Rapport d'étonnement

Tous les rapports d'étonnement


"LEVINAS, MERLEAU-PONTY ET LE PING-PONG"

PAR ANTONIA SCHIRGI


Antonia Schirgi est chercheuse et enseignante à l'Institut de sociologie de l'université de Graz, Autriche. Le titre de sa thèse est "Sur la distance proche et la proximité distante : une théorie des rencontres humaines sur la base de la philosophie de Maurice Merleau-Ponty". Voici le rapport d'étonnement qu'elle a présenté lors de la dernière séance du colloque Levinas et Merleau-Ponty : le corps et le monde, qui s'est tenu à Cerisy du 6 au 12 juillet 2022.

Alexis Cadoret, Antonin Chambon,
Antonia Schirgi, Emmanuel Levine


Un château, un lieu extraordinaire, la philosophie, Levinas, Merleau-Ponty, le Japon, la France et une doctorante autrichienne. Les discussions intensives, les rencontres et … une cave avec une table de ping-pong. Le tennis de table est un jeu que je ne pratique pas habituellement, mais qui s'intègre tout naturellement dans l'expérience cerisyenne. Il n'est pas seulement un jeu qu'on peut pratiquer à Cerisy, mais, en même temps, une activité qui démontre certains éléments de la philosophie discutée pendant le colloque. Un colloque sur le corps et le monde, un jeu pratiqué par des êtres corporels, dans une cave, en interaction avec la matérialité (la raquette, la balle, la table, les autres corps), avec le monde.

Un soir on commence le jeu à cinq. Une certaine disharmonie se manifeste. Que s'est-il passé ? Le jeu de ping-pong présuppose une certaine façon de percevoir, de se mouvoir ou certaines habitudes sensorimotrices. Avec Merleau-Ponty, on peut dire qu'un jeu de ping-pong — réalisé par des personnes qui le pratiquent régulièrement — est un moment où "le corps habituel peut se porter garant pour le corps actuel" (Merleau-Ponty, Maurice, 1945, Phénoménologie de la perception, Paris, Gallimard, p. 98). Autrement dit, la praxis, incorporée dans le schéma corporel, s'applique tout naturellement. Les non-habitués doivent apprendre à se mettre en place, à interagir avec les choses et à percevoir les mouvements d'une façon qui permette une réponse adaptée

Repartons de notre groupe ; certains joueurs ou joueuses ont besoin de commencer par ré-apprendre le jeu, d'autres sont plus professionnels. Pour les premiers, commence un moment d'enseignement ou de ré-enseignement. Re-commencer à jouer est une manière de se souvenir d'une habitude antérieure, d'une praxis incorporée dès l'enfance, quasiment oubliée, quasiment perdue. Même si cette perte n'est pas comparable avec la tragédie de la perte de diverses possibilités corporelles après une grave lésion, comme Merleau-Ponty l'a décrite quand il cherche une manière de comprendre philosophiquement le phénomène du membre fantôme, la différence entre des pratiques possibles pour certains et des pratiques possibles pour moi, qui devient évidente dans cette expérience, peut être comprise de la même façon. Pendant une longue période sans jouer au ping-pong, pouvoir y jouer est devenu une possibilité générale, quelque chose que l'on peut faire, pas plus quelque chose que je peux faire.

