de vies alternatives ; des descriptions de fantasmagories urbaines ; ou encore au travers de quelques manifestations des puissances de l'imaginaire.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2021) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°664]


Articles à l'unité disponibles en accès payant sur CAIRN.INFO


Durée : 2mn20s — Images : Giuseppe Gavazza — Musique : Anna-Livia Marchionni — Montage : juL McOisans

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Hermann Éditeurs

Collection : Colloque de Cerisy

ISBN : 979-1-0370-2284-4

Nombre de pages : 410 p.

Illustrations : Couleurs et N & B

Prix public : 27,00 €

Année d'édition : 2023

PRESSE / MÉDIAS

• "Parution : L'enchantement qui revient", par Françoise ACQUIER, en ligne sur Le Cresson veille & recherche… | Publié le 17 mars 2023.

• "L'enchantement du monde", note de lecture de Christian RUBY, en ligne sur Nonfiction | Publié le 29 mai 2023.

• "Rachel Brahy, Jean-Paul Thibaud, Nicolas Tixier, Yves Winkin et Nathalie Zaccaï-Reyners (dirs), L'Enchantement qui revient", note de lecture de Capucine SAMMANI, en ligne sur Questions de communication, 47, 2025 | Publié le 26 juin 2025.


Publication associée


Publication 2022 : un des ouvrages


L'ACTION COLLECTIVE DANS L'INCONNU

RAISON CRÉATRICE ET MISSION SOLIDAIRE

Une traversée cerisyenne. Textes (2000-2021)


Armand HATCHUEL


"Raison créatrice" et "mission solidaire" sont devenues indispensables pour agir ensemble dans l'inconnu. À travers ses textes extraits des colloques de Cerisy, Armand Hatchuel éclaire ces deux notions et leurs apports pour inventer des futurs désirables attentifs aux justices sociale et écologique. La "raison créatrice" est mieux adaptée que la rationalité économiciste à ces ruptures. La responsabilisation des entreprises exige de repenser les notions de marché et de société anonyme, à l'instar de la "société à mission" inscrite dans la loi française. Pour mieux affronter les crises de la modernité, la vocation de Cerisy n'a jamais été aussi précieuse.


"Les traversées de Cerisy" sont destinées à un large public intéressé par les arts, la littérature, la philosophie, les sciences et la société. À travers des recueils de textes, elles visent à favoriser les débats autour d'une thématique et à nourrir une pensée prospective sur le temps long.


Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy (T4)


Ouvrage et articles à l'unité disponibles en accès payant sur CAIRN.INFO

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Hermann Éditeurs

Collection : Les Traversées de Cerisy

ISBN : 979-1-0370-2269-1

Nombre de pages : 330 p.

Prix public : 22,00 €

Année d'édition : 2022

PRESSE / MÉDIAS

• "Cerisy : penser la civilisation pour la transformer", interview d'Armand HATCHUEL menée par Jean-Philippe DENIS, dans le cadre de l'émission "Fenêtres ouvertes sur la gestion" [en ligne sur le site XERFI Canal | 25 mars 2023].

Publication 2022 : un des ouvrages


JARDINS EN SOCIÉTÉ


Patrick MOQUAY (dir.)


Postface de Vincent PIVETEAU


Le regain d'intérêt pour le jardin témoigne de transformations sociétales plus profondes que le simple effet de mode dont il semble bénéficier. Les jardins accueillent nombre des questions vives qui traversent actuellement nos sociétés. Un cycle de colloques de Cerisy, de 2012 à 2018, a mis en évidence ces valeurs et pratiques sociales nouvelles dont le jardin était le signe. La présente sélection éclaire la signification des jardins pour nos contemporains et dévoile ce que les jardins nous disent de nos sociétés, des difficultés qu'elles rencontrent, des défis qu'elles affrontent, des pratiques qu'elles expérimentent.


"Les traversées de Cerisy" sont destinées à un large public intéressé par les arts, la littérature, la philosophie, les sciences et la société. À travers des recueils de textes, elles visent à favoriser les débats autour d'une thématique et à nourrir une pensée prospective sur le temps long.


Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy (T3)


Ouvrage et articles à l'unité disponibles en accès payant sur CAIRN.INFO

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Hermann Éditeurs

Collection : Les Traversées de Cerisy

ISBN : 979-1-0370-2271-4

Nombre de pages : 210 p.

Prix public : 22 €

Année d'édition : 2022

PRESSE / MÉDIAS

Recension de l'ouvrage, dans la revue L'art des jardins, n°57, printemps 2023, p. 26 [en ligne].

Recension de l'ouvrage, dans La Vie de l'APJB, revue annuelle de l'Association des Parcs & Jardins de Bretagne, VAPJB 41, Année 2023, Édition janvier 2024 [en ligne].


Publications associées


Publication 2022 : un des ouvrages


ÉCRIRE AVEC LES VIVANTS


Colette CAMELIN (dir.)


Postface de Jacques TASSIN


Aujourd'hui défendre les êtres vivants, humains et non humains est capital. Comme la littérature a pour qualité essentielle d'être attentive aux différentes formes de vie, cet ouvrage propose des textes issus de colloques de Cerisy, "avec" et "sur" les vivants depuis 1987 (Chateaubriand, Yourcenar, Cendrars, Gaspar, Ponge, Le Clézio, mais aussi A. Simon, M. Collot, C. Larrère, J.-Cl. Ameisen et P. Quignard, E. Hache, M.-J. Mondzain et J. Sacré).
Jacques Tassin, dans sa postface, montre que l'écriture et la lecture "procèdent non seulement avec les vivants mais aussi et surtout à même les vivants".


"Les traversées de Cerisy" sont destinées à un large public intéressé par les arts, la littérature, la philosophie, les sciences et la société. À travers des recueils de textes, elles visent à favoriser les débats autour d'une thématique et à nourrir une pensée prospective sur le temps long.


Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy (T2)


Ouvrage et articles à l'unité disponibles en accès payant sur CAIRN.INFO

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Hermann Éditeurs

Collection : Les Traversées de Cerisy

ISBN : 979-1-0370-2273-8

Nombre de pages : 228 p.

Illustrations : N & B

Prix public : 22 €

Année d'édition : 2022