Programme 2022 : un des colloques

Programme complet


BEAUTÉS VITALES

POUR UNE APPROCHE CONTEMPORAINE DE LA BEAUTÉ


DU VENDREDI 15 JUILLET (19 H) AU JEUDI 21 JUILLET (14 H) 2022

[ colloque de 6 jours ]


HygroScope : Meteorosensitive Morphology
Achim Menges in collaboration with Steffen Reichert
Institute for Computational Design
Transsolar Climate Engineering


PRÉSENTATION VIDÉO :


DIRECTION :

Anne-Lise WORMS, Clélia ZERNIK

SECRÉTAIRE :

Justin JARICOT


ARGUMENT :

Il pourrait paraître incongru, voire intempestif ou inactuel, de réfléchir à la notion de beauté : celle-ci serait en effet poussiéreuse, intimidante, aliénante, voire parfaitement relative et, pour toutes ces raisons, impraticable. L'hypothèse dont l'on propose de débattre réaffirme à l'inverse les enjeux d'universalité, d'humanisme, de plaisirs et d'émotions qui sont spécifiques à la beauté. En prenant appui sur une réinterprétation de la notion de beauté, l'objectif est de retrouver dans ce concept une vitalité, une valeur, un pouvoir de transformation et d'orientation capable de nous interroger sur la manière de nous confronter aux enjeux d'aujourd'hui.

Le colloque, initié par la Chaire Beauté·s de l'université PSL et organisé en partenariat avec l'université de Rouen Normandie, cherchera à articuler beauté et vie, et se déclinera selon quatre orientations : la beauté au cœur de la vie et du vivant ; la beauté comme forme vivante ; vitalité de la beauté : la beauté comme patrimoine d'innovation ; la beauté vitale.

Loin d'être mortifère, la beauté est l'opérateur d'un futur commun, d'un monde habitable. Sans restriction en termes de discipline ou de méthodologie, ce colloque ouvert à un large public réunira des personnalités académiques et artistiques de premier plan qui proposeront des communications et tables rondes suivies de débats, ainsi que de propositions artistiques.


MOTS-CLÉS :

Beauté, Diversité, Esthétique, Image, Innovation, Musique, Peinture, Universalité, Vitalité


CALENDRIER DÉFINITIF :

Vendredi 15 juillet
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, du colloque et de participants


Samedi 16 juillet
BEAUTÉS DANS LA VIE
Pour Platon, la beauté est à chercher dans un monde d'Idées, ce qui transforme de ce fait la notion en une norme extérieure, coupée du vivant et de la vie. À l'inverse, il serait possible de penser la beauté dans son émergence au sein du vivant, de sa multiplicité et de sa temporalité. Cette journée aura pour objectif de proposer une conception alternative de la beauté étroitement conçue dans ses rapports avec la vie.
Matin
Anne-Lise WORMS : Plotin contre Platon : chercher la beauté dans le vivant et dans la vie
Rémi MERMET : Le style, la forme, la vie : sur l'actualité de l'esthétique
Claudine SAGAERT : "L'herbe et la bête". Philosophie de la "mauvaise" graine à la bestiole

Après-midi
Sophie COHEN-BODÉNÈS : Déchiffrer les signaux symboliques de la seiche avec l'IA
Norberto M. GRZYWACZ : L'expérience de la beauté dans le cerveau
Natacha GIAFFERI-DOMBRE : Circulations des canons esthétiques et mondialisation


Dimanche 17 juillet
LA BEAUTÉ COMME FORME VIVANTE
Une fois émancipée du canon, la beauté peut se penser comme forme plastique et mouvante. La forme est dès lors à concevoir comme accueillante et plurielle, et non plus comme figée, atemporelle et contraignante. Dans cette journée, il s'agira d'envisager la beauté dans sa dimension évolutive et vivante.
Matin
Claudine COHEN : Morphologie, diversité, beauté du vivant. De Richard Owen à Stephen Jay Gould
Chiara VECCHIARELLI : L'image vitale, une tension de surface

Après-midi
Elie DURING : Sublime formel et beauté survitale
Bertrand PRÉVOST : Beautés animales : ordre ou expression ?
Carole MAIGNÉ : La beauté comme forme vivante en photographie

Soirée
Présentation du film L'Île invisible par sa réalisatrice Keiko COURDY


Lundi 18 juillet
UN PARADIGME MUSICAL ?
En suivant l'idée selon laquelle la beauté peut être comprise comme forme vivante, nous pourrions concevoir à présent la beauté à partir d'un paradigme musical et sortir ainsi du primat de l'image et du pictural. Cette troisième journée sera donc consacrée aux pensées de la musique qui renouvellent l'élaboration du concept de beauté.
Matin
Pierre SAUVANET : Beautés jazz(s)
Catherine GUESDE : L'écoute de la noise : une éducation à la beauté du sonore ?
Guilhem MARION : Structures dans la musique, structures dans le cerveau : vers une nouvelle définition de la culture musicale ?

Après-midi
DÉTENTE

Soirée
La ligne et le cercle, soirée musicale proposée par Nicolas WORMS (Compositeur à l'Opéra National de Paris), en compagnie d'Umadevi NAGESWARA RAO


Mardi 19 juillet
BEAUTÉS VITALES
Si la beauté est aussi essentielle à la vie, c'est qu'elle nous permet de surmonter les catastrophes, de faire société et de traverser les épreuves intimes. La beauté est vitale en tant qu'elle est nécessaire à la vie et, réciproquement, elle nous éclaire sur ce qu'est véritablement la vie. Pourrait-on, dès lors, soutenir qu'aujourd'hui la beauté "sauvera le monde" ? Cette journée explorera l'idée d'une thérapie par la beauté, et se prolongera dans l'écoute de l'intimité de récits d'expériences.
Matin
Gisèle DAMBUYANT : Beauté et vulnérabilité [enregistrement audio en ligne sur La forge numérique de la MRSH de l'université de Caen Normandie et sur Canal U]
Sylviane BALUSTRE-D'ERNEVILLE : La beauté inclusive, pour la reconstruction d'une vie meilleure
Catherine BAROIN : Vieux et laid, mais sage : éloges romains de la laideur

Après-midi
Clélia ZERNIK : La Beauté après la catastrophe
Frédéric WORMS : La beauté au cœur des relations. La beauté réellement vitale [enregistrement audio en ligne sur La forge numérique de la MRSH de l'université de Caen Normandie et sur Canal U]

Soirée
"HORS LES MURS" — HEURES MUSICALES DE L'ABBAYE DE LESSAY (abbatial de Lessay)
Stabat Mater | Scarlatti - Dvorak, concert sous la direction de Simon-Pierre Bestion, avec l'ensemble La Tempête


Mercredi 20 juillet
VITALITÉ DE LA BEAUTÉ : LA BEAUTÉ COMME PATRIMOINE D'INNOVATION
Une fois la beauté soustraite à la rigidité qu'on lui attribue traditionnellement, elle peut être appréhendée non plus comme une valeur incontestable et incontestée, mais comme un levier et un partenaire de création et d'innovation. Hériter de la beauté des temps qui nous précèdent ne suppose pas seulement déférence et vénération, mais nous engage, par son exemplarité, à inventer les nouvelles voies de son expression. Cette quatrième journée sera l'occasion d'articuler beautés et futurs, en évoquant les potentiels différents champs d'innovation de la beauté.
Matin
Camille COUVRY : Beautés vitales (extra)ordinaires : appropriations intimes et sociales des pratiques esthétiques dans trois enquêtes [visioconférence]
Philippe BONNIN : Poétique du jardin japonais : la villa et les jardins de Katsura
Samuel BIANCHINI : Beautés oscillantes. La recherche de mouvements comportementaux expressifs pour les objets d'arts robotisés

