Programme 2021 : un des colloques

— Programme complet —


EDGAR MORIN, LE SIÈCLE


DU MERCREDI 16 JUIN (19 H) AU MERCREDI 23 JUIN (14 H) 2021

[ colloque de 7 jours ]


Edgar Morin à l'Abbaye d'Ardenne de Caen, Octobre 2010
© IMEC / Pascale Butel-Skrzyszowski


DIRECTION :

Claude FISCHLER, Pascal ORY

Colloque organisé à l'initiative du Cercle des partenaires


ARGUMENT :

Le 8 juillet prochain on célèbrera le centième anniversaire d'Edgar Morin. Cet événement est une belle occasion pour revenir, au cours d'un colloque consacré à l'ensemble de son œuvre, sur un itinéraire atypique, une pensée non-conformiste, et des engagements souvent pionniers.

Au-delà de la biographie, au reste très riche, d'un intellectuel présent dans les débats de société de la fin des années 1930 au début des années 2020, il s'agira ici de considérer une sélection de moments-clés où la voix de Morin, seule ou en groupe, a exprimé un "point de vue documenté" : le livre Autocritique et la revue Arguments, Chronique d'un été et L'Esprit du temps, les enquêtes, hors-normes mais aussi exemplaires, de Plozevet et de La rumeur d'Orléans, Le Paradigme perdu et La Méthode, Introduction à la pensée complexe et Pour une politique de civilisation, etc. Chemin faisant, on entreprendra aussi de préciser, autant que faire se peut, la situation nationale et internationale, d'un chercheur, d'un directeur de recherches, d'un auteur, transdisciplinaire au point d'en être inclassable.

La diversité de ce parcours, l'actualité de ces travaux, seront reflétés par un programme qui associe témoignages et analyses, scientifiques et écrivains, monde de la culture et monde de l'économie.


MOTS-CLÉS :

Complexité, Crise, Culture de masse, Dialogique, Écologie, Europe, Global, Humanologie, Marrane, Méthode, Morin (Edgar), Transdisciplinarité


CALENDRIER DÉFINITIF :

Mercredi 16 juin
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Jeudi 17 juin
Matin
SALUTS À EDGAR (I)
Étienne KLEIN : Edgar Morin, une question de temps
Gil DELANNOI : La complexité. Thème et variations

Après-midi
SALUTS À EDGAR (II)
Mauro CERUTI : Edgar Morin. Le défi de la complexité et l'humanisme planétaire [visioconférence]
Entretien avec Edgar MORIN et Véronique NAHOUM-GRAPPE [visioconférence]

Soirée
EN PARTENARIAT AVEC L'INSTITUT NATIONAL DE L'AUDIOVISUEL (INA)
Entretien de Pascal ORY avec Catherine GONNARD (INA) : audition et projection commentées d'extraits d'émissions de radio et de télévision sur et avec Edgar Morin


Vendredi 18 juin
Matin
VOUS AVEZ DIT SOCIOLOGIE ?
Pascal ORY : Edgar Morin, au centre de la marginalité
Monique PEYRIÈRE : Edgar Morin et l'âme du cinéma

Après-midi
CHRONIQUE D'UN ÉTÉ, ET AU-DELÀ
Entretien avec Edgar MORIN et Régis DEBRAY [visioconférence]
Laurent MARTIN : Sociologie de la culture et sociologie des médias dans les années 1960 : Edgar Morin et la culture de masse

Soirée
Extraits commentés de Chronique d’un été, par Monique PEYRIÈRE


Samedi 19 juin
Matin
DE QUELQUES USAGES DE LA PENSÉE MORINIENNE
Nelson VALLEJO-GOMEZ & Leonardo RODRIGUEZ ZOYA : Sur la réception de l'œuvre d'Edgar Morin en Amérique latine [visioconférence]
Edith HEURGON : La voie de la métamorphose : une pensée prospective à l'âge du vivant ?

Après-midi
ORGANISATIONS ET ENTREPRISES
• Une expérience de chercheur sur la pensée complexe en entreprise, entretien animé par Dinah LOUDA, avec Maxime MASSEY [ESCP] (La complexité et l'intrapreneuriat]
• Table ronde avec des dirigeants d'entreprises et d'organisations, animée par Dinah LOUDA, avec Jean-Louis BANCEL [Président d'honneur du Crédit coopératif], Jean-Marie FESSLER [Institut Montparnasse] [visioconférence], Olivier LECOINTE [Délégué du Cercle des Partenaires de Cerisy] et Jean-François NOGRETTE [Veolia]


Dimanche 20 juin
Matin
SOCIOLOGIE DU PRÉSENT (I)
Nicole LAPIERRE : De la fête aux enquêtes. Une rencontre décisive [visioconférence]
Bernard PAILLARD : Renouer avec Plozevet : à la recherche de l'interaction chercheurs/citoyens

Après-midi
SOCIOLOGIE DU PRÉSENT (II)
André & Évelyne BURGUIÈRE : À Plodemet (Plozevet) comme à Orléans, la femme agent secret, agent troublant de la modernité [visioconférence]
Jean-François DORTIER : Voyage en humanologie

Soirée
Relecture psychanalytique de La rumeur d'Orléans, par Béatrice LEHALLE


Lundi 21 juin
Matin
UNE PENSÉE PLANÉTAIRE
Pascal ROGGERO : Le "goût vif de l'univers" d'Edgar Morin : cheminement et interrogations d'un "morinien" [visioconférence]
Anna TRESPEUCH BERTHELOT : Les sensibilités écologiques d'Edgar Morin [enregistrement audio en ligne sur Canal U, chaîne La forge numérique | MRSH de l'université de Caen Normandie et sur le site Radio France, rubrique France Culture]

Après-midi
VERS UNE BIO-ANTHROPOLOGIE
Claude FISCHLER : Du "socio-diag" à la "bio-anthropologie" fondamentale
Massimo PIATTELLI-PALMARINI : La biologie systémique d'Edgar Morin [visioconférence]

Soirée
L'année a perdu son printemps [inédit, déposé à l'IMEC]. Présentation du manuscrit par Pascale BUTEL-SKRZYSZOWSKI (Directrice des collections, IMEC). Lecture d'extraits


Mardi 22 juin
Matin
UN DISCOURS DE LA MÉTHODE
François L'YVONNET : Edgar Morin : la méthode d'avant La Méthode
Daniel BOUGNOUX : Le tourbillon trublion de La Méthode

Après-midi
"HORS LES MURS" — EDGAR MORIN À L'IMEC (abbaye d'Ardenne de Caen)
• Intervention d'Antoine PETIT (Président-directeur général du CNRS)
• Le fonds Edgar Morin à l'IMEC, par Nathalie LÉGER (Directrice générale de l'IMEC), Pascale BUTEL-SKRZYSZOWSKI (Directrice des collections, IMEC) et François BORDES (Délégué à la recherche, IMEC), avec la participation d'Edgar MORIN [visioconférence]
• La bourse Edgar-Morin, par Jean-Louis BANCEL (Président d'honneur du Crédit coopératif), avec Pierre-Alexandre DELORME & Ekaterina ODÉ (Lauréats des bourses Edgar Morin IMEC/Crédit coopératif)
• Visite de l'abbaye d'Ardenne et présentation d'archives du fonds Edgar Morin
• Collation dans les jardins de l'abbaye


Mercredi 23 juin
Matin
Cynthia FLEURY : Les méthodes viennent à la fin [enregistrement audio en ligne sur Canal U, chaîne La forge numérique | MRSH de l'université de Caen Normandie et sur le site Radio France, rubrique France Culture]
Claude FISCHLER & Pascal ORY : Conclusions

Après-midi
DÉPARTS


PRESSE / MÉDIAS :

"Cher vieil Edgar", par Daniel BOUGNOUX, publié en ligne dans la rubrique "Le randonneur" du site "La Croix" | 3 juillet 2021.

"Rencontres humanoligiques au château", par Jean-François DORTIER, publié en ligne sur le blog "L'Humanologue" | 22 juillet 2021.


RÉSUMÉS & BIO-BILIOGRAPHIES :

Daniel BOUGNOUX : Le tourbillon trublion de La Méthode
Le premier volume (lu circa, 1980) de La Méthode, "La Nature de la nature", m'avait sidéré par sa force, son courage intellectuel : un auteur connu comme sociologue avait ainsi eu l'énergie de se documenter assez pour plonger dans le tableau inouï des mécanismes à l'œuvre dans l'univers, qu'il semblait embrasser… J'adhérais à cet impetus cosmique, qui ouvrait grandes les fenêtres ; mais je rencontrais aussi les objections de ses critiques ou rivaux, qui blâmaient des complaisances de langage, ou une fantaisie peu compatible avec la rigueur scientifique. Comment, en recherche et en pédagogie, placer le curseur entre l'imagination et la raison, l'enthousiasme du néophyte et une froide démonstration ?

Daniel Bougnoux, philosophe, professeur émérite à l'université des Alpes, connaît bien Cerisy où il a dirigé cinq colloques, dont celui consacré en 1986 à Edgar Morin, Arguments pour une méthode (en co-direction avec Serge Proulx et Jean-Louis Le Moigne). Auteur d'une vingtaine d'ouvrages, on peut aussi le suivre sur le blog "Le Randonneur" hébergé par La Croix.

Jean-François DORTIER : Voyage en humanologie
Comprendre les humains, leur vie, leurs mœurs, ce qu'ils ont dans la tête et dans le cœur, ce qui les fait courir, ce qui les pousse à s'associer ou à s'entre-déchirer : voilà l'humanologie. C'est étudier l'humain sous toutes ses facettes; traquer la nature humaine derrière la multiplicité de ses manifestations. Cette approche transdisciplinaire s'inscrit dans le prolongement de la théorie de la complexité d'Edgar Morin. Elle remonte aux origines des sciences humaines et de la philosophie. L'humanologie puise ses ressources dans tous les savoirs disponibles : les sciences humaines (sociologie, psychologie, histoire, linguistique, etc.), l'éthologie (car les êtres humains sont aussi des animaux), la biologie (car ils sont aussi des êtres vivants), mais aussi la philosophie, la littérature, les documentaires, et l'auto-observation.

Jean-François Dortier est le fondateur du magazine Sciences Humaines. Il est l'auteur de nombreux ouvrages (Dictionnaire des sciences humaines, Les sciences humaines, Panorama des connaissance, L'homme cet étrange animal, Après quoi tu cours ?, etc.). En 2020, il a créé le Mook trimestriel L'Humanologie dont il est l'unique rédacteur.

Claude FISCHLER : Du "socio-diag" à la "bio-anthropologie" fondamentale
Après La Rumeur d'Orléans (1969), Edgar Morin souhaite développer ce qu'il a appelé une "sociologie du présent". Il entame une réflexion théorique et méthodologique inspirée d'abord par la socio-ethnographie de longue haleine qu'il a menée à Plozévet puis par l'expérience du "commando d'intervention sociologique" lancé sur Orléans. En 1971, il obtient un financement privé pour créer un Groupe de Diagnostic Sociologique voué à l'étude "à chaud" de "l'événement et de la crise" et lance immédiatement des enquêtes de "sociologie du présent et de l'événement". Mais tout en lançant et pilotant (de plus en plus à distance) notre équipe de jeunes chercheurs, il s'investit de plus en plus dans le dialogue entamé en Californie avec Jacques Monod, dans la biologie et la théorie générale des systèmes. Après le colloque de Royaumont sur L'Unité de l'Homme (1972), il rédige fiévreusement Le paradigme perdu : la Nature Humaine, qui annonce ou préfigure La Méthode…

Claude Fischler est directeur de recherche émérite au CNRS. En 1970, il est recruté par Edgar Morin, qui crée un "Groupe de Diagnostic Sociologique". Après son entrée au CNRS, il inaugure une approche fondamentalement transdisciplinaire de l'alimentation humaine qu'il développera ensuite au sein, puis à la tête, de l'ancien laboratoire d'Edgar Morin (devenu — provisoirement — "Centre Edgar Morin"). Outre divers ouvrages sur l'alimentation, Claude Fischler a publié près de deux cents articles dans des revues de diverses disciplines.
Bibliographie
Edgar Morin, Claude Fischler, Philippe Defrance et Lena Petrossian, 1981, La croyance astrologique moderne : diagnostic sociologique, Lausanne, L'Age d'Homme (réédition de 1971, Le Retour des Astrologues, Paris, Club de l'Obs).
Nicole Lapierre, Edgar Morin et Bernard Paillard, 1973, La femme majeure : nouvelle féminité, nouveau féminisme, Paris, Club de l'Obs, Éditions du Seuil.
Nicole Benoît-Lapierre, Philippe Defrance, Claude Fischler et Bernard Paillard, 1973, Deux études de sociologie événementielle, Paris, CORDES.
Bernard Paillard (avec la coll. de C. Fischler), 1981, La damnation de Fos, Paris, Seuil.
Claude Fischler (dir), 1979, La Nourriture : pour une anthropologie bioculturelle de l'alimentation, Communications, 31.
Claude Fischler, 1990 [1993, 2001], L'Homnivore, Paris, Odile Jacob.
Claude Fischler (dir), 2013, Les alimentations particulières : mangerons-nous encore ensemble demain ?, Paris, Odile Jacob.

Cynthia FLEURY : Les méthodes viennent à la fin
Cette conférence analyse ce que la "Méthode" peut devoir à Nietzsche et qu'est-ce que signifie "clore" la Méthode par l'éthique ? Puis trois caractéristiques de la "connaissance de la connaissance" sont définies : 1) la complexité sur fond d'abîme ; 2) la conception de la pensée et du sujet derrière le "computo" ; 3) la dialectique entre physique et généalogie. Enfin, la Méthode se présente comme une pensée de la vie, de la médecine et de la démocratie.

Cynthia Fleury est professeur titulaire de la Chaire Humanités et Santé au Conservatoire National des Arts et Métiers, titulaire de la Chaire du GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences.

Edith HEURGON : La voie de la métamorphose : une pensée prospective à l'âge du vivant ?

"L'espérance n'est pas une certitude, elle doit croître parallèlement avec la désespérance,
l'idée de métamorphose est devenue salutaire, peut-être la plus importante désormais."
Edgar Morin, Les trois principes d'espérance dans la désespérance, 2007
"Bactéries, virus, champignons, plantes, animaux, nous sommes toutes et tous une même vie,
Nous sommes toutes et tous le papillon de cette énorme chenille qu’est la Terre."(1)
Emanuele Coccia, Métamorphoses, Payot Rivages, 2020.

Dès 1960, Edgar Morin, dans son enquête sur Plozévet, fait un diagnostic critique qui chevauche les frontières disciplinaires, se rapproche du lointain, se distancie du proche, établit un dialogue entre pensée chercheuse et réalité concrète. Constatant que la sociologie, fondée sur le temps historique, peine à penser le présent et se trouve "mutilée d'avenir", il invite à une prospective capable de révéler l'individualité d'un peuple et la singularité du devenir en nous enracinant à la Terre. Dans une série de textes qui ponctuent l'avancée de sa conscience écologique(2), il plaide pour un bouleversement de nos rapports à l'homme, aux autres vivants et à la nature, en intégrant l'apport décisif de la biosphère. Affirmant que les interactions entre les êtres vivants ne sont pas uniquement de conflit, de compétition, de concurrence, de dégradation et de déprédation, mais aussi d'interdépendances, de solidarités et de complémentarités, il préconise une réforme de la connaissance, de la pensée et de la vie. Au-delà du développement, même durable, gardant la possibilité du progrès, il invite à un dépassement des Lumières(3) et énonce trois principes d'espérance. Sa prospective repose alors sur l'idée de métamorphose(4) et sur l'ambition de changer la voie (Il n'y a pas de solution prête à l'avance, mais il y a une voie). Dans la pandémie liée au Coronavirus(5), il voit la confirmation que l'imprévisible peut advenir. Il tire les leçons de cette combinaison de crises, dégage 9 défis (dont celui de la sauvegarde écologique) et énonce 5 politiques (dont une politique de la Terre pour un humanisme régénéré). Parallèlement, dans Où suis-je ?, qui fait suite à Où atterrir ?, Bruno Latour voit dans le confinement "une chance à saisir pour les terrestres : celle de comprendre enfin où nous habitons, dans quelle terre nous allons pouvoir nous envelopper — à défaut de nous développer à l'ancienne !". Edgar Morin est-il un pionnier de la prospective du présent(6) ? Comment faire converger les capacités régénératrices qui s'opposent aux forces de destruction pour qu'elles puissent se déployer largement ? Comment susciter la montée d'une force planétaire capable d'entamer la métamorphose nécessaire ?

(1) Emmanuele Coccia, Métamorphoses, Payot Rivages, 2020, Voir aussi les publications de Baptiste Morizot (Manières d'être vivant, Actes Sud, 2021) et de Vinciane Despret (Habiter en oiseau, Actes Sud, 2000).
(2) Edgar Morin, L'an I de l'ère écologique en dialogue avec Nicolas Hulot, Tallandier, 2007.
(3) Corine Pelluchon, Les lumières à l'âge du vivant, 2021.
(4) Un système qui n'arrive pas à traiter ses problèmes vitaux, ou bien se désintègre, ou bien arrive à se métamorphoser en un métasystème plus riche, plus complexe, capable de traiter ces problèmes.
(5) Edgar Morin avec Sabah Abouessalamn, Changeons de voie. Les leçons du Coronavirus, Denoël, 2020.
(6) Edith Heurgon, Alain Raymond, Tous Volontaires au Monde, jardiniers du bien commun, Hermann, 2019.

François L'YVONNET : Edgar Morin : la méthode d'avant la Méthode
Il ne s'agit pas tant de dresser une histoire de la Méthode, avec sa préhistoire et ses grandes étapes (du genre : genèse et transformation), que d'être attentif à ce qui la fera naître. La "méthode" est inséparable de la vie d'Edgar Morin. Elle ne nait ni d'un rêve (comme celle de Descartes), ni d'une invention (à la manière de Poincaré), elle est commandée, si l'on peut dire, par ses premières recherches portant sur des objets inclassables, qui le conduiront à balayer certaines habitudes de pensée, à élaborer de nouvelles approches : son travail sur la mort, publié en 1948, est à cet égard exemplaire. Commandée aussi par les événements : son engagement communiste le mènera bientôt à prendre la mesure de ce qu'est une pensée "fanatique", avec ses blocages mentaux, qui sécrète des idéologies auxquelles elle s'aliène, comme elle peut sécréter des dieux qui exigent d'elle le "sacrifice de l'intellect" (songeons à Autocritique).

François L'Yvonnet est professeur de philosophie et éditeur (aux éditions de l'Herne). Membre du comité scientifique de la Chaire "Edgar Morin" à l'ESSEC. Membre associé de la Chaire sur l'Altérité à la Fondation Maison des Sciences de l'Homme (FMSH), à Paris. Il a dirigé le Cahier de l'Herne "Edgar Morin" (2016).
Dernière publication
François Jullien, une aventure qui a dérangé la philosophie, Grasset, 2020.

Laurent MARTIN : Sociologie de la culture et sociologie des médias dans les années 1960 : Edgar Morin et la culture de masse
Une sociologie des médias émerge en France au début des années 1960, animée en particulier par le Centre d'études de communication de masse (CECMAS) que Georges Friedmann crée au sein de la sixième section de l'EPHE, devenue EHESS en 1975. Roland Barthes, Christian Metz, Edgar Morin s'intéressent très tôt à la problématique du "divertissement" et aux médias audiovisuels. Or, cette sociologie est progressivement éclipsée par la montée en puissance de la sociologie "critique" de Pierre Bourdieu et sa théorie de la légitimité culturelle. Où se situent les termes du débat, comment évoluent les rapports de force intellectuels et institutionnels, comment penser les rapports entre industries culturelles et politique culturelle, quelle est la position propre d'Edgar Morin sur les questions touchant à la sociologie de la culture et des médias à cette époque, ce sont ces questions que nous essaierons de traiter dans le cadre de cette communication.

Bibliographie
Edgar Morin, Les Stars, Seuil, 1957.
Edgar Morin, L'Esprit du temps, Grasset, 1962 et 1976.
Collection de la revue Communications.
Emmanuel Lemieux, Edgar Morin, l'indiscipliné, Paris, Le Seuil, 2009 [rééd. en poche, coll. "Points", 2020].

Pascal ORY : Edgar Morin, au centre de la marginalité
L'un des traits les plus distinctifs d'Edgar Morin est son indistinction disciplinaire. Son rattachement initial au CNRS l'a classé "sociologue", ses méthodes d'investigation pourraient le rattacher à l'anthropologie, les médias lui donnent du "philosophe", il a lui-même mis en avant des identités scientifiques métisses (telle "socio-anthropologie"), le tout au prix d'un statut, à l'arrivée, de solitaire populaire. On essaiera de mesurer ce qu'il entre d'une dialectique avec l'époque, politique et culture mêlées, dans cet itinéraire singulier comme dans l'invention, homologique, de ses objets d'étude, qui a fait souvent de ce chercheur atypique un pionnier des sciences sociales, pas toujours reconnu par elles.

Pascal Ory, de l'Académie française, est professeur émérite d'histoire à la Sorbonne (Paris 1). Il est l'auteur d'une cinquantaine d'ouvrages portant sur l'histoire culturelle et politique des sociétés contemporaines (XVIIIe-XXIe siècles), parmi lesquels une anthologie commentée : Edgar Morin, l'unité d'un homme (Collection "Bouquins", 2018). Dernier ouvrage paru : Qu'est-ce qu'une nation ? Une histoire mondiale (Gallimard, collection "Bibliothèque des histoires", 2020).

Bernard PAILLARD : Renouer avec Plozévet : à la recherche de l'interaction chercheurs/citoyens
Enquêteur engagé par Edgar Morin en 1965 pour son enquête à Plozévet, j'ai renoué avec les Plozévétiens depuis la fin des années 1990. Ces retours ont pris des formes diverses en fonction d'opportunités et de possibilités institutionnelles, budgétaires et autres, mais jamais avec l'intention de mener une véritable enquête même de type participative. Pourquoi ? Mon approche fut d'abord motivée par la volonté de comprendre et de surmonter les incompréhensions entre enquêteurs et enquêtés, entre chercheurs et citoyens qui s'étaient manifestées à la suite des enquêtes et, singulièrement, après la publication de Commune en France. La métamorphose de Plozévet. Elle s'inspire aussi de certaines propositions déontologiques formulées par Edgar Morin lors de sa propre enquête, mais sans jamais avoir été vraiment mises en œuvre. Enfin, elle s'inscrit dans le mouvement plus général de médiation scientifique et de partage des connaissances scientifiques avec leur mise en débat.

Bernard Paillard est directeur de recherche émérite au CNRS. Suite à sa collaboration avec Edgar Morin à Plozévet, il a été recruté par le CNRS comme collaborateur technique, et lui fut attaché en vue de constituer une section de "sociologie du présent" au sein du Centre d'études des communications de masse (CECMAS). Celle-ci s'étant étoffée au début des années 1970 avec la création du "groupe de diagnostic sociologique", différentes enquêtes furent menées, dont celle sur le complexe portuaire, industriel et urbain de Fos-sur-Mer. Ce travail orienta ses recherches futures, jusqu'à ses retours à Plozévet.

Monique PEYRIÈRE : Edgar Morin et l'âme du cinéma
"Le monde sans âme des machines est un monde peuplé d'âmes. L'Homme ne peut vivre avec ses choses que s'il leur donne une âme, ou s'il les imprègne de la sienne" écrit Edgar Morin dans son projet de thèse déposé auprès de Georges Friedmann en 1951 lors de son entrée au CNRS. Dès lors Morin s'attache, dans ses ouvrages et dans de nombreux articles, à produire une analyse de la "machine cinéma", dissidente des orthodoxies marxistes et freudiennes, mettant ainsi en place des éléments de méthode qui dessinent les contours d'une théorie singulière du cinéma, aux ambitions épistémologiques et phénoménologiques. Cette communication souhaite rendre compte du milieu fécond de la recherche en cinéma dans ces années 1950, où se croisent journalistes, chercheurs, auteurs, cinéastes et institutionnels engagés dont Edgar Morin est un des acteurs majeurs, avant d'assumer la coréalisation, avec Jean Rouch, du film Chronique d'un été.

Massimo PIATTELLI-PALMARINI : La biologie systémique d'Edgar Morin
Depuis son "immersion" dans la biologie au Salk Institute, Edgar Morin s'est persuadé que la biologie devait devenir une composante essentielle des sciences de l'homme. Il voulait développer une bio-anthropologie et une bio-sociologie. Avec son vieil ami, le Prix Nobel Jacques Monod, Edgar Morin créa le Centre Royaumont pour Une Science de l'Homme et Massimo Piattelli Palmarini en devint le directeur. Plusieurs colloques et plusieurs publications suivirent. Les dernières décennies ont vu se développer considérablement la "system biology" et la génétique humaine en liaison avec les comportements et les bases de la culture. Jacques Monod avait déclaré que comprendre l'enveloppe génétique de la culture (selon ses propres mots) était l'objectif le plus important et le plus ambitieux de la science. Dans cet exposé, l'on tentera de résumer les progrès récents dans ce cadre, qu'Edgar Morin avait bien anticipés.

Massimo Piattelli-Palmarini est actuellement professeur de linguistique et science cognitive à l'université de l'Arizona. Il a été le directeur du Centre Royaumont pour Une Science de l'Homme, créé par Edgar Morin et Jacques Monod qui en étaient les présidents. Sous la direction d'Edgar Morin et de Massimo Piattelli Palmarini, le livre de 1974 L'Unité de l'Homme a connu plusieurs éditions et traductions dans d'autres langues. Les domaines de recherche et de publications de Massimo Piattelli Palmarini, depuis plusieurs années, sont la bio-linguistique et la prise de décisions. Son livre Choix, décisions et préférences : quatre leçons au Collège de France publié en 2006 aux Éditions du Seuil traite de la prise des décisions.

Pascal ROGGERO : Le "goût vif de l'univers" d'Edgar Morin : cheminement et interrogations d'un "morinien"
Le "goût vif de l'univers", cette belle formule empruntée à Ernest Renan caractérise bien l'Edgar Morin que je connais. Depuis que je l'ai découverte il y a près de trente-cinq ans maintenant, son "œuvre-vie" n'a pas cessé de me fasciner, m'interpeller et me mobiliser. La lecture de La Méthode fut un moment décisif pour moi, le point d'une bifurcation existentielle après laquelle la pensée complexe n'a pas cessé de m'habiter. J'ai consacré une bonne partie de mon activité universitaire à l'utilisation de cette pensée dans ma recherche en sciences sociales, à son enseignement auprès de nombreux étudiants et à sa diffusion auprès du grand public. C'est de ce cheminement qu'on pourrait dire "morinien" dont je voudrais témoigner ici.

Pascal Roggero est Agrégé de sciences sociales, Docteur en sociologie, Professeur des universités en sociologie à l'université Toulouse-Capitole, Chercheur à l'IDETCOM, Responsable du CR 5 "Sociologie de la complexité" de l'Association Internationale des Sociologues de Langue Française, Co-fondateur de la Revue Nouvelles Perspectives en Sciences Sociales, Co-responsable du programme SOCLAB et Responsable du Master 2 "Ingénierie de la transition des territoires" à l'université Toulouse Capitole.

Anna TRESPEUCH BERTHELOT : Les sensibilités écologiques d'Edgar Morin
Dans ses efforts à construire une pensée "écologisée", Edgar Morin s'est abreuvé à diverses sources : l'étude des sciences — en particulier l'écologie, le dialogue au fil des amitiés intellectuelles — avec Serge Moscovici, Ivan Illich, André Gorz, etc. — et l'observation critique de son temps — du naufrage du Torrey Canyon (1967) jusqu'au discours de Greta Thunberg à la tribune de l'ONU (2019). Ses propositions théoriques et poétiques n'ont cessé de s'enrichir de ces échanges pour appréhender au plus près la crise écologique. Elles tissent aujourd'hui un fil d'Ariane précieux pour nous guider dans un demi-siècle de sensibilités environnementales, à la fois siennes et collectives.

Anna Trespeuch Berthelot est maître de conférences en histoire contemporaine à l'université de Caen Normandie, membre du laboratoire HisTeMé, ex-CRHQ (EA 7455) et du CA de l'Association pour l'Histoire de la Protection de la Nature et de l'Environnement (AHPNE). Historienne des engagements intellectuels, elle étudie la circulation des alertes environnementales depuis 1945.
Publications
Anna Trespeuch Berthelot, "Lettre ouverte aux habitants d'une planète mourante. Circulation des idées et des symboles dans les réseaux transnationaux de l'écologie politique naissante", Ventunesimo Secolo, Milano, FrancoAngeli Edizioni, vol. 46, 2020, p. 79-100.
Anne-Claude Ambroise-Rendu, Anna Trespeuch-Berthelot et Alexis Vrignon (dir.), Luttes locales, enjeu global ? Une histoire des conflits environnementaux XIXe-XXIe siècles, Limoges, Presses universitaires de Limoges, 2018.
Anna Trespeuch Berthelot, "La genèse de l'agriculture biologique en France et en Allemagne de l'entre-deux-guerres aux années 1970 : circulations transnationales et cultures politiques", in A. Lensing, B. Metzger et O. Hanse (dir.), Mission écologie : tensions entre conservatisme et progressisme dans une perspective franco-allemande, Bern, Peter Lang éd., 2018, p. 91-114.
Anna Trespeuch Berthelot, L'Internationale Situationniste. De l’histoire au mythe (1948-2013), Paris, Presses universitaires de France, 2015.
Anna Trespeuch Berthelot, "La réception des ouvrages "d'alerte environnementale" dans les médias français (1948-1975)", Le Temps des médias Revue d'histoire, Paris, Nouveau Monde éd., automne 2015, n°25, p. 104-119.


