Publication 2022 : un des ouvrages


POUR UN ART DU (DÉ)CONFINEMENT

TÉMOIGNAGES D'UNE EXPÉRIENCE CERISYENNE - SAISON 1


Sylvain ALLEMAND (dir.)


Cet ouvrage réunit des entretiens réalisés avec des personnes d'horizons disciplinaires, professionnels et géographiques variés, ayant participé à une expérience inédite : la première édition du Foyer de création et d'échanges, mis en place du 13 au 28 juillet 2020 (quelques mois après la fin du premier confinement imposé par la crise sanitaire liée au Covid-19), dans le cadre du Centre culturel international de Cerisy (CCIC). Par-delà la poursuite de projets personnels, ils y ont été invités à contribuer à une réflexion sur ce que pourrait être un "art du (dé)confinement".
Témoignages.


Disponible auprès du CCIC

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Sérendip'éditions

ISBN : 978-2-9570270-4-0

Nombre de pages : 260 p.

Prix public : 10,00 €

Année d'édition : 2022


Publication associée


Rapport d'étonnement

— Tous les rapports d'étonnement —


"QUELQUES FACÉTIES SUR LE COLLOQUE DES BEAUTÉS VITALES DE CERISY"

PAR MATHIAS DAMBUYANT


Mathias Dambuyant est Docteur en sociologie, chercheur associé au LAP (EHESS). Le titre de sa thèse est "Veiller sur et punir, expériences du placement sous surveillance électronique en France, Belgique et Suisse". Voici le rapport d'étonnement qu'il a présenté lors de la dernière séance du colloque Beautés vitales. Pour une approche contemporaine de la beauté, qui s'est tenu à Cerisy du 15 au 21 juillet 2022.

Mathias Dambuyant, Patricia Brulant-Crighton,
Edith Heurgon, Claude Brulant


(Sons de cloche)

Oyez, oyez… salutations à toutes et tous. Je vous parle en direct du bas, et en direct du "oh" !

Je suis, en tant que troubadour éphémère, chargé d'ouvrir cette session du rapport d'étonnement qui vous sera présentée par les damoiselles Célia, Lena, Eva et les damoiseaux Pablo et Guilhem…

Pendant plus de 5 jours, nous nous sommes rencontrés sur le thème de la beauté vitale… Ce colloque nous a chamboulé, déstabilisé, transformé… de par nos diverses disciplines. De là la nécessité de faire des ponts !!! Dans ce colloque très riche, très beau… nous avons d'abord été éclairés par les réponses philosophiques : Peut-on analyser des beautés au débotté ? L'inverse du contraire est-il le synonyme de son opposé ? Le mot "santé" peut-il s’écrire sans T ? !!! Les linguistes ensuite, à force de voir tant de beautés sont devenus de chauds latins ! Les sociologues et les anthropologues nous ont appris à recentrer notre regard et à trouver beau les petites bêtes, les pierres, les jardins, les robots, les SDF et même les miss France ! Plus incroyable encore, il y avait de la beauté dans les pans du cerveau, le cerveau des paons, dans la seiche qui encre et dans l'encre qui sèche ; dans le jazz qui fait aimer et l'amour qui fait jaser. Voire et c'est plus incroyable : de la beauté chez les collocs' avec qui on habite où dans ce colloque qui nous a habité… Dans ce colloque, nous avons partagé, transmis, il y a eu du don voire du contre-don… Pérignon !

Mais d'un autre côté (passe de l'autre côté du pont) ce colloque c'était aussi des rencontres avec le château de Cerisy, où la beauté terrasse, avec son guide hors pair Axel, avec Edith et son équipe qui nous sonnait parfois les cloches, avec des concertos indiens et des stabat mater ; le jour nous prenions des notes, le soir nous les écoutions ; avec une équipe de tournage dont l'intérêt et l'énergie ne tenait pas qu'à un film ! rencontre enfin avec les participants du colloque, au-delà des exposés, et qui permettaient à chaque instant, de ressentir une belle vie !

Alors voilà, si l'on reprend la question : "la beauté est-elle vitale ?". Elle est une quête, entre la vie et la mort, la beauté est instable entre son objet et le sujet qui l'éprouve ; la beauté est fragile car on la ressent d'autant plus que l'on sait que l'on peut la perdre. La beauté est partout où l'on sait la débusquer ; elle est même parfois là où on ne l'attend pas !

