Témoignage

— Tous les témoignages —


"D'UNE OASIS À UNE SOCIÉTÉ DE LA DÉCÉLÉRATION ET DE L'ÉCOUTE"

RENCONTRE AVEC HARTMUT ROSA


Une "oasis de décélération", c'est ainsi que nous avons pris l'habitude de caractériser les colloques de Cerisy. La formule a été directement inspirée de la lecture des ouvrages du sociologue et philosophe allemand Hartmut Rosa, à commencer par Accélération, une critique sociale du temps (La Découverte, 2013) et Aliénation et accélération. Vers une théorie critique de la modernité tardive (La Découverte, 2017). Mais qu'en pense le principal intéressé ? Le colloque Les autres noms du temps, auquel il participait, nous a fourni l'occasion de le savoir à travers l'entretien qui suit.

Vincent Bontems, Sylvain Allemand, Edith Heurgon,
Étienne Klein, Hartmut Rosa


Ici, on parle de Cerisy comme d'une "oasis de décélération" — une métaphore utilisée par Edith Heurgon (sa directrice), qu'elle dit lui avoir été directement inspirée de sa lecture de vos ouvrages sur l'accélération. Qu'en pensez-vous ? Vous qui faites l'expérience d'un colloque de Cerisy, — nous en sommes au cinquième jour — validez-vous l'usage de cette métaphore pour caractériser le lieu où nous sommes ?

Hartmut Rosa : Oui, la métaphore est tout à fait juste. Le château de Cerisy est un lieu où on dispose de beaucoup de temps pour réfléchir avec d'autres, à l'occasion des conférences, mais aussi en se promenant dans le parc, comme nous le faisons en ce moment. Pour parvenir à une décélération, il faut encore ne pas être exposé à trop de distractions. Et c'est bien le cas ici : j'ai observé qu'il n'y avait pas de TV (*) ; on y a bien accès à internet, mais de manière restreinte… Tout cela crée le sentiment d'être dans une "oasis de décélération". J'ajouterai que c'est aussi une oasis de résonance et, forcément, cela me rend le lieu encore plus appréciable. Pour autant, il ne s'agit pas de s'en tenir à cela : créer des oasis de décélération, c'est bien, mais en transposer les principes à l'échelle de toute une société, c'est mieux.
(*) En fait, si, mais elle se trouve dans un salon auquel les colloquants n'ont guère de motif de se rendre sauf à ce que leur chambre se trouve en proximité immédiate, qu'un événement y soit organisé.

Ici, pas de distractions qui nous détournent de la réflexion, avez-vous dit. Vous oubliez les tables de ping-pong installées dans la cave et dont Anthony Giddens était un grand amateur, considérant qu'elles contribuaient à la sociabilité cerisyenne. Vous-même y avez joué, y compris la veille de votre intervention !

H. R. : (Rire) Je suis totalement d'accord avec le propos d'Anthony Giddens ! Dès l'instant où j'ai découvert ces tables, j'y ai joué chaque soir ! D'ailleurs, je vous l'annonce : j'ai bien l'intention de le faire encore ce soir ! Pour moi, c'est tout sauf une simple distraction. J'estime que quand on prétend faire de la philosophie, réfléchir, il n'est pas sain de le faire en restant assis trop longtemps. Il est important de bouger, de penser avec son corps. Le ping-pong est une manière de le faire, de surcroît en interaction avec d'autres. Sachez que je suis aussi un grand amateur de Babyfoot. S'il y en avait un ici, ce serait pour moi un argument supplémentaire pour accepter le principe d'un colloque ! (Rire)

Je m'engage à relayer la suggestion ! En attendant, je souhaiterais revenir sur la notion de "société d'écoute" que vous avez utilisée au cours de votre communication. Il semble que c'est une notion nouvelle dans votre réflexion. En tout cas, je n'ai pas souvenir de l'avoir rencontrée lors de ma lecture de vos ouvrages. Ai-je manqué d'attention ou est-ce bien quelque chose de nouveau dans votre réflexion ?