BIBLIOGRAPHIE :

Outre les ouvrages publiés d'Edgar Morin (trois cent quatre sept références à la date du 1er janvier 2021 dans le catalogue général "auteurs" de la BNF, y compris les rééditions mais non compris les documents audio-visuels) :

EDGAR PAR MORIN
• Autocritique (1959), Le Seuil, 2012.
• Journal de Californie (1970), Le Seuil, 1983.
• Journal d'un livre : juillet 1980-août 1981, Inter éditions, 1981.
• Une année Sisyphe, Le Seuil, 1995.
• Journal de Plozevet : Bretagne 1965, L'Aube, 2001.
• (avec Grappe-Nahoum, Véronique, Vidal Sephira, Haïm), Vidal et les siens (1989), Le Seuil, 2019.
• Le vif du sujet (1969), Le Seuil, 1992.
• Mes démons (1994), Stock, 2008.
• Edwige, l'inséparable, Fayard, 2009.
• Journal 1962-1987, Le Seuil, 2012.
• Journal 1992-2010, Le Seuil, 2012.
• Le cinéma un art de la complexité, articles et inédits 1952-1962, Nouveau Monde éditions, 2018, ouvrage édité et présenté par Monique Peyriere et Chiara Simonigh.
• Les souvenirs viennent à ma rencontre, Fayard, 2019.

DEUX COLLOQUES DE CERISY
• (1986) Bougnoux, Daniel, Le Moigne, Jean-Louis, Proulx, Serge (dir.), Arguments pour une méthode (autour d'Edgar Morin), Le Seuil, 1990.
• (2005) Le Moigne, Jean-Louis, Morin, Edgar (dir.), Intelligence de la complexité. Épistémologie et pragmatique, L'Aube, 2007 (réédition par Hermann Éditeurs, 2013).

QUELQUES MONOGRAPHIES
• Gritti, Jules, Comprendre Edgar Morin, Privat, 1980.
• Kofman, Myron, Edgar Morin. From Big Brother to Fraternity, Pluto Press, 1996.
• Fortin, Robin, Penser avec Edgar Morin, Presses de l'université Laval, 2008.
• Lemieux, Emmanuel, Edgar Morin, l'indiscipliné, Le Seuil, 2009.
• Tellez, Jean, La pensée tourbillonnaire. Introduction à la pensée d'Edgar Morin, Germina, 2009.
• Ory, Pascal (éd.), Edgar Morin. L'Unité d'un homme, Robert Laffont, collection "Bouquins", 2018.
• Dortier, Jean-François, Yousfi, Louisa (dir.), Edgar Morin. L'Aventure d'une pensée, Éditions "Sciences humaines", 2019.

QUELQUES NUMÉROS DE REVUE
• "Edgar Morin, plans rapprochés", Communications, 82, 2008.
• Pena Vega, Alfredo, Proutheau, Stéphanie (dir.), "Edgar Morin, aux risques d'une pensée libre", Hermès, 60, 2011.
• L'Yvonnet, François (dir.), "Morin", Cahiers de l'Herne, 114, 2016.


PARTENARIATS :

• Institut Mémoires de l'édition contemporaine (IMEC)
• Institut national de l'audiovisuel (INA)


SOUTIENS :

• Région Normandie
• Institut interdisciplinaire d'anthropologie du contemporain (IIAC) | CNRS / EHESS

Programme 2021 : un des colloques

— Programme complet —


QUELS ACTEURS POUR LA DIVERSITÉ CULTURELLE
ENTRE AMÉRIQUE LATINE ET FRANCE ?

LITTÉRATURE ET CINÉMA


DU LUNDI 7 JUIN (19 H) AU DIMANCHE 13 JUIN (14 H) 2021

[ colloque de 6 jours ]



DIRECTION :

Julie AMIOT-GUILLOUET, Gustavo GUERRERO, Françoise MOULIN CIVIL


ARGUMENT :

L'Europe et la France jouent un rôle clé dans les débats sur les questions transnationales et les concepts de "diversité", de "coopération" et d'"exception" culturelle, ainsi que dans le développement de politiques visant à les préserver face au marché. 15 ans après l'adoption par l'UNESCO de la Convention sur la Protection et la Promotion de la Diversité des Expressions Culturelles (2005), ces concepts semblent en crise, alors que la production et la diffusion des œuvres littéraires et cinématographiques tendent à prouver le contraire.

Notre objectif est de dresser un état des lieux du concept de "diversité" en mettant l'accent sur l'esthétique et les genres de la "diversité culturelle" et en analysant les conditions matérielles de production et de circulation des œuvres de la littérature et du cinéma d'Amérique latine à travers l'Atlantique.

Les principaux axes seront les suivants : politiques, financements, partenariats (y compris dans leurs dimensions néo/dé-coloniales), circulation des œuvres.


MOTS-CLÉS :

Amérique latine, Cinéma, Circulation, Diversité culturelle, Europe, Littérature, Marchés, Production culturelle, Transnationalité


CALENDRIER DÉFINITIF :

Lundi 7 juin
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Mardi 8 juin
Matin
Julie AMIOT-GUILLOUET, Gustavo GUERRERO & Françoise MOULIN CIVIL : Ouverture
Pura FERNÁNDEZ : Le réseau de papier : diplomatie, collectionnisme et colonialisme éditorial. France, Espagne et Amérique Latine au XIXe siècle [visioconférence] — Discutant : Gustavo GUERRERO

Après-midi
Gesine MÜLLER : Historias transnacionales del libro y el debate sobre la literatura mundial : literaturas caribeñas en Francia y Alemania [visioconférence]
Florence OLIVIER : Étonnants Latino-Américains : Bolaño, Volpi, Bellatin, en VF pour la littérature comparée
Discutant : Gustavo GUERRERO

Masterclass, avec Pablo CERDA ADARO : Ethnologie et cinéma. Individualisation identitaire pour un partage culturel entre l'Europe et l'Amérique du sud [visioconférence] — Discutante : Julie AMIOT-GUILLOUET

Soirée
Autour du film Educación física (2012) de Pablo Cerda Adaro. Présentation par Julie AMIOT-GUILLOUET


Mercredi 9 juin
Matin
Manuel MACERA FUMIS : Julio Cortázar en France : traduction et édition de son conte Casa tomada
Gabriela LÁZARO : Réception et traduction de la poésie concrète brésilienne en France : poésie inédite ou absorbée par les courants littéraires de l'époque ?
Christilla VASSEROT : Dramaturgies nomades
Discutante : Françoise MOULIN CIVIL

Après-midi
María LUNA-RASSA : Sud à la demande : explorations décoloniales et nouvelles circulations dans le cinéma colombien
Amanda RUEDA : Cinémas transnationaux d'Amérique latine : entre rapports asymétriques et tentatives discursives décoloniales
Magali KABOUS : Lieu commun ? La Havane dans le cinéma distribué en France. Stéréotypes resémantisés pour dessiner une capitale [enregistrement audio en ligne sur Canal U, chaîne La forge numérique | MRSH de l'université de Caen Normandie et sur le site Radio France, rubrique France Culture]
Discutante : Nancy BERTHIER

José Luis de DIEGO : Littérature française / littérature argentine : un échange inégal [visioconférence] — Discutant : Gustavo GUERRERO

Soirée
Autour du film documentaire Une conversation avec Albert Bensoussan. Présentation par Gustavo GUERRERO


Jeudi 10 juin
Matin
Ana VIÑUELA : Les exportateurs français, acteurs de la globalisation du cinéma d'Amérique Latine
Minerva CAMPOS RABADÁN : Stratégies à risque pour la distribution de films : projections spéciales, communiqués (de presse ?) et publics de niche
Gloria PINEDA-MONCADA : Coproduction et décollage de l'industrie cinématographique colombienne. Le rôle joué par la France dans la consolidation, en Colombie, d'un modèle de production cinématographique promouvant la diversité culturelle : le cinéma d'auteur
Pietsie FEENSTRA : Un regard sur le monde : la "veduta filmique" de Fernando Solanas et de Patricio Guzmán
Discutante : Magali KABOUS

Après-midi
DÉTENTE


Vendredi 11 juin
Matin
Ana GALLEGO CUIÑAS : La valeur des festivals littéraires au XXIe siècle : le cas du festival "Paris ne finit jamais" [visioconférence]
Jimena CASTANEDA : Influence européenne dans la légitimation du cinéma latino-américain : Hybridation culturelle ? Le cas du "Nouveau cinéma colombien"
Stéphanie DECANTE : La bibliodiversité promue par l'Alliance Internationale des Éditeurs Indépendants et son impact sur la circulation de la littérature latino-américaine en France
Discutante : Florence OLIVIER

Après-midi
Littérature et cinéma : chemins de traverse entre la France et l'Amérique Latine, table ronde animée par Julie AMIOT-GUILLOUET, avec Nancy BERTHIER, María LYNCH, Carmen PINILLA et Gustavo RONDÓN [visioconférence]

Marina MOGUILLANSKY : Les coproductions entre la France et l'Amérique Latine [visioconférence] — Discutante : Minerva CAMPOS RABADÁN
Sophia McCLENNEN : L'économie de la diversité culturelle : analyse du rôle de la France dans la distribution du cinéma latino-américain [visioconférence] — Discutante : Julie AMIOT-GUILLOUET

Soirée
Livres, traductions, traducteurs : expériences vécues, table ronde animée par Françoise MOULIN CIVIL, avec Stéphanie DECANTE, Florence OLIVIER, Michel RIAUDEL et Christilla VASSEROT


Samedi 12 juin
Matin
Jorge CARRIÓN : Contre Amazon et pour une éthique de l'algorithme [visioconférence]
Miguel FERNÁNDEZ LABAYEN : Les plateformes de vidéo à la demande (VOD) comme circuit cinématographique : les "Œuvres originales de Netflix" d'Espagne et d'Amérique Latine [visioconférence]
Eva-Rosa FERRAND VERDEJO : "CinemaChile, making Chilean films global" : l'internationalisation du cinéma chilien comme outil de développement de l'industrie cinématographique
Discutante : Ana VIÑUELA

Après-midi
Médiations et médiateurs littéraires entre la France et l'Amérique Latine, table ronde [visioconférence] animée par Gustavo GUERRERO, avec Leonora DJAMENT, Jorge FORNET et Diego LORENZO

Ignacio SÁNCHEZ PRADO : Les limites du transnationalisme. Le cinéma mexicain et la division du travail cinématographique [visioconférence] — Discutants : Julie AMIOT-GUILLOUET & Gustavo GUERRERO


Dimanche 13 juin
Matin
Conclusions du colloque et perspectives de recherche
Julie AMIOT-GUILLOUET, Gustavo GUERRERO & Françoise MOULIN CIVIL : Clôture

Après-midi
DÉPARTS


EXPÉRIENCES DE QUATRE DOCTORANTS PRÉSENTS À CERISY :

Bonjour à vous quatre. L'un d’entre vous pourrait-il présenter le colloque ?

Gabriela Lazaro : Le colloque porte un regard sur la multiculturalité en France et en Amérique latine à partir de deux industries culturelles différentes que sont l'édition et le cinéma. On observe comment des acteurs qui résident en France ou dans d’autres contextes culturels peuvent contribuer à cette multiculturalité, dans le secteur privé ou public. On voit aussi le rôle central de la recherche pour cerner les enjeux liés à ces industries, leurs formations et leur impact dans la création et la diffusion de films et de livres.

Après une semaine à Cerisy quel est votre ressenti ?

Eva-Rosa Ferrand Verdejo : Ça nous a fait à tous un bien fou de retrouver la communauté des chercheurs mais aussi d'échanger avec des gens !

Manuel Macera : Retrouver la communauté humaine après tant de mois de confinement !

E.-R. Ferrand Verdejo : Tout à fait ! Une semaine à Cerisy, c'est l'occasion d'être immergé dans une thématique commune qui nous intéresse. C'est aussi, en se confrontant aux recherches des autres, la venue de questionnements qui nous amènent à repenser nos propres recherches. Mais surtout de rencontrer les doctorants qui travaillent sur les mêmes sujets, ce qui avait été difficile avec la pandémie jusque-là — tout cela est très enrichissant!

Jimena Castaneda : Pour moi, c'est vraiment une retraite intellectuelle qui m'a aidée, en une semaine, à visualiser ma place dans l'univers de la recherche. Le fait de me confronter à des chercheurs d’un niveau si élevé m'a permis de voir concrètement où j'en suis avec mes idées. Avant Cerisy, j’avais une représentation des choses plus abstraite. J'ai aussi pu murir une thématique et une méthode de recherche que j'étais en train de construire depuis longtemps, dans un cadre qui se prête parfaitement à la réflexion.

Justement, quel est l'impact de Cerisy sur vos projets de recherche ?

E.-R. Ferrand Verdejo : Les échanges après les communications ont un énorme impact : ça nous incite à nous questionner sur des aspects auxquels nous n'avions pas forcément pensés.

G. Lazaro : Pour ma part, après certains échanges à la suite des communications, j'envisage des modifications assez importantes sur un article que je préparais avant de venir. En plus de ces effets sur mes recherches, ce qui m'a beaucoup aidé a été aussi de rencontrer des chercheurs et, à l'écoute de leurs parcours, de répondre à mes propres interrogations. Le fait de pouvoir échanger avec des intervenants de l'industrie cinématographique et de l'édition est très enrichissant pour implémenter nos recherches dans ces secteurs.

En tant que doctorants, comment percevez-vous votre place au sein du colloque ?

E.-R. Ferrand Verdejo : En général, en tant que doctorants on tend à souffrir du syndrome de l'imposteur, avec le sentiment de tenir un discours illégitime. Mais être incorporé dans un colloque qui intègre autant de grands chercheurs nous confère une légitimité, en nous montrant que nous ne sommes pas sur la mauvaise voie et que nos recherches résonnent avec les leurs.

M. Macera : Certes on peut avoir cette idée d’imposture, mais justement, le fait d'échanger dans un contexte moins formel comme celui de Cerisy permet de mettre ces a priori de côté. Ce qu'on n'a guère l'occasion de faire à l'université.

G. Lazaro : Juste le fait de pouvoir prendre le petit-déjeuner avec quelqu'un qui a fait trente ans de carrière, de se tutoyer parfois et de voir que l'on peut partager son expérience non seulement à travers une présentation classique, mais aussi de façon humaine et naturelle, donne une certaine confiance et rend les rapports d’autant plus enrichissants.

Entretien réalisé par Alexandre CHOQUET, Stagiaire à Cerisy


Gabriela Lazaro est doctorante en première année d'étude hispanique à CY Cergy Université. Dans le cadre du projet Sinergia Poetry in Notions (Fonds national suisse de la recherche scientifique) elle travaille sur la poésie lyrique contemporaine en Amérique Latine.

Eva-Rosa Ferrand Verdejo est en deuxième année de thèse en études hispaniques et film studies, en co-tutelle à CY Cergy Paris et à l'université de Warwick (Royaume-Uni). Ses travaux portent sur le cinéma chilien.

Jimena Castaneda est doctorante en première année d'Études hispanophones à CY Cergy Université et rattachée au Laboratoire Héritages. Ses études portent sur le cinéma colombien contemporain et sa dimension transnationale.

Manuel Macera est doctorant à CY Cergy Paris Université, en co-direction avec l'université Paris 8, en études hispanophones. Ses travaux de recherche portent sur la traduction, l'édition et la réception de Julio Cortázar en France.


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Minerva CAMPOS RABADÁN : Stratégies à risque pour la distribution de films : projections spéciales, communiqués (de presse ?) et publics de niche
Cette étude se propose d'analyser les stratégies de distribution locales pour les films d'auteur. À travers une étude de cas, je me centrerai sur les interactions entre les circuits commerciaux et le réseau très dense des festivals, événements et programmations régulières, organisés par les institutions cinématographiques et culturelles, dans le but de mettre en lumière les collaborations ou, au contraire, les points de friction. En prenant l'exemple de Zama (Lucrecia Martel, 2017, Argentine-Brésil-Espagne) et en comparant ses projections à Madrid et à Paris, j'aborderai quatre questions relatives la multiplication des "vitrines de présentation" qui a montré qu'il est possible d'augmenter l'audience (potentielle) de certains films ; (1) Les circuits de la grande distribution possèdent-ils le même pouvoir ? (2) Les publics ont-ils les mêmes profils et taille si la projection a lieu pendant un festival, dans un cinéma commercial, un institut cinématographique ou un musée ? (3) Certains films sont-ils surexposés avant leur projection en salle ? (4) Comment les petites maisons de production gèrent-elles tout cela ?

Minerva CAMPOS RABADÁN : Risky strategies for film distribution : special screenings, commercial releases, and niche audiences
This proposal will analyse local distribution strategies for auteur films. Through a case study, I will focus on the interactions between the commercial circuit and the dense network of festivals, events and the regular programmes organised by film institutes and cultural institutions with the aim of highlight how they collaborate and have frictions between them. By studying Zama (Lucrecia Martel, 2017, Argentina-Brazil-Spain) and comparing its screenings in Madrid and Paris, I will discuss four main questions : The addition of different exhibition windows has demonstrated to increase the (potential) audience of some films : do the "big screen" circuits have the same effect ? Have the audiences the same profile and size if the screening takes place in a festival, in a commercial cinema, a film institute, and a museum ? Are some films over exposed before their commercial release in theatres ? How do small distribution companies deal with this ?

Minerva Campos Rabadán works as postdoctoral researcher in the IUCE, University Autónoma of Madrid. Her research focuses on alternative exhibition circuits and funding opportunities for contemporary Latin American cinema. In addition to her research on the international film festival circuit, she has more recently focused on its interactions with film institutes, museums, and commercial theatres.

Jimena CASTANEDA : Influence européenne dans la légitimation du cinéma latino-américain : Hybridation culturelle ? Le cas du "Nouveau cinéma colombien"
Au début du XXIe siècle, plusieurs cinémas nationaux d'Amérique latine sont qualifiés de "nouveaux cinémas" grâce à l'émergence de cinéastes qui contribuent à changer profondément le paysage de la production cinématographique de leurs pays en proposant de nouveaux thèmes, esthétiques, personnages, lieux et discours. Dans le cas de la Colombie, ce nouveau regard surgit pour poétiser la violence de la guerre civile qui, depuis 60 ans, imprègne la société colombienne. Grâce à ces récits, des nouveaux cinéastes s'ouvrent au monde pour être salués dans les festivals internationaux autour de l'idée d'un "Nouveau cinéma colombien". Pourtant, ces films partagent un phénomène de production et de légitimation transnational : il s'agit de co-productions qui bénéficient d'aides au financement internationales ainsi que d'un circuit de diffusion et de légitimation particulier du fait qu'elles circulent principalement dans les festivals de cinéma et sur les écrans internationaux, notamment européens. L'influence européenne dans la reconnaissance et la légitimation de ce cinéma en tant que "identité cinématographique nationale" s'avère à la fois fondamentale mais porteuse de contradiction car les réalisateurs rendent visibles des aspects de leur réalité nationale sous forme de récits universels transnationaux paradoxalement mieux acceptés sur les écrans étrangers que dans leur propre pays. L'objectif de cette communication est de nous interroger sur la négociation culturelle nécessaire à la création d'une identité cinématographique nationale : comment émergent les concessions entre l'Europe et l'Amérique latine dans ce terrain d'hybridation de la "diversité culturelle" ? Nous analyserons d'une part, les politiques culturelles internationales qui facilitent la co-production de ces "nouveaux cinémas", telles les programmes de subventions créés par des festivals de cinéma européens ; d'autre part, les problématiques communes aux films qui évoquent des tendances idéologiques en accord avec celles des pays subventionnaires.

Pablo CERDA ADARO : Ethnologie et cinéma. Individualisation identitaire pour un partage culturel entre l'Europe et l'Amérique du sud
Dans la perspective partagée d'un intérêt culturel renouvelé mais toujours performant, qui accroisse le flux de diversité et qui s'oppose à la distanciation socio-émotionnelle et culturelle qu'on nous présente comme la réalité, il est indispensable de creuser la question de l'interlocuteur ; la simple classification par continent est devenue insuffisante. Chaque territoire-pays possède un esprit moteur qui le guide et qui, à son tour, nourrit l'esprit local grâce auquel les films se construisent. Le territoire définit la manière de vivre et, par là-même, la façon de créer. Partager l'expérience du processus créatif lié à un cinéma low-cost, tel qu'il se fait de l'autre côté de l'Atlantique et particulièrement au Chili, pays de cordillère, de mer et dont l'histoire est récente, ouvre une perspective sur l'individualisation sud-américaine, où chaque peuple-nation assume et projette son historiographie collective qui se connecte à son devenir et définit son travail artistique. Tel est le point d'inflexion vers une reconnaissance identitaire, fondement préalable à un partage culturel post-2020.

Pablo Cerda Adaro, San Antonio, Chili. Acteur, réalisateur, producteur, ex-danseur et pratiquant d'arts martiaux. Il a étudié la scénaristique à l'université autonome de Madrid. Impliqué depuis 18 ans dans l'industrie audiovisuelle chilienne, il a contribué comme acteur, scénariste, réalisateur et producteur à divers projets de cinéma, télévision et plateformes. Engagé dans un cinéma low-cost, Nashville, New York et le Chili ont servi de lieux de tournage pour mettre en œuvre ces idées qui, aujourd'hui, le positionnent comme l'un des acteurs-réalisateurs les plus en vue d'Amérique du sud.

Pablo CERDA ADARO : Etnología y cine "Individualización identitaria para la comunión cultural entre Europa y América del Sur"
Para converger en un interés cultural renovado y siempre competente, que incremente el flujo de diversidad y haga frente al distanciamiento socioemocional y cultural que se nos presenta como realidad, se hace necesario profundizar hoy en el interlocutor ; la simple catalogación continental se ha vuelto insuficiente. Cada territorio-país posee un espíritu motor que lo guía, el cual alimenta la psiquis local de donde provienen las películas. El territorio define la manera de vivir y así mismo el modo de crear. Compartir la experiencia del proceso creativo ligado a un cine de bajo presupuesto del otro lado del Atlántico y particularmente en Chile, un país de cordillera, mar e historia reciente, asoma como ventana hacia una individualización sudamericana, donde cada pueblo-nación asume y proyecta esa historiografía colectiva que se entrama con su devenir y define su conducta en el arte. Un punto de inflexión hacia un reconocimiento identitario, base previa para la comunión cultural que se replantea post 2020.

Pablo Cerda Adaro, San Antonio, Chile. 1980. Actor, realizador, productor, ex bailarín y artista marcial. Estudió guion cinematográfico en la U. Autónoma de Madrid. Con 18 años en la industria audiovisual chilena, ha participado como actor, guionista, director y productor en variados proyectos de cine, tv & plataformas. Ligado en gestión a un cine de bajo presupuesto, Nashville, New York & y Chile han servido de locación para estas ideas que lo posicionan hoy como uno de los actores-directores más destacados en la zona sur de América.

Stéphanie DECANTE : La bibliodiversité promue par l'Alliance Internationale des Éditeurs Indépendants et son impact sur la circulation de la littérature latino-américaine en France
Dans un contexte de concentration de l'activité éditoriale et de globalisation des flux de circulation des biens culturels, il s'agira ici de mettre en évidence les enjeux de la création de l'Alliance Internationale des Éditeurs Indépendants. Nous ferons ressortir la participation active des éditeurs hispano-américains dans la constitution de cette alliance et dans la promotion de la notion de bibliodiversité. Nous évaluerons enfin son impact sur la circulation de la littérature latino-américaine en France depuis le début des années 2000.

Ancienne élève de l'École Normale Supérieure, Stéphanie Decante est maîtresse de conférences en littérature hispano-américaine à l'université Paris Nanterre, spécialiste de critique littéraire, réception et études de genre. Elle participe activement au réseau MEDETLAT (Médiation éditoriale de la littérature latino-américaine en France) et a récemment dirigé l'ouvrage collectif Literatura chilena contemporánea (Mapocho, n°88, Ed. Biblioteca Nacional de Chile, 2021).

José Luis de DIEGO : Littérature française / littérature argentine : un échange inégal
Mon travail se centre sur la relation entre la littérature française intraduite en espagnol (et sa diffusion en Argentine) ; et sur la littérature argentine extraduite en français. Dans une première partie, je reviendrai brièvement sur les antécédents de cette relation ; dans une deuxième, plus descriptive (collecte de données), j’examinerai la période 2000-2020 ; dans la dernière, mon analyse portera sur les processus, les tendances et les acteurs.

José Luis de DIEGO : Literatura francesa / literatura argentina : un intercambio desigual
El trabajo focaliza en la relación entre la literatura francesa intraducida hacia el español (y su difusión en Argentina) ; y en la literatura argentina extraducida hacia el francés. En un primer momento se reseñan brevemente los antecedentes de esa relación ; en un segundo momento, de carácter descriptivo (relevamiento de datos), se recorta el período 2000-2020, y se cierra con un tercer momento analítico (procesos, tendencias, actores).

Doctor en Letras y Profesor de Introducción a la Literatura y Teoría Literaria II de la Universidad Nacional de La Plata, Argentina.
Ha publicado
"¿Quién de nosotros escribirá el Facundo?" Intelectuales y escritores en Argentina (1970-1986).
Editores y políticas editoriales en Argentina (1880-2010).
La otra cara de Jano. Una mirada crítica sobre el libro y la edición.
Los autores no escriben libros. Nuevos aportes a la historia de la edición.
Dirige Orbis Tertius, revista académica del Centro de Teoría y Crítica Literaria de la UNLP, y desde 2015 se desempeña como coordinador de la sección Argentina, y miembro del Comité Asesor en el portal "Editores y Editoriales Iberoamericanos (siglos XIX-XXI)" / EDI-RED (CSIC - Biblioteca Virtual Miguel de Cervantes).

Pietsie FEENSTRA : Un regard sur le monde : la "veduta filmique" de Fernando Solanas et de Patricio Guzmán
Dans mon intervention, je souhaite étudier la manière dont deux réalisateurs ont établi un lien constant entre la France et l'Amérique latine : le réalisateur argentin, Fernando Solanas (Buenos Aires 1936-Paris 2020) et Patricio Guzmán d'origine chilienne (né à Santiago en 1941). Leur manière de filmer l'Histoire récente leur a demandé un engagement personnel important. Justement le cinéma peut cartographier une vision sur le monde en filmant les paysages : Fernando Solanas l'illustre dans Le voyage (1992) par le déplacement du personnage principal qui traverse le continent d'Amérique latine en créant une cartographie de l'histoire par différentes visions sur le paysage, en mélangeant le passé et le présent, mais en n'ignorant jamais le poids du passé sur le présent. Patricio Guzmán a également mis en valeur l'importance du paysage, comme un "écran-mémoire", entre autres dans son documentaire La cordillère des songes (2019). Les deux réalisateurs ont vécu une période d'exil en France : Solanas pendant la dernière dictature militaire (1976-1983), et Guzmán a quitté son pays natal après le coup d'état militaire en 1973. Leur cinéma a été très bien reçu en France : de la part de la critique, du festival de Cannes, des universités (Guzmán, Docteur Honoris Causa de l'université de Bordeaux, 2019), de la part aussi de l'Unesco (Solanas, Délégue permanent de l'Argentine, 2020). Les réalisateurs sont des passeurs d'une vision mémorielle de leur pays. La question suivante sera traitée dans mon intervention : comment les deux réalisateurs ont pu créer un "écran-mémoire" des paysages, en proposant une "veduta-filmique", entre la France et l'Amérique latine ?

Pietsie Feenstra est Professeure des universités en Études Cinématographiques et Audiovisuelles à l'université de Paul Valéry 3 à Montpellier. Elle est co-responsable du Master Recherche Cinéma et Audiovisuel et co-coordinatrice des programmes anglophones pour les étudiants en cinéma. Ses recherches portent sur l'écriture cinématographique de l'Histoire et la mémoire des lieux (villes, paysages) : elle co-dirige le programme de recherche EMET (Écrans, Mémoires et Espaces transitoires), pour le laboratoire de recherche RIRRA 21.
Derniers ouvrages publiés (sélection)
La photo-mémoire des paysages-témoins en Europe (Pays-Bas, Espagne, Ex-Yougoslavie), Lille, Presses universitaires du Septentrion, coll. "Images et Sons", 2020.
Ciudades performativas. Prácticas artísticas y políticas de (des)memoria en Buenos Aires, Berlín y Madrid, avec Lorena Verzero (dir.), Buenos Aires, Edicion CLACSO, 2021.
Le Nouveau du Cinéma Argentin, avec Maria Luisa Ortega (dir.), Paris, Éditions Corlet, coll. "CinémAction", n°156, 2015.
Le cinéma espagnol : Histoire et culture, avec Vicente Sánchez-Biosca (dir.), Paris, Éditions Armand Colin, coll. "Cinéma", 2014.
New Mythological Figures in Spanish Cinema Dissident Bodies under Franco, Amsterdam, Amsterdam University Press, coll. "Film Culture in Transition", 2011.