Pour rendre cette praxis ré-accessible au corps, nous commençons spontanément par un cours de tennis de table. L'enseignement des capacités motrices contient l'étrange nécessité d'expliciter quelque chose qu'en général on n'explicite pas et qui n'est pas facilement accessible à la conscience. Il se réfère à la praxis, aux puissances inscrites dans le schéma corporel. Notre professeur de ce soir-là est quelqu'un qui sait enseigner. Ce savoir lui-même peut être compris comme une praxis. L'enseignant a appris à rendre la praxis accessible à la conscience de soi et à la conscience des autres. Il sait expliciter la façon de travailler la raquette, d'interagir avec la balle, de se comporter envers la table et envers l'autre. Pour nous, les élèves, l'apprentissage est un processus au sein duquel ce nouveau savoir surpasse la conscience, ne reste plus quelque chose qu'on peut décrire de façon technique, mais quelque chose que le corps sait faire ; c'est une praxis qui devient lentement accessible ou ré-accessible au corps comme puissance motrice ; les corps commencent à s'habituer, la praxis commence à se (ré-)installer dans le schéma corporel. Un échange entre les joueurs commence et les interactions deviennent plus longues. On apprend à percevoir la balle dans sa puissance de se mouvoir d'une certaine façon — voir le mouvement, écouter le cliquètement quand la balle touche la table et quand elle est touchée par la raquette. On sent les interactions de la raquette avec la main et de la raquette avec la balle. La raquette dans la main devient quelque chose avec laquelle on joue la balle, quelque chose qui devient partie de notre motricité. D'une certaine façon la raquette devient parti de mon schéma corporel, même si ce système commun est fragile. Jouer implique voir, mais en même temps prévoir ; prévoir le mouvement de la balle et le mouvement de l'autre. Prévoir est une manière de surpasser le monde concret, d'imaginer le mouvement et l'avancement du jeu. Prévoir l'avancement du jeu est prévoir une future situation qui "apparaît flottante" devant moi. Le corps joue avec les avancements possibles et les potentiels mouvements de lui-même — le corps est un corps virtuel, un "corps phantastique" (Annabelle Dufourcq).

Il y a encore plusieurs aspects d'un jeu de ping-pong que l'on peut analyser avec la philosophie de Merleau-Ponty, particulièrement la relation entre les joueuses et les joueurs. Je voudrais juste mentionner un dernier aspect : un jeu comme celui-ci est une expérience commune à plusieurs personnes qui jouent ensemble, qui vivent une situation ensemble. Cette situation est plus que l'activité de jouer et plus que la "situation" sur la table, mais contient aussi cet être ensemble et l'ambiance — la cave avec son odeur agréable d'un lieu avec une longue histoire. Finalement, l'expérience en commun ne s'est pas limitée au jeu de ping-pong, c'est tout le colloque qui a été une vraie expérience en commun. Une expérience qui présuppose qu'on la vive ensemble, qu'on soit corporellement co-présent dans cette petite partie du monde, dans ce colloque sur le corps et le monde. Cette expérience en commun est quelque chose qui dépasse l'échange d'information, la discussion, même si elle est intense. C'est une expérience particulière ; elle est perçue de façon d'autant plus particulière après deux années marquées par la crise sanitaire et les restrictions prises pour l'endiguer. Mon travail philosophique discute justement cette différence, la différence graduelle entre les expériences en face à face et les rencontres à "distance".

Rapport d'étonnement

Tous les rapports d'étonnement


"RETOUR D'EXPÉRIENCE À CERISY"

PAR ALEXIS CADORET


Alexis Cadoret est titulaire d'un Master en Médiation culturelle et Enseignement et d'un Master en Études culturelles - Littérature, civilisation des pays nordiques, obtenus à l'université de Caen Normandie. Voici le rapport d'étonnement qu'il a présenté lors de la dernière séance du colloque Levinas et Merleau-Ponty : le corps et le monde, qui s'est tenu à Cerisy du 6 au 12 juillet 2022.

Antonia Schirgi, Sandra Travers de Faultrier,
Marie-Chantal Manset, Alexis Cadoret


Je souhaite tout d'abord, à l'instar de mes camarades, remercier Edith Heurgon et toutes les personnes qui s'affairent dans ce château pour cette possibilité si singulière d'habiter pendant une semaine ce lieu chargé d'histoire, animé par la rencontre de personnes aux vécus différents, toutes légitimes à nourrir encore et encore Cerisy d'écoute en écoute, de discussion en discussion. C'est ma première fois ici. Une première fois que je n'oublierai pas de sitôt et qui, maintenant qu'elle s'achemine lentement mais promptement vers le souvenir, conservera pour toujours une place dans ma relation à la phénoménologie et à ses tensions, exposées durant ces quelques jours. Phénoménologie qu'honorent les photographies en noir et blanc affichées à l'entrée du château, suspendant nos présences à toutes et à tous sur les quelques centimètres constituant les images au sein desquelles nos sourires, faits de chair, de sang et étirant la peau de nos lèvres, contiennent une parole animée de joie et de désir de sentir l'infini insufflant partout un vent immémorial.