Il vous reste à franchir le seuil du château pour poursuivre ce cheminement du rapport d'étonnement en direction du salon de musique. Encore une petite chose… Et d'ailleurs la nuit !

Merci à toutes et tous pour le colloque.

Œuvre réalisée par Philippe Doutrelepont, offerte à Cerisy et exposée dans les Douves du Château (côté Terrasse Nord)

Rapport d'étonnement

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"LEVINAS, MERLEAU-PONTY ET LE PING-PONG"

PAR ANTONIA SCHIRGI


Antonia Schirgi est chercheuse et enseignante à l'Institut de sociologie de l'université de Graz, Autriche. Le titre de sa thèse est "Sur la distance proche et la proximité distante : une théorie des rencontres humaines sur la base de la philosophie de Maurice Merleau-Ponty". Voici le rapport d'étonnement qu'elle a présenté lors de la dernière séance du colloque Levinas et Merleau-Ponty : le corps et le monde, qui s'est tenu à Cerisy du 6 au 12 juillet 2022.

Alexis Cadoret, Antonin Chambon,
Antonia Schirgi, Emmanuel Levine


Un château, un lieu extraordinaire, la philosophie, Levinas, Merleau-Ponty, le Japon, la France et une doctorante autrichienne. Les discussions intensives, les rencontres et … une cave avec une table de ping-pong. Le tennis de table est un jeu que je ne pratique pas habituellement, mais qui s'intègre tout naturellement dans l'expérience cerisyenne. Il n'est pas seulement un jeu qu'on peut pratiquer à Cerisy, mais, en même temps, une activité qui démontre certains éléments de la philosophie discutée pendant le colloque. Un colloque sur le corps et le monde, un jeu pratiqué par des êtres corporels, dans une cave, en interaction avec la matérialité (la raquette, la balle, la table, les autres corps), avec le monde.

Un soir on commence le jeu à cinq. Une certaine disharmonie se manifeste. Que s'est-il passé ? Le jeu de ping-pong présuppose une certaine façon de percevoir, de se mouvoir ou certaines habitudes sensorimotrices. Avec Merleau-Ponty, on peut dire qu'un jeu de ping-pong — réalisé par des personnes qui le pratiquent régulièrement — est un moment où "le corps habituel peut se porter garant pour le corps actuel" (Merleau-Ponty, Maurice, 1945, Phénoménologie de la perception, Paris, Gallimard, p. 98). Autrement dit, la praxis, incorporée dans le schéma corporel, s'applique tout naturellement. Les non-habitués doivent apprendre à se mettre en place, à interagir avec les choses et à percevoir les mouvements d'une façon qui permette une réponse adaptée

Repartons de notre groupe ; certains joueurs ou joueuses ont besoin de commencer par ré-apprendre le jeu, d'autres sont plus professionnels. Pour les premiers, commence un moment d'enseignement ou de ré-enseignement. Re-commencer à jouer est une manière de se souvenir d'une habitude antérieure, d'une praxis incorporée dès l'enfance, quasiment oubliée, quasiment perdue. Même si cette perte n'est pas comparable avec la tragédie de la perte de diverses possibilités corporelles après une grave lésion, comme Merleau-Ponty l'a décrite quand il cherche une manière de comprendre philosophiquement le phénomène du membre fantôme, la différence entre des pratiques possibles pour certains et des pratiques possibles pour moi, qui devient évidente dans cette expérience, peut être comprise de la même façon. Pendant une longue période sans jouer au ping-pong, pouvoir y jouer est devenu une possibilité générale, quelque chose que l'on peut faire, pas plus quelque chose que je peux faire.