H. R. : C'est effectivement quelque chose de nouveau. J'ai déjà écrit un article à ce sujet, mais qui, je crois, n'a pas encore été publié. C'est pour moi une manière de nuancer l'idée que j'entends parfois, selon laquelle la résonance serait une affaire purement individuelle. Or, mon intention a toujours été d'en faire un concept social et même politique. Je réfléchis actuellement sur la manière de convertir la résonance en une "énergie sociale".

Pour en rester à la "société d'écoute", j'aimerais savoir dans quelle mesure le cadre de Cerisy et ses colloques en sont à vos yeux un archétype ?

H. R. : Je n'y avais pas pensé. Mais maintenant que vous me posez la question, je dirai qu'effectivement Cerisy s'apparente à une "micro société d'écoute". La vocation de ce lieu est bien, à travers la tenue de colloques, programmés sur plusieurs jours, de créer un espace où on prend le temps d'écouter (des conférenciers), mais aussi de "répondre" : ces mêmes conférences interagissent entre elles, répondent aux questions des auditeurs. En cela, les colloques de Cerisy sont différents des séminaires ou colloques académiques où les intervenants se succèdent, dans une ambiance de compétition, sans réellement échanger entre eux. Ici, on échange après les communications, mais aussi pendant les repas qu'on prend ensemble. J'ajoute que les colloques de Cerisy sont interdisciplinaires — c'est du moins le cas de celui auquel je participe. On peut ainsi y entendre des idées nouvelles, y participer avec le risque d'en sortir "transformé". Cependant, pas plus qu'on ne peut se satisfaire d'une oasis de décélération, on ne peut se satisfaire d'une "oasis d'écoute". C'est toute la société qu'il nous faut transformer en société d'écoute.

Nada Essid, stagiaire à Cerisy (et étudiante en master design urbain) assiste à notre entretien. Permettez-moi de lui laisser le privilège de l'ultime question…

Nada Essid : Ma question a trait au premier colloque auquel j'ai assisté ici, à savoir : L'enchantement qui revient. Je trouve qu'il y a beaucoup de correspondance entre cette idée d'enchantement et celle de résonance telle que vous l'avez définie [dans Résonance. Une sociologie de la relation au monde, La Découverte, 2018]. Ainsi qu'il a été dit au cours de ce premier colloque, l'enchantement suppose tout à la fois un dispositif propice, mais aussi que les participants soient disposés à faire en sorte que cela marche. Qu'en pensez-vous ? Faites-vous vôtre cette notion d'enchantement ?

H. R. : Il se trouve que j'ai travaillé sur la notion non pas d'enchantement, mais de désenchantement en l'interprétant comme une forme d'aliénation. J'ajoute que son contraire, l'enchantement donc, a certes à voir avec la résonance, mais qu'elle revêt aussi une connotation romantique que je juge plutôt dangereuse au plan politique. Si l'enchantement a aussi une valeur de concept, il n'est pas dénué d'ambiguïté. C'est précisément pour cela que je me suis employé à définir la résonance en distinguant jusqu'à quatre caractéristiques (l'affection : être touché, saisi par quelqu'un ou quelque chose ; l'émotion : répondre, faire l'expérience d'être connecté avec le monde ; la transformation : la relation résonante transforme le moi ; enfin, l'indisponibilité : la résonance ne peut être imposée, garantie ou contrôlée, prédite) et trois catégories d'axes (horizontaux, verticaux et diagonaux). Pour le dire autrement, je dirai que, si sur un plan purement existentiel, enchantement et résonance peuvent sembler synonymes, en revanche, sur un plan conceptuel, je trouve préférable de distinguer les deux.