Je voudrais ensuite adresser de la part de tout le groupe un merci sincère à Corine Pelluchon, à Yotetsu Tonaki et à toutes les conférencières et conférenciers pour cette semaine au déroulement doucereusement discipliné. Il importe de souligner la qualité de ce colloque franco-japonais portant sur l'intrication du corps et du monde chez les philosophes Maurice Merleau-Ponty et Emmanuel Levinas. Grâce à l'ensemble des conférences proposées et aux multiples discussions tissées au cours des repas et des pauses, chacune et chacun quittera Cerisy avec la certitude de l'importance de philosopher pour s'engager pleinement dans la complexité du monde, que ce soit en enseignant, en prenant soin de ses patients, en étudiant ou encore en travaillant dans ou pour des entreprises. Chacune et chacun emportera dans ses valises la force de plusieurs pensées, celles de Merleau-Ponty et de Levinas principalement, celles de Husserl, d'André Gorz et de Nishida dans un second temps ; pensées qui ont en commun de conduire l'humain à interroger ses manières d'être, autrement dit son attitude à l'égard du vivant et de ce qui l'entoure. Il s'est agi, comme l'ont souligné la majorité des communications, de penser par la phénoménologie une nouvelle façon d'habiter la terre qui soit capable de prendre en compte notre dépendance aux écosystèmes. Cette appréhension écophénoménologique de l'humain — entre son corps et le monde — le rend susceptible de dévier d'un centre duquel aucune résonance ne peut se réaliser correctement par manque d'entrecroisements. Ainsi, l'humain, pour sentir l'infini du monde, dispose d'un corps proprement résonnant, disposé à expulser aussi bien qu'à absorber, à tourbillonner dans l'air et à flotter sur l'eau, comme l'ont entre autres expliqué Corine Pelluchon, Tetsuya Kono, Nao Sawada, Tetsuo Sawada et Masato Goda.

Dans le cadre de mon mémoire d'études nordiques portant sur l'altérité dans les personnages des contes de l'écrivaine danoise Karen Blixen analysée à travers le concept de visage et la notion de responsabilité pour autrui dans l'œuvre de Levinas, le thème du corps et du monde y a toute sa place. En effet, il semble pertinent de se pencher sur l'interaction des personnages blixeniens avec le monde édifié par l'écrivaine sous l'angle de ce langage à trois dont il a été question lors de la communication de Dorothée Legrand. Les personnages blixeniens sont marqués par l'accomplissement d'un destin qui, parce qu'il est accompli, permet paradoxalement d'aspirer à une véritable liberté. Il serait intéressant d'impliquer dans cette façon qu'a Karen Blixen de charger ses personnages d'une responsabilité la relation je-tu-il, dialogue dans lequel le passé s'immisce, fort de ce qu'il contient mais aussi fort de son poids sur le présent et sur le futur. Ce je-tu-il frappé par la présence d'une dimension impersonnelle, fait revenir à l'esprit la suprématie des nourritures lévinassiennes, de cet air qui enveloppe l'humain avant même qu'il y prête attention. Par ailleurs, la richesse du colloque n'a pas hésité à rendre apparents les points de tension où, comme chez Levinas par exemple, la place de l'animal est ambiguë. L'œuvre de Karen Blixen est marquée par une attention particulière aux masques qui à la fois protègent les personnages et les rapprochent de l'autre et du monde, car porter un masque ne revient pas forcément à signifier une crainte envers la vie et les incertitudes qui y règnent, mais souligne bien au contraire la propension à vivre autrement, par l'autre, avec l'autre. Chez Karen Blixen, les personnages voguent de masques en masques, moyen par lequel ils s'engagent pleinement dans la vie. Cette caractéristique du masque gagnera en pertinence en l'abordant par la richesse des thèmes lévinassiens.

Encore une fois, merci à toutes et à tous !

Publication 2022 : un des ouvrages


LA TRADUCTION DANS UNE SOCIÉTÉ INTERCULTURELLE


Niall BOND, Philiep BOSSIER, Dinah LOUDA (dir.)


