Programme 2022 : un des colloques

Programme complet


MANGER ENSEMBLE POUR REFAIRE LE MONDE ?


DU MERCREDI 31 AOÛT (19 H) AU MARDI 6 SEPTEMBRE (14 H) 2022

[ colloque de 6 jours ]



DIRECTION :

Patrick CARON, Bernard HUBERT, Bruno REBELLE, Victoria SACHSÉ

Colloque organisé à l'initiative du Cercle des partenaires


ARGUMENT :

Dans le contexte actuel de réchauffement climatique et de crises multiples et structurelles, les systèmes agricoles et alimentaires (production, transformation, distribution, consommation) font partie de ces activités humaines qui sont, à la fois, responsables des changements climatiques et de l'érosion de la biodiversité, et fortement déstabilisées par la perturbation des conditions écologiques, économiques, sociales et politiques. La transformation de ces systèmes nécessaire pour faire de l'alimentation de qualité un bien commun, accessible à toutes et tous, répondant aux impératifs écologiques et sociaux (biodiversité, sols et ressources en eau, juste partage de la valeur, préservation des emplois agricoles, etc.) n'est pas sans susciter de nombreuses tensions.

L'hypothèse de ce colloque est la suivante : en dépassant l'opposition aujourd'hui frontale entre "alternatifs marginaux" et "dominants conservateurs", il deviendra possible d'aborder, puis de dépasser ces tensions. En effet, quand les perceptions et les opinions des acteurs changent — y compris leurs opposants, ennemis ou adversaires à convaincre —, leurs pratiques peuvent se transformer et, par cascades successives, faire évoluer les postures institutionnelles, les politiques et les normes…

Partant de ces constats, le colloque analysera les tensions qui traversent les systèmes agricoles et alimentaires ainsi que les voies et moyens permettant de les dépasser. L'hypothèse centrale est que la restauration de relations constructives et apaisées entre la production et la consommation, et la compréhension fine des composantes des environnements alimentaires qui influencent les comportements des mangeurs, constituent des leviers essentiels de la promotion d'une alimentation résultant de la transition écologique et sociale de ces systèmes. Ainsi, acteurs et chercheurs de visions différentes, intervenant dans divers secteurs ou échelles, construiront ensemble un diagnostic complet des situations, puis proposeront aux opérateurs, à la recherche et aux pouvoirs publics, des pistes retissant des relations au service d'une alimentation vraiment durable.


MOTS-CLÉS :

Débats et controverses, Local/global, Systèmes agricoles et alimentaires, Transition écologique


CALENDRIER PROVISOIRE :

Mercredi 31 août
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Jeudi 1er septembre
Matin
Patrick CARON, Bernard HUBERT, Bruno REBELLE & Victoria SACHSÉ : Ouverture du colloque

I. ALIMENTATION DURABLE AU XXIe SIÈCLE : DE QUOI PARLE-T-ON ?
1. Un enjeu global
Andy SMITH (Sciences Po, Bordeaux) : L'offre alimentaire française et sa construction de "la demande" depuis 1945
Patrick CARON (Cirad, Univ. Montpellier) : Pourquoi parler d'alimentation durable ?
Benoit DAVIRON (Cirad) : Histoire agricole, hégémonie et métabolisme social

Après-midi
2. Ce que manger veut dire aujourd'hui ?
Guénaelle GAULT (ObSoCo) : Présentation des résultats de l'enquête menée par l'IFOP et l'ObSoCo

"Dis-moi ce que tu manges, je te dirais qui tu es ?" — Ateliers en parallèle :
- Assiette individualisée sur table commune : pratiques et régimes alimentaires entre diversification et exclusion ?, animé par Gilles LUNEAU (Globosphère)
- La cuisine et la table peuvent-elles encore rassembler ?, animé par Christophe LAVELLE (Muséum National d'Histoire Naturelle, Paris)

Que nous disent ces échanges sur les principales évolutions des enjeux et des pratiques alimentaires ? — Restitution des travaux des ateliers