Propos recueillis par Sylvain ALLEMAND
Secrétaire général de l'AAPC

Témoignage

— Tous les témoignages —


"PARTICIPATION DE DEUX LYCÉENS À UN COLLOQUE DE CERISY"

RENCONTRE AVEC LYNA FATAH ET LÉO PHAN CAO


Du samedi 24 au vendredi 30 juillet 2021, se déroulait le colloque Les autres noms du temps. En voici un écho à travers le témoignage de ses benjamins : deux lycéens de seize ans, qui ont pris l'initiative de s'y inscrire. Voici leurs impressions.

Léo Phan Cao, Étienne Klein, Lyna Fatah


Si vous deviez commencer par vous présenter…

Léo Phan Cao : J'ai seize ans, j'en aurai dix-sept en septembre prochain. Je suis élève au lycée d'Argentan. À la rentrée prochaine, je serai en Terminale générale, en spécialité NSI (numérique et sciences informatiques), option maths expertes. Je me destine plus tard à l'informatique, plus précisément au métier de développeur, dans le domaine du jeu vidéo.

Lyna Fatah : Comme Léo, j'ai seize ans, je suis au lycée et passe en terminale générale à la rentrée prochaine. J'ai choisi la spécialité "maths, physique-chimie", option "maths expertes". Plus tard, j'aimerais être mathématicienne et physicienne. Maintenant, si je devais choisir, ce serait mathématicienne.

Nous réalisons l'entretien à Cerisy à l'occasion du colloque Les autres noms du temps. Comment y êtes-vous arrivés ?

L. F. : En train !

(Rire) Je voulais dire comment vous êtes-vous retrouvés à participer à ce colloque ? Il est peu courant que des élèves de votre âge prennent l'initiative de s'inscrire à un colloque de Cerisy !

L. F. : Les choses se sont passées simplement. Sur mon fil de recherche YouTube, j'avais repéré une "carte blanche à Étienne Klein", organisée par l'Espace des sciences de Rennes. J'ai cliqué dessus. C'est comme ça que j'ai appris la tenue du colloque (Étienne Klein avait conclu sa conférence en annonçant ce colloque). Je suis donc allée voir sur le site de Cerisy et j'ai pu voir que cela se trouvait dans un environnement magnifique, un château, qui n'était pas très loin de la ville où j'habite. J'en ai parlé à mes parents. Ils m'ont donné leur accord, mais en me suggérant d'y aller avec quelqu'un. J'ai aussitôt pensé à Léo, qui a accepté de m'accompagner.

Léo, qu'est-ce qui vous a vous-même motivé à accepter d'y participer ?

L. P. C. : Lyna m'avait envoyé le lien du colloque. J'ai trouvé le programme intéressant. Comme je souhaite faire des études en informatique, une conférence avait tout particulièrement retenu mon attention, celle de Gérard Berry. D'autres m'intéressaient aussi comme, par exemple, celle de Roland Lehoucq sur "Que devient le temps dans l'espace-temps ?".

À votre âge, je doute que j'aurais pris l'initiative de m'inscrire à un colloque, de surcroît d'un tel niveau et dans un cadre aussi prestigieux… Comment avez-vous vécu la différence d'âge avec les autres participants ?

L. F. : Pour moi, la différence d'âge ne devrait pas compter. Elle n'a finalement guère de sens quand on songe au début de l'aventure humaine. Le big bang s'est produit il y a 13,8 milliards d'années. Je ne vois donc pas pourquoi on devrait accorder autant d'importance à la différence d'âges entre un adolescent et un adulte ! Si on fait un rapport entre cette différence et l'âge de la Terre, cela fait pratiquement zéro !

L. P. C. : Je ne me suis pas posé la question de savoir si c'était de mon âge ou pas. Pour moi, ce colloque, c'était d'abord une opportunité à saisir…

Nous en sommes au cinquième jour. Quelles sont vos impressions ?

L. P. C. : Je n'ai pas été déçu par les conférences que j'avais repérées, à commencer par celle de Roland Lehoucq. C'était passionnant ! En dehors des conférences, j'ai aussi beaucoup apprécié les discussions avec les intervenants. C'était très enrichissant.

