Programme 2019 : un des colloques


TERRITOIRES SOLIDAIRES EN COMMUN :

CONTROVERSES À L'HORIZON DU TRANSLOCALISME


DU VENDREDI 12 JUILLET (19 H) AU VENDREDI 19 JUILLET (14 H) 2019

[ colloque de 7 jours ]



DIRECTION :

Elisabetta BUCOLO, Hervé DEFALVARD, Geneviève FONTAINE


ARGUMENT :

Nous sommes entrés dans "une sorte de nouvel âge des communs, celle de l'enracinement des communs dans la société, de leur extension à des domaines sans cesse élargis de la vie sociale et de leur pérennisation dans le temps", telle est l'une des conclusions du premier colloque de Cerisy (Vers une république des biens communs ?, Éditions Les Liens qui Libèrent, 2018). Après un deuxième colloque consacré en 2017 à L'alternative du commun, cette troisième rencontre vise à débattre des questions, peu abordées dans les précédentes éditions, des territoires solidaires en commun. Il questionnera notamment les manières dont les solidarités locales autour de diverses ressources (santé, logement, énergie, emploi, culture…) s'articulent aujourd'hui à des solidarités jouant à des échelles territoriales plus larges jusque et y compris mondiales.

Comment ces multiples réalités qui se développent dans les territoires, portées par l'économie sociale et solidaire, le mouvement du libre ou les mouvements sociaux, peuvent-elles ne pas se limiter à panser les plaies des crises écologiques, démocratiques et sociales ? À quelles conditions peuvent-elles, à l'inverse, faire système selon de multiples échelles autour d'un socle commun de nouvelles solidarités ?

Ce colloque propose de formuler ensemble une réponse en faisant l'hypothèse d'un translocalisme des communs. D'une part, elle considère que se déploient aujourd'hui sur les territoires des constructions sociales qui relient diverses échelles spatiales, voire temporelles : de l'ancrage local à un élargissement progressif des dimensions, jusqu'à atteindre, parfois, une configuration mondiale. D'autre part, elle suppose que ces constructions se font à travers plusieurs axes du translocalisme, comme l'écologique, le numérique ou encore le démocratique, donnant lieu à des universalismes locaux et non alignés.

À partir de conférences plénières introduisant ces axes du translocalisme, de tables rondes associant acteurs et chercheurs, de débats et de controverses mettant en tension les notions et les pratiques, l'objectif est de stimuler une intelligence collective des communs translocaux permettant de sortir de l'opposition actuelle entre mondialisme et localisme, qui nourrit le duo infernal du néolibéralisme et du populisme.

La rencontre s'ouvrira avec le Projet Poétique Planétaire avec lequel, depuis 2013, en plusieurs langues, des poèmes d'un lieu sont adressés par voie postale à des habitants d'autres territoires de France et du monde, faisant de la poésie une langue commune locale et universelle.


COMMUNICATIONS (suivies de débats) :

* Elisabetta BUCOLO, Hervé DEFALVARD & Geneviève FONTAINE : Introduction
* Isabelle DELANNOY : Économie symbiotique, territoires et communs
* Jean-François DRAPERI : Le temps des méso-républiques inter-coopératives
* Jean-Louis LAVILLE : Démocratie et solidarité
* Lionel MAUREL : Numérique et savoir commun

TABLES RONDES EN PARALLÈLE (suivies de débats) :

