Programme 2019 : un des colloques


LES SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES

EN RECHERCHE TECHNOLOGIQUE


DU MERCREDI 5 JUIN (19 H) AU MERCREDI 12 JUIN (14 H) 2019
[ colloque de 7 jours ]



DIRECTION :

Charles LENAY, Pascal SALEMBIER, Loic SAUVÉE, Mathieu TRICLOT


ARGUMENT :

L'idée d'une recherche technologique en sciences humaines et sociales peut apparaître comme un paradoxe, tant elle prend à rebours les partages institués entre comprendre et faire, sciences humaines et sciences pour l'ingénieur, savoirs fondamentaux et applications... Alors que le faire technique devrait être une question centrale pour les sciences humaines, la rencontre prend souvent la forme décevante d'une opposition ou d'une instrumentalisation. Opposition, lorsque les techniques sont considérées comme de simples moyens, par différence avec la culture, seule source de sens. Instrumentalisation, lorsque les sciences humaines sont convoquées comme vecteur d'acceptabilité. Mais, à front renversé, ce sont aussi les sciences humaines qui s'emparent des techniques comme des instruments supposés neutres quant à leur propre questionnement.

Le mot d'ordre d'une recherche technologique a réémergé récemment au sein des universités de technologie. De cette "expérimentation" résulte aujourd'hui une diversité de pratiques : elle peut désigner l'ambition d'une techno-logie, prenant les techniques comme terrain d'études, mais elle peut aussi conduire, à rebours, à des formes d'instrumentation technique originales des disciplines des sciences humaines et sociales sur le mode d'un "faire pour comprendre", ou encore s'inscrire dans des démarches de co-conception embarquées sur des projets technologiques. Le groupement d'intérêt scientifique "Unité des Technologies et des Sciences de l'Homme", regroupant les chercheurs des universités de technologie et de l'école d'agronomie UniLassalle, a nourri la réflexivité sur ces pratiques. L'enjeu de ce colloque consiste à confronter les travaux, menés sur des terrains particuliers — agronomie, design, soin, humanités du numérique, transport —, avec d'autres modes d'intervention des sciences humaines dans les processus d'innovation, de façon à relever le défi du caractère constituant des techniques pour nos sociétés, nos savoirs, nos formes d'expérience.


COMMUNICATIONS, TABLES RONDES & ATELIERS (suivies de débats) :

CONCEPTION
* Charles LENAY : Introduction : Enjeux d'une recherche technologique en SHS
* Conception et design, table ronde animée par Pascal SALEMBIER & Matthieu TIXIER, avec David BIHANIC (Faire route sous l'horizon), Emeline EUDES & Véronique MAIRE (La fabrique à écosystèmes), Anne GUÉNAND (Le design en Université de Technologie), Nicolas NOVA (Ethnographie et design spéculatif) et Jacques THEUREAU (La construction d’un programme de recherche technologique en relation organique avec des recherches en sciences humaines et sociales)
* Technologie du Care, table ronde animée par Xavier GUCHET, avec Gaël GILLOUX (La recherche au Care Design Lab) et Jean-Philippe PIERRON (Éthique du soin)
* Véhicule autonome, atelier animé par Nathalie KROICHVILI

TECHNO-LOGIES
* Histoire des techniques, table ronde animée par Timothée DELDICQUE & Sacha LOEVE, avec Pascal BRIOIST (Réseaux et pratiques techniques à la Renaissance), Lilianne HILAIRE-PEREZ (Histoire des savoirs techniques), Delphine SPICQ (L'Histoire des techniques en Chine dans l'histoire des techniques) et Catherine VERNA (Les savoirs techniques au Moyen Âge)
* Promesses technologiques, table ronde animée par Guillaume CARNINO, avec François JARRIGE (Quelle histoire des critiques des promesses technologiques ?), Arnaud SAINT-MARTIN (Le New Space) et Aurore STEPHANT (Les promesses de l'extraction minière du futur)
* Agrotechniques, table ronde animée par Michel DUBOIS & Loïc SAUVÉE, avec Georges GUILLE-ESCURET (Les paroles s'envolent et les techniques restent : une source d'instabilité des sciences sociales dans l'interdisciplinarité), José HALLOY (Contraintes de l'anthropocène : des technologies mortes aux technologies vivantes), Séverine LAGNEAUX (Penser l'inter-relation humain - animal - machine) et Rémi LAURENT (Le projet "Champs d'innovation" : organiser le transfert et l'adoption des solutions innovantes pour l'agriculture)
* Humanités-Numérique-Patrimoine, table ronde animée par Marina GASNIER, avec Alexandre DURUPT (Le concept de jumeau numérique), Florent LAROCHE (Le numérique comme outil pour comprendre notre histoire : pour une nécessaire interdisciplinarité), Sylvain LAUBE (Le projet Lab In Virtuo : des EVIRS (Environnements Virtuels Intelligents Réalistes Sensoriels) pour l'histoire et le patrimoine des paysages culturels industriels) et Sébastien REMY (Numérisation 3D et conception mécanique)

