Programme 2022 : un des colloques

Programme complet


CLAUDE CAHUN, INCLASSABLE ET EXEMPLAIRE


DU LUNDI 22 AOÛT (19 H) AU DIMANCHE 28 AOÛT (14 H) 2022

[ colloque de 6 jours ]



ARGUMENT :

Claude Cahun est à la fois essayiste, photographe et poète. Largement autobiographique, son œuvre qui va de 1910 à 1954 échappe aux tentatives de classification. Elle est à resituer, avec ses amitiés fortes, dans le contexte surréaliste, mais aussi dans un ensemble plus large qui participe de la modernité culturelle et politique.

Ce colloque interrogera l'héritage de Claude Cahun aussi riche que paradoxal, ses apports artistique, philosophique et littéraire. Nombre de créateurs ou de penseurs se réclament de sa réflexion anticipatrice sur les questions de genre, d'identité sexuelle et personnelle. Sa quête de soi, son exigence critique et sa volonté éthique nous offrent des arguments pour penser notre présent et des motifs pour agir.

Les années quatre-vingt ont vu la découverte de Claude Cahun. Puis avec la propagation de son œuvre est arrivée la consécration. Le temps est venu de confronter les différentes représentations, les modèles d'interprétation qui ont été proposés. Ce retour aux sources devrait permettre de lever des malentendus et de réévaluer la place de Claude Cahun dans le champ contemporain.


MOTS-CLÉS :

Arts, Autobiographie, Éthique, Genre, Identité, Modernité, Photographie, Poésie, Surréalisme


CALENDRIER PROVISOIRE :

Lundi 22 août
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Mardi 23 août
MÉTAMORPHOSE DE L'IDENTITÉ ET SUBVERSION DES GENRES. L'AUTOFICTION, L'AUTOREPRÉSENTATION
Matin
François LEPERLIER : Introduction du colloque
Georges SEBBAG : Claude Cahun : une pensée en relation avec celle de Nietzsche et de Jules de Gaultier

Après-midi
Eve GIANONCELLI : Claude Cahun et la question du genre
Tirza TRUE LATIMER : L'Autre Féminité


Mercredi 24 août
POÉTIQUE DE L'OBJET, COLLAGES, PHOTOGRAPHIES ET PHOTOMONTAGES
Matin
Elza ADAMOVICZ : Claude Cahun et le photomontage : miroir narcissique ou arme de guerre ?
Cristiana SORRENTINO : Repartir de la matérialité de l'archive. Nouvelles perspectives d'analyse de l'œuvre photographique de Claude Cahun

Après-midi
Silvia MAZZUCCHELLI : Claude Cahun : le parti pris des choses
Dawn ADES : Mirror images ? Les "Autoportraits" de Claude Cahun

Table ronde, à partir des deux premières thématiques abordées : La question du genre et La photographie

Soirée
Les extravagants, Pierre Albert-Birot et Claude Cahun : lectures croisées, par Charles GONZALÈS


Jeudi 25 août
CLAUDE CAHUN, SES AFFINITÉS ET SES RÉSEAUX D'AMIS
Matin
Monique SEBBAG : Entre Colette et Simone Weil, Claude Cahun. Trois femmes sans pitié
Atsuko NAGAÏ : Claude Cahun et l'Angleterre — entre l'antipathie et l'affinité

Après-midi
DÉTENTE


Vendredi 26 août
THÉÂTRE ET THÉÂTRALITÉ CHEZ CLAUDE CAHUN
Matin
Masao SUZUKI : Les tableaux vivants renversés : le regard dans les autoportraits de Claude Cahun
Junko NAGANO : L'univers carnavalesque chez Claude Cahun par le prisme du masque et de la marionnette

Après-midi
Françoise ARMENGAUD : Claude Cahun et le chemin des chats
Françoise PY : Claude Cahun et Béatrice Wanger dite Nadja

Lectures de textes de Claude Cahun, par Charles GONZALÈS

Table ronde, animée par Masao SUZUKI & Junko NAGANO sur Théâtre et théâtralité chez Claude Cahun


Samedi 27 août
POÉTIQUE, POLITIQUE ET ÉTHIQUE : DE CONTRE-ATTAQUE À LA RÉSISTANCE À JERSEY. LES TRACTS SURRÉALISTES
Matin
Michel CARASSOU : Claude Cahun ou la difficulté de dire l'homosexualité
Eve GIANONCELLI : Anarchisme, révolution et héroïsme chez Claude Cahun

Après-midi
Hervé SANSON : Claude Cahun au miroir du Mercure de France : influences, (ré)investissements et persistances
Monique SEBBAG : Le malaise ontologique de Claude Cahun
Lissia AMACH : Dieu dans l'œuvre et la vie de Claude Cahun : entre l'intime et le politique