Pour rendre cette praxis ré-accessible au corps, nous commençons spontanément par un cours de tennis de table. L'enseignement des capacités motrices contient l'étrange nécessité d'expliciter quelque chose qu'en général on n'explicite pas et qui n'est pas facilement accessible à la conscience. Il se réfère à la praxis, aux puissances inscrites dans le schéma corporel. Notre professeur de ce soir-là est quelqu'un qui sait enseigner. Ce savoir lui-même peut être compris comme une praxis. L'enseignant a appris à rendre la praxis accessible à la conscience de soi et à la conscience des autres. Il sait expliciter la façon de travailler la raquette, d'interagir avec la balle, de se comporter envers la table et envers l'autre. Pour nous, les élèves, l'apprentissage est un processus au sein duquel ce nouveau savoir surpasse la conscience, ne reste plus quelque chose qu'on peut décrire de façon technique, mais quelque chose que le corps sait faire ; c'est une praxis qui devient lentement accessible ou ré-accessible au corps comme puissance motrice ; les corps commencent à s'habituer, la praxis commence à se (ré-)installer dans le schéma corporel. Un échange entre les joueurs commence et les interactions deviennent plus longues. On apprend à percevoir la balle dans sa puissance de se mouvoir d'une certaine façon — voir le mouvement, écouter le cliquètement quand la balle touche la table et quand elle est touchée par la raquette. On sent les interactions de la raquette avec la main et de la raquette avec la balle. La raquette dans la main devient quelque chose avec laquelle on joue la balle, quelque chose qui devient partie de notre motricité. D'une certaine façon la raquette devient parti de mon schéma corporel, même si ce système commun est fragile. Jouer implique voir, mais en même temps prévoir ; prévoir le mouvement de la balle et le mouvement de l'autre. Prévoir est une manière de surpasser le monde concret, d'imaginer le mouvement et l'avancement du jeu. Prévoir l'avancement du jeu est prévoir une future situation qui "apparaît flottante" devant moi. Le corps joue avec les avancements possibles et les potentiels mouvements de lui-même — le corps est un corps virtuel, un "corps phantastique" (Annabelle Dufourcq).

Il y a encore plusieurs aspects d'un jeu de ping-pong que l'on peut analyser avec la philosophie de Merleau-Ponty, particulièrement la relation entre les joueuses et les joueurs. Je voudrais juste mentionner un dernier aspect : un jeu comme celui-ci est une expérience commune à plusieurs personnes qui jouent ensemble, qui vivent une situation ensemble. Cette situation est plus que l'activité de jouer et plus que la "situation" sur la table, mais contient aussi cet être ensemble et l'ambiance — la cave avec son odeur agréable d'un lieu avec une longue histoire. Finalement, l'expérience en commun ne s'est pas limitée au jeu de ping-pong, c'est tout le colloque qui a été une vraie expérience en commun. Une expérience qui présuppose qu'on la vive ensemble, qu'on soit corporellement co-présent dans cette petite partie du monde, dans ce colloque sur le corps et le monde. Cette expérience en commun est quelque chose qui dépasse l'échange d'information, la discussion, même si elle est intense. C'est une expérience particulière ; elle est perçue de façon d'autant plus particulière après deux années marquées par la crise sanitaire et les restrictions prises pour l'endiguer. Mon travail philosophique discute justement cette différence, la différence graduelle entre les expériences en face à face et les rencontres à "distance".

Rapport d'étonnement

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"RETOUR D'EXPÉRIENCE À CERISY"

PAR ALEXIS CADORET


Alexis Cadoret est titulaire d'un Master en Médiation culturelle et Enseignement et d'un Master en Études culturelles - Littérature, civilisation des pays nordiques, obtenus à l'université de Caen Normandie. Voici le rapport d'étonnement qu'il a présenté lors de la dernière séance du colloque Levinas et Merleau-Ponty : le corps et le monde, qui s'est tenu à Cerisy du 6 au 12 juillet 2022.

Antonia Schirgi, Sandra Travers de Faultrier,
Marie-Chantal Manset, Alexis Cadoret


Je souhaite tout d'abord, à l'instar de mes camarades, remercier Edith Heurgon et toutes les personnes qui s'affairent dans ce château pour cette possibilité si singulière d'habiter pendant une semaine ce lieu chargé d'histoire, animé par la rencontre de personnes aux vécus différents, toutes légitimes à nourrir encore et encore Cerisy d'écoute en écoute, de discussion en discussion. C'est ma première fois ici. Une première fois que je n'oublierai pas de sitôt et qui, maintenant qu'elle s'achemine lentement mais promptement vers le souvenir, conservera pour toujours une place dans ma relation à la phénoménologie et à ses tensions, exposées durant ces quelques jours. Phénoménologie qu'honorent les photographies en noir et blanc affichées à l'entrée du château, suspendant nos présences à toutes et à tous sur les quelques centimètres constituant les images au sein desquelles nos sourires, faits de chair, de sang et étirant la peau de nos lèvres, contiennent une parole animée de joie et de désir de sentir l'infini insufflant partout un vent immémorial.