Consommateurs et mangeurs : les individus sont-ils souverains face aux choix alimentaires ? Intérêt du concept d'environnement alimentaire, table ronde avec Nicolas BRICAS (Cirad) et Claude FISCHLER (CNRS)

Soirée
Enquête sur le mouvement vegan et le développement de la viande cellulaire, avec Gilles LUNEAU (Auteur de Steak barbare, L'aube, 2020)


Vendredi 2 septembre
Matin
2. Ce que manger veut dire aujourd'hui ? (suite)
L'alimentation au-delà des nécessités physiologiques : santé et bien-être passent par l'assiette !, table ronde animée par Bernard HUBERT (INRAe), avec Christine CHERBUT (INRAe), Adeline LESCANNE (Nutriset) et Yves MARTIN-PRÉVEL (IRD)

3. L'accès à l'alimentation : un sujet politique
Mathilde DOUILLET (Fondation Carasso) : Introduction générale de la problématique. L'accès à l'alimentation est un sujet politique qui mobilise des concepts encore à consolider : le droit à l'alimentation, la démocratie alimentaire, la justice alimentaire
François COLLART DUTILLEUL (Univ. Nantes) : Le droit à l'alimentation entre politique sociale, politique économique et politique environnementale
Pauline SCHERER (LERIS) : Démocratie alimentaire et nouvelles solidarités

Après-midi
Valeria SINISCALCHI (EHESS) : Mobilisations et "alternatives" économiques : la nourriture comme objet politique

3. L'accès à l'alimentation : un sujet politique (suite)
Temps de dialogue pour confronter les concepts et les pratiques et rechercher les convergences entre ces différentes approches, animé par Patrick CARON (Cirad, Univ. Montpellier), avec Magali RAMEL (Univ. Tours) et Laurent TERRASSON (Dir. de la publication de l'Autre Cuisine)

Présentation du programme des visites du lendemain


Samedi 3 septembre
Matin
II. SYSTÈMES AGRICOLES ET ALIMENTAIRES FACE À LA TRANSITION : ENTRE RÉSISTANCE ET ADAPTATION ?
Ces lignes de fractures qui ralentissent les transitions. Premiers apports de la recherche action portée par Transitions, par Victoria SACHSÉ et Emmanuelle BRISSE

Après-midi
"HORS LES MURS" — VISITES DE TERRAIN
En trois temps : Production > Transformation > Consommation

Soirée
Que nous apprennent ces rencontres de terrain ?
Échanges avec les personnes rencontrées dans la journée


Dimanche 4 septembre
II. SYSTÈMES AGRICOLES ET ALIMENTAIRES FACE À LA TRANSITION : ENTRE RÉSISTANCE ET ADAPTATION ?
Matin
Des mondes en mouvement. Mutations des systèmes alimentaires : une accélération prometteuse ?
Yuna CHIFFOLEAU (INRAe)
Pierre GUILLEMIN (INRAe) : Dimension socio-territoriale des transitions agri-alimentaires : effets de contexte et déterminations multiples
Gérard TUBÉRY (Fondation AVRIL)
Nicolas GAUSSERÈS (Danone) : Évolution des stratégies des firmes agroalimentaires et de la distribution

Après-midi
"Labels, signes de qualité, fake-news : les consommateurs sont-ils vraiment bien informés ?" — Ateliers en parallèle :
- Marque de qualité et Certifications : quelle efficacité pour orienter les pratiques de consommation ?, animé par Michel REYNAUD (ECOCERT)
- Notations citoyennes, fake-news : quelle crédibilité de l'information à l'heure des réseaux sociaux ?, animé par Hervé GOMICHON (Ex-directeur Qualité du Groupe Carrefour), avec Daniel NAIRAUD et Philippe SCHMIT