Pura FERNÁNDEZ : Le réseau de papier : diplomatie, collectionnisme et colonialisme éditorial. France, Espagne et Amérique Latine au XIXe siècle
Dans l'architecture des liens entre la France et l'Amérique Latine, une fois achevés les processus d'indépendance, quelques acteurs se sont démarqués, sans lesquels il n'est pas possible de comprendre les cartes actuelles de circulation des biens culturels. Fruit de la nouvelle réalité géopolitique née de l'apparition des jeunes nations américaines, dans des villes comme Paris et Barcelone se sont mises en place des communautés transnationales d'éditeurs et d'écrivains qui, non seulement ont défini des imaginaires et de nouvelles formes de production et diffusion des connaissances, mais se sont aussi alliées avec les acteurs de la diplomatie en tant qu'agents de médiation dont les réseaux de pénétration néocoloniale étaient actifs. Cette communication analysera quelques études de cas d'éditeurs de revues et de livres étroitement liés à un programme d'extractivisme culturel adapté à l'échelle du nouvel impérialisme européen que la France du Second Empire avait inauguré. La consolidation d'une discipline naissante, l'américanisme, avec son discours "exotisant" sur la diversité du Nouveau Monde, fut l'un des piliers de ce circuit totalisateur qui anticipait la création de nouveaux réseaux de domination symbolique.

Pura Fernández, Docteure de l'université Autonome de Madrid, est directrice de recherches à l'Institut de Langue, Littérature et Anthropologie du Centre de Sciences Humaines et Sociales du CSIC (Madrid) dont elle a été la co-directrice de 2010 à 2012 et cheffe du Département de Littérature Espagnole entre 2002 et 2006. Elle est responsable de 9 projets de recherche financés (appels à projets officiels) et d'une Action Intégrée hispano-française sur Culture, Édition et Littérature dans la sphère hispanique (XIXe-XXIe siècles) / GICELAH du CSIC. Elle a à son actif 4 cycles de 6 ans en recherche et dirige le Réseau thématique d'Excellence Redes Transatlánticas: Prácticas Editoriales de la Re(d)pública Iberoamericana (FFI12015-71940-REDT), officiellement reconnu par le Ministère de l'Économie et de la Compétitivité espagnol. Elle est autrice, éditrice et co-éditrice de 13 livres et coordinatrice et éditrice de numéros monographiques de revues indexées telles que Ínsula, Revista de Estudios Hispánicos o Lectora. En outre, elle a publié près d'une centaine de travaux de recherche dans des volumes collectifs et des revues internationales en France, Italie, États-Unis, Allemagne, Pays-Bas, Angleterre, Argentine ou Egypte (Bulletin Hispanique, Journal of Spanish Culltural Studies, Studi Ispanici, Bulletin of Spanish Studies, Revista de Occidente, Asclepio. Revista de Historia de la Medicina, Quimera, Journal of the History of Sexuality, etc.).

Pura FERNÁNDEZ : El canal de papel : diplomacia, coleccionismo y colonialismo editorial. Francia, España y América Latina en el siglo XIX
En la arquitectura de los lazos entre Francia y América Latina, una vez consumados los procesos de independencia, destacaron algunos agentes sin los cuales no es posible entender los actuales mapas de circulación de los bienes culturales. Fruto de la nueva realidad geopolítica nacida de la aparición de las jóvenes naciones americanas, en ciudades como París y Barcelona se gestaron unas comunidades transnacionales de editores y escritores que no solo definieron imaginarios y nuevas formas de producción y difusión del conocimiento, sino que también se aliaron con los gestores de la diplomacia como agentes de mediación de efectivas redes de penetración neocolonial. Esta ponencia analizará algunos estudios de caso de editores de revistas y de libros estrechamente unidos a un programa de extractivismo cultural ajustado a la escala del nuevo imperialismo europeo ensayado por la Francia del II Imperio. La consolidación de una disciplina incipiente, el americanismo, con su discurso exotizante de la diversidad del Nuevo Mundo, fue uno de los pilares de este circuito totalizador que anticipaba la creación de nuevos canales de dominación simbólica.

Pura Fernández, Doctora por la Universidad Autónoma de Madrid, es Profesora de Investigación del Instituto de Lengua, Literatura y Antropología del Centro de Ciencias Humanas y Sociales del CSIC (Madrid), del que ha sido Vicedirectora entre 2010 y 2012 y jefe del Departamento de Literatura Española entre 2002 y 2006. Investigadora responsable de nueve Proyectos de Investigación de I+D+i, financiados en convocatorias oficiales competitivas, y de una Acción Integrada Hispano-Francesa, es la responsable del Grupo de Investigación sobre Cultura, Edición y Literatura en el Ámbito Hispánico (siglos XIX-XXI) GICELAH del CSIC. Cuenta en su haber con cuatro Sexenios de investigación y dirige la Red Temática de Excelencia Redes Transatlánticas : Prácticas Editoriales de la Re(d)pública Iberoamericana (FFI12015-71940-REDT), reconocida oficialmente por el Ministerio de Economía y Competitividad del Gobierno de España. Es autora, editora y co-editora de trece libros; y coordinadora y editora de números monográficos revistas indexadas como Ínsula, Revista de Estudios Hispánicos o Lectora; ademas ha publicado cerca de 100 trabajos de investigación en volúmenes colectivos y en revistas internacionales en Francia, Italia, EEUU, Alemania, Países Bajos, Inglaterra, Argentina o Egipto (Bulletin Hispanique, Journal of Spanish Culltural Studies, Studi Ispanici, Bulletin of Spanish Studies, Revista de Occidente, Asclepio. Revista de Historia de la Medicina, Quimera, Journal of the History of Sexuality, etc.).

Miguel FERNÁNDEZ LABAYEN : Les plateformes de vidéo à la demande (VOD) comme circuit cinématographique : les "Œuvres originales de Netflix" d'Espagne et d'Amérique Latine
Bien que la marque Netflix, comme plateforme globale de streaming, soit associée à la production et à la distribution de séries, l'entreprise, depuis 2015, a développé la production, l'achat et la distribution de longs-métrages qui, plus tard, sont présentés comme des "œuvres originales de Netflix". Le volume de ces "premières" a bondi de façon spectaculaire, au point que le service VOD a lancé 200 de ces titres sur la seule année 2020. Cette communication examine une partie spécifique du corpus des "Œuvres originales de Netflix", celle des films produits en espagnol, que dépasse seulement, en termes quantitatifs, le nombre de productions en anglais. Notre recherche soutient l'idée que la stratégie cumulative de Netflix sur le marché hispanophone est la tentative industrielle la plus récente de traiter l'Espagne et l'Amérique Latine comme un marché homogène, ce que Teresa Hoefoert de Turégano avait appelé en son temps une "hypothétique hispanophonie" (2004), et qui s'est traduit, antérieurement, par de nombreux contrats de co-production et des programmes institutionnels tels que ceux d'Ibermedia et de bien d'autres. En examinant la tentative spécifique de Netflix de favoriser cette communauté transnationale, notre communication analyse les tendances existantes sous le concept d'"œuvre originale", en incluant celles qui font écho au thème de la mobilité qui, sans aller plus loin, était déjà la marque des films produits sous les auspices de l'"hispanophonie". Par ailleurs, notre travail met aussi en lumière les relations textuelles et intertextuelles entre les films hispaniques de Netflix et la production et distribution de séries de Netflix sur les mêmes marchés. Enfin, notre communication fait le constat du déséquilibre entre l'accent que met Netflix sur les films espagnols et leur promotion en Amérique Latine face à la présence plus modeste d'"œuvres originales" latino-américaines en Espagne et en Europe. Notre travail se conclut sur une mise en garde quant au rôle des plateformes de VOD dans les dynamiques industrielles globales et quant à la nécessité d'examiner aussi bien qualitativement que du point de vue de l'historiographie leur façon de faire, dès lors qu'elles perpétuent des pratiques économiques et culturelles déjà existantes.

Miguel FERNÁNDEZ LABAYEN : Las plataformas de video bajo demanda como circuito cinematográfico : los "Originales de Netflix" de España y Latinoamérica
Si bien la marca Netflix como plataforma de streaming global se suele vincular con su producción y distribución de series, desde 2015 la empresa ha incrementado la producción, la compra y la distribución de largometrajes que posteriormente son presentados como "Originales de Netflix". El volumen de estos estrenos ha aumentado espectacularmente, hasta el punto que el servicio de vídeo bajo demanda lanzará casi 200 de estos títulos sólo en 2020. Esta comunicación examina una línea específica del corpus de "Originales de Netflix" : nos referimos a sus películas producidas en español, un cuerpo de filmes sólo superado por el número de producciones en inglés en términos cuantitativos. Nuestra investigación argumenta que la estrategia acumulativa de Netflix en el mercado hispanohablante es el último intento industrial de tratar a España y Latinoamérica como un mercado cohesionado, lo que Teresa Hoefoert de Turégano denominó en su momento como "hipotética hispanofonía" (2004), como forma de trabajar sobre tradiciones e intentos industriales e institucionales tales como Ibermedia y otros. Al examinar el intento de explotar esa comunidad transnacional por parte de Netflix, la ponencia estudia las tendencias existentes bajo el concepto del "original", incluyendo como aspecto notable toda una serie de narraciones que trabajan sobre la movilidad de los personajes, algo ya presente en el cine clásico latinoamericano, sin ir más lejos. Por otro lado, nuestro trabajo también ilumina las relaciones textuales e intertextuales entre las películas hispánicas de Netflix y la producción y distribución de series de Netflix en esos mismos mercados. Por último, la comunicación constata el desequilibrio entre el énfasis de Netflix en las películas españolas y su promoción en Latinoamérica frente a la parca presencia de "originales" latinoamericanos en España y Europa. Nuestra intervención concluye con una llamada de atención sobre el rol de las plataformas de vídeo bajo demanda en las dinámicas industriales globales y sobre la necesidad de examinar cualitativamente e historiográficamente sus comportamientos como continuidad de prácticas económicas y culturales preexistentes.

Miguel Fernández Labayen es profesor titular del departamento de Comunicación de la Universidad Carlos III de Madrid y miembro del grupo de investigación Tecmerin. Es uno de los dos investigadores principales del proyecto de investigación del proyecto de investigación "Cartografías del Cine de Movilidad en el Atlántico Hispánico" (CSO2017-85290-P), financiado por FEDER y el Ministerio de Ciencia e Innovación del Gobierno de España.

Eva-Rosa FERRAND VERDEJO : "CinemaChile, making Chilean films global" : l'internationalisation du cinéma chilien comme outil de développement de l'industrie cinématographique
L'industrie cinématographique chilienne est encore relativement jeune et, donc, assez précaire. Pour survivre, cette industrie se construit sur une relation de coopération avec des pays qui disposent d'une industrie plus stable. Cette coopération est le résultat d'une politique de soutien aux co-productions internationales, menée tant par l'État que par des institutions privées. Ainsi, CinemaChile œuvre exclusivement à l'internationalisation de toutes les œuvres audiovisuelles produites au Chili. En facilitant la participation des films chiliens aux festivals étrangers et en les rendant attractifs aux marchés étrangers, CinemaChile prétend contribuer au développement de l'industrie nationale et à sa professionnalisation. Dans ce travail nous présenterons CinemaChile, et nous verrons en quelle mesure la coopération internationale est considérée comme une clé pour le développement de l'industrie, tout en montrant les limites d'une telle conception.

Eva-Rosa Ferrand Verdejo est doctorante contractuelle en cotutelle aux universités de CY Cergy-Paris (France) et Warwick (Royaume-Uni). Son travail porte sur la génération de cinéastes chiliens nés pendant la dictature de Pinochet et, plus particulièrement, sur leur relation au trauma collectif qu'a connu le pays de 1973 à 1990 — ce qui implique des questions de production et de distribution. Elle est co-autrice de l'ouvrage Guzmán, El Botón de Nácar, publié aux Éditions Atlande en 2020.

Ana GALLEGO CUIÑAS : La valeur des festivals littéraires au XXIe siècle : le cas du festival "Paris ne finit jamais"
Les festivals littéraires jouent un rôle important dans la construction de la valeur de la littérature latino-américaine au XXIe siècle, bien qu'ils n'aient guère été étudiés dans le domaine de l'hispanisme. Depuis l'impact de la mondialisation et du développement néolibéral sur l'industrie créative, les festivals de littérature se sont non seulement répandus d'un côté et de l'autre de l'Atlantique, mais mènent également un processus de sélection et de légitimation publique de certaines figures, genres, thèmes et l'esthétique qui a un effet sur la conformation du goût et sur le nouvel agenda des valeurs littéraires, au point qu'il a déplacé les instances de médiation hégémonique, traditionnellement associées aux distinctions et académies appartenant à l'État. Avec cet horizon, je présenterai dans cet ouvrage une analyse qualitative (avec des instruments de critique littéraire et de théorie culturelle) et quantitative (avec des techniques sociologiques) du programme du Festival de littérature latino-américaine "Paris ne finit jamais", réalisé en 2020 de manière virtuelle, qui a eu un succès et un impact notables dans le domaine culturel de l'hispanisme.

Ana Gallego Cuiñas est professeure titulaire au Département de littérature espagnole de l'université de Grenade. Docteur et BA en philologie hispanique et BA en anthropologie sociale et culturelle de l'université de Grenade, elle a fait partie du prestigieux programme "Ramón y Cajal" et a été chercheuse invitée à l'université de Californie à Los Angeles, Princeton, Paris-Sorbonne, Université de Buenos Aires et Yale. Elle a donné plusieurs conférences internationales et a été professeure invitée aux États-Unis, en France, en Argentine, au Pérou et en Espagne. Ses publications, parues dans plusieurs magazines internationales, portent sur la littérature dominicaine, le récit contemporain du Rio de la Plata, sur l'écriture autobiographique, sur les études transatlantiques de la littérature, sur le féminisme, sur le marché de l'édition et la relation entre littérature et économie. Ses derniers livres sont: Ricardo Piglia et la littérature mondiale (2019), Les romans argentins du XXIe siècle. Nouveaux modes de production, de diffusion et de réception (2019). Elle est actuellement chercheuse principale du projet LETRAL sur la politique et l'esthétique commune et dissidente, du projet et de la plateforme ECOEDIT sur les éditeurs indépendants en langue espagnole et du projet FEMENEDIT sur les éditrices ibéro-américaines au XXIe siècle. Elle est également Vice-Doyenne de la Culture et de la Recherche de la Faculté de Philosophie et Lettres de l'université de Grenade.

Ana GALLEGO CUIÑAS : El valor de los festivales literarios en el siglo XXI : el caso del festival "Paris ne finit jamais"
Los festivales literarios cumplen un papel sustancial en la construcción del valor de la literatura latinoamericana en el siglo XXI, aunque apenas hayan sido estudiados en el campo del hispanismo. Desde el impacto de la globalización y el desarrollo neoliberal en la industria creativa, los festivales de literatura no solo han ido prodigándose a un lado y otro del Atlántico, sino que están llevando a cabo un proceso de selección y legitimación pública de determinadas figuras, géneros, temáticas y estéticas que tiene efecto en la conformación del gusto y en la nueva agenda de valores literarios ; hasta el punto que ha desplazado a instancias de mediación hegemónicas, tradicionalmente asociadas a premios y academias que pertenecían al Estado. Con este horizonte, expondré en este trabajo un análisis cualitativo (con instrumentos de la crítica literaria y la teoría cultural) y cuantitativo (con técnicas sociológicas) del programa del Festival de Literatura Hispanoamericana "Paris ne finit jamais", realizado en 2020 de forma virtual ; que tuvo un notable éxito e impacto en el campo cultural del hispanismo.

Ana Gallego Cuiñas es Profesora titular en el Departamento de Literatura española de la Universidad de Granada. Doctora y Licenciada en Filología Hispánica y licenciada en Antropología Social y Cultural por la Universidad de Granada, ha sido contratada del prestigioso programa "Ramón y Cajal" e investigadora visitante en la Universidad de California Los Ángeles, Princeton, Paris-Sorbonne, Universidad de Buenos Aires y Yale. Ha dictado múltiples conferencias internacionales y ha sido profesora invitada en EEUU, Francia, Argentina, Perú y España. Sus publicaciones han aparecido en editoriales y revistas de reconocido prestigio internacional sobre temas dominicanos, narrativa rioplatense contemporánea, escritura autobiográfica, estudios transatlánticos de literatura, feminismo, mercado editorial y acerca de la relación entre literatura y economía. Sus últimos libros son : Otros. Ricardo Piglia y la literatura mundial (2019), Las novelas argentinas del siglo 21. Nuevos modos de producción, circulación y recepción (2019). En la actualidad es la Investigadora Principal del Proyecto LETRAL sobre Políticas de lo Común y Estéticas Disidentes, del Proyecto y plataforma ECOEDIT sobre editoriales independientes en lengua castellana y del Proyecto FEMENEDIT sobre mujeres editoras iberoamericanas en el siglo XXI. También es Vicedecana de Cultura e Investigación de la Facultad de Filosofía y Letras de la Universidad de Granada.

Magali KABOUS : Lieu commun ? La Havane dans le cinéma distribué en France. Stéréotypes resémantisés pour dessiner une capitale
Nous nous proposons dans cette communication de nous interroger sur l'identification et la réception de stéréotypes dans certaines fictions latino-américaines distribuées en France ces vingt dernières années. La question est évidemment marquée par une forte subjectivité et est très fluctuante selon le pays de production et le pays qui reçoit le film. Les films peuvent véhiculer une vision considérée comme fantasmée ou idéalisée qui enfermerait le pays dans un cliché éculé. À l'inverse, lors de l'exhibition sur le marché international, stratégiquement ou involontairement, certains films proposent au spectateur étranger des éléments de reconnaissance qui facilitent l'adhésion. Cette question implique différents acteurs et réalités : le cinéaste, son contexte de production, les réseaux de distribution, les publics festivaliers ou en salle, les critiques.

Après avoir soutenu à Toulouse 2 le Mirail une thèse de doctorat en "Études sur l'Amérique latine", Magali Kabous a obtenu en 2008 un poste de Maîtresse de Conférences à l'université Lyon 2. Ses recherches portent sur le cinéma latino-américain, en particulier le cinéma indépendant cubain et les relations entre artistes et institutions. Elle collabore avec différents festivals et salles de cinéma en France et à l'étranger.
Derniers articles publiés ou interventions
"El otro festival – La Muestra joven en La Habana (2000-2020?)", Coloquio internacional de Cine iberoamericano contemporáneo, Cartagena de Indias, 2020.
"Nicanor O'Donnell, révélateur cinématographique des travers de la société cubaine", Dossier Humour et politique, Atlante. Revue d'Études Romanes, n°13, 2020, p. 330-349.
"¿Cómo entender el sistema de financiación del cine cubano y no morir en el intento?", Archivos de la filmoteca, "América Latina/España/Europa. Ayudas institucionales y coproducción cinematográfica desde 1990", Valencia, abril 2019, n°76, pp. 111-123.
Dernier ouvrage publié
Avec I. Del Valle Dávila et E.-R. Ferrand Verdejo, Guzmán. El botón de nácar, Atlande, 2020.

Gabriela LÁZARO : Réception et traduction de la poésie concrète brésilienne en France : poésie inédite ou absorbée par les courants littéraires de l'époque ?
La poésie concrète en France a souvent été présentée comme une manifestation nouvelle dans le sillage des révolutions poétiques d'avant-garde telles que le lettrisme ou la poésie sonore. En même temps, elle a aussi été absorbée par des courants tels que le structuralisme ou le pop art. Dans cette communication, nous réfléchirons sur la circulation et la réception critique du groupe brésilien Noigandres (1953) en France : comment cette poésie "supranationale" a-t-elle été adaptée aux différentes lignes éditoriales françaises ? Comment la critique a-t-elle perçu l'évolution progressive de la poésie concrète vers le numérique ? Nous nous appuierons sur les premières contributions du groupe dans les magazines littéraires français entre les années 1960 et la fin des années 1980.

Gabriela Lázaro, doctorante en Études Hispaniques à CY Cergy Paris Université sous la direction de Gustavo Guerrero, fait également partie du projet The Online Critical Compendium of Lyric Poetry (Programme Sinergia Fonds National Suisse de la Recherche Scientifique). Sa thèse vise à étudier le lyrisme et l'intermédialité dans la poésie latino-américaine contemporaine.

Maria LUNA-RASSA : Sud à la demande : Explorations décoloniales et nouvelles circulations dans le cinéma colombien
La professionnalisation de collectifs de cinéma issus des communautés indigènes en Colombie s'ouvre tout autant sur une perspective décoloniale que sur un examen de la nécessaire négociation avec les mécanismes digitaux de circulation de contenus en ligne. Cette communication explore l'espace qu'occupe la distribution dans le cinéma réalisé par des collectifs et des communautés dans le champ des mobilités transnationales dans lequel naît et se développe ce que l'on appelle le "nouveau cinéma colombien". Dans le contexte d'un cinéma marginal cosmopolite dans lequel la co-production européenne et la projection dans des festivals internationaux ont été un acteur central sur les scènes du sud global, les pratiques de circulation du cinéma indigène permettent d'évaluer de façon critique les exclusions de ce système et la nécessité de considérer d'autres configurations de mobilité audio-visuelle.

Maria LUNA-RASSA : Sur on Demand : Exploraciones decoloniales y nuevas circulaciones en el cine colombiano
La profesionalización de colectivos de cine de comunidades indígenas en Colombia se abre tanto a una perspectiva decolonial como a un examen de la necesaria negociación con los mecanismos digitales de circulación de contenido online. Esta presentación explora el lugar que ocupa la distribución en el cine realizado por colectivos y comunidades dentro del campo de movilidades transnacionales en el que surge y se desarrolla el llamado "nuevo cine colombiano". En el contexto de un cine de márgenes cosmopolitas en el que la co-producción europea y la exhibición en festivales internacionales han sido un actor central entre los escenarios del sur global, las prácticas de circulación del cine indígena permiten evaluar de forma crítica las exclusiones de este sistema y la necesidad de contemplar otras configuraciones de movilidad audiovisual.

Maria Luna. Profesora asociada de TecnoCampus y UOC (Universitat Oberta de Catalunya). Es investigadora del grupo Narrativas de la Resistencia, miembro de ALADOS (Corporación colombiana de documentalistas) y co-editora junto a Pablo Mora y Daniela Samper del libro Territorio y memoria sin fronteras, nuevas estrategias para pensar lo real.

Manuel MACERA FUMIS : Julio Cortázar en France : traduction et édition de son conte Casa tomada
Le célèbre conte Casa tomada (1946) de Julio Cortázar a été traduit en France par sa traductrice habituelle, Laure Bataillon, et publié chez Gallimard en 1968 sous le titre de Maison occupée. Mais cette traduction française de ce récit n'a pas été la première : dans les années 1950, le traducteur amateur Jean Barnabé avait déjà traduit pour la première fois ce texte. Or, sa traduction est restée inédite suite au refus de l'éditeur Roger Caillois. Nous allons reconstituer, dans un premier temps, cette collaboration frustrée entre Cortázar et Barnabé et tenter d'analyser ensuite les stratégies éditoriales en vertu desquelles l'une des traductions a été acceptée et l'autre refusée. Nous nous intéresserons ici à la façon dont Caillois essaie de faire rentrer Cortázar dans le marché littéraire français, comme il était en train de le faire, à l'époque, avec Borges. Cela nous permettra de réfléchir aux limites de la compréhension entre l'Amérique latine et la France. Et, dans un dernier temps, nous allons faire une lecture comparative des deux traductions qui aura pour objectif de retracer l'idéologie qu'elles véhiculent.

Manuel Macera Fumis est doctorant en études hispanophones à l'ED AHSS au sein de CY Cergy Paris Université depuis octobre 2020, sous la direction de Gustavo Guerrero et en co-direction avec Julio Premat (Université Paris 8). Le titre provisoire de sa thèse est "Julio Cortázar en France. Construction d'image d'auteur, traduction, réception et édition de son œuvre entre 1951 et 1984". Ses axes de recherche sont : littérature argentine, traductologie, édition, études de réception, image d'auteur, rapports Amérique latine-France.

Manuel MACERA FUMIS : Traduciendo los cuentos de Cortázar en Francia
El famoso cuento Casa tomada (1946) de Julio Cortázar fue traducido en Francia por su traductora fetiche, Laure Bataillon, y publicado en la editorial Gallimard en 1968 con el título de Maison occupée. Pero ésta no fue la primera traducción al francés de este relato : en los años 50 el traductor amateur Jean Barnabé tradujo por primera vez este texto, aunque su traducción nunca fue publicada por la negativa del editor Roger Caillois. En un primer momento reconstituiremos esta colaboración frustrada entre Cortázar y Barnabé y a continuación analizaremos las estrategias editoriales por las cuales se tomó la decisión de aceptar una traducción y rechazar la otra. En este apartado nos centraremos en la forma en la que Caillois intenta que Cortázar integre el mercado literario francés, como estaba haciendo, en esa época, con Borges. Esto nos permitirá reflexionar sobre los límites de la comprensión entre América Latina y Francia. Y, por último, procederemos a hacer una lectura comparativa de las dos traducciones con el objetivo de indagar en la ideología que vehiculan.

Sophia McCLENNEN : L'économie de la diversité culturelle : analyse du rôle de la France dans la distribution du cinéma latino-américain
La diversité culturelle a longtemps été utilisée comme un argument pour contrer une tendance à concevoir les films comme de simples marchandises. Depuis le plaidoyer français en faveur d'une exception culturelle, au moment des accords du GATT de 1993, le cinéma a été enfermé dans un paradigme binaire entre bien culturel et bien de consommation. Ces concepts se sont affermis dans la Convention de l'UNESCO portant sur la Protection et la Promotion de la Diversité des Expressions Culturelles (2005). Cette communication soutient cependant que le dilemme entre marchandise et bien culturel, en répondant à une finalité politique, ne résiste pas à un examen minutieux des politiques cinématographiques qui, de façon ostensible, sont animées du désir de protéger la culture mais qui, souvent, dans le même temps, sont conçues pour protéger des marchés de produits cinématographiques. En analysant des exemples du rôle que la France a joué dans la distribution du cinéma latino-américain, cette communication suggère que nous avons besoin d'un cadre plus nuancé pour comprendre les marchés du cinéma à l'ère de la globalisation.

Sophia McCLENNEN : The Economics of Cultural Diversity : Analyzing the Role of France in Distributing Latin American Cinema
Cultural diversity of cinema has long been held out as a counter to understanding films as simply commodities. Ever since the French arguments for a cultural exception during the GATT agreements of 1993, cinema has been understood in a binary paradigm divided between culture and commodity. These concepts held steady in the 2005 UNESCO Convention on the Protection and Promotion of the Diversity of Cultural Expressions (2005). This paper argues, however, that the binary between commodity and culture, while serving a political end, does not hold up to scrutiny since film policies that ostensibly derive from a desire to protect culture are often, also designed to protect markets for cinematic commodities. Analyzing examples of the role that France has played in distributing Latn american cinema, this paper suggests that we need a more nuanced framework for understanding the cinema markets in the global era.

Marina MOGUILLANSKY : Les coproductions entre la France et l'Amérique Latine
Dans cette communication, j'analyserai l'évolution des coproductions entre France et pays d'Amérique Latine dans la période qui va de 1995 à 2015, deux décennies marquées par l'augmentation de la coopération et du développement des coproductions entre les pays d'Amérique Latine, avec une participation remarquable de l'État français. En premier lieu, j'analyserai l'évolution dans le temps de l'association entre la France et l'Amérique Latine, afin de montrer l'accroissement des coproductions et la consolidation de certaines associations privilégiées entre les professionnels du cinéma des deux continents ; ensuite, j'identifierai les pays d'Amérique Latine qui se sont associés le plus fréquemment avec la France pour coproduire ; enfin, je présenterai un panorama des principales thématiques et esthétiques, parmi une sélection de coproductions, en choisissant celles qui ont eu la plus grande circulation ou un fort impact critique ou encore qui ont été primées. Cette analyse nous permettra une approche des coproductions franco-latino-américaines, une meilleure caractérisation des sources de financement utilisées et un premier bilan des films ainsi réalisés.

