Programme 2023 : un des colloques

Programme complet


GASTON PARIS :

UNE ŒUVRE EN RÉSEAU, UN RÉSEAU EN ŒUVRE


DU MERCREDI 24 MAI (19 H) AU DIMANCHE 28 MAI (14 H) 2023

[ colloque de 4 jours ]



ARGUMENT :

Philologue en contact épistolaire avec des personnalités du monde entier — on compte environ 1750 correspondants et 27000 feuillets — Gaston Paris est au centre de différents réseaux de savoirs et de pratiques. Comprendre, par l'entremise du savant, comment s'articulent ces différents réseaux est une clé inestimable pour affiner nos connaissances non seulement de l'histoire des langues et littératures (médiévales) romanes, mais aussi de l'histoire intellectuelle, politique et sociale de l'époque.

Lors de la rencontre au château de Cerisy-la-Salle, lieu emblématique, faut-il le rappeler, des rencontres familiales, amicales et savantes de Gaston Paris, des spécialistes de la philologie romane venant de toute l'Europe vont travailler sur des correspondances du savant encore peu connues et contribuer ainsi à la reconstruction toujours plus précise du réseau européen, voire mondial, qui assurait le rayonnement et l'évolution de la philologie romane à l'époque.


MOTS-CLÉS :

Correspondances, Histoire des langues romanes, Histoire intellectuelle du XIXe siècle, Littérature du Moyen Âge, Paris (Gaston), Philologie romane


COMMUNICATIONS (suivies de débats) :

Ursula BÄHLER : Gaston Paris et Gabriel Monod
Emma BELKACEMI-MOLINIER : Le réseau montpelliérain dans la correspondance d'Anatole Boucherie et Gaston Paris
Gabriel BERGOUNIOUX : L'analyse du son et la philologie
Daron BURROWS : Autour de la correspondance de Gaston Paris et Paul Meyer
Miriam CABRÉ & Anna GUDAYOL : Les relations ibériques de Gaston Paris I. Les érudits catalans et leur place au sein des réseaux philologique
Dumitru CHIHAI : La correspondance de Gaston Paris et l'origine de la langue roumaine
Alain CORBELLARI : Gaston Paris et ses jeunes étudiants français
Piet DESMET & Pierre SWIGGERS : Gaston Paris et les romanistes belges. Les frères Doutrepont
Anne-Marguerite FRYBA-REBER : Les prémices de la philologie romane à Genève à la lumière de l'échange épistolaire entre Eugène Ritter et Gaston Paris
Kevin GARCIA, Xenia KONING & Marigo QORAJ : Le réseau féminin de Gaston Paris. Essai de typologie
Patrizia GASPARINI : Gaston Paris et l'italianisme en France
Yan GREUB : Gaston Paris et les études occitanes
Patrick HENRIET : Le Pseudo-Turpin en partage. Gaston Paris et Reinhart Dozy
Bernhard HURCH : Modernité, philologie et linguistique. Gaston Paris et Hugo Schuchardt
Muriel JORGE : "Mon cher Maître" : Gaston Paris et ses élèves à travers sa correspondance
Melita LAJQI : La Genèse de l'édition du Merlin à travers la correspondance de Gaston Paris
Sadumi MARTÍ & Fabio ZINELLI : Les relations ibériques de Gaston Paris II. Thématiques philologiques : accords et désaccords
Nicolas MOREL : "Dans le royaume des aveugles, vous le savez…" : Schuchardt, Paris et l'Europe des philologues
Lauren MULHOLLAND : Gaston Paris et les philologues de Grande-Bretagne
Maria Ana RAMOS : Gaston Paris et José Leite de Vasconcellos. La chanson de Sainte Foi d'Agen
Pierre SWIGGERS : Gaston Paris et Michel Bréal
Richard TRACHSLER : Hermann Suchier. L'exception allemande
Marco VENEZIALE : Entre Vienne et Paris : Adolfo Mussafia, Gaston Paris et Paul Meyer