Je voudrais ensuite adresser de la part de tout le groupe un merci sincère à Corine Pelluchon, à Yotetsu Tonaki et à toutes les conférencières et conférenciers pour cette semaine au déroulement doucereusement discipliné. Il importe de souligner la qualité de ce colloque franco-japonais portant sur l'intrication du corps et du monde chez les philosophes Maurice Merleau-Ponty et Emmanuel Levinas. Grâce à l'ensemble des conférences proposées et aux multiples discussions tissées au cours des repas et des pauses, chacune et chacun quittera Cerisy avec la certitude de l'importance de philosopher pour s'engager pleinement dans la complexité du monde, que ce soit en enseignant, en prenant soin de ses patients, en étudiant ou encore en travaillant dans ou pour des entreprises. Chacune et chacun emportera dans ses valises la force de plusieurs pensées, celles de Merleau-Ponty et de Levinas principalement, celles de Husserl, d'André Gorz et de Nishida dans un second temps ; pensées qui ont en commun de conduire l'humain à interroger ses manières d'être, autrement dit son attitude à l'égard du vivant et de ce qui l'entoure. Il s'est agi, comme l'ont souligné la majorité des communications, de penser par la phénoménologie une nouvelle façon d'habiter la terre qui soit capable de prendre en compte notre dépendance aux écosystèmes. Cette appréhension écophénoménologique de l'humain — entre son corps et le monde — le rend susceptible de dévier d'un centre duquel aucune résonance ne peut se réaliser correctement par manque d'entrecroisements. Ainsi, l'humain, pour sentir l'infini du monde, dispose d'un corps proprement résonnant, disposé à expulser aussi bien qu'à absorber, à tourbillonner dans l'air et à flotter sur l'eau, comme l'ont entre autres expliqué Corine Pelluchon, Tetsuya Kono, Nao Sawada, Tetsuo Sawada et Masato Goda.

Dans le cadre de mon mémoire d'études nordiques portant sur l'altérité dans les personnages des contes de l'écrivaine danoise Karen Blixen analysée à travers le concept de visage et la notion de responsabilité pour autrui dans l'œuvre de Levinas, le thème du corps et du monde y a toute sa place. En effet, il semble pertinent de se pencher sur l'interaction des personnages blixeniens avec le monde édifié par l'écrivaine sous l'angle de ce langage à trois dont il a été question lors de la communication de Dorothée Legrand. Les personnages blixeniens sont marqués par l'accomplissement d'un destin qui, parce qu'il est accompli, permet paradoxalement d'aspirer à une véritable liberté. Il serait intéressant d'impliquer dans cette façon qu'a Karen Blixen de charger ses personnages d'une responsabilité la relation je-tu-il, dialogue dans lequel le passé s'immisce, fort de ce qu'il contient mais aussi fort de son poids sur le présent et sur le futur. Ce je-tu-il frappé par la présence d'une dimension impersonnelle, fait revenir à l'esprit la suprématie des nourritures lévinassiennes, de cet air qui enveloppe l'humain avant même qu'il y prête attention. Par ailleurs, la richesse du colloque n'a pas hésité à rendre apparents les points de tension où, comme chez Levinas par exemple, la place de l'animal est ambiguë. L'œuvre de Karen Blixen est marquée par une attention particulière aux masques qui à la fois protègent les personnages et les rapprochent de l'autre et du monde, car porter un masque ne revient pas forcément à signifier une crainte envers la vie et les incertitudes qui y règnent, mais souligne bien au contraire la propension à vivre autrement, par l'autre, avec l'autre. Chez Karen Blixen, les personnages voguent de masques en masques, moyen par lequel ils s'engagent pleinement dans la vie. Cette caractéristique du masque gagnera en pertinence en l'abordant par la richesse des thèmes lévinassiens.

Encore une fois, merci à toutes et à tous !

Publication 2022 : un des ouvrages


LA TRADUCTION DANS UNE SOCIÉTÉ INTERCULTURELLE


Niall BOND, Philiep BOSSIER, Dinah LOUDA (dir.)