* TR1 : Ressources des territoires à révéler et partager, avec Barbara BLIN BARROIS, Philippe CHEMLA et Fatima MOSTEFAOUI
* TR2 : Territoires solidaires et emploi, avec Rachid CHERFAOUI, Daniel LE GUILLOU (L'emploi : du droit citoyen au bien commun du territoire) et Claude SICART
* TR3 : Énergie durable et territoires, avec Arnaud ASSIÉ, Michel CARRÉ et Michel DERDEVET
* TR4 : Systèmes alimentaires solidaires territorialisés, avec Gheorghe CIASCAI, Giuseppe LI ROSI (L'expérience du collectif Simenza dans la gestion de la biodiversité sicilienne) et Marc LOURDAUX (Le commun & les Singuliers. Démarche de structuration en écosystème des circuits courts agricoles en Provence Alpes Côte d'Azur)
* TR5 : Culture et commun dans les territoires, avec Laura AUFRÈRE, Luc de LARMINAT et Raphaël LHOMME (La revue Profession Spectacle comme ressource commune)
* TR6 : Grandes entreprises et territoires, avec Muriel BARNEOUD, Sylvain BAUDET et Eric LESUEUR (Innovation sociale et territoires)
* TR7 : Échelles territoriales de la santé en commun, avec Corinne BEBIN (Favoriser la coopération des acteurs d'un territoire pour améliorer les parcours de vie, une proposition originale : la SCIC "Solidarité Versailles Grand Age"), Eric BONNEAU et Hélène ZEITOUN
* TR8 : Habiter en commun les territoires, avec Emile BEUCHER, Joseph HAERINGER et Olivier LANDAIS
* TR9 : Friches en commun et territoires, avec Sylvie BARROS (Valorisation et redynamisation de la Vallée des usines à Thiers par l'économie sociale et solidaire), Benedetta CELATI (Friches "en commun" et régénération urbaine en Italie : une interaction complexe entre solidarités territoriales et régulation juridique) et Maïté JUAN
* TR10 : Éducation populaire : construire un monde commun, avec Ana DUBEUX (Éducation Populaire en commun : son rôle, ses défis) et Christophe GIROGUY (Les communs urbains)

DÉBATS PUBLICS :

* DP1 : Formes de solidarités et commun, avec Philippe EYNAUD et Stéphane VEYER
* DP2 : Regards croisés Nord-Sud : une épistémologie commune ?, avec Pedro HESPANHA et Stéphanie LEYRONAS (Sortir d'une relation Nord Sud à sens unique - l'aide au développement peut-elle se réinventer ?)
* DP3 : Valeurs et communs pour les territoires, avec Nicolas CHOCHOY
* DP4 : Pouvoirs publics et commun, avec Benjamin CORIAT et Silke HELFRICH
* DP5 : Émancipation et commun, avec Fanélie CARREY-CONTE et Melaine CERVERA (Possibilités d'auto-émancipation et changement institutionnel)
* DP6 : Monnaie et commun, avec Denis DUPRÉ (Rôle des monnaies dans le cadre d'une perspective d'effondrement de notre société thermo-industrielle. Récit de science-fiction) et Marie FARE
* DP7 : Critères de gestion et commun, avec Nicole ALIX (Quels critères pour élaborer des outils de gestion adaptés aux communs ?) et Denis DURAND (Prises de pouvoir locales sur l'économie et cohérence systémique)
* DP8 : Droit, commun et territoire, avec Daniela FESTA et Viviane HAMON (Le système de garantie participatif. Un commun intellectuel local comme alternative à la certification par tierce-partie)
* DP9 : Coopérative et commun pour quelles solidarités ?, avec Jean-Louis BANCEL et Noémie de GRENIER

MOMENTS CULTURELS :

* Lectures de poèmes "Territoires de Cerisy et solidarité", écrits par des agents de La Poste suite à un atelier d'écriture animé par Jacques JOUET et Virginie TAHAR

HORS LES MURS :

* Visite de deux acteurs de la solidarité et du marais du Cotentin (co-organisée avec le Conseil départemental de la Manche)


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Jean-François DRAPERI : Le temps des méso-républiques inter-coopératives
Une sociologie historique des économies alternatives nous enseigne que celles-ci ont été initiées tantôt par des travailleurs, tantôt par des consommateurs, tantôt par des États. Leurs projets se situent à l'échelle du groupement de personnes ou de l'entreprise (c'est l'utopie de micro-républiques de producteurs), à celle de l'œcoumène (c'est l'utopie de la macro-république de consommateurs), ou encore à celle des nations (c'est l'utopie des républiques de développement coopératif). En ce début de XXIe siècle, les propositions alternatives portent simultanément sur les conditions de production, d'échanges et de consommation. Elles se situent à l'échelle de territoires connectés, qu'elles coproduisent par le biais d'inter-coopérations, les unes internes à l'économie sociale et solidaire, les autres externes à celle-ci. Ces inter-coopérations définissent des méso-républiques inter-coopératives qui questionnent les principes historiques de la coopération et de l'économie sociale issus de Rochdale. Ces méso-républiques constituent des modèles qui se déclinent en divers types appréhendés comme des milieux, qu'on distingue essentiellement à partir des rapports qu'ils entretiennent avec l'économie dominante et avec les collectivités publiques. L'analyse de ces milieux permet de dessiner une géographie des économies alternatives.

