Programme 2023 : un des colloques

Programme complet


QUELLES TRAJECTOIRES VERS LA SOBRIÉTÉ ?


DU MERCREDI 27 SEPTEMBRE (19 H) AU DIMANCHE 1er OCTOBRE (14 H) 2023

[ colloque de 4 jours ]



DIRECTION :

Isabelle LAUDIER, Diane de MARESCHAL

Colloque organisé par l'Institut pour la recherche | Groupe Caisse des Dépôts, dans le cadre du Cercle des partenaires


ARGUMENT :

Les deux années de la crise Covid et l'éclatement de la guerre en Ukraine, ayant entraîné la hausse des coûts de l'énergie et des matières premières ainsi que, plus globalement, l'urgence climatique, imposent des transformations indispensables à tous niveaux : valeurs, modes de vie, engagements citoyens, développement économique, politiques publiques, formes de gouvernance… La sobriété, notion philosophique et religieuse ancienne, offre aujourd'hui des pistes de réflexion et d'action. Tel est l'objectif de ce colloque qui veut engager une conversation entre chercheurs et acteurs pour transformer une contrainte inextricable en perspective désirable.

La sobriété rassemble un continuum de démarches qui promeuvent, à différents degrés et à diverses échelles, une modération de la consommation des ressources naturelles. Alors que son impact sociétal est encore méconnu au plan économique en raison de son application limitée, elle constitue un levier essentiel au regard des enjeux climatiques. Cependant, la sobriété a toujours en commun, dans ces définitions, d'être la réaction à une consommation qui excède les ressources disponibles. Elle promeut le "moins mais mieux" et, au-delà, pose la question des choix de vie en société, à la fois au plan individuel et collectif.

À partir des travaux de nombreux experts, ce colloque ouvre le débat avec les acteurs intéressés par le sujet et interroge cette notion à travers une diversité de ressources et d'approches : énergie, eau, alimentation, modèle économique, entreprises, territoires, abondance, frugalité, rapport au vivant… Les profondes transformations à enclencher nécessitent de se fixer des objectifs, voire des trajectoires de rupture, mais aussi d'identifier des leviers et des solutions nouvelles à déployer. Tel est le but ce colloque : être un lieu de conversation pour transformer une contrainte de court terme en perspective désirable.


MOTS-CLÉS :

Adaptation, Atténuation, Biodiversité, Écologie, Énergie, Climat, Local, Mode de vie, Ressources, Sobriété, Territoires, Trajectoires, Transition


CALENDRIER DÉFINITIF :

Mercredi 27 septembre
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Jeudi 28 septembre
Matin
INTRODUCTION À LA SOBRIÉTÉ
Lucile SCHMID : Histoire, généalogie et enjeux [enregistrement audio en ligne sur La forge numérique de la MRSH de l'université de Caen Normandie et sur Canal U]
Mathieu SAUJOT : Vers un nouveau contrat social et écologique pour rester dans les limites de la planète

Après-midi
SCÉNARIOS DE SOBRIÉTÉ, TRAJECTOIRES ET CONTRAT SOCIAL
Lydie OUGIER : Quelles visions de la sobriété à horizon 2050 ?
Yves MARIGNAC : Sobriété énergétique. Entre nécessité et opportunité, un concept central pour la transition
Dominique BOURG : Sobriété : contexte, raisons, sens et conditions [visioconférence]

Soirée
Jean-Baptiste DE FOUCAULD : Réflexion sur le thème de l'Abondance frugale à un Pacte civique pour une sobriété créative, juste et fraternelle


Vendredi 29 septembre
Matin
NOUVEAUX MODÈLES ÉCONOMIQUES
Christian DU TERTRE : L'économie de la fonctionnalité, levier de sobriété [visioconférence]
Alexandre RAMBAUD : Compter ce qui compte vraiment
Sandra RIGOT : La prise en compte des enjeux climatiques par les institutions financières et ses limites

Après-midi
Atelier thématique : Usage sobre de la ressource en eau
François BAFOIL : L'eau. "Trop, pas assez, plus d'eau"
Nicolas IMBERT : Eaux, des vulnérabilités à la résilience
Aurélien MARION : Des pratiques agricoles durables

Atelier thématique : Les territoires au cœur des transformations
Laurence ROUX : Accompagner le développement territorial dans la trajectoire de la sobriété foncière
Sylvie LANDRIÈVE : Aller moins loin : proximité et sobriété
Florian LABOULAIS : Expérimenter la sobriété technique à partir de territoires low-tech et solidaires
Frédéric CHAUVEL [Directeur Général des services – Département de la Manche]

Soirée
Nicolas PORTIER : Transition écologique : quel rôle pour les collectivités et les acteurs économiques ?