Marina MOGUILLANSKY : Las coproducciones entre Francia y países latinoamericanos
En esta presentación analizaré la evolución de las coproducciones entre Francia y países latinoamericanos en el período que va desde 1995 hasta 2015, abarcando dos décadas signadas por el aumento de la cooperación y del fomento de las coproducciones entre países latinoamericanos, con una participación destacada del Estado francés. En primer lugar, analizaré la evolución en el tiempo de la asociación franco-latinoamericana, a los fines de mostrar el incremento de las coproducciones y la consolidación de ciertas asociaciones preferenciales entre profesionales del campo cinematográfico de ambos países ; en segundo lugar, identificaré a los países de América Latina que se asociaron con más frecuencia con Francia para coproducir ; por último, presentaré un panorama de las principales temáticas y estéticas de una selección de las coproducciones, eligiendo las que tuvieron una mayor circulación, impacto crítico o premiaciones. Este análisis nos permitirá un acercamiento a las coproducciones franco-latinoamericanas, una mejor caracterización de las fuentes de financiamiento utilizadas y un primer balance de los films así realizados.

Gesine MÜLLER : Historias transnacionales del libro y el debate sobre la literatura mundial : literaturas caribeñas en Francia y Alemania
Les débats en sciences de la culture sur le concept de littérature mondiale (Weltliteratur), qui ont connu un regain d'intensité ces vingt dernières années, sont étroitement liés aux questions transnationales des échanges dans un monde polycentrique. J'esquisserai brièvement cette problématique avant de m'arrêter plus longuement sur les nouvelles perspectives dans la distribution et la réception des littératures caribéennes en France et en Allemagne. L'enjeu est en particulier de mettre en parallèle le champ de tension conceptuel fécond des différents concepts de littérature mondiale avec les mécanismes de sélection pratiqués par les grandes maisons d'édition internationales.

Gesine Müller est professeure de philologie romane à l'université de Cologne ; elle dirige un groupe de recherche dans le cadre du ERC Consolidator Grant ("Reading Global"). Ses activités de recherches portent sur les littératures latino-américaines et caribéennes, le romantisme en France, les processus du transfert.
Publication récente
Wie wird Weltliteratur gemacht ? Globale Zirkulationen lateinamerikanischer Literaturen, De Gruyter, 2020.

Florence OLIVIER : Étonnants Latino-américains : Bolaño, Volpi, Bellatin, en VF pour la littérature comparée
Illustrant des tendances de la littérature de l'extrême contemporain à travers les stratégies et les enjeux de leurs poétiques romanesques, Bolaño, Volpi, Bellatin et Mallard les saisissent ou les produisent à l'échelle de la littérature dite "mondiale" depuis l'aire culturelle hispanique et plus précisément latino-américaine. Comment certaines de leurs œuvres, qui créent des fictions d'auteurs japonais, français, allemand, autrichien, ou qui mettent en fable l'asymétrie des transferts culturels entre penseurs français et intellectuels mexicains, interrogent-elles par ces choix fictionnels la notion de diversité culturelle latino-américaine tout autant que le crypto-eurocentrisme de la littérature "mondiale"? De telles entreprises fictionnelles abordent ces questions de biais, ou élaborent à leur propos de la critique et de la théorie littéraires amusantes. Écrites en espagnol mais postulant l'usage d'autres langues dans leurs univers fictionnels, lues en version française à l'échelle de la littérature "mondiale" dans le domaine de la Littérature Comparée, elles demeurent, malgré ou grâce à ces "défamiliarisations", exemplaires de cette position latino-américaine à l'égard de la tradition dont Borges indiquait naguère le Sud aux écrivains argentins.

Florence Olivier enseigne la Littérature Comparée à l'université Sorbonne Nouvelle. Spécialiste en littérature latino-américaine et traductrice, elle est l'auteur de Carlos Fuentes ou l'imagination de l'autre, Aden, Londres, (2009) et de Sous le roman, la poésie. Le défi de Roberto Bolaño, Hermann (2016). Elle a codirigé avec Françoise Moulin-Civil et Teresa Orecchia-Havas La littérature latino-américaine au seuil du XXIe siècle, Aden, Londres, 2012, volume issu d'un colloque de Cerisy. Elle codirige la revue América-Cahiers du Criccal publiée par les Presses de la Sorbonne Nouvelle.

Gloria PINEDA-MONCADA : Coproduction et décollage de l'industrie cinématographique colombienne. Le rôle joué par la France dans la consolidation, en Colombie, d'un modèle de production cinématographique promouvant la diversité culturelle : le cinéma d'auteur
Le cinéma d'auteur — né en France dans les années 1950 avec la politique des auteurs — a pris au fur et à mesure de l'ampleur en Colombie à tel point qu'il est devenu le type de cinéma qui a le plus développé l'industrie nationale dans ces dernières décennies. Dans ce contexte, la France est devenue le coproducteur par excellence de toute une nouvelle génération de réalisateurs colombiens intéressée par la production d'un cinéma artistique et divers. Dans cette communication nous nous intéressons donc au rôle joué par l'Hexagone dans le décollage de l'industrie cinématographique colombienne entre les années 1998 et 2012. S'agit-il d'un processus émergeant d'"hégémonie culturelle" dans lequel, sous une optique universaliste, la France établit des alliances avec d'autres pays, dont la Colombie, pour préserver la diversité culturelle face aux logiques de la mondialisation et à la suprématie commerciale de Hollywood? Pour répondre à cette question, nous proposons d'analyser le discours des institutions et des acteurs sociaux qui ont participé au développement de l'industrie cinématographique colombienne et à la configuration des politiques culturelles en France et en Colombie centrées sur la diversité culturelle.

Gloria Pineda-Moncada est doctorante en sciences de l'information et de la communication à l'université Toulouse III - Paul Sabatier au sein du laboratoire LERASS et titulaire d'un Master en Études cinématographiques de l'université Paris Diderot - Paris 7. Depuis 2015, ses travaux, et notamment sa thèse, portent sur la coproduction cinématographique entre la France et la Colombie et les relations de pouvoir que sous-entend cette pratique. Auteure de l'ouvrage Cinéma politique colombien : les formes de représentation d'une idéologie de dissidence (1966-1976) ainsi que d'autres articles scientifiques concernant le cinéma d'auteur colombien contemporain.

Amanda RUEDA : Cinémas transnationaux d'Amérique latine : entre rapports asymétriques et tentatives discursives décoloniales
La fiction cinématographique contemporaine en Amérique latine interroge fortement les processus de création à l'œuvre dans le circuit festivalier international et qui sont associés à l'émergence d'une territorialité transnationale. Les dynamiques de production et de circulation de ces films dessinent une situation interculturelle complexe traversée par le principe de défense de la diversité culturelle, prégnant aussi bien dans le discours des responsables des festivals que dans celui des institutions publiques et des producteurs. À partir de la notion de cosmopolitique proposée par Ulrick Beck, nous tentons d'appréhender la complexité d'une expérience de l'entre-deux des cinéastes en termes de la promotion de leurs ressources dans le cadre d'une opération qui pourrait être qualifiée de "décoloniale".

Amanda Rueda est MCF en Sciences de l'information et de la communication à l'université Toulouse 2 Jean Jaurès.
Derniéres publications
L'Amérique latine en France. Festivals de cinéma et territoires imaginaires, PUM, 2018.
"Plataformas profesionales de festivales. Nuevas condiciones de la internationalización de los cines de América Latina", Archivos de la filmoteca, n°77, octobre 2019, p. 71-91.
"Festival et marché : le rôle du festival Cinélatino de Toulouse dans l'industrie du "cinéma d'auteur"", Entrelacs [En ligne], 2018.

Ignacio SÁNCHEZ PRADO : Les limites du transnationalisme. Le cinéma mexicain et la division du travail cinématographique
Le transnationalisme a émergé de facto comme un modèle de production et de circulation qui décentre les cinémas latinoaméricains de leur propre territorialité, favorisant ainsi des structures globales de production et circulation. Cette communication questionne les conséquences esthétiques et culturelles de ce phénomène sur les cinémas nationaux. Malgré l'évidente qualité du cinéma transnational contemporain, un grand nombre de ces modèles impliquent le prélèvement de ressources culturelles, techniques et économiques des productions cinématographiques nationales fortement financées par de l'argent public au bénéfice d'organismes transnationaux. Ma réflexion s’appuiera en particulier sur le cinéma mexicain contemporain.

Ignacio SÁNCHEZ PRADO : Los límites del transnacionalismo. El cine mexicano y la división del trabajo cinematográfico
El transnacionalismo ha emergido de facto como un modelo de producción y circulación que descentra a los cines latinoamericanos de su territorialización latinoamericana, permitiendo estructuras globales de producción y circulación. Esta ponencia plantea una reflexión sobre las consecuencias estéticas y culturales sobre los cines nacionales. A pesar de la indudable calidad del cine transnacional contemporáneo, muchos de estos modelos implican la extracción de recursos culturales, técnicos y económicos de cinematografías nacionales fuertemente financiadas con dinero público para el beneficio de corporaciones transnacionales. La ponencia utilizará en particular al cine mejicano contemporáneo para esta reflexión.

Christilla VASSEROT : Dramaturgies nomades
Le théâtre n'a pas attendu la pandémie et la fermeture des salles de spectacle pour s'approprier des espaces de jeu non conventionnels. Après s'être émancipées du texte, du moins partiellement, certaines dramaturgies contemporaines sont également parties en quête de nouvelles scènes. Ce théâtre se loge désormais ailleurs que dans le livre, la salle de théâtre, la rue, etc. et l'on voit se développer des écritures en transformation, en fonction des lieux et des conditions de représentation, des festivals, des programmations, mais aussi des nouveaux modes de diffusion (les réseaux sociaux, par exemple). Ces textes qui évoluent au fil de leur circulation interrogent également l'acte même de traduire.

Christilla Vasserot est maître de conférences à l'université Sorbonne Nouvelle. Elle a consacré une grande partie de ses recherches au théâtre latino-américain contemporain. Elle traduit du théâtre, des romans et des bandes dessinées, d'auteurs espagnols et latino-américains. Elle a codirigé avec Denise Laroutis l'anthologie Nouvelles écritures théâtrales d'Amérique latine. 30 auteurs sur un plateau, Éditions Théâtrales, Série "Les Cahiers de la Maison Antoine Vitez", 2012.

Ana VIÑUELA : Les exportateurs français, acteurs de la globalisation du cinéma d'Amérique Latine
Les vendeurs internationaux constituent une catégorie d'intermédiaires culturels peu étudiée, malgré leur rôle clé dans le processus d'internationalisation d'auteurs et de cinématographies nationales d'Amérique Latine. Dans cette communication je m'attacherai à analyser les logiques professionnelles qui structurent l'activité des exportateurs français dont les catalogues incluent des œuvres de cinéastes étrangers, et les stratégies de ces acteurs pour transformer le capital symbolique d'un film, généré principalement autour des festivals, en bien marchand soumis aux règles du marché. J'examinerai ensuite la transformation du modèle économique de l'exportation du cinéma indépendant qui a favorisé la diversité culturelle dans l'industrie cinématographique. Ce modèle, basé sur la vente de droits à des distributeurs dans de multiples territoires, est aujourd'hui ébranlé par le rétrécissement du marché de la salle et le déplacement de la consommation vers les plateformes numériques, introduisant de nouveaux questionnements et enjeux concernant la diversité et la visibilité du cinéma d'auteur latino-américain dans le contexte de la globalisation.

Ana Viñuela est maitresse de conférences en économie du cinéma et de l'audiovisuel à l'université Sorbonne Nouvelle, et membre de l'Institut de recherche sur le cinéma et l'audiovisuel (IRCAV). Ses recherches portent sur la coproduction et la circulation internationale du cinéma d'auteur, les transformations des industries et des marchés audiovisuels et les politiques publiques qui régulent ces secteurs. En 2007, elle a participé à la création de l'École supérieure de l'audiovisuel de l'INA (Institut national de l'audiovisuel), dont elle a été directrice des études jusqu'en 2012. Auparavant, elle a été responsable des projets d'un fonds d'investissement dans l'industrie audiovisuelle et a dirigé plusieurs initiatives de formation de professionnels du cinéma et de la télévision dans le cadre du programme MEDIA de l'Union européenne.

Ana VIÑUELA : Los exportadores franceses, actores de la globalización del cine de América Latina
Los vendedores internacionales constituyen una categoría de intermediarios culturales poco estudiada, cuya contribución es sin embargo clave para entender el proceso de internacionalización de autores y de cinematografías nacionales de América Latina. En esta comunicación analizaré las lógicas profesionales que estructuran la actividad de los exportadores franceses cuyos catálogos incluyen obras de cineastas extranjeros y las estrategias de estos actores para convertir el capital simbólico de una película, que se genera principalmente en torno a los festivales, en un bien comercial sujeto a las leyes del mercado. A continuación, examinaré la transformación del modelo económico de la exportación de cine independiente que ha favorecido la diversidad cultural en la industria cinematográfica. Este modelo, basado en la venta de derechos a distribuidores en múltiples territorios, se ve alterado en la actualidad por la contracción del mercado de la distribución en las salas y el desplazamiento del consumo hacia las plataformas digitales, lo cual genera nuevos interrogantes y desafíos en relación a la diversidad y la visibilidad del cine de autor latinoamericano en el contexto de la globalización.

Ana Viñuela es profesora titular de economía del cine y del audiovisual en la Universidad Sorbonne Nouvelle y miembro del IRCAV (Institut de Recherche sur le cinéma et l'audiovisuel). Su actividad investigadora se centra actualmente en la coproducción y la circulación internacional de cine de autor, las transformaciones de las industrias y los mercados audiovisuales y las políticas publicas que regulan estos ámbitos. En 2007 participó en la creación de la Escuela superior del audiovisual del INA (Institut national de l'audiovisuel), de la que fue directora de estudios hasta 2012. Con anterioridad, ha sido responsable de proyectos de un fondo europeo de inversiones en la industria audiovisual y ha dirigido diversas iniciativas de formación de profesionales del cine y la televisión dentro del programa MEDIA de la Unión Europea.


Littérature et cinéma : chemins de traverse entre la France et l'Amérique Latine, table ronde avec Nancy BERTHIER, María LYNCH, Carmen PINILLA et Gustavo RONDÓN
Cette table ronde a pour objectif de proposer une réflexion sur les relations entre la France et l'Amérique latine du point de vue de la diversité culturelle et de ses acteurs, en interrogeant en particulier les dynamiques d'échanges, mais aussi de négociations et de tensions que de telles circulations, parfois perçues comme asymétriques, peuvent engendrer.
Il s'agira ici d'évoquer les modalités de production et de circulation transatlantiques des œuvres, par le biais de récits d'expériences vivantes de professionnels du cinéma et de la littérature, les ouvertures qu'elles rendent possibles, mais aussi leurs effets d'éviction.


Livres, traductions, traducteurs : expériences vécues, table ronde avec Stéphanie DECANTE, Florence OLIVIER, Michel RIAUDEL et Christilla VASSEROT
L'objectif de cette table ronde est de confronter plusieurs expériences de traductrices et traducteurs de littérature latino-américaine : la façon dont ils/elles travaillent, s'approprient le texte à traduire, les techniques auxquelles ils/elles recourent, la manière dont ils/elles résolvent les dilemmes entre contrainte et liberté, entre fidélité et invention…
Au-delà des enjeux propres à la traductologie, il sera intéressant, puisque seront présents au colloque un certain nombre de représentants du monde de l'édition, d'aborder également des enjeux plus larges : les questions non anodines de circulation, de médiation, de diffusion et de réception des œuvres, entendues comme outils d'interculturalité.


Médiations et médiateurs littéraires entre la France et l'Amérique Latine, table ronde avec Dana BURLAC, Leonora DJAMENT, Jorge FORNET et Diego LORENZO
L'objectif de cette table ronde est de confronter les expériences de deux éditrices, d'un critique littéraire et organisateur d'un prix international et du responsable du programme argentin d'aide à la traduction. Ils échangeront sur les processus de choix, de circulation et de réception des œuvres latino-américaines en France et des œuvres d'expression française en Amérique latine. Comment choisit-on les livres argentins dont le programme SUR finance la traduction en France ? Quels sont les mécanismes qui rendent possible la traduction en espagnol des œuvres françaises en Argentine ? Quel est le regard d'un critique littéraire sur les prix destinés à la promotion des littératures franco-caribéennes à Cuba ? Comment les livres latino-américains sont-ils lus et évalués en France aujourd'hui ? Voici quelques questions auxquelles cette table ronde essaiera d'apporter une ou plusieurs réponses.

Jorge FORNET
Jorge Fornet est Docteur en littérature hispanique, il a occupé la chaire Miguel de Unamuno à l'université de Salamanque et a été professeur invité dans des universités au Mexique, au Chili, en France, en Italie et aux États-Unis. Il dirige le Prix littéraire Casa de las Américas à La Havane, ainsi que le magazine et le Centre de Recherche Littéraire de cette institution. Il est l'auteur d'une dizaine de livres sur la littérature et l'histoire intellectuelle en Amérique latine et est membre de l'Académie Cubaine de la Langue.

Jorge Fornet. Se licenció en Letras por la Universidad de La Habana y realizó la maestría y el doctorado en Literatura Hispánica en El Colegio de México. Dirige en La Habana el Centro de Investigaciones Literarias de la Casa de las Américas y la revista Casa de las Américas. Es miembro de número de la Academia Cubana de la Lengua. Obtuvo una beca de investigación del Latin American Studies Center de la Universidad de Maryland, y ocupó la Cátedra Miguel de Unamuno de la Universidad de Salamanca. Ha sido profesor visitante en universidades de México, Chile, Francia, Italia y los Estados Unidos. Es autor de una decena de libros entre los que se encuentran El escritor y la tradición ; en torno a la poética de Ricardo Piglia (2005), ¿Para qué sirven los jarrones del Palacio de Invierno? (2006), Los nuevos paradigmas. Prólogo narrativo al siglo XXI (2006, Premio Alejo Carpentier de ensayo y Premio de la Crítica), El 71 : anatomía de una crisis (2013, Premio de la Crítica) y Salvar el fuego. Notas sobre la nueva narrativa latinoamericana (2016).


BIBLIOGRAPHIE :

• Françoise Benhamou, Les Dérèglements de l'exception culturelle, 2006.
• Richard E. Caves, Creative Industries : Contracts between Art and Commerce, 2002.
• Stephanie Dennison, Remapping World Cinema, 2006.
• Jean-Michel Djian, Politique culturelle : la fin d'un mythe, 2005.
• Nataša Durovicová & Kathleen E. Newman, World Cinemas. Transnational Perspectives, 2010.
• Thomas Elseasser, European Cinema. Face to Face with Hollywood, 2005.
• Joëlle Farchy, La Fin de l'exception culturelle, 1999.
• Xavier Greffe, La Création de la diversité au miroir des industries culturelles, 2006.
• Stefan Helgesson & Pieter Vermeulen, Institutions of World Literature : Writing, Translation, Markets, 2016.
• William Marling, Gatekeepers, the emergence of World Literature, 2016.
• Gesine Mueller, Jorge Locane & Benjamin Loy, Mapping World Literature : Writing, Book Markets and Epistemologies between Latin America and the Global South, 2018.
• Lucia Nagib & Chris Perriam, Theorizing World Cinema, 2012.
• Serge Regourd, L'Exception culturelle, 2002.
• Miriam Ross, South American Cinematic Culture. Policy, Production, Distribution and Exhibition, 2010.
• Deborah Shaw, Contemporary Latin American Cinema. Breaking into the Global Market, 2007.


SOUTIENS :

• Institut universitaire de France (IUF)
• Institut des Amériques
• CY Initiative | CY Cergy Paris Université
• Héritages : Culture/s, Patrimoine/s, Création/s (UMR 9022) | CY Cergy Paris Université

Programme 2021 : un des colloques

— Programme complet —


Information importante

Ce colloque a ouvert la saison 2021 de Cerisy. Toutes les précautions ont été prises pour assurer sur place, dans un esprit de responsabilité mutuelle, la sécurité sanitaire (voir charte sanitaire adaptée à la situation 2021).

Cerisy a mis en œuvre une innovation significative en accueillant contributeurs et auditeurs, tant en présentiel qu'en visioconférence. Cette formule hybride a permis de conserver les qualités d'échange, de création collective de savoir et, bien sûr, de convivialité qui font la marque de Cerisy. Par conséquent, certains membres de l'Association des Amis de Pontigny-Cerisy ont pu s'inscrire pour assister en distanciel à l'ensemble des communications, débats et tables rondes. Grâce à notre partenaire Crealis Medias, il a donc été possible d'interagir avec les intervenants et les personnes présentes à Cerisy.

La direction du CCIC et du colloque


IMAGINAIRES ET PRATIQUES DE L'ÉCONOMIE CIRCULAIRE


DU VENDREDI 28 MAI (19 H) AU VENDREDI 4 JUIN (14 H) 2021

[ colloque de 7 jours ]



DIRECTION :

Aurélien ACQUIER, Franck AGGERI, Valentina CARBONE, Olivier LECOINTE, Éric LESUEUR

Colloque organisé à l'initiative du Cercle des partenaires


ARGUMENT :

En quelques années à peine, l'économie circulaire s'est imposée dans le débat public comme la promesse d'un modèle de croissance plus sobre et compatible avec les enjeux d'une transition écologique. La vulgate actuelle oppose l'économie circulaire, fondée sur des stratégies de bouclage des flux de matière et d'énergie, à l'économie linéaire fondée sur l'exploitation sans limites de ressources naturelles et la mise en décharge des déchets issus de notre consommation effrénée.

Ce colloque se propose de mettre en discussion le cadrage dominant de l'économie circulaire, de contraster les différents imaginaires véhiculés par la notion et de discuter les pratiques et expérimentations collectives qui se déploient dans tous les continents. À cette fin, une variété de perspectives (historique, philosophique, géopolitique, sociologique, gestionnaire, économique, écologique, juridique, prospective) seront mobilisées pour éclairer les débats contemporains. À partir d'une analyse historique des pratiques et des concepts, seront examinés les enjeux et pratiques contemporains de l'économie circulaire : enjeux de régulation, démarches territoriales faisant émerger de nouveaux communs ; rapports à la technologie et à l'innovation, y compris à travers la fabrication de nouveaux imaginaires ; modèles et pratiques sectorielles. Parallèlement, on réfléchira aussi à ce qui s'invente sur le terrain et aux nouvelles conceptions de l'économie circulaire. Enfin, on se demandera si cette démarche peut constituer un modèle de résilience en temps de crise et au-delà.

Les communications et tables rondes suivies d'amples débats, mais aussi les visites en Normandie, permettront de confronter les points de vue de chercheurs, d'artistes, de responsables d'entreprises, d'élus de collectivités territoriales, d'associations citoyennes et de doctorants, sur les imaginaires et les pratiques de l'économie circulaire.


MOTS-CLÉS :

Alimentation, Climat, Communs, Coopérations, Cycle de vie, Habitat, Innovation technologique, Justice, Méditation, Nature, Numérique, Performance, Régulation, Résilience, Ressources, Sobriété, Solidarités, Territoires, Transition écologique, Urbanisme


CALENDRIER DÉFINITIF :

Vendredi 28 mai
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Samedi 29 mai
MISE EN CONTEXTE
Matin
Aurélien ACQUIER, Franck AGGERI, Valentina CARBONE & Éric LESUEUR : Introduction
Franck AGGERI : Problématisation de l'économie circulaire
Sabine BARLES : Économie circulaire, une perspective historique

Après-midi
L'économie circulaire entre performance et sobriété — racines des concepts, pratiques, futurs possibles, table ronde avec Christian BRODHAG (visioconférence), Christian DU TERTRE et Suren ERKMAN (visioconférence)

Christophe ABRASSART (visioconférence) & Géraldine HATCHUEL : Le design d'expérience pour faire converger les imaginaires et mener à l'action collective


Dimanche 30 mai
RESSOURCES, PLANÈTE, ENVIRONNEMENT
Matin
Aurélien ACQUIER : Économie circulaire et obsolescence programmée… des concepts du management environnemental

Géopolitique de la ressource, dialogue (visioconférence) entre Philippe CHALMIN et Guillaume PITRON

Après-midi
"La Fresque Climat", atelier animé par Aurélien ACQUIER et Valentina CARBONE

Présentation des publications de Cerisy


Lundi 31 mai
RESSOURCES, USAGES ESSENTIELS
Matin
Bertrand VALIORGUE : Du champ à l'assiette : nouveaux modèles de la filière agro-alimentaire (visioconférence)

Du champ à l'assiette : nouveaux modèles de la filière agro-alimentaire, table ronde animée par Bertrand VALIORGUE (visioconférence), avec Steven BECKERS [Agriculture urbaine, ville productive et économie circulaire], Anne TROMBINI (Association "Pour une agriculture du vivant") (visioconférence) et Jacques MÉRY (Ingénieur de recherche à l'INRAE) (visioconférence)

Après-midi
Alain GRANDJEAN : L'économie circulaire au service de la transition énergétique (visioconférence)

Habitat et urbanisme : aménagement et valorisation des ressources, table ronde avec Vincent AUREZ, Franck FAUCHEUX et Joël NTSONDÉ [Le rôle de l'utopie dans la dynamique territoriale de l'économie circulaire en Ile-de-France]


Mardi 1er juin
TERRITOIRES, RESSOURCES ET SOLIDARITÉS
Matin
Territoires et communs, dialogue entre Hervé DEFALVARD [Commun intégral et translocal de territoires : un concept pour penser la transition] et Cécile RENOUARD [Entreprise, territoire et biens communs : former pour transformer. L'expérience du Campus de la Transition]

L'économie circulaire comme levier de développement territorial, table ronde animée par Isabelle LAUDIER (Institut CDC pour la Recherche), avec Hubert DEJEAN DE LA BÂTIE (Région Normandie), Anne HÉBERT et Charles-Benoît HEIDSIECK (Le Rameau)

Après-midi
"HORS LES MURS"
Visites et rencontres d'associations et d'entreprises locales engagées dans l'économie circulaire : Haiecobois Saint Martin de Bonfossé / PEP 50 autonomie (anciennement ECORESO) Gourfaleur / PAPECO Orval sur Sienne / AFERE Coutances [présentation]


Mercredi 2 juin
Matin
NATURE ET JUSTICE
Alexandre LEMILLE : L'Afrique, vers un nouveau modèle circulaire humain et symbiotique ?
Judith ROCHFELD : L'apport des procès climatiques à l'appréhension des "ressources" naturelles comme des "biens communs"

Après-midi
La responsabilité élargie du producteur face aux déchets : principes et gouvernance, table ronde animée par Helen MICHEAUX, avec Jean-Paul RAILLARD (Fédération Envie & Association Green Friday) (visioconférence) et Lætitia VASSEUR (Co-fondatrice HOP)

ÉCONOMIE NUMÉRIQUE & APPROCHES INTERNATIONALES
Quelle économie numérique pour l'économie circulaire ?, table ronde animée par Aurélien ACQUIER, avec Sylvain BAUDOIN (The Shift Project) et Matthieu HUG (Tilkal)

Soirée
Projection du film OKJA, suivie d'une analyse et d'un débat menés par Aurélien ACQUIER


Jeudi 3 juin
ENTREPRISES, MARCHES, TECHNOLOGIES
Matin
Entreprises, nouveaux modes de coopération pour l'économie circulaire, table ronde animée par Aurélien ACQUIER & Valentina CARBONE, avec Fannie DERENCHY (Groupe La Poste) [Les relations entre acteurs de la logistique de l'économie circulaire, illustration avec La Poste et sa filiale Recygo] et Nathalie JAROSZ (RATP) [Les Deux Rives. Le récit d'un quartier circulaire] (visioconférence)

Alexandre RAMBAUD : Comptabilité triple capital — enjeux techniques, territoriaux, normatifs et philosophiques

Après-midi
L'innovation technologique au service de l'économie circulaire, dialogue entre Aurélien ACQUIER et Franck AGGERI

Économie circulaire et résilience, dialogue entre Sabine CHARDONNET-DARMAILLACQ et Éric LESUEUR


Vendredi 4 juin
SÉANCE CONCLUSIVE
Matin
Rapport d'étonnement des étudiants
Aurélien ACQUIER, Franck AGGERI, Valentina CARBONE, Éric LESUEUR & Olivier LECOINTE : Synthèse

Après-midi
DÉPARTS


VIDÉOS EN LIGNE :

Vous pouvez retrouver l'intégralité des enregistrements vidéo réalisés durant ce colloque, en accès libre, sur le site Internet suivant :


ENTRETIENS ANIMÉS PAR SYLVAIN ALLEMAND :

Vous pouvez retrouver les enregistrements vidéo réalisés durant ce colloque avec Edith HEURGON, Olivier LECOINTE, Jean-Louis BANCEL, Sabine CHARDONNET-DARMAILLACQ, Hervé DEFALVARD, Christian DU TERTRE, Farah DOUMIT & Marcus BERGMANN et Frédérique & Hervé SAINCT, en accès libre, sur le site Internet suivant :


BIO-BILIOGRAPHIES :

Aurélien ACQUIER
Aurélien Acquier, Professor, HDR (Habilitation for Doctoral Supervision) in Management & Sustainability. Associate Dean for Sustainability ESCP Bus.School. Co-Director of the ESCP-Deloitte Chair in Circular Economy.
Publications
"L'innovation technologique à l'heure de l'anthropocène", Cahiers Français (janv.-fév. 2020).
"La grande entreprise technologique : durabilité, politique et science fiction", Entreprises et Histoire, déc. 2019.
"Okja meets Ellul : Nature, culture and life in the iron cage of the Technological System", m@n@gement, 2019.
"Revisiting Politics in Political CSR : How coercive and deliberative dynamics operate through institutional work in a Colombian company", Organization Studies (2019).