Dimanche 28 août
Matin
Synthèse, Table ronde et Discussion générale

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Francois-LEPERLIER
François Leperlier est professeur de philosophie honoraire, université de Rouen. Découvreur de Claude Cahun, il lui a consacré un grand nombre d'ouvrages.
Publications
Claude Cahun, Catalogue, Co-direction J.V. Aliaga, Jeu de Paume-Hazan, 2011.
Claude Cahun. L'exotisme intérieur, Fayard, 2006.
Claude Cahun. Écrits, Jean-Michel Place, 2000.
Claude Cahun, Photopoche-Nathan, 1999.
Claude Cahun Photographe, Jean-Michel Place/Paris-Musées, 1995.
"Charles Baudelaire, Claude Cahun, Clément Magloire-Saint-Aude", The International Encyclopedia of Surrealism, Bloomsbury Publishing, Londres, 2019.

Françoise PY
Françoise Py est maître de conférences en histoire de l'art à l'université Paris 8. Elle collabore régulièrement à la revue Mélusine dont elle a dirigé plusieurs numéros ainsi qu'au site éponyme.
Dernières publications
Endre Rozsda, Avec José Mangani, Revue Mélusine numérique, n°1, janvier 2019.
L'or du temps — André Breton 50 ans après, Avec Henri Béhar, Actes d'un colloque de Cerisy, Mélusine, n°40, 2017.
De l'art cinétique au net art : hommage à Frank Popper, L'Harmattan, Coll. "Eidos", 2017.

Georges SEBBAG
Georges Sebbag est écrivain, docteur en philosophie, commissaire d'exposition. Il a publié une vingtaine d'ouvrages sur le surréalisme et plusieurs essais sur le temps. Coéditeur de The International Encyclopedia of Surrealism en trois volumes.
Dernières publications
Dix cahiers surréalistes : avril 1925, Éd. Domaine Jean-Michel Place – DI-LECTA, 2021.
Gombrowicz mentaliste, Éditions Tinbad, Coll. "Essai", 2021.


Elza ADAMOVICZ : Claude Cahun et le photomontage : miroir narcissique ou arme de guerre ?
Dans les années 1920 la société française connaît de profonds bouleversements dans le concept du sujet, les enjeux de la sexualité, l'ordre phallocentrique. Aux nouvelles interrogations, nouveaux moyens d'expression : le photomontage reflèterait les fissures, contradictions, interrogations de la réalité contemporaine. Cette intervention portera d'abord sur une discussion du photomontage des années 1920-30 comme outil de critique sociale et de libération, suivie de l'analyse des dix photomontages de Claude Cahun accompagnant son texte Aveux non avenus (1930). Parmi les questions qui seront abordées : la pratique du photomontage chez CC s'inscrit-elle dans un contexte purement individualiste, intimiste et narcissique (le scrapbook) ou dans un cadre plus large, celui des enjeux sociaux des années 1920 ? Si le photomontage est défini comme arme de guerre contre le Père, exposant les fractures de la vie sociale et psychique, quelles stratégies de détournement sont exploitées par Cahun ? Finalement, dans la galerie des photomontages de l'avant-garde des années 1920-30, quel dialogue établir entre les photomontages de Cahun et ceux de Hannah Hőch, John Heartfield ou Nusch Eluard ?

Elza Adamowicz est Professeure Émérite à Queen Mary University of London. Elle est l’auteure de nombreuses études sur l’avant-garde européenne, dada et le surréalisme.
Publications
Surrealist Collage in Text and Image : Dissecting the Exquisite Corpse (1998, 2004).
Ceci n'est pas un tableau : les textes surréalistes sur l'art (2004).
Dada Bodies : Between Battlefield and Fairground (2019).
The Eye of the Poet : André Breton and Visual Art (2022).

Dawn ADES : Mirror images ? Les "Autoportraits" de Claude Cahun
Les "Autoportraits" de Claude Cahun sont régulièrement invoqués dans les études qui portent sur l'autoreprésentation dans le travail des femmes artistes surréalistes et des jeunes photographes. On croit généralement qu'ils ont été produits par elle seule, et qu'ils étaient destinés à un public. Cependant, ce n'est pas le cas. Une seule photographie de Claude Cahun a été publiée de son vivant, et elle a été clairement attribuée, dans une interview donnée à un journal contemporain, à de nouvelles expériences photographiques de Marcel Moore. Ces autoportraits sont le produit d'un projet artistique privé, entièrement collaboratif, sans issue immédiate, commerciale ou publique — bien que certains aient été la matière première des photomontages d'Aveux non avenus. Ces "autoportraits" qui explorent tant d'identités et de frontières apparentes — entre féminin et masculin, fiction et fantaisie, personnel et politique, rêve et quotidien — ont été l'un des exemples les plus remarquables de collaboration artistique, peut-être unique. Alors que les nombreux exemples brillants de représentation de soi, en particulier dans le contexte du surréalisme, présupposent le regard interrogatif de l'artiste, comme dans un miroir, dans ce cas précis, il existe des signes subtils de réciprocité que nous décrypterons.