Samedi 30 septembre
Matin
Atelier thématique : Entreprises vers la sobriété ?
Caroline GRANIER : Les nouvelles filières industrielles durables
Philippe MUTRICY : Les megatrends des PME ETI françaises

Atelier thématique : Énergie
Louis HENRY : 2023 débuts de la sobriété en énergie ?
Emmanuelle GONZALEZ : Sciences participatives & gouvernance démocratique. L'exemple des ENR
Françoise PAQUELOT : Pour une approche paysagère : le Collectif Paysages de l'Après-Pétrole

Après-midi
"HORS LES MURS" — AU PLESSIS-LASTELLE | Lieu-dit Le Donjon
Visite avec le Parc Naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin : présentation du projet de reconversion de la tourbière de Sèves, avec Denis LETAN (Directeur) et Julie JORANT (Chargée de mission "Projet de reconversion de la tourbière de Sèves")


Dimanche 1er octobre
Matin
Conclusion : rapport d'étonnement, valeurs, leviers et préconisations, avec Barbara BLIN-BARROIS, Sabine CHARDONNET-DARMAILLACQ, Maxime COUETTE, Nicolas HOSSARD et Jill MADELENAT

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Isabelle LAUDIER
Diplômée de l'École Nationale des Ponts et Chaussées, de l'Institut d'Études Politiques de Paris et du DEA "Monnaie et financement" de l'université de Paris Nanterre, Isabelle Laudier a occupé diverses fonctions en lien avec la recherche en économie au CEPII, au Cabinet du Ministre de l'Industrie et du Commerce Extérieur (1991-1993), et à la Caisse des Dépôts, au sein de la Direction Générale et de la Direction de la Stratégie. Isabelle Laudier a créé et dirige actuellement le programme de financement de recherche de la Caisse des Dépôts "Institut pour la Recherche", rattaché au pôle Communication corporate. Elle participe par ailleurs à des jurys de recherche, ainsi qu'à divers réseaux de soutiens à la recherche.
Publications
Le travail sans fin ? Réalités du travail et transformations sociales, Co-direction avec Thierry Ménissier, Revue Cités, n° 8-2001, Presses Universitaires de France, 2001.
Changement technique, changement social, sous la direction de RESEO, L'Harmattan – Sciences Humaines et Sociales, 2007.
Territoires et identités en mutation, sous la direction de RESEO (Collectif), Co-direction avec Catherine Gorgeon, L'Harmattan – Sciences Humaines et Sociales, 2009.
Politiques de développement territorial intégré : les circuits courts, Collectif avec Philippe Serizier, Frank Hovorka, Julien Woessner, Christophe Blavot et Pascal Hardy, Rapport Institut pour la Recherche de la Caisse des Dépôts et Programme LEED de l'OCDE, 2013.
"Territoire et durabilité (point de vue 2)", in Dictionnaire de la pensée écologique, sous la direction de Dominique Bourg et Alain Papaux, Presses Universitaires de France, 2015.
Le financement des territoires, Co-direction avec André Torre, Revue d'Économie Financière, n°132, mars 2019.
Prospective et co-construction des territoires au XXIe siècle, Co-direction avec Lucie Renou, Colloques de Cerisy, Éditions Hermann, 2020.
"Quels liens entre recherche et expériences concrètes dans les territoires ?", in Aménagement économique des territoires, Théories et pratiques, Sous la direction de Jean Alduy, Vincent Gollain et Fabien Nadou, Publication CNER, 2021.