Après-midi
Didier NECTOUX : Beauté minérale. Source d'inspiration, de création
Daniel CARVAJAL PEREZ : Gérer et concevoir le Patrimoine de création Dom Pérignon


Jeudi 21 juillet
CLÔTURE
Matin
Rapport d'étonnements des doctorants, par Célia BOUTILIER, Éva CARPIGO, Mathias DAMBUYANT, Pablo FONTOURA, Guilhem MARION et Léna OSSEYRAN
Conclusion des directrices
Débat général et perspectives

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Anne-Lise WORMS : Plotin contre Platon : chercher la beauté dans le vivant et dans la vie
Lorsque nous nous référons à la "beauté grecque", nous pensons généralement à ce qu'elle pouvait avoir de "normé" : symétrie, proportions, mesure, harmonie. De fait, nombreux sont les textes, philosophiques ou non, mais aussi les œuvres d'art de l'antiquité grecque ou romaine — et leurs multiples réceptions jusqu'à nos jours — dans lesquels ces notions constituent les seuls et uniques critères de beauté. Il est pourtant nécessaire d'interroger cette représentation, elle-même normée, de "la" beauté grecque. En prenant appui sur la critique, par Plotin, de conceptions du beau présentes chez Platon comme chez d'autres philosophes, notamment les Stoïciens, nous nous demanderons pourquoi il faut aussi, et peut-être même avant tout, chercher la beauté dans le vivant et dans la vie.

Anne-Lise Worms est Maître de conférences (HDR) en langue et littérature grecques anciennes à l'université de Rouen Normandie (ÉRIAC, Équipe de Recherche Interdisciplinaire sur les Aires Culturelles). Directrice-adjointe de l'école doctorale HMPL, elle est responsable du programme doctoral recherche-création en art (programme RADIAN). Ses recherches portent sur les conceptions de la beauté dans l'art, la littérature et la philosophie anciennes ainsi que sur les relations entre philosophie et écriture dans l'Antiquité.
Publications
Plotin, Traité 1 [I, 6], Du Beau. Introduction, traduction, commentaire, notes et index, par A.-L. Darras-Worms, Éditions du Cerf, collection "Les Écrits de Plotin", Paris, 2007.
"La beauté d'Hélène ou la médiation du beau dans les Traités 31 (V, 8) et 48 (III, 3) de Plotin", Revue Methodos, Savoirs et textes, 2010 [Revue de l'UMR 8163 (CNRS/Univ. Lille III) "Savoirs, Textes, Langages"].
Contribution à la revue Mouvement-Transition sur le thème de la beauté : "Les Grecs, la beauté, la vie", juillet 2012.
Plotin, Traité 31 [V, 8], De la Beauté intelligible. Introduction, traduction, commentaire, notes et index, par A.-L. Darras-Worms, Éditions Vrin, collection "Les Écrits de Plotin", Paris, 2018.

Clélia ZERNIK : La Beauté après la catastrophe
Décrivant les photographies que Naoya Hatakeyama a réalisées sur les décombres du tsunami de 2011 dans sa région natale de Rikuzentakata, Philippe Forrest écrit : "Il y a une beauté dans l'horreur. C'est ainsi. (…) Le pur ravage que le monde inflige aux hommes fait éclore une sorte de sidérante splendeur parmi un paysage de pleurs" (Retour à Tokyo). Par-delà l'obscénité de cette beauté dans l'horreur, la beauté n'est-elle pas le signe, l'indice que nous pouvons être sauvés malgré l'horreur, qu'il y a possibilité de revivre après l'horreur ? En nous appuyant sur différentes propositions d'artistes japonais, nous étudierons en quoi la beauté peut aider à surmonter une catastrophe, retisser les liens d'une communauté ravagée et réinscrire le futur au cœur de nos vies.

Normalienne, agrégée et docteur en philosophie de l'art, Clélia Zernik est professeur d'esthétique aux Beaux-arts de Paris. Ses recherches portent sur le cinéma et l'art contemporain japonais. Elle est Présidente de la chaire Beauté.s de l'université PSL.
Publications
Zernik Clélia, Akira Kurosawa. Les Sept Samouraïs, Yellow Now, avril 2013, 113 pages.
Zernik Clélia, L'œil et l'objectif, La psychologie de la perception à l'épreuve du style cinématographique, Vrin, juin 2012, 344 pages.
Zernik Clélia, Perception-cinéma : les enjeux stylistiques d'un dispositif, Vrin, septembre 2010, 128 pages.
Zernik Clélia & Zernik Eric, L'attrait des fantômes, Yellow Now, octobre 2019, 112 pages.
Zernik Clélia & Zernik Eric, L'attrait des cafés, Yellow Now, juin 2017, 112 pages.
Sous la direction de Ferrier Michaël, Créer avec Fukushima, entretien avec des artistes japonais, Thierry Marchaisse Éditions, mars 2021.


Sylviane BALUSTRE-D'ERNEVILLE : La beauté inclusive, pour la reconstruction d'une vie meilleure
Parce que la beauté aide à se sentir mieux et à s'en sortir mieux, la Fondation L'Oréal soutient aussi, grâce au programme "Beauty For a Better Life", la mise en place de soins de beauté et de bien-être gratuits en milieu médical et social, prodigués par des socio-esthéticien(ne)s spécialement formé(e)s. Les soins de beauté et de bien-être permettent aux personnes vulnérables de reprendre confiance en elles, d'améliorer leur estime, leur combativité, leur relation aux autres, à être actrices de leur mieux-être et ainsi de se réinsérer dans la société et se projeter dans un avenir meilleur. Ces moments privilégiés associent aux soins de beauté (soins du visage, soins des mains et des pieds, modelage, maquillage) des conseils techniques, une écoute et un moment de détente.

Sylviane Balustre-d'Erneville est Directrice du Fonds L'Oréal pour les Femmes et du Programme Beauté Inclusive de la Fondation L'Oréal.

Catherine BAROIN : Vieux et laid, mais sage : éloges romains de la laideur
La figure de Socrate comme modèle du sage laid a été bien étudiée, en particulier par Paul Zanker (dans son ouvrage paru simultanément en allemand, Die Maske des Sokrates : Das Bild des Intellektuellen in der antiken Kunst, Münich, 1995), et en anglais. Mais il existe aussi des figures romaines de philosophe et de sage vieux et laid, notamment celle du stoïcien Claranus, qui apparaît dans les Lettres à Lucilius de Sénèque. Nous essaierons de voir en quoi une telle figure est paradoxale et se distingue à la fois de l'allure (skhêma) attribuée traditionnellement au philosophe dans les traditions grecque et romaine, de l'aspect et du comportement des Cyniques, mais aussi de l'apparence attendue de l'homme de bien dans la morale romaine commune.