Publications
Draperi J.-F., L'économie sociale et solidaire : une réponse à la crise ? Capitalisme, territoires et démocratie, Dunod, 2011.
Draperi J.-F., La république coopérative, Larcier, 2012.
Draperi J.-F. et Le Corroller C. (coord.), S'inspirer du succès des coopératives, Dunod, 2016.
Draperi J.-F., "Territoires", in CnCres, Atlas commenté de l'économie sociale et solidaire, Dalloz, 2017.
Draperi J.-F., Histoires d'économie sociale et solidaire, Les Petits Matins, 2017.
Draperi J.-F., Coopérer pour consommer autrement, Presses de l'économie sociale / FNCC, 2017.

Geneviève FONTAINE
Agrégée de Sciences Économiques et Sociales, Geneviève Fontaine est l'une des initiatrices du Pôle Territorial de Coopération Économique TETRIS (Transition Écologique Territoriale par la recherche et l'Innovation Sociale) basé à Grasse (France) où elle anime et coordonne le centre de recherche appliquée pluridisciplinaire qui structure ce PTCE. Doctorante de l'université de Marne-la-Vallée et chargée de mission de l'Institut Godin, ses recherches portent sur le croisement entre les analyses sur les communs et l'approche par les capabilités du développement durable.


TR1 : Ressources des territoires à révéler et partager, avec Barbara BLIN BARROIS (PTCE Ôkhra), Philippe CHEMLA (PTCE Tétris) et Fatima MOSTEFAOUI (Collectif Pas sans nous)
Les ressources des territoires susceptibles d'être gérées en commun ou de constituer un monde commun pour et par les habitants sont parfois invisibilisées, oubliées, voire vécues comme des handicaps. Comment les révéler ? Comment en faire un élément commun à partager sur le territoire et au-delà ?


TR 2 : Territoires solidaires et emploi, avec Rachid CHERFAOUI (Maison d'économie solidaire), Daniel LE GUILLOU (L'emploi : du droit citoyen au bien commun du territoire) et Claude SICART (Le PoleS)
L'emploi de qualité est, sur de nombreux territoires, une ressource menacée pour de nombreuses personnes qui en sont privées. Si la société civile s'est souvent mobilisée pour offrir des réponses à cette question sociale, avec l'IAE par exemple, quelles sont aujourd'hui les nouvelles perspectives qui sur les territoires concourent à faire de l'activité un commun pour tous ?

Daniel LE GUILLOU
Engagé dans le projet "Territoires zéro chômeur de longue durée" depuis 2015, Daniel Le Guillou est actuellement vice-président de l'entreprise à but d'emploi du territoire expérimental de Thiers (63) et chargé de la capitalisation au sein de l'association "Territoires zéro chômeur de longue durée".
Bibliographie
"Travailler et apprendre ensemble", Collectif, Éditions Quart Monde, 2010.
"L'entreprise réinventée", Desmedt Gérard, Éditions Quart Monde / Éditions de l'Atelier, 2012.
Présentation du projet TZCLD [en ligne].
"L'expérimentation Territoires zéro chômeur de longue durée : une opportunité pour renforcer l'État social ?", Le Guillou Daniel, Semenowicz Philippe, communication pour le colloque : "Quel modèle social pour le XXIe siècle ?", juin 2017.
"Un emploi, c'est mon droit", Soulé Véronique, Éditions Quart Monde, 2018.
"Zéro chômeur, dix territoires relèvent le défi", Goubert Didier, Hédon Claire, Le Guillou Daniel, Éditions de l'Atelier, à paraître (avril 2019).


TR3 : Énergie durable et territoires, avec Arnaud ASSIÉ (Cirad), Michel CARRÉ (Energies citoyennnes en Pays de Vilaine) et Michel DERDEVET (Enedis)
Symbole des liens entre le global et le local, les modes de production, de distribution, de répartition et d'utilisation de l'énergie touchent aux enjeux économiques, environnementaux, démocratiques et sociaux auxquels nous devons collectivement faire face. Autonomie, souveraineté, organisation citoyenne de l'énergie sur les territoires, quel rôle pour les communs ?