CONSTITUTIVITÉ TECHNIQUE
Animation : Victor PETIT & Pierre STEINER
* Anthropologie, avec Ludovic COUPAYE : Anthropologie des techniques
* Cognition, avec Lambros MALAFOURIS : How things shape the mind ?
* Société, avec Andrew FEENBERG : Démocratiser la technologie

SOIRÉES :

* Gaëlle GARIBALDI: Expérimenter le design minimaliste avec Tactos
* Brice ROY : Game design
* Bernard STIEGLER: La recherche technologique à l'IRI

HORS LES MURS :

* Visite de la ferme expérimentale de La Blanche Maison, animée par Michel DUBOIS et Loïc SAUVÉE
* Visite du site Fonderie de cloches Cornille-Havard à Villedieu-les-Poêles, animée par Marina GASNIER et Yannick LECHERBONNIER


RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

David BIHANIC : Faire route sous l'horizon
Henri Maldiney considère dans "Vers quelle phénoménologie de l'art ?" que tout ce qui se révèlera essentiel, c'est-à-dire chargé de significations et de facto empli d'intérêts, de valeurs (et plus encore) pour nous, procèdera d'une certaine relève, d'une découverte située non au cœur mais plutôt en périphérie (voire dans le "débordement") d'un projet : "(…) le monde [écrivait-il] est le lieu d'un décès où tout acquiert sens d'être sous l'horizon d'un projet"; en irait-il là de ce qui échappe et "ne se produit pas à l'horizon d'une visée ou d'un projet" mais bien plutôt en-deça et non au-delà ni par-delà les lointains que traçerait ce dernier, comme à l'écart, à distance de son dessein. En d'autres mots, pour Maldiney, cela reviendrait à signaler que, si du projet existe — celui-ci pouvant, par ailleurs, s'avérer utile —, il ne doit s'en trouver pour autant réduit à son seul "point" de destination, mais davantage considéré au travers de la trajectoire qu'il ouvre (du projet au trajet), des divers chemins ou passages qu'il ménage — s'y logeraient de vastes champs d'opportunités n'attendant qu'à être décelées. À bien y regarder, ce que le philosophe nous livre ici a rapport d'assez près avec ce que le design, aujourd'hui résolument engagé en Recherche, tente de faire, de penser. En effet, si le Projet, entendu comme démarche, lui aura convenu longtemps (et non tout à fait depuis ses débuts), le design se risque dès lors de s'en défaire, ou à tout au moins de s'en éloigner un peu, un temps, faisant route sous l'horizon de ce qu'il continuera, par ailleurs, à projeter. Dans le cadre de cette communication, je reviendrai sur les questions et enjeux que recouvre la manière particulière qu'a le design de s'avancer, de se conduire en Recherche.

Georges GUILLE-ESCURET : Les paroles s'envolent et les techniques restent : une source d'instabilité des sciences sociales dans l'interdisciplinarité
Les techniques représentent avec le langage et le substrat biologique l'une des trois entrées principales dans les faits humains, y compris au niveau de la société. Hélas, depuis le milieu du XIXe siècle, l'antagonisme idéologique qui hante les sciences sociales entre le réductionnisme biologique et la puissance de la faculté symbolique, a systématiquement marginalisé et amoindri le rôle intrinsèque des techniques dans l'organisation des modes de vie humains. Le fait est que, sans le rétablissement complet de cette catégorie de faits au premier plan des discussions, l'interdisciplinarité incorpore une instabilité désastreuse dès qu'elle implique l'action des données sociologiques dans ses recherches. On peut d'ailleurs inverser la formulation : le rééquilibrage de l'interdisciplinarité, grâce à une prise en compte complète des rapports techniques, constitue sans doute le meilleur moyen de délivrer l'anthropologie des obsessions que l'évolutionnisme infiltre encore et toujours dans nos problématiques.