François BAFOIL : L'eau. "Trop, pas assez, plus d'eau"
Dans le cadre de l'étude que je conduis pour l'Institut de la recherche de la CDC et qui porte sur "la gouvernance de l'eau, et les adaptations de l'agriculture et de l'industrie", je présenterai les premiers éléments d'un cas d'étude qui porte sur l'activité d'un syndicat de rivière : le Smabacab. Situé dans le nord de la région aquitaine, il présente l'intérêt d'être inscrit dans une gouvernance de l'eau très complexe, de conduire des politiques de restauration des zones humides, ainsi que des négociations avec les acteurs agricoles pour une plus grande sobriété.

François Bafoil, directeur de recherche CNRS émérite. A conduit plusieurs études pour l'Institut de la recherche de la Caisse des Dépôts, notamment celle remise en juillet 2022.
Publication
François Bafoil, Adaptation des territoires au changement climatique. Étude comparative de territoires européens : I. Le cas de la France. Submersion, érosion littorales, sécheresse et inondations, Rapport de recherche, Caisse des dépôts - Institut pour la recherche et Banque des territoires, 2022, 415 p.

Barbara BLIN-BARROIS
Barbara Blin-Barrois a été cofondatrice de la Scic ôkhra à Roussillon (Provence), Pôle Territorial de Coopération Économique sur la couleur. Elle a longtemps accompagné et outillé la coopération multi-acteurs, à toutes échelles, et participe au comité de pilotage des Sociétés coopératives d'intérêt collectif auprès de leur Confédération Générale. Désormais, chercheure indépendante en coopération territoriale (Couleur Forêt), elle modélise les rôles tiers dans la transformation des territoires, particulièrement en espaces naturels ou forestiers. Elle anime notamment la prospective participative d'"Ensemble sauvons la forêt de Chantilly". Elle est membre des groupes de recherche OAC Organisations Alternatives et Citoyennetés (Isite Future - Université Gustave Eiffel) et de la Coop des Communs (Communs & Collectivités - Forêt & Communs) et du Conseil d'Orientation du Labo de l'ESS.

Dominique BOURG : Sobriété : contexte, raisons, sens et conditions
La modernité s'est construite sur la transgression et l'excès, au rebours des sociétés antérieures. Il en a d'abord découlé l'arrachement, pour une partie de l'humanité, à la vallée des larmes, puis la confrontation générale et éminemment dangereuse aux limites planétaires. À partir de ce constat, je chercherai à mettre en lumière les raisons, le sens profond mais également les conditions à la sobriété, en m'appuyant notamment sur la question de l'énergie.

Dominique Bourg est philosophe, professeur honoraire, Université de Lausanne. Il dirige aux Puf les séries "L'écologie en questions", "Nouvelles terres" avec Sophie Swaton, les grands textes de l'écologie et la revue en ligne La pensée écologique. Appartenance à : CFDD, Commission Coppens, CNDD, Grenelle de l'environnement, etc. ; aux conseils scientifiques : Ademe (2004-2006), Fondation pour la Nature et l'Homme (1998-2018, Paris) ; Organe de prospective de l'État de Vaud (2008-2017) ; Fondation Zoein (Genève, 2018-). Domaines de recherche : aspects politiques, économiques, écologiques et métaphysiques de la durabilité, risques et principe de précaution, démocratie écologique.
Derniers ouvrages parus
Nouvelle Terre, réédition Puf-Quadrige 2022 (2018).
Le Marché contre l'humanité, Puf, 2019.
Primauté du vivant. Essai sur le pensable, Puf, 2021, avec Sophie Swaton.
Climat. Une enquête de la revue La pensée écologique, Puf, 2023, avec Jean Jouzel et Hervé Le Treut.
Science et prudence. Du réductionnisme et autres erreurs par gros temps écologique, Puf, 2022, avec Nicolas Bouleau.
Manifeste contre l'impuissance publique, Tracts n°44, Gallimard, 2022, avec Johann Chapoutot.
Au cœur des années affreuses, sales et méchantes, à paraître aux Puf en septembre 2023.