Une des questions majeures de nos sociétés contemporaines est le maintien de la diversité linguistique. Or, à l'opposé des poncifs qui la font passer pour chère, lente, voire superflue, de nombreuses raisons conduisent à penser que la traduction constitue, pour le futur, un formidable atout quant à la préservation du trésor de la culture humaine. Loin d'être une banalité, la traduction est à la fois omniprésente et indispensable, mais elle est souvent "invisible". Le colloque de Cerisy (août 2020) a réaffirmé cette faculté inouïe de l'homme pour en réhabiliter, dans un univers désormais hautement numérisé et mondialisé, le caractère interculturel.
Cet ouvrage interroge la traduction dans un monde en mouvement. Une première partie porte sur la traduction, l'interculturel et les savoirs, par une analyse des idées qui traversent les frontières linguistiques et les époques. Un deuxième volet concerne l'urgente mise au point des formations pour les nouvelles générations de traducteurs-interprètes et explore les technologies qui bouleversent et facilitent ces métiers. Enfin, une interrogation éthique aborde les finalités de la traduction, notamment son rôle capital face aux défis contemporains.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2020) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°658]


Articles à l'unité disponibles en accès payant sur CAIRN.INFO

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Hermann Éditeurs

Collection : Colloque de Cerisy

ISBN : 979-1-0370-1676-8

Nombre de pages : 504 p.

Prix public : 34,00 €

Année d'édition : 2022

Publication 2022 : un des ouvrages


LES MORALES DE DIDEROT


Odile RICHARD, Gerhardt STENGER (dir.)


Étudier l'actualité morale de Diderot vise à répondre à la demande d'une époque confrontée à une perte abyssale de valeurs, tant intellectuelles que religieuses ou politiques. Le concept de morale repousse et fascine à la fois nos générations, largement déchristianisées, privées des repères fournis naguère par les grandes idéologies et leurs mouvements politiques généreux. Comment concilier dès lors les notions de justice, d'égalité et de vivre-ensemble ? Comment répandre l'athéisme vertueux ? Diderot, comme Nietzsche plus tard, souhaitera la mise en place d'un art comme catéchisme du peuple. L'une des dernières réflexions du philosophe, dans Le Neveu de Rameau, n'est pas loin de substituer la contemplation du Beau à la pratique du Bien, et de placer l'art en valeur-refuge d'une société dévorée par la "soif de l'or". Cela ne l'empêche pas de penser la politique en termes de morale, et d'observer en moraliste son contemporain, avec toujours à la bouche un scepticisme teinté de tolérance : "Est-il bon, est-il méchant ?".
Ce colloque s'est tenu à Cerisy du 10 au 17 août 2020. Il fut l'occasion d'expérimenter les morales de Diderot non seulement en paroles mais aussi en actes, par des lectures publiques et des représentations théâtrales au château, ainsi que par un "rallye Diderot" dans le Cotentin.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2020) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°657]


Articles à l'unité disponibles en accès payant sur CAIRN.INFO

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Hermann Éditeurs

Collection : Colloque de Cerisy

ISBN : 979-1-0370-1960-8

Nombre de pages : 456 p.

Prix public : 32,00 €

Année d'édition : 2022

Publication 2022 : un des ouvrages


Maîtriser le temps & façonner l'histoire. Les historiens normands au Moyen Âge

MAÎTRISER LE TEMPS & FAÇONNER L'HISTOIRE

LES HISTORIENS NORMANDS AU MOYEN ÂGE


Fabien PAQUET (dir.)