Dawn Ades est professeure émérite à l'université d'Essex, membre de la British Academy, ancienne administratrice de la Tate et de la National Gallery, professeure d'histoire de l'art à la Royal Academy et a été nommée CBE en 2013 pour ses services à l'histoire de l'art. Elle a été commissaire ou co-commissaire de nombreuses expositions au Royaume-Uni et à l'étranger au cours des quarante dernières années, notamment Dada et Surrealism Reviewed (1978) ; Art in Latin America (1989) ; le centenaire de Salvador Dalí au Palazzo Grassi, Venise (2004) ; Undercover Surrealism : Georges Bataille and Documents (avec Simon Baker), Hayward Gallery (2006) ; The Colour of my Dreams : The Surrealist Revolution in Art, Vancouver Art Gallery (2011), et Dalí/Duchamp, Royal Academy (2017). Elle a été conservatrice associée pour Manifesta 9 (2012). Outre les catalogues de ces expositions et d'autres, les publications comprennent Photomontage (1976, révisé en 1986 et 2022), Marcel Duchamp (avec Cox&Hopkins, 1999 et 2022) et Selected Writings on Art and Anti-Art (2015). La recherche sur le dada et le surréalisme s'est de plus en plus concentrée sur les femmes artistes et poètes associées à ces mouvements, avec des publications sur Hannah Höch, Mina Loy, Maria Izquierdo, Frida Kahlo, Leonora Carrington, Dora Maar et Claude Cahun.

Lissia AMACH : Dieu dans l'œuvre et la vie de Claude Cahun : entre l'intime et le politique
La communication explorera, dans l'œuvre et la vie de Cahun, la place et la signification de la figure de Dieu — "ce curieux entre tous les curieux" pour reprendre les termes de Nietzsche — dont le regard et droit de regard sont particulièrement gênants, aux yeux de l'artiste. Cette figure fascinante, qui cloisonne le monde intérieur et extérieur, réel et onirique, physique et métaphysique, fait couler l'encre de notre artiste qui lui consacrera des passages entiers, notamment dans Aveux non Avenus, où elle questionne l'existence et la pertinence d'une figure divine unique et "hors de soi" et où elle ébranle les préceptes et dogmes religieux communs. Nous verrons, ici, comment l'indéfinition de la question religieuse et divine constitue une nécessité politique et offre la possibilité d'un nouvel intime. Cette exploration et analyse de Dieu seront également l'occasion d'étudier les liens de Cahun avec les approches ésotériques, la philosophie bouddhiste et yogique, nourris, notamment, durant sa période de rapprochement et de participation à l'Union des Amis des Arts Ésotériques et à la Société Théosophique.

Enseignante d'anglais et de culture littéraire à l'université-Paris-Est Créteil, Lissia Amach conduit actuellement ses recherches doctorales, en études françaises, au sein de l'université de Birmingham. Sa thèse s'intitule : "Les Mythes des Frontières Humaines. Le genre, la race et la religion dans la pensée cahunienne".

Françoise ARMENGAUD : Claude Cahun et le chemin des chats
Claude Cahun aime les chats. Elle vit avec eux et leur organise en toutes circonstances la meilleure vie possible. Elle est leur semblable et ils sont ses semblables. Elle reconnaît à sa mère souffrante une "hypersensibilité de chat" ; elle-même déclare procéder, lors de certaines actions de Résistance à Jersey, "à la manière des chats". Les relations avec eux sont souvent "télépathiques". Mais les chats ne deviennent jamais le Chat idéalisé. Pour elle, le chat n'est pas à proprement parler un objet littéraire ni une occasion de spéculation ésotérique. Cependant elle n'hésite pas à parler d'affinités entre chats et femmes ou de l'"exploitation du chat par la femme et de la femme par le chat". C'est dans les photos — autoportraits avec chats : "Chat d'aveugle", "Le chemin des chats" — que s'exprime la confiance envers les chats : se laisser guider par eux sur les voies de la découverte de l'inconnu.

Françoise Armengaud a enseigné la philosophie du langage et l'esthétique à l'université de Paris-Ouest-Nanterre. Elle a travaillé sur la littérature consacrée aux animaux et sur la condition qui leur est faite.
Publications
Apprendre à lire l'éternité dans l'œil des chats, Les Belles Lettres, 2016.
"Thérèse Plantier, poète animaliste et féministe", in Marie-Christine Brière (dir), "Jusqu'à ce que l'enfer gèle". Hommage à Thérèse Plantier, L'Harmattan, 2017.
Mémoires de Dame Pelote chatte de Montaigne, La Bibliothèque, 2019.