Quels enseignements pour l'action ? — Restitution des travaux des ateliers

D'où viendra le changement ?, atelier-débat s'appuyant sur la cartographie des fractures et des convergences à partir de l'exemple de la filière viande bovine [organisé en 3 séquences], animé par Emmanuelle BRISSE (Transitions)
- Séquence 1. Le changement viendra des productrices-producteurs. Hypothèse portée par Bruno DUFAYET (Éleveur et Président de la Fédération Nationale Bovine) — Répondant : Christophe DURAND (Agriculteur-Éleveur dans la Creuse)
- Séquence 2. Le changement viendra des consommatrices et des consommateurs
- Séquence 3. Le changement viendra des acteurs de la transformation et de la distribution. Hypothèse portée par Anthony CORBEAU (Gérant d'un Carrefour à Mauriac)

Leçons de ces débats — Regard synthétique, apporté par Gilles MARÉCHAL (Terralim)


Lundi 5 septembre
III. QUELLE GESTION DES TENSIONS ET/OU QUELS DÉPASSEMENTS POSSIBLES POUR IMPULSER LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE ET SOCIALE DES SYSTÈMES ALIMENTAIRES ET AGRICOLES ?
Matin
Pierre GASSELIN (INRAe) : Coexistence et confrontation des modèles agricoles et alimentaires
Pierre-Marie AUBERT (IDDRI) : Dépasser les tensions pour contribuer à l'élaboration de politiques publiques favorables à la transition ?

Réactions, commentaires, compléments aux conférences données, avec Vincent JANNOT (Terre de Liens, Pôle InPACT) [Partage des Terres et Renouvellement des générations, 1,5 million de paysan(e)s, un enjeu pour demain ?] et Jacky BIDOT (Président de la Communauté de communes Coutances Mer et Bocage)

Après-midi
Dépasser les tensions en passant par le territoire, table ronde avec Hervé DEFALVARD (Univ. G. Eiffel) [Revenir aux communs (et aux territoires)] et Serge BONNEFOY (Animateur réseau PAT) [Les Projets Alimentaires Territoriaux, regard critique sur une territorialisation sous influences]

Le territoire peut-il être le terreau d'une alimentation durable ?, débat animé par Bruno REBELLE, avec Lilian VARGAS (Grenoble Alpes Métropole), Bernard PECQUEUR (Univ. Grenoble Alpes) [Écosystèmes alimentaires urbains et dynamiques territoriales], Gilles MARÉCHAL (Terralim) [Les marginaux-sécants cultivent-ils l'alimentation de demain ?] et Gaël LOUESDON (Terre de Liens Normandie)


Mardi 6 septembre
IV. ENSEIGNEMENTS ET RECOMMANDATIONS: L'ALIMENTATION, UN BIEN COMMUN ? / PERSPECTIVES
Matin
Bernard HUBERT, Patrick CARON & Bruno REBELLE : Tentative de synthèse des apports du colloque : pistes possibles pour accélérer les mutations vers une alimentation vraiment durable

La synthèse proposée est soumise aux participants regroupés en petits groupes (3-4 ateliers en parallèle) pour commenter, amender, enrichir cette synthèse

Restitution des ateliers

Synthèse amendée : Que peut-on attendre de la recherche, des politiques publiques, de la société civile et des mouvements sociaux ?

Conclusions

Après-midi
DÉPARTS


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Serge BONNEFOY
Serge Bonnefoy, docteur en économie, a conduit sa carrière professionnelle entre ville, agriculture et alimentation que ce soit dans le cadre de l'association de développement de l'agriculture dans l'Y grenoblois (ADAYG), du réseau français de l'agriculture périurbaine Terres en villes ou du réseau national des projets alimentaires territoriaux (RnPAT). Devenu chercheur associé à l'université de Grenoble Alpes, il approfondit actuellement l'observation des PAT et l'analyse de la territorialisation des politiques agricoles et alimentaires.

Christine CHERBUT
Christine Cherbut est directrice de recherche à l'institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAe), chargée de mission auprès du PDG de l'institut. Elle a été directrice scientifique pour l'alimentation et la bioéconomie à l'Inra puis la directrice générale déléguée à la science et l'innovation de l'Inra puis d'INRAe. Tout au long de son parcours, son ambition a été d'impulser une vision et des stratégies de recherche pour des systèmes alimentaires sûrs, sains, équitables et durables, en soutenant des approches systémiques, interdisciplinaires et partenariales.