Charles LENAY : Introduction : Enjeux d'une recherche technologique en SHS
Il s'agira de montrer l'urgence, l'ambition et en même temps la nécessaire humilité, d'une recherche sur le fait et le faire technique. En effet, si les outils et systèmes techniques sont bien constituants de notre humanité — de nos façons d'agir, de percevoir, de penser, d'interagir et de former des collectifs — alors il est urgent de comprendre ce qui nous arrive avec les grandes mutations technologiques actuelles, numériques, systémiques et écologiques. L'ambition d'une telle recherche technologique devrait être de comprendre comment les schèmes de fonctionnement des outils, machines et algorithmes structurent nos interactions avec le monde et nos organisations sociales, comment le sens même de nos activités humaines est reconfiguré dans le mouvement de l'innovation. Mais, en même temps, la constitutivité technique de nos activités cognitives implique une nécessaire réflexivité sur les conditions de nos propres recherches, réflexivité qui désarme les classiques positions de surplomb de la philosophie et des sciences humaines vis-à-vis des phénomènes techniques et sociaux. Pour cela, nous avons besoin de cadres théoriques et de méthodes originales, comme de savoir participer aux processus de conception, savoir négocier les questions de recherche avec le monde industriel, ou savoir outiller les débats citoyens sur les orientations de politique technologique.

Charles Lenay est professeur en philosophie et sciences cognitives à l'université de technologie de Compiègne, directeur adjoint du laboratoire Connaissances, Organisations et Systèmes TECHniques (COSTECH), co-responsable du master User eXperience Design (UxD) et du Groupement d'Intérêt Scientifique (GIS) - Unité des Technologies et des Sciences de l'Homme (UTSH). Ses travaux visent à développer une recherche technologique en sciences humaines, en particulier dans le champ des technologies cognitives. Dans ce cadre, il a mis en place une plateforme de Suppléance Perceptive dans laquelle sont développés différents systèmes d'aide pour les personnes aveugles (système Tactos, Intertact, Dialtact). En sciences et technologies cognitives il développe un paradigme expérimental minimaliste permettant une étude systématique de la constitutivité technique de l'expérience humaine, et ouvrant sur une approche interactionniste de la cognition sociale.
Publications
C. Lenay, P. Salembier, P. Lamard, Y.-C. Lequin, et L. Sauvée, "Pour une recherche technologique en sciences humaines et sociales", in SHS Web of Conferences, Vol. 13, Paris-Est Créteil, 2014.
C. Lenay et M. Tixier, "From Sensory Substitution to Perceptual Supplementation : Appropriation and Augmentation", in Living Machines : A Handbook of Biomimetic and Biohybrid Systems, Oxford University Press, Tony J. Prescott, Nathan Lepora, and Paul F.M.J Verschure (Eds.), 2018, pp. 548-555.
C. Lenay, "Leroi-Gourhan : Technical trends and human cognition", in French philosophy of Technology, Springer, 2018.
C. Lenay et G. Declerck, "Technologies to Access Space Without Vision. Some Empirical Facts and Guiding Theoretical Principles", in Mobility of Visually Impaired People, E. Pissaloux et R. Velazquez (Eds.), Springer, 2018, pp. 53 75.
C. Lenay, "Explanatory schemes for social cognition - A minimalist Interaction-based approach", Pragmatism Today, Vol. 8, Issue 1, 2017, pp. 63-86.

Jean-Philippe PIERRON : Éthique du soin
Les philosophies du soin et les éthiques du care ont mis en valeur, à partir d'une anthropologie de la vulnérabilité, l'importance d'une autonomie relationnelle. À cette fin, elles nous rendent attentives à toutes ces relations qui nous individuent, valorisant de ce fait des interactions humaines, souvent invisibles ou invisibilisées, qu'elles haussent au rang de relations pour prendre leur distance à l'égard de rapports fonctionnels purs. Dans cet esprit la technique demeure impensée, sous-entendu elle serait impersonnelle, ne serait pas du soin et risquerait de le perturber sinon de l'empêcher. Pourtant, cette valorisation des relations questionne le cadre organisationnel et technique au sein duquel ces relations se déploient. Plutôt que de le concevoir simplement comme un décor, peut-on l'envisager comme un cadre interprétatif au sein duquel des valorisations sont présentes et à vivre ? La chambre d'hôpital par exemple, plutôt que de n'être pensée que comme une théorie matérialisée (asepsie, pneumologie avec la rampe à oxygène, etc.), pourrait-elle se penser comme du soin matérialisé (ergonomie de la prise en charge avec le lit médicalisé, numéro de chambre sans nom et arbitrage sur la confidentialité) ? Dans cette perspective, le soin ne sera pas toujours là où il s'exhiberait le plus. Non seulement il forcerait à prendre soin des donneurs de soin, mais également à mettre au jour le soin par et dans la technique comme elle-même porteuse de valeurs du soin. Peut-on faire l'hypothèse alors que le soin se donne aussi dans de légitimes objectivations — ce qui n'empêche pas de contester les formes que prennent les relations humaines quand elles sont distordues par des systèmes techniques ? Nous prendrons l'exemple de l'irruption du numérique dans le monde du soin, sous la triple figure de la robotique (le carebot), de l'Intelligence artificielle dans le traitement des données massives et du logiciel de saisie des actes de soin, comme donnant l'occasion de penser ce que pourrait être un soin dans la technique, dans un système technique concret et individuant, de façon à ce que les valeurs relationnelles du soin pénètrent la technique.