Catherine Baroin est Maître de conférences HDR en langue et littérature latines à l'université de Rouen Normandie. Elle est membre de l'ERIAC (Équipe de Recherche Interdisciplinaire sur les Aires Culturelles) et membre associé d'ANHIMA (Anthropologie et Histoire des Mondes Antiques, UMR 8210). Ses travaux, menés dans une perspective anthropologique, portent sur la mémoire, le rapport des Romains au monde grec, les vêtements et le corps.
Publications
"La beauté du corps masculin dans le monde romain : état de la recherche récente et pistes de réflexion", dans L'histoire du corps dans l'Antiquité : bilan historiographique (journée de la SOPHAU), DHA, Supp. 14, F. Gherchanoc (éd.), 2015, p. 31-51.
"Boiterie et boiteux dans le monde romain à l'époque classique", dans Handicaps, malformations et infirmités dans l'Antiquité, Pallas, 106, 2018, p. 257-274.
Avec Florence Gherchanoc, "Composer, dire et représenter le corps de la plus belle des femmes. Hélène et quelques autres : de la fragmentation à l'unité d'un corps parfait en Grèce et à Rome", dans Corps en morceaux. Démembrer et recomposer les corps dans l'Antiquité classique, F. Gherchanoc et S. Wyler (dir.), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2020, p. 117-132.

Samuel BIANCHINI : Beautés oscillantes. La recherche de mouvements comportementaux expressifs pour les objets d'arts robotisés
Le geste parfait. Rien de plus simple pour un robot ? C'est dans sa nature même, si ce n'est qu'il s'agira alors plus d'une action optimale que d'un geste. En effet, un geste exprime aussi une manière de faire ou d'être, une personnalité. Pourtant, on peut apprécier la beauté d'un geste à sa capacité d'ajustement lui permettant de tirer le meilleur parti d'une situation, comme dans le sport. Force est de constater cette tension entre optimisation et expressivité à l'endroit du geste voire du mouvement. Et nous ne parlons même pas de "la beauté du geste" qui comporte également une dimension désintéressée, souvent symbolique voire morale… Les robots peuvent revêtir bien des apparences mais, au regard de l'ensemble des artefacts, leur spécificité tient au fait qu'ils bougent, qu'ils agissent. Comment qualifier ce qui pourrait être de l'ordre de la beauté pour de tels objets en prenant fondamentalement en compte la manière dont ils s'activent ? Alors que la vectorisation par la tâche et l'optimisation règnent dans le champ de la robotique industrielle, comment, au contraire, envisager des qualités expressives, par le mouvement, pour des objets artistiques robotisés non-anthropomorphes ? Entre efficacité et expressivité, l'esthétique de ces "objets à comportements" est bien sous tension, elle oscille, peut-être est-ce là même la perspective incertaine à explorer.

Samuel Bianchini est artiste et enseignant-chercheur (PhD-HDR) à l'École nationale supérieure des Arts Décoratifs (EnsAD) - Université Paris Sciences et Lettres (PSL), où il dirige le groupe de recherche Reflective Interaction d'EnsadLab (laboratoire de l'EnsAD) sur les dispositifs interactifs et où il est également co-responsable de la Chaire arts et sciences mise en place en 2017 avec l'École polytechnique et la Fondation Daniel et Nina Carasso.
Publications
En co-direction avec Erik Verhagen, l'ouvrage collectif Practicable. From Participation to Interaction in Contemporary Art, Éd. MIT Press, 2016.
En co-direction avec Emanuele Quinz, l'ouvrage collectif Behavioral Objects 1 - A Case Study : Céleste Boursier Mougenot, Sternberg Press, 2016.
Sites web
reflectiveinteraction.ensadlab.fr
dispotheque.org
mitpress.mit.edu/books/practicable
mitpress.mit.edu/books/behavioral-objects-i

Philippe BONNIN : Poétique du jardin japonais : la villa et les jardins de Katsura
Dépoussiérer l'idée de beauté, qu'elle soit académique ou qu'elle impose une tyrannie contemporaine tout aussi réductrice et excluante, nécessite de prendre du champ. Il nous faut faire l'effort d'interroger d'autres univers esthétiques, de ceux qui nous sont totalement étrangers, dans l'espace ou dans le temps. Il nous faut explorer leur système symbolique propre. Le jardin japonais en est un exemple puissant, dès lors qu'on fait l'effort de dépasser les clichés occidentaux qui le réduisent au jardin sec, et qu'on s'intéresse alors à la panoplie de concepts et de procédés dont il dispose.

Philippe Bonnin est Directeur de recherches émérite au CNRS. Architecte et anthropologue, il a créé le réseau de recherche franco-japonais JAPARCHI.
Publications récentes
Vocabulaire de la spatialité japonaise 日本の生活空間, CNRS Éditions, 2014.
Katsura et ses jardins, un mythe de l'architecture japonaise, Éditions Arléa, 2019.
La beauté du seuil : esthétique japonaise de la limite, CNRS Éditions, 2021.

Daniel CARVAJAL PEREZ : Gérer et concevoir le Patrimoine de création Dom Pérignon
Comment la transmission de connaissances peut aider les concepteurs du secteur du luxe à réinventer les objets et l'expérience des marques tout en restant ancrés dans son patrimoine ? Cette question ouverte dans les sciences de gestion et de la conception intéresse le domaine du luxe, tout particulièrement la Maison Dom Pérignon en constante quête de renouvellement. En effet, innover sans trahir les traditions est à l'origine de plusieurs tensions. Dans cette présentation, nous montrons comment la transmission d'un "patrimoine de création" peut aider les concepteurs du secteur du luxe à surmonter ces tensions. En étudiant celui de la Maison Dom Pérignon et ceux contenus dans divers livres de la haute cuisine, nous mettons en évidence trois caractéristiques de ce patrimoine de création qui constituent autant d'axes de recherche. Premièrement, nous décrivons les effets positifs sur l'originalité et l'efficacité opérationnelle que la transmission d'un patrimoine de création peut avoir sur les collectifs de concepteurs conduisant des projets d'innovation. Deuxièmement, en faisant appel aux théories de la conception, nous construisons un modèle formel mettant en relation les structures de connaissance et les types de générativité qu'un patrimoine de création peut provoquer. Nous montrons qu'un même domaine peut en contenir plusieurs, qu'un même patrimoine de création peut favoriser plusieurs types de générativité qui pourraient sembler en principe incompatibles, et que ces différents types de générativité peuvent évoluer à travers le temps. Finalement, nous montrons que la conception d'un patrimoine de création exige des interactions entre concepteurs expérimentés et concepteurs récepteurs afin de formaliser, réorganiser et partager un langage du connu et un langage de l'inconnu. Ce dernier est composé des éléments du premier.

Daniel Carvajal Perez est responsable du patrimoine œnologie de la Maison Dom Pérignon où il pilote des projets de conception d'objets et d'expériences qui mettent le patrimoine au service de la création et de l'innovation. Il est titulaire d'un diplôme en ingénierie de bioprocédés (Universidad Nacional de Colombia), d'un master en sciences de la vigne et du vin (Université de Reims Champagne-Ardenne), et d'un doctorat en sciences de gestion mené en partenariat avec la Maison Dom Pérignon et la chaire Théorie et Méthodes de Mines ParisTech (Mines ParisTech, PSL Sciences et Lettre).

Claudine COHEN : Morphologie, diversité, beauté du vivant. De Richard Owen à Stephen Jay Gould
La morphologie transcendantale, qui émerge en Allemagne à la fin du XVIIIe siècle de manière conjointe dans les milieux scientifiques et artistiques, a ouvert une importante réflexion sur la structure, la diversité et la beauté des formes vivantes : des naturalistes et paléontologues tels que Richard Owen, D'Arcy Wentworth Thompson et Stephen Jay Gould, en sont à différents titres les héritiers. Nous montrerons comment ces auteurs ont conjugué, chacun dans le contexte intellectuel et scientifique qui lui est propre, une approche de la forme et du mouvement et une réflexion sur la reconstitution paléontologique avec le devenir et la diversité des formes vivantes. Nous nous intéresserons d’autre part à la manière dont leurs œuvres scientifiques ont pu s'inspirer d'œuvres artistiques, mobiliser l'intérêt des artistes de leurs temps, et parfois susciter leurs collaborations. Nous nous attacherons notamment à l'œuvre théorique et artistique du sculpteur anglais Benjamin Waterhouse Hawkins, pour la mise en scène des principes anatomiques de Richard Owen non seulement dans la grande exposition des reconstitutions d'animaux fossiles à Crystal Palace (1854) mais aussi dans son traité d'anatomie comparée du squelette des animaux vertébrés et de l'Homme, destiné aux élèves des écoles des Beaux arts (1859).