Michel CARASSOU : Claude Cahun ou la difficulté de dire l'homosexualité
Pionnière dans divers domaines, Claude Cahun le fut aussi dans la défense de l'homosexualité en participant à la publication d'Inversions, la première revue de ce type publiée en France. La première partie évoque le contexte dans lequel est créée la revue : la situation juridique, le vécu des homosexuels, la perception de l'homosexualité par l'opinion, la naissance d'une littérature homosexuelle. Une comparaison sera faite avec la situation en Allemagne qui fait figure de précurseure (et modèle ?) en la matière. En deuxième partie sont présentés le rôle joué par Claude Cahun dans la revue (simple rappel, la question ayant été traitée ailleurs), puis la conception de l'homosexualité qu'elle défend, étayée sur les thèses d'Havelock Ellis, enfin le type de militantisme "gay" qu'elle envisage. La troisième partie s'attache à la répression qu'ont subie la revue et ses animateurs, et cherche à comprendre le silence de Claude Cahun qui n'a jamais plus évoqué cette expérience malheureuse.

Michel Carassou, titulaire d'un doctorat en littérature moderne de l'université de Paris-Sorbonne, a toujours travaillé à la fois comme éditeur et comme chercheur. Après avoir été directeur éditorial de CNRS Éditions, il a créé et codirigé les éditions Paris-Méditerranée, puis en 2005 les éditions Non Lieu. En tant que chercheur, ses publications portent sur les avant-gardes littéraires et artistiques, Dada et le surréalisme, René Crevel, Jacques Vaché, Benjamin Fondane. Il s'est également intéressé à l'histoire des revues littéraires et à l'histoire de l'homosexualité au XXe siècle.
Dernières publications
Le Surréalisme par les textes (avec Henri Béhar), Classiques Garnier, 2013.
Inversions. Une autre histoire de la première revue gay française, Non Lieu, 2016.
Benjamin Fondane, Le Lundi existentiel et le dimanche de l'histoire, Non Lieu, 2021.

Eve GIANONCELLI : Claude Cahun et la question du genre
Cette communication propose d'explorer le processus de subjectivation de Claude Cahun à l'aune de la question du genre. Il s'agit de comprendre la façon dont, tant dans le choix de son pseudonyme, ses premières réalisations photographiques, et sa production au sein du mouvement surréaliste, Claude Cahun se constitue comme sujet de connaissance et de création à travers un positionnement réélaboré par rapport à la subjectivité féminine, donnant naissance à une subjectivité féminine autre. Nous analyserons la manière dont ce processus se joue entre neutralisation et subversion des normes de genre, permettant à Cahun de se poser et de s'affirmer singulièrement dans des traditions artistiques et intellectuelles qui se sont constituées à partir de l'exclusion du sujet féminin ou qui ont pu accueillir une telle forme d'affirmation mais non sans ambiguïté — à l'image des surréalistes.

Eve GIANONCELLI : Anarchisme, révolution et héroïsme chez Claude Cahun
Alors qu'elle considérait que "les étiquettes sont méprisables", Claude Cahun a elle-même caractérisé son engagement lors de la lutte menée contre l'occupant nazi à Jersey d'"anarchiste". D'où l'intérêt de se pencher sur cette question, jusqu'alors assez peu explorée. Il s'agit de comprendre les ressorts et les formes d'expression de cet anarchisme cahunien. Comment relève-t-il d'une forme de subjectivité individualiste qui s'articule en même temps à un sens et une visée collectifs, reposant sur une opposition à toutes les formes d'imposition ? Nous montrerons que l'un des intérêts majeurs de cette question réside dans ce qu'il révèle du sens du politique chez Cahun, et par-là même sa dimension fondamentalement éthique. En ce sens, il est également le ciment d'une posture révolutionnaire qui fait de Cahun une héroïne.

Eve Gianoncelli est docteure en science politique de l'université Paris 8 et chercheure affiliée à la Maison Française d'Oxford. Elle est l'auteure d'une thèse portant sur les processus de constitution problématiques de femmes, parmi lesquelles Claude Cahun, comme intellectuelles au XXe siècle, bientôt disponible sous forme d'ouvrage, sous le titre Le genre de la pensée. Figures du devenir intellectuelle au XXe siècle (Rennes, PUR, coll. "Archives du féminisme", 2022). Elle a publié plusieurs articles sur Claude Cahun parmi lesquels "Les voies de la (re)connaissance : Claude Cahun, artiste et intellectuelle au miroir transatlantique", Genre, sexualité, société, n°16, automne 2016 [en ligne] ; "La poudre à canon et la mèche allumée : Claude Cahun/Lucy Schwob et Suzanne Malherbe/Marcel Moore : un couple de femmes avant-gardiste", Les études sociales, n°170, p. 179-202.