Avec la collaboration de Stéphane LECOUTEUX


Orderic Vital, Robert de Torigni, Aimé du Mont-Cassin ou Dudon de Saint-Quentin: tous ces auteurs médiévaux, et d'autres, sont au fondement de notre connaissance de l'histoire de la Normandie au Moyen Âge. Mais peut-on vraiment toujours leur faire confiance ? Avec quelles précautions doit-on les aborder ? C'est en plongeant dans les cabinets de travail et en étudiant les sources et les méthodes des auteurs médiévaux que les participants du colloque de Cerisy de 2019 ont proposé de répondre à ces questions. Fruit d'une rencontre internationale, cet ouvrage propose d'explorer l’ensemble des mondes normands (Normandie, îles Britanniques, Méditerranée) sur un temps long (Xe-XVe siècles) à travers ceux qui en ont forgé les mythes et écrit l'histoire au Moyen Âge.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2019) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°656]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Presses universitaires de Caen

Collection : Symposia

ISBN : 978-2-38185-164-8

Nombre de pages : 390 p.

Illustrations : Couleurs et N & B

Prix public : 25 €

Année d'édition : 2022

Publication 2022 : un des ouvrages


SCIENCES, TECHNIQUES ET AGRICULTURES

GOUVERNER POUR TRANSFORMER


Frédéric GOULET, Patrick CARON, Bernard HUBERT, Pierre-Benoît JOLY (dir.)


Les sciences et techniques jouent un rôle essentiel dans les transformations de l'agriculture et des mondes agricoles. Elles sont louées par certains pour les avancées qu'elles génèrent, et critiquées par d'autres pour leurs effets néfastes sur les équilibres sanitaires, sociaux ou environnementaux. Elles font l'objet d'investissements massifs de la part du secteur privé, mais aussi des États en quête d'influence sur la scène globale.
Cet ouvrage, issu d'un colloque de Cerisy tenu en septembre 2019, propose un ensemble d'analyses pour penser la place des sciences et techniques dans les agricultures contemporaines, et la façon dont elles peuvent être gouvernées pour assurer les transitions vers des agricultures durables. Il regroupe les contributions de nombreux spécialistes des sciences et des techniques agricoles. Chercheurs en sciences humaines et sociales, en sciences de l'ingénieur, de la vie et de l'environnement, ou encore dirigeants d'organisations françaises ou internationales de recherche, livrent des analyses riches et variées, à des échelles locales et globales.
Ce livre aidera à décrypter les réalités contemporaines des relations entre sciences, techniques et agricultures, mais également et surtout à envisager leurs futurs.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2019) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°655]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Presses des Mines

Collection : Sciences sociales

ISBN : 978-2-35671-845-7

Nombre de pages : 324 p.

Prix public : 29 €

Année d'édition : 2022

PUBLICATIONS COMPLÉMENTAIRES

• "Introduction. Recherches sur la question animale : entre mobilisations sociétales et innovations technologiques", par Benoît DEDIEU, in Natures Sciences Sociétés, Volume 31, n°2, p. 162-165 (2023) | https://doi.org/10.1051/nss/2023029.

• "La résistible ascension de l'éthique ? Sciences sociales et question animale", par Jérôme MICHALON, in Natures Sciences Sociétés, Volume 31, n°2, p. 166-178 (2023) | https://doi.org/10.1051/nss/2023030.

• "Contributions des technologies de précision pour améliorer les conditions de travail dans les élevages agroécologiques : questionnements et perspectives", par Nathalie HOSTIOU, Philippe JEANNEAUX, Julie DUVAL, Manon LEBRUN & Benjamin NOWAK, in Natures Sciences Sociétés, Volume 31, n°2, p. 179-187 (2023) | https://doi.org/10.1051/nss/2023031.

• "La mise en marché du "progrès génétique" : le cas de la sélection et de la reproduction des vaches laitières", par Antoine DORÉ, in Natures Sciences Sociétés, Volume 31, n°2, p. 188-198 (2023) | https://doi.org/10.1051/nss/2023033.

• "Quelques évolutions des idées autour du comportement animal et du bien-être animal : un éthologue face à la société", par Pierre LE NEINDRE, in Natures Sciences Sociétés, Volume 31, n°2, p. 228-236 (2023) | https://doi.org/10.1051/nss/2023036.

• ""Slaughter free/Cultured meat". Une morale de marchand", par Jocelyne PORCHER, in Natures Sciences Sociétés, Volume 31, n°2, p. 237-243 (2023) | https://doi.org/10.1051/nss/2023028.

Publication 2022 : un des ouvrages


TAL COAT

REGARDS SANS FRONTIÈRES


Jean-Pascal LÉGER (dir.)