Sabine CHARDONNET-DARMAILLACQ
Sabine Chardonnet-Darmaillacq est architecte dplg et docteure en urbanisme et dynamique des territoires, récemment retraitée de l'enseignement de l'architecture, elle est chercheure du Laboratoire ACS de l'ENSA Paris Malaquais. Elle est membre du groupe thématique MUP au sein du Labex Futurs Urbains de l'université Gustave Eiffel. Elle participe au projet interdisciplinaire "Ville Vivante" et à la Chaire "Ville Métabolisme" au sein de l'université Paris Sciences et Lettres.
Publications liées à des colloques de Cerisy
Villes et territoires résilients, Actes du colloque de Cerisy 2017 (co-direction), Hermann Éditeurs, 2020.
"La vi(ll)e à l'envers / Ville et résilience à l'ère Covid", in Villes et territoires résilients, Actes du colloque de Cerisy 2017 (co-direction), pp. 404-442, Hermann Éditeurs, 2020.
Le génie de la marche, Actes du colloque de Cerisy 2012 (co-direction), Hermann Éditeurs, 2016.
"La ville mobile au prisme de la marche", in Le génie de la marche, Actes du colloque de Cerisy 2012 (co-direction), pp. 186-207, Hermann Éditeurs, 2016.

Jean-Baptiste DE FOUCAULD : Réflexion sur le thème de l'Abondance frugale à un Pacte civique pour une sobriété créative, juste et fraternelle
Faute d'avoir corrigé à temps les déséquilibres que l'on sentait monter, nous voilà confrontés au défi de résoudre trois crises en même temps. Celle du chômage et de l'exclusion d'abord. La crise écologique ensuite. Les retombées de la crise financière enfin. La solution est-elle dans la quête illusoire du "toujours plus" ? Sûrement pas. Mais elle ne viendra pas non plus du "toujours moins" de solidarité. Bien au contraire. Les trois mots d'ordre de demain devront plutôt être : sobriété, justice et créativité. "Plus de sobriété pour plus de justice et plus de créativité pour plus de sens" : voilà les principes de l'"abondance frugale" qui, selon moi, doit inspirer le nouveau pacte civique à inventer ensemble, pour une sobriété créative, juste et fraternelle.

Christian DU TERTRE
Christian Du Tertre est Professeur des universités en sciences économiques à l'université Paris Diderot, Directeur scientifique du Laboratoire d'Intervention et de Recherche ATEMIS (Analyse du travail et des mutations des industries et des services) et Directeur scientifique du club "Économie de la fonctionnalité et développement durable". Il est spécialiste en économie du travail, économie servicielle, économie immatérielle, économie de la fonctionnalité dans une approche d'intégration territoriale. Dans ce cadre, Christian du Tertre développe des modèles économiques d'entreprises pour plus de résilience, reliant travail et développement durable et fondés sur les usages et fonctionnalités. Il appelle aussi à des territoires durables et de nouveaux dispositifs de régulation internationaux. Ses recherches s'appuient enfin sur des expériences d'accompagnement d'entreprises engagées dans des stratégies de développement durable, souhaitant changer de modèle économique.

Emmanuelle GONZALEZ : Sciences participatives & gouvernance démocratique. L'exemple des ENR
Alors que la notion de "sobriété énergétique" était encore récemment réservée aux prospectivistes et aux partisans de la décroissance, ce terme est aujourd'hui plus que jamais d'actualité. En effet, le déclenchement de la guerre en Ukraine a repositionné brutalement notre rapport à la consommation et plus particulièrement à celle de l'énergie. Ceci a pour conséquence de re-questionner nos modes de vie et notre interdépendance à l'échelle mondiale dans un contexte changeant de réchauffement climatique. Dans ce contexte, la sobriété choisie pourrait devenir le socle d'un apprentissage et de nouvelles pratiques transformant durablement notre rapport au monde.

Emmanuelle Gonzalez est Directrice adjointe sciences participatives au Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN). Pionnier des sciences participatives en France, le MNHN, en partenariat avec Sorbonne Université (SU), développent de nombreux sites de sciences participatives dans des champs disciplinaires très divers aujourd'hui recensées dans le portail "Science Ensemble". Forts de ce savoir-faire, afin de le développer et de le partager, le MNHN et SU ont créé en 2020 : Mosaic, un centre de compétences dédié aux sciences participatives. Mosaic expérimente des projets participatifs visant à co-construire des solutions innovantes pour répondre aux nouveaux enjeux contemporains. L'unité accompagne des porteurs de projets de la recherche et de la société civile (collectivités, entreprises, associations…) de tout horizon.