Une des questions majeures de nos sociétés contemporaines est le maintien de la diversité linguistique. Or, à l'opposé des poncifs qui la font passer pour chère, lente, voire superflue, de nombreuses raisons conduisent à penser que la traduction constitue, pour le futur, un formidable atout quant à la préservation du trésor de la culture humaine. Loin d'être une banalité, la traduction est à la fois omniprésente et indispensable, mais elle est souvent "invisible". Le colloque de Cerisy (août 2020) a réaffirmé cette faculté inouïe de l'homme pour en réhabiliter, dans un univers désormais hautement numérisé et mondialisé, le caractère interculturel.
Cet ouvrage interroge la traduction dans un monde en mouvement. Une première partie porte sur la traduction, l'interculturel et les savoirs, par une analyse des idées qui traversent les frontières linguistiques et les époques. Un deuxième volet concerne l'urgente mise au point des formations pour les nouvelles générations de traducteurs-interprètes et explore les technologies qui bouleversent et facilitent ces métiers. Enfin, une interrogation éthique aborde les finalités de la traduction, notamment son rôle capital face aux défis contemporains.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2020) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°658]


Ouvrage et articles à l'unité disponibles en accès payant sur CAIRN.INFO

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Hermann Éditeurs

Collection : Colloque de Cerisy

ISBN : 979-1-0370-1676-8

Nombre de pages : 498 p.

Prix public : 31 €

Année d'édition : 2022

Publication 2022 : un des ouvrages


LES MORALES DE DIDEROT


Odile RICHARD, Gerhardt STENGER (dir.)


Étudier l'actualité morale de Diderot vise à répondre à la demande d'une époque confrontée à une perte abyssale de valeurs, tant intellectuelles que religieuses ou politiques. Le concept de morale repousse et fascine à la fois nos générations, largement déchristianisées, privées des repères fournis naguère par les grandes idéologies et leurs mouvements politiques généreux. Comment concilier dès lors les notions de justice, d'égalité et de vivre-ensemble ? Comment répandre l'athéisme vertueux ? Diderot, comme Nietzsche plus tard, souhaitera la mise en place d'un art comme catéchisme du peuple. L'une des dernières réflexions du philosophe, dans Le Neveu de Rameau, n'est pas loin de substituer la contemplation du Beau à la pratique du Bien, et de placer l'art en valeur-refuge d'une société dévorée par la "soif de l'or". Cela ne l'empêche pas de penser la politique en termes de morale, et d'observer en moraliste son contemporain, avec toujours à la bouche un scepticisme teinté de tolérance : "Est-il bon, est-il méchant ?".
Ce colloque s'est tenu à Cerisy du 10 au 17 août 2020. Il fut l'occasion d'expérimenter les morales de Diderot non seulement en paroles mais aussi en actes, par des lectures publiques et des représentations théâtrales au château, ainsi que par un "rallye Diderot" dans le Cotentin.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2020) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°657]


Ouvrage et articles à l'unité disponibles en accès payant sur CAIRN.INFO

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Hermann Éditeurs

Collection : Colloque de Cerisy

ISBN : 979-1-0370-1960-8

Nombre de pages : 462 p.

Prix public : 32 €

Année d'édition : 2022

Publication 2022 : un des ouvrages


Maîtriser le temps & façonner l'histoire. Les historiens normands au Moyen Âge

MAÎTRISER LE TEMPS & FAÇONNER L'HISTOIRE

LES HISTORIENS NORMANDS AU MOYEN ÂGE


Fabien PAQUET (dir.)

Avec la collaboration de Stéphane LECOUTEUX


Orderic Vital, Robert de Torigni, Aimé du Mont-Cassin ou Dudon de Saint-Quentin: tous ces auteurs médiévaux, et d'autres, sont au fondement de notre connaissance de l'histoire de la Normandie au Moyen Âge. Mais peut-on vraiment toujours leur faire confiance ? Avec quelles précautions doit-on les aborder ? C'est en plongeant dans les cabinets de travail et en étudiant les sources et les méthodes des auteurs médiévaux que les participants du colloque de Cerisy de 2019 ont proposé de répondre à ces questions. Fruit d'une rencontre internationale, cet ouvrage propose d'explorer l’ensemble des mondes normands (Normandie, îles Britanniques, Méditerranée) sur un temps long (Xe-XVe siècles) à travers ceux qui en ont forgé les mythes et écrit l'histoire au Moyen Âge.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2019) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°656]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Presses universitaires de Caen

Collection : Symposia

ISBN : 978-2-38185-164-8

Nombre de pages : 390 p.