Les discussions qui font suite aux communications et qui se prolongent de manière plus informelle au cours des repas qu'intervenants et auditeurs prennent ensemble…

L. P. C. : En fait, je me suis le plus souvent retrouvé avec des participants qui n'étaient ni informaticiens, ni mathématiciens, ni physiciens. Hormis cette fois où j'ai pu échanger avec Gérard Berry ou encore Mathieu — un auditeur, comme moi, avec qui j'ai pu parler d'informatique.

L. F. : C'est précisément ce que, moi, j'ai apprécié : pouvoir discuter avec les intervenants, dès le petit-déjeuner.

Léo, on m'a dit qu'à l'un des repas, vous avez demandé à votre voisin de table ce qu'il faisait dans la vie, lequel voisin se trouvait être le philosophe Hartmut Rosa… Si j'évoque cela, c'est pour illustrer aussi cette autre expérience qu'on peut faire de se retrouver sans le savoir aux côtés de sommités…

L. F. : Pareil pour moi. J'ai échangé avec mon voisin sans savoir qu'il s'agissait de Thierry Weil… Ou encore, cette personne-ci [elle désigne le physicien Gilles Cohen-Tannoudji] : j'ai partagé le petit-déjeuner avec lui, Roland Lehoucq et Jacques Jacot.

L. P. C. : Je me souviens d'avoir mangé à côté de cet intervenant allemand. Nous avons même joué au ping-pong. Mais, vraiment, il est aussi connu que cela ?

Oui, mais soyez assuré du fait qu'au même âge, je n'en aurais pas su plus ! Et vous, Lyna, quelles sont les conférences que vous avez particulièrement appréciées ?

L. F. : Les conférences scientifiques : celles d'Alain Connes, de Roland Lehoucq, de Gilles Cohen-Tannoudji, sans oublier celle d'Étienne Klein…

J'ai pu observer que vous suiviez ces conférences avec beaucoup d'attention… Quand j'ai voulu m'assurer que tout se passait bien, vous m'avez dit, Lyna, qu'ici, c'est quand même mieux qu'à l'école. En quoi ?

L. F. : En fait, c'est incomparable. À l'école, je trouve que ce qu'on nous enseigne en sciences, mais aussi en histoire, etc., n'a guère à voir avec la réalité… Et puis, comme je l'ai dit, c'est à ma propre initiative que je suis venue ici.

Pourtant, ici, dans ce château perdu dans le fin fond du Cotentin, vous n'avez pas eu le sentiment d'être un peu déconnecté ?

L. F. : Si vous voulez dire que ce serait élitiste, je dirai non.

L. F. et L. P. C. : (en chœur) La preuve, nous avons pu y assister !

Voulez-vous ajouter quelque chose qui vous tiendrait à cœur ?

L. F. : À tous ceux qu'il ne l'ont pas encore fait, je n'ai qu'une chose à dire : il faut venir à Cerisy car, Cerisy, c'est proprement génial. Si j'ai une recommandation à faire, c'est de veiller à cette diversité générationnelle du public. Cela dit, il faut reconnaître qu'ici, les personnes même les plus âgées ont tout sauf l'esprit lent.

Propos recueillis par Sylvain ALLEMAND
Secrétaire général de l'AAPC

Publication 2021 : un des ouvrages


Le goût du noir dans la fiction policière contemporaine

LE GOÛT DU NOIR DANS LA FICTION POLICIÈRE CONTEMPORAINE

LITTÉRATURE ET ART DE L'IMAGE


Gilles MENEGALDO, Maryse PETIT (dir.)