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Ursula BÄHLER
Ursula Bähler est Professeure de littérature française à l'université de Zurich. Ses recherches portent sur l'histoire de la philologie, notamment dans son rapport avec la société (philologie et nation, éthique de la philologie), ainsi que sur la littérature française du XIXe au XXIe siècle. Publications : Gaston Paris et la philologie romane (2004) [Prix Bordin de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2005] ; de nombreuses éditions de correspondances philologiques (Gaston Paris, Joseph Bédier, Karl Bartsch, Maria Johanna Minckwitz, Paul Meyer) ; des travaux sur Émile Zola, Anatole France, Maurice Barrès, Georges Rodenbach, Marie NDiaye, Pascale Kramer ; co-éditrice d'ouvrages sur la place de la littérature dans la société [À quoi bon l'enseignement de la littérature ? (2016), À quoi bon la littérature ? (2019)] ; directrice, depuis 2021, du projet PHILINGK, avec le Prof. Bernhard Hurch (Université de Graz), financé par le FNS (lead agency) et le FWF.
https://www.rose.uzh.ch/de/seminar/wersindwir/mitarbeitende/baehler.html

Irina MATTI
Irina Matti a toujours été passionnée par les langues et leur fonction communicative entre les cultures et les êtres humains. C'est ainsi tout naturellement qu'elle s'est dirigée vers des études de littérature et linguistique françaises et allemandes, puis vers l'enseignement de ces matières. Sa fascination pour d'autres cultures l'a ensuite amenée à entreprendre un séjour professionnel au Japon pendant 3 ans, dont elle est revenue au début de l'année 2021. Depuis, son intérêt scientifique l'a poussé à retrouver l'étude des sciences humaines et, depuis juillet 2021, elle fait partie du projet PHILINGK à l'université de Zurich.

Nicolas MOREL
Après une carrière commencée en tant qu'archiviste, Nicolas Morel a obtenu un doctorat en littérature française de l'université de Berne, avec une thèse consacrée à l'édition Beuchot des Œuvres de Voltaire (Georg, 2020). Entre histoire, histoire de la littérature et histoire du livre, cette thèse présente la figure d'un éditeur qualifié de savant, positiviste avant l'heure, et dont les choix façonnent le corpus de Voltaire pendant près de 150 ans. Il poursuit cette recherche autour des personnalités qui font les textes, d'abord lors d'un séjour de mobilité à Paris et à Lyon, ensuite autour de Gaston Paris, avec l'équipe PHILINGK, à l'université de Zurich.

Lauren MULHOLLAND : Gaston Paris et les philologues de Grande-Bretagne
La correspondance entre Gaston Paris et les philologues de Grande-Bretagne permet de poser un regard inédit sur le développement de la philologie romane en Angleterre, en Écosse et au Pays de Galles. Cette communication offre d'abord un aperçu du réseau de correspondants en Grande-Bretagne et des sujets de leurs lettres à Gaston Paris. Ensuite, la communication examine l'influence de Gaston Paris sur le développement de la philologie romane en Grande-Bretagne, avec une attention particulière accordée à son influence sur la nomination du personnel académique et à l'élaboration des programmes d'études.

Lauren Mulholland est chercheuse postdoctorale à l'université de Zurich. Elle fait partie de l'équipe PHILINGK et travaille à l'édition numérique de la correspondance entre Gaston Paris et Hugo Schuchardt. En 2019, elle a obtenu son doctorat en histoire médiévale, avec une thèse consacrée à la représentation de Jérusalem dans la littérature et la liturgie occitanes des XIIe et XIIIe siècles. En plus de ses recherches sur la culture dévotionnelle médiévale et la littérature vernaculaire, elle s'intéresse aux humanités numériques.


Emma BELKACEMI-MOLINIER : Le réseau montpelliérain dans la correspondance d'Anatole Boucherie et Gaston Paris
La correspondance de Gaston Paris avec l'un des membres fondateurs de la Revue des langues romanes (en 1870, c'est-à-dire deux ans avant la naissance de la Romania), figure majeure de la philologie méridionale jusqu'à sa mort en 1883, constitue le canal sous-terrain par lequel se poursuit, amical et ancré dans la vie quotidienne, le dialogue public noué par les épistoliers dans les deux grandes revues de philologie par comptes rendus interposés. La controverse y laisse la place au détail d'une vie scientifique qui a son rythme propre, prise dans le mouvement continu des publications. Les lettres d'Anatole Boucherie accompagnent les envois, demandes, et remerciements qui forment la matière principale de ces échanges, mais pas uniquement : elles esquissent les contours de deux milieux scientifiques hétérogènes, celui des savants parisiens et celui de la Société des langues romanes, mis "en réseaux" par une correspondance qui se fait la chronique des temps forts de la Société montpelliéraine.