Silvia MAZZUCCHELLI : Claude Cahun : le parti pris des choses
Les objets nous regardent. "C'est l'objet qui nous pense" dit Jean Baudrillard. Les trames de la vie sont parsemées d'objets : ils nous accompagnent, ils deviennent des coffres de nos souvenirs, ils se couvrent de notre émerveillement. Suspendus entre les "objets d'affection" de Man Ray, nés de combinaisons de choses incongrues mais capables de générer un nouveau sens, et les "machines célibataires" de Michel Carrouges, les objets de Claude Cahun, donnent vie à une nouvelle perception des choses, ce qui ne les rigidifie pas dans une définition, mais tente de les placer dans un univers en mutation. Comme son identité, ils échappent à toute tentative de définition : "J'ai la manie de l'exception", écrit-elle dans Aveux non avenus (1930). Les objets de Cahun évoquent l'accumulation d'éléments hétérogènes typiques du surréalisme, mais ils deviennent aussi le moyen de montrer une identité fragmentée, sous la forme d'objets éphémères en voie de disparition, ne survivant que grâce aux photographies qui les représentent. Cette présentation vise à étudier ces différents composants en référence aux objets conçus par Claude Cahun, à partir de la conception de l'objet surréaliste, passant de la réinterprétation de l'idée de machine célibataire par Deleuze et Guattari dans l'Anti-Œdipe (1972), jusqu'à la contemporanéité.

Silvia Mazzucchelli est docteur en théorie et analyse des textes de l'université de Bergame. Elle a publié deux essais consacrés à Claude Cahun, intitulés Claude Cahun et Suzanne Malherbe : l'immaginario di un sodalizio (Sestante, 2012) et Oltre lo specchio. Claude Cahun e la pulsione fotografica (Johan & Levi, 2013). Elle a édité Les Paris sont ouverts (Wunderkammer, 2018) et rédigé l'essai d'introduction à la traduction italienne du pamphlet. Elle fait partie de la rédaction du magazine en ligne Doppiozero et s'occupe de la rubrique dédiée à la photographie.

Atsuko NAGAÏ : Claude Cahun et l'Angleterre — entre l'antipathie et l'affinité
Pour Claude Cahun, l'Angleterre a été l'unique pays étranger qui lui a fourni des références implicites ou explicites profondément liées à des questions existentielles qu'elle posait dans ses créations écrites et photographiques. Le pays jouissait d'un pouvoir paternaliste et oppressif aux niveaux diplomatique et intérieur, tandis que Cahun y a trouvé aussi des artistes ou des mouvements sociaux qui résistent au dirigisme et protègent à leur manière les libertés individuelles. Il est d'ailleurs possible que son intérêt pour la culture anglaise l'ait aidée à trouver dans la neutralité une aisance relative à son existence. C'est dans l'histoire de sa relation complexe avec la société et la culture anglaises qu'on devrait situer aussi sa collaboration un peu énigmatique avec les surréalistes anglais au moment de l'Exposition Internationale du surréalisme à Londres en 1936.

Atsuko Nagaï est Professeur à l'université Sophia, Tokyo. Doctorat ès lettres à l'université d'Angers. Études sur le surréalisme, Gracq, Malraux, Sartre et al.. Traductrice en japonais de trois livres de Julien Gracq.
Publications
Claude Cahun (en japonais), Suiseisha, 2011.
"Désarmement de Gracq (1940-1950)", Julien Gracq et la guerre, Classiques Garnier, 2021.

Junko NAGANO : L'univers carnavalesque chez Claude Cahun par le prisme du masque et de la marionnette
Dans le mouvement théâtral d'avant-garde du début du XXe siècle, on opposait le monde du masque et de la marionnette au monde du réalisme ou du naturalisme des théâtres populaires. Cette nouvelle forme théâtrale a été en partie influencée par A. Jarry (Ubu Roi, 1896) ou par G. Craig (sa théorie sur la "surmarionnette" et sa revue The Mask, 1908-29). Au printemps 1929, Claude Cahun a joué au théâtre du "Plateau" dirigé par P. Albert-Birot. Les techniques spécifiques de cette forme théâtrale étaient les jeux stylisés de scène et le maquillage blanc. En plus de cette brève aventure, Cahun elle-même a mis des masques ou a pris des poses de poupée dans plusieurs autoportraits et photomontages. Son œuvre protéiforme et ses textes littéraires pourraient être considérés comme "le carnaval perpétuel" qui était un rêve d'enfance.

Junko Nagano est Professeur à l'université des arts d'Osaka. Études de l’esthétique et de l'art, principalement le sublime et la métaphore du genre, l'opéra et son genre, performance artistique, etc.
Publications
La flûte enchantée : L'énigme de la reine de la nuit, Arina-shobō, 2007.
Traduction en japonais, Carolyn Korsmeyer, Gender and Aesthetics : An Introduction, Sangensha, 2009.
"Autoportrait et théâtralité : Relations de Claude Cahun avec l'avant-garde théâtral", Bulletin de la Faculté des lettres, Université de Kobe, 2014.