Ami de Giacometti, Staël, Calder, Miró, Chillida…, Pierre Tal Coat (1905-1985) n'ignore pas l'art de son temps et, quoiqu'il s'en défende, il écrit des pages de l'histoire de l'art : par exemple avec les séries des Massacres ou des Profils sous l'eau. Ses tableaux des Failles et des Rochers (période d'Aix) puis ses tableaux que l'on a dits abstraits et monochromes (période de Dormont) ouvrent des voies aux peintres des générations suivantes. En réalité, Tal Coat dialogue autant avec Rembrandt, Vélasquez ou Cézanne. Mais il puise aux sources de son enfance au pays des pierres levées, la Bretagne. Par une intuition singulière de l'espace, il se sent plus proche des peintres de Lascaux que de ses contemporains. Son expérience de marcheur à l'affût des "phénomènes du monde" s'exerce aussi bien sur les chemins des Pyrénées, des Alpes ou du Jura que dans les collines d'Aix-en-Provence, autant sur les plateaux du Vexin que sur les sentiers entre terre et mer. Ainsi le nom qu'il s'est choisi sonne comme un hommage aux énergies de la nature : Pierre et Front de bois. Cette alliance de l'homme et de la nature, de l'art de son temps et de l'art d’avant l'histoire, fait l'alchimie unique de sa peinture.
Dernier volet, avec Présence d'André du Bouchet (2011) et À l'épreuve d'exister avec Henri Maldiney (2014), le colloque Tal Coat, regard sans frontières, tenu en 2017 à Cerisy clôt cette Triade qui met en lumière l'amitié entre un poète, un philosophe et un peintre. Il est l'occasion de se plonger, à travers les écrits d'auteurs d'horizons variés (historien, chorégraphe, galériste, collectionneur, artiste…), dans l'univers d'un peintre qui propose de regarder le monde et la peinture sans point de vue privilégié, sans cadres, sans fenêtres, sans frontières.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2017) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°654]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Hermann Éditeurs

Collection : Colloque de Cerisy

ISBN : 979-1-0370-0718-6

Nombre de pages : 210 p.

Illustrations : Couleurs et N & B

Prix public : 27,00 €

Année d'édition : 2022


Publications associées


Publication 2022 : un des ouvrages


RÉÉDITION


L'AUTO-ORGANISATION

DE LA PHYSIQUE AU POLITIQUE


Paul DUMOUCHEL, Jean-Pierre DUPUY (dir.)


Préface de Paul DUMOUCHEL et Jean-Pierre DUPUY


Ce colloque mémorable a réuni à Cerisy, en juin 1981, des anthropologues, biologistes, physiciens, philosophes, qui ont construit ensemble une pensée neuve au carrefour des sciences et des "humanités". Le titre, L'auto-organisation : de la physique au politique, indique le projet de mettre en évidence les "résonances" entre les théories alors en gestation en biologie, en physique ou dans les sciences de l'artificiel, et les modèles de l'auto-organisation du social.
Les théories de l'auto-organisation s'articulent autour de trois concepts : le chaos déterministe et la complémentarité paradoxale de l'ordre et du désordre ; l'autonomie et la capacité d'une organisation de s'instituer elle-même ; la question du sens, qui reprend toute sa place au sein des sciences. Ces questions en induisent une quatrième : celle de l'unité retrouvée du savoir.
D'avoir été en 1981 d'une forte actualité politique et sociale et d'une relative marginalité scientifique, la situation quarante ans plus tard s'est en quelque sorte inversée. Alors que l'auto-organisation est partout dans les sciences, mais a disparu de la réflexion sociale et idéologique (terrorisme, migrants, laïcité, intelligence artificielle, climat, pandémie…), cet ouvrage donne à penser et à repenser, dans un contexte radicalement différent, les questions essentielles du monde contemporain.


Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°79bis]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Hermann Éditeurs

Collection : Cerisy / Archives

ISBN : 979-1-0370-1935-6

Nombre de pages : 576 p.