Delphine SPICQ : L'Histoire des techniques en Chine dans l'histoire des techniques
Il s'agira d'interroger les rapports Orient Occident pour ce qui concerne l'histoire des techniques, notamment l'évolution de la façon dont ces techniques ont été envisagées et analysées de part et d'autre. Nous nous attacherons notamment à montrer la place croissante de l'Asie et de la Chine dans l'étude de l'histoire des techniques au gré de l'évolution des questionnements de la discipline, depuis la vision universelle euro-centrée des techniques jusqu'aux notions plus récentes de circulation, de divergence, d'histoire globale et connectée dans lesquelles une place grandissante est faite aux conditions sociales et culturelles de production des techniques, loin du discours traditionnel centré sur les aspects économiques.

Delphine Spicq est maître de conférences à l'Institut des hautes études chinoises du Collège de France, responsable de la bibliothèque de l'Institut et membre statutaire de l'UMR 8173 Chine Corée Japon, EHESS/CNRS. Ses travaux portent sur l'histoire et l'histoire des techniques en Chine sous la dynastie des Qing et sous la République.
Publications
Caroline Bodolec, Delphine Spicq (coord.), Aperçus sur les recherches en histoire des techniques sur la Chine, Artefact, Techniques, histoire et sciences humaines, n°8, 2018.
Chapitre 3. "Linqing, official handbooks and the construction of knowledge on water conservancy", in Jami Catherine (ed.), Human mobility and the circulation of scientific and technical knowledge in late imperial China, Paris, Institut des hautes études chinoises, Collège de France, 2017, p. 99-132.
Hilaire-Perez Liliane, Nègre Valérie, Spicq Delphine et Vermeir Koen (dir.), Le livre technique avant le XXe siècle. À l’échelle du monde, actes de colloque, Paris, CNRS éditions (collection Alpha), 2017, 502 p.
"Les cartes traditionnelles hydrologiques chinoises : le Huang Yun hekou gujin tushuo 黃運河口古今圖說 de Linqing 麟慶 (1791-1846)", in Le livre technique avant le XXe siècle. À l’échelle du monde, actes de colloque, Paris, CNRS éditions (collection Alpha), 2017, p. 43-57.
Avec Virol Michèle, chapitre 11 "les Techniques de la puissance", in Carnino Guillaume, Hilaire-Perez Liliane et Aleksandra Kobiljski (dir.), Histoire des techniques, mondes, sociétés, cultures (XVIe-XVIIIe siècle), Paris, PUF (Nouvelle Clio), 2016, p. 253-292.
"A Collection of the College de France Institute of Advanced Chinese Studies", Collège de France Newsletter, 9, 2015, p. 113-114.

Jacques THEUREAU : La construction d’un programme de recherche technologique en relation organique avec des recherches en sciences humaines et sociales
La recherche technologique diffère de la simple recherche technique par sa relation organique avec une ou plusieurs sortes de recherches scientifiques. Aujourd'hui, l'épistémologie scientifique, à la suite des débats du siècle dernier entre Karl Popper, Thomas Kuhn, Paul Feyerabend et Imre Lakatos, tend à s'accorder sur la "méthodologie des programmes de recherche" proposée par ce dernier. Comme l'ont bien remarqué ses critiques, cette dernière n'a rien qui la réserve à la recherche scientifique. C'est justement ce qui ouvre sur sa spécification à différentes sortes de recherches et, en particulier, à la recherche technologique. Après avoir précisé les principes de cette spécification à la recherche technologique en relation organique avec des recherches en sciences humaines et sociales, je montrerai comment se sont construits de tels programmes de recherche technologiques, portant sur artefacts et procédures, dans deux cas, (1) en ingénierie de situations informatisées, (2) en ingénierie de l'éducation, et généraliserai en considérant plus sommairement d'autres cas.