Emma Belkacemi-Molinier prépare une thèse de doctorat depuis 2021 (Sorbonne Université – EPHE) en philologie romane, consacrée au cycle romanesque du Lancelot-Graal. Attentive aux enjeux épistémologiques de la discipline, elle s'intéresse aux discours et aux pratiques philologiques françaises et italiennes. Elle a notamment réalisé en 2022 une communication intitulée "La philologie comme discipline scientifique. Retour sur les échanges entre Paul Meyer et la rédaction de la Revue des langues romanes (1872–1882)".

Daron BURROWS : Autour de la correspondance de Gaston Paris et Paul Meyer
Pendant une trentaine d'années, Gaston Paris et Paul Meyer, co-fondateurs de la Romania, entretinrent une correspondance fascinante qui, à travers leur discussion de la gestion de cette revue novatrice, met en lumière de nombreux aspects scientifiques et humains du développement de la discipline. Un élément intéressant de cet échange concerne les études anglo-normandes, la littérature composée dans le "mauvais français d'Angleterre" attirant la curiosité philologique de Paris et incitant l'anglophile Meyer à visiter les grandes bibliothèques de Grande-Bretagne à la recherche de textes inédits. Cette communication examinera les lettres de ces deux philologues éminents pour faire ressortir leurs attitudes respectives envers les pratiques et les personnalités actives dans ce petit recoin insulaire de la philologie française.

Daron Burrows est Professor of Medieval French à St Peter's College, Oxford, et Hon. Secretary et Treasurer de l'Anglo-Norman Text Society. Ses recherches se concentrent sur l'ancien français, surtout la langue et la littérature anglo-normandes, l'édition critique et l'étude des manuscrits.

Miriam CABRÉ & Anna GUDAYOL : Les relations ibériques de Gaston Paris I. Les érudits catalans et leur place au sein des réseaux philologique
En 1872, Gaston Paris et Paul Meyer fondent la revue Romania, dont le but scientifique, tel qu'il est indiqué dans l'article rédigé par Paris qui inaugure la revue, est le "rapprochement perpétuel entre les langues et littératures des diverses nations qui composent la Romania". Dans cette perspective, le philologue va tisser des liens avec les universitaires et érudits de différentes zones linguistiques romanes. On essaiera de reconstruire le réseau des relations ibériques de Gaston Paris à partir de sa correspondance, en essayant d'identifier ses partenaires non seulement à partir de ce qui est écrit, mais aussi de leur trajectoire intellectuelle et de leurs travaux. Quelques figures se profilent en avant : les catalans Manuel Milà i Fontanals (1818-1884), maître incontesté des études de lettres dans l'Espagne du XIXe siècle, les érudits Joaquim Rubió i Ors (1818-1899) et Antoni Rubió i Lluch (1856-1937), en étroit rapport avec Marcelino Menéndez Pelayo (1856-1912).

Miriam Cabré est Professeur titulaire de Philologie Romane à l'université de Gérone et vice-présidente de l'Association Internationale d'Études Occitanes (AIEO), elle a obtenu en 2021 la distinction ICREA-Academia. Sa recherche est consacrée principalement à l'étude de la présence des troubadours dans la Couronne d'Aragon et à la transmission manuscrite de leurs œuvres, ainsi qu'à la réception de cet héritage parmi les érudits du XIXe-XXe siècles. Elle est éditrice scientifique de la revue Mot So Razo, directrice du projet TrobEu, et co-directrice de la base de données Cançoners DB.
narpan.net/membres/investigadors/miriamcabre.html

Anna Gudayol est Archiviste-paléographe (École des chartes, promotion 1992-1996), DEA en Philologie romane (1991) et maîtrise en bibliothéconomie par l'université de Barcelone (1986). Chef du Département des Manuscrits de la Bibliothèques de Catalogne (1999-), et professeur à la Faculté Antoni Gaudí (Université Catholique de Barcelona). Elle a publié une quarantaine de contributions sur l'études de l'histoire des manuscrits et des bibliothèques (bnc.academia.edu/gudayolanna).