D'abord roman avec le gothique qui se développe au cours du XIXe siècle et trouve son apogée au XXe, le "noir", récit de mort, de violence et de terreur, mais aussi de résolution de cette tension mortifère, ne tarde pas à se décliner en films, faisant de la figure du détective un arcane majeur du cinéma à partir des années 1940. Romans et films mettent en évidence les noirceurs des crimes et des environnements sociaux qui les génèrent ou les capacités déductives d'enquêteurs de papier devenus icônes de l'écran : Sherlock Holmes, Hercule Poirot. Le genre et son immense succès populaire se propagent dans d'autres médias (BD, séries).
Les articles réunis ici tentent de faire la lumière sur cette extension du Noir, travaillant les codes pour les adapter comme Tardi, transposant les romans de J.-P. Manchette ou Black Sad, dont les auteurs reprennent les images du film noir dans le roman graphique. Le Noir se fait le porte-parole de réalités criminelles à l'œuvre dans nombre de sociétés, et utilise sa "fiction" pour les dénoncer, et ceci aussi bien dans les romans (D. Meyer, H. Mankell, A. Indridason) que dans les films (J. Gray, M. Scorsese, A. Egoyan) ou les séries (The Wire).
Né dans l'Angleterre du XVIIIe siècle, le Noir, ses stratégies, ses codes et son pouvoir se sont infiltrés puis développés comme moyen privilégié d'exprimer l'angoisse et la fascination de la violence et de la mort, sur tous les continents, de l'Europe aux États Unis, du Mexique à l'Afrique du Sud.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2013) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°649]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Presses universitaires de Rennes

Collection : Interférences

ISBN : 978-2-7535-8257-6

Nombre de pages : 398 p.

Illustrations : Couleurs et N & B

Prix public : 28,00 €

Année d'édition : 2021

PRESSE / MÉDIAS

• Cette publication a reçu le prix Maurice Renault décerné par la revue 813 (septembre 2022) [en savoir plus]


Publication associée


Publication 2021 : un des ouvrages


L'USAGE DES AMBIANCES

UNE ÉPREUVE SENSIBLE DES SITUATIONS


Didier TALLAGRAND, Jean-Paul THIBAUD, Nicolas TIXIER (dir.)

Ryma HADBI (coord. éditoriale)

À l'initiative de l'Unité de recherche de l'ESAAA (design & espace) et de l'équipe CRESSON (UMR AAU)


Les ambiances et les atmosphères sensibles se prêtent à une grande diversité d'usages, que ce soit dans le domaine de l'art, de l'urbain ou des sciences sociales. Comment les ambiances contribuent-elles à mettre les situations ordinaires à l'épreuve du sensible ? En quoi ouvrent-elles de nouvelles pistes en matière de pratique artistique, d'expérimentation méthodologique ou d'exploration théorique ? Qu'en est-il d'une socio-esthétique située, attentive aux percepts et aux affects qui imprègnent nos milieux de vie et infusent les sensibilités contemporaines ?
De telles questions ont traversé un colloque organisé à Cerisy (2018) selon une triple exigence : d'une part, une attention particulière était portée aux échanges, apports réciproques et questionnements communs entre le monde de l'art et celui des sciences sociales ; d'autre part, il a s'agit d'ouvrir un dialogue inédit avec la pensée anglo-saxonne en la matière, mettant en résonance et en discussion l'approche des ambiances et celle des atmosphères ; enfin, l'usage des ambiances a été passé aussi bien au filtre des enquêtes et des théories qu’à celui des pratiques effectives et des expériences situées.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2018) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°648]


Ouvrage et articles à l'unité disponibles en accès payant sur CAIRN.INFO


Enregistré le : 10/05/2021 — Durée : 2mn05s
Montage : Naïm Aït-Sidhoum — Musique : Giuseppe Gavazza & Julien Clauss

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Hermann Éditeurs

Collection : Colloque de Cerisy

ISBN : 979-1-0370-0623-3

Nombre de pages : 500 p.

Illustrations : Couleurs et N & B

Prix public : 28 €

Année d'édition : 2021

PRESSE / MÉDIAS

• Échanges autour de l'ouvrage : Mardi 22 juin 2021 (18h-19h30), avec Luc BABOULET (architecte), Véronique NAHOUM-GRAPPE (anthropologue) et Christian RUBY (philosophe), emmenés par Laurent DEVISME (sociologue, urbaniste)

• Note de lecture, dans "Pratiques curatoriales : un appel à l'action critique en architecture", article de Rute FIGUEIREDO, dans la revue Critique d'art, n°57, automne-hiver 2021, pp. 67-81 [en ligne].