Caroline GRANIER : Les nouvelles filières industrielles durables
L'industrie, moteur de la transition écologique ? Cette intervention reviendra sur des cas concrets de transformation de process de production et de création de nouvelles filières ainsi que sur les freins à la décarbonation de l'industrie. Elle s'appuiera notamment sur les travaux menés par La Fabrique de l'industrie sur la transition énergétique et sur les témoignages recueillis dans le cadre de l'observatoire des Territoires d'industrie.

Caroline Granier est docteure en sciences économiques et cheffe de projet à La Fabrique de l'industrie. Elle est également chercheuse associée à la chaire énergie et prospérité. Ses recherches portent sur les dynamiques territoriales, la gouvernance d'entreprise et l'industrie du futur. Elle coordonne les activités de l'observatoire des Territoires d'industrie.

Louis HENRY : 2023 débuts de la sobriété en énergie ?
L'énergie c'est ce qui permet de fournir du travail, de produire un mouvement, de modifier la température ou de changer l'état de la matière.
Le mois de juillet 2023 a été le plus chaud jamais enregistré sur Terre (Copernicus).
La consommation de charbon n'a jamais été autant consommé sur Terre : 8300 millions de tonnes en 2022.
La demande en pétrole atteint également un record à 102,1 millions de barils par jour, en hausse prévue jusqu'en 2028.
Le record du nombre de vols quotidiens a eu lieu le 20 juillet 2023 avec plus de 262000 vols, en forte hausse.
Les renouvelables ne remplacent pas les fossiles, c'est un ajout (REN 21).
80% de l'énergie consommée dans le monde est toujours d'origine fossile. La transition énergétique n'a pas eu lieu.
En France la production d'énergies renouvelables se heurte à de nombreuses oppositions.
Comment aller vers une co-construction avec les citoyens ?

Nicolas IMBERT : Eaux, des vulnérabilités à la résilience
L'urgence EAU est au cœur de la création de Green Cross. À la CoP 22 Madrid, nous avons mis en évidence l'importance d'anticiper et d'atténuer les effets croisés entre vulnérabilités vis-à-vis de l’eau et dérèglement climatique. 2021 a été l'occasion de poser des solutions pour une meilleure résilience EAU via les territoires, à travers 14 propositions concrètes co-construites avec les territoires, les acteurs économiques et la société civile, autour de quelques mots clés : sobriété et multiplicité des usages, cartographie transparence et démocratie dans la gestion de la ressources, qualité de l'eau et respect des écosystèmes, droits humains et accès à l’eau. L'été 2022 a rendu encore plus concrète en France cette urgence de changer d'échelle dans nos actions de sobriété pour l’eau dans les territoires, et leurs effets, tant en réponse aux dérèglements climatiques et prévenir les conflits, que pour restaurer la résilience humaine et des écosystèmes.

Nicolas Imbert, ingénieur, dirige la branche française de Green Cross, dont le rôle est d'éclairer les choix permettant de passer des vulnérabilités à la résilience climatique, et de proposer des clés pour agir et accentuer la transformation écologique de nos sociétés. L'association œuvre dans une double perspective environnementale et humaniste, à l'échelle mondiale, et aux côtés de celles et ceux qui agissent sur les territoires. Cinq domaines d'interventions prioritaires structurent son action : eau et océan, d'alimentation, de villes et territoires durables, d'économie circulaire, de coopération et de solidarités. Et ceci, en mettant en avant l'urgence climatique, écologique, sanitaire, sociale et économique qui nous oblige à mettre en place des actions prioritaires à la hauteur des enjeux, et avec un capacitant essentiel : l'action sur les territoires.
Sites internet : gcft.fr | desclespouragir.fr
Publications
Auteur :
Plaidoyer pour un monde (plus) durable, Éditions David Reinharc, 2022.
Directeur de publication :
Eau, des clés pour agir, 2016, Green Cross.
Océan, des clés pour agir, 2017, Green Cross.
Acte II Dunkerque : des vulnérabilités à la résilience, 2021, Green Cross | agireau.eu.