Dumitru CHIHAI : La correspondance de Gaston Paris et l'origine de la langue roumaine
La présente communication, axée principalement sur la correspondance entre Gaston Paris et les linguistes les plus représentatifs de son époque, permettra de rappeler les débats qui ont marqué et nourri la question bien épineuse et encore d'actualité autour de l'origine de la langue roumaine. Tout aussi passionnante et débattue demeure la question de l'évolution de la langue roumaine dans sa dimension linguistique et historique, y compris son alphabet, ce qui fait d'elle la langue la plus fidèle et en même temps la plus infidèle à l'égard du latin (Bartoli).

Anne-Marguerite FRYBA-REBER : Les prémices de la philologie romane à Genève à la lumière de l'échange épistolaire entre Eugène Ritter et Gaston Paris
Couvrant une vingtaine d'années (la première lettre conservée datant de 1880 et la dernière de 1901), la correspondance entre Eugène Ritter (1836-1928) et Gaston Paris (1839-1903) comprend sept lettres signées Ritter et douze Gaston Paris. Le dialogue entre les deux savants aborde des sujets divers (requêtes pour autrui, échanges de publications, questions institutionnelles) et offre des renseignements significatifs sur le milieu académique genevois de la fin du XIXe siècle, étroitement lié aux institutions parisiennes et en particulier à l'École des hautes études. En témoigne notamment la leçon d'ouverture au cours d'Histoire de la langue française (1876) de Ritter qui souligne l'importance des savants parisiens en tant que médiateurs de l'héritage de Friedrich Diez. Le recoupement des réseaux bien connus de Gaston Paris et de celui, plus confidentiel, d'Eugène Ritter permettra par ailleurs d'éclairer la conception qu'on se faisait de la philologie romane à Genève bien avant son institutionnalisation en 1891.

Anne-Marguerite Fryba-Reber est professeur émérite de linguistique française à l'université de Berne. Ses recherches l'ont amenée à s'intéresser à la linguistique saussurienne (Albert Sechehaye et la syntaxe imaginative, 1994), puis à l'exploration du milieu intellectuel et institutionnel en Suisse dans le dernier tiers du XIXe siècle (Philologie et linguistique romanes. Institutionnalisation des disciplines dans les universités suisses (1872-1945), 2013).

Yan GREUB : Gaston Paris et les études occitanes
Dans la répartition des tâches entre Gaston Paris et Paul Meyer, les études occitanes étaient surtout de la responsabilité de Paul Meyer. Pour autant, Gaston Paris ne s'est pas tenu à l'écart de ce champ d'études ; il a aussi maintenu des rapports étroits avec les occitanistes. Sur la base de sa correspondance avec ceux-ci, nous entendons décrire ce qu'ont été ces rapports et quelle part a prise Gaston Paris dans les débats essentiels de l'occitanistique de son temps.

Yan Greub est chargé de recherche au CNRS et spécialiste de lexicologie, de philologie du français médiéval et de linguistique historique des langues galloromanes. Il dirige le Französisches Etymologisches Wörterbuch et le Glossaire des patois de la Suisse romande. Il est l'auteur de plusieurs contributions sur l'histoire de la philologie.

Muriel JORGE : "Mon cher Maître" : Gaston Paris et ses élèves à travers sa correspondance
La carrière de philologue de Gaston Paris se confond largement avec celle qu'il a menée en tant qu'enseignant. Ayant exercé au Collège de France et à l'EPHE durant trente-cinq ans, de 1868 à 1903, il a joué un rôle majeur dans la constitution de la philologie romane et de l'étude de la langue française, surtout médiévale, dans l'enseignement supérieur français. Les documents institutionnels afférents à son enseignement révèlent une grande diversité d'origines géographiques, institutionnelles et professionnelles parmi ces élèves : outre sa renommée, c'est l'enseignement même de Gaston Paris qui s'est diffusé au-delà du Quartier latin, de Paris et même de la France. Le réseau des élèves et celui des correspondants se recouvrant de manière significative, la communication présentera les résultats d'un premier travail exploratoire, fondé sur le recoupement des listes d'élèves de Gaston Paris à l'EPHE durant ses quinze premières années d'enseignement (1868-1883) et de sa correspondance.