Claudine Cohen est Directrice d'Études à l'EHESS et Directrice d'Études cumulante à l'EPHE / PSL Université, 3e section SVT Laboratoire Biogéosciences.

Sophie COHEN-BODÉNÈS : Déchiffrer les signaux symboliques de la seiche avec l'IA
Les beaux motifs que nous percevons dans la nature sont une fenêtre pour comprendre le code interne du système visuel. Selon l'hypothèse du codage efficient, un motif est attractif car il correspond à la structure géométrique du système visuel et qu'il est traité de façon plus efficiente. Dans notre projet réunissant Cognition Animale, Neurosciences Computationnelles et Intelligence Artificielle, nous utilisons un nouvel animal modèle prometteur : la seiche, Sepia officinalis dont la peau est un "réseau de neurones visible à l'œil nu". Elle possède la capacité de reproduire sur sa peau avec mimétisme les motifs qu'elle perçoit dans son environnement, les cellules pigmentaires de sa peau étant sous contrôle des neurones moteurs. Nous menons une série de trois expériences pour déchiffrer ses représentations mentales et leur réflexion en motifs analogiques sur la peau. Grâce à la Vision Artificielle et au Deep learning nous analysons les images extraites de films capturant la réponse pigmentaire de 5 seiches se camouflant sur des fonds visuels en lien avec le concept de Beauté (la récursion, les fractales, les Patterns de Turing et les illusions). Le but ultime serait de modéliser son algorithme de vision biologique pour le transcrire en algorithme de vision artificielle.

Sophie Cohen-Bodénès est doctorante au Laboratoire des systèmes perceptifs (LSP) de l'École Normale Supérieure (ENS - PSL) dans le cadre d'un contrat doctoral financé par la Chaire Beauté.s PSL-L'Oréal de l'université PSL. Elle est diplômée du "Cogmaster", Master recherche en Sciences Cognitives (ENS-EHESS-Université Paris Descartes) et d'un Master recherche en Histoire de l'Art (Université Paris I-Panthéon Sorbonne). L'objectif de sa thèse est de proposer une explication sur l'origine cognitive de la perception esthétique dans une perspective en psychologie évolutionniste. Elle étudie la vision des motifs et des couleurs et la communication visuelle chez les animaux (céphalopodes et poissons) grâce à des expériences comportementales.
Publications
Cohen-Bodénès S., Perception of Animal and Turing Patterns, Abécédaire de la Beauté, Chaire Beauté.s, PSL-L'Oréal, 2021.
Cohen-Bodénès S. & Neri P., La perception humaine et animale des Pattern de Turing : vers une quête des universaux esthétiques, Chaire Beauté.s, PSL-L'Oréal, 2021.
Cohen-Bodénès S. & Neri P., Apprendre à déchiffrer les tableaux illusionnistes que la seiche, maîtresse dans l'art du camouflage, arbore sur sa peau, Chaire Beauté.s, PSL-L'Oréal.

Camille COUVRY : Beautés vitales (extra)ordinaires : appropriations intimes et sociales des pratiques esthétiques dans trois enquêtes
Des élections de Miss à la socio-esthétique en passant par les trajectoires esthétiques durant le confinement du printemps 2020, trois enquêtes sociologiques offrent des focales distinctes pour appréhender les significations concrètes pour les individus des pratiques de beauté (extra)ordinaires et ce qu'elles recèlent de "vital". Nous expliciterons à partir de ces enquêtes comment certaines personnes se saisissent des pratiques esthétiques et du travail de l'apparence dans leur construction (ou reconstruction) identitaire, intime et sociale. Les différents résultats révèlent des dynamiques d'appropriation corporelle et identitaire, voire d'empowerment par la beauté et montrent comment les pratiques d'embellissement sont souvent mobilisées en lien avec des préoccupations de santé dans une recherche dite de bien-être, d'estime de soi ou encore de lien social.

Camille Couvry est post-doctorante en sociologie à l'université de Rouen Normandie (Dysolab) où elle travaille actuellement sur les trajectoires sportives et alimentaires de pratiquant(e)s de fitness. Précédemment, elle a été responsable scientifique à l'IDEFHI d'un projet portant sur la socio-esthétique dans le champ du handicap. Ces travaux prolongent ses recherches doctorales portant sur le corps et les pratiques esthétiques dans les concours de beauté.
Publications
2020, "Le travail corporel dans le contexte des élections de Miss : vers un travail esthétique rémunéré", Recherches sociologiques et anthropologiques, 51, 2 : 11-35 (en ligne).
Couvry C. et Braizaz M., 2019, "Optimiser sa beauté, s'approprier esthétiquement son corps : succès et échecs au sein des élections de Miss", Ethnologie française, 4/176 : 689-702 (en ligne).

Gisèle DAMBUYANT : Beauté et vulnérabilité
Quelle place peut prendre la beauté en situation de vulnérabilité ? Si on peut présupposer que le rapport à la beauté est secondaire en situation de fragilité, de précarité ou d'exclusion, elle s'avère paradoxalement encore plus fondamentale. En effet, ressource centrale de tout individu, elle devient vitale pour la personne vulnérable en participant à sa construction, sa continuité, sa recomposition voire sa reconstruction identitaire. De quoi mettre au débat un "parcours de soins thérapeutiques par la beauté".

Maître de conférences HRS, habilitée à diriger des recherches en sociologie à l'université de Paris 13 - Sorbonne, Gisèle Dambuyant s'intéresse à trois champs distincts dans cette discipline. La sociologie du corps et de la précarité, en examinant les conditions d'existence des publics vulnérables. La sociologie des professions, en analysant le secteur du travail et de l'intervention sociale. La sociologie des formations, en questionnant la place de l'université française dans ce secteur.
Publications
Quand on n'a plus que son corps, Paris, A. Colin, 2006.
"Réalités et projets de vie des sans-abri : lorsque le corps devient l'ultime ressource", Bulletin de l'Académie Nationale de Médecine, n°197, 2, p. 259-270, 2013.
"L'intervention sociale auprès des plus démunis : prendre en charge le corps vulnérable et le sentiment de honte", Pensée plurielle, n°44, p. 85-95, 2017.
"Les cent ans de professionnalisation du travail social à l'épreuve du corps vulnérable : réponses pratiques et enjeux de formation", Les 100 ans de professionnalisation du travail social. Enjeux situés et défis, Revue Politiques Sociales, 1 et 2, 2019.
"Bouleversements des prises en charge, adaptation des pratiques et complexité des mesures de protections", Empan, 2019/4, n°116, p. 66-73, 2019.