Florian LABOULAIS : Expérimenter la sobriété technique à partir de territoires low-tech et solidaires
Sur la base de l'étude "Pour des métropoles low-tech et solidaires" (2022) du Labo de l'ESS, l'intervention visera à montrer pourquoi la démarche low-tech permet de mettre en cohérence nos choix et usages techniques avec l'impératif de sobriété et comment les territoires, à partir d'initiatives de l'économie sociale et solidaire (ESS) notamment, peuvent expérimenter une telle démarche.

Responsable Projets & Développement au sein du Labo de l'ESS, Florian Laboulais a notamment coordonné, aux côtés de Philippe Bihouix, l'étude "Pour des métropoles low-tech et solidaires", publiée en février 2022.

Sylvie LANDRIÈVE : Aller moins loin : proximité et sobriété
Les politiques de transport, d'emploi, de métropolisation, d'aménagement, … nous invitent à toujours plus de mobilité tout en émettant moins de gaz à effet de serre. Est-ce possible ? Et si on tentait autre chose en s'appuyant sur le désir des citoyens de vivre en plus grande proximité du quotidien.

Sylvie Landriève codirige le Forum Vies Mobiles. Auparavant, elle a monté et piloté des projets immobiliers et d'aménagement urbain privés et publics (BNP Real Estate, SNCF). Avec une formation en sciences humaines (Sorbonne et Sciences-Po Paris) et en recherche en management (Mines, Nanterre et ESCP), elle s'intéresse à l'évaluation des politiques publiques et à l'implication des citoyens dans leur élaboration.
Publications
L'Immobilier. Une passion française, Demopolis, 2016.
Pour en finir avec la vitesse, L'Aube, 2021.

Yves MARIGNAC
Yves Marignac est membre depuis 1996 et directeur de 2003 à 2019 du service d'études et d'information sur l'énergie WISE-Paris, membre en 2012-2013 du Secrétariat Général du "Débat national sur la transition énergétique", membre depuis 2014 des Groupes permanents d'experts de l'Autorité de sûreté nucléaire, et lauréat en 2012 du Nuclear Free Future Award pour sa contribution au scénario négaWatt, et depuis 2020 chef du Pôle énergies nucléaire et fossiles de l'Institut négaWatt.

Philippe MUTRICY
Philippe Mutricy, né en 1970, est titulaire d'une maîtrise d'histoire contemporaine, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris. Il est Conseiller technique (petites et moyennes entreprises, commerce, artisanat) au cabinet de Monsieur Jean-Pierre Raffarin (2004-2005) puis au cabinet de Monsieur Dominique de Villepin à Matignon (2005-2007). Directeur de Cabinet du Directeur Général de la Caisse des Dépôts et Consignations (2010-2011). Directeur général délégué en charge de la stratégie et de la prospective au sein de CDC Entreprises (2011-2013). Il est depuis novembre 2013, directeur de l'Évaluation, des Études et de la Prospective au sein de Bpifrance.

Lydie OUGIER : Quelles visions de la sobriété à horizon 2050 ?
Dans son travail de prospective Transition(s) 2050, l'ADEME a exposé quatre scénarios possibles pour conduire la France vers la neutralité carbone. La présentation portera sur la place donnée à la sobriété dans ces scénarios. Si la sobriété est un levier à considérer au regard de ses bénéfices, elle pose aussi des questions cruciales de nature socio-économiques.

Lydie Ougier, conseillère technique à la Direction de l'Expertise et des Programmes de l'ADEME a contribué au collectif ayant mené ces travaux de prospective. Dans de précédentes fonctions, elle a piloté des travaux sur la prévention des déchets en particulier sur le gaspillage alimentaire.

Françoise PAQUELOT : Pour une approche paysagère : le Collectif Paysages de l'Après-Pétrole
Le Collectif Paysages de l'Après-Pétrole est un think tank qui regroupe 70 professionnels de l'aménagement du territoire (agronomes, paysagistes, politistes, philosophes, géographes, architectes…) qui s'attachent à proposer des solutions nouvelles pour une transition heureuse et sobre. À partir d'études de cas de terrain, il imagine comment nos espaces et nos sociétés peuvent prendre des formes nouvelles et crée des outils d'aide à la réflexion sur le cadre de vie. Il prône le recours à la démarche paysagère pour aider les collectivités et leurs habitants à avoir une approche holistique pour leurs (a)ménagements.