• Article de revue, par Carolina E. SANTO, dans la revue cultural geographies, 2021-11-17 [en ligne].

• Note de lecture, par Anne ROCHE, dans la revue Europe, n°1113-1114 – James Joyce et "Ulysse" (1922), janvier-février 2022, pp. 362-364.

• "Voyage au pays des ambiances", par Olivier GAUDIN, dans Ambiances, Comptes-rendus, 01 avril 2022 [en ligne].

• Note de lecture. Langue, discours, par Christian RUBY, dans la revue Questions de communication, n°40, "Plateformiser, un impératif" | 2021 [en ligne].


Publication associée


Publication 2021 : un des ouvrages


PRÉSENCES DE REMY DE GOURMONT


Thierry GILLYBŒUF, Vincent GOGIBU, Julien SCHUH (dir.)


Remy de Gourmont (1858-1915) est une figure majeure de la littérature au tournant des XIXe et XXe siècles, à la fois comme critique, écrivain et animateur de revues. On ne peut évoquer Cendrars, Jarry, Gide, Léautaud, Saint-Pol-Roux ou Vallette, sans prendre conscience de la place singulière qu'il occupe dans la vie littéraire. Créateur de valeurs, "dissociateur d'idées" empruntant à tous les genres, Gourmont est poète, romancier, journaliste multipliant les collaborations aux périodiques en France et à l'étranger, essayiste infatigable usant de quantité de pseudonymes : jamais on n'a vu d'"ours à écrire" (Maeterlinck), de "reclus" (Rouveyre) aussi prolifique. Les Actes ici rassemblés, reprenant principalement le colloque tenu à Cerisy en 2015, analysent au plus près son œuvre toujours actuelle.


Ouvrage issu des colloques de Cerisy :
Remy de Gourmont (2002) & Présences de Remy de Gourmont (2015)
et de la journée d'études :
(Re)Lire Remy de Gourmont — 1915-2015 (Paris-VII-BNF, 2015)

Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°647]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Éditions Classiques Garnier

Collection : Colloques de Cerisy - Littérature, n°10

ISBN : 978-2-406-10674-6

Nombre de pages : 899 p.

Illustrations : N & B

Prix public : 39,00 €

Année d'édition : 2021

Publication 2021 : un des ouvrages


L'esthétique des Trente glorieuses. De la Reconstruction à la croissance industrielle

L'ESTHÉTIQUE DES TRENTE GLORIEUSES

DE LA RECONSTRUCTION À LA CROISSANCE INDUSTRIELLE


Gwenaële ROT, François VATIN (dir.)


On considère avec nostalgie les Trente glorieuses comme si, dans les années 1945-1975, avait régné l'abondance économique, alors qu'il fallait d'abord reconstruire un pays en ruine, mais on dénigre son bilan idéologique et culturel, qui aurait été dominé par une croyance illusoire au progrès. Pollution, urbanisme sans âme, matières plastiques imputrescibles, tels seraient les seuls legs de ce temps d'inconscience. Aussi, l'architecture et l'art monumental des Trente Glorieuses, encore mal-aimés, ont subi beaucoup de destructions et commencent à peine à être patrimonialisés.
Or, comme le montrent les études réunies ici, en dépit de l'urgence de la reconstruction, on a accordé à cette époque une grande importance aux questions esthétiques. On faisait confiance aux nouveaux moyens techniques pour faire du beau moins cher à destination du plus grand nombre. Esthétique fonctionnelle et démocratisation artistique sont étroitement liées. On comprend dès lors le rôle central de l'industrie dans les représentations de ce temps. Contre l'opposition romantique du beau et de l'utile, il fallait réinstaller le monde industriel dans les valeurs humaines. Les usines, aussi, devaient être belles comme fonctionnelles, et constituer un objet d'intérêt pour l'art. La démocratisation du beau exigeait qu'il s'impose dans les lieux de travail. Inversement, l'expérience industrielle de la simplicité, de la cohérence, pouvait nourrir l'inspiration artistique.
Réunissant vingt-quatre spécialistes qui croisent leurs multiples terrains, cet ouvrage vise, non à défendre l'esthétique des Trente glorieuses, mais à la restituer dans sa complexité. Il invite le lecteur à regarder un peu différemment un passé trop proche pour qu'on puisse encore pleinement l'estimer.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2019) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°646]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Illustria - Librairie des Musées