TR4 : Systèmes alimentaires solidaires territorialisés, avec Gheorghe CIASCAI, Giuseppe LI ROSI (Échanges Paysans - L'expérience du collectif Simenza dans la gestion de la biodiversité sicilienne) et Marc LOURDAUX (Collectif Simenza - Le commun & les Singuliers. Démarche de structuration en écosystème des circuits courts agricoles en Provence Alpes Côte d'Azur)
Face à l'agriculture intensive et au système de la Grande distribution, de plus en plus d'acteurs sur les territoires s'organisent pour reconstruire une autre économie : consommateurs citoyens des Amap, agriculteurs et militants des semences reproductibles et même grandes entreprises, font émerger des systèmes alimentaires solidaires territorialisés : à travers quels combats, quelles difficultés ? En s'appuyant sur quels liens entre le local et le plus global ?

Gheorghe CIASCAI
Gheorghe Ciascai a deux maîtrises en philosophie et en sciences politiques à l'université "Babes-Bolyai" de Cluj-Napoca, un diplôme conjoint en droit européen d'affaires à l'université Paris I Sorbonne et à l'université de Bucarest et il a obtenu le titre de docteur en philosophie à l'université "Babes-Bolyai" de Cluj-Napoca. Depuis 2010, il est maître de conférences à la Faculté de Sciences Politiques (Faculté de Sciences de la Communication depuis octobre 2018) de l'université chrétienne "Dimitrie Cantemir" de Bucarest où il a été le directeur du programme de master Économie sociale entre 2011 et 2013. Domaines d'intérêt : relations internationales, études européennes, communication et relations publiques internationales, économie sociale, philosophie des sciences sociales. Entre 2014 et 2016, il a participé aux projets de création d'entreprises sociales en Roumanie financées par le Fonds Sociale Européen. Dans le domaine de l'économie sociale il a publié l'article "La mise en valeur des friches industrielles : un projet roumain d'entreprise sociale à Vad dans le cadre d'un programme de l'Union européenne" dans Cahier de recherche Chaire ESS - UPEM, numéro spécial (2016).


TR5 : Culture et commun dans les territoires, avec Laura AUFRÈRE (Univ. Paris 13), Luc de LARMINAT (Opale) et Raphaël LHOMME (La revue Profession Spectacle comme ressource commune)
Les communs culturels, les initiatives solidaires, les pratiques alternatives, œuvrent pour une réappropriation et une reconnaissance des droits culturels face à la standardisation et la marchandisation de la culture. Comment ces pratiques se construisent et émergent-elles ? Comment impactent-elles la conception élitiste et dominante de la culture dite légitime ? Quelles formes d’émancipation sont possibles ?

Raphaël LHOMME
Raphaël Lhomme est actuellement professeur de Sciences économiques et sociales (SES) au lycée Raoul Follereau de Belfort, en Franche-Comté. Il est par ailleurs référent pour l'Économie sociale et solidaire (ESS) et les droits culturels au sein de la revue culturelle en ligne Profession Spectacle. Il a d'ailleurs rédigé pour cette dernière une série d'articles sur les relations entre ESS, droits culturels et approche par les capabilités.


TR6 : Grandes entreprises et territoires, avec Muriel BARNEOUD (La Poste), Sylvain BAUDET (La Banque des territoires) et Eric LESUEUR (Innovation sociale et territoires)
À travers l'économie circulaire, les circuits-courts ou l'économie sociale et solidaire, les territoires deviennent de plus en plus l'objet de gouvernance territoriale. Comment les grandes entreprises se positionnent-elles dans cette évolution ? De quels liens entre les échelles de territoires sont-elles porteuses et pour quel partage de la valeur ?

Eric LESUEUR
Eric Lesueur est le Président exécutif de 2EI, filiale du groupe VEOLIA dédiée à l'innovation et au conseil sur les services urbains pour les villes et territoires durables notamment dans le domaine de l'innovation sociale. Eric Lesueur est en particulier le Managing Director de Grameen Veolia Water, social business pour l'eau potable au Bangladesh, en partenariat avec Mohamed Yunus. 2EI a également développé POP Up, un réseau international d'incubateurs d'entreprenariat social autour des activités de VEOLIA. Diplômé de l'École Polytechnique, Eric Lesueur a rejoint VEOLIA en 1993 où il a occupé plusieurs responsabilités, comme Directeur Environnement ou Directeur Adjoint de la R&D, avant de créer 2EI en 2008.