Elie DURING : Sublime formel et beauté survitale
Le sublime nous écrase et nous élève en même temps ; on peut chuter et même s'effondrer vers le haut. La simultanéité de ces mouvements contraires s'accompagne d'un sentiment d'apesanteur caractéristique de ce qu'on pourrait appeler le sublime formel — un sublime non pathétique, délivré des entraînements vitaux du ravissement et de l'effroi. Les constructions axonométriques et les figures "multistables" en offrent une sorte d'équivalent visuel. Et lorsqu'une ambivalence affective se trouve concentrée dans l'éclat d'une image poétique comme celle du "regret souriant" de Baudelaire, le sens se met à osciller sur place, le sentiment s'intensifie en même temps qu'il s'allège, révélant la "beauté formelle du malheur" (Bachelard). En suivant cette suggestion, nous tâcherons de cerner l'expérience d'une beauté sensible et survitale, accordée à la condition "excentrique" de l'humain (Plessner).

Elie During est maître de conférences en philosophie à l'université Paris Nanterre. Il enseigne également à l'École des Beaux-arts de Paris. Ses recherches portent sur le thème de la simultanéité au croisement de la métaphysique, de l'art et de la science.
Publications
Faux raccords : la coexistence des images, Actes Sud, 2010.
Le Futur n'existe pas, B42, 2014.
Glenn Gould, Éditions de la Philharmonie, 2021.
Éditions critiques de Bergson : Durée et simultanéité, PUF, 2009 et Le souvenir du présent, PUF, 2012.
Édition critique de Bachelard : La dialectique de la durée, PUF, 2022.
Avec E. Alloa, il a dirigé le volume Choses en soi : métaphysique du réalisme, PUF, 2018.

Natacha GIAFFERI-DOMBRE : Circulations des canons esthétiques et mondialisation
L'usage de l'esthétique comme outil d'affirmation culturelle est une démarche commune à l'ensemble des populations humaines à travers l'histoire. La valorisation du corps comme proprement humain, entre nature et surnature, passe par des procédures techniques et symboliques qui visent, par des marquages divers, à la distinction comme à l'inscription au sein d’un groupe. Dans les sociétés les plus stratifiées, la coexistence de cultures légitimes et de cultures populaires ou de contrecultures, permet de lire comme un palimpseste le feuilletage complexe des positionnements de chacun dans une "toile" qui est aujourd'hui numérique. Loin d'être cantonnée à des aires d'expression culturelle closes sur elles-mêmes, la beauté est l'objet d'intenses circulations, d'emprunts et d'échanges. Il nous faudra analyser comment se déploient ces trajectoires et dans quels cadres, entre identité et appartenance, transcendance et matérialisme, goût de l'ailleurs et risque d'appropriation culturelle.

Anthropologue spécialisée du corps, de la race et des univers postcoloniaux (Amériques noires, Haïti), Natacha Giafferi-Dombre a également dirigé de 2008 à 2016 une galerie d'art populaire, naïf et singulier, la Galerie Marassa Trois. Dans les années 1990, elle prit part aux performances interactives du groupe Plexi-Girls, présentées notamment à la Galerie Patricia Dorfmann accompagnées de vidéos et d'un environnement sonore, et à propos desquelles le critique Paul Ardenne notait combien "le travail de regard est le vecteur de ces infimes sensations échangées avec le public" (L'image corps, p. 370).

Norberto M. GRZYWACZ : The experience of beauty in the brain
After the Enlightenment, beauty was seen as subjective. However, recent cognitive-neuroscience research on the way that the brain processes aesthetic values and thus, beauty, suggests that the individualized expression of taste arises objectively. Four areas of the brain form a network that processes aesthetic values. An important area for individuality is the Basal Ganglia, which contributes to the learning of values, aesthetic or otherwise. This form of learning allows people to adapt to their environments, families, societies, and cultures. The learning also helps each person adapt the aesthetic values to the needs of their own body. The relevant signals that come from the body reach the brain through the Anterior Insula, another of the four areas of the brain that work to process aesthetic values. These signals influence the learning of values with information on the individual's motivation to act. Therefore, the learning process allows the optimization of values for the unique context of each person. Far from being arbitrary and subjective, aesthetic values may be objectively ideal from an evolutionary perspective.

Norberto M. GRZYWACZ : L'expérience de la beauté dans le cerveau
Après la période des Lumières, la beauté a été considérée comme subjective. Pourtant, le développement des recherches cognitives récentes sur la façon dont le cerveau traite les valeurs esthétiques suggère que l'expression individualisée du goût surgit objectivement. Quatre zones du cerveau travaillent au traitement des valeurs esthétiques. Une zone importante pour l'individualité est celle des ganglions de la base. Cette zone contribue à l'apprentissage des valeurs esthétiques. Cet apprentissage permet aux personnes de s'adapter à leur environnements, familles, sociétés et cultures. L'apprentissage aide à l'adaptation des valeurs esthétiques aux nécessités des corps de chaque personne. Les signaux qui proviennent du corps arrivent au cerveau par l'insula antérieure, une autre des quatre zones du cerveau qui travaille au traitement des valeurs esthétiques. Ces signaux influencent l'apprentissage des valeurs avec l'information sur la motivation individuelle à agir. Ce processus d'apprentissage fait émerger des valeurs optimales pour le contexte unique de chaque personne. Ainsi, loin d'être arbitraire, l'individualité des goûts esthétiques est adaptée au contexte multiple dans lequel la personne vit. Les valeurs esthétiques sont objectivement adaptées d'un point de vue évolutif (traduction : Norberto M. Grzywacz).

Norberto Grzywacz est un chercheur scientifique et un dirigeant universitaire travaillant aux États-Unis. Il enseigne actuellement à la Loyola University Chicago. En 2022, il est invité à l'École Normale Supérieure, dans le Laboratoire des Systèmes Perceptifs. Sa formation universitaire est interdisciplinaire en physique, mathématiques, neurosciences et intelligence artificielle. Jusqu'à il y a dix ans, ses recherches portaient sur la neuroingénierie, les neurosciences computationnelles, la perception et la physiologie du système visuel du cerveau. Plus récemment, il a étudié le système de valeurs du cerveau, en se concentrant particulièrement sur les valeurs esthétiques. Son équipe de recherche, hautement interdisciplinaire, comprend des scientifiques, des ingénieurs, des mathématiciens, des psychologues, des sociologues, des artistes visuels, des musiciens et des architectes.
Publications
Aleem, H, and N.M. Grzywacz (2022), "The Temporal Instability of Aesthetic Preferences", Psychology of Aesthetics Creativity and Arts, In Press.
Miles, S.A., D.S. Rosen, and N.M. Grzywacz (2022), "Behavioral Evidence of a Harmonic Surprise Effect on Preference in Popular Music", Current Research in Behavioral Sciences, In Press.
Pombo, M, H. Aleem, and N.M. Grzywacz (2022), "Multiple Axes of Visual Symmetry : Detection and Aesthetic Preference", Journal of Experimental Psychology : Human Perception and Performance, In Press.
Grzywacz, N.M., and H. Aleem (2022), "Does Amount of Information Support Aesthetic Values ?", Frontiers in Neuroscience, 16.
Miles, S.A., D.S. Rosen, S. Barry, D. Grunberg, and N. Grzywacz (2021), "What to Expect When the Unexpected Becomes Expected : Harmonic Surprise and Preference Over Time in Popular Music", Frontiers in Human Neuroscience, 15, 201-210.
Grzywacz, N.M. (2021), "Stochasticity, Nonlinear Value Functions, and Update Rules in Learning Aesthetic Biases", Frontiers in Human Neuroscience, 15, 210-236.
Aleem, H., I. Correa-Herran, and N.M. Grzywacz (2020), "A Theoretical Framework for How We Learn Aesthetic Values", Frontiers in Human Neuroscience, 14, 345-362.
Correa-Herran, I., H. Aleem, and N.M. Grzywacz (2020), "Evolution of Neuroaesthetic Variables in Portraits Paintings throughout the Renaissance", Entropy, 22, 146-167.
Aleem, H., M. Pombo, I. Correa-Herran, and N.M. Grzywacz (2019), "Is Beauty in the Eye of the Beholder or an Objective Truth ? A Neuroscientific Answer", Mobile Brain-Body Imaging and the Neuroscience of Art, Innovation and Creativity, Volume 10 of Springer Series on Bioand Neurosystems, J. Contreras-Vidal, D. Robleto, J.G. Cruz-Garza, J.M. Azorin, and C.S. Nam (Eds.), 101-110, Springer International Publishing.
Miles, S.A., D.S. Rosen, and N.M. Grzywacz (2017), "A Statistical Analysis of the Relationship Between Harmonic Surprise and Preference in Popular Music", Frontiers in Human Neuroscience, 11, 263-276.