Muriel Jorge est maîtresse de conférences en sciences du langage à Sorbonne Université et au sein du laboratoire Histoire des Théories Linguistiques (Université Paris Cité, UMR 7597). Ses recherches portent sur la disciplinarisation et la didactisation des savoirs linguistiques fin XIXe-début XXe siècle, qu'elle aborde d'un point de vue épistémologique et institutionnel. Elle a notamment travaillé sur les notes de cours de Gaston Paris, d'Arsène Darmesteter et de Ferdinand Brunot.

Melita LAJQI : La Genèse de l'édition du Merlin à travers la correspondance de Gaston Paris
En 1886, Gaston Paris et Jakob Ulrich (1856-1906), professeur de langues romanes à l'université de Zurich, publient pour la SATF une édition du Merlin accompagnée d'une Suite singulière, qui s'intègre, comme on le sait aujourd'hui, au cycle de la post-vulgate. Le manuscrit sur lequel se base leur édition appartenait à Alfred H. Huth (1850-1910) et il a fallu le concours de Paulin Paris pour reconnaître le caractère exceptionnel de ce document. Les circonstances entourant cette édition sont assez enchevêtrées et sont brièvement exposées dans l'introduction du premier tome. Outre Paulin Paris et les deux éditeurs, sont intervenus une Mrs Cooper, responsable d'une première transcription, le grand philologie anglais Frederick Furnivall (1825-1910) et les Huth, père et fils. Parmi la correspondance adressée à Gaston Paris se trouvent quelques lettres de Ulrich (BnF, naf. 24461), de Furnivall (BnF, naf. 24440) et d'Alfred Huth (BnF, naf. 24443) qui peuvent donc servir de point de départ pour apporter un peu de lumière sur les circonstances de l'édition et, partant, sur la philologie romane vers la fin du XIXe siècle.

Melita Lajqi est doctorante à l'niversité de Zurich. Sa thèse est consacrée à la Suite du Merlin, mais elle s'intéresse également à l'histoire de la discipline. Ainsi, elle a travaillé sur la correspondance de Heinrich Morf (1854-1921) et son implication dans la Königlich Preußische Phonographische Kommission pendant la Première Guerre mondiale et prépare l'édition d'un choix de lettres qui s'y rapportent.

Maria Ana RAMOS : Gaston Paris et José Leite de Vasconcellos. La chanson de Sainte Foi d'Agen
La correspondance entre Gaston Paris et José Leite de Vasconcellos a dû commencer avant la première carte postale connue. À Paris, à la BnF, le premier message de Leite de Vasconcellos date du 26 septembre 1887, mais, à Lisbonne, au MNA, se conserve déjà une carte postale, envoyée par G. Paris, le 20 novembre 1882, ce qui laisse supposer qu'une partie des documents échangée est dispersée, ou n'a pas subsisté. Dans une rencontre consacrée au dialogue — œuvre en réseau — il est très fascinant d'examiner les interlocutions épistolographiques entre Gaston Paris (1839-1903) et l'illustre maître portugais José Leite de Vasconcellos (1858-1941). Même si la correspondance savante, échangée entre les deux, n'est pas constituée par de nombreux écrits, elle nous permet d'entrevoir les préludes méthodologiques de la philologie et de la linguistique au Portugal. Par ailleurs, c'est à travers ces messages, qu'on peut retracer le parcours de l'importante redécouverte en 1901 du manuscrit du poème provençal du XIe siècle, la Chanson de Sainte Foi (Leiden, Universiteitsbibliotheek, Vossiani Latini, oct. 60), et, sous la médiation de G. Paris, de sa publication dans un essai écrit en portugais dans la Romania (Vasconcellos, J. Leite de, "Canção de Sancta Fides de Agen, texto provençal", Romania, 31, 1902, pp. 177-200).

Maria Ana Ramos est Professeure Titulaire Émérite (Université de Zürich - Romanisches Seminar) et directrice de la Cátedra Carlos de Oliveira (2012-2019). Diplômée de l'université classique de Lisbonne (Licence ès Lettres et Doctorat), s'est spécialisée en Philologie romane à Rome, "La Sapienza", et a obtenu le titre de Privadozentin à l'université de Zürich. Ses domaines de recherche portent sur la lyrique galégo-portugaise et sur la diffusion du récit bref dans la péninsule Ibérique. Actuellement, en collaboration avec Yara Frateschi Vieira, elle prépare l'édition de l'éloquente correspondance entre deux importantes philologues, Carolina Michaëlis et J. Leite de Vasconcellos.