TR7 : Échelles territoriales de la santé en commun, avec Corinne BEBIN (Favoriser la coopération des acteurs d'un territoire pour améliorer les parcours de vie, une proposition originale : la SCIC "Solidarité Versailles Grand Age"), Eric BONNEAU (SCIC Ecoreso) et Hélène ZEITOUN (Institut Renaudot)
À l'instar de la santé communautaire, des collectifs, des associations, des mutuelles et des coopératives proposent à leurs publics (personnes âgées, publics fragiles, porteurs d'handicaps, …) des formes d'accompagnement et de participation innovantes. Il s'agit de réfléchir en commun pour l'amélioration de leur santé et de leur qualité de vie. Jusqu'à quel point est-il possible de soutenir ces processus dans le contexte très réglementé de la santé ? Quelles marges de manœuvre sont possibles pour la prise en compte des besoins exprimés collectivement ?

Corinne BEBIN
Corinne Bebin est diplômée de l'IEP Paris et de l'INSHEA. Maire Adjoint déléguée aux affaires sociales et à la Santé de la Ville de Versailles. Vice-présidente du CCAS. Présidente de la Société Coopérative d'Intérêt Collectif (SCIC) Solidarité Versailles Grand Age. Élue locale depuis 10 ans, l'expérience de l'accompagnement de la vulnérabilité enrichit quotidiennement ses réflexions éthiques sur l'action politique. Présidente de la Commission spécialisée Médico-Sociale - CRSA - ARS Ile de France.


TR8 : Habiter en commun les territoires, avec Emile BEUCHER (Hamosphère), Joseph HAERINGER (Habitat et Humanisme) et Olivier LANDAIS (Enerterre)
Favoriser l'accès de tous à un logement digne et abordable est l'un des principes défendus dans la loi Alur. Mais cela doit s'accompagner de la participation des habitants à la définition, la conception, voire la réhabilitation de leur logement. Habiter en commun implique donc une pensée nouvelle sur les lieux et les liens à tisser pour habiter autrement la ville comme la campagne. Quels projets communs sont aujourd'hui possibles ? Quelles modalités de mise en œuvre pour une réelle participation des habitants ? À quelles nouvelles reconfigurations territoriales cela donne lieu ?


TR9 : Friches en commun et territoires, avec Sylvie BARROS (Mairie de Thiers - Valorisation et redynamisation de la Vallée des usines à Thiers par l'économie sociale et solidaire), Benedetta CELATI (Friches "en commun" et régénération urbaine en Italie : une interaction complexe entre solidarités territoriales et régulation juridique) et Maïté JUAN (Post-doctorante CNRS)
Quarante ans de désindustrialisation et de réduction des services publics ont produit de nombreux territoires abandonnés, marqués par la poussée de friches de toute sorte. Comment celles-ci ont-elles été réinvesties par des acteurs du territoire selon une logique des communs ? À quelles difficultés ces acteurs sont-ils confrontés, quelles solutions innovantes inventent-ils ?

Benedetta CELATI
Benedetta Celati, docteure en droit public de l'économie à l'université de Pise et en sciences économiques à l'université Paris-Est, est actuellement post-doctorante en droit de l'économie à l'université de Pise sur la thématique des politiques publiques et des instruments juridiques pour la valorisation socio-économique des territoires, également dans la perspective de la régénération urbaine. Pour sa recherche doctorale elle a abordé le sujet des dynamiques socio-économiques locales et de leur interaction avec le droit, en étudiant, sous le prisme de l'économie sociale et solidaire comme vecteur de transformation sociale, des communautés énergétiques durables et des monnaies alternatives.
Publications
Celati, B. (2016), "Economia sociale e dinamiche istituzionali", Rivista del Gruppo di Pisa, 3, 1-18.
Celati, B. (2016), "Les communautés énergétiques durables : un modèle social fondé sur le commun et la subsidiarité", in Communs et transformations sociales : Expériences européennes sous un regard pluriel, Acte du Workshop international, 16 mai 2016, Université Paris Est Marne-la-Vallée, Cahier de recherche Chaire Ess-Upem, Numéro spécial 2016, 104-13.
Celati, B. (2017), "Le monete alternative nel modello dell'amministrazione condivisa", Labsus, Laboratorio per la Sussidiarietà, 1-4.
Celati, B. (2017), "Coconstruction des politiques publiques en Italie", Jurisassociations, Dossier ESS/Pouvoirs publics, 554, 31-32.
Celati, B. (2018), "La rigenerazione dei siti industriali dismessi: diritto e tecnica", Labus, Laboratorio per la sussidiarietà, 1-2.
Celati, B. (2018), "Le monete locali come strumenti giuridici per l’attuazione del principio di democraticità", Rivista Trimestrale di Diritto dell'Economia, 3, 349-390.