Catherine GUESDE : L'écoute de la noise : une éducation à la beauté du sonore ?
L'historien d'art John Ruskin envisageait la pratique du dessin comme un exercice permettant d'aiguiser l'œil à la beauté de la nature. Peut-on, sur un mode similaire, envisager l'écoute de certains genres musicaux comme une propédeutique à une écoute plus attentive des sons naturels ? La noise, genre bruitiste expérimental et volontiers abrasif, né des suites de la révolution industrielle et faisant écho aux fracas des sons urbains, semble a priori à l'opposé d'un tel projet. Pourtant, ce genre musical qui travaille à rebours de nos horizons d'attente — qu'ils concernent la forme que doit prendre la musique comme art, ou l'évolution d'une pièce donnée — invite à une éducation de l'écoute et un affinement de l'ouïe, dont les enjeux pourraient excéder le cadre de l'écoute des œuvres-mêmes. En articulant une enquête auprès de performers noise à des questions d'esthétique environnementale, cette présentation s'attachera à dessiner les contours de l'écoute de la noise, avec pour horizon son élargissement à l'écoute des sons naturels.

Catherine Guesde est docteure en philosophie, chercheuse associée à HiPhiMo (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne). Ses recherches portent sur des formes marginales de musiques populaires, notamment le metal extrême et la noise. Membre du comité de rédaction de La Vie des idées et de Volume, la revue des musiques populaires, elle est également critique musical et musicienne.
Publications
Catherine Guesde & Pauline Nadrigny, The Most Beautiful Ugly Sound in the World. À l'écoute de la noise, Éd. Musica Falsa, 2018.
Catherine Guesde (dir.), L'Esthétique, Éd. Lambert-Lucas, 2021.
Catherine Guesde (dir.), Penser avec le punk, Puf, 2022.

Carole MAIGNÉ : La beauté comme forme vivante en photographie
La vitalité en photographie semble dès l'abord faire problème : enregistrer, fixer, sont des gestes sans lesquels la photographie n'est pas, mais semblent aller contre la vitalité, interrompant le flux de la vie, figeant son mouvement. La dimension morbide et mortifère de la beauté en photographie, son association intime avec l'embaumement sont des topoï répandus. Contre eux, on ne se réfugiera pourtant pas dans l'extrême diffusion de l'image photographique, comme si l'usage ou le marché des images garantissaient de facto la vitalité de ce medium. On cherchera plutôt dans la texture même de l'image photographique une beauté vitale et ceci dans une double direction : celle de la lumière sculptée et celle de la mémoire vive qu'engage une image photographique face à une autre. Pour ouvrir cette voie, il faudra cesser de circonscrire la photographie à la saisie d'un objet, à une "prise" de vue, et y voir le travail d'une forme inventive parce qu'imaginative, qui dans l'enregistrement même ouvre au-delà de l'objet. Dans le cas de la photographie, questionner la beauté comme forme vivante, c'est discuter son supposé réalisme : l'image photographique n'est pas belle parce que l'objet pris est beau, ni bien cadré, elle est une forme vivante car elle ne s'est jamais réellement soumise au régime naturaliste de l'empreinte qu'on lui a prêté.

Carole Maigné est professeure ordinaire de philosophie générale et systématique à l'université de Lausanne. Ses recherches portent sur les philosophies allemande et autrichienne des XIXe et XXe siècles. Elle s'intéresse tout particulièrement à la philosophie de la culture (Warburg, Kracauer, Cassirer), à l'esthétique de la photographie et à la philosophie de l'art (formalisme esthétique, école viennoise d'histoire de l'art, Wölfflin, Klein).
Publications
Philosophie de la culture. Textes clés, avec Matthieu Amat, Vrin, 2022.
A dirigé les dossiers "Austrian Herbartism", Meinong Studien / Studies (2021) et "Philosophie de la photographie", Archives de Philosophie (2022).
A co-dirigé, avec Enno Rudolph et Magnus Schlette, le dossier "Logos", Zeitschrift für Kulturphilosophie (2020).

Guilhem MARION : Structures dans la musique, structures dans le cerveau : vers une nouvelle définition de la culture musicale ?
Les œuvres composées au sein de différentes époques, lieux, ou groupes sociaux reposent sur différentes structures grammaticales. La théorie musicale s'est donnée la tâche de définir ces structures et a donné lieu à un certain nombre de traités. Comme pour les langues, ces structures changent entre les styles musicaux et de récentes découvertes en sciences cognitives ont permis de démontrer que les structures musicales présentes dans certains corpus sont aussi présentes dans le cerveau de leurs auditeurs. Cette présentation s'attardera à poser un cadre théorique clair pour expliquer comment de telles découvertes ont pu être faites, préciser comment le cerveau peut extraire et mémoriser les structures de la musique, questionner les conséquences cognitives que cela engendre et penser le lien entre ces idées et la notion de culture musicale.

Guilhem Marion a une formation musicale du Conservatoire à rayonnement régional de Lyon en composition, écriture et guitare Jazz. Il possède aussi une maîtrise de musicologie de l'université Lyon 2 Lumière ainsi qu'un master d'informatique musicale de l'Institut de recherche et coordination acoustique/musique (IRCAM). Il est aujourd'hui doctorant au Laboratoire des Systèmes Perceptifs au sein de l'École normale supérieure de Paris. Son travail, entre sciences cognitives, informatique et musicologie, consiste à comprendre les mécanismes cognitifs culturels supportant la perception musicale, comment ils sont construits, encodés dans le cerveau et évoluent au cours de la vie.

Rémi MERMET : Le style, la forme, la vie : sur l'actualité de l'esthétique
On a beaucoup glosé, ces vingt dernières années, sur le soi-disant "malaise" qui se serait emparé de l'esthétique philosophique, telle qu'on la pratique depuis la fin du XVIIIe siècle. La discipline est en effet prise sous le feu croisé des cultural studies et des approches biologisantes de la beauté (que ce soit sous la figure de l'esthétique évolutionniste ou de la neuro-esthétique), les unes lui reprochant sa cécité idéologique, les autres son manque d'objectivité. Pourtant, au regard de son dynamisme actuel, rien ne paraît accréditer l'idée d'un adieu irrévocable qu'il faudrait prononcer à l'endroit de cet héritage fondamental des Lumières. Au contraire, une triple conjonction au sein de la pensée contemporaine — celle de la renaissance du concept de style dans les sciences humaines, du foisonnement de la critique philosophique des "formes de vie", et d'un intérêt renouvelé pour la question de la perception et des affects — revivifie le projet de l'esthétique. Plus exactement, en opérant un retour à son sens originaire d'étude de notre expérience sensible, l'esthétique semble aujourd'hui se poser comme l'un des lieux les plus adéquats pour penser nos manières d'habiter le monde, redonnant ainsi — telle est du moins mon hypothèse — toute sa puissance critique au problème de la beauté.