Illustrations : Couleurs et N & B

Prix public : 25 €

Année d'édition : 2022

Publication 2022 : un des ouvrages


SCIENCES, TECHNIQUES ET AGRICULTURES

GOUVERNER POUR TRANSFORMER


Frédéric GOULET, Patrick CARON, Bernard HUBERT, Pierre-Benoît JOLY (dir.)


Les sciences et techniques jouent un rôle essentiel dans les transformations de l'agriculture et des mondes agricoles. Elles sont louées par certains pour les avancées qu'elles génèrent, et critiquées par d'autres pour leurs effets néfastes sur les équilibres sanitaires, sociaux ou environnementaux. Elles font l'objet d'investissements massifs de la part du secteur privé, mais aussi des États en quête d'influence sur la scène globale.
Cet ouvrage, issu d'un colloque de Cerisy tenu en septembre 2019, propose un ensemble d'analyses pour penser la place des sciences et techniques dans les agricultures contemporaines, et la façon dont elles peuvent être gouvernées pour assurer les transitions vers des agricultures durables. Il regroupe les contributions de nombreux spécialistes des sciences et des techniques agricoles. Chercheurs en sciences humaines et sociales, en sciences de l'ingénieur, de la vie et de l'environnement, ou encore dirigeants d'organisations françaises ou internationales de recherche, livrent des analyses riches et variées, à des échelles locales et globales.
Ce livre aidera à décrypter les réalités contemporaines des relations entre sciences, techniques et agricultures, mais également et surtout à envisager leurs futurs.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2019) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°655]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Presses des Mines

Collection : Sciences sociales

ISBN : 978-2-35671-845-7

Nombre de pages : 324 p.

Prix public : 29 €

Année d'édition : 2022

PUBLICATIONS COMPLÉMENTAIRES

• "Introduction. Recherches sur la question animale : entre mobilisations sociétales et innovations technologiques", par Benoît DEDIEU, in Natures Sciences Sociétés, Volume 31, n°2, p. 162-165 (2023) | https://doi.org/10.1051/nss/2023029.

• "La résistible ascension de l'éthique ? Sciences sociales et question animale", par Jérôme MICHALON, in Natures Sciences Sociétés, Volume 31, n°2, p. 166-178 (2023) | https://doi.org/10.1051/nss/2023030.

• "Contributions des technologies de précision pour améliorer les conditions de travail dans les élevages agroécologiques : questionnements et perspectives", par Nathalie HOSTIOU, Philippe JEANNEAUX, Julie DUVAL, Manon LEBRUN & Benjamin NOWAK, in Natures Sciences Sociétés, Volume 31, n°2, p. 179-187 (2023) | https://doi.org/10.1051/nss/2023031.

• "La mise en marché du "progrès génétique" : le cas de la sélection et de la reproduction des vaches laitières", par Antoine DORÉ, in Natures Sciences Sociétés, Volume 31, n°2, p. 188-198 (2023) | https://doi.org/10.1051/nss/2023033.

• "Quelques évolutions des idées autour du comportement animal et du bien-être animal : un éthologue face à la société", par Pierre LE NEINDRE, in Natures Sciences Sociétés, Volume 31, n°2, p. 228-236 (2023) | https://doi.org/10.1051/nss/2023036.

• ""Slaughter free/Cultured meat". Une morale de marchand", par Jocelyne PORCHER, in Natures Sciences Sociétés, Volume 31, n°2, p. 237-243 (2023) | https://doi.org/10.1051/nss/2023028.

Publication 2022 : un des ouvrages


TAL COAT

REGARDS SANS FRONTIÈRES


Jean-Pascal LÉGER (dir.)