François COLLART DUTILLEUL : Le droit à l'alimentation entre politique sociale, politique économique et politique environnementale
Le droit à l'alimentation vise à mettre le besoin vital de se nourrir à une certaine distance de la personne. Cette distance est une condition première de la liberté humaine. Mais comment en garantir la concrétisation dans un espace social largement gouverné par l'économie de libre-échange et dans un contexte de ressources naturelles largement fondé sur la propriété privée ? Il est essentiel de penser des politiques publiques qui visent à adjoindre un ajustement entre les besoins fondamentaux et les ressources naturelles à l'ajustement devenu dominant entre des offres et des demandes. Pour cela, dans une nature de plus en plus endommagée et avec la pression d'une précarité et d'une pauvreté endémiques, il faut remettre le droit à l'alimentation sur le métier.

François Collart Dutilleul est Juriste, Professeur émérite des universités, membre honoraire de l'Institut universitaire de France, membre correspondant de l'Académie d'Agriculture de France ; fondateur et membre du Centre Lascaux sur les Transitions (CELT).
Publications
La Charte de La Havane : Pour une autre mondialisation, éd. Dalloz, coll. "Tiré à part", 2017.
Nourrir - Quand la démocratie alimentaire passe à table, éd. Les Liens qui Libèrent (LLL), 2021.

Benoit DAVIRON : Histoire agricole, hégémonie et métabolisme social
Mon analyse propose un détour par l'histoire des rapports entre puissance, richesse et biomasse (la matière qui compose les organismes vivants ou qui en est issue) pour expliquer à la fois l'origine et les caractéristiques de l'agriculture dite "conventionnelle", que des voix de plus en plus nombreuses réclament aujourd'hui d'abandonner au profit de la "transition agroécologique". Elle s'appuie pour cela sur un présupposé simple : la quête de richesse et de puissance est un moteur essentiel — pour ne pas dire unique — de l'histoire. Or, un autre constat évident peut être fait : il n'y a pas d'accumulation de richesse et de puissance sans mobilisation de quantités croissantes d'énergie et de matière. En m'appuyant sur ce présupposé et ce constat, je cherche à rendre compte de la place occupée, au cours du temps, par la biomasse pour cet apport d'énergie et de matière indispensables à la richesse et à la puissance. Cette contribution repose sur un parti pris : il nous faut interroger les hégémonies et leur rapport à la biomasse pour analyser les logiques qui président aux changements dans l'agriculture.

Benoit Daviron est chercheur en économie politique internationale au CIRAD (Centre de Coopération International pour la Recherche Agronomique et le Développement). Il a été chercheur visitant au Département d'Économie Agricole de l'université de Berkeley et responsable de l'économie et des sciences sociales au CIRAD. Son travail a principalement porté sur l'histoire des échanges internationaux de produis agricoles et les politiques agricoles.
Publications récentes
Daviron B., Biomasse : Une histoire de richesse et de puissance, Versailles, Quae, 2020.
Allaire G. & Daviron B., Ecology, Capitalism and the New Agricultural Economy : The Second Great Transformation, Routledge, 2018.

Pierre GUILLEMIN : Dimension socio-territoriale des transitions agri-alimentaires : effets de contexte et déterminations multiples
La prise en compte des temporalités apparaît consubstantielle à l'analyse des transitions agri-alimentaires, mais qu'en est-il de la dimension spatiale de ces dynamiques ? Autrement dit, en quoi les effets de contexte socio-territoriaux peuvent constituer des freins ou des leviers à la transition. La présentation se positionnera d'abord à l'échelle de la France métropolitaine, par l'étude géostatistique d'une typologie d'exploitations agricoles en transitions (Bermond et al., 2019). Leur géographie suggère des déterminants socio-résidentiels multiples (croissance économique/démographique, morphologie sociale, taux de diplomation ou proximité urbaine), faisant défaut dans des territoires qui résistent à leur émergence. Des indicateurs dédiés aux flux des systèmes alimentaires urbains (Darrot et al., 2020) confortent ces déterminants d'une différenciation socio-spatiale, mais l'approche quantitative n'épuise pas la réalité des transitions agri-alimentaires. C'est pourquoi des études de cas (dont une le long du littoral du Centre-Manche - Guillemin, 2020) viendront éclairer ces déterminations multiples, qui tiennent aussi aux politiques territoriales et au dépassement des clivages agricoles historiques, facteurs garants de la pérennisation des transitions agri-alimentaires à l'échelle locale.