TR10 : Éducation populaire : construire un monde commun, avec Ana DUBEUX (Éducation Populaire en commun : son rôle, ses défis) et Christophe GIROGUY (Les communs urbains)
Sans monde commun, il est difficile de faire société. L'éducation pour et par tous au service de l'émancipation individuelle et collective est-elle une ressource pour construire un monde commun local et planétaire ? Quels liens peut-on tisser entre éducation populaire, commoning et communs pour faire société en évitant les dangers du localisme ?

Ana DUBEUX
Ana Dubeux, docteur en sociologie, diplômée de l'université de Paris I, est actuellement professeur du Département de Sciences de l'Éducation à l'université Fédérale Rurale de Pernambouc au Brésil, membre du Centre de Recherche en Agroécologie et Paysannerie et de l'Incubateur Technologique de Coopératives Populaires de cette université. Travaillant toujours dans la perspective de la recherche-action avec des mouvements sociaux liés à l'agroécologie et à l'économie solidaire, ses recherches lient ces thématiques à la quête d'un nouveau sens au processus de construction de connaissances et de la science à partir de la perspective des épistémologies du sud et des communs.
Publications
Dubeux A., "Extensao universitaria no Brasil : democratizando o saber da universidade na perspectiva do desenvolvimento territorial", Sinergias - Dialogos educativos para a transformação social, v. 6, p. 9-24, 2018.
Dubeux A., Batista M. P., "Agroecologia e Economia Solidária : um diálogo necessário à consolidação do direito à soberania e segurança alimentar e nutricional", Redes (Santa Cruz do Sul. Online), v. 22, p. 227-249, 2017.
Medeiros A., Vilaca M., Nunes Da Silva J., Dubeux A. (Org.), Economia Solidaria, educação popular e pedagogia da autogestão - reaprendendo a aprender pelas veredas da descolonização do saber no nordeste, 1a. ed. Recife : MXM Grafica e editora, 2018, 146 p.
Dubeux A., Brito H. D. (Org.), Educação em Economia Solidaria e autogestão, 1a. ed. Recife : MXM Grafica e editora, 2018, 95 p.
Dubeux A., Medeiros A., Aguiar M. V. A. (Org.), Agroecologia na convivência com o semiarido : Sistematização de experiências vividas, sentidas e aprendidas, 1a. ed. Recife : Editora dos Organizadores, 2015, v. 1, 181 p.
Dubeux A., Medeiros A., Vilaca M., Santos S. (Org.), A construção do Conhecimento em Economia Solidaria. Sistematização de Experiências no Chão do Trabalho e da Vida no Nordeste, 1a. ed. Recife : F&A Grafica e Editora Ltda, 2012, v. 1, 288 p.
Dubeux A., "Technological incubators of Solidarity economy initiatives : a methodology for promoting social innovation in Brazil", in Moulaert F., MacCallum D., Mehmood A., Hamdouch A. (Org.), The International Handbook in Social Innovatio Social innovation : Collective action, Social learning and Transdisciplinary research, 1aed. Cheltenham : Edwrd Elgar Publishing, 2012, p. 299-307.

Christophe GIROGUY
Formé au Théâtre de l'Opprimé (cf. Augusto Boal) en 1996, puis à l'économie alternative et solidaire en 2007, Christophe Giroguy se reconnaît dans l'éducation populaire politique au sens citoyen du terme. Avec l'association La ManuFabriK, il ancre ses activités (ouverture de Tiers-espaces et organisation de groupes) dans le quartier populaire de l'Ariane à Nice avec des liens de coopération en régions et au national (Laboratoire du LISRA – Laboratoire d'Innovation Sociale par la Recherche-Action).


DP1 : Formes de solidarités et commun, avec Philippe EYNAUD (IAE-Paris) et Stéphane VEYER (Coop des communs)
Les articulations possibles entre économie sociale et solidaire et communs sont évidentes à la fois dans le débat théorique comme dans les pratiques. L'ESS comme les communs proposent un dépassement par rapport à une lecture dichotomique de la société fondée uniquement sur l'État et le marché. Or, plusieurs questions restent ouvertes. Les contextes de mobilisation et d'émergence comme les enjeux de régulation, d'opposition, voire de revendication auprès des pouvoirs publics, impliquent diversement les acteurs. Quels sont les enjeux de reconnaissance comme d'opposition qui traversent les débats ? Quels dépassements et quelles synergies sont possibles ?