Richard TRACHSLER : Hermann Suchier. L'exception allemande
Hermann Suchier (1848-1914) était à son époque considéré comme un des plus compétents philologues romanistes. C'est à lui que Gröber demanda de rédiger le chapitre sur "Die französische und provenzalische Sprache und ihre Mundarten" pour son monumental Grundriss der romanischen Philologie et les éditions de texte de Suchier, établies selon les règles de la phonétique historique alors toute jeune, étaient citées comme des modèles dans leur genre. Même Paul Meyer parlait de Suchier avec une certaine estime. Toute sa vie scientifique, Suchier a été en rapport avec Gaston Paris, de même, d'ailleurs, qu'avec Joseph Bédier, et ses relations avec les deux professeurs parisiens ont toujours été amicales indépendamment des tensions politiques ou académiques qui pouvaient peser sur les rapports franco-allemands. Parmi la correspondance adressée à Gaston Paris se trouvent un peu plus de quatre-vingts lettres de Suchier, qui s'étendent de 1876 à 1902 (Paris, BnF, naf. 24458). La présente communication proposera un premier inventaire sommaire et quelques coups de sonde dans cette correspondance largement inexploitée.

Richard Trachsler a enseigné la littérature française du Moyen Âge à l'université de Paris-Sorbonne et à l'université de Göttingen. Il est actuellement professeur de Littérature française et occitane à la l'université de Zurich. Ses recherches portent surtout sur la littérature narrative et aux problèmes d'édition liés à ce type de texte, ainsi que sur l'histoire de la discipline, sur laquelle il a publié plusieurs études. Il prépare actuellement l'édition de la correspondance entre Joseph Bédier et Hermann Suchier.

Marco VENEZIALE : Entre Vienne et Paris : Adolfo Mussafia, Gaston Paris et Paul Meyer
Dans notre intervention nous allons nous plonger dans la correspondance que G. Paris et P. Meyer entretenaient avec A. Mussafia, professeur de Philologie Romane à Vienne. Si les lettres de Mussafia à ses collègues parisiens sont bien conservées et consultable à la Bibliothèque nationale de France, les archives de Mussafia se retrouvent à Florence, dans la Biblioteca Umanistica de l'université, et n'ont jamais été cataloguées, puisque tout le fonds Mussafia a subi l'inondation de 1966. Grâce à un travail d'archive, il nous a cependant été possible de récupérer un certain nombre de ces lettres, qui témoignent de l'importance des rapports entre Vienne et Paris, à la fois scientifiquement et politiquement, pour le développement de la philologie romane en Europe : Mussafia a en effet été l'un des premiers collègues étrangers avec qui les parisiens rentrèrent en contact, au début des années 1860.

Marco Veneziale est chercheur à l'université de Zurich et il s'occupe de littérature arthurienne, d'hagiographie, mais aussi de poésie lyrique à la cour de François Ier. Il s'intéresse à l'histoire de la philologie romane, domaine auquel il a dédié plusieurs interventions.


BIBLIOGRAPHIE :

• Bähler, Ursula, 1999, Gaston Paris dreyfusard. Le savant dans la cité, Préface de Michel Zink, 2e tirage 2002, Paris, Éditions du CNRS.
• Bähler, Ursula, 2004, Gaston Paris et la philologie romane, Avec une réimpression de la Bibliographie des travaux de Gaston Paris publiée par Joseph Bédier et Mario Roques (1904), Genève, Droz.
• Bähler, Ursula, Corbellari, Alain, 2009, Gaston Paris-Joseph Bédier, correspondance, Coll. L'Europe des philologues, Firenze, Edizioni del Galluzzo.
• Bähler, Ursula, 2015a, Karl Bartsch - Gaston Paris, correspondance, entièrement revue et complétée par Ursula Bähler à partir de l'édition de Mario Roques, Firenze, Edizioni del Galluzzo.
• Ridoux, Charles, 2020, Paul Meyer - Gaston Paris, correspondance, édition avec la collaboration d'Ursula Bähler et d'Alain Corbellari, Firenze, Galluzzo.


SOUTIEN :

• Équipe PHILINGK | Université de Zurich (UZH) & Fonds national suisse (FNS)