Illustrations : N & B

Prix public : 32 €

Année d'édition : 2022

ÉDITION D'ORIGINE

L'auto-organisation. De la physique au politiqueÉditeur : Éditions du Seuil

Collection : Empreintes

ISBN : 2-02-006457-X

Nombre de pages : 562 p.

Illustrations : N & B

Année d'édition : 1983

Non disponible auprès du CCIC [n°79]

Publication 2022 : un des ouvrages


Les discours meurtriers aujourd'hui

LES DISCOURS MEURTRIERS AUJOURD'HUI


Laurence AUBRY, Gabriela PATIÑO-LAKATOS, Béatrice TURPIN (dir.)


Suivant la voie ouverte par le philologue allemand Victor Klemperer, à partir d'une perspective interdisciplinaire, ce livre a pour objet la description et l'analyse des discours extrémistes actuels les plus violents. Il s'intéresse plus particulièrement aux appels au meurtre et à leurs légitimations politiques ou religieuses, du djihadisme contemporain au suprématisme blanc. Les différents auteurs tentent de décrire et d'analyser ces discours, dits "meurtriers", dans leurs formes, leurs soubassements et leurs effets. En mettant au cœur même de la désignation la question du rapport entre discours et actes, la dénomination "discours meurtriers" peut permettre le repérage de traits caractéristiques, ainsi que le relevé de modes opératoires et d'enjeux sociaux ou subjectifs propres à ces énoncés ou à ces langages. Ils interrogent cette performativité propre aux propagandes idéologiques actuelles, où le discours tend à se précipiter dans l'action, au lieu de la suspendre ou de l'élaborer. Les discours meurtriers peuvent recouvrir les discours de haine par les passions destructrices qu'ils véhiculent ou qu'ils suscitent, mais ils se distinguent par l'incitation ou l'appel au meurtre et sa justification, ainsi que par des effets d'anéantissement clairement repérables. L'actualité montre jusqu'à la caricature, au-delà de la propagande et de la terreur déployée par l'autoproclamé "État islamique", combien il est urgent d'interroger ce qui est peut-être en train d'arriver aujourd'hui, dont les langages pourraient être à nouveau l'instrument et le symptôme. Il est en effet crucial de chercher à comprendre pour tenter de prévenir ces forces du discours au service du négatif et de l'anéantissement de toute altérité.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2018) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°653]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Éditions Peter Lang

Collection : Comparatisme et Société, Volume 44

ISBN : 978-2-8076-1633-2

Nombre de pages : 380 p.

Prix public : 54,57 €

Année d'édition : 2022


Publication associée


Publication 2022 : un des ouvrages


LA DÉMOCRATIE ÉCOLOGIQUE

UNE PENSÉE INDISCIPLINÉE


Jean-Michel FOURNIAU, Loïc BLONDIAUX, Dominique BOURG, Marie-Anne COHENDET (dir.)


Avant-propos de Chantal JOUANNO


Face à l'urgence climatique et écologique, à ses conséquences sociales dont témoignaient les Gilets jaunes ou les citoyens de la Convention pour le climat, peut-on envisager l'avenir de la démocratie autre qu'écologique ? Alors que différentes pathologies de la démocratie, montée des populismes, tentations d'un retour à la décision autoritaire, rejettent la participation et la délibération, le colloque de Cerisy de mai 2019 s'est attaché à établir la chance que l'écologie offre à la liberté et la démocratie de se réinventer.
À l'initiative de la Commission nationale du débat public, cette réflexion ne pouvait qu'être indisciplinée : la démocratie écologique se définit à partir de conflits, de ruptures, d'expérimentations et de débats. La constitution de publics démocratiques, les institutions délibératives, les expériences locales, les nouvelles formes de vie plus respectueuses de l'écologie et de la justice environnementale sont explorées dans cet ouvrage croisant éclairages philosophiques, approches juridiques, travaux de sciences sociales et études d'acteurs engagés.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2019) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°652]


Articles à l'unité disponibles en accès payant sur CAIRN.INFO

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Hermann Éditeurs

Collection : Colloque de Cerisy

ISBN : 979-1-0370-1536-5

Nombre de pages : 436 p.

Prix public : 24 €

Année d'édition : 2022