DP2 : Regards croisés Nord-Sud : une épistémologie commune ?, avec Pedro HESPANHA (Univ de Coimbra) et Stéphanie LEYRONAS (AFD - Sortir d'une relation Nord Sud à sens unique - l'aide au développement peut-elle se réinventer?)
Une ligne imaginaire, qui n'est pas uniquement géographique, divise le monde en deux. Dans ce partage, les réalités des Sud ont été tellement disqualifiées qu'elles disparaissent et deviennent invisibles ou inintelligibles. Comment la perspective des communs nous permet-elle de dépasser les distinctions, visibles et invisibles, qui divisent le monde en deux ? Est-t-il possible, dans une perspective renversée, de trouver dans ces réalités des matrices d'action qui peuvent éclairer et servir d'exemple dans les Nords du monde ?


DP3 : Valeurs et communs pour les territoires, avec Nicolas CHOCHOY (Institut Godin)
Le commun est intimement lié à ce que nous avons des raisons de valoriser et, ce faisant, il nous amène à questionner les représentations de la valeur. Quels liens entre valeurs au sens sociologique du terme et commun ? Comment les communs peuvent-ils échapper au localisme des valeurs ? Si la valeur économique n'est ni attachée aux biens, ni aux personnes comme dans les théories classiques en économie, mais est une construction sociale, alors les communs semblent en redistribuer les cartes. Comment la représentation économique de la valeur s'en trouve-t-elle bousculée ? Le commun ne nécessite-t-il pas également de modifier notre représentation du temps ?


DP4 : Pouvoirs publics et commun, avec Benjamin CORIAT (Coop des communs) et Silke HELFRICH
Le mouvement des communs, dans une perspective de société des communs, interroge aussi la place, le rôle et la posture des pouvoirs publics vis-à-vis des communs. Des collectivités locales aux pouvoirs supranationaux en passant par l'État, les pouvoirs publics doivent-ils et peuvent-ils être des facilitateurs ou des co-producteurs des communs ? Quelles représentations de l'organisation démocratique et des pouvoirs publics véhiculent les communs et la pratique des communs ?


DP5 : Émancipation et commun, avec Fanélie CARREY-CONTE (Coop des communs) et Melaine CERVERA (Possibilités d'auto-émancipation et changement institutionnel)
La perspective des communs pose la question de la préservation et du partage égalitaire mais sous-tend également celle de la transformation et de la capacité d'agir de collectifs. Quel horizon émancipateur les communs mobilisent-ils ? Quelles stratégies de réappropriation et de revendication sont possibles dans la perspective des communs ? Quels processus d’émancipation se mettent en œuvre par des expérimentations sociales et économiques ?

Melaine CERVERA
Melaine Cervera, docteur en sciences économiques, maître de conférences en sociologie à l'université de Lorraine et co-fondateur de l'association de promotion des expérimentations sociales (APEX), étudie la co-construction de l'action publique entre les pouvoirs publics et les associations en termes d'accompagnement des publics fragiles. Les dynamiques d’économie solidaire et des communs sur les territoires constituent pour lui un terrain d'étude privilégié pour repenser les analyses de la solidarité et de l'autonomie.


DP6 : Monnaie et commun, avec Denis DUPRÉ (Rôle des monnaies dans le cadre d'une perspective d'effondrement de notre société thermo-industrielle. Récit de science-fiction) et Marie FARE (Lyon 2)
Dans la perspective autant anthropologique qu'économique de la monnaie comme lien social, celle-ci ne peut échapper à sa relecture à l'aune du mouvement des communs. Dans cette réflexion, deux entrées questionnant le monopole étatique sur la monnaie semblent possibles : l'échelle du monde avec les cryptomonnaies et l'échelle locale avec les monnaies complémentaires. Quelle place pour les communs dans ces réinventions ? Ces deux entrées s'opposent-elles ou se rejoignent-elles à l'aune des communs ?