Sabine BARLES
Sabine Barles, professeure d'urbanisme et aménagement à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne est chercheure à l'UMR Géographie Cités où elle dirige l'équipe CRIA. Ses travaux portent sur les relations entre ville, technique et environnement, à travers une approche à la fois historique (XVIIIe-XXIe siècles) et contemporaine. Elle a ainsi développé une série de travaux sur le métabolisme urbain et les trajectoires socio-écologiques, dans la perspective d'une écologie territoriale.

Steven BECKERS
Steven Beckers est architecte, C2C, Pionnier de l'économie circulaire en architecture, urbanisme et construction, fondateur de la société d'agriculture aquaponiqie BIGH, Expert en Circularité chez BOPRO. Il conseille les secteurs public et privé, enseigne l'économie circulaire au Green Building Council et dans les universités en BE, NL, FR, DK, LU, ETH, Chine… Il estime que les liens entre les solutions innovantes présentent plus d'avantages que les solutions elles-mêmes. Son approche non conventionnelle à multiples facettes de l'économie circulaire régénérative lui a valu de nombreux prix internationaux tant pour ses projets que pour son action. Récemment élu Pionnier 2019 par la Belgian Building Award, RICS award, LEAF awards, PLEA 2000, Agha Khan 1985, et élu Bruxellois de l'année en 2019, il a contribué à plusieurs ouvrages avec Pr Michael Braungart (DE), Pr Peter Luscuere (NL), Pr Philippe Clergeau (FR), Pr Katja Hansen & Douglas Mulhall (DE/CDN).

Christian BRODHAG
Christian Brodhag, ingénieur civil des mines et docteur ès sciences, est professeur émérite à l'École des Mines de Saint-Étienne. Il a été délégué Interministériel au Développement Durable, et a contribué à de nombreuses initiatives internationales notamment avec la Francophonie et l'ISO. Il préside actuellement Construction21, média international sur la construction et la ville durables et le Pôle écoconception, le centre national sur l'éco-conception et la performance par le cycle de vie.
brodhag.org

Hervé DEFALVARD
Hervé Defalvard est responsable de la chaire d'économie sociale et solidaire de l'université Gustave Eiffel. Il dirige dans ce cadre une mention Économie sociale et solidaire de Master et un programme de recherche sur les communs avec sous sa direction plusieurs thèses soutenues ou en cours.
Publications récentes
La révolution de l'économie en 10 leçons, Éditions de l'Atelier, 2015.
"Des communs sociaux à la société du commun", Recma, juillet 2017.
Territoires solidaires en commun. Les anti-actes d'un colloque inédit, avec E. Bucolo et G. Fontaine (dir.), Colloque de Cerisy, Éditions de l’Atelier, 2020.
La société du commun, PUG (à paraître en 2021).

Fannie DERENCHY
Fannie Derenchy est directrice économie circulaire du Groupe La Poste. Elle pilote la stratégie, les ambitions et la gouvernance du Groupe dans ce domaine, visant à transformer le fonctionnement interne et à développer des offres pour faire advenir l'économie circulaire. Elle apporte pour cela un appui aux filiales et aux business units dans leurs développements et dans l'analyse de la performance pour un impact positif. Elle est également administratrice de l'Institut National de l'Économie Circulaire.

Suren ERKMAN
Suren Erkman has a background in Philosophy and Biology from the University of Geneva (Switzerland) and a PhD in Environmental Sciences from the University of Technology of Troyes (France). He has been also trained as a registered science and business journalist. He began to contribute to the emerging field of Industrial Ecology in 1993, as a science and business author, consultant and entrepreneur. In 2005, he joined the University of Lausanne as an Associate Professor in Industrial Ecology. Suren Erkman is also Chairman of the Board of the consulting company Sofies (Solutions for Industrial Ecosystems), with more than 60 collaborators. Sofies advises companies, governments and international organizations on sustainability issues, with a focus on industrial ecology and circular economy.
Publication
Suren Erkman, Vers une écologie industrielle, Paris, ECLM, 2004.

Alain GRANDJEAN
Diplômé de l'École polytechnique, de l'Ensae, et docteur en économie de l'environnement, Alain Grandjean est co-fondateur et associé de Carbone 4, cabinet de conseil en stratégie climat. Il est président de la Fondation Nicolas Hulot et membre du Haut conseil pour le climat. Il est co-auteur de plusieurs livres creusant les liens entre écologie, économie et finance et anime le blog "Chroniques de l'anthropocène" (alaingrandjean.fr).

Matthieu HUG
Matthieu Hug est co-fondateur et CEO de Tilkal, plateforme logicielle de traçabilité 4.0 et de transparence pour les industriels et les marques, visant à permettre des chaines d'approvisionnement résiliantes, responsables et in fine plus durables. Il est board member de plusieurs startups numériques ainsi que de RaiseLab, et administrateur de l'ALCCI (Association de lutte contre le commerce illicite). Entre 2007 et 2016, Matthieu Hug a co-fondé et dirigé RunMyProcess, une plate-forme "cloud" B2B acquise en 2013 par le groupe Fujitsu. Auparavant il a occupé différents postes opérationnels ou de conseil autour des technologies numériques pour l'entreprise, ainsi qu'à l'Ambassade de France à Pékin. Il contribue régulièrement à des travaux ayant trait aux supply chains ou aux technologies numériques, par exemple à l'UNECE, à l'OCDE, aux JECO ou dans diverses écoles de commerce. Il est un des initiateurs du collectif Playfrance.digital engagé sur la construction d'une souveraineté numérique européenne. Il est ingénieur CentraleSupélec (97), et détenteur d'un Master of Science du Georgia Institute of Technology aux États-Unis.

Nathalie JAROSZ
Nathalie Jarosz est diplômée d'un Master de Chimie Organique de l'université de Jussieu. Après plusieurs années d'expérience dans les process de dégraffitage des trains par l'emploi de méthodologies respectueuses des Hommes et de l'Environnement, elle est désormais en charge de la gestion des politiques Eau, Déchets et Économie Circulaire au sein du Groupe RATP pour l'ensemble du périmètre tertiaire et industriel. Elle est également en charge du portage du Quartier des Deux Rives, premier quartier d'économie circulaire parisien en copilotage avec la Ville de Paris.

Alexandre LEMILLE
Alexandre Lemille est le co-fondateur du Réseau Africain de l'Économie Circulaire. Il enseigne à l'université du Cap en économie circulaire où il inclut son concept de Sphère Humaine Circulaire (connu sous l'anglicisme : The Circular Humansphere), ce qu'il considère être l'un des chaînons manquant du modèle actuel, parmi d'autres. Il fournira des exemples de start-ups circulaires et humaines durant son intervention.

Joël NTSONDÉ
Joël Ntsondé est actuellement enseignant-chercheur en management et co-responsable de la majeure ingénierie et management à l'EPF, une école d'ingénieurs. Il est également chercheur associé au CGS de Mines ParisTech. Docteur en sciences de gestion, il a mené sa thèse sur le rôle de l'imaginaire et des utopies dans la transition des territoires vers l'économie circulaire.

Jean-Paul RAILLARD
Jean-Paul Raillard est économiste de formation ; il mène d'abord une carrière d'enseignant (agrégation de techniques économiques de gestion) en formations initiale et continue notamment dans la filière de l'expertise comptable. Il rejoint le cabinet d'expertise-comptable Syndex en 1983, attiré par le métier d'expert-conseil auprès des comités d’entreprise (CSE actuellement) et par l'organisation de cette société qui mène depuis sa création en 1971, un projet original de fonctionnement démocratique. À ce titre, il a mené de très nombreuses missions d'expertises stratégiques, sociales et financières dans la région Ouest et en France ou à l'étranger dans de nombreux secteurs d'activité. Il a été responsable régional Pays-de-la-Loire/Poitou-Charentes du cabinet entre 2001 et 2007 puis directeur général de Syndex entre 2008 et 2014. Il a mené avec les autres instances de l'entreprise, la transformation de Syndex en SCOP en décembre 2011. En charge de la représentation externe, il a participé, à ce titre, à de nombreux colloques et écrit un grand nombre d'articles sur des sujets touchant notamment au fonctionnement coopératif, au dialogue social, et aux politiques de Responsabilité Sociale de l'Entreprise et de développement durable. Au terme de son mandat de directeur général de Syndex, Jean-Paul Raillard est devenu membre de la Plateforme nationale RSE où il représente la Confédération Générale des SCOP. Il a notamment travaillé sur la place des salariés et de leurs représentants dans les démarches RSE ainsi que sur les questions d'environnement et d'égalité Femmes/Hommes. Depuis février 2016, il préside le conseil d'administration du groupe Envie44 qui comprend trois entreprises d'insertion employant 140 salariés spécialisées dans le réemploi de matériels électro-ménagers et médicaux ainsi que dans le transport et la logistique de gestion des déchets électriques et électroniques. Administrateur de la Fédération Envie depuis 2017, Jean-Paul Raillard en est devenu le Président à l'Assemblée Générale de juin 2019. Il préside également le Conseil de Surveillance de la SCIC Envie Autonomie et l'Association Green Friday. Depuis 2016, Jean-Paul Raillard est membre du conseil d'administration d'Alternatives Économiques et il a été nommé membre du Conseil national de l'Inclusion dans l'Emploi en juin 2018.

Alexandre RAMBAUD
Docteur en mathématiques et en sciences de gestion, Alexandre Rambaud est maître de conférences à AgroParisTech-CIRED, chercheur associé à l'université Paris-Dauphine. Il codirige la chaire "Comptabilité écologique" ainsi que le département "Économie & Société" du Collège des Bernardins. Sa recherche porte sur la théorie de la comptabilité financière ainsi que sur la comptabilité et l'économie écologiques ; il codéveloppe dans ce cadre le modèle CARE. Il est responsable des enseignements de comptabilité/analyse financières — après les avoir enseignés dans plusieurs institutions (ENSAE, HEC Paris) — et de la spécialisation en finance durable à AgroParisTech. Il enseigne également la comptabilité écologique dans plusieurs autres établissements (Dauphine, Mines, Ponts, Kegde, Neoma, etc.). Il est membre de la commission climat et finance durable de l'Autorité des Marchés Financiers, academic fellow de l'Institut Louis Bachelier et membre du conseil scientifique du Centre Européen de Biotechnologie et de Bioéconomie.

Judith ROCHFELD
Judith Rochfeld est professeure de droit privé à l'École de droit de la Sorbonne, Université Paris 1, Panthéon-Sorbonne. Elle est spécialiste des communs et biens communs et a publié de nombreux ouvrages et articles sur ces sujets et co-dirigé, avec Marie Cornu et Fabienne Orsi, le Dictionnaire des biens communs, aux PUF, 2e édition, 2021. Dans cette optique, elle s'intéresse particulièrement aux procès climatiques et à ce qu'ils révèlent d'appréhension de certaines interactions humain-non-humains comme des "communs". Elle a notamment fait paraître sur ce sujet Justice pour le climat. Les nouvelles formes de mobilisations citoyennes, chez O. Jacob, 2019.


"La Fresque Climat", atelier animé par Aurélien ACQUIER et Valentina CARBONE

La Fresque du climat est un atelier collaboratif basé sur l'intelligence collective et la créativité. Le dispositif a été développé il y a quelques années, par Cédric Ringebach, ex-directeur du Shift, un think tank visant à décarbonner l'économie, sur la base des connaissances scientifiques sur le climat, résumées et évaluées par le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat). Les participants sont divisés en équipes pour identifier les relations de cause à effet entre 42 cartes expliquant les phénomènes liés au climat. Collectivement, les participants construisent une fresque, un collage, expliquant le changement climatique. Suit une phase d'appropriation où chaque table donne du sens à sa propre fresque et en personnalise les principaux messages. L'échange final déclenche une discussion collective sur le changement climatique et ses impacts sur nos comportements collectifs et individuels. Les solutions et les transitions nécessaires au niveau personnel, économique et politique seront discutées.


Visites et rencontres d'associations et d'entreprises locales engagées dans l'économie circulaire

Haiecobois Saint Martin de Bonfossé
Structure associative fédérant une centaine d'agriculteurs et des collectivités locales dont les bâtiments sont chauffés à partir de bois déchiquetés. Deux emplois permanents (un technicien chargé du plan de gestion des haies, un administratif). Avec 53000 km de haies fonctionnelles, le bocage est emblématique du paysage manchois. Outre leurs fonctions écologiques et patrimoniales, les haies assurent une production valorisable de bois énergie. Adossée au réseau des CUMA (coopératives d'utilisation de matériel agricole) qui assurent le déchiquetage du bois de haies, l'association gère une douzaine de plateformes de séchage et de stockage de bois déchiqueté. Ce matériau est ensuite vendu pour alimenter les chaufferies bois, à des particuliers ou des paysagistes comme couvre sol.

PEP 50 autonomie (anciennement ECORESO) Gourfaleur
Anciennement constitué en SCIC, ECOREZO est aujourd'hui géré par l'association des Pupilles de l'enseignement public de la Manche (PEP) dont l'activité s'élargit au secteur social et médicosocial. Les aides techniques à l'autonomie (fauteuil, déambulateurs) ont une durée de vie d'environ 5 années alors qu'elles ne sont utilisées en moyenne que 18 mois par les personnes. Fort de ce constat, la structure collecte, répare et remet à disposition (vente ou location) les différents matériels. L'équipe de permanents, outre les techniciens chargés de la collecte et de la remise en état, est constituée d'ergothérapeutes qui assurent le conseil auprès des usagers.

PAPECO Orval sur Sienne
Société anonyme dont le capital est détenu par la cinquantaine de salariés de l'entreprise. Implantée dans le havre de la Sienne (zone sensible classée Natura 2000), cette entreprise conjugue les enjeux de respect de l'environnement et de réemploi de papier. Adossée à des entreprises de collecte de papier travaillant essentiellement à proximité, elle recycle le contenu des corbeilles de bureau exclusivement et fabrique essuie tout, papier toilette ou bien encore drap d'examen pour le secteur médical. Le processus est assuré de façon mécanique sans ajout de produit chimique, le réemploi exclusif des corbeilles à papier aux fibres longues permet avec une tonne de papier d'obtenir 900 kg de produit fini.

AFERE Coutances
Structure associative composée de 7 permanents et de 36 emplois aidés (contrats d'une durée maximale de 2 ans), elle assure la gestion de 3 ateliers et 3 boutiques de vente sur le centre Manche. Labellisée structure d'insertion par l'activité et l'emploi, l'association collecte, trie et revend des textiles et vêtements de seconde main. Travaillant en lien avec les organismes de formation mais aussi les entreprises du secteur l'association accompagne ainsi des personnes (essentiellement des femmes) sur la valorisation de leurs compétences et le retour à l'emploi.


PARTENARIAT :

• Crealis Medias

Programme 2021 : un des colloques

— Programme complet —


Information importante

Pour s'adapter à la persistance de la crise sanitaire, le CCIC et les organisateurs restructure ce colloque en deux temps : une journée d'hommage et une "mise en bouche" en distanciel le jeudi 20 mai 2021 (programme disponible ci-dessous) et une rencontre de 6 jours en présentiel à Cerisy du samedi 13 août au vendredi 19 août 2022 [en savoir plus].

La direction du CCIC


FRANCISCO VARELA, UNE PENSÉE ACTUELLE

AUTOPOÏÈSE, ÉNACTION, PHÉNOMÉNOLOGIE


DU MERCREDI 19 MAI (19 H) AU MARDI 25 MAI (14 H) 2021

[ colloque de 6 jours ]



DIRECTION :

Natalie DEPRAZ, Ivan MAGRIN-CHAGNOLLEAU


COMITÉ SCIENTIFIQUE :

Michel BITBOL, Amy COHEN-VARELA, Natalie DEPRAZ, Ivan MAGRIN-CHAGNOLLEAU, Claire PETITMENGIN, Jean PETITOT


PRÉSENTATION DE LA JOURNÉE D'HOMMAGE EN DISTANCIEL DU 20 MAI 2021 :

Francisco Varela, une pensée actuelle
Francisco Varela, a thinker for our time
Journée d'hommage pour le 20e anniversaire de sa mort en 2001
A Tribute Day For the 20th Anniversary of his passing in 2001

[ Mind & Life Europe Website ]

Tout commença avec l'idée d'organiser un Colloque d'une semaine consacrée au travail scientifique et à la pensée philosophique de Francisco Varela, ainsi qu'à son ancrage dans le bouddhisme à Cerisy-la-Salle, cet endroit unique en Normandie où eurent lieu tant d'événements culturels internationaux depuis des décennies, en y adjoignant — le lieu s'y prêtant remarquablement — des performances d'artistes en soirée. On voulait par là témoigner de l'enaction (concept varelien s'il en est) de sa pensée et de l'incarnation authentique de sa prise de parole.

It all started with the project of organizing a week-long Conference dedicated to Francisco Varela's scientific work, philosophical thought and Buddhist anchorage at Cerisy-la-salle, a longstanding famous place in Normandy, France, for cultural international events, along with artists' performances in the evenings. All this being meant to attest to the genuine "enaction" (his innovative concept) of his thought and to the true embodiment of his words.

Le colloque devait avoir lieu en juin dernier, en 2020, mais la vie de la planète en décida autrement : nous nous adaptâmes — fidèles en cela à la "dérive naturelle" de Francisco, selon son expression singulière dans L'inscription corporelle de l'esprit (1991), dont nous célébrons d'ailleurs cette année le 30e anniversaire de sa parution — et le Colloque fut reporté aux 19-25 mai 2021, si proche du jour exact de sa mort, le 28 mai 2001, qu'il paraissait impossible de le reporter à nouveau…

This Conference was to take place last July, 2020, but the life of the planet decided otherwise : we adapted — faithful to Francisco's "natural drift" (a remarkable expression in The Embodied Mind, 1991, the 30th anniversary of which we also celebrate this year) — and the Conference was postponed to 19-25 May, 2021, so near to the very date of his passing, on the 28th of May, that it seemed impossible to postpone again…

Et pourtant… La Journée d'hommage qui aura lieu le 20 mai 2021 en distanciel honorera la mémoire de Francisco et offrira une "mise en bouche" ou un "coup d'envoi" (au choix) à un Colloque à nouveau reporté, et qui se tiendra cette fois espérons-le entièrement "en chair et en os" (selon l'expression chère à Husserl) entre le 13 et le 19 août 2022.

But yet… The Tribute Day which will take place on the 20th of May 2021 as a visio-event will honor Francisco’s memory and offer an appetizer or kick-off (according to the metaphor you prefer) to the anew postponed Conference, which will take place hopefully entirely "in flesh and blood" (Husserl's expression) this time between 13-19 August, 2022.

Avec cette première journée d'hommage du 20 mai prochain, nous souhaitons faire revivre la pensée de Francisco et son rayonnement intellectuel international en donnant la parole aux personnes qui l'ont bien connu, amies et amis, collaboratrices et collaborateurs scientifiques et philosophes, ainsi que méditants bouddhistes. Pour cela, nous projetterons aussi de courtes vidéos témoignant des contextes de vie dans lesquels son travail s'est déployé et a mûri, au gré de ses multiples interactions, tout à la fois scientifiques et interpersonnelles. Remarquablement, sa présence à Cerisy à différents moments de sa carrière et, en tout premier lieu, lors du célèbre Colloque "L'auto-organisation : de la physique au politique", en 1981, ouvrit un programme de recherche auquel la recherche de Francisco puisa nombre de ses inspirations et contribua tout autant de façon insigne.

During this first Tribute Day, we want to embody Francisco's thought and his international intellectual vibrancy by giving voice to some persons who knew him well as friends, scientific and philosophical collaborators, Buddhist meditators, and by projecting short videos showing some of the most important life-contexts of his work and scientific interpersonal interactions. And to begin with, his presence at Cerisy at various moments of his career, namely first for the famous Conference "L'auto-organisation : de la physique au politique (1981)" : a seminal research program, which Francisco emblematized so genuinely.

Organisation : Natalie Depraz, Ivan Magrin-Chagnolleau, avec Edith Heurgon et l'équipe de Cerisy


PROGRAMME DE LA JOURNÉE DU 20 MAI 2021 :

10h00
Amy COHEN-VARELA, Natalie DEPRAZ & Ivan MAGRIN-CHAGNOLLEAU : Ouverture de la journée — Opening of the Day

I. FRANCISCO VARELA À CERISY
I. FRANCISCO VARELA IN CERISY

10h10
Edith HEURGON : Les présences de Francisco au Colloque sur L'auto-organisation en 1981 et au Colloque Castoriadis en 1990 : témoignage de Jean-Pierre Dupuy (texte lu) et vidéo de Francisco Varela sur Castoriadis et l'autonomie — Francisco's presence in 1981 and 1990 : Jean-Pierre Dupuy's testimony (text read) and a video showing Francisco discussing Castoriadis' ideas on autonomy

10h25
Pierre LIVET : Francisco Varela : l'autonomie à plusieurs, des interactions qui dépassent les représentations ? — Francisco Varela : living autonomy together : how interactions go beyond representations ?

10h40
La vie, le vivant, l'autonomie, l'auto-organisation, dialogue entre Tom FROESE et Andreas WEBER – Life, The Living, Autonomy, Self-organisation, with Tom FROESE and Andreas WEBER [*]

11h20
Petite pause — Short break

II. FRANCISCO VARELA ET LA MÉDITATION BOUDDHISTE
II. FRANCISCO VARELA AND BUDDHIST MEDITATION

11h25
Matthieu RICARD : Ma rencontre avec Francisco (vidéo pré-enregistrée) — Meeting Francisco (pre-recorded video) [*]

11h45
Fabrice MIDAL : La méditation avec Francisco et Chögyam Trungpa — Meditation with Francisco and Chögyam Trungpa

12h05
Alexis LAVIS : Vivre dans un monde sans fondement : comment Francisco Varela ouvre un chemin de la systémique au bouddhisme — How to live in a world without grounds : opening the way from systemics to buddhism

12h20 — Intermezzo I
Raphaële JEUNE, Ivan MAGRIN-CHAGNOLLEAU & Nico DOCKX : Une approche énactive de la création artistique — An enactive approach to artistic creation

12h40
Pause déjeuner — Lunch break

III. FRANCISCO VARELA À PARIS : DU CREA AU LENA (NATURALISATION DE LA PHÉNOMÉNOLOGIE ET NEUROPHÉNOMÉNOLOGIE)
III. FRANCISCO VARELA IN PARIS : FROM CREA TO LENA (NATURALISATION OF PHENOMENOLOGY AND NEUROPHENOMENOLOGY)

14h10
Jean PETITOT : Histoire d'un compagnonnage – The story of a companionship

14h30
Antoine LUTZ : Au LENA : la naissance du paradigme de la neurophénoménologie – The birth of the paradigm of neurophenomenology

IV. EN QUÊTE DE L'EXPÉRIENCE VÉCUE EN PREMIÈRE PERSONNE
IV. IN QUEST OF FIRST-PERSON LIVED EXPERIENCE :
THE VIEW FROM WITHIN (1999) ON BECOMING AWARE (1996-2004)

14h50
Claire PETITMENGIN : La découverte de l'entretien d'explicitation et la fécondité de la méthodologie en première personne – The discovery of the explicitation interview and the fertility of the first person methodology

15h10
Natalie DEPRAZ : De l'immersion dans la phénoménologie husserlienne à son énaction via les méthodes en première personne – From the immersion in Husserlian phenomenology to its enaction in first person methods

15h30 — Intermezzo II
Michèle DUZERT : Vivre ensemble son autonomie éducative (en films, audios et photos) – Living together one's educational autonomy (in films, photos and audios)

V. HOMMAGES DANS DES LIVRES ET UN LIVRE-ANNIVERSAIRE : THE EMBODIED MIND (1991)
V. TRIBUTES IN BOOKS AND A BOOK-ANNIVERSARY : THE EMBODIED MIND
(1991)

15h50
Le Cercle Créateur (Écrits 1976-2001), Seuil, 2017, Michel BITBOL éditeur — éditor

16h10
Phenomenology and the Cognitive Science : Francisco éditeur. Un premier Hommage (2003) / Un numéro spécial (2004). Natalie DEPRAZ et Shaun GALLAGHER, co-éditeurs — Francisco as a founding editor. A first Tribute 2003 / Special Issue 2004. Natalie DEPRAZ and Shaun GALLAGHER as first editors [*]

16h30
Ten Years of Viewing from Within. Journal of Consciousness Studies, 2009. Claire PETITMENGIN éditrice - éditor

16h45
Trente ans après — Thirty years after The Embodied Mind – L'inscription corporelle de l'esprit (1989-1991) : John PROTEVI : Situer le travail de Francisco Varela dans le paradigme de la cognition 4EA — Locating Francisco Varela's work in the "4EA cognition" paradigm [*]

17h05
Pause thé — Tea break

VI. FRANCISCO VARELA À DHARAMSALA : L'INSTITUT MIND AND LIFE ET LE DALAÏ-LAMA
VI. FRANCISCO VARELA IN DHARAMSALA : THE MIND AND LIFE INSTITUTE AND THE DALAÏ-LAMA

17h35
Francisco avec le Dalaï-Lama à Dharamsala (vidéo) – Francisco with the Dalaï-Lama in Dharamsala (video) [*]

17h45
Alan WALLACE : Les avantages qu'il y a à avoir plusieurs casquettes : l'héritage de Francisco Varela dans la rencontre entre le bouddhisme et la science (vidéo pré-enregistré) — The Advantages of Wearing Multiple Hats : the Legacy of Francisco Varela in the meeting of Buddhism and Science (pre-recorded video) [*]

18h00
Amy COHEN-VARELA : L'Institut Mind and Life : commencements et nouveaux développements — The Mind and Life Institute : beginnings and new developments [*]

VII. ENVOI
VII. DEPARTING WORDS

18h20 — Forum : Francisco après Francisco — Francisco after Francisco
François SEBBAH & Charles LENAY : Francisco à l'Université de Technologie de Compiègne, et après… — Francisco at the Université of Technology (Compiègne), And after…
Valérie BONNARDEL : 1986-1991, Jussieu, Quai Saint Bernard, 6e étage : le laboratoire de Francisco Varela — Francisco Varela's lab…
Jean-Daniel THUMSER : Relire Husserl et Varela, l'orée d’un nouveau paradigme… — Reading Husserl and Varela, the dawn of a new paradigm…

18h50
Francisco à Monte Grande et après : Le triptyque de Franz REICHLE : "Monte Grande" / "Mind and Life" / "Cisco Pancho" (projection d'extraits) — Francisco in Monte Grande and afterwards : Franz REICHLE's triptych-film (projection of extracts) [*]

19h20
Edith HEURGON, Amy COHEN-VARELA, Natalie DEPRAZ & Ivan MAGRIN-CHAGNOLLEAU : Mots de conclusion / cyber-apéro : et après ? — Concluding words / cyber-appetizer : what's next ?

[*] This talk/presentation will be in English


PRÉSENTATION DU COLLOQUE EN PRÉSENTIEL DU 13 AU 19 AOÛT 2022 :

Francisco Varela a contribué de manière significative au développement du champ des sciences cognitives en proposant dans les années 80-90, du sein des théories de l'émergence, une nouvelle théorie, qu'il a nommée l'énaction. Il a également beaucoup travaillé au contact de la phénoménologie, en forgeant une approche novatrice de la conscience émergeant de la dynamique neuronale tout en lui étant irréductible, et qu'il a nommée "neurophénoménologie". Parallèlement à son travail scientifique et philosophique, il fondait le Mind and Life Institute, un lieu de dialogue avec le Dalaï Lama, et de réflexion sur les liens possibles entre sciences et pratiques contemplatives, notamment la méditation. D'ailleurs, dès son travail au Chili dans les années 70 avec son professeur Humberto Maturana, la formulation de sa théorie du vivant, l'autopoièse, a eu une résonance épistémologique déterminante, au delà même du champ de la biologie, dans les domaines artistiques et éducatifs par exemple.

Francisco Varela made significant contributions to the development of the field of cognitive science by proposing in the 80-90 his theory of enaction within the theories of emergence. He also worked intensively with phenomenologists, forging a new approach of consciousness emerging from but irreducible to neural dynamics, which he named neurophenomenology. He parallely founded the Mind and Life Institute, a place for dialogue with the Dalai Lama, and for reflection on the possible links between science and contemplative practices, and in particular meditation. Besides, his early work in the 70s in Chile with his teacher Humberto Maturana on the notion of autopoiesis as a new theory of the living has had a crucial epistemological resonance, even beyond the field of biology, in the artistic and educational fields for example.