Hervé SANSON : Claude Cahun au miroir du Mercure de France : influences, (ré)investissements et persistances
L'on sait que Claude Cahun publia sa première œuvre littéraire, Vues et visions, dans le Mercure de France du 16 mai 1914 sous le pseudonyme de Claude Courlis. Elle y publiera également plusieurs articles, tels "La Salomé d'Oscar Wilde" ou "Le procès Billing et les 47 000 pervertis du Livre noir" dans le numéro du 1er juillet 1918. Elle y publiera par la suite sa "Chanson sauvage" dans le numéro du 15 mars 1921, un certain nombre des contes formant l'ensemble Héroïnes dans celui du 1er février 1925, puis ses "Éphémérides" dans celui du 1er janvier 1927. Il est indéniable que la "famille intellectuelle" qui publia dans les colonnes de la prestigieuse revue exerça sur Claude Cahun une influence considérable. Ainsi, Rémy de Gourmont, Henri de Régnier, poète proche du symbolisme, ou plus encore, Jules de Gautier qui y tint durant de nombreuses années la chronique philosophique, furent des modèles pour l'écrivaine en herbe. Le bovarysme, doctrine philosophique défendue par ce dernier, entendu comme une tendance de l'esprit humain à rechercher une échappatoire à la réalité en créant une image embellie de soi-même, falsification seule apte à l'acceptation de son destin, inspirera l'auteure d'Aveux non avenus ou la photographe de l'entre-deux-guerres. Cette communication tâchera de retracer les diverses influences subies par la créatrice, et de dégager les enjeux de ces années de formation : l'héritage du Mercure de France a-t-il perduré au-delà des années de jeunesse, et joué un rôle essentiel dans l'œuvre ultérieure ?

Hervé Sanson, docteur ès lettres, spécialiste des littératures francophones du Maghreb, est chercheur associé à l'ITEM (CNRS). Auteur d'entretiens avec Habib Tengour, intitulés La Trace et l'écho. Une écriture en chemin (Le Tell, Algérie, 2012), il a collaboré à l'édition critique et génétique des Portraits d'Albert Memmi, publiée chez CNRS éditions en 2015, sous la direction du professeur Guy Dugas. Il a publié en 2017, en collaboration avec Albert Memmi, Penser à vif. De la colonisation à la laïcité, aux éditions Non-Lieu. Éditeur scientifique d'un inédit de Mohammed Dib, Le Vœu de la septième lune, paru chez El Kalima (Alger) en décembre 2019, il a coordonné en outre un numéro de la revue Europe sur Mohammed Dib, paru l'été 2020, et collaboré à l'édition scientifique du dernier manuscrit, inachevé, d'Assia Djebar, à paraître aux Presses de la Sorbonne nouvelle au printemps 2021. Enfin, il coordonne sur le plan scientifique l'édition critique et génétique des nouvelles de Mohammed Dib, à paraître chez CNRS éditions en 2023.

Monique SEBBAG : Entre Colette et Simone Weil, Claude Cahun. Trois femmes sans pitié
Trois figures de femme hors normes, phénoménales, aussi distantes l'une de l'autre que les sommets d'un triangle équilatéral. Trois générations, Colette née en 1873, Simone Weil en 1909, Claude Cahun en 1894, à sa place préférée, l'entre-deux. Tout semble les opposer : la première selon la chronologie, Colette, valorise la vie, la grande santé, la solidité charnelle, matérielle, elle est le oui absolu au monde sensible, tandis que la troisième, Simone Weil, veut avant tout réussir sa mort, et n'a que "dégoûtation" pour l'impureté du corps et même de l'âme ; entre les deux, Claude questionne, doute, balance. Comparée à ces volontés entières et têtues, elle est humaine dans sa fragilité, ses incertitudes, son déchirement. Alors que Colette se veut bête parmi les bêtes et Simone ange parmi les anges, Claude se débat entre son âme et son corps, bascule d'Éros à Thanatos, des jeux de l'immanence aux appels de la transcendance. L'une personnifie l'amour de soi, l'autre la haine de soi, notre Claude incarnant à coup sûr l'interrogation sur soi. Colette culmine en gloire nationale, Simone a l'aura d'une sainte, Claude est l'héroïne de mieux en mieux connue. La confrontation de Claude Cahun avec les deux autres figures d'exception pourrait contribuer à la comprendre. Toutes les trois se sont échappées des cloisons du genre ; leur moi idéal est ailleurs, par-delà le féminin et le masculin. Cette libération passe par une extrême sévérité, un combat contre soi ; contre l'inertie, la paresse, et contre la pitié, cet instinct maternel désarmant. Aveux non avenus : "Je suis femme. La pitié me met en goût de consoler. Mais comme après tout je suis un homme, et prompt à mordre, méfie-toi, cela ne va pas sans quelque brutalité". Sans pitié et avec quelque brutalité elles imposent leurs choix à leur entourage, il s'agit de se sauver et même Simone Weil a sa part de cruauté. Vue de cette place d'entre ces deux, entre l'éclatante vitalité de l'écrivaine de plus en plus célèbre et l'ascétisme de la vierge vouée de plus en plus au crucifié, Claude incarnerait non seulement la recherche d'un équilibre, mais encore la résistance à la vague montante du nihilisme annoncé par Nietzsche, qui mène à la féminisation compassionnelle d'aujourd'hui.