Françoise Paquelot assure le secrétariat général du Collectif PAP.

Nicolas PORTIER : Transition écologique : quel rôle pour les collectivités et les acteurs économiques ?
Cette intervention portera sur la nécessaire territorialisation des transitions et la "descente d'échelle" de la planification écologique à organiser au niveau des régions et des bassins de vie. Elle intégrera à la réflexion les enjeux de transformation des systèmes productifs qu'il est nécessaire d'accompagner dans les territoires.

Nicolas Portier enseigne à Sciences Po au sein de l'École urbaine depuis 2005. Il a été Délégué général d'Intercommunalités de France (ex-AdCF) de 2004 à 2021. Il a travaillé au sein du service développement local de la Caisse des Dépôts en 2003-2004 et été Conseiller à la DATAR de 1997 à 2003 (chargé de la politique des contrats de pays, responsable du pôle développement territorial, membre de l'équipe en charge de la LOADDT). Il a été consultant indépendant de 1993 à 1997 après ses études (maîtrise de droit privé, Sciences Po, DEA de sociologie des organisations). Il préside le Cercle pour l'aménagement du territoire (CPAT) et participe aux instances d'orientation de plusieurs institutions et revues (IHEDATE, IHEDM, AJDA…).

Alexandre RAMBAUD
Alexandre Rambaud est Maitre de conférences à AgroParisTech, chercheur au CIRED (Centre Internationale de Recherches sur l'Environnement et du Développement) et chercheur associé à l'université Paris-Dauphine. Il est co-responsable de la chaire Comptabilité écologique (AgroParisTech, Université Paris-Dauphine, Université de Reims Champagne-Ardenne), dédiée au développement, à la modélisation, à la promotion et à l'expérimentation d'une comptabilité en durabilité forte, pour mettre les systèmes comptables au service de la transition écologique. Il est aussi membre de la commission Climat et Finance Durable de l'Autorité des Marchés financiers.

Sandra RIGOT : La prise en compte des enjeux climatiques par les institutions financières et ses limites
Au cours des deux dernières décennies, les acteurs économiques ont été incités à se comporter de manière plus responsable pour faire face aux défis à la fois économiques, sociaux et environnementaux. Autant de défis qui ont été progressivement reconnus par l'Organisation des Nations Unies (ONU) comme un enjeu majeur pour le développement durable de nos sociétés lors de la mise en place de la Commission Brundtland en 1987 puis précisés dans les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) au sein de l'Agenda 2030. Dans la mesure où le respect de ces objectifs implique des investissements considérables, estimés à $6,9 trillions par an d'ici à 2030 (OCDE/The World Bank/UN Environment, 2018), la mobilisation du système financier semble déterminante. Parce que les institutions financières jouent un rôle crucial dans le financement de l'économie en essayant d'allouer le plus efficacement l'épargne des agents économiques, elles peuvent accélérer la transition énergétique en investissant davantage dans les secteurs bas carbone relativement aux secteurs carbonés. Cette présentation vise à apporter un éclairage sur la manière dont les institutions financières prennent en considération les risques et opportunités climatiques dans leurs stratégies d’investissement (intégration des critères ESG, obligations vertes…) ainsi qu'à identifier les principales limites d'une telle démarche.

Mathieu SAUJOT : Vers un nouveau contrat social et écologique pour rester dans les limites de la planète
Nous pouvons faire le constat d'une double crise de notre contrat social actuel : d'une part l'abondance matérielle, un de ses piliers, n'est plus une source pérenne de progrès humain et ce contrat non tenu à bien des égards génère de plus en plus de tensions sociales ; d'autre part sa promesse d'abondance et de consommation n'est plus tenable d'un point de vue environnemental, de même qu'il va être de plus en plus déstabilisé par les crises environnementales. Comment penser et préparer un contrat social pour un monde fini ?