Il nous a paru essentiel, 20 ans après sa disparition, de revisiter sa pensée, et de mesurer à nouveaux frais quel est son impact encore aujourd'hui dans les nombreux champs et disciplines qui continuent à faire fructifier sa pensée. Ce colloque est donc conçu comme un dialogue entre sciences naturelles et sciences humaines, entre art et science, et bien sûr entre science et philosophie. Il sera aussi l'occasion, grâce aux performances artistiques proposées, de réfléchir à l'interdisciplinarité et à sa mise en pratique concrète.

20 years after his death it appeared essential to revisit his thought and to measure what impact it still has today in the multifarious fields and disciplines that continue to fertilize his thought. This Conference therefore is conceived as a dialogue between natural sciences and humanities, between art and science, and of course between science and philosophy. It will also give us the opportunity hopefully to reflect on the spot on interdisciplinarity and its concrete implementation.


MOTS-CLÉS :

Art et science, Autopoièse, Bouddhisme, Conscience, Création artistique, Émergence, Énaction, Épistémologie, Interdisciplinarité, Méditation, Neurophénoménologie, Philosophie, Phénoménologie, Pratiques contemplatives, Sciences cognitives, Sciences humaines, Sciences de l'éducation, Varela (Francisco)


CALENDRIER PROVISOIRE DU COLLOQUE 2021 :

Mercredi 19 mai
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Jeudi 20 mai
Matin
Amy COHEN-VARELA : Ouverture

UNE VISION ÉLARGIE DE LA SCIENCE
Jean-Pierre DUPUY : L'émergence, l'épanouissement et le déclin d'une idée majeure dans l'histoire des sciences et des techniques : un ordre sans designer
Valérie BONNARDEL : Couleur, expérience humaine et cyborgisme

Après-midi
Henri ATLAN : La rencontre entre biologie et philosophie
Antoine LUTZ : Exploration neurophénoménologique de la relation entre douleur et souffrance chez des méditants novices et experts

Soirée
Raphaële JEUNE : Varela à l'aventure de l'art
Ivan MAGRIN-CHAGNOLLEAU : Le concept d'énaction appliqué à la création artistique


Vendredi 21 mai
LA PHÉNOMÉNOLOGIE À SES LIMITES
Matin
Jean PETITOT : Que signifie naturaliser la phénoménologie ?
Tom FROESE : Being and Being-with versus the naturalization of phenomenology

Après-midi
Michel BITBOL : La dialectique du corps et de la conscience : une traduction métaphysique de la neurophénoménologie
Natalie DEPRAZ : La cardiophénoménologie. Ou comment raffiner la neurophénoménologie ?
Jean-Daniel THUMSER : Aux entrailles de la subjectivité : pour une cardio et une gastrophénoménologie

Soirée
Table ronde, animée par Ivan MAGRIN-CHAGNOLLEAU, avec Carole HOFFMAN (L'émergence, dans l'oscillation de l'entre-deux), Xavier LAMBERT (Autopoïèse et générativité) et Célio PAILLARD (L'émergence entre : l'accumulation comme stratégie de création)


Samedi 22 mai
LA PENSÉE DE FRANCISCO VARELA, SOURCE D'INSPIRATIONS ÉDUCATIVES
Matin
Michèle DUZERT : Vivre ensemble son autonomie
Sandrine ESCHENAUER : Langues performées, langues énactées

Après-midi
DÉTENTE

Soirée
Autour du film Monte Grande : What Is Life ? de Franz Reichle


Dimanche 23 mai
UNE SIGNATURE VARÉLIENNE : L'ÉNACTION
Matin
Claire PETITMENGIN : L'énaction comme expérience vécue
Charles LENAY : Énaction et interaction : la question du possible
Andreas WEBER : Skincentric Ecology

Après-midi
François SEBBAH : Énaction et éthique
Fabrice MÉTAIS : Faire sens et rencontrer l'autre : énaction et éthique levinassienne
Mario VILLALOBOS : The Enactive approach to consciousness and the Brainbound view : Enemies or allies ?

Soirée
Table ronde, animée par Ivan MAGRIN-CHAGNOLLEAU, avec Nico DOCKX (À Travers le Temps et le Jour) et Frédéric MATHEVET (Énaction politique dans les arts sonores contemporains)


Lundi 24 mai
MÉDITATION EN ACTION ET NATURE DE L'ESPRIT
Matin
Le DALAÏ-LAMA : Témoignage
Amy COHEN-VARELA : Titre non communiqué

Après-midi
Fabrice MIDAL : Ce que j'ai appris de la méditation grâce à Francisco Varela
Alexis LAVIS : L'approche varélienne du bouddhisme et le rôle du bouddhisme dans l'œuvre de Varela

Soirée
Présentations artistiques


Mardi 25 mai
Matin
Table ronde finale et bilan

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Michel BITBOL : La dialectique du corps et de la conscience: une traduction métaphysique de la neurophénoménologie
L'une des tâches que Francisco Varela a assigné à la neurophénoménologie est de dissoudre, et de ne surtout pas essayer de résoudre, le "problème difficile" de l'origine physique de la conscience. Car, selon lui, c'est la formulation même de ce problème qui nous égare. C'est l'énoncé standard (physicaliste) du "problème difficile" qui suffit à en faire un faux mystère. Mais une telle dissolution du "problème difficile" de la conscience est très exigeante pour les chercheurs. Elle les invite à quitter leur position d'observateurs détachés ou de penseurs neutres, et à s'auto-transformer jusqu'à reconnaître qu'ils ne sont pas distincts du thème de leur quête. Elle ne laisse aucune place au "problème difficile" dans le champ du discours, et le transplante entièrement sur le plan des pratiques et des attitudes. Il en résulte que la dissolution neurophénoménologique du "problème difficile" de la conscience s'est exposée à être ignorée ou tenue pour une simple esquive par les philosophes analytiques de l'esprit. Comment surmonter cet obstacle ? Comment restituer toute sa force argumentative à la neurophénoménologie ? Je propose pour cela de lui adjoindre une traduction métaphysique qui la rende suffisamment homogène aux termes du débat sur la conscience en philosophie de l'esprit. Bien sûr, je n'ignore pas ce qu'il y a de paradoxal à vouloir réintégrer l'espace de la métaphysique, pour mieux faire comprendre une position aussi délibérément anti-métaphysique que la dissolution neurophénoménologique du problème de la conscience. J'esquisserai alors deux stratégies pour surmonter ce paradoxe. La première stratégie est d'explorer les potentialités de la traduction en général, et de l'appliquer à la traduction métaphysique proposée ici. Comme l'écrit Barbara Cassin, la traduction n'est pas (ou ne devrait pas être) une transposition de concepts fixes d'une langue à une autre ; la traduction est (ou devrait être) une manière de faire communiquer deux mondes "en inquiétant l'un par l'autre". Ici, je n'essaierai donc pas de transposer les mots de la neurophénoménologie dans le vocabulaire de la spéculation métaphysique, mais d'inquiéter la métaphysique en lui demandant de trouver en elle la ressource d'exprimer ses antipodes. La deuxième stratégie consiste à conserver le bénéfice d'un passage du discours à la manière d'être, typique de la neurophénoménologie, dans cette tentative de réinscrire une manière d'être dans le discours. Pour cela, une conception dynamique et participative de la relation entre le corps et la conscience est formulée. Elle s'appuie sur le concept Varélien de "dialectique cybernétique", et correspond étroitement à l'"intra-ontologie" du dernier Merleau-Ponty : une réflexion sur ce que c'est que d'être, loin des disciplines de la contemplation des étants. En fin de parcours, j'essaierai de montrer que cette métaphysique du corps et de la conscience ne s'inscrit nullement en faux contre la décision neurophénoménologique de suspendre toute théorisation du "problème difficile" de la conscience. Au contraire, elle a la capacité de conforter la neurophénoménologie dans sa décision d'inscrire la recherche en sciences cognitives dans une dynamique de vie vécue qui conditionne la dissipation du problème de la conscience à la transformation de l'être conscient.

Michel Bitbol est chercheur en philosophie de la physique, en philosophie de la connaissance, et en philosophie de l'esprit. Il est Directeur de recherche émérite CNRS aux Archives Husserl, ENS, Paris. Ayant fait ses études dans plusieurs universités à Paris, il a reçu successivement un doctorat en médecine en 1980, un doctorat d'État en physique en 1985, et une Habilitation à diriger des recherches en philosophie, en 1997. Il a poursuivi des recherches scientifiques de 1978 à 1990, puis, à partir de 1990, il s'est tourné vers la philosophie de la physique. Il a d'abord traduit et commenté des textes d'Erwin Schrödinger. Il a ensuite publié plusieurs livres sur une lecture néo-kantienne de la mécanique quantique, ainsi que sur une philosophie des sciences relationnelle. En 1997, l'Académie des Sciences Morales et Politiques lui a remis son prix Grammaticakis-Neumann de philosophie des sciences. Par la suite, il a concentré sa quête sur la philosophie de l'esprit, et sur ses éventuelles connexions avec la physique quantique. Il a travaillé en collaboration étroite avec Francisco Varela dans le sillage de ce travail. Puis il a approfondi cette direction de recherche, en développant une conception de la conscience inspirée par la phénoménologie et par une épistémologie de la connaissance en première personne. Plus récemment, s'appuyant sur sa double approche de la philosophie des sciences et de la philosophie de l'esprit, il s'est engagé dans le débat contemporain sur les nouvelles propositions métaphysiques développées sous la bannière du "réalisme spéculatif".
Publications
Mécanique quantique, une introduction philosophique, Flammarion, 1996.
Schrödinger's philosophy of quantum mechanics, Kluwer, 1996.
L'aveuglante proximité du réel, Champs-Flammarion, 1998.
Physique et philosophie de l'esprit, Champs-Flammarion, 2000.
De l'intérieur du monde, Flammarion, 2010.
La conscience a-t-elle une origine ?, Flammarion, 2014.
La pratique des possibles, une lecture pragmatiste et modale de la mécanique quantique, Hermann, 2015.
Maintenant la finitude, peut-on penser l'absolu ?, Flammarion, 2019.

Valérie BONNARDEL : Couleur, expérience humaine et cyborgisme
"L'abeille imagine la fleur et la fleur imagine l'abeille", Francis Huxley(1)
Dans leur ouvrage L'inscription corporelle de l'esprit. Science cognitive et expérience humaine(2) publié en 1993, Francisco Varela, Evan Thompson et Eleanor Rosch proposent une nouvelle conception de la cognition qualifiée d'énactive. L'énaction propose une théorie de la cognition basée sur le principe selon lequel les organismes vivants sont des systèmes autonomes, doués d'auto-organisation et générateurs de signification qui donne lieu à l'origine co-déterminée de la cognition et de l'environnement dans lequel l'organisme est situé(3). Pour notre propos, la position de l'énaction s'inscrit dans un contexte non-dualiste et tente de réconcilier les oppositions traditionnelles (sujet-objet, corps-esprit, soi-autres, etc.) et, ce faisant, offre une voie intermédiaire entre l'opposition "objectivisme computationnel" et le "subjectivisme neurophysiologique". Dans une perspective objectiviste, les organismes vivent dans un environnement préexistant et la cognition dont ils sont pourvus consiste à récupérer l'information nécessaire à la construction d'une représentation plus ou moins fidèle de cet environnement. Pour le subjectivisme, le système cognitif projette ses propres représentations et l'apparente réalité n'est que le reflet des lois internes du système. Pour illustrer les principes et l'intérêt d'une conception énactive de la cognition, les auteurs choisissent l'exemple de la vision colorée qui présente l'avantage d'être, d'une part un sujet transdisciplinaire, incluant entre autres, la biologie, la psychologie, l'anthropologie et les disciplines artistiques et qui, d'autre part, possède une signification immédiate dans l'expérience humaine en termes de perception, de cognition et d'émotion. Ainsi, les auteurs montrent que l'objectivisme peine à rendre compte de l'expérience colorée car il n'existe pas de relation de causalité simple et univoque entre le signal physique (flux lumineux) qui atteint l'œil et la couleur perçue. Quant au subjectivisme, il échoue à rendre compte des aspects universellement partagés de la vision des couleurs tels que leur perception catégorielle. L'approche énactive réconcilie ces deux aspects. Dans cette approche la cognition est "incarnée" c'est-à-dire qu'elle résulte d'expériences rendues possibles avec un corps doté de capacités sensorimotrices qui s'exercent dans un environnement physique, biologique, psychologique, social et culturel à partir duquel l'expérience émerge (énaction) et où perception et action sont indissociables. La qualité de l'expérience énactée de l'apparence colorée résulte alors du couplage structurel entre l'organisme et son environnement pour lequel l'intersubjectivité et le partage culturel de cette expérience sont essentiels à l'extraction de sa signification. Aujourd'hui, en rendant possible la mise en place de capacités sensorielles jusque alors inédites chez les organismes vivants, de récents développements technologiques qualifiés de cyborgisme offrent l'occasion d'une réflexion sur la nature des couplages structurels qui s'élaborent à partir de l'interaction entre le cyborg(4) et son milieu ainsi que de leur impact sur la cognition humaine.
(1) Cité par Francisco Varela, in Monte Grande 2014 Monte Grande : "What is life", Dir: Franz Reichle (2004).
(2) Publiée en 1993 aux Éditions du Seuil, "La couleur des idées". Il s'agit d'une traduction de The embodied mind. Cognitive Science and Human experience, The MIT Press, Cambridge, Massachusetts, publié en 1991. Une seconde édition révisée est publiée en 2016. Varela F. J., Thompson E. & Rosch E. (2016), The Embodied Mind Cognitive Science and Human Experience, Revised Edition, The MIT Press, Cambridge, Massachusetts.
(3) Pour une discussion détaillée du concept d'énaction, et plus généralement de la pensée varelienne, on se référa au numéro spécial de la revue Constructivist Foundations, Volume 13 (1), "Missing the woods for the trees : neglected aspects of Francisco Varela's work".
(4) "Cyborg" vient de la contraction des termes "cybernétique" et "organisme".

Après avoir réalisé son travail doctoral sous la direction de Franciso Varela à l'Institut des Neurosciences (Université Pierre et Marie Curie), Valérie Bonnardel poursuivait ses recherches au Laboratoire de Psychologie Expérimentale à l'université de Cambridge (Royaume-Uni). Son travail de recherche concernait les aspects psychophysiques de la vision colorée chez l'homme. À l'exception d'une année passée en Inde pour mener une étude sur les aspects cognitifs et culturels de la couleur, l'ensemble de sa carrière d'enseignante s'est effectué au Royaume-Uni. Depuis ces dernières années, elle enseigne dans le département de Psychologie à l'université de Winchester où il lui a été possible de développer un cours destiné aux étudiants de troisième année sur le thème "Embodied Cognition and Contemplative Practice Studies".

Raphaële JEUNE : Varela à l'aventure de l'art
Comment aborder la pensée de Francisco Varela dans le champ de l'art contemporain ? Comment mettre en œuvre dans des dispositifs artistiques l'expérience de l'expérience à laquelle il invite ? Que nous disent les concepts qu'il a forgés, comme l'autopoïèse ou l'enaction, et ceux qu'il a embrassés, comme la mindfulness et la śūnyatā, sur la créativité des artistes, mais aussi celle de tout individu ? Nous aborderons ces questions à partir d'exemples, parmi lesquels l'exposition "La psyché de l'univers — Hommage à Francisco J. Varela" conçue et réalisée par l'auteure de cette communication et l'artiste Nico Dockx en 2015.

Raphaële Jeune est commissaire d'exposition, chercheuse et professeure d'Histoire et théorie de l'art à l'École Européenne Supérieure d'Art de Bretagne — Site de Rennes. Ses axes de recherches concernent les mutations du sujet à l'heure de l'anthropocène et de la subjectivité digitale, telles qu'elles apparaissent dans l'art. Elle soutient prochainement une thèse d'esthétique, inspirée par la pensée de Varela, sur des "situations de présence", œuvres qui invitent le spectateur à éprouver la réalité événementielle du soi par l'expérience de la présence ici et maintenant. Elle a réalisé de nombreuses expositions, dont "Ce qui vient" (Couvent des Jacobins, Frac Bretagne, Musée des Beaux-Arts, Centre d'art contemporain, Rennes, 2010), "Plutôt que rien" (Maison populaire, Montreuil, 2011), "En attendant la montée des eaux" (Centre d'art La Rochelle, 2011), "Des mers non répertoriées" (Mains d'œuvre, Saint-Ouen, 2014) et "La psyché de l’univers — Hommage à Francisco J. Varela" (Phakt, Rennes, 2015).
Dernières publications
La psyché de l’univers — Hommage à Francisco J. Varela, Phakt, Rennes, 2015.
"Kuka et nous", Traverses & Inattendus #1, La Chapelle Faucher, Éditions Traverses et inattendus, 2017.
"Puissances de l'attention dans l'art contemporain : l'exemple des situations de co-présence", in Yves Citton et Estelle Doudet (dir.), Écologies de l'attention et archéologie des media, Colloque de Cerisy, Grenoble, UGA Édition, 2019.

Charles LENAY : Énaction et interaction : la question du possible
Les difficultés à l'origine de la fracture apparue entre les approches varéliennes de l'énaction qui se développent actuellement autour de l'idée de sense-making et les approches de l'école de Maturana qui maintiennent une rigoureuse clôture organisationnelle de l'autopoïèse, peuvent se comprendre à partir de la question d'une naturalisation de l'expérience du possible. Je proposerai une piste pour résoudre cette question à partir d'une approche interactionniste prenant au sérieux l'altérité de la rencontre entre différentes clôtures organisationnelles. À l'appui de ces idées, je présenterai une étude expérimentale minimaliste des conditions de la constitution de l'expérience d'une séparation dans un champ de possibles.

Charles Lenay est professeur de sciences cognitives et philosophie, COSTECH (Connaissance, Organisation et systèmes Techniques) à l'université de technologie de Compiègne. Il consacre l'essentiel de ses recherches aux interactions entre organismes vivants et à la constitutivité biologique et technique de l'expérience humaine.

Ivan MAGRIN-CHAGNOLLEAU : Le concept d'énaction appliqué à la création artistique
Le concept d'énaction, qui a été développé par Varela et al., notamment dans le livre The Embodied Mind, a depuis fait son chemin, et inspiré nombre de travaux en sciences cognitives, mais aussi en phénoménologie, en sciences de l'éducation, etc. Je m'intéresse pour ma part à la création artistique, et je présenterai quelques idées sur la façon dont le concept d'énaction peut s'appliquer dans ce cadre.

Ivan Magrin-Chagnolleau est chercheur au CNRS, au sein du laboratoire PRISM à Marseille. Il se consacre à la recherche et à l'enseignement universitaires, en particulier en art et en philosophie. Il s'intéresse particulièrement au processus créatif et à sa phénoménologie, au lien entre art et spiritualité, et à l'importance de réhabiliter l'amour comme une valeur essentielle. Il se consacre également à la création artistique, notamment pour le cinéma, le théâtre, la photographie, la musique et l'écriture.
Publications
"Hasard et Création", in Le hasard, le calcul et la vie, Thierry Gaudin, Marie-Christine Maurel & Jean-Charles Pomerol (dir.), Colloque de Cerisy (2019), ISTE Éditions, Collection "Systèmes d'information, web et société", pp. 161-175, 2021.
"L'énaction dans la création artistique: théâtre, cinéma et performance", in Action, Énaction, Xavier Lambert (ed.), L'Harmattan, Collection "Ouverture Philosophique", pp. 213-224, 2017.

Célio PAILLARD : L'émergence entre : l'accumulation comme stratégie de création
Basée sur ma démarche artistique, cette communication exposera une manière particulière de recourir à l'émergence pour produire des œuvres originales, à travers des stratégies d'accumulation. On verra d'abord comment la création par accumulation produit un monde plutôt qu'une histoire unique et est ainsi un moyen d'ouvrir le champ interprétatif. Cela questionnera à la fois le statut d'œuvre et celui de l'auteur : comment faire autorité lorsqu'on met en place des processus d'autopoïèse ? Il sera aussi beaucoup question de processus de perception, à la fois comme problématique de recherche plastique et comme mode d'accès à l'œuvre.

Célio Paillard est artiste plasticien et chercheur. Sa démarche plastique est centrée sur les médias textuels et sonores. Elle prend la forme d'écritures numériques, de performances, d'installations sonores programmées ou, souvent à travers des collaborations avec d'autres artistes, de pièces sonores associées à un travail vidéo. Après une thèse décrivant les processus d'artification de l'art numérique, sa recherche aborde des questions relatives à ce type d'art, mais aussi aux arts émergents et sonores. Il étudie aussi beaucoup les processus de création, dans une approche combinant sociologie et esthétique. Il est également co-fondateur et co-directeur de la revue numérique L'autre musique. Il est par ailleurs enseignant (en arts plastiques) dans l'école nationale d'architecture Paris-val-de-Seine, membre de la maison d’édition Ici-bas ainsi que graphiste free-lance.
Sélection de publications
"Faire émerger l'œuvre", article publié dans Action/énaction : l'émergence de l'œuvre d'art, sous la direction de Xavier Lambert, Paris, L'Harmattan, 2017.
""L'art numérique" : théories manifestes et pratiques singulières", Revue Études Littéraires (Canada), Volume 44, numéro 3, automne 2014, p. 123-138.
"Imaginaires des arts numériques et imaginaires des œuvres", publié dans Poétique(s) du numérique 2, Éditions l'Entretemps, Lavérune (34), 2013.

Claire PETITMENGIN : L'énaction comme expérience vécue
Dans L'inscription corporelle de l'esprit, Francisco Varela nomme "énaction" le point de vue selon lequel "la cognition, loin d'être la représentation d'un monde prédonné, est l'avènement conjoint d'un monde et d'un esprit à partir de l'histoire des diverses actions qu'accomplit un être dans le monde". Dans cet ouvrage, consacré à démontrer la nécessité d'intégrer une étude disciplinée de l'expérience humaine dans les sciences de la cognition, la plupart des arguments en faveur de l'énaction sont tirés de l'intelligence artificielle, des neurosciences, de la psychologie développementale, de la théorie de l'évolution et de l'immunologie. Dans mon exposé je développerai l'idée, en germe dans L'inscription corporelle de l'esprit, que le processus de co-émergence du moi et du monde peut aussi faire l'objet d'une expérience intime, concrètement vécue.

Claire Petitmengin is currently Professor Emerita in Philosophy at the Institut Mines-Télécom and member of the Archives Husserl, École Normale Supérieure in Paris. Her research focuses on the usually unrecognized dynamics of lived experience and "micro-phenomenological" methods enabling us to become aware of it and highlight its essential structures. She studies the epistemological conditions of these methods, as well as their educational, therapeutic, artistic and contemplative applications. She currently devotes herself to exploring the links between the ecological crisis and our blindness to our lived experience. She has written numerous scientific articles and two books : L'expérience intuitive, and Le chemin du milieu : Introduction à la vacuité dans la pensée bouddhiste indienne. She also edited Ten years of viewing from within : The legacy of Francisco Varela, which commemorates the tenth anniversary of the publication of The View from Within, wherein Francisco Varela designed the foundations of a research program on lived experience.
Publications
Petitmengin C. (2017), "Enaction as a lived experience. Towards a radical neurophenomenology", Constructivist Foundations, 12, (2): 139-147.
Petitmengin C. (2006), "L'énaction comme expérience vécue", Intellectica, 43, 85-92.

Jean PETITOT : Que signifie naturaliser la phénoménologie ?
Au cours des années 1990, j'ai co-organisé avec Francisco Varela, Jean-Michel Roy et Bernard Pachoud un séminaire au long cours sur la naturalisation de la phénoménologie. Ces travaux ont débouché sur la publication en 1999 de l'ouvrage Naturalizing Phenomenology : Issues in contemporary phenomenology and cognitive science (Stanford University Press). Plusieurs façons de concevoir les relations entre la phénoménologie husserlienne comme eidétique descriptive et les neurosciences cognitives y sont développées. Je me propose de revenir sur ces réflexions.

Né en 1944 à Paris, directeur d'études retraité à l'EHESS, Jean Petitot est un spécialiste des modèles mathématiques en sciences cognitives. Il a appliqué les théories des singularités et des bifurcations constitutives des modèles morphodynamiques de René Thom à divers aspects du structuralisme, à la phénoménologie de la perception et aux neurosciences cognitives. Ces recherches l'ont conduit à un programme de naturalisation de la phénoménologie husserlienne. Il est également un philosophe des sciences et a été dans ce domaine l'un des réintroducteurs de la philosophie transcendantale en mathématiques et en physique modernes.
Publications
Petitot J., 1999 (ed. with F. Varela, J.-M. Roy & B. Pachoud), Naturalizing Phenomenology : Issues in Contemporary Phenomenology and Cognitive Science, Stanford, Stanford University Press.
Petitot J., 2002, "Eidétique morphologique de la perception", Naturaliser la phénoménologie, J. Petitot, F. Varela, J.-M. Roy, B. Pachoud (eds), CNRS Éditions, Paris, 427-484 [en ligne].
Petitot J., 2004, "Géométrie et Vision dans Ding und Raum de Husserl", Des lois de la pensée aux constructivismes, M.-J. Durand-Richard (ed.), Intellectica, 2004/2, 39, 139-167 [en ligne].
Petitot J., 2010, ""Le hiatus entre le logique et le morphologique". Prédication et perception", Semiosis and Catastrophes. René Thom's Semiotic Heritage, W. Wildgen, P.A. Brandt (eds), Peter Lang, Bern, 141-166 [en ligne].
Petitot J., 2014, "Landmarks for neurogeometry", Neuromathematics of Vision, G. Citti, A. Sarti (eds), Springer, Berlin, Heidelberg, 1-85 [en ligne].
Petitot J., 2017, Elements of Neurogeometry. Functional Architectures of Vision, Lecture Notes in Morphogenesis, Springer.
Colloques de Cerisy
(dir.) 1982, Logos et théorie des catastrophes (à partir du travail de René Thom).
(dir.) 1988, Rationalité et objectivités.
(dir.) 1990, Avec Fernando Gil et Heinz Wismann, 1790-1990 - Le destin de la philosophie transcendantale.
(dir.) 1996, Avec Paolo FAabbri, Umberto Eco : au nom du sens.
"Auto-organisation, criticité et temporalité", in Jean-Pierre Dupuy. Dans l'œil du cyclone, Carnets Nord, 2008..

Jean-Daniel THUMSER : Aux entrailles de la subjectivité : pour une cardio et une gastrophénoménologie
Plutôt que de réduire la phénoménologie à une science auxiliaire des sciences cognitives, les chercheurs contemporains en phénoménologie tentent de développer une étude cogénérative de la vie subjective mêlant tantôt une perspective à la première personne, transcendantale, tantôt les données de recherches de type étiologique menées par des psychologues, psychiatres et neuroscientifiques. Dans la trame de ladite "naturalisation de la phénoménologie", nous souhaitons garder intacte la sphère de la phénoménalité afin de ne pas réduire cette dernière à ce qu'elle n'est pas, à savoir des processus neurophysiologiques asubjectifs. Pour ce faire, notre ambition consiste à remettre l'expérience au premier plan, à ne la réduire d'aucune façon, et à mettre au jour de quelle manière l'étude du cœur et du système nerveux entérique forme une nouvelle voie permettant d'outrepasser le fossé explicatif entre l'étude phénoménologique et l'étude strictement physicaliste. En considérant le corps (Leibkörper) en tant qu'organe de la volonté et lieu de l'expérience intime, nous traiterons les difficultés qu'il y a à vouloir étudier la vie subjective à partir du cerveau - organe noble considéré à tort ou à raison comme centre et source de la vie subjective, mais hors de portée de l'expérience —, puis les promesses d'une étude cogénérative à partir des entrailles — partie vile du corps, mais dotée d'un grand nombre de neurones et dont nous faisons l'expérience — afin de mettre en lumière les intrications entre les vicissitudes du corps et la vie subjective.