Monique SEBBAG : Le malaise ontologique de Claude Cahun
Cahun, l'héroïne inconnue est de plus en plus reconnue. Ses mises en scène, ses masques, ses moi multiples et son couple lesbien font sa célébrité. Cependant, comme le propre du masque est de dissimuler, il faut parier que l'essentiel de Claude Cahun est le secret qui la hante : on peut lire Aveux non avenus comme un aveu déguisé du conflit intime qui la tourmente. Son dilettantisme, son bovarysme, son goût de la provocation, l'excès de son jeu narcissique cachent une fragilité, un besoin d'unité, de pureté, d'authenticité. Lorsqu'elle dit manquer de confiance en soi, c'est pour ne pas avouer un malaise plus profond, qui n'est pas d'ordre psychologique mais ontologique. Comment aurait-elle confiance en soi, elle qui doute d'être quelque chose comme un "je", comme un "soi" ? Elle ne souffre pas de n'être ni femme ni homme, ni homo ni hétéro ; elle a tranché, elle se sent bien dans l'entre-deux, dans le neutre. Mais elle ne se sent pas toujours à l'aise dans le paraître et l'éparpillement ; il lui arrive de vouloir fuir le public, pour tenter de se trouver. Son secret est qu'elle aspire à l'Être et à l'Un. Salomé la sceptique est malade de son scepticisme, Cahun voudrait savoir Qui elle est et qu'elle Est. En relisant les écrits d'après-guerre, on découvre une Claude Cahun guérie du scepticisme. Il y a des faits véridiques qu'elle veut faire connaître. Elle est affirmative, elle déclare son credo, et la question se pose : qu'est-ce qui l'a métamorphosée en un moi aussi sûr de soi ? Qu'est-ce qui a fait tomber le masque du "soldat sans nom" et lui a garanti qu'elle était en plein dans la réalité ? En somme, je propose d'accompagner Claude Cahun dans son manque et dans sa rencontre de la vérité.

Monique Sebbag est professeur agrégée de philosophie et critique d'art. Elle a collaboré avec la galerie Thessa Herold notamment pour l'importante anthologie Auteurs. Elle a contribué en 2017 au catalogue de l'exposition Somos plenamente libres, sur dix-huit femmes artistes surréalistes dont Claude Cahun, au musée Picasso de Malaga et en 2021 à celui de l'exposition Quoniam au musée des Beaux-Arts de Trouville. Elle a publié Procès surréalistes chez Jean-Michel Place et, avec Georges Sebbag, Galerie Mouradian, 41 rue de Seine. Elle donne des conférences de philosophie et d'histoire de l'art.

Cristiana SORRENTINO : Repartir de la matérialité de l'archive. Nouvelles perspectives d'analyse de l'œuvre photographique de Claude Cahun
Cette intervention, qui s'appuie sur les résultats d'une recherche menée au Jersey Archive (St. Helier, Jersey), où est abritée la plus importante collection de Claude Cahun, se fonde sur la nécessité de lire l'œuvre photographique de Cahun à partir de la matérialité de l'archive, en proposant une lecture inédite par rapport aux perspectives d'analyse plus spécifiquement théoriques de l'œuvre de l'artiste, prédominantes dans le contexte historiographique contemporain. À cet égard, nous tenterons d'analyser quelques aspects importants qui émergent de cette étude, en problématisant une série de questions, y compris théoriques, qui ont jusqu'à présent caractérisé le débat historiographique. Que signifie, dans l'étude de l'œuvre photographique de Claude Cahun, repartir de l'archive ? Que peut encore nous dire ce type de recherche ? Et qu'est-ce qui peut confirmer ou infirmer ce qui est important que nous savons déjà ?

Cristiana Sorrentino est historienne de la photographie et doctorante à l'université de Florence. Elle a consacré son mémoire de maîtrise à l'œuvre photographique de Claude Cahun, publiant les premiers résultats de la recherche (Ripensando all'opera fotografica di Claude Cahun a partire da fonti e contesti) en 2017 dans la revue RSF. Rivista di studi di fotografia.