Ami de Giacometti, Staël, Calder, Miró, Chillida…, Pierre Tal Coat (1905-1985) n'ignore pas l'art de son temps et, quoiqu'il s'en défende, il écrit des pages de l'histoire de l'art : par exemple avec les séries des Massacres ou des Profils sous l'eau. Ses tableaux des Failles et des Rochers (période d'Aix) puis ses tableaux que l'on a dits abstraits et monochromes (période de Dormont) ouvrent des voies aux peintres des générations suivantes. En réalité, Tal Coat dialogue autant avec Rembrandt, Vélasquez ou Cézanne. Mais il puise aux sources de son enfance au pays des pierres levées, la Bretagne. Par une intuition singulière de l'espace, il se sent plus proche des peintres de Lascaux que de ses contemporains. Son expérience de marcheur à l'affût des "phénomènes du monde" s'exerce aussi bien sur les chemins des Pyrénées, des Alpes ou du Jura que dans les collines d'Aix-en-Provence, autant sur les plateaux du Vexin que sur les sentiers entre terre et mer. Ainsi le nom qu'il s'est choisi sonne comme un hommage aux énergies de la nature : Pierre et Front de bois. Cette alliance de l'homme et de la nature, de l'art de son temps et de l'art d’avant l'histoire, fait l'alchimie unique de sa peinture.
Dernier volet, avec Présence d'André du Bouchet (2011) et À l'épreuve d'exister avec Henri Maldiney (2014), le colloque Tal Coat, regard sans frontières, tenu en 2017 à Cerisy clôt cette Triade qui met en lumière l'amitié entre un poète, un philosophe et un peintre. Il est l'occasion de se plonger, à travers les écrits d'auteurs d'horizons variés (historien, chorégraphe, galériste, collectionneur, artiste…), dans l'univers d'un peintre qui propose de regarder le monde et la peinture sans point de vue privilégié, sans cadres, sans fenêtres, sans frontières.


Ouvrage issu d'un colloque de Cerisy (2017) [en savoir plus]
Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°654]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Hermann Éditeurs

Collection : Colloque de Cerisy

ISBN : 979-1-0370-0718-6

Nombre de pages : 210 p.

Illustrations : Couleurs et N & B

Prix public : 27,00 €

Année d'édition : 2022


Publications associées


Publication 2022 : un des ouvrages


RÉÉDITION


L'AUTO-ORGANISATION

DE LA PHYSIQUE AU POLITIQUE


Paul DUMOUCHEL, Jean-Pierre DUPUY (dir.)


Préface de Paul DUMOUCHEL et Jean-Pierre DUPUY


Ce colloque mémorable a réuni à Cerisy, en juin 1981, des anthropologues, biologistes, physiciens, philosophes, qui ont construit ensemble une pensée neuve au carrefour des sciences et des "humanités". Le titre, L'auto-organisation : de la physique au politique, indique le projet de mettre en évidence les "résonances" entre les théories alors en gestation en biologie, en physique ou dans les sciences de l'artificiel, et les modèles de l'auto-organisation du social.
Les théories de l'auto-organisation s'articulent autour de trois concepts : le chaos déterministe et la complémentarité paradoxale de l'ordre et du désordre ; l'autonomie et la capacité d'une organisation de s'instituer elle-même ; la question du sens, qui reprend toute sa place au sein des sciences. Ces questions en induisent une quatrième : celle de l'unité retrouvée du savoir.
D'avoir été en 1981 d'une forte actualité politique et sociale et d'une relative marginalité scientifique, la situation quarante ans plus tard s'est en quelque sorte inversée. Alors que l'auto-organisation est partout dans les sciences, mais a disparu de la réflexion sociale et idéologique (terrorisme, migrants, laïcité, intelligence artificielle, climat, pandémie…), cet ouvrage donne à penser et à repenser, dans un contexte radicalement différent, les questions essentielles du monde contemporain.


Disponible à Cerisy aux Amis de Pontigny-Cerisy [n°79bis]

CARACTÉRISTIQUES

Éditeur : Hermann Éditeurs

Collection : Cerisy / Archives

ISBN : 979-1-0370-1935-6

Nombre de pages : 576 p.

Illustrations : N & B

Prix public : 32 €

Année d'édition : 2022

ÉDITION D'ORIGINE

L'auto-organisation. De la physique au politiqueÉditeur : Éditions du Seuil

Collection : Empreintes

ISBN : 2-02-006457-X

Nombre de pages : 562 p.

Illustrations : N & B

Année d'édition : 1983

Non disponible auprès du CCIC [n°79]