BIBLIOGRAPHIE :

• F. Varela, Principles of Biological Autonomy, Elsevier/North-Holland, New York, 1979, 306 pp (en français : Autonomie et Connaissance : Essai sur le Vivant, Seuil, Paris, 1988).
• H. Maturana and F. Varela, Autopoiesis and Cognition : The realization of the living, Boston, 1980, 141 pp.
• F. Varela, "L'auto-organisation : de l'apparence au mécanisme", in L'auto-organisation. De la physique au politique, Colloque de Cerisy, Éditions du Seuil, 1983.
• H. Maturana and F. Varela, The Tree of Knowledge : A new look at the biological roots of human understanding, Shambhala/New Science Library, Boston, 1987 (en français : L'Arbre de la Connaissance, Addison-Wesley France, Paris, 1994).
• F. Varela, Connaître Les Sciences Cognitives, tendances et perspectives, Éditions du Seuil, Paris, 1988.
• F. Varela, E. Thompson and E. Rosch, The Embodied Mind : Cognitive science and human experience, MIT Press, Cambridge, 1991 (en français : L'Inscription Corporelle de l'Esprit, Seuil, Paris, 1993).
• F. Varela, Un Know-how per l'ettica, The Italian Lectures 3, Editrice La Terza, Roma, 1992 (en français : Quel savoir pour l'éthique ? Action, sagesse et cognition, Éditions La Découverte, Paris, 1996).
• F. Varela and J.-P. Dupuy (Eds.), Understanding Origin : Scientific Ideas on the Origin of Life, Mind, and Society (A Stanford University Interational Symposium), Boston Studies Phil. Sci., Kluwer Assoc., Dordrecht, 1992.
• J. Hayward and F. Varela (Eds.), Gentle Bridges : Dialogues between the Cognitive Sciences and the Buddhist Tradition, Shambhala Publishers, 1992 (en français : Passerelles : Entretiens avec des scientifiques sur la nature de l'esprit, Albin Michel, 1995).
• M. R. Anspach & F. Varela, "Le système immunitaire : un "soi" cognitif autonome", in Introduction aux sciences cognitives, Colloque de Cerisy, Éditions Gallimard, Coll. "Folio Essais", 1992 (réédition en 1995 et 2004).
• F. Varela, Invitation aux Sciences Cognitives, Éditions du Seuil, "Points Sciences", 1996.
• F. Varela (Ed.), Sleeping, Dreaming and Dying : Dialogues between the Sciences and the Buddhist Tradition, Wisdom Book, Boston, 1997 (en français : Dormir, Rêver, Mourir, NIL Éditions, Paris, 1998).
• F. Varela and J. Shear (Eds.), The View from Within : First-Person Methodologies in the Study of Consciousness, Special Issue, Journal of Consciousness Studies, 6(2-3), 1999 (also available as book : Imprint Academic, London, 1999).
• J. Petitot, F. Varela, B. Pachoud and J.-M. Roy (Eds.), Naturalizing Phenomenology : Contemporary Issues in Phenomenology and Cognitive Science, Stanford University Press, Stanford, 1999.
• J. Hayward and F. Varela (Eds.), Gentle Bridges : Conversations with the Dalai Lama on the Sciences of Mind, Shambhala Publishers, 2001.
• N. Depraz, F. Varela and P. Vermersch, On Becoming Aware : Steps to a Phenomenological Pragmatics, Benjamin Publishing, Advances in Consciousness Research, New York, 2003.
• S. Brier and J. Bopry (Eds.), Francisco J. Varela 1946-2001, Special Issue, Cybernetics & Human Knowing, 2004 (also available as book : Imprint Academic, London, 2004).
• C. Petitmengin (Eds.), Ten Years of Viewing from Within : The Legacy of Francisco Varela, Special Issue, Journal of Consciousness Studies, 2009 (also available as book : Imprint Academic, London, 2009).
• F. Varela, Le cercle créateur - Écrits (1976-2001), Seuil, Paris, 2017.


SOUTIENS :

• Équipe de recherche interdisciplinaire sur les aires culturelles (ERIAC, EA 4705) | Université de Rouen Normandie
• Archives Husserl (UMR 8547) | CNRS / ENS
• Laboratoire Perception Représentations Image Son Musique (PRISM, UMR 7061) | CNRS / Aix-Marseille Université
• Mind & Life Europe

Programme 2021 : un des colloques

— Programme complet —


Information importante

En raison de la persistance de la pandémie, et en accord avec les directeurs du colloque, Cerisy s'adapte et restructure cette rencontre de la manière suivante :
- un colloque en visioconférence, du mardi 11 au samedi 15 mai 2021  (programme disponible ci-dessous) ;
- des conférences de clôture (sous la présidence de notre président Jean-Baptiste de Foucauld) à l'Institut national d'histoire de l'art les lundis 27 septembre, 4 octobre, 11 octobre et 18 octobre 2021 (programme disponible ci-dessous) ;
- un colloque en présentiel à Cerisy, intitulé "Art et Argent : imager, raconter, créer", du mercredi 11 mai au dimanche 15 mai 2022.

La direction du CCIC


ART / ARGENT : L'ÉCONOMIE À L'ŒUVRE


DU MARDI 11 MAI (19 H) AU LUNDI 17 MAI (14 H) 2021

[ colloque de 6 jours ]



DIRECTION :

Patrice BAUBEAU, Martial POIRSON, Yann TOMA


ARGUMENT :

Ce colloque interdisciplinaire portera sur les relations entre les arts et l'économie d'hier à aujourd'hui. En effet, les formes de production, de représentation et de réception de l'art à travers les âges sont indissociables du système économique de leur temps sans en être pour autant une simple transposition, alors que la mise en fiction de l'économie, sa réalité parfois portée à la critique, sublimée ou transformée par l'art, autorisent de subtiles stratégies d’infiltration, de détournement, de subversion de l'attribution de la valeur. D'où l'existence d'un rapport de fascination et de répulsion mutuelle entre art et argent. Ce dialogue complexe s'éclaire en interrogeant la position des œuvres, des artistes et des publics, mais aussi, de façon symétrique, les modalités de captation des gestes artistiques au sein de l'activité économique proprement dite. Le travail créateur s'insère ainsi dans la production de valeur marchande comme dans ses processus de créance, tout en interrogeant ses modalités d'évaluation, de distribution ou d'appropriation, sous leurs formes économiques, sociales, politiques, culturelles et symboliques.

La rencontre accordera une large place à la recherche créative et à l'expérimentation artistique des objets et mécanismes économiques (monnaie, actions). Elle articulera relecture de textes canoniques, paroles de penseurs de différentes disciplines, expérimentations d'artistes et rencontres avec des acteurs de l'économie.

N.B. : Ce colloque ayant été initialement prévu en 2020, il vous est possible d'accéder à sa présentation 2020 : cliquer ici.


MOTS-CLÉS :

Argent, Arts, Créance, Crise, Économie, Fiction, Littérature, Monnaie, Théâtre


PROGRAMME DU COLLOQUE EN VISIOCONFÉRENCE (11-15 mai 2021) :

Un site "Archives du colloque", regroupant l'ensemble des vidéos des interventions qui se sont tenues en visioconférence, est actuellement en ligne : argentgens.herokuapp.com.

Mardi 11 mai
L'ÉCONOMIE DANS L'ART : INTRODUCTION INAUGURALE
Introduction inaugurable du colloque
15h00
Mot d'accueil, par Edith HEURGON
Patrice BAUBEAU, Martial POIRSON & Yann TOMA : Introduction

16h00
Christine BARON : Flux monétaires à l'état gazeux


Mercredi 12 mai
ÉCRITURES DE L'ARGENT
Présidence : Christine BARON
9h30
Commerces du théâtre, théâtralisations de l'argent, table ronde avec Guillaume COT (Dom Juan ou le crédit d'une œuvre), Béatrice SCHUCHARDT (L'économie politique transformée en fiction : la mise en scène des secteurs économiques dans le théâtre sentimental espagnol et français), Romain JOBEZ (Le théâtre est-il un luxe ? Des valeurs dans le domaine du spectacle vivant) et Isabelle BARBÉRIS (Postures anticapitalistes sur la scène contemporaine)

11h30
Désorientations, table ronde avec Marion LAVAL-JEANTET (Dévalorisations : expériences artistiques de détournement de la valeur), Isabelle de MAISON ROUGE (Money money money, ou le fric c'est chic) et Agnieszka KOMOROWSKA ("Ça n'existe pas, une société qui ne batte pas monnaie". Communauté et fictions économiques dans la trilogie Vernon Subutex de Virginie Despentes)


Jeudi 13 mai
FIGURATIONS, MOTIFS, TROPES ÉCONOMIQUES
Présidence : Sophie CRAS
13h30
Emmanuel BOUJU : Credit Crunch. Pour une poétique de l'insolvabilité

15h00
Pertes, profits, circulations, table ronde avec Marius Warholm HAUGEN (Économie du risque et mises en scène de la loterie au début du XIXe siècle), Marie-Laure MASSEI-CHAMAYOU ("I shall eat ice & drink French wine and be above vulgar economy"), Christophe RIOUX (L'âge de l'artketing : les noces de l'art, du marketing et de l'économie) et Ludovic DESMEDT (L'argent dans le neuvième art : les échanges monétaires vus par l'école franco-belge [en collaboration avec Jérôme BLANC])


Vendredi 14 mai
POSTURES ET IMPOSTURES ARTISTIQUES
Présidence : Yann TOMA
9h30
Stock Exchange, table ronde avec Jacinto LAGEIRA (Philosophie de l'argent – Sur les Théories esthétiques de Georg Simmel), Sophie CRAS (Petits traités d'économie rédigés par des artistes) et Christophe DOMINO (Gilles Mahé – Art & Gens) et

11h00
Entreprises critiques, table ronde avec Yann TOMA (De Marcel Duchamp aux entreprises critiques – Chèque en bois, sociétés fictives et libération de capital artistique), Res INGOLD (La valeur idéelle du vol) et Stephen WRIGHT (Vers un art sans reste, sans excédent et sans plus-value)


Samedi 15 mai
DIMENSIONS SENSORIELLES DES OBJETS MONÉTAIRES : UNE EXPLORATION À PARTIR DU FAUX
Présidence : Éric MÉCHOULAN
14h00
Éric MÉCHOULAN : Fausse monnaie et vérité artistique

RHÉTORIQUE DES ÉCONOMISTES
Présidence : Éric MÉCHOULAN

15h00
Styles et fictions des économistes, table ronde avec Alexandre PÉRAUD (Et l'économie devint épique) et Christophe REFFAIT (Les métaphores chez Jean-Baptiste Say)

17h30
Imaginaires économiques, table ronde avec Annika NICKENIG (Abondance et ambivalence de l'argent. Jean Bodin et sa Réponse aux paradoxes de Malestroit [1568]), Élise SULTAN-VILLET (Homo eroticus et homo œconomicus. Le calcul libertin ou le bonheur comptable) et Slaven WAELTI (Fertilité de l'argent et sacrifice : un imaginaire paradoxal de la monnaie)


PROGRAMME DES CONFÉRENCES DE CLÔTURE :

— Séminaire Arts & crise —
[ Institut national d'histoire de l’art ]

L'ART DE L'ÉCONOMIE
Fables et mythologies de l’économie — Présidence : Jean-Baptiste de FOUCAULD

Lundi 27 septembre 2021
17h00
André ORLÉAN : Les fables des économistes


Lundi 4 octobre 2021
17h00
Yann MOULIER-BOUTANG : L'abeille et l'économiste


Lundi 11 octobre 2021
17h00
Arnaud MANAS : "L'art de l'économie"


Lundi 18 octobre 2021
Atelier : La Révolution sera tokenisée, par Aude LAUNAY


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Christine BARON : Flux monétaires à l'état gazeux
L'argent au XXIe siècle se caractérise par son invisibilité et son ubiquité. À la manière des flux financiers et leur caractère immaîtrisable, la sociologie contemporaine et les arts se dématérialisent, mais cette dématérialisation est-elle neuve ? Après un bref détour historique, la communication portera entre autres sur le corps désincarné d'Eric (Cosmopolis) face à la compacité du corps civique qui associe à l'argent une ontologie spécifique et une éthique. Il ne s'agit plus dans une perspective romantique de refonder éthiquement le monde contre le pouvoir de l'argent mais de faire face à une utopie en suspension "pulvérulente" où se dissout même la possibilité d'un espace critique (Walter Siti). L'émergence d'une économie de l'attention (Citton) et d'une économie affective (Hochschild, Le prix des sentiments, 2017) investit le corps même des sujets en contexte néocapitaliste. Surgit alors le paradoxe d'un flux à la fois invisible, sans poids, et intériorisé qui investit le corps du sujet néolibéral comme une nouvelle forme diffuse de biogouvernance où l'État n'a aucune part. C'est cette apparente contradiction que ce travail tentera d'explorer notamment à travers la valorisation de l'émotion en contexte néocapitaliste.

Christine Baron est professeur de littérature comparée à l'université de Poitiers en délégation CNRS à "République des savoirs" (ENS Ulm). Après une thèse de théorie en littérature sur la notion d'utopie chez Calvino, Borges, Queneau, elle s'est spécialisée en épistémocritique et dans l'étude des relations économie/littérature et droit/littérature (France-USA).
Publications
La pensée du dehors, 2007, Coll. "Ouverture philosophique", L'Harmattan.
La littérature et son autre, 2008, Coll. "Littérature comparée", L'Harmattan.
Realism, antirealism in the XXth Century, 2010, Rodopi, Amsterdam.
Littérature, droit et transgression, 2013, La Licorne.
"Littérature et économie ; contacts, conflits, perspectives", 2013, Épistémocritique, n°12.
Literature and economics, 2017, en collaboration avec Cinla Akdere, Routledge.
The productivity of plagiarism, avec Charlotte Krauss et Larissa Polubojarinova.
En cours de parution
Le récit judiciaire, 2020, Presses du CNRS.
Contextes littéraires, émotions judiciaires, 2020, Garnier.

Emmanuel BOUJU
Emmanuel Bouju est Professeur de littérature comparée à l'université de la Sorbonne Nouvelle. Il a été membre senior de l'Institut Universitaire de France (programme "Littérature à crédit. Roman européen contemporain et paradigme fiduciaire", 2015-2020) et plusieurs fois Visiting Professor à Harvard University. Il co-dirige la collection "Littérature, Histoire, Politique" aux Classiques Garnier.
Dernier ouvrage
Épimodernes. Nouvelles "leçons américaines" sur l'actualité du roman, Codicille éditeur, Québec, 2020.

Guillaume COT : Dom Juan ou le crédit d'une œuvre
Dom Juan peut se lire comme une variation autour de la notion de crédit, en tant que création juridique et économique de valeur. La pièce met en scène des situations dans lesquelles un crédit est accordé, refusé ou dû à Dom Juan ou à d'autres personnages. Ce crédit peut être monétaire (comme dans le cas de Monsieur Dimanche), social (les frères d'Elvire), ou religieux (le Commandeur). Le crédit, la créance et la croyance fonctionnent dans l'œuvre selon une seule et même dynamique, et s'insinuent dans les moindres interactions. Nous proposons ainsi de nous saisir du phénomène du crédit, en tant que création de valeur par la croyance, comme grille de lecture dramaturgique, afin de dégager un discours porté par la pièce tant sur le crédit lui-même que sur le théâtre. Nous chercherons à déceler ce qui, dans Dom Juan, crée le théâtre par et autour du crédit.

Guillaume Cot est titulaire d'un master en études théâtrales de l'École normale supérieure ainsi que d'un master en droit public de l'université de la Sorbonne. Il est actuellement doctorant à l'université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, où il rédige une thèse sous la direction de Martial Poirson. Sa thèse est intitulée : "La Scène et la Loi. Les dramaturgies du droit pendant la Révolution française, 1789-1794". Il est également attaché temporaire d'enseignement et de recherche à l'université de Lille.

Sophie CRAS : Petits traités d'économie rédigés par des artistes
Qu'advient-il de l'économie lorsqu'elle est pensée, inventée, rêvée par les artistes ? On le sait peu, mais nombreux furent les artistes qui, de la fin du XIXe siècle jusqu'à aujourd'hui, se firent un temps économistes et rédigèrent de véritables petits traités ambitionnant de renouveler la discipline. Cette contribution se propose de traverser ces textes et d'en explorer la portée d'aujourd'hui. Qu'ils aient suivi une formation universitaire en économie (tel Vassily Kandinsky ou Robert Filliou), qu'ils aient construit leur conception théorique de l'art en dialogue avec des économistes (comme William Morris ou Joseph Beuys), ou qu'ils aient élaboré un système théorique à part entière (à l'instar d'Asger Jorn ou d'Isidore Isou), ces artistes nous livrent une vision riche et singulière, tant sur la pensée économique de leur temps que sur les enjeux d'aujourd'hui.

Sophie Cras est maîtresse de conférences en Histoire de l'art contemporain à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et s'intéresse à de nouvelles approches à l'intersection de l'art et de l'économie. Son premier livre, L'économie à l'epréuve de l'art. Art et capitalisme dans les années 1960 (Presses du réel, 2018 ; traduit chez Yale University Press, 2019) s'intéresse au regard créatif et critique que les artistes contemporains ont porté sur l'économie de leur temps.

Ludovic DESMEDT : L'argent dans le neuvième art : les échanges monétaires vus par l'école franco-belge [en collaboration avec Jérôme BLANC]
Les échanges monétaires apparaissent de manière plus ou moins réaliste dans de nombreuses bandes dessinées : le but de cette communication consiste à délimiter le(s) rôle(s) de l'argent lorsqu'il est représenté dans les "grandes" séries franco-belges. Nous nous appuierons sur certains titres issus des séries Tintin, Astérix et Obélix, Lucky Luke, Les Schtroumpfs, Tif et Tondu, Gaston Lagaffe, Achille Talon ou Rahan pour repérer plusieurs thèmes : les effets sociaux de l'apparition de la monnaie, ses usages au sein de certaines communautés, la confrontation de systèmes monétaires différents, la corruption via la monnaie…

Jérôme Blanc est professeur des universités à Sciences Po Lyon et chercheur au laboratoire Triangle (UMR 5206). Ses travaux portent principalement sur la monnaie et la pluralité de ses formes, qu'il aborde en particulier d'un point de vue socioéconomique et d'histoire des idées.
Publication
Les monnaies alternatives, La Découverte, Repères, 2018.

Ludovic Desmedt est professeur à l'université de Bourgogne-Franche Comté et chercheur au LEDi. Il s'intéresse à l'évolution des pratiques bancaires et des théories monétaires.
Publication
A co-édité avec J. Blanc, Les pensées monétaires dans l'histoire, Classiques Garnier, 2014.

Marius Warholm HAUGEN : Économie du risque et mises en scène de la loterie au début du XIXe siècle
Cette intervention interrogera les mises en scène de la loterie dans le théâtre parisien au début du dix-neuvième siècle : Le hasard corrigé par l'amour (1801), Les Petites marionnettes, ou la Loterie (1806), L'Isle de mariages, ou les Filles en loterie (1809), Le Billet de Loterie (1811), La Maison en loterie (1818), Le jeune homme en loterie (1821). La suppression en 1793 de la Loterie royale, son rétablissement en 1795 avec la naissance de la Loterie nationale, et les débats qui accompagnaient ces décisions, reflétaient un problème économique, moral et politique : l'État français devait-il profiter d'une institution financière très rentable, ou devait-il abolir un système d'Ancien Régime servant à exploiter les classes populaires ? On examinera comment ces enjeux sont traduits dans les "comédies de loterie". Il s'agira surtout de déterminer dans quelle mesure celles-ci produisent des réponses explicites ou métaphoriques aux enjeux liés à la loterie comme institution financière.

Marius Warholm Haugen est maître de conférences en littérature française à NTNU, Université des sciences et techniques de Norvège, Département de Lettres modernes. Il est l’auteur de plusieurs articles sur la littérature française et italienne du dix-huitième siècle.
ntnu.edu/employees/marius.haugen
Publication
Jean Potocki : esthétique et philosophie de l'errance, Peeters 2014.

Res INGOLD : La valeur idéelle du vol
La compagnie aérienne transmediale exploite une large gamme de services complémentaires dans le cadre du trafic aérien et développe un service de substitutions du transfert des matières premières et des principes actifs. Elle s'est engagée depuis plus de 60 ans en faveur de la mobilité atmosphérique et de la sécurité des atterrissages. L'aviation civile est toujours au centre du modèle économique d'Ingold Airlines. Cependant le marché a unilatéralement accéléré et polarisé le développement. En conséquence, de nouveaux domaines de responsabilité sont apparus dans tous les secteurs de la mobilité. L'avenir du trafic aérien doit également être envisagé toujours davantage dans une perspective écologique. La perspective opérationnelle se tourne de plus en plus vers des motifs immatériels décisifs.

Romain JOBEZ : Le théâtre est-il un luxe ? Des valeurs dans le domaine du spectacle vivant
Le théâtre peut être l'objet de différentes sortes d'analyse, faciles à prendre en défaut quand elles ont tendance à mettre de côté sa dimension esthétique. D'une part, un discours purement économique, vite réduit à la question de sa rentabilité, de l'autre, des jugements normatifs, voire idéologiques. Or axiologie et économie critiquent toutes deux le spectacle vivant à l'aune de la valeur, notion qui a été récemment débattue dans le domaine de la sociologie. C'est ainsi que les travaux de Nathalie Heinich ont fait apparaître une tension entre descriptivité et normativité lorsqu'il est question de valeurs. Il convient de se demander si cette tension n'est pas constitutive de toute activité artistique, et plus particulièrement du théâtre, dans une opération consistant à la mise en circulation et à la conversion permanente des valeurs et qui s'apparenterait, depuis longtemps, au fonctionnement du monde du luxe.

Romain Jobez est professeur des universités en Études théâtrales à l'université de Caen. Ses recherches portent sur l'histoire culturelle des spectacles, en Allemagne et en France (en particulier du XVIIe au XIXe siècle), ainsi que sur la sociologie du théâtre.
Dernière publication
Des comédiens aux acteurs : genèse du champ théâtral dans l'Allemagne du XVIIIe siècle (sous presse).
Bibliographie
Isabelle Barbéris, L'art du politiquement correct, Paris, 2019.
Nathalie Heinich, Des valeurs. Une approche sociologique, Paris, 2017.
Olivier Neveux, Contre le théâtre politique, Paris, 2019.

Agnieszka KOMOROWSKA : "Ça n'existe pas, une société qui ne batte pas monnaie". Communauté et fictions économiques dans la trilogie Vernon Subutex de Virginie Despentes
Circulant sur la même "pulsation souterraine" (Vernon Subutex 1, p. 233 sq.), art et argent sont intrinsèquement liés dans la trilogie Vernon Subutex de Virginie Despentes. C'est avant tout la musique qui tisse le lien entre les protagonistes du roman, dont la plupart frôle et/ou tombe dans la précarité, pour ensuite expérimenter une nouvelle communauté que la narration présente comme utopie sociale. Le leitmotiv musical concerne en même temps la symbolique du flux de l'argent et la polyphonie des voix. Les mouvements sur les marchés des capitaux suivent une logique de "l'infra-instabilité", et les protagonistes essaient de déchiffrer, chacun de sa manière, le "diapason du logarithme" économique (ibd.). La polyphonie des voix reste unie par une narration désillusionnée et sarcastique qui démonte les utopies en même temps qu'elle présente la toute-puissance de l'argent comme force destructrice de la société.

Agnieszka Komorowska est enseignant-chercheur en littérature française et espagnole à l'université de Mannheim. Elle est l'auteur d'une thèse de doctorat sur l'écriture de la honte dans la littérature française contemporaine (Winter, 2017), et a publié un livre collectif sur les poétiques de l'échec et la narration non-économique (Fink, 2018, avec Annika Nickenig). Elle prépare un thèse HDR sur la relation entre amitié et économie dans la littérature espagnole aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Marion LAVAL-JEANTET : Dévalorisations : expériences artistiques de détournement de la valeur
Le tournant du XXIe siècle a vu la naissance d'un certain nombre d'expérimentations artistiques de détournement de l'argent public très symptomatique d'une situation économique intenable pour les artistes : étalage des frais de production d'exposition présentés sous forme de billets de banque, présentation d'achat de biens personnels obtenus avec le concours des musées, promotions dans des magasins privés offertes par des institutions culturelles publiques… Un ensemble d'expériences visant tout autant la révision utopique du système consumériste, que la dénonciation des nouveaux rouages de l'institution culturelle dans lesquels la survie de l'artiste n'est pas prise en compte. Ces propositions singulières, ludiques, parfois cyniques, conduisent immanquablement le spectateur sur le terrain politique d'une remise en cause du système social et culturel dans lequel il vit. Profondément ancrés dans une réflexion sur l'économie contemporaine, ces gestes de détournement sont peut-être une des plus fortes expressions de liberté artistique à l'heure d'une mondialisation exclusivement focalisée sur l'argent.

Marion Laval-Jeantet est professeure des universités à Paris I–Panthéon-Sorbonne, artiste et chercheure en art, en bio-anthropologie et en ethnopsychiatrie. Elle mène au sein du duo Art Orienté Objet une œuvre artistique engagée fortement, marquée par les sciences du vivant, et en particulier l'écologie. Ses recherches en art portent sur l'art environnemental, le bio art et les rapports entre art et anthropologie.
Publications récentes
No man's land. L'homme a-t-il encore sa place ?, Paris, C.Q.F.D., 2019.
Microbiota. Créer et soigner, Paris, Presses du réel, 2020.

Isabelle de MAISON ROUGE : Money money money, ou le fric c'est chic
L'économie ou, singulièrement, l'écosystème de l'art, devient à la fois le sujet et l'objet de formulations plastiques, autant prétexte que modèle, thème que motif. En développant leurs propres structures de distribution, en devenant émetteurs de monnaie fiduciaire ou d'actions au porteur, certains artistes produisent un ensemble de propositions qui ouvrent largement les frontières entre art et vie, entre production artistique et formes d'économie. Par des attitudes diverses, associées à des projets spécifiques, ils engagent le regardeur-participant à s'interroger sur les rapports de force que détermine l'argent dans nos sociétés contemporaines, les actes compulsifs d'achat et les situations de crises que peuvent provoquer la surabondance.

Diplômée de la Sorbonne, docteur en art et science de l'art, Isabelle de Maison Rouge est historienne de l'art, critique d'art et commissaire d'exposition. Auteure de nombreux essais sur l'art contemporain et de textes de catalogues, elle collabore régulièrement à diverses revues d'art contemporain (artpress, Optical Sound, Possible, Point contemporain…).
Publications
Mythologies personnelles, Éditions d'art Scala, collection "Tableaux choisis", avril 2004, réédition 2006.
Business Model, Catalogue de l'exposition eponyme à La Vitrine am, 2014.
"Philippe Mairesse" [Entretien], Optical Sound, n°2, automne 2014.
"Quel statut pour l'art à la marge ?", artpress, mai 2015, n°422, p.85-87 [fre/eng].
"Yann Dumoget" [Entretien], Optical Sound, automne 2015.
10 clefs pour collectionner l'art contemporain, Archibooks, 2008, réédition actualisée juin 2010, réédition actualisée 2016.
Le mythe de l'artiste au-delà des idées reçues, Éditions du Cavalier Bleu, collection "Idées reçues", octobre 2017.
"Jazon Frings", artpress, janvier 2017, n°440, p.5, p.66-68 [fre/eng].
"Artiste infantilisé", Point contemporain, 2018.

Arnaud MANAS : "L'art de l'économie"
Cette contribution explorera les liens entre l'art et les signes monétaires par le biais des chemins de traverse que sont la falsification, le détournement et la dépréciation de la monnaie par l'art (et réciproquement). Il s'agit de déconstruire les combinaisons artistes-billets sous les angles techniques et sémantiques. En partant de l'art du billet, on abordera les questions de la croyance et de la crédibilité, et, en particulier, celle du common knowledge sur ce qu'est un billet et sa valeur. Les dialectiques de l'unique et de la reproduction, du vrai et du faux, de l'original et du simulacre, de l'authentique et de la contrefaçon permettront une mise en abyme de l'art et de la monnaie à travers des cas concrets :
- vrais artistes pour vrais billets : les cas Luc-Olivier Merson, Maurice Denis, Lucien Jonas ;
- vrai artiste pour faux-faux billet : le cas Picasso ;
- faux-vrai artiste pour vrai-faux billet, le cas Bojarski…

Arnaud Manas dirige le service du patrimoine historique et des archives de la Banque de France. Ingénieur, docteur en économie et en histoire, il est chercheur associé à l'université de Paris I – Sorbonne (IDHE.S). Ses travaux portent principalement sur l'histoire monétaire française et celle de la Banque de France. Ses recherches portent notamment sur l'histoire du faux-monnayage ainsi que sur le patrimoine artistique et culturel de la Banque de France.
Publications
L'or de Vichy, Éditions Vendemiaire, 2016.
Zweig & la Souterraine : l'or de la Banque de France, Artélia Éditions, 2016.
La Galerie dorée de la Banque de France. Quatre siècles d'art, d'histoire et de pouvoir, Banque de France, 2018.

Marie-Laure MASSEI-CHAMAYOU
Agrégée d'anglais, Marie-Laure Massei-Chamayou est maître de conférences en études anglophones à l'université Paris 1-Panthéon Sorbonne et membre du Centre d'Histoire du XIXe Siècle. Spécialiste de l'œuvre de Jane Austen, elle s'intéresse à l'évolution des représentations de l'argent, de l'économie domestique ou politique chez les romancières britanniques des XVIIIe et XIXe siècles, telles Eliza Parsons, Frances Burney, Maria Edgeworth, George Eliot, Elizabeth Gaskell ou Harriet Martineau.