Pierre Guillemin est docteur en géographie et chercheur en agronomie des territoires à l'INRAe (unité ASTER, Mirecourt). En 2020, il a soutenu sa thèse dédiée au renouvellement des filières légumière et maraîchère en Normandie. Il s'intéresse à la coexistence territoriale des systèmes agri-alimentaires. Il a participé à la coordination de l'Atlas de la Manche. Des polders au pôle d'air, paru en 2018.
Publications
Guillemin P., 2020, Les mondes légumiers et maraîchers en Normandie : hétérogénéité sociale et renouvellement de filières agricoles et alimentaires, Thèse de doctorat, Université de Caen Normandie, 633 p. (https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-03121125).
Darrot C., Pecqueur B., Marie M., Bodiguel L., Saleilles S., Buyck J., Margetic C., Delfosse C., Hochedez C., Guillemin P., Baysse-Laine A., Noël J. et Marechal G., 2020, Comprendre les systèmes alimentaires urbains : flux alimentaires, systèmes d'acteurs et formes urbaines, Livret de recherche FRUGAL, PSDR 4, 225 p. (https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02987347).
Bermond M., Guillemin P. et Marechal G., 2019, "Quelle géographie des transitions agricoles en France ? Une approche exploratoire à partir de l'agriculture biologique et des circuits courts dans le recensement agricole 2010", Cahiers Agricultures, vol. 28, 13 p. (https://doi.org/10.1051/cagri/2019013).

Vincent JANNOT : Partage des Terres et Renouvellement des générations, 1,5 million de paysan(e)s, un enjeu pour demain ?
Depuis 2010, le rythme de disparition des terres agricoles a ralenti mais c'est toujours l'équivalent d'un département moyen qui disparaît tous les 18 ans. Entre 2010 et 2020, 192 fermes ont disparu chaque semaine. On était à 152 sur la même période de 10 ans avec les estimations basées sur les données de la MSA. Il est pour l'instant difficile de donner une indication actualisée sur les surfaces qui vont se libérer dans les 10 ans (les fameux 7 millions d'ha), mais ces changements de mains vont pour 40% d'entre elles à l'agrandissement, 10% à l'artificialisation et seulement 50% à l'installation. La tendance lourde est à la concentration des terres en des unités de production de plus en plus grandes. Ces grandes unités mettent en place des systèmes de production spécialisés, simplifiés, standardisés, robotisés, automatisés, sur des surfaces de plus en plus vastes qui tiennent peu en compte le milieu. L'agroécologie paysanne, au contraire, cherche à ce que les systèmes de production s'adaptent au milieu écologique. Selon PARCEL, si nous relocalisons notre alimentation, en réduisant de moitié notre consommation carnée, cela induirait 420 000 nouveaux emplois agricoles.

Co-fondateur de Terre de Liens (1998-2003), via RELIER, Association d'éducation populaire (commission rurale de Peuple & Culture), Vincent Jannot travaille depuis 25 ans sur les questions d'accueil de personnes souhaitant créer leur activité agricole et rurale. Il a été accompagné et formé par François de Ravignan. 17 années d'expérience d'accueil et d'accompagnement dans l'arrière-pays héraultais et le sud aveyron. Actif au sein du réseau INPACT depuis 2016. Salarié sur les Programmes, Partenariats et le Plaidoyer au sein de Terre de Liens depuis 2012.