Rémi Mermet est docteur en philosophie et en histoire de l'art, et chercheur associé au Centre d'histoire des philosophies modernes de la Sorbonne (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne). Ancien post-doctorant auprès de la Chaire Beauté.s PSL-L'Oréal, ses recherches portent essentiellement sur l'esthétique et la "science de l'art" germaniques, la philosophie d'Ernst Cassirer ainsi que sur le renouveau du concept de "style" dans la pensée contemporaine.
Publications
Avec Danièle Cohn (dir.), L'Histoire de l'art et ses concepts. Autour de Heinrich Wölfflin, Paris, Éditions Rue d'Ulm, 2020.
"Cassirer et Panofsky : un malentendu philosophique", Labyrinth : An International Journal for Philosophy, Value Theory and Sociocultural Hermeneutics, 22/1, 2020, pp. 56-78.
"L'objet de l'art : Cassirer et Fiedler", Recherches germaniques, 51, 2021, pp. 137-156.
Bibliographie
Gernot Böhme, Aisthétique : pour une esthétique de l'expérience sensible, Dijon, Les presses du réel, 2020.
Danièle Cohn & Giuseppe Di Liberti (dir.), Esthétique : connaissance, art, expérience, Paris, Vrin, 2012.
Estelle Ferrarese & Sandra Laugier, Formes de vie, Paris, CNRS Éditions, 2018.
Marielle Macé, Styles : critique de nos formes de vie, Paris, Gallimard, 2016.
Jacques Rancière, Malaise dans l'esthétique, Paris, Galilée, 2004.
Jean-Marie Schaeffer, Adieu à l'esthétique, Paris, Mimésis, 2016 (éd. révisée et augmentée).

Didier NECTOUX : Beauté minérale. Source d'inspiration, de création
Aujourd'hui, associer le minéral à la beauté nous entraîne immanquablement vers les mondes de la joaillerie ou de la "lithothérapie". Et pourtant les ressources minérales sont nécessaires à toutes les activités humaines. L'étude de leurs compositions et de leurs propriétés permet d'envisager des fonctions, des applications nouvelles dans tous les domaines de l'industrie, de l'art et de l'artisanat. Leurs couleurs, formes et textures sont une source inépuisable d'inspiration pour les créateurs. Les références sont partout, mais seul l'œil du minéralogiste arrive à bien les identifier.

Depuis 10 ans, Didier Nectoux est conservateur du Musée de Minéralogie de l'École des Mines de Paris. Docteur en géologie de l'ingénieur, il débute sa carrière comme ingénieur de recherche dans l'industrie, la poursuit en tant qu'enseignant chercheur durant 20 ans à l'école des Mines d'Alès. Pendant les dernières années, Il y exerce deux fonctions : l'une en tant que responsable du Musée, l'autre en tant que créateur et responsable de formation d'ingénieurs par apprentissage dans le domaine de l'éco-construction. Passionné de vulgarisation des sciences de la Terre, Didier Nectoux s'emploie, aujourd'hui, à faire connaître le musée de minéralogie de l'École des Mines de Paris et ses collections qui constituent l'un des plus beaux ensembles au monde. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages de vulgarisation, d'un MOOC sur les minéraux et dispense de nombreuses conférences à travers la France.
Publications récentes
Curiosités Minérales, Éditions Omniscience, 2015.
Le système poétique des éléments, Éditions Invenit, 2017.
Passion Minéraux, Éditions Nathan, 2021.
Monde minéral (titre provisoire), Éditions Gallimard, à paraître.

Bertrand PRÉVOST : Beautés animales : ordre ou expression ?
À partir d'une relecture de l'œuvre du zoologiste suisse Aldolf Portmann (1897-1982), on tentera d'éclairer d'une lumière nouvelle la question des beautés animales pour la détacher doublement et de toute question d'ordre (symétrie, régularités, géométrie… : l'animal architecte) et de toute question intentionnelle (projection, plan… : l'animal ingénieur). Tel est sans doute le cadeau que nous offre Portmann : celui de donner pleine consistance au statut profondément subtil de la beauté animale, qui perd en objectivité ce qu'elle gagne en expressivité — ce que le zoologiste nommait une "apparence authentique" ; soit une "fonction vitale" qui ne se laisse réduire ni à une forme organique ni à un vêtement extérieur, mais qui n'en jouit pas moins d'une existence autonome.

Bertrand Prévost est historien de l'art et philosophe, maître de conférences HDR à l'université Bordeaux Montaigne (Dépt. d'Arts plastiques).
Publications
La peinture en actes. Gestes et manières dans l'Italie de la Renaissance (2007).
Botticelli. Le manège allégorique (2011).
Peindre sous la lumière. Leon Battista Alberti et le moment humaniste de l'évidence (2013).
Marqueterie générale. Hubert Duprat (2020).
Au cœur des pierres (avec le photographe Raphaël Salzedo) (2020).
Ses travaux autour de Portmann sortiront prochainement sous le titre L'élégance animale (Fage, 2022).

Claudine SAGAERT : "L'herbe et la bête". Philosophie de la "mauvaise" graine à la bestiole
À distance extrême de la lumière platonicienne ou plotinienne, "l'absolue laideur" de la matière (Plotin) donne à penser d'obscurs "plurivers", des mondes hétérogènes évocateurs de l'enfer. Au ras des sols et dans les sous-sols, herbacées et "petites bêtes" se développent, se propagent et pullulent. Perçues disgracieuses, affreuses et difformes, elles sont considérées comme inutiles et nocives. Ainsi de la "mauvaise" graine à la "mauvaise" herbe, des plantes rudérales aux plantes adventices, de l'insecte répugnant au nuisible grouillant, de la bestiole à la vermine, ces vivants, qui dit-on, souillent, détruisent et contaminent, sont résumés, selon l'expression de François Dagognet, à des "moins-êtres". L'énonciation de leurs dites qualités négatives est déjà en elle-même une arme pour justifier le mépris qu'on leur porte. En conséquence, ces "envahisseurs" et "destructeurs" sont à des fins hygiénistes, économiques ou esthétiques, la cible d'une "extermination" sans état d'âme (Thierry Hoquet, Catherine Chalmers). Pourtant à bien y regarder, l'importance de leur rôle dans la biodiversité n'est-elle pas sans conteste (Jean-Marc Drouin) ? Quant à leur présumée laideur, ne relève-t-elle pas d'une projection relative à notre peur de l'immaîtrisable ? De même, "mauvaises" herbes et bestioles ne font-elles pas œuvres d'artiste et ne sont-elles pas par là même des modèles pour les créateurs que nous sommes (Vinciane Despret, Lois Weinberger) ? Mais alors, ne peut-on pas défendre que "rien n'est beau" si ce n'est leurs tiges souterraines, leurs racines aériennes (Deleuze), leurs brillants hiéroglyphes, leurs dessins bizarres ou leurs coquetteries étranges (Jules Michelet) ? À l'image du pyrophore (Antón Arrufat), insecte de la famille des termites et des cafards, ne faut-il pas reconnaître de ce fait que la lumière immanente de ce microcosme qui éclaire la matière, l'embellit ?