Annika NICKENIG : Abondance et ambivalence de l'argent. Jean Bodin et sa Réponse aux paradoxes de Malestroit (1568)
La Réponse aux paradoxes de Malestroit, publié par Jean Bodin en 1568, constitue un exemple paradigmatique d'une interférence productive entre plusieurs domaines de connaissance différents. Dans le but de démentir la théorie monétaire de son collègue concernant les causes de la cherté en France, Bodin développe une théorie quantitative de la monnaie qui marquera l'évolution de la pensée économique. Dans son argumentation, il ne prend pas seulement en considération les aspects économiques de son temps, mais il se réfère à une multitude d'exemples historiques, philosophiques, bibliques et littéraires qui lui servent à illustrer son propos. L'on s'intéressera donc à l'utilisation de procédés littéraires de ce traité et suivra l'hypothèse qu'il existe une homologie productrice entre son contenu — à savoir la découverte d'une ambivalence problématique de l'abondance monétaire — et son utilisation d'une multitude de sources et de discours divers.

Annika Nickenig est enseignante-chercheuse à la Humboldt-Universität de Berlin. Elle prépare une HDR sur l'abondance esthétique et économique en Espagne et France (1550-1650). Domaine de recherches : littérature et économie, nouvelles, discours de l'idyllique.
Publications récentes
Poetiken des Scheiterns, München, 2018 (avec A. Komorowska).
"Übungen des Schreibens. Ich-Ökonomie", in M. de Montaignes, "De l'exercitation" (II,6), in Goumegou/Gipper, Elan und Müdigkeit, Würzburg, 2020.

Christophe REFFAIT : Les métaphores chez Jean-Baptiste Say
Jets d'eau, pression de l'air et équilibre des forces : les métaphores et analogies qui apparaissent sous la plume de Jean-Baptiste Say, par exemple dans le "Discours préliminaire" du Traité d'économie politique de 1803, disent d'une part l'influence des sciences physiques sur la science économique en construction, d'autre part et plus généralement l'importance des images dans la rhétorique de l'économie. C'est dans et par ces expédients rhétoriques, et les références qu'ils supposent, qu'apparaît le mieux le sens du discours économique.

Christophe Reffait est professeur à l'université de Picardie Jules Verne (Amiens).
Publication
Les lois de l'économie selon les romanciers du XIXe siècle, Classiques Garnier, 2020.

Christophe RIOUX : L'âge de l'artketing : les noces de l'art, du marketing et de l'économie
Mot-valise mariant l'art et le marketing, l'artketing désigne les hybridations actuellement à l'œuvre entre ces différents champs. La notion peut s'appliquer à des créations commerciales s'inspirant de l'art comme à des collaborations entre marques et artistes. S'inscrivant dans le contexte plus général d'un capitalisme esthétique, ces rapprochements se sont intensifiés ces dernières années et ont fait l'objet de stratégies de plus en plus élaborées de la part des marques. Quel que soit leur secteur d'activité, elles revendiquent une reconnaissance artistique et viennent redéfinir les frontières de l'art et de l'économie, à travers la montée en puissance des industries culturelles et créatives. L'action des marques concerne l'ensemble des éléments du marketing, qu'il s'agisse du produit, de la distribution, du prix ou de la communication. Elle induit par ailleurs de profondes mutations dans l'écosystème de l'art, traversé par l'économie.

Diplômé de l'ESCP, du CELSA-Sorbonne Université et de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales, Christophe Rioux est enseignant-chercheur, critique d'art et écrivain. Directeur de programmes de Masters spécialisés dans le domaine des industries culturelles et créatives, il enseigne à Sciences Po Paris, Sorbonne Université et dans plusieurs grandes écoles. Chroniqueur sur France Culture, il a présenté Les Deniers de la Culture sur France 5 et écrit pour le Groupe BeauxArts, LIRE Magazine littéraire et la revue Études. Il est également auteur de romans publiés chez Flammarion et d'essais parus chez d'autres éditeurs.
Sélection de publications
Assignés à résidence, Éditions Gallimard, 2020.
"Un art anthropocène", in Food/Water/Life, Actes Sud, 2014.
"Le luxe et l'art : du marketing à l'artketing", in O. Assouly (dir.), Le luxe : essais sur la fabrique de l'ostentation, Éditions IFM/Regard, 2013.
Tête de gondole, Flammarion, 2009.
Des croix sur les murs, Flammarion, 2006.

Béatrice SCHUCHARDT : L'économie politique transformée en fiction : la mise en scène des secteurs économiques dans le théâtre sentimental espagnol et français
Le "genre sérieux" inventé par Diderot a connu un succès énorme non seulement en France, mais aussi en Espagne. L'adaptation du genre par les dramaturges espagnols, connue sous le terme de comedia lacrimosa ou género sentimental, va de pair avec la réception du roman sentimental anglais dans les deux pays. Cette intervention propose une comparaison des comédies sentimentales espagnoles et françaises en lien avec leurs représentations respectives du discours économique de l'époque. Il s'agira aussi d'analyser la relation entre valeurs morales et morale économique établie par les pièces dans leur contextes culturels différents : d'une part, une France de plus en plus sécularisée ; d'autre part, une Espagne toujours marquée par l'alliance de pouvoir entre l'Église et la couronne, et où le procédé de sécularisation se voit ralenti, sinon mis à terme par un gouvernement espagnol profondément inquiété par la Révolution française.

Béatrice Schuchardt est maître de conférences en littérature française et hispanophone à l'université de Münster (Westphalie, Allemagne). Elle a récemment fait son HDR sur les discours économiques du XVIIIe siècle et leurs personnifications dans les comédies sentimentales espagnoles.
Publications
Verkörperungen des Ökonomischen in sentimentalen Komödien der spanischen Spätaufklärung. Diskurs – Figur – Gattung – Geschlecht, Frankfurt/Main, Vervuert (à paraître).
"Économies amoureuses : homologies structurales dans les comédies espagnoles et françaises du XVIIIe siècle", in L'homme et la société, 200, 2, 2016, pp. 171-187.

Élise SULTAN-VILLET : Homo eroticus et homo œconomicus. Le calcul libertin ou le bonheur comptable
L'homo eroticus représenté par les romans libertins du XVIIIe siècle est-il l'ancêtre de l'homo œconomicus ? Étonnamment les libertins de Crébillon à Sade, en passant par Duclos, Dorat, Nerciat… font mentir l'adage "quand on aime, on ne compte pas". Certes, on trouve bien quelques obsédés du chiffre qui additionnent gaiement leurs exploits sexuels. Néanmoins, on rencontre tout autant des figures modérées qui optent pour la décroissance libidinale. Entre ces deux extrêmes, l'économie libertine à l'œuvre repose sur une circulation des corps dont on planifie la consommation immédiate tout en prévoyant une épargne mnésique en vue d'une jouissance différée. Ainsi, les dépenses libidinales ne sont pas si improductives : elles nourrissent l'imaginaire qui les capitalise quand elles n'inspirent pas la perle des plans économiques.

Élise Sultan-Villet est enseignante et docteure en philosophie (académie d'Amiens, université Picardie Jules Verne ; université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / HIPHIMO). Depuis 2014, elle est co-organisatrice du séminaire "Fictions et économies" avec Claire Pignol (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / PHARE) à l'université Paris 1.
Publications
L'économie à l'épreuve de la fiction, M. Chottin et É. Sultan (dir.), Paris, Corpus, revue de Philosophie, n°69, 2016.
"Le calcul des plaisirs et des peines dans les romans libertins du XVIIIe siècle", Paris, in Corpus, revue de philosophie, n°69, 2016.
"Du luxe au calme : la volupté dans les romans libertins", in Contre le luxe XVIIe-XVIIIe siècle, É. Pavy-Guilbert et F. Poulet (dir.), Paris, Classiques Garnier, "Rencontres / Le Siècle classique", à paraître.
Les romans libertins du XVIIIe siècle : la philosophie des sens dessus dessous, Paris, Honoré Champion, "Les Dix-huitièmes siècles", à paraître.

Slaven WAELTI : Fertilité de l'argent et sacrifice : un imaginaire paradoxal de la monnaie
Dans Le Sopha, Crébillon met en scène un étranger petit-maître. Le coureur Mazulhim est en effet un impuissant dont la réputation ne tient qu'"à la discrétion des femmes". Ce récit peut servir de point de départ à une réflexion sur le crédit social du séducteur et permet d'interroger le prix le plus insoupçonné de l'usage de la monnaie — en particulier fiduciaire. Sa valeur est-elle autre chose qu'une réputation à laquelle tous croient, mais qui ne repose que sur une jouissance promise et jamais obtenue ? Est-ce un hasard si c'est précisément une défaillance masculine qui la fonde ? Et, plus avant, est-ce un hasard si sa couverture n'est autre que le silence partagé par des femmes sur cette impuissance ? À ces questions, nous trouverons certaines réponses dans la théorie des genres proposée par Christina von Braun en 2012 dans Der Preis des Geldes : eine Kulturgeschichte [Le Prix de l'argent : une histoire culturelle] dont nous voulons discuter la pertinence à partir de textes littéraires du XVIIIe siècle.

Slaven Waelti est enseignant-chercheur à l'université de Bâle. Après une thèse de doctorat consacrée à la question de la communication littéraire chez Pierre Klossowski (Klossowski l'incommunicable. Lectures complices de Gide, Bataille et Nietzsche, Droz 2015), il s'est tourné vers la question de l'économie des échanges au XVIIIe siècle. Il développe actuellement un projet de recherche sur la notion "d'optimum" et d'optimisation au temps des Lumières.


BIBLIOGRAPHIE :

• Cinla Akdere and Christian Biet (ed.), Economics and Literature. A comparative and interdisciplinary Approach, London and New York, Routledge, 2018.
• Christine Baron (dir.), "Littérature et économie", Épistémocritique, n°12, Printemps 2013.
• Daniel Bell, Les contradictions culturelles du capitalisme [1976], Paris, PUF, 1979.
• Walter Benjamin, Charles Baudelaire. Un poète lyrique à l'apogée du capitalisme [1923], Paris, Payot, 1982.
• Christian Biet, Stéphanie Loncle, Martial Poirson et Geneviève Sicotte (dir.), Fiction et économie : représentations de l'économie dans la littérature et les arts du spectacle, XIXe-XXIe siècles, Presses universitaires de Laval, 2013.
• Christian Biet, Yves Citton et Martial Poirson (dir.), Les Frontières littéraires de l'économie (XVIIe-XXe siècles), Paris, Desjonquères, 2008.
• Pierre Bras et Claire Pignol (dir.), Économie et littérature, L'Homme et la Société, n°200, 2016.
• Yves Citton, Portrait de l’économiste en physiocrate. Critique littéraire de l'économie politique, Paris, L'Harmattan, 2000.
• Pierre Force, Molière, ou le prix des choses. Morale, économie et comédie, Paris, Nathan, 1994.
• Pierre Force, Self-Interest before Adam Smith : A Genealogy of Economic Science, Cambridge University Press, 2003.
• Pierre Force (dir.), De la morale à l’économie politique : dialogue franco-américain sur les moralistes français, Revue Op. Cit., n°6, 1996.
• Frederic Jameson, Le postmodernisme ou la logique culturelle du capitalisme tardif [1991], Beaux Arts de Paris éditions, 2011.
• D. N. McCloskey, "The Rhetoric of Economics", Journal of Economic Literature, vol. 31, 1983, p. 482-517.
• D. N. McCloskey, The Rhetoric of Economics, Madison, The University of Wisconsin Press, 1998.
• Éric Méchoulan, La crise du discours économique, Paris, Éditions Nota Bene, 2013.
• Martial Poirson, Art et argent au temps des Premiers Modernes, Oxford, SVEC, 2004:10, 2004.
• Martial Poirson, Politique de la représentation : littérature, arts du spectacle, discours de savoir, Paris, Champion, 2014.
• Martial Poirson, Spectacle et économie à l'âge classique, Paris, Classiques Garnier, 2011.
• Marc Shell, Money, Language and Thought : Literary and Philosophical Economies from the Medieval to the Modern Era, Baltimore, The Johns Hopkins University Press, 1993.
• Marc Shell, Art and Money, Chicago-London, University of Chicago Press, 1995.
• Marc Shell, The Economy of Literature, Baltimore, The Johns Hopkins University Press, 1996.
• Georg Simmel, Philosophie de l'argent [1900], Paris, PUF, 1987.
• Michael Watts, The Literary Book of Economics, ISI Books, 2003.

Programme 2021 : un des colloques

— Programme complet —


Information importante

En raison des contraintes sanitaires liés à l'épidémie de la Covid-19, et sur proposition des directeurs, Cerisy s'adapte et restructure cette rencontre de la manière suivante : un temps en distanciel lors d'une journée d'étude programmée le lundi 3 mai 2021 (programme disponible ci-dessous) et un temps en présentiel à Cerisy du mercredi 11 mai au dimanche 15 mai 2022 [en savoir plus].

La direction du CCIC


ARTS ET ÉCRITS REBELLES

IMAGES DISSIDENTES ET RÉSISTANCES DE LA LANGUE


DU VENDREDI 30 AVRIL (19 H) AU MARDI 4 MAI (14 H) 2021

[ colloque de 4 jours ]



DIRECTION :

Idoli CASTRO, Sonia KERFA, Sophie LARGE, Evelyne LLOZE, Yolaine PARISOT


ARGUMENT :

Se rebeller, c'est repartir en guerre selon l'étymologie. Repartir implique un acte de réinvention des pratiques tant artistiques que littéraires, et il faut faire crédit à la rébellion et à la dissidence d'une capacité d'inventivité qui atteint l'ensemble des créations humaines, y compris les arts. Plus de soixante-dix ans après la célèbre définition de l'"artiste engagé" par Sartre, ce colloque propose d'analyser les reconfigurations actuelles de la résistance dans les arts et les écrits, et ainsi d'étudier en quoi l'émergence de nouvelles épistémologies ont pu profondément les modifier en faisant entrer dans le champ de la connaissance certaines pratiques. Les travaux s'intéresseront non pas à une aire culturelle mais à un réseau de relations : celles du monde dit occidental articulé aux mondes des "Suds" qui ont expérimenté des formes de rébellions et des révolutions multiples et diverses, mais aussi des manières de vivre la démocratie et de revendiquer des libertés individuelles qui ont été fécondes pour la création.

N.B. : Ce colloque ayant été initialement prévu en 2020, il vous est possible d'accéder à sa présentation 2020 : cliquer ici.


MOTS-CLÉS :

Arts visuels, Émancipation, Littérature, Rébellion, Réinvention


PROGRAMME DE LA JOURNÉE D'ÉTUDE EN DISTANCIEL DU 3 MAI 2021 :

11h-11h15
Présentation de la journée par l'équipe organisatrice

11h15-11h55
Valérie K. ORLANDO : Les voix insoumises postcoloniales des cinéastes maghrébines

11h55-12h05
Échanges avec le public

13h30-14h10
Chloé CHAUDET : Peter Weiss transaréal ? Enjeux et limites d'une (re)lecture de L'Esthétique de la résistance par temps de mondialisation

14h10-14h25
Échanges avec le public

14h25-15h05
Éliane VIENNOT : Langue des hommes ou langue de l'égalité : une rébellion renouvelée

15h05-15h20
Échanges avec le public
Clôture de la journée par l'équipe organisatrice


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Chloé CHAUDET : Peter Weiss transaréal ? Enjeux et limites d'une (re)lecture de L'Esthétique de la résistance par temps de mondialisation
"Roman-essai" de près de mille pages, Die Ästhetik des Widerstands (3 vol., 1975-1981) s'est maintes fois heurté à la résistance même des traducteurs et éditeurs, en dépit de son statut d'œuvre culte dans l'aire germanophone. Sa réédition récente en langue française (Klincksieck, 2017, dans la traduction d'Éliane Kaufholz-Messmer) nous invite à une (re)lecture actualisante de cette "Iliade du mouvement ouvrier et de la lutte contre le fascisme au XXe siècle" (Nicolas Weill). Il s'agira ainsi d'envisager la dimension fondatrice de cette somme intermédiale dans le cadre d'une épistémologie des arts rebelles. À ce titre, nous nous proposons d'interroger la portée transaréale (Ottmar Ette) de l'engagement littéraire et artistique prôné, figuré et réalisé par Peter Weiss : dans quelle mesure son magnum opus peut-il toujours se lire comme un "manifeste pour l'internationalisme" (Linda Lê) ?

Chloé Chaudet est maîtresse de conférences en littérature générale et comparée à l'université Clermont Auvergne, et membre du CELIS. Après avoir publié un essai, issu de sa thèse, consacré aux Écritures de l'engagement par temps de mondialisation (Classiques Garnier, 2016), elle poursuit ses recherches sur les liens entre littérature, politique et société dans une perspective internationale et, plus récemment, transmédiale.

Valérie K. ORLANDO : Les voix insoumises postcoloniales des cinéastes maghrébines
À partir de plusieurs films, cette communication étudiera le cinéma féminin produit par les maghrébines vivant l'époque postcoloniale. Leurs œuvres cinématiques ont contribué au fil des décennies postcoloniales aux discours sociopolitiques et culturels au Maghreb. Cette communication considérera aussi certains moments historiques qui ont influencé les sujets des cinéastes du Maghreb. Ces moments comprennent : Les années de plomb au Maroc, La décennie noire en Algérie et La révolution du jasmin en Tunisie.

Valérie K. Orlando est professeur de littérature francophone à l'université du Maryland. Elle a obtenu la bourse Fulbright-Tocqueville Distinguished Chair (automne 2019) et une bourse du Collegium-Lyon, L'Insitut d'études avancées (printemps 2020).
Publications récentes
The Algerian New Novel : The Poetics of a Modern Nation, 1950-1979, University of Virginia Press, 2017.
New African Cinema, Rutger's University Press, 2017.
Screening Morocco : Contemporary Film in a Changing Society, Ohio UP, 2011.

Éliane VIENNOT : Langue des hommes ou langue de l'égalité : une rébellion renouvelée
Les polémiques qu'a connues la société française depuis une quarantaine d'années, d'abord autour de la "féminisation" des noms de métiers et fonctions, puis autour de "l'écriture inclusive" font apparaitre deux idées fausses. La première : elles seraient nouvelles. La seconde : elles auraient pour fondement le désir des féministes contemporaines de modifier la langue afin de lui faire servir leurs objectifs. La conférence reviendra sur ces croyances en montrant que ce sont au contraire les distorsions introduites dans la langue par des lettrés masculinistes qui ont provoqué des contestations — dès le XVIIe siècle, et d'abord au sein du milieu savant lui-même. Le sujet concerne bien entendu toute la francophonie, dont les territoires d'implantation ont subi l'influence des diktats parisiens dans une mesure inversement proportionnelle à leur éloignement de la Métropole.

Éliane Viennot a enseigné la grammaire et la littérature française dans les universités de Seattle (USA), Nantes, Corte, Saint-Étienne, et elle a été dix ans membre de l'Institut universitaire de France. Ses recherches portent sur les écrivaines de la Renaissance, les actrices politiques de ce temps, l'histoire des relations de pouvoir entre les sexes en France, la Querelle des femmes et ses conséquences dans la langue française.
elianeviennot.fr


BIBLIOGRAPHIE :

• BALASINSKI Justyne, "Art et constestation", in Olivier FILLEULE (éd.), Dictionnaire des mouvements sociaux, Paris, Presses de Sciences Po, 2009, pp. 67-73.
• BALASINSKI Justyne & MATHIEU Lilian, "Introduction", in Justyne BALASINSKI & Lilian MATHIEU (éd .), Art et contestation, Rennes, PUR, 2010, pp. 9-27.
• BRETON André & RIVERA Diego, Pour un art révolutionnaire indépendant, Mexico, le 25 juillet 1938 [Manifeste de la Fédération internationale des Artistes révolutionnaires indépendants / rédigé avec la collaboration de Léon Trotsky], Service d'édition et de librairie du Parti communiste internationaliste (IVe Internationale), 1938, 4 p.
• DELEUZE Gilles, "Qu'est-ce que l'acte de création ?", Conférence donnée dans le cadre des mardis de la fondation Femis 17/05/1987 [Disponible sur webdeleuze.com].
• DEWITTE Jacques, Le Pouvoir de la langue et la liberté de l'esprit, essai sur la résistance au langage totalitaire, Michalon, 2007.
• SAID Edward, L'Orientalisme : L'Orient créé par l'Occident, Paris, Éditions du Seuil [1980], 2005.
• SARTRE Jean-Paul, "Qu'est-ce que la littérature ?", Les Temps modernes, 1947.
• SCOTT James C., La domination et les arts de la résistance. Fragments du discours subalterne, Paris, Éditions Amsterdam [1992], 2008.
• TARROW Sidney, "La mondialisation des conflits : encore un siècle de rébellion ?", Études internationales, n°24, vol. 3, 1993, p. 513–531.


SOUTIENS :

• Laboratoire Passages XX-XXI | Université Lumière Lyon 2
• Institut des langues et cultures d'Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie (ILCEA4) | Université Grenoble Alpes (UGA)
• Unité de recherche interdisciplinaire "Interactions culturelles et discursives" (ICD, EA 6297) | Université de Tours
• Centre d'études sur les langues et les littératures étrangères et comparées (CELEC, EA 3069) | Université Jean Monnet Saint-Étienne
• Laboratoire de recherche "Lettres, idées, savoirs" (LIS, EA 4395) | Université Paris-Est Créteil (UPEC)
• Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA, UMR 5190) | Université Grenoble Alpes (UGA)
• Projets internationaux Idex Ré-Part | Université Grenoble Alpes (UGA) et I+D MoDe(s) | Université de Barcelone

Publication 2020 : un des ouvrages


Psychanalyse et culture. L'œuvre de Nathalie Zaltzman

PSYCHANALYSE ET CULTURE

L'ŒUVRE DE NATHALIE ZALTZMAN


Jean-François CHIANTARETTO, Georges GAILLARD (dir.)


Avec les catastrophes génocidaires et leur projet de négation de l'appartenance humaine, dont la Shoah constitue la figure paradigmatique, le XXe siècle aura marqué une rupture au cœur même de l'idée de culture. C'est en se confrontant à cette violence que Nathalie Zaltzman initie, à partir de sa pratique clinique, un véritable renouvellement de la psychanalyse.
Revenant sur la théorie freudienne des pulsions de mort pour l'enrichir du concept de "pulsion anarchiste" (1979), elle dessine une approche novatrice de la négativité, au-delà de l'autodestructivité narcissique de type mélancolique ou de la haine narcissique de la culture suscitée par l'exigence collective de sacrifices pulsionnels. Dans cette perspective, la culture apparaît irrémédiablement traversée par une lutte entre la transformation (partielle) de la destructivité et la régression destructrice qui fait fondre dans la notion de "masse" l'individuel et le collectif.
Dans ces temps troublés qui sont les nôtres, venant questionner de manière inédite la psychanalyse, on comprendra l"apport décisif de Nathalie Zaltzman : sa reformulation de l'approche psychanalytique de la culture en tant qu'elle modifie fondamentalement notre manière de penser tout à la fois la place de la psychanalyse dans la culture, et la place de la culture dans la psychanalyse.
En revisitant le travail de la cure, les processus de la culture, les figures de l'exclusion et du mal, les différentes contributions réunies dans ce volume témoignent de l'importance et de l'actualité de son œuvre, internationalement reconnue.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2019) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°637]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Les Éditions d'Ithaque

Collection : Hors collection

ISBN : 978-2-490350-14-8

Nombre de pages : 304 p.

Prix public : 26 €

Année d'édition : 2020

Publication 2020 : un des ouvrages


VILLES ET TERRITOIRES RÉSILIENTS


Sabine CHARDONNET DARMAILLACQ, Éric LESUEUR, Dinah LOUDA, Cécile MAISONNEUVE, Chloë VOISIN-BORMUTH (dir.)


Avec le concours de Sylvain ALLEMAND


Confrontées aux défis écologiques, bouleversements numériques, risques et catastrophes de tout ordre, les villes et territoires s'interrogent sur leurs capacités d'adaptation, de transformation et d'anticipation. Cet ouvrage, issu du colloque de Cerisy "Villes et territoires résilients", propose un dialogue contradictoire et constructif entre contributeurs issus d'horizons divers : chercheurs, industriels, ingénieurs, politiques, élus, acteurs culturels, assureurs, opérateurs de réseaux… La résilience de qui ? De quoi ? Pour qui ? Avec quels moyens, outils et connaissances ?
Au-delà des différences d'interprétation selon les disciplines de la notion comme de l'évaluation des actions engagées au titre de la résilience, des convergences se sont dessinées autour des enjeux, des méthodes et des leviers d'action. Ainsi, la question des échelles interroge particulièrement : échelles spatiales (locales, régionales, mondiales) ; échelles de temps dans la mise en œuvre des phases d'action et d'anticipation comme pour les perspectives humaines et techniques des territoires habités ; échelles d'action qui posent le problème des objectifs entre autonomie et solidarités, de l'information appropriée, jusqu'à repenser les rôles respectifs des citoyens et des réseaux, des assurances et de l'économie. L'ouvrage interroge notre compréhension des complexités à l'œuvre et souligne l'intérêt de faire une large place à l'intelligence collective et aux stratégies inclusives.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2017) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°636]


Ouvrage et articles à l'unité disponibles en accès payant sur CAIRN.INFO

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Hermann Éditeurs

Collection : Colloque de Cerisy

ISBN : 979-1-0370-0356-0

Nombre de pages : 462 p.

Illustrations : Couleurs et N & B

Prix public : 35 €

Année d'édition : 2020

Publication 2020 : un des ouvrages


ENTREPRISES, RESPONSABILITÉS ET CIVILISATIONS

VERS UN NOUVEAU CYCLE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE


Armand HATCHUEL, Kevin LEVILLAIN, Blanche SEGRESTIN, Stéphane VERNAC (dir.)


Face aux menaces qui pèsent sur l'histoire humaine, les transformations à conduire vont bien au-delà d'un changement d'économie ou de société. C'est une transformation de civilisation qu'il s'agit de conduire : une transformation qui implique l'ensemble des pratiques, des savoirs et des valeurs qui conditionnent le fonctionnement des sociétés humaines. Or, l'État, le marché ou la société civile ne peuvent pas en être les seuls acteurs. Dans les grands récits de la modernité, le rôle de l'entreprise a été en grande partie ignoré, réduit au rôle d'employeur ou à ses effets les plus destructeurs. Pourtant, depuis leur apparition à la fin du XIXe siècle, les entreprises ont développé une puissance d'action sans précédent, et imprégné nos civilisations.
Les travaux réunis dans cet ouvrage prennent acte de cette puissance civilisationnelle de l'entreprise et de ses conséquences pour l'histoire mondiale. Ils examinent les formes de la responsabilisation de l'entreprise sans laquelle aucune transition souhaitable et globale n'est possible. Les fondements et les effets de la récente loi française (Pacte) sont en particulier discutés par les chercheurs et les dirigeants qui ont été pionniers sur ces questions. Mais concevoir l'entreprise comme une puissance responsable du bien commun suppose aussi de sortir des cadres économiques et juridiques classiques. L'ouvrage propose de penser désormais les interdépendances entre États, entreprises et autres acteurs collectifs (territoires, science, syndicats…) dans la perspective d'un cadre civilisationnel résilient et d'un nouvel âge de la responsabilité.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2019) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°635]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Presses des Mines

Collection : Économie et gestion

ISBN : 978-2-35671-625-5

Nombre de pages : 350 p.

Prix public : 29 €

Année d'édition : 2020


Publication associée


Publication 2020 : un des ouvrages


ÉCRIRE POUR INVENTER

( À PARTIR DES TRAVAUX DE JEAN RICARDOU )


Marc AVELOT, Mireille CALLE-GRUBER, Gilles TRONCHET (dir.)


Préface de Edith HEURGON


La diversité des travaux de Jean Ricardou et leur fondamentale unité se résument en un principe : une infatigable pratique de l'écriture, alliée à des investigations théoriques des plus rigoureuses. Telle est la dynamique qui a fait de lui un écrivain plein d'audaces en même temps qu'un pédagogue et un théoricien : explorateur du Nouveau roman, promoteur des ateliers d'écriture, il est aussi l'inventeur d'une discipline ayant l'écrit pour objet : la textique.
Ainsi la remarquable inventivité dont il a fait preuve dans le domaine du récit fictionnel s'est conjuguée avec une capacité hors du commun à tirer des leçons générales de ses expérimentations novatrices, à produire des ensembles de concepts permettant de mieux comprendre les mécanismes de l'écriture et leurs enjeux.
Ce volume, issu d'un colloque de Cerisy (août 2019), déploie les facettes d'un parcours intellectuel sans précédent, qui invite à renouveler les méthodologies dans des domaines très variés (pratique de la fiction, enseignement de l'écriture, analyse d'œuvres littéraires, plastiques et musicales, urbanisme, architecture), auxquels la textique peut apporter de nouveaux éclairages.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2019) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°634]


Ouvrage et articles à l'unité disponibles en accès payant sur CAIRN.INFO

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Hermann Éditeurs

Collection : Colloque de Cerisy

ISBN : 979-1-0370-0392-8

Nombre de pages : 512 p.

Illustrations : Couleurs et N & B

Prix public : 36 €

Année d'édition : 2020


Publication associée