Jacques Theureau, chargé de recherche au CNRS retraité, a reçu notamment une formation d'ingénierie, puis de physiologie du travail et d'ergonomie. Après 10 années, durant lesquelles, après quelques stages d'ingénieur, il a occupé des fonctions variées, il a développé, avec d'autres chercheurs et praticiens, deux programmes de recherche, (1) empirique sur l’activité humaine dans des situations variées et (2) technologique en ingénierie de ces situations, en relation organique entre eux et avec (3) un programme de recherche philosophique.


Humanités-Numérique-Patrimoine, table ronde animée par Marina GASNIER, avec Alexandre DURUPT, Florent LAROCHE, Sylvain LAUBE et Sébastien REMY
Le champ récent de "l'archéologie industrielle avancée" (Laroche, 2007) consiste à partir du présent pour remonter au passé en croisant les sources d'archives et les observations de terrain, puis à enrichir ces données historiques par l'utilisation des outils numériques (notamment dans une démarche de rétro-conception). Cette session a pour objectif d'interroger la diversité des approches scientifiques dans ce domaine autour d'objets patrimoniaux dont la modélisation 3D devient de plus en plus courante. Le questionnement sera double et portera, non seulement sur l'apport des technologies numériques dans la connaissance du patrimoine industriel et technique et la gestion de ses données, mais aussi sur la transformation des usages qu'elles suscitent. Les humanités numériques apparaissent en effet tout à fait intéressantes pour générer de nouvelles formes de relations avec l'héritage patrimonial en tant qu'objet d'étude, mais aussi pour déployer un éventail d'outils favorisant la production de la connaissance et sa diffusion. Comment l'outil numérique peut-il aider à se réapproprier les gestes techniques et les mécanismes anciens, ainsi que leur filiation à travers le temps ? En quoi l'usage du numérique modifie-t-il notre rapport à l'histoire des techniques ? Comment assurer l'évolution du contenu des outils développés et la compatibilité des formats ? Telles sont les questions auxquelles tentera de répondre cette table ronde, en écho à la première session consacrée à l'histoire des techniques.

Marina GASNIER
Marina Gasnier est maître de conférences HDR à l'université de technologie Belfort-Montbéliard en histoire des techniques et épistémologie du patrimoine industriel. Membre du pôle Humanités, elle exerce ses recherches au sein de RECITS, axe transverse pluridisciplinaire en sciences humaines et sociales de l'institut FEMTO-ST (UMR 6174).
Publications
"Réflexion épistémologique sur le patrimoine industriel. De la pluridisciplinarité à l'interdisciplinarité", Revue d'Histoire des Sciences, à paraître au 1er semestre 2019.
Le patrimoine industriel au prisme de nouveaux défis. Usages économiques et enjeux environnementaux, Besançon, PUFC, 2018, 295 p.
Patrimoine industriel et technique. Perspectives et retour sur 30 ans de politiques publiques au service des territoires, Lyon, Lieux Dits, 2011, 304 p. (Cahiers du patrimoine).

Florent LAROCHE
Florent Laroche est Maître de conférences HDR à l'École Centrale de Nantes, directeur du Département IPSI. Chercheur au laboratoire LS2N - Laboratoire des Sciences du Numérique de Nantes (UMR CNRS 6004). D'abord ingénieur puis docteur, il utilise son expérience en ingénierie au profit du patrimoine culturel en utilisant les outils du numérique pour préserver et valoriser les connaissances du passé. Ses travaux de recherches portent sur la Gestion du Cycle de Vie des Connaissances Patrimoniales - "KLM for Heritage". "Pourquoi réinventer la roue ?" : l'objectif est de pouvoir réutiliser notre savoir-faire ancien comme base pour l'innovation sociétale, vers un patrimoine durable. Il travaille tant pour les entreprises que comme expert pour les Musées ou l'ICOMOS. Il est également le parrain de la Fête de la Science en tant qu'ambassadeur pour la Région Pays de Loire.


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[par exemple : grande taille (plus de 1,80 m), problèmes de mobilité, partage d'une chambre ou voisinage de chambres, inscription groupée, régime médicalement surveillé, ...]
Ces renseignements sont utiles à la répartition des chambres. Le logement est assuré au château de Cerisy et ses dépendances, en chambres doubles ou individuelles. En cas de grande affluence, les inscrits tardifs se logeront aux alentours.