Claudine Sagaert enseigne la philosophie en D.N.M.A.D.E. (diplôme des métiers d'art et du design). Ses recherches au sein du Laboratoire Babel de l'université de Toulon portent sur les représentations du corps dans une approche pluridisciplinaire : philosophie, esthétique et anthropologie.
Publications
Histoire de la laideur féminine, Paris, Éditions Imago, Préfacé par David Le Breton et Postfacé par Georges Vigarello.
La Nymphoplastie, une chirurgie de l'intime, Paris, Édition Le murmure (2022).
A co-dirigé avec Emmeline Gros, Normes et transgressions, "Traverses", 2017.
A collaboré à de nombreux ouvrages dont La Fabrique la laideur, Florence Bancaud (dir.), PUP, 2021 ; La Psychologie des beaux et des moches, Jean-François Marmion (dir.), Paris, Éd. Sciences Humaines, 2020 ; L'humiliation, Christophe Regina, Lucien Faggion, Alexandra Roger (dir.), Éditions Garnier, 2019 ; Tous Malades, Florence Fix (dir), Paris, Orizons, 2018.

Pierre SAUVANET : Beautés jazz(s)
On fait d'abord le choix d'une beauté non visuelle, mais sonore. La beauté est le plus souvent associée à la vue, dans l'espace, mais qu'en est-il de l'ouïe, dans le temps ? On fait ensuite le choix d'une musique qui n'est pas toujours associée à la beauté. La notion de beauté dans le jazz du second XXe siècle est pourtant vitale — beauté paradoxale qui se nourrit historiquement de toutes les tensions et déchirures. Entre autres, Thelonious Monk (Ugly Beauty, 1967) fait le pari que l'oxymore soit pertinente, tandis qu'Ornette Coleman (Beauty Is A Rare Thing, 1960) nous rappelle que le beau n'est pas le joli ni l'agréable. L'improvisation serait-elle cette beauté libre (au sens plus ou moins kantien du § 16 de la troisième Critique) ? On fait enfin le choix d'ouvrir le sens musical, de l'esthétique à l'éthique : la beauté jazz en tant que beauté vitale, c'est aussi celle d'un style de vie, d'une exigence de l'existence.

Agrégé de philosophie, ancien élève de l'ENS Fontenay-Saint-Cloud, Pierre Sauvanet est professeur d'esthétique à l'université Bordeaux Montaigne, où il dirige l'UR ARTES (24141). Ses recherches (qui s'appuient aussi sur une pratique) portent sur une approche philosophique des phénomènes rythmiques.
Publications
Le Rythme et la Raison, Kimé, 2000.
Jazzs, avec Colas Duflo, MF, 2008.
L'Insu. Une pensée en suspens, Arléa, 2011.

Chiara VECCHIARELLI : L'image vitale, une tension de surface
Comment penser la surface de l'image et avec celle-ci la beauté, à l'heure où l'œuvre d'art devient un organisme vivant qui se crée à travers un tissu de relations ? Dans notre communication, nous proposerons de travailler cette question à la lumière du concept de tension superficielle en laquelle se rejoignent les notions de surface et de relation. En mobilisant l'ontologie relationnelle de Gilbert Simondon pour penser l'œuvre qui se donne dans la relation au vivant, nous allons suggérer de situer le discours autour de la beauté sur la limite tendue de l'être, là où il en va d'un potentiel qui porte pour nous, dans l'image, la réalité de la relation.

Frédéric WORMS : La beauté au cœur des relations. La beauté réellement vitale
La beauté est vitale parce que la vie est relationnelle, telle est la thèse défendue dans cette conférence. C'est parce que la vie est relationnelle que les vivants s'apparaissent les uns aux autres sans que cette apparition pourtant cesse d'être vitale c'est-à-dire active et polarisée, attirante ou repoussante, car tout ce qui est vital est aussi mortel. Ainsi, la beauté est la norme de cette apparition des vivants entre eux et avec leur milieu, à la fois détachée du contact immédiat et ouverte à la contemplation, mais aussi valorisée au point que la beauté et la laideur traversent toutes les dimensions de la vie s'apparaissant à elle-même, jusqu'aux actions et au savoir. Les vivants humains poussent au plus loin ces deux directions de la beauté, au point d'oublier leur origine vitale, mais y revenir est nécessaire et fournit une boussole dans les philosophies de la beauté mais aussi de la vie.

Frédéric Worms, professeur de philosophie à l'École normale supérieure-PSL a été nommé directeur de cet établissement en mars 2022. Il travaille sur les relations entre les vivants, ainsi que sur l'histoire de la philosophie française contemporaine, de Bergson à aujourd'hui, et défend un "vitalisme critique". Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont récemment Vivre en temps réel et Le vivable et l'invivable avec Judith Butler. Il a été membre du CCNE pendant huit ans et codirige la collection "Questions de soin" aux PUF, et produit sur France culture l'émission "Le pourquoi du comment : philosophie". Il a participé à de nombreuses rencontres à Cerisy et a notamment co-dirigé Le moment du vivant avec Arnaud François en 2012 (publié aux PUF, coll. "Philosophie française contemporaine", 2016).


BIBLIOGRAPHIE :

La beauté du seuil. Esthétique japonaise de la limite, Itō Teiji, traduit et documenté sous la direction de Philippe Bonnin, CNRS Éditions, 2021.
Le cinéma est mort, vive le cinéma !, Antoine De Baecque, Gallimard, 2021.
La beauté d'une ville, controverses esthétiques et transition écologique à Paris, Collectif, Pavillon de l'Arsenal et Wildproject, 2021.
Dans l'œil du désastre. Créer avec Fukushima, Michaël Ferrier, avec la participation de Hervé Couchot, Amandine Davre, Élise Domenach, Bénédicte Gorrillot et Clélia Zernik, Éditions Marchaisse, 2021.
Pour un humanisme vital, Frédéric Worms, Odile Jacob, 2019.
Sur le régime de création sur-contemporain, Vincent Bontems & Armand Hatchuel, Rapport du projet-pilote : Étudier les régimes de création. Théories, terrains, similitudes et convergences, Programme PSL : Création, Cognition et Société (CCS), 2019.
Lost in Maths, Sabine Hossenfelder, Les Belles Lettres, 2019.
Plotin, Traité 31 [V,8], De la Beauté intelligible, Anne-Lise Worms, Éditions Vrin, 2018.
Histoire de la laideur féminine, Claudine Sagaert, Préface de David Le Breton, Postface de Georges Vigarello, Imago, 2015.
• "Beauté, classe sociale et empowerment. Les jeunes femmes de classes populaires dans les élections de Miss en Normandie", Camille Couvry, Thèse de doctorat, 2015, Université de Rouen Normandie.
Vocabulaire de la spatialité japonaise, Philippe Bonnin, Nishida M. & Inaga S. (dir.), Paris, Éditions du CNRS, 2015.
Éléments d'esthétique, Pierre Sauvanet, Ellipses, 2014.
Le Futur n'existe pas : rétrotypes (avec Alain Bublex), Élie During, Éditions B42, 2014.
• "Cosmique cosmétique. Pour une cosmologie de la parure", Bertrand Prévost, Images Re-vues [En ligne], 10 | 2012.
Beauté fatale, Mona Chollet, La Découverte, 2012.
100 000 ans de beauté, Collectif, sous les directions scientifiques de Pascal Picq, Georges Vigarello, Marc Nouschi et Françoise Gaillard, Éditions Gallimard, 2009.
Quand on n'a plus que son corps : soin et non-soin de soi en situation de précarité, Gisèle Dambuyant, Armand Colin, 2006.


SOUTIEN :

Chaire Beauté·s | PSL