Gaël LOUESDON
Gaël Louesdon est l'initiateur et co-fondateur de Terre de Liens Normandie (depuis 2009) ; initiateur du Calculateur PARCEL.org permettant d'évaluer les impacts fonciers et environnementaux de notre alimentation.

Gilles MARÉCHAL
Gilles Maréchal est impliqué dans le développement des systèmes alimentaires territoriaux depuis plus de 30 ans. Il s'y est consacré à plusieurs titres : militant associatif, notamment auprès du Mouvement de Paysans Sans-terre du Brésil ; animateur d'un mouvement associatif, les CIVAM de Bretagne ; fonctionnaire territorial ; créateur d'un cabinet coopératif d'accompagnement pour la mise en œuvre de stratégies alimentaires territoriales ; chercheur associé à l'UMR ESO - Espaces et Sociétés du CNRS. Une diversité de regards sur un même objet, qui illustre l'approche qu'il développera lors du colloque : le rôle des marginaux sécants dans le développement des pratiques territoriales d'alimentation durable.
Publications récentes
Robert Spizzichino, Gilles Maréchal & Jean-Claude Devèze, "Une agriculture durable, une alimentation saine : un défi pour tous", Sesame : Sciences et sociétés, alimentation, mondes agricoles et environnement, Mission Agrobiosciences-Inra, 2021 ⟨hal-03331514⟩.
Yuna Chiffoleau, Catherine Darrot, Gilles Maréchal, Luc Bodiguel, Grégori Akermann, et al., Manger au temps du coronavirus. Enquête sur les systèmes alimentaires, Apogée Édition, 161 p., 2020, Chiffoleau Y, Darrot C., Marechal G. (dir.), 9-782843-986840 ⟨hal-03099263⟩.
Catherine Darrot, Luc Bodiguel, Yuna Chiffoleau, Grégori Akermann & Gilles Maréchal, "Les systèmes alimentaires de proximité à l'épreuve de la Covid-19 : retours d'expérience en France", Systèmes alimentaires / Food Systems, Classiques Garnier, 2020, pp. 89-110 ⟨hal-03097936⟩.
Gilles Maréchal, Julien Noel & Frederic Wallet, "Les projets alimentaires territoriaux (PAT), entre rupture, transition et immobilisme ?", Pour, revue du Groupe Ruralités, Éducation et Politiques, GREP, 2019, "Agriculture : des ruptures à la transition", pp. 261-270 ⟨hal-02139732⟩.
Gilles Maréchal, Thomas Bréger, Charlène Nicolay, Blaise Berger, Valentine Bossu, et al., "Produits bio et locaux à la cantine : du potentiel et des résistances", Des produits bio et locaux à la cantine, 2019 ⟨hal-02404345⟩.

Yves MARTIN-PRÉVEL
Épidémiologiste, titulaire d'un doctorat en Médecine (Montpellier) et d'un doctorat en Santé Publique (Paris 6), Yves Martin-Prével est directeur de recherche à l'IRD, au sein de l'UMR MoISA (Montpellier Interdisciplinary center on Sustainable Agrifood systems). Il travaille depuis 30 ans dans le champ de la nutrition publique et a passé de nombreuses années en Afrique. Ses principaux thèmes de recherche sont la nutrition de la mère et de l'enfant, les indicateurs de la diversité alimentaire, les relations entre systèmes alimentaires et situations nutritionnelles, l'évaluation d'interventions et les systèmes de surveillance nutritionnelle. Positionné depuis longtemps à l'interface de la science et des structures opérationnelles de développement, il est membre de nombreux comités d'experts internationaux et a été expert indépendant pour la rédaction du Rapport Mondial sur la Nutrition de 2014 à 2017. Il est également directeur du département Santé et Sociétés de l'IRD et conseiller de sa Présidente pour les systèmes alimentaires durables.