Mathieu Saujot dirige le programme "Modes de vie en transition" à l'Institut du développement durable et des relations internationales. Ses derniers travaux ont porté sur l'intégration des modes de vie dans les prospectives environnementales, la transition vers une alimentation durable et accessible à tous et la dimension sociale et démocratique de la transition. Il est diplômé de l'ENSTA ParisTech et docteur en économie. Il a réalisé sa thèse d'économie aux Mines Paristech sous la direction de P.N. Giraud sur la planification de la ville bas-carbone.

Lucile SCHMID : Histoire, généalogie et enjeux
Que la sobriété soit passée de l'éthique au champ des politiques publiques en quelques mois n'est pas anodin. L'invasion de l'Ukraine par la Russie a joué un rôle déterminant. Elle a permis la diffusion d'une notion portée par des cercles engagés jusqu'au pouvoir des gouvernements. Aujourd'hui le terme de sobriété renvoie à des contenus et des sens différents selon le contexte, les personnes qui l'emploient, le monde dans lequel il est utilisé. Des low techs aux éco-gestes en passant par la mise en œuvre de l'efficacité et des économies de coûts, c'est une notion attrape-tout qui pourrait devenir structurante pourvu qu'elle soit adossée à des référentiels et des objectifs clairs. Cela implique avant tout de l'articuler en amont à la justice sociale, de faire interagir toute mesure de sobriété avec des dispositifs adaptés de lutte contre les inégalités. Dans la ligne du sixième rapport du GIEC, différents scénarios (Ademe, negaWatt, RTE, IDDRI, Shift projet…) ont été élaborés pour dessiner les contours d'une société de la sobriété en visant la neutralité carbone à l'horizon 2050. Mais aujourd'hui les institutions et les politiques publiques qui permettraient d'offrir un cadre adéquat à l'évolution nécessaire des modes de vie restent à inventer.

Lucile Schmid est ancienne élève de l'ENA, administratrice de l'État au ministère de l'Économie. Elle a été élue locale socialiste puis écologiste en Ile de France. Cofondatrice du think tank La Fabrique écologique, elle est membre de longue date de la rédaction de la revue Esprit, et a été coprésidente de la fondation verte européenne (Green european Foundation) avec laquelle elle travaille régulièrement. Depuis 2019, elle anime avec la philosophe Catherine Larrère un séminaire sur les relations entre démocratie et écologie. Elle a créé en 2018 le Prix du roman d'écologie (PRE) un prix littéraire qui récompense des romans écrits en langue française où l'écologie occupe une part substantielle de l'intrigue. Elle est l'auteure de plusieurs essais portant sur les élites publiques, les enjeux écologiques et les relations franco-algériennes.


BIBLIOGRAPHIE :

• ADEME, Transition(s) 2050. Choisir maintenant. Agir pour le climat, novembre 2021, Horizons [en ligne].
• Dominique Bourg & Alain Papaux (dir.), Vers une société sobre et désirable, PUF, 2010, Développement durable et innovation institutionnelle.
• Collectif Fortes, sous la direction de Cécile Renouard, Rémi Beau, Christophe Goupil, Christian Koenig, Manuel de la grande transition ; former pour transformer, 14 octobre 2020, LLL Les liens qui libèrent [en ligne].
• Jean-Baptiste de Foucauld, L'abondance frugale. Pour une nouvelle solidarité, 16 avril 2020, Odile Jacob.
• Jean-Baptiste de Foucauld, Le choix des sobriétés. Des idées pour passer à l'action, 15 juillet 2020, Les éditions de l'Atelier.
• Nicolas Goldberg, Propositions pour une sobriété juste et efficace, 7 septembre 2022, Terra Nova, La Grande Conversation [en ligne].
• Nicolas Goldberg, Comment donner l'impulsion pour une sobriété collective, efficace et aller au-delà des symboles, 23 août 2022, Terra Nova, Transition énergétique [en ligne].
• Diana Ivanova, Dominik Wiedenhofer & Max Callaghan, 60 choix de consommation pour combattre le réchauffement climatique, 15 juillet 2020, Forum Vies Mobiles, Point de vue [en ligne].
• Bettina Laville, Sarah Dayan & Clara Beauvoir, La sobriété, fil vert de la transition, février 2022, Comité 21 [en ligne].
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