ISBN : 978-2-35404-089-5

Nombre de pages : 296 p.

Illustrations : Couleurs et N & B

Prix public : 45 €

Année d'édition : 2021

Publication 2021 : un des ouvrages


SPECTRES DE MALLARMÉ


Bertrand MARCHAL, Thierry ROGER, Jean-Luc STEINMETZ (dir.)

Avec le soutien du CÉRÉdI de l'université Rouen Normandie et de Sorbonne Université


En 1997 s'est tenue à Cerisy une décade consacrée à Mallarmé. Vingt ans plus tard, au même lieu, s'est imposée l'organisation d'une nouvelle rencontre. La publication des Œuvres complètes dans la Bibliothèque de la Pléiade, celle de la correspondance générale aussi et de deux nouvelles biographies, la continuation des cahiers consacrés au poète, l'intérêt renouvelé des historiens de l'art et des philosophes à son égard, les travaux "archéologiques" ou "généalogiques" posant la question de la réception et des usages de l'œuvre, dessinent l'image d'un autre Mallarmé. Les contributions de ce colloque de 2019 visent ainsi à prendre toute la mesure de ce nouveau paradigme critique, en saisissant une œuvre "spectrale" qui certes nous revient, mieux saisie dans son historicité propre, mais qui survient aussi sans interruption, depuis la sortie du symbolisme, dans son actualité forte. Celui dont la poésie et la poétique n'ont cessé d'interroger la façon de penser la fiction et la société, comme les jeux du langage et du hasard, demeure un repère pour les temps présents. Universitaires, essayistes, philosophes, écrivains ont trouvé là l'occasion de faire le point et de relancer les dés.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2019) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°645]


Ouvrage et articles à l'unité disponibles en accès payant sur CAIRN.INFO

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Hermann Éditeurs

Collection : Colloque de Cerisy

ISBN : 979-1-0370-0546-5

Nombre de pages : 346 p.

Illustrations : N & B

Prix public : 23 €

Année d'édition : 2021


Publication associée


Publication 2021 : un des ouvrages


Écrire et peindre le paysage en France et en Angleterre, 1750-1850

ÉCRIRE ET PEINDRE LE PAYSAGE EN FRANCE ET EN ANGLETERRE, 1750-1850


Émilie BECK SAIELLO, Laurent CHÂTEL, Élisabeth MARTICHOU (dir.)


Une double enquête menée à la fois sur la France et sur l'Angleterre qui apporte un éclairage comparé et contrasté sur la question du paysage trop souvent envisagée sous le seul angle "national". On y entend les voix des peintres paysagistes, des collectionneurs et des amateurs, avec leurs mots pour "dire" le paysage. Si Augustin Berque inclut le critère linguistique pour déterminer le degré de maturité d'une civilisation paysagère, c'est parce que les discours, tout autant que la pratique, — échanges et correspondances entre artistes — articulent une théorie du paysage. L'examen de la terminologie et de l'écriture permet d'évaluer la pertinence de catégories comme celles de "paysage historique" ou de "pittoresque". À ceci s'ajoute une perspective croisée de divers "paysageurs", praticiens, auteurs et créateurs de tableaux, de jardins, de poèmes, de guides ou de théorie picturale. Le livre offre une vision holistique de la culture paysagère franco-britannique.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2016) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°644]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Presses universitaires de Rennes

Collection : Art & Société

ISBN : 978-2-7535-8036-7

Nombre de pages : 314 p.