Bernard PECQUEUR
Bernard Pecqueur est économiste et aménageur. Il est actuellement retraité en position de professeur émérite de l'université Grenoble Alpes. Il est spécialiste de l'analyse des dynamiques territoriales. Il a été notamment responsable scientifique du programme interrégional FRUGAL ("Formes Urbaines et Gouvernance Alimentaires). FRUGAL est une Recherche-Action centrée sur l'analyse des enjeux systémiques liés à l'approvisionnement alimentaire de métropoles du Grand Ouest français et de Rhône-Alpes (2016-2020). C'est un des 33 projets du quatrième programme de recherche "Pour et Sur le Développement Régional" (PSDR4) porté par l'INRA et l'IRSTEA en collaboration avec des régions de France. la communication reprendra les conclusions du programme en faisant apparaitre dans ces systèmes alimentaires urbains, leur nature proprement territoriale entre nécessité de la productivité et exigences de la qualité et les caractéristiques de la gouvernance de ces systèmes.

Magali RAMEL
Magali Ramel est docteure en droit public à l'université de Tours. Elle a soutenu sa thèse en mars 2022 portant sur le droit à l'alimentation et la lutte contre la précarité alimentaire en France.
Publications
Le droit à l'alimentation et la lutte contre la précarité alimentaire en France, Thèse de doctorat en droit public sous la direction de Diane Roman, Université de Tours, 2022, 568 p. [en ligne].
"L'accès à l'alimentation durable : éviter une double peine pour les personnes en précarité alimentaire", Revue européenne du droit de la consommation, 2020/1, pp. 59-85.
Avec Dominique Paturel, "Éthique du care et démocratie alimentaire : enjeux du droit à une alimentation durable", Revue française d'éthique appliquée, n°4, 2017, pp. 49-60.
Avec H. Boissonnat Pelsy, C. Sibué-De Caigny et M.-F. Zimmer, Se nourrir lorsqu'on est pauvre – Analyse et ressenti de personnes en situation de précarité, Éd. Quart Monde, coll. "Dossier et Documents de la revue Quart Monde", n°25, 2016, 188 p.

Pauline SCHERER : Démocratie alimentaire et nouvelles solidarités
L'intervention portera sur le concept de démocratie alimentaire et sur l'analyse de nouvelles formes de solidarités alimentaires qui visent à prendre en compte les questions de transition et de durabilité dans une approche systémique, pour interroger les enjeux de transformation profonde des réponses à apporter aux inégalités alimentaires et sociales.

Pauline Scherer est sociologue-intervenante. Elle travaille en recherche-action coopérative sur les nouvelles formes de solidarités alimentaires au prisme de la démocratie alimentaire et de la durabilité des systèmes alimentaires. Associée au LERIS dans le cadre d'une recherche-action sur les Tiers-Lieux alimentaires, elle coordonne aujourd'hui les activités de recherche et d'expérimentations de l'association Vrac & Cocinas à Montpellier.
Publications
"Vers de nouvelles solidarités alimentaires?", Les cahiers de l’action, n°58, INJEP, 2022 (à paraître).
Avec Bricas Nicolas, "Lutter contre la précarité par de l'aide alimentaire ?" (Chapitre 15), in Une écologie de l'alimentation (coord. Bricas N., Conaré D., Walser M.), Éditions Quae, 2021.
"La solidarité alimentaire de proximité comme espace d'expérimentation démocratique et vecteur d'émancipation. Recherche-action au sein du Secours populaire français en Occitanie", Forum, 153, 28-34, 2018.

Andy SMITH : L'offre alimentaire française et sa construction de "la demande" depuis 1945
Sous l'influence de l'économie néo-classique, il est généralement considéré que c'est la demande pour un bien ou un service qui façonne son offre. Pourtant, la sociologie politique contemporaine a montré que ce sont plutôt les acteurs qui dominent cette offre qui définissent "la demande", qu'ils sont les mieux à même de satisfaire. Cette hypothèse alternative peut être appliquée au cas de l'industrie agro-alimentaire française : elle permet à la fois de caractériser les agents qui se trouvent au sommet de sa gouvernance, mais aussi de montrer comment ils ont travaillé, tant sur les plans économique que politique, pour y accéder. Plus exactement, notre communication rappellera tout d'abord, mais sous un angle inhabituel, qu'entre 1945 et la fin des années 1980, ce sont les élites de la FNSEA et du ministère de l'agriculture qui ont co-construit à la fois l'offre agricole et la demande alimentaire françaises. Ensuite, elle montrera que depuis la réforme de la PAC de 1992, ce "couple" a été rejoint d'une part par les dirigeants des grandes sociétés et coopératives de l'aval et, d'autre part, par les ministres de l'agriculture successifs et leurs cabinets respectifs.