Masao SUZUKI : Les tableaux vivants renversés : le regard dans les autoportraits de Claude Cahun
Nous allons essayer de situer les photographies de Claude Cahun par rapport à ce que Michel Poivert appelle "les images auxquelles on ne croit pas", autrement dit les photographies mises en scène, dont l'exemple typique est le tableau vivant. Mais la théâtralité de Cahun est paradoxale. À la différence des tableaux vivants, ses autoportraits, qui n'imitent rien de précis, n'indiquent jamais clairement ce qu'ils mettent en scène. En outre le sujet photographié — Cahun elle-même — défie assez souvent le spectateur de son regard provocateur, tandis que les personnages d'un tableau vivant se plongent (ou font semblant de se plonger) dans le rôle qui leur est attribué. En nous appuyant sur cette théâtralité particulière, nous voudrions montrer que l'acte photographique de Cahun se situe au carrefour des pratiques populaires (et vernaculaires) et de l'avant-gardisme.

Masao Suzuki est Professeur à l'université Waseda (Tokyo). Il a soutenu sa thèse de doctorat consacrée à la question du hasard objectif dans l'œuvre d'André Breton à l'université Paris VII. Il a publié des articles sur le surréalisme dans plusieurs revues (en France notamment dans Pleine Marge).
Ouvrages publiés au Japon
Le Surréalisme, une pluralité convulsive (2007).
Gherasim Luca, stratégie de Non-Œdipe (2009).
Gisèle Prassinos, paradoxes d'une femme-enfant (2018).

Tirza TRUE LATIMER : L'Autre Féminité
Une photographie prise par Suzanne Malherbe vers 1915 montre la jeune Lucy Schwob assise à sa table d'écriture, un appareil photo sur le côté et, en face d'elle, un volume relié en cuir intitulé L'Image de la femme. L'ouvrage illustrée, réalisée en 1899 par Armand Dayot, répertorie les images de la beauté féminine, de la statuaire classique aux portraits de grandes dames jusqu'à l'époque de l'enfance de Lucy et Suzanne. Les accessoires de cette photographie — le livre Image de la Femme et l'appareil photo avec lequel les deux complices vont produire d'innumérables images alternatives — plantent le décor d'une longue carrière de résistance aux orthodoxies de toutes sortes, y compris de la "féminité". Peu après cette mise en scène, le couple fait ses premiers pas délibérés vers l'incarnation de quelque chose d'autre, cherchant d'autres modèles de sociabilité, de créativité, d'affiliation "familiale", de résistance, et d'amour propres aux femmes. En produisant à deux des ouvrages tels que Vues et visions (1919) et Aveux non avenus (1931), elles ont introduit une nouvelle logique générative — le "singulier pluriel" — bien adaptée à leur besoin "d'exister autrement". Cette conjonction impropre, singulier pluriel, décrit le dynamique entre les deux artistes, demi-sœurs "incestueuses", qui cultivent chacune des pratiques distinctes, développées dans leurs échanges l'une avec l'autre. Le dialogue entre le moi et "l'autre moi" est toujours un point de départ et un point de retour. Le singulier pluriel, en même temps, permet l'ouverture au-delà de chacune et au-delà du couple Schwob/Cahun Malherbe/Moore. Il relie les deux artistes aux fraternités et sororités singulières qui mettent en scène d'autres modes de pensée, de création, et de vie. Ici, je mets l'accent sur les sororités — en particulier, l'entourage de l'héritière Américaine, écrivaine symboliste, promoteur bouddhiste, Grace Constant-Lounsbery. Lounsbery, de presque vingt ans leur ainée, a pris sous son aile Claude Cahun et Marcel Moore dès leur arrivée à Paris au début des années vingt. Avec ses proches collaboratrices lesbiennes, actives dans les pratiques ésotériques et spectacles "exotiques", elle introduisit les deux rebelles de Nantes à tout un réseau de soutien. À leur tour, Cahun et Moore — avec leurs expériences photographiques, littéraires, et théâtrales — vont donner un élan aux ambitions de Lounsbery et son milieu féminin radical.

Tirza True Latimer est Professeur émérite en histoire de l'art, California College of the Arts, San Francisco.


BIBLIOGRAPHIE :

• ALIAGA Juan Vicente & LEPERLIER François, Claude Cahun, Jeu de Paume, 2011.
• CAHUN Claude : Écrits, édition présentée et établie par François Leperlier, Jean-Michel Place, 2002.
Claude Cahun et ses doubles, Exposition Nantes, Médiathèque Jacques Demy, Éditions MeMo, 2015.
• LEPERLER François, Claude Cahun : l'écart et la métamorphose, Jean-Michel Place, 1992.
• LEPERLIER François, Claude Cahun : l'exotisme intérieur, Fayard, 2006.
• "Pierre Albert Birot. Claude Cahun", Europe, n°1056, avril 2017.

Pour élargir les recherches

• BÉHAR Henri & PY Françoise (dir.), L'or du temps — André Breton 50 ans après, Colloque de Cerisy (2016), L'Âge d'Homme, 2017.
• SEBBAG Georges, Memorabilia : constellations inaperçues : Dada & surréalisme, 1916-1970, Le Cercle d'Art, 2010.


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