Illustrations : Couleurs et N & B

Prix public : 28,00 €

Année d'édition : 2021

Publication 2021 : un des ouvrages


CES LIEUX QUI NOUS AFFECTENT

PRODUCTION DE SENS, ENJEU DE CONNAISSANCE, DIMENSION OPÉRATOIRE


Georges-Henry LAFFONT, Denis MARTOUZET (dir.)

Avec le concours du laboratoire CITERES (université de Tours/CNRS)


Préface de Nicole MATHIEU


Comment les lieux nous affectent-ils ? Quels sont les facteurs, les mécanismes en œuvre ? D'un côté, notre humeur du moment, nos représentations, souvenirs, expériences, attentes entrent dans cette construction. D'un autre côté, le lieu, par sa configuration même et le sens que nous lui attribuons, dégage "quelque chose" qui surprend, inquiète ou apaise moralement et physiquement. Dans cette relation changeante ou qui se cristallise dans le passage de l'émotion au sentiment, l'image et l'enjeu de soi ne sont jamais absents. Entre philosophie, sciences de l'action et sciences humaines, en s'autorisant un détour par les neurosciences, passant de la maison Usher aux gradins d'un stade de football, issu d'un colloque organisé à Cerisy en 2018, cet ouvrage propose un tour d'horizon nécessairement incomplet sur nos relations aux lieux et tente de saisir comment ces lieux nous affectent, ce qu'ils nous font faire et ce que nous en faisons.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2018) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°643]


Ouvrage et articles à l'unité disponibles en accès payant sur CAIRN.INFO

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Hermann Éditeurs

Collection : Colloque de Cerisy

ISBN : 979-1-0370-0359-1

Nombre de pages : 518 p.

Illustrations : Couleurs et N & B

Prix public : 32 €

Année d'édition : 2021

Publication 2021 : un des ouvrages


BEST-SELLERS, L'INDUSTRIE DU SUCCÈS


Olivier BESSARD-BANQUY, Sylvie DUCAS, Alexandre GEFEN (dir.)


On n'en parle jamais dans la presse littéraire ni à l'école. Pourtant, on ne voit qu'eux dans les trains comme sur les plages, et ils offrent des heures de divertissement voire des cadres de pensée à des millions de Français. Telle est la destinée des best-sellers — innombrables en librairie, têtes de gondoles dans les rayons des hypermarchés et les maisons de la presse, mais absents des programmes académiques ; appréciés des lecteurs qui font la queue dans les salons du livre pour rencontrer leurs auteurs fétiches, mais souvent considérés avec quelque dédain comme une distraction inavouable. Ils sont pourtant une nécessité essentielle, mais cachée, de l'économie française de la culture.
Que nous disent les best-sellers, une fois dépassées l'évidence de leurs scores de ventes et les réactions clivées qu'ils provoquent ? Comment influencent-ils notre représentation de la littérature et l'idée que nous nous faisons de ses valeurs ?
Ce volume, issu des actes du colloque de Cerisy de juillet 2018, entend laisser les best-sellers bousculer notre idée de la littérature telle que les institutions scolaires et culturelles l'ont façonnée, pour mieux confronter nos réticences à l'égard des productions commerciales aux success stories anglo-saxonnes.
Une approche historique, théorique, économique, poétique et générique du best-seller, où le point de vue des professionnels du livre — éditeurs, libraires, bibliothécaires — rencontre aussi celui des auteurs de best-sellers Michel Bussi, Marc Levy et Martin Winckler.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2018) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°642]


Ouvrage et articles à l'unité disponibles en accès payant sur CAIRN.INFO

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Armand Colin

ISBN : 978-2-200-62932-8

Nombre de pages : 448 p.

Prix public : 32 €

Année d'édition : 2021