Andy Smith est Directeur de recherche à la Fondation Nationale des Sciences Politiques. En poste à Sciences Po Bordeaux depuis 1996, il est un spécialiste de l'économie politique, et des industries en particulier. Auteur de deux ouvrages sur l'industrie vitivinicole, il a également effectué plusieurs enquêtes sur l'agro-alimentaire qui sont synthétisées dans un ouvrage, co-écrit avec Matthieu Ansaloni, L'expropriation de l'agriculture française. Pouvoirs et politiques dans le capitalisme contemporain (Éditions du Croquant, 2021).


ATELIERS :

La cuisine et la table peuvent-elles encore rassembler ?, animé par Christophe LAVELLE
Du repas de famille patiemment concocté au dîner livré pour une soirée télé devant Top Chef, des applications culinaires compulsivement consultées sur son smartphone aux ateliers de "team building", la cuisine s'apprend, se pratique… et se partage éventuellement. Entre diversité des cultures et régimes particuliers, cuisine de terroir et "novel food", nous discuterons dans quelles mesures notre alimentation est encore facteur de lien social.

Christophe Lavelle est chercheur au CNRS et au Muséum National d'Histoire Naturelle, à Paris. Spécialiste de l'alimentation, il enseigne la physico-bio-chimie culinaire au sein de nombreuses universités et écoles (Université de Toulouse, Université de Cergy-Pontoise, Le Cordon Bleu, Basque Culinary Center,…) et donne régulièrement des conférences auprès du grand public et des professionnels (chercheurs, formateurs, ingénieurs, chefs). Il est également co-responsable du réseau PALIM (Patrimoines Alimentaires) de l'Alliance Sorbonne-Université et formateur à l'INSPE pour les professeurs de cuisine. Il est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages sur l'alimentation dont Toute la chimie qu'il faut savoir pour devenir un chef! (Flammarion, 2017), Je mange donc je suis. Petit dictionnaire curieux de l'alimentation (Éditions du MNHN, 2019) et Molécules. La science dans l'assiette (Les Ateliers d'Argol, 2021).


SOUTIENS :

* Fondation Avril
* ECOCERT
* Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAe)
* Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad)


BULLETIN D'INSCRIPTION


Les inscriptions à ce colloque sont maintenant ouvertes. Les participations à toute sa durée sont acceptées en priorité. Les auditeurs demandant un séjour fractionné pourront être mis sur une liste d'attente.


Avant de remplir ce bulletin, consulter la page Inscription de notre site.

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Présentation personnelle

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Ces renseignements figureront sur la liste des participants qui sera remise lors du colloque.


Sélectionner la mention adéquate (le statut de contributeur est défini au préalable, en accord avec le CCIC, par la direction du colloque).


Versement à effectuer

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Total à verser :

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Vous pouvez ajouter ici, si besoin, les documents nécessaires pour compléter votre inscription : copie de carte d'étudiant(e), justificatifs de revenus, ...


Précisions à nous communiquer pour l'agrément de votre séjour :
[par exemple : grande taille (plus de 1,80 m), problèmes de mobilité, partage d'une chambre ou voisinage de chambres, inscription groupée, régime médicalement surveillé, ...]
Ces renseignements sont utiles à la répartition des chambres. Le logement est assuré au château de Cerisy et ses dépendances, en chambres doubles ou individuelles. En cas de grande affluence, les inscrits tardifs se logeront aux alentours.