Denis DUPRÉ
Après avoir passé 15 ans dans divers organismes bancaires, Denis Dupré enseigne l'éthique, la finance et l'écologie territoriale depuis 20 ans à l'université Grenoble-Alpes et à l'ENSIMAG (Institut national polytechnique de Grenoble). Il a écrit une dizaine de livres sur l'éthique, la finance et la monnaie disponible [souvent en version gratuite]. Denis Dupré alerte, depuis 1998, sur les risques de démesure de notre système financier et sur la puissance exponentielle de l'économie nuisible. Il a proposé des actions collectives pour remettre la finance à sa place en vue d'élaborer une économie au service des projets d'autonomie des hommes et a participé à quelques initiatives pour réformer la finance (Finance et biens communs à Genève, Finance And Sustainability en France, Stopevasionfiscale).


DP7 : Critères de gestion et commun, avec Nicole ALIX (Quels critères pour élaborer des outils de gestion adaptés aux communs ?) et Denis DURAND (Prises de pouvoir locales sur l'économie et cohérence systémique)
Notre "monde commun" est largement façonné par les outils de gestion. Le régime dominant de la valeur pour l'actionnaire est orienté par ses critères financiers (le ROI ou le ROA) qui se déclinent en critères de gestion faisant l'objet de multiples reportings, dessine ainsi notre monde actuel. L'économie sociale et solidaire n'est pas exempte de cette évolution avec, par exemple, les contrats à impact social (les social impact bonds). Une économie en commun appelle non seulement une critique de ces critères de gestion mais aussi et peut-être surtout la mise en place de nouveaux critères.

Nicole ALIX
Nicole Alix est présidente de La Coop des Communs, pour construire des alliances entre économie sociale et solidaire et les communs. HEC 74, elle a travaillé 15 ans au Crédit Coopératif dont elle a été la directrice du développement et 25 ans dans le monde associatif de l'action sociale et la santé (DGA de l'UNIOPSS, créatrice du "Comité de la Charte pour le don en confiance", DG du groupe de Maisons de retraite Isatis).

Denis DURAND
Denis Durand, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris et de l'université Paris I, a été directeur adjoint à la Banque de France où il a également exercé des responsabilités syndicales. Il a été membre du Conseil économique et social puis du Conseil économique, social et environnemental. Il est actuellement codirecteur de la revue Économie et politique.
Publications
Un autre crédit est possible !, Le Temps des CeRises, Paris, 2005.
En collaboration avec Frédéric Boccara et Yves Dimicoli, Pour une autre Europe, Le Temps des CeRises, Paris, 2014.
Financer l'expansion des services publics en Europe, Note de la fondation Gabriel-Péri, Paris, 2016.
Sept leviers pour prendre le pouvoir sur l'argent, Éditions du Croquant, Paris, 2017.


DP8 : Droit, commun et territoire, avec Daniela FESTA et Viviane HAMON (Le système de garantie participatif. Un commun intellectuel local comme alternative à la certification par tierce-partie)
Le droit constitue un élément essentiel du contexte plus ou moins favorable au développement des communs et à leur interconnexion. Les communs quant à eux produisent des règles dans cet environnement institutionnel mais peuvent-ils contribuer à le transformer ? Comment penser le rôle du droit dans ce mouvement de transformation sociale ? Existe-t-il dans les différentes approches et traditions juriques des pistes pour un rôle du droit dans le translocalisme des communs ?


DP9 : Coopérative et commun pour quelles solidarités ?, avec Jean-Louis BANCEL (Crédit coopératif) et Noémie de GRENIER (Coopaname et Manucoop)
Au XIXe siècle, avant le cloisonnement juridique, la coopérative est à la fois association, coopération et mutualisation autour d'un intérêt commun. Après un siècle de fragmentations juridiques, le retour des communs ouvre un débat sur l'identité des coopératives que vient alimenter les nouveaux statuts de SCIC ou de CAE. Selon les différents points de vue, comment les finalités, les frontières et les échelles de la coopérative sont-elles reconfigurées ?


BULLETIN D'INSCRIPTION


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Précisions à nous communiquer pour l'agrément de votre séjour :
[par exemple : grande taille (plus de 1,80 m), problèmes de mobilité, partage d'une chambre ou voisinage de chambres, inscription groupée, régime médicalement surveillé, ...]
Ces renseignements sont utiles à la répartition des chambres. Le logement est assuré au château de Cerisy et ses dépendances, en chambres doubles ou individuelles. En cas de grande affluence, les inscrits tardifs se logeront aux alentours.