THÉORISER LE VIVANT
DU VENDREDI 24 JUILLET (19 H) AU JEUDI 30 JUILLET (14 H) 2026
[ colloque de 6 jours ]
DIRECTION :
Adrien GOULLETQUER, Sébastien MASSART, Maël MONTÉVIL, Anton ROBERT, Mathilde TAHAR
Colloque organisé dans le cadre du Cercle des partenaires
ARGUMENT :
Le tournant moléculaire en biologie a fourni un paradigme extrêmement fécond pour l'exploration empirique du vivant. Néanmoins, ses découvertes ont ébranlé — voire sapé — ses propres présupposés. Pour surmonter cette difficulté, de nombreux biologistes et institutions préconisent l'importation de concepts et de méthodes issues d'autres disciplines, centrées sur la mathématisation, comme la physique ou l'informatique.
Ce colloque propose d'emprunter une autre piste : celle qui vise à explorer les conditions et l'horizon d'une nouvelle théorie pour la biologie. Il s'agira d'affronter directement les défis liés à la compréhension de l'historicité et l'organisation des êtres vivants. Cette piste ne s'oppose pas à la mobilisation de méthodes développées dans d'autres disciplines, mais subordonne leurs potentielles utilités à leurs intégrations dans un cadre théorique spécifiquement biologique.
Si l'on cherche à comprendre les êtres vivants de manière non réductionniste, et donc à étudier leurs organisations, comment s'orienter dans leur complexité ? Et si ces organisations sont le produit d'une histoire — une histoire qui se poursuit et les transforme — comment les objectiver ?
Nous pensons que ces interrogations sont cruciales et présentent un défi théorique majeur. Or relever ce défi est une condition pour en relever d'autres, contemporains, comme ceux liés à la santé, la biodiversité, l'écologie, ou encore l'alimentation. Elles rejoignent également la question de l'encadrement théorique nécessaire à l'usage des nouvelles technologies dans la pratique scientifique.
MOTS-CLÉS :
Biodiversité, Biologie théorique, Épistémologie, Évolution, Fonction biologique, Historicité, Mathématiques, Organisation, Philosophie, Systématique, Théorie, Vivant
CALENDRIER PROVISOIRE (27/04/2026) :
Vendredi 24 juillet
Après-midi
ACCUEIL DES PARTICIPANTS
Soirée
Présentation du Centre, du colloque et des participants
Samedi 25 juillet
Matin
POURQUOI THÉORISER ? | La question du cadre théorique est structurellement négligée en biologie - malgré la centralité de la théorie de l'évolution. Pourquoi la soulever aujourd'hui et quel type de théorisation devons-nous viser ?
Paul-Antoine MIQUEL : Quel rôle un philosophe peut-il jouer sur des questions de biologie théorique ?
Barbara BRAVI : Statistical and machine learning modelling in biology : considerations and examples from immunology
Armand HATCHUEL & Pascal LE MASSON : Les épreuves du travail théorique : l'exemple de la théorie de la conception
Après-midi
LIMITES DU TOURNANT GÉNÉTIQUE ET MOLÉCULAIRE | La biologie de la deuxième moitié du XXe siècle, notamment à la suite de la découverte de l'ADN, a centré son travail sur le niveau moléculaire, parfois de manière dogmatique. Si ce dogmatisme est intimement lié à une approche génocentrique du vivant qui tend à s'effacer, quels enjeux porte ce niveau d'analyse aujourd'hui ?
Arnaud POCHEVILLE : Biologie Galtonienne de l'évolution
Andràs PÀLDI : La biologie expérimentale à la lumière de la théorie
Anne GOUPIL : Modélisation moléculaire du vivant : apports, limites et temporalité des modèles d'IA
Soirée
Discussion collective sur la théorisation, table ronde initiale avec Armand HATCHUEL, Pascal LE MASSON, Maël MONTÉVIL et Ana SOTO
Dimanche 26 juillet
Matin
L'APPORT AMBIVALENT DE LA PHYSIQUE | Face aux limites des approches moléculaires, la biologie se tourne (à nouveau) vers la méthode de construction et d'analyse des objets provenant de la physique, basée sur l'analyse d'invariants et de systèmes. Ces approches permettent d'éclairer d'un nouveau jour de nombreux phénomènes, mais posent aussi des problèmes théoriques, notamment liés aux questions d'historicité et d'organisation biologique.
Cyril RAUCH : Incompatibilités conceptuelles en analyse de données et nécessité de redéfinir la statistique : application à la cartographie génomique
Katja HEUER & Roberto TORO : Rôle de la morphogenèse mécanique dans le développement et l'évolution du cerveau
Giuseppe LONGO : Morphogenèse et émergence en physique vs. production de nouveauté en biologie
Après-midi
L'HISTORICITÉ DU VIVANT ET LE SYSTÈME DE RÉFÉRENCE DE LA BIOLOGIE | À l'opposé, d'autres domaines de la biologie s'appuient sur l'historicité des êtres vivants pour établir des méthodes de travail adéquates. Cela est vrai en particulier de la systématique moderne qui s'appuie sur l'idée que les êtres vivants sont le résultat d'une histoire longue pour les classifier et les nommer.
Andrea ANGELINI : L'historicité des vivants dans l'histoire de l'écologie
Guillaume LECOINTRE : Quels rôles pour la systématique ?
René ZARAGÜETA BAGILS : Quand la forme précède la théorie : le cas de la phylogénétique
Lundi 27 juillet
Matin
LE DÉFI DES NOUVEAUTÉS BIOLOGIQUES | L'historicité biologique est marquée par l'apparition de nouveautés. Or si l'on considère que ces nouveautés sont possibles avant d'advenir, ce ne sont plus vraiment des nouveautés. En biologie, si ce qui est possible change au cours du temps, nous faisons face à un défi méthodologique majeur.
Angelo MARINUCCI : L'historicité des organismes : les concepts d'enablement et d'épaisseur
Andrea ROLI : Évolution de l’espace des possibles et création d’information
Mathilde TAHAR : Imprévisibilité de l'évolution, normativité des contraintes et inventivité des organismes [visioconférence]
Après-midi
"HORS LES MURS" — À SAINT-MALO-DE-LA-LANDE
"Du lait cru aux fromages, gérer la biodiversité microbienne : pour quels services ?", visite guidée de l'Élevage de la Vallière par Nathalie DESMASURES | Présentation
Mardi 28 juillet
Matin
OBJECTIVER L'ORGANISATION BIOLOGIQUE | Étudier les parties des être vivants isolément ne permet pas d'aborder leurs fonctions dans l'organisation dont elles font partie. De quelles bases théoriques a-t-on besoin pour expliquer la stabilité collective des parties d'un organisme ?
Charles WOLFE : Organicisme et vitalisme : histoire et actualité d'un couple
Matteo MOSSIO : Finalité, Causalité, Conservation
Adrien GOULLETQUER : Aux limites de l'organisation : clôture de contraintes et plasticité fonctionnelle
Après-midi
VERS UNE ÉPISTÉMOLOGIE HYBRIDE | Comment faire tenir ensemble l'historicité des être vivants et l'étude de leurs relations causales synchroniques ? Et si l'on se donne ce projet, quel type de logique suivent les objets de la biologie et à quel type de théorie sommes-nous conduits pour la biologie ?
Shaj MOHAN : One Life
Maël MONTÉVIL : Le défi d'une épistémologie hybride pour la théorisation en biologie
Anton ROBERT : L'origine supplémentaire du vivant et ses conséquences pour la modélisation en biologie
Soirée
"Eaudyssée", théâtre avec Pierre-Henri GOUYON
Mercredi 29 juillet
Matin
TISSUS ET ÉCOSYSTÈMES : LA THÉORIE EN PRATIQUE | Les tissus comme les écosystèmes comportent un grand nombre d'entités organisées, cellules et organismes respectivement. En même temps, ils sont eux-mêmes organisés, ou du moins peuvent l'être dans le cas des écosystèmes. Comment ces deux niveaux sont-ils théorisés et étudiés en pratique ?
Claudia GADALETA : Champs morphogénétiques : implications en morphogenèse et en oncogenèse
Ana SOTO : Sur les organismes et leurs parties : détermination théorique de l'objet d'étude
Océane GUILLOT : Intérêts des approches organisationnelles pour l'écologie
Après-midi
VIE ET TECHNIQUE | Comment aborder les actions humaines dès lors que l'on pense les objets avec lesquels on agit comme ayant en même temps une histoire et des propriétés systémiques ? La question technique peut-elle contribuer à la compréhension et à l'élaboration théorique, et réciproquement la théorie biologique peut-elle transformer notre point de vue sur les techniques ?
Céline DELBES : Entre préservation de la biodiversité microbienne comme ressource pour l'expression des terroirs et exigences sanitaires : le cas des fromages au lait cru
Sébastien MASSART : Le virtuel : technique du vivant, technique vivante
Mathieu TRICLOT & Charles LENAY : Possibles techniques - Possibles biologiques
Jeudi 30 juillet
Matin
Bilan & Synthèse
Après-midi
DÉPARTS
RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :
Adrien GOULLETQUER
Adrien Goulletquer est enseignant et doctorant en philosophie à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et à l'UQAM (Montréal). Ses recherches portent principalement sur la singularité du vivant, la critique des approches mécanistes en biologie et l'exploration de cadres théoriques non réductionnistes pour penser les organismes. Dans sa thèse, il propose une reconceptualisation de la notion d'information dans une perspective organiciste. Ses domaines de recherches sont la philosophie contemporaine, la philosophie des sciences et des techniques. Avant son doctorat, il a travaillé plusieurs années dans l'enseignement secondaire où il a enseigné la philosophie au lycée. Il est membre de l'Institut d'Histoire et de Philosophie des Sciences et des Techniques (IHPST), et enseigne actuellement la philosophie à l'université Paris 1, où il intervient notamment en histoire de la philosophie et philosophie des sciences.
Publication
Le concept d'autonomie dans les sciences du vivant, CNRS Éditions, à paraître.
Sébastien MASSART
Sébastien Massart est directeur de la stratégie de Dassault Systèmes, entreprise scientifique qui crée des mondes virtuels au service de la vie réelle — pour les industries, dans la santé et sur les territoires. Il a commencé sa carrière au Ministère de l'Économie et à l'Autorité des Marchés Financiers, puis il a servi comme conseiller technique industriel du Ministre de la Défense et ensuite comme conseiller industriel du Président de la République, jusqu'en 2017. De formation scientifique (École Polytechnique, Corps des mines), Sébastien Massart est également diplômé en philosophie de l'École Normale Supérieure. Il enseigne à SciencesPo Paris sur "L'État actionnaire et les entreprises publiques".
Publications
"Chorégraphier l'industrie avec les univers", Les Entretiens du Nouveau Monde Industriel 2024 (à paraître), par The Human Evidence Lab, avec Noémie Dié et Patrick Johnson.
"Par-delà calcul et design : habiter le virtuel", in Prendre soin de l'informatique et des générations, Les Entretiens du Nouveau Monde Industriel, 2020, éd. Anne Alombert, Victor Chaix, Maël Montévil, Vincent Puig, FYP éditions, 2021.
"Nouveaux possibles, nouvelle économie, nouvelles responsabilités", revue Sociétal, juillet 2021.
Maël MONTÉVIL
Maël Montévil est chargé de recherche au CNRS, au Centre Cavaillès de la République des savoirs (École normale supérieure). Théoricien de la biologie et philosophe, il développe une démarche au croisement de la biologie expérimentale, des mathématiques, de l'épistémologie et de la philosophie. Dans ses travaux, il a notamment élaboré le cadre de la clôture entre contraintes, ainsi que renouvelé la conceptualisation de l'historicité biologique et de ses conséquences théoriques et pratiques pour la biologie. Il s'intéresse également à des problématiques majeures du monde contemporain, telles que les perturbateurs endocriniens, et plus généralement les diverses formes de disruption du vivant dans l'Anthropocène, ainsi qu'aux conditions nécessaires pour y répondre. Son œuvre scientifique comprend plus de trente-cinq articles publiés dans des revues internationales et une monographie, Perspectives on Organisms, coécrite avec Giuseppe Longo (https://montevil.org/).
Publications
Disruption of Biological Processes in the Anthropocene : The Case of Phenological Mismatch, Acta Biotheoretica, 2025.
Computational Empiricism : The Reigning Épistémè of the Sciences, Philosophy World Democracy, 2021.
Avec M. Mossio, "The Identity of Organisms in Scientific Practice : Integrating Historical and Relational Conceptions", Frontiers in Physiology (11), p.611, 2021.
"Measurement in Biology Is Methodized by Theory", Biology & Philosophy (34), p.35, 2019.
Avec M. Mossio, "Biological Organisation as Closure of Constraints", Journal of Theoretical Biology (372), p.179–91, 2015.
Anton ROBERT
Anton Robert est docteur en chimie physique depuis 2022. Il est auteur de plusieurs brevets et de publications dans des revues scientifiques, telles que Science Advances, Journal of the American Chemical Society, ou Physical Review Letters. Il poursuit actuellement une thèse à l'École Normale Supérieure, à l'interface entre la biologie théorique et la philosophie. Ses recherches portent sur la tension épistémologique entre l'historicité principielle des organismes et l'usage de l'écriture mathématique pour décrire leurs parties. Son objectif est de développer des pratiques de modélisation pour la biologie qui hybrident des méthodes physicalistes et historiques.
Publications
Robert, A. ; Barkoutsos, P. K. ; Woerner, S. ; Tavernelli, I. (2021), "Resource-Efficient Quantum Algorithm for Protein Folding", npj Quantum Information, 7 (1), 1–5.
Robert, A.; Berthoumieux, H. ; Bocquet, M.-L. (2023), "Coupled Interactions at the Ionic Graphene-Water Interface", Phys. Rev. Lett., 130 (7), 076201.
Robert, A. (2023), "L'arrêt de l'histoire des sciences", Philosophy World Democracy.
Robert, A. (2025), "Mathematical Descriptions as Pharmaka : On Their Adoption in Foreign Theoretical Frameworks", (to appear in) History, Philosophy and Theory of the Life Sciences.
Robert, A. ; Montévil, M. (2025), "Broadening the Scope of Physics by Unpacking the Causal Contexts of Phenomena" (submitted).
Mathilde TAHAR
Formée à la fois à la philosophie et à la biologie, Mathilde Tahar est agrégée de philosophie et docteure en philosophie de la biologie. Ses recherches doctorales ont porté sur l'usage de la téléologie (ou finalisme) dans la théorie de l'évolution, usage qu'elle a analysé et critiqué à partir de la philosophie d'Henri Bergson. Cette thèse a donné lieu à la publication d'un ouvrage aux Presses universitaires de France : Du finalisme en biologie. Bergson et la théorie de l'évolution (2024). Elle est aujourd'hui chercheuse au département d'anthropologie évolutive de l'University College London dans le cadre du projet "Animal inventiveness : a new insight on agency in evolution", financé par la Leverhulme Trust. Elle y étudie le jeu et l'inventivité des animaux, notamment chez les babouins chacma.
Publications
Tahar, M. (2025), "Why the cat wags her tail", Aeon.
Tahar, M. (2024), "La philosophie animale de Bergson. Conscience du vivant, créativité instinctive et biologie contemporaine", Thaumazein Rivista di Filosofia, 12 (1), 83-107.
Tahar, M. (2024), " Historicity, Temporalities, and Causality : A Confusion at the Heart of Debates on Darwinism", in R. G. Delisle, M. Esposito et D. Ceccarelli (éds.), Unity and Disunity in Evolutionary Biology, pp. 551-573, Heidelberg/New York/Dordrecht, Springer, 2024.
Tahar M. (2023), "Agency, inventiveness, and animal play. Novel insights into the active role of organisms in evolution", Numéro spécial "Levels of Biological Agency", Spontaneous Generations, 11 (1).
Tahar, M. (2022), "Biological constraints as norms in evolution", Numéro spécial “Normativity and the Life Sciences”, History and Philosophy of the Life Sciences, 44 (1) : 9.
Océane GUILLOT : Intérêts des approches organisationnelles pour l'écologie
Au cours de la dernière décennie, la théorie de l'autonomie biologique (Mossio & Moreno, 2015), inspirée notamment des travaux de Varela, s'est construite comme un cadre explicatif du maintien des organismes. Elle a par ailleurs apporté une contribution significative au débat sur les fonctions biologiques. Initialement pensée comme une théorie concernant les niveaux organismiques et infra-organismiques, plusieurs travaux ont souligné son potentiel pour caractériser les objets d'étude de l'écologie scientifique (par exemple Nunes-neto, 2014 ; Lefèvre, 2018 ; El-Hani, 2023). En nous appuyant sur des exemples concrets, nous interrogerons la nécessité de ce cadre par rapport au cadre théorique déjà existant en écologie scientifique. Nous évaluerons également son applicabilité dans ce domaine.
El-Hani, Charbel N., Felipe Rebelo Gomes de Lima, et Nei de Freitas Nunes-Neto, 2023, "From the Organizational Theory of Ecological Functions to a New Notion of Sustainability", In Organization in Biology, édité par Matteo Mossio, Springer.
Lefèvre, Victor, 2018, Faut-il postuler un ordre écologique pour expliquer la persistance des écosystèmes ?, Éditions Matériologiques.
Moreno, Alvaro, et Matteo Mossio, 2015, Biological autonomy : a philosophical and theoretical enquiry, Vol. 12, Springer.
Nunes-Neto, Nei, Alvaro Moreno, et Charbel N. El-Hani, 2014, "Function in Ecology : An Organizational Approach", Biology and Philosophy, 29 (1) : 123‑41.
Varela, F. G., H. R. Maturana, et R. Uribe, 1974, "Autopoiesis : The organization of living systems, its characterization and a model", Biosystems, 5 (4) : 187‑96.
Guillaume LECOINTRE : Quels rôles pour la systématique ?
Qu'est-ce que la systématique ? Quelles épistémologies ont accompagné son déploiement au cours de son histoire ? Quelles furent les intentions classificatoires successives des systématiciens ? Nous verrons comment l'historicité du vivant est progressivement devenue la "raison d'être" des classes et des classifications. Nous verrons aussi que ce programme n'est pas achevé. En effet, si l'exigence de forger des groupes "complets" (comprenant une seule souche et ses descendants emboîtés) est bien à la source de la révolution hennigienne du XXe siècle s'agissant du regroupement des espèces, cette exigence n'est pas encore tout-à-fait satisfaite s'agissant des parties des organismes (leurs attributs) et encore moins concernant les stades de développement.
Guillaume Lecointre est enseignant-chercheur (UMR 7205 CNRS-MNHN-UPMC-EPHE, "Institut de Systématique, Évolution et Biodiversité"), zoologiste, systématicien, professeur du Muséum national d'Histoire naturelle (160 publications, 44 livres). Il est double Lauréat de la Société Zoologique de France (1996, 2006), Prix national 2009 du Comité Laïcité République, Prix 2012 de l'Union Rationaliste, Prix littéraire Boccace 2024 et fait chevalier de la légion d'honneur en 2016.
Andrea ROLI : Évolution de l’espace des possibles et création d’information
L'évolution biologique peut être vue comme un processus dynamique structuré par une interaction constante entre affordances et contraintes. Une affordance produit de l'information en distinguant des possibilités d'action, tout en imposant des limites qui restreignent les actions futures. Cependant, ces contraintes génèrent à leur tour de nouvelles affordances, créant ainsi une boucle évolutive. Les affordances façonnent l'espace des possibles, ou des "possibles adjacents". Cet espace est mieux compris comme un "royaume" que comme un espace formel, car il est difficile à caractériser comme un ensemble fini. L'ensemble est interprété à travers la théorie de l'information, en s'appuyant sur les travaux d'Atlan et de von Foerster, et en mobilisant également la notion d'information sémantique.
Andrea Roli est maître de conférences à l'université de Bologne, spécialisé en systèmes complexes et en intelligence artificielle. Ses recherches portent sur les modèles biologiques, la biorobotique et l'intelligence collective. Il s'intéresse également à la philosophie des sciences, notamment en lien avec les systèmes biologiques et artificiels. Il enseigne des cours portant sur l'informatique, l'intelligence artificielle et les systèmes complexes. Il est fellow de l'European Centre for Living Technology (Venise) et senior fellow du Brussels Institute for Advanced Studies.
"HORS LES MURS" — À SAINT-MALO-DE-LA-LANDE
"Du lait cru aux fromages, gérer la biodiversité microbienne : pour quels services ?", visite guidée de l'Élevage de la Vallière par Nathalie DESMASURES
Produire du lait et le transformer en fromage : Quelle est la place des communautés microbiennes de l'animal au fromage ? Pourquoi et comment les piloter ? Vers quels services et pour quelle perception de ces derniers par les acteurs de l'élevage ?
Nathalie Desmasures est enseignante-chercheuse à l'université de Caen Normandie (UR 4651 Aliments Bioprocédés Toxicologie Environnements et ESIX Normandie). Microbiologiste, spécialiste des laits crus et des fromages à pâte molle, elle s'intéresse à la diversité et aux fonctionnalités des communautés microbiennes au sein des environnements